samedi 9 mars 2019

magnétisme

056
L'AMOUR DEBOUT
de Michael Dacheux

Oh le joli film et comme j'étais content de le revoir dans le bôô cinéma (et en plus dans la salle 11 où on peut allonger son siège comme une chaise-longue), après l'avoir découvert en avant-première en novembre à Belfort (Entrevues) où il a eu le Prix "Film en cours" (et je ne sais plus trop à quoi ça correspond).
Ca parle de quoi ? Ca parle d'amour et ça parle de cinéma. Cinéma ? Celui qu'on aime, celui qu'on va voir (à la Cinémathèque) celui qu'on écrit (un des personnages a un scénario en cours), celui qu'on fait connaître à des ados dans des ateliers de pratique artistique, celui qu'on garde en mémoire et qu'on célèbre (La Maman et la Putain, Jean Eustache, Pierre Lhomme, Françoise Lebrun), celui qu'on évoque ("Boris Barnet, évidemment..."), sans oublier, bien sûr, celui, plus intime que chacun se fait (et, du même coup, fait aussi aux autres...). Et l'amour ? C'est pareil, il y en a pour tous les goûts : celui dont on aimerait qu'il ne soit pas fini, celui qui démarre sans qu'on s'en aperçoive, celui qu'on attend, celui qui prend son temps, celui  qui va, celui qui vient, filles, garçons, jeunes, vieux, connu(e)s et inconnu(e)s oui tous les goûts vous dis-je.
Elle c'est Léa, elle fait des visites culturelles guidées de quartiers parisiens, lui c'est Martin, qui est "monté" à Paris avec l'espoir de tourner son premier film. Et aussi de revoir Léa. Ils s'aimaient, ils se sont séparés, il voudrait la revoir, elle lui dit va-t'en (visiblement leur séparation l'a affectée). Martin trouve un petit boulot, un camarade (somnambule) qui l'héberge, il trouve aussi un mentor (Pascal Cervo joli comme tout en barbu, qui trouve ici une sacrée belle maturité) qui lui a mis le pied à l'étrier professionnellement et lui cherche aussi un producteur pour son futur film... Léa, elle, a un peu de mal à rebondir, elle rencontre un "vieux" (c'est elle qui le dit), un spectateur assidu de ses visites, qui vit sur une péniche et est en train de composer un "drag-requiem", mais a du mal à franchir le pas avec lui, et préfère aller se mettre au vert quelques temps chez sa mamie...
Pendant ce temps, Martin...

Un film d'une grande élégance, un film qui ne s'apesantit jamais (rien ne dure jamais plus longtemps quil ne faut), oui, un beau film, grâce un sens du montage aussi bluffant qu'efficace (et un incontestable sens du détail) qui fait pardonner les légères faiblesses de quelques-unes, question interprétation.
Le film est un genre de "Conte des quatre saisons" (oui, oui, on pense à Rohmer, à ses dialgues, à ses rencontres, à ses élans du coeur, à ses méandres affectifs), d'ailleurs il est partagé en quatre parties qui suivent les saisons (on commence en automne et on finit en été...) et se grignote comme un délicieux et aérien petit feuilleté...
Avec en fil blanc les allées et venues de nos deux tourtereaux que le mouvement du récit va faire se croiser, se retrouver plusieurs fois, dans des situations affectives jamais tout à fait les mêmes de la fin de leur histoire commune au début de l'histoire individuelle de chacun...
Le film est léger, il est précis, alerte, jamais pleurnichard (ouf!) et réussit toujours à nous intéresser, parfois même à nous étonner (certains enchaînements de scène  -hiatus, ellipse- nous amènent même à nous questionner.
C'est très émouvant de revoir Françoise Lebrun, mais c'est un grand plaisir de faire la connaissance de la jeune Adèle Csech, qui est véritablement jolie comme un coeur.
Pas la peine de courir, le film ne passe plus.

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Posté par chori à 06:39 - - Commentaires [0] - Permalien [#]