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BLANCHE COMME NEIGE
d'Anne Fontaine

Le titre de ce post a existé "pour de vrai", (Il s'agit d'un porno des années 80) si si, je ne vous raconte pas d'histoires... Anne Fontaine, elle, si, par contre, et c'est tant mieux. Et entre elle et nous, c'est (aussi) une longue histoire (depuis le belfortain et toxique Nettoyage à sec, en 1997). On a programmé presque tous ses films me semble-t-il, chacun d'eux le plus souvent nimbé d'une certaine singularité. Drame, comédie, polar, chronique, cette dame-là a tâté de presque tout, en l'accomodant à sa façon. Et voilà qu'elle nous revient avec un conte...
Blanche-Neige, donc, ou presque : l'héroïne c'est Claire (jouée par la jeune et jolie  Lou de Laâge, vue il y a quelques temps dans Les innocentes, de la même réalisatrice), la méchante reine c'est Maud (Isabelle Huppert dans ses grandes oeuvres), et, si nains ils ne sont pas, ils sont quand même sept à prendre soin de la jeune fille : Damien Bonnard est Pierre et François, deux jumeaux, qui cohabitent avec Vincent Macaigne un violoncelliste platonique, dont le chien est soigné par Jonathan Cohen (Serge le mytho, ça vous dit quelque chose ?) le vétérinaire, Richard Fréchette joue un prêtre québecois, Benoît Poelvoorde un libraire avide de correction, et Pablo Pauly (découvert dans Patients) un champion de sports de combat timide, fils du précédent (sans oublier Charles Berling, entraperçu au début, qui est, un peu le détonateur de tout cette histoire...), quelle distribution, non ? De quoi, vraiment, en faire toute une histoire, ce dont ne se prive pas la réalisatrice.
Anne Fontaine joue avec le mythe et malicieusement nous sème, ça et là des clins d'oeil et références à l'histoire originale (un miroir, des nains, une pomme rouge, du poison, une gisante que vont réveiller des baisers...) et nous livre une histoire décalée autour d'une Blanche-Neige bien moins nunuche que dans la version Disney (et beaucoup plus folle de son corps aussi, d'où le titre de ce post) tandis que la marâtre n'a, elle, rien à envier à son modèle (et Huppert est parfaitement idéale pour styliser le rôle).
Une version très plaisante, dont je ne comprend pas pourquoi elle a provoqué l'ire de tant de critiques (Libé, "ce "Blanche comme neige" se retrouve dès les premières minutes englouti dans un tsunami d’inanité et d’incohérence qui, au vrai, ne laisse aucun survivant", comme c'est parisiennement -et gratuitement- méchant...) à tel point qu'on croirait ça tout droit sorti des Cahiaîs qui n'ont eux  même pas daigné écrire une ligne dessus, et, rien que pour ça (hihi j'avais écrit reine que pour ça) le film mérite qu'on le défende... ce film est une fantaisie, une variation, une interprétation, devant lequel ce serait dommage de bouder son plaisir.

 

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Blanche Comme Neige : Photo Benoît Poelvoorde, Charles Berling, Damien Bonnard, Jonathan Cohen, Pablo Pauly