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REBELLES
de Allan Mauduit

Après la déception du Blier, j'avais encore une chance de profiter du PDC (mais cette fois sans ticket orange), et Dominique avait enve de voir celui-ci, alors, fort du conseil donné la veille par Zabetta (qui l'avait beaucoup aimé), j'ai décidé de l'y accompagner.
Un film drôle et noir, et cette fois-ci pas avec un duo de mecs mais un trio de nanas, jouées par Cécile de France, Yolande Moreau, et Audrey Lamy. Qui sont ouvrières dans une conserverie de poisson à Boulogne (sur mer), et qui, par un certain concours de circonstances vont se retrouver avec un mort sur les bras, plus un gros sac plein d'argent (sans oubler un gland coupé -oui vous avez bien lu- enveloppé dans un mouchoir en papier). Trois pétroleuses : la blonde, la rousse et celle avec les racines apparentes, qui vont faire tout ce qu'elles peuvent (et même davantage) pour garder le fric et sauver leurs fesses. Car tout le monde le cherche ce fric, et d'abord Simon Abkarian (oh que je l'aime toujours autant  lui, toujours aussi à l'aise dans son rôle de mafieux-maquereau-dealer-gangster-etc.), mais aussi le "gang des belges" (une bande familiale  à gros flingots et plafonds bas) à qui cet argent appartient, et qui entend bien le récupérer illico.
Et c'est parti! Le scénario est lancé, met le turbo, et file à toute berzingue, laissant rarement au spectateur l'occasion de reprendre son souffle.  C'est très drôle, très noir, et on adore ça. C'est filmé un peu désinvolte, un peu cracra, mais c'est normal, pour un film qui sent le poiscail. On a assez vite compris qu'il va beaucoup changer de mains, ce sac avec des biffetons... Tout le monde le veut, tout le monde le cherche, tout le monde court après tout le monde, chacun(e) veut flinguer chacun(e), et les rebondissements pleuvent comme, justement, les poissons sur le tapis-roulant de la conserverie... Non, ça n'arrête pas de défiler.
Cécile de France est sidérante de naturel en bimbo (ex "Miss Nord et pas-de-Calais") qui rentre au bercail avec un cocard sous ses grosses lunettes noires (on a du mal à la reconnaître dans la première scène), pleine de hargne et prête à tout pour s'en sortir. Ses copines ne sont pas en reste (Yolande Moreau fait sensation en Ma Dalton, ou plutôt en Hulkette, tellement elle change de rôle et de statut quand la colère la gagne, et Audrey Lamy ferme la marche en nunuche pas si nunuche que ça (mais peut-être si finalement ?), ce qu'elle sait très bien faire...) et la belle équipe au féminin nous entraîne à sa suite (et sa poursuite) sans jamais faiblir ni mollir, bien au contraire. le scénar en rajoute dans les coïncidences et les révélations, mais jamais le spectateur n'est pris pour un con (ou, dans le cas présent, un gland...)
Il y a beaucoup d'armes à feu, de flingues qui vont pas mal changer de main aussi (évidemment chacun(e) est à l'aise pour manier ça comme s'il/elle avait fait ça toute sa vie) avec, notamment, comme dans tout western urbain qui se respecte, une scène de canardage en intérieur assez apocalyptique pour figurer dans le top 10 des scènes de canardage en appartement! D'anthologie!
Et nos trois héroïnes feront mentir l'adage : Telle n'est pas prise, justement, qui croyait prendre, et le film ira jusqu'au bout de sa joyeuse amoralité. Yes, pour une fois, c'est les filles qui gagnent, c'est bien fait, et c'est tant mieux!
Très très très plaisant.

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