MAUVAISE PRISE
d'Eoin Colfer

Il était dans ma pile de polars achetés à bas prix chez Gibertuche (via priceministruche, évidemment), je pense suite à la recommandation d'un de mes deux blogs polars préférés (Actu du noir), je n'en savais pas plus que ça, et j'ai donc lu la quatrième de couv' (je sais bien qu'il vaut mieux ne jamais lire les quatrièmes de couv', ils doivent embaucher des gens spécialement vicelards spécialisés uniquement dans cette tâche : gâcher le plaisir du lecteur potentiel).

Un peu peur tout au début : je l'ai commencé trois soirs de suite et à chaque fois je m'endormais au bout d'une page et demie, mais sans que ce soit dû à l'auteur, non, juste que j'étais incapable d'en lire davantage...

J'ai donc renouvelé l'expérience de jour, et là tout s'est bien mieux passé...

Un énorme plaisir de lecture.
(parce que un énorme plaisir d'écriture, y a pas de secret...)

(Juste un bémol pour commencer : ce bouquin est une suite, et il vaut mieux donc lire le premier, PRISE DIRECTE, du même monsieur, et publié aussi en Série Noire (grand format), parce qu'il vous le raconte un peu beaucoup (surtout au début), mais bon ça n'a pas vraiment beaucoup d'importance, parce que ce que raconte Eoin Colfer est moins important que la façon dont il le fait.)

Le roman a pour héros Daniel Mc Evoy, un Irlandais pur jus, ancien militaire, qui se retrouve propriétaire d'un club suite à ce qui s'est passé dans l'épisode précédent. Il se trouve être aussi le narrateur du roman, qui écrit comme il parle -jouissivement-, et est entouré dune série de personnages plus ou moins barrés (tous au moins autant que lui en tout cas) : Zeb son vieux pote de l'armée qui est plus ou moins médecin (et tout aussi queutard), Sofia sa copine, une bi-polaire qui le confond régulièrement avec son mari disparu, Evelyne sa tante alcoolo qui avait disparu pendant des années et refait soudain surface, Mike Madden, un mafieux Irlandais à qui il a fait des misères dans le premier volume, plus tout un tas de flics d'un côté, et de truands de l'autre (des fois on ne sait plus vraiment de quel côté ils sont vraiment).

J'ai retrouvé le même plaisir que celui éprouvé à la lecture des aventures de Hap et Léonard par Joe R. Lansdale, c'est dire... C'est très noir, très violent, et très drôle (et très improbable aussi, tout ce qui lui arrive -ne lisez pas la quatrième de couv' par pitié).

Et donc une lecture "virile" jubilatoire hautement recommandée

mauvaise prise

(C'est bon signe lorsque, en lisant un roman (et, à plus forte raison, un polar) il y a des phrases que je trouve drôlissimes, que j'ai envie de relire, voire de recopier, (voire même -horreur!- de corner la page pour pouvoir la retrouver plus facilement). Eh bien là c'était le cas, et souvent en plus!)