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UNE AFFAIRE DE FAMILLE
de Hirokazu Kore-Eda

Le voilà enfin ce dernier film de Kore-Eda (dont je pense, oui oui, que j'ai vu tous les films) qui a obtenu la Pale d'or à Cannes 2018. Une (belle) histoire de famille dont on apprend assez viste qu'elle n'est pas aussi ordinaire qu'elle n'en donne tout d'abord l'air. On croirait qu'il y a là un papa, une maman, une grand-mère, une fille aînée, un benjamin, mais non non les choses sont en réalité beaucoup plus compliquées. Et le deviennent encore un petit peu plus lorsqu'ils recueillent, un soir d'hiver, la fillette d'un couple de voisins, dont on comprend qu'elle est une enfant battue...
La "famille" vit dans une drôle de petite maison biscornue, bizarrement épargnée au milieu des immeubles, comme faite de bric et de broc, et on va, au cours de la première partie du film, la voir à l'oeuvre, principalement  occupée à chaparder de la nourriture dans les magasins (et c'est une petite entreprise visiblement bien rôdée) pour ses repas, au jour le jour.
Chacun(e) à sa place, chacun(e) à sa tâche, sauf la petite Yuri, la dernière arrivée, qui, dans un premier temps ne fait que les accompagner, les observer. Et va trouver la sienne, au fil de cette première partie attentive (attentionnée) où les choses se mettent en place à leur rythme, où des réponses sont données à certaines questions que se pose le spectateur, mais à d'autres non (ça donne du grain à moudre pour les discussions après la séance dans le hall du cinéma.)
C'est plaisant, les choses semblent tellement simples, le déroulement tellement facile, fluide, que je me suis dit que tout allait presque "trop bien" (je suis un assidu de Kore-Eda et aucun de sesfilms n'est jamais uniquement et simplement joyeux) que le film ne pouvait pas continuer comme ça puisqu'il n'y avait pratiquement aucun enjeu dramatique,,,
Et paf! Ca finit par arriver, une petite chose, qui en entraïne une autre, puis une autre, qui va venir chambouler (bouleverser) cette "organisation familiale" bien rôdée, au cours d'une seconde partie où la "société" (et les services sociaux) viennent pointer leur museau fouineur et réprobateur dans ce terrier qui ne leur semble ni normal ni normé...
Et c'est là que le film prend vraiment toute sa force.
Et sa belle amertume.

(et voilà mine de rien, le temps a passé et je n'ai pas retouché ce post et je vous le livre donc tel quel, en précisant qu'il fera partie du Festival Téléramuche, et donc visible dans le bôô cinéma à la mi-janvier et que je retournerai d'ailleurs le voir et voilà...)

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