dimanche 24 mars 2019

scénario

065
CONVOI EXCEPTIONNEL
de Bertrand Blier

J'ai fait le déplacement spécialement (bus à 1,50€, vous connaissez l'histoire) pour aller finir le PDC à Besac avec BB, même si les critiques étaient moy-moy (à tel point que j'ai cru que sur allocinoche les commentaires spectateurs avaient été trustés par une armée de trolls...
Bertrand Blier, c'est quelque chose, quand même, un monument du cinéma français (pour mémoire, Les valseuses, 1974), que j'ai quelquefois adoré (Buffet Froid, Tenue de soirée, Merci la vie), qui m'a d'autres fois déçu, et dont je réalise que je n'ai pas vu les derniers films depuis belle lurette... Et, allez savoir pourquoi, la bande-annonce de celui-ci m'a fait envie (Depardieu et, tiens, Clavier, qui pour une fois ne me paraissait pas insupportable, Bouli Lanners, Alex Lutz, des dialogues qui évoquaient l'humour froid de Buffet froid...) et donc direction le Victor Hugo à 13h30 (la caissière rentrait de congés et paraissait un peu déboussolée mais on a eu nos deux places pour 4€!)
Effectivement, ça commence très bien : rencontre entre deux mecs, un riche et un pauvre (un maigre et un gros) au milieu d'un embouteillage où le gros/pauvre pousse un caddie vide "qui contient toute sa vie", et où le maigre l'informe que, trois scènes plus tard ils doivent tuer un mec... Les deux mecs suivent le scénario, le commentent, vont effectivement chez le mec qu'ils doivent tuer (et qu'ils ne connaissent pas, et le spectateur fait la connaissance des "scénaristes" (une armada de mecs en parka sombre avec un col en fourrure) qui rédigent des pages des scénarii de la vie des deux (le gros le maigre) qu'ils leur font regulièrement transmettre par des intermédiaires (les "nouvelles scènes", qui modifient le scénar pré-existant) jusque là c'est très bien. Passe un nouveau personnage, une belle femme triste qui n'a ni nom ni pages de scénario jolie scène dite "devant la boulangerie", qui va un peu chambouler le récit.
Et puis ça part un peu en sucette (ou en roue libre). Comme si Blier voulait "refaire du Blier" (Buffet Froid 2), mais bon le coeur n'y est plus. D'autant qu'il laisse soudain en plan son histoire de scénario et de scénaristes pour repartir dans un récit plus planplan.
On est déçu, et on est triste d'être déçu. Et pourtant le film ne fait qu'une heure vingt mais bon on a quand même le temps de s'y ennuyer. Oh ce n'est pas un naufrage intégral, il y a de-ci de-là des choses à sauver mais bon on se souvient du bon vieux temps du grand Blier et on est en droit d'avoir un peu envie de pleurer.
Le début est très bien, la fin, symétrique (et qui, comme faisait remarquer Dominique, pourrait auss être le début) est bien aussi. Et entre les deux ? Circulez, rien à signaler.

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Posté par chori à 06:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]