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SOPHIA ANTIPOLIS
de Virgil Vernier

Ah. (Perplexe).
Je ne savais rien du film ou presque (les critiques utilisées pour  la plaquette restaient étrangement vagues et sibyllines). Eh bien c'est exactement ça : le film m'est resté étrangement vague et sibyllin (d'ailleurs si au générique il est fait mention de réalisation il ne me semble pas avoir aperçu le terme de scénario).
Bon j'ai appris tout d'abord que Sophia Antipolis n'est pas le nom d'une dame (je sais, je sais, je peux parfois être extrêmement benêt) mais celui d'une technopole (c'est wikipédioche qui m'en informe et m'a donné le mot exact). Un espace urbain nouveau (comme pouvit lêtre La Défense pour Buffet froid). Et c'est donc là, dans cet espace que je ne réussis pas vraiment à appréhender,  que se passe le film. (Mais bon il y a tout de même dans le film une demoiselle qui porte le prénom de Sophia, parce que, justement, elle y est née, dans cette technopole.)
Voilà pour ce qui est des certitudes. Après les choses deviennent beaucoup plus problématiques. Il est tout d'abord question d'une série de jeunes filles qui veulent subir des opérations de chirurgie esthétique (se faire refaire les seins, c'est ce qu'elles veulent toutes), puis, on passe à autre chose,  d'une jeune veuve et de son fils. Puis de deux vigiles black (un grand, l'ancien, et un petit, le nouveau) qui au cours d'une ronde nocturne (la première pour le nouveau) trouvent, notamment, une plume de paon (après avoir chassé un couple de jeunes venus se réfugier là) puis d'un genre de secte où un genre de gourou hypnotise les gens  puis d'une salle de boxe, puis de ce qui pourrait être une choérgraphie contemporaine mais se révèle être une séance d'entraînement pour les membres d'une milice, puis de la fin d'un repas où on partage un très bon gâteau, puis etc. Et ainsi de suite.
On est très désarçonné pendant un grand moment (enfin, moi). Comme si la caméra était une mouche qui bzzz voletait de ci de là et nous retransmettait ce qu'elle enregistre. Des scènes s'enchaînent, au départ sans grand rapport entre elles, et c'est sur la durée que le film commence à faire un peu sens. On repère des visages déjà vus dans une scène précédente. parfois un enchaînement de scènes est "logique" (mais souvent non ça n'a rien à voir). Parfois la voix-off explicite quelque chose (mais souvent non plus ça n'a pas grand-chose à voir).
Un objet étrange, qui échappe à la logique (j'étais un peu étonné lorsque j'ai lu le synopsis du film : ah bon ? ça parlait de ça ?). un peu comme des lasagnes : une couche de fiction, une couche de documentaire, un chouïa de mysticisme, deux doigts de mystère, une louche de violence, une pincée d'envolée lyrique... Pour raconter quoi, on ne le sait pas trop, mais la façon dont c'est fait rend incontestablement la chose intéressante. Même si frustrante, d'une certaine façon.
Bref, si je suis sorti de là hier soir un peu agacé, il me reste ce matin (après coup, donc) une sensation bien plus agréable.

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