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TOUT CE QU'IL ME RESTE DE LA RÉVOLUTION
de Judith Davis

D'abord j'ai confondu avec l'actrice américaine qui a quasiment le même nom, mais non non, rien à voir, Judith Davis est (parfaitement ?) française, elle joue dans le premier film qu'elle réalise, s'attribue comme soupirant Malik Zidi et comme maman de cinéma la divine Mireille Perrier (qu'on ne verra que très tard dans le film pour causes de scénario).
Une jeune fille donc, (parfaitement) révoltée, comme le titre l'indique. Fille d'un couple de militants maoïstes purzédurs qui avaient décidé de sauver le monde en commençant d'abord (pléonasme ?) par nos frères opprimés les ouvriers. Des vrais maos, intransigeants et doctrinaires, dont elle a visiblement hérité du patrimoine génétique alors que sa soeur pas vraiment. Elle a perdu depuis des années tout contact avec sa mère, qui du jour au lendemain a décidé d'abandonner sa famille et le militantisme, mais est contrainte, au début du film, de revenir vivre chez son père, qui lui est resté mao mais  tendance adoucie bohème et babos...
Une comédie politique, tirée (merci allocinoche) d'une pièce de théâtre que Judith Davis avait précédemment créée (à laquelle on doit peut-être cette belle qualité d'écriture des dialogues).
Angèle veut tout changer, est contre tout (surtout en ces consuméristes et egoïstes années 2010), mais refuse aussi en bloc toute proposition de rapprochement affectif (le fameux Courage, fuyons!). Avec sa copine elle crée des actions qui s'apprentent autant à la performance qu'un geste politique, crée un groupe de discussion (la partie la plus savoureuse du film) où il est surtout question de théoriser, justement, cette discussion, en libérant la parole de chacun.
Parallèlement s'esquissent deux trames narratives, deux axes, qu'on pourrait nommer Angèle et sa mère (par ici) et Angèle et Saïd (par là) qui pourraient presque finir par se rejoindre.
Un film délicieux, dont j'ai beaucoup aimé les dialogues et les situations -j'y ai beaucoup gloussé- (même si la pénultième partie  (le repas en famille) est, à mon sens, un peu moins convaincante que le reste - surtout la scène du beau-frère, j'ai du mal avec la violence, même si -et peut-être surtout- verbale-). heureusement le dernier plan (le retour du groupe d'échanges) vient remettre tout ça d'équerre.
Un film que, sans savoir vraiment pourquoi, j'aime vraiment beaucoup, à ma grande surprise...

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