(Journées Exploitants)
on attaquait là le noyau dur de notre participation à Entrevues, ces deux jours de prévisionnement que j'aime tant, où l'on peut non seulement voir les films (très) en amont, mais également entendre ceux qui viennent les présenter, réalisateurs ou, c'est plus fréquent, distributeurs

jeudi 22

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"PEU M'IMPORTE SI L'HISTOIRE NOUS CONSIDERE COMME DES BARBARES"
de Radu Jude

Le cinéma roumain c'est vraiment  pour moi un lieu de prédilection, et j'attendais avec impatience ce nouveau film de Radu Jude (Aferim!, Papa vient dimanche, La fille la plus heureuse du monde... sacré tableau de chasse!), avec lequel nous avons attaqué la matinée, un film indéniablement roumainissime qui m'a fasciné (une jeune metteure en scène répète un spectacle "commémoratif" sur l'attitude (dégueulasse) de la Roumanie en 1941, et sur une figure historique ambigue) par son intelligence, son sens aigu de la mise en scène (je pense qu'il faut le voir plusieurs fois), par son humour acide et sa façon de poser les problèmes moraux par la confrotation impitoyable entre ce qui se dit et ce qui se fait (ce qu'on entend, donc, et ce qu'on voit). Un grand film, et un choc incontestable.
"La tentative de représenter un événement historique, surtout s’il est abominable, est dès le début vouée à l’échec. Ce sera toujours quelque chose en dehors de l’expérience réelle. En pensant à cet épisode honteux de l’histoire de mon pays, j’ai tout de suite compris qu’on ne pouvait pas le représenter sans le rendre banal, et c’est donc cette banalisation qui est devenue le véritable sujet du film. Et une nouvelle question a émergé : quelles sont vraiment les limites de la représentation ? La réponse appartient à chaque spectateur, tout ce que je peux espérer, c’est que ce problème sera bien posé et de manière complexe." (note du réalisateur)

sortie 20 février 2019

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GRASS
de Hong Sang Soo
Hong Sang Soo aussi c'est un de mes cinémas de prédilection, même si, comme disait Yves R. "il fait toujours plus ou moins le même film.." et j'avais rajouté "une femme, un homme, beaucoup de soju..." et nous avions conclu d'une même voix "ils se bourrent la gueule et ils parlent beaucoup...", et  le contrat est ici, une fois de plus rempli à la lettre, dans une forme courte (1h10), dans un beau noir et blanc, devant lequel hélas, trois fois hélas, oui, vous avez deviné, je me suis endormi (j'avais tellement lutté pour rester concentré et ne pas perdre une miette du film précédent que là d'un coup mes forces m'ont abandonné...) je ne peux même pas raconter l'intrigue puisque, chaque fois que j'ouvrais les yeux j'avais le sentiment de me trouver en face de personnages différents. A revoir, donc.

sortie 19 décembre 2018

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OTESANEK
de Jan Svankmajer

une pause (une brèche) dans la jounée exploitants, le temps de retrouver la section Une petite histoire subjective de l'animation, avec un film pourtant en prises de vues réelles, du grand Svankmajer. d'après un conte traditionnel, l'histoire d'un couple sans enfant dont le mari trouve une souche à forme humanoïde, qui telle Pinocchio, va prendre vie pour incarner le bébé qu'ils désiraient tant, un bébé en bois, affamé qui va, littéralement, tout bouffer : le chat, le facteur, l'assistante sociale, etc., tout ça sous les yeux d'une fillette blonde qui n'est pas sans rappeler, justement, l'Alice du même Svankmajer. Un conte fantastique et grinçant, où l'on retrouve avec  bonheur tout l'univers inquiétant du big boss Jan (et ses obsessions aussi).

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C'EST CA L'AMOUR
de Claire Burger

retour aux avant-premières, en séance publique cette fois, avec ce film de Claire Burger, qui avait co-réalisé Party Girl, (qui avait beaucoup fait parler de lui à l'époque, même si personnalement je n'en suis pas très fan) et se retrouve ici seule aux commandes et nous embarque pour un film magnifique, avec un Bouli Lanners tout simplement sensationnel, en père un peu largué avec ses deux filles ado, dont la mère est soudain partie voir ailleurs, le laissant se démerder tout seul... La petite est la plus rebelle, et refuse de continuer à vivre avec lui, tandis que la grande est un peu moins à vif, plus conciliante et fait de son mieux pour arrondir les angles familiaux, tout en vivant elle-aussi sa propre histoire. Un grand moment d'émotion et de plaisir cinématographique (et humain). Tout est juste, tout fonctionne, la réalisatrice fait merveille pour tirer le meilleur d'actrices/teurs pour la plupart non professionnels (et voir le visage tristounet de Bouli s'illuminer soudain d'un sourire est le plus grand des bonheurs.)

sortie 27 mars 2019

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NUESTRO TIEMPO
de Carlos Reygadas

c'est pour pouvoir voir ce film en entier (trois heures ou presque) que j'avais pris une chambre à l'hôtel et que j'avais décidé de manquer la soirée-rencontre autour de 7 minuti de notre Settimana italiana. Une séance unique pour cette dernière avant-première de la journée, pour laquelle on a fait la queue longtemps à l'avance, craignant de ne pas pouvoir y rentrer (ce qui m'a donné l'occasion d'échanger avec une adolescente aux airs d'Harry Potter), pour réaliser, finalement, qu'on n'était que très peu dans cette salle 14 (une trentaine) pour ce lôôông opus qui, s'il m'a plutôt bien plu (j'aime beaucoup ce que fait Carlos Reygadas) ne m'a pas autant enthouismé que, disons, Batalla en el cielo, et m'a même paru parfois un peu longuet. Une narration un peu moins absconse que d'habitude (le pitch pourrait en être résumé en quelques mots), des plans à couper le souffle tellement ils sont beaux, et d'autres dont on se demande un peu ce qu'ils font là (les enfants qui jouent dans la boue, au tout début)... Reygadas, quoi. d'autant plus que l'ami carlos est cette fois des deux côtés de la caméra (et s'est attribué le rôle du mari candauliste (mais pas que) -merci Yves d'avoir introduit ce mot précis dans la conversation-.

sortie 6 février 2019

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