077
L'ADIEU A LA NUIT
d'André Téchiné

Le nouveau film de Téchiné, avec Catherine Deneuve... Après une série de films en demi-teinte du réalisateur (que j'aime passionnément depuis plus de quarante ans, ah Souvenirs d'en France (Moreau, Pisier) aaaaah Barroco (Adjani, Pisier, Surgère) les premiers joyaux de ma jeune et fiévreuse cinéphilie...) j'étais à la fois plein d'espoir et tout autant d'appréhension... Et là, bingo, sur toute la ligne. Et re-bingo, même. retrouver Deneuve, en éleveuse de chevaux et grand-mère d'un jeune homme (Kacy Mottet-Klein, aimé dans Quand on a 17 ans... du même Téchiné) qui revient la voir avant de partir soi-disant pour le Canada mais on apprend vite que la réalité est toute autre... Le jeune homme s'est en effet comme on dit aujourd'hui "radicalisé" par le biais de sa copine (jouée par Oulaya Amamra, découverte dans Divines), prête à partir avec lui. Le film est furieusement (grandiosement) romanesque, c'est, pour moi, vraiment, du "grand" Téchiné, passionné, lyrique, et, si sa construction est plutôt classique, reste passionnant d'un bout à l'autre grâce à un scénario superbement agencé. J'ai adoré.

078
90'S
de Jonah Hill

Jonah Hill je le connais, c'est le petit rondouillard découvert dans Supergrave, et qu'on a vu ensuite revenir régulièrement dans les films de la tribu Judd Appatow / Seth Rogen (que j'adore). il signe là son premier film en tant que réalisateur, une chronique américaine située dans les années 90, autour d'un gamin, Stevie, agé de 13 ans (et donc à peine plus âgé que le réalisateur à l'époque, un kid, donc, qui voudrait grandir, et est fasciné par une bande de jeunes branleurs skaters dont il souhaite  faire sa nouvelle famille (la sienne, "vraie" étant composée d'une mère jeune et un peu déboussolée et d'un frère aîné un peu bourrin et concon -pléonasme ?-) Le film ne fait qu'1h25 mais m'a semblé durer des siècles, tellement ce qui s'y passe ne m'intéresse pas vraiment (Gus Van Sant dans Paranoid Park et, surtout, Larry Clark dans Wassup Rockers ont déjà fait beaucoup mieux), parce que je n'arrivais pas à m'attacher ni à ce personnage de teen-ager trop ricain, ni à ces jeunes "rebelles" tellement agaçants... Déçu, donc.

079
LE BON MÉTIER
de Mathieu Peset

Changement complet, avec un film documentaire réalisé par le "régional" de l'étape, un film donnant la parole, et suivant des élèves de SEGPA du Collège Delaunay à Gray, lors de l'année de 3ème où ils doivent se déterminer pour leur futur métier... choix pas facile mais pourtant crucial, qui les engage pour la suite de leur vie d'adulte... Mathieu Peset suit un groupe de jeunes en train de chercher leurs stages, en apprentissage, en cours, des gars et des filles attachants, dans leurs prises de paroles, leurs espoirs, leurs doutes, parfois même leurs désillusions... Un film très attachant par son propos (donner la parole à des élèves de SEGPA, par définition ostracisés et "mis au ban") et qu'on a donc envie de défendre (on passera donc sous silence les réserves techniques...) en grdant l'image de ces jeunes en action et leur belle spontanéité (on penserait au premier court-métrage de Samuel Collardey, L'apprenti, qu'on avait tant aimé...)

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MAIS VOUS ÊTES FOUS
d'Audrey Diwan

Du dernier film je ne savais rien ou presque... oh oh Pio Marmaï, oh oh Céline Salette... Pour un amateur de cinéma, on voit un peu ce qui se dessine : il va y a voir de la bonhomie (et peut-être de la dégaine, Pio...) et de la tristesse (et peut-être des larmes, Céline...) et, effectivement, cette anticipation n'était pas très loin du compte. Un jeune dentiste, Roman, marié, deux filles, a tendance à un peu trop se poudrer le museau (en douce) jusqu'au jour où une des gamines fait une crise et que les analyses révèlent des traces de coke dans son organisme. Aïe. Et pareil pour la maman, Camille, et l'autre soeur. Re-Aïe. Le papa est arrêté, soupçonné de droguer ses enfants voire bien pire, la maman est souçonnée d'être complice, aïe aïe aïe... C'est écrit "d'après une histoire vraie", et on en apprend de belles sur la contamination à la cocaïne, via l'avocate du papa (Valérie Donzelli, que j'ai toujours le même plaisir à revoir...). Ce n'est pas tant l'aspect juridique qui intéresse la réalisatrice que la façon dont le couple va être mis à mal par cette histoire, et ça c'est c'est plutôt bien vu question vraisemblance (avec juste un petit bémol sur la façon quasi magique qu'a Roman de se sevrer de la coke : une peu de tisane, quelques verres d'eau et hop le tour est joué! Mais bon, c'est Pio Marmaï, alors on lui pardonne...)