mardi 30 avril 2019

le pouvoir protège le pouvoir

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EL REINO
de Rodrigo Sorogoyen

Lundi de Pâques, j'ai pris le bus pour aller voir ce nouveau film du réalisateur qui nous avait donné le couillu -et malaisant- Que Dios nos perdone, en 20107, avec déjà, en vedette le même Antonio de La Torre (qu'on vient de voir récemment - Semaine latino 8- en prisonnier futur président de la république dans l'impressionnant Compañeros), film, donc, vivement conseillé par Dominique, et dont je n'étais pas sûr qu'il passerait encore la semaine suivante......
L'acteur incarne, cette fois Manuel López-Vidal,  un homme politique espagnol qui va se retrouver pile-poil dans l'épicentre d'un tsunami politico-financier-médiatique impliquant les membres du parti dont il fait partie (hihi) mais la quasi-intégralité de la classe politique espagnole... Un film sur les nantis en costume trois pièces, qui mangent des choses chères dans des restaurants chers, roulent en grosses bagnoles et mettent de côté le plus de fric possible au fil de magouilles quotidiennes, habituelles, rituelles, petites ou beaucoup plus grosses... Au début du film c'est un autre qui est collimateur, mais au fil des dénonciations, révélations, et trahisons diverses et successives (la théorie des dominos) Manuel López-Vidal semblerait devenir le bouc émissaire idéal, et, donc, l'homme à abattre (au sens figuré pour les tribunaux juges et média divers, au sens propre pour les méchants très méchants qui préféreraient effacer toutes les traces de leurs malversations).
J'ai beaucoup aimé le film, je dirais même que je l'ai aimé de plus en plus, cinématographiquement, de par sa construction. Construction oui, il m'a fait penser à ces jeux où il s'git d'empiler des choses, chacun son tour, jusqu'à ce qu'un morceau ultime fasse s'écrouler tout l'édifice (et perdre le joueur qui l'a posé)... Pendant un long moment on est dans le stable, on regarder s'agiter frénétiquement (et se tirer dans les pattes tout en faisant mine de se donner des grandes claques dans le dos) tous ces margoulins (et margoulines), puis l'empilement des pièces commence à devenir un peu anxiogène (pour le spectateur) et chaque nouvelle scène (ou pièce empilée) commence à faire vaciller l'ensemble du récit, qui devient du coup de plus en plus passionnant. La dernière demi-heure est à couper le souffle.
D'abord la scène sur le balcon, puis celle dans la maison d'un de ses "amis", (occupée par sa fille en train d'organiser une teuf en cachette de son père, maison où il doit récupérer des documents, malgré l'hostilité croissante des participants à ladite teuf), puis une scène (pour moi) anthologique, hitchcockienne "a minima", celle de la station-service la nuit (peut-être ma préférée du film), suivie d'une autre scène avec des voitures la nuit (qui, je ne sais pas trop pourquoi, m'a évoqué Fargo), et, hop on pose enfin l'ultime pièce, la scène du débat télévisé... Tombera, tombera pas ? Le réalisateur, joueur, nous laissera là en suspens (...) sans pitié, mais on ne peut qu'applaudir à l'intelligence de la progression dramatique du récit.
Et Viva España!

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lundi 29 avril 2019

revus

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LES ÉTERNELS
de Jia ZhangKé

Bôô cinéma, ticket orange, Catherine et Ssa, quatre bonnes raisons de retourner voir le beau film de JZK sur un écran presque trop grand. J'avais un petit peu dormouillé à Besac, mais je voulais avoir tout vu, et je suis donc revenu pour profiter de tout. Hélas "ça"  m'a un peu repris (mais heureusement pas aux mêmes endroits). L'odyssée de Qiao et de Bin (qui l'aime sans l'aimer tout en l'aimant) est toujours aussi impressionnante, humainement, socialement, cinématographiquement, mais qu'est-ce que ça ne donne pas du tout envie d'aller voir en Chine ! (ce que les films précédents du réalisateur exprimaient déjà à merveille). Il manque un minuscule je-ne-sais-quoi pour le Top 10... (peut-être juste un héros masculin plus attachant ?)

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Y a de la joie... 1

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Y a de la joie... 2

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SYNONYMES
de Nadav Lapid

Tom Mercier est toujours aussi beau, sa quéquette toujours aussi sympathique, sa voix toujours aussi chavirante, et le film toujours aussi peu aimable (mais comme quoi c'est parfois salutaire (et ça fait parfois un peu plaisir aussi) de se faire un peu rudoyer). Nadav Lapid n'aime pas son pays de naissance, mais ne porte pas vraiment dans son coeur non plus son pays d'adoption. Il est par contre toujours aussi fasciné par le corps (viril) de son héros, et celui de ses compatriotes (et la façon dont entre eux ils s'auto-fascinent) et sur ce point je ne saurais lui donner tort. Un film (pourtant) intensément poétique, encore plus que politique. Un film en colère, comme une omelette norvégienne (!) à l'envers : glacé dehors et incandescent dedans, bref, Top 10 confirmé.

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Yoav tire sur Notre Dame...

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sur les ponts de Paris...

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samedi 27 avril 2019

dlodc

(du lard ou du cochon)

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(tag,mur, peinture blanche, panneau routier, marqueur)

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(voie, bidons, panneau)

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(encoignure, rubalise)

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(paillasson synthétique, pétales de cerisier du Japon, chaise de jardin, béton)

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(journal, acronal, craies grasses, feutre fin)

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(herbe, fenêtres en pvc, fleurs de pissenlit)

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(film, sous-titre, recadrage)

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(couennes de jambon (de porcelet truffé), barquette de polystyrène)

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samedi 20 avril 2019

micro184

*

mon ami Philou m'a appris que
"chaque fois qu'on boit de la bière, on pisse du glyphosate"

*

 à mon âge, je n'ai toujours pas intégré le fait que je suis censé me raser tous les jours

*

Catherine ne cliquette plus
(grâce à l'intervention de son garagiste)

*

 Ohlala j'ai renversé du vin sur la jolie nappe de Francette 
d'un côté on a dit  sel fin et de l'autre jus de citron :
c'est -incontestablement- le citron qui a gagné

*

 paronyme est-il synonyme de synonyme
ou plutôt synonyme d'homonyme ?

*
je ne sais pas pourquoi mais, dès l'intro,
certains morceaux des Stranglers des années 90
me font invariablement venir les larmes aux yeux
(surtout Always the sun et Midnight Summer Dream, en fait)

*
(belles phrases idiotes que je ne comprend pas)
"Mais il ne serait pas juste de réduire le film à ce qu'il n'est pas ou à ce qu'il prétend être."
Hugues P. (Les Cahiaîs)

*

je fais des rêves surpeuplés
(sans doute une façon de compenser)

*

faire en sorte de ne plus avoir honte

*

" deux détectives au sujet desquels le lieutenant Ronelle Deacon m'a informé qu'ils seraient infoutus de trouver leurs bites, même à l'aide d'un miroir et d'un détecteur de bite, ce qui m'avait beaucoup fait rire à l'époque." (Eoin Colfer)

*

ces voleurs de chez Tropicana qui réduisent proportionnellement un pack de jus d'orange
pour qu'il ne contienne plus que 0,85l (on ne voit presque pas la différence)
tout en conservant (bien sûr) le même prix

*

(Suis-je un monstre ?)
L'incendie de Notre Dame ne me fait ni chaud ni froid...

*

si je bénéficiais d'une arme de service, je profiterais de l'opportunité

*

(hihi) mangé de l'agneau pascal en ce vendredi saint

*

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vendredi 19 avril 2019

blanche-fesse et les sept mains

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BLANCHE COMME NEIGE
d'Anne Fontaine

Le titre de ce post a existé "pour de vrai", (Il s'agit d'un porno des années 80) si si, je ne vous raconte pas d'histoires... Anne Fontaine, elle, si, par contre, et c'est tant mieux. Et entre elle et nous, c'est (aussi) une longue histoire (depuis le belfortain et toxique Nettoyage à sec, en 1997). On a programmé presque tous ses films me semble-t-il, chacun d'eux le plus souvent nimbé d'une certaine singularité. Drame, comédie, polar, chronique, cette dame-là a tâté de presque tout, en l'accomodant à sa façon. Et voilà qu'elle nous revient avec un conte...
Blanche-Neige, donc, ou presque : l'héroïne c'est Claire (jouée par la jeune et jolie  Lou de Laâge, vue il y a quelques temps dans Les innocentes, de la même réalisatrice), la méchante reine c'est Maud (Isabelle Huppert dans ses grandes oeuvres), et, si nains ils ne sont pas, ils sont quand même sept à prendre soin de la jeune fille : Damien Bonnard est Pierre et François, deux jumeaux, qui cohabitent avec Vincent Macaigne un violoncelliste platonique, dont le chien est soigné par Jonathan Cohen (Serge le mytho, ça vous dit quelque chose ?) le vétérinaire, Richard Fréchette joue un prêtre québecois, Benoît Poelvoorde un libraire avide de correction, et Pablo Pauly (découvert dans Patients) un champion de sports de combat timide, fils du précédent (sans oublier Charles Berling, entraperçu au début, qui est, un peu le détonateur de tout cette histoire...), quelle distribution, non ? De quoi, vraiment, en faire toute une histoire, ce dont ne se prive pas la réalisatrice.
Anne Fontaine joue avec le mythe et malicieusement nous sème, ça et là des clins d'oeil et références à l'histoire originale (un miroir, des nains, une pomme rouge, du poison, une gisante que vont réveiller des baisers...) et nous livre une histoire décalée autour d'une Blanche-Neige bien moins nunuche que dans la version Disney (et beaucoup plus folle de son corps aussi, d'où le titre de ce post) tandis que la marâtre n'a, elle, rien à envier à son modèle (et Huppert est parfaitement idéale pour styliser le rôle).
Une version très plaisante, dont je ne comprend pas pourquoi elle a provoqué l'ire de tant de critiques (Libé, "ce "Blanche comme neige" se retrouve dès les premières minutes englouti dans un tsunami d’inanité et d’incohérence qui, au vrai, ne laisse aucun survivant", comme c'est parisiennement -et gratuitement- méchant...) à tel point qu'on croirait ça tout droit sorti des Cahiaîs qui n'ont eux  même pas daigné écrire une ligne dessus, et, rien que pour ça (hihi j'avais écrit reine que pour ça) le film mérite qu'on le défende... ce film est une fantaisie, une variation, une interprétation, devant lequel ce serait dommage de bouder son plaisir.

 

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Blanche Comme Neige : Photo Benoît Poelvoorde, Charles Berling, Damien Bonnard, Jonathan Cohen, Pablo Pauly

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mercredi 17 avril 2019

sophia

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EMBRASSE MOI IDIOT
de Billy Wilder

Billy Wilder, réalisateur de deux films que j'adore (Certains l'aiment chaud et Stalag 17) et responsable, un dimanche soir, d'un de mes premiers questionnements métaphysico-cinématographiques : Mais comment un monsieur qui est mort et qui flotte dans une piscine peut-il raconter une histoire ? (Sunset Bvd), à l'honneur dans ce nouveau Play it again Festival, pour un film que je ne connaissais que de nom...
Ni l'affiche ni les acteurs principaux (Dean Martin et Kim Novak) ne me semblaient particulièrement attractifs, mais bon, Billy Wilder, quand même, et Play it again festival aussi, deux bonnes raisons, donc.
Tiens, le film est en noir et blanc! (première surprise) Tiens le format est gigantesque ! (dans une petite salle du bôô cinéma, même en étant au dernier rang, on a le sentiment que c'est presque "trop grand", une question de rapport non respecté, me semble-t-il entre la taille de l'écran et celle de la salle...) Tiens mais où est donc Kim Novak , (elle met un certain temps pour apparaître, à peu près le même que mettait attention spoiler ? Janet Leigh pour disparaître (dans Psychose, bien sûr).
Nous sommes donc à Climax (orgasme, en anglais, traduit par Jouy dans le film), petite ville américaine dans la cambrousse  par laquelle passe Dino, chanteur à succès et homme à femmes (Dean Martin, bien sûr, dans un rôle qui ressemble à celui de sa vraie vie) avec sa grosse et belle décapotable, et s'arrête pour prendre de l'essence dans une petite station-service dont le gérant est aussi auteur de chansons dont le compositeur, Orville, est son ami. Orville est professeur de piano et marié à une femme qu'il couve jalousement (et paranoïaquement). Les deux auteurs-compositeurs échafaudent un plan pour immobiliser Dino (en trafiquant sa décapotable pour provoquer une panne) et lui faire passer la nuit sur place (chez Orville) pour lui faire écouter -et acheter- une de leurs compositions, et devenir riches. Or il s'avère que la femme du pianiste est une fan de Dino et que le mari jaloux devient fou de jalousie à l'idée que quelque chose pourrait survenir entre son épouse et Dino, et les deux compères (le pianiste et le garagiste) décident d'envoyer l'épouse chez ses parents en simulant une discute conjugale (à base de jet de pamplemeousse, tout de même!) et de la remplacer par une fausse épouse, une serveuse / entraïneuse incendiaire qui travaille au Nombril (belly Button), une boîte voisine (La serveuse en question étant la somptueuse (et charnelle) Kim Novak) qui jouera une épouse peu farouche prête à payer de sa personne avec Dino afin de lui faire acheter une ou plusieurs chansons.
La mise en place, comme on peut le voir, est assez complexe, (laborieuse ?), Billy Wilder mettant en place méticuleusement chacun des éléments de cette réaction en chaîne, pour aboutir, finalement, à une situation savoureuse -et explosive!- de doubles quiproquos matrimoniaux (ou non) qui se mettent en place dans le dernier tiers du film.
Billy Wilder a toujours ce sens millimétrique de l'impact des dialogues et des situations, et, effectivement, le film est drôle, même si grinçant, et parfois même cruel. Amoral, en tout cas, et délicieusement.
Et tout le monde sort de la salle en fredonnant Sophia, la chanson que Dino a choisie... Qui aime qui, qui a aimé qui, qui a cru aimer qui... Kiss me stupid!
(et le projectionniste - toujours aussi facétieux- du bôô cinéma a rallumé la salle -clic!- juste avant cette fameuse et ultime réplique, l'a réteinte, - devant les grognements et ronchonnements dans la salle ?-, pour finalement la rallumer à nouveau définitivement quelques instants plus tard... Décidément il y en a qui s'y entendent pour vous gâcher votre plaisir!)

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mardi 16 avril 2019

j'ai envie de royco

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RUE DES CASCADES
de Roger Delbez

Merci Play it again! Chaque année on a le plaisir de découvrir des films du passé, en copies restaurées! Quel bonheur...
Rue des cascades, je n'en avais jamais entendu parler avant il y a quelques mois... Un film réalisé en 1963, sorti fin 64, et qui a coûté sa carrière à son réalisateur, suite à l'échec (cuisant) du film et à sa sortie baclée. Quel dommage! Paris, Belleville, 1963, noir et blanc. Un quartier, un bar-épicerie, des gamins. Tout un petit monde (et la vie de chacun) esquissé, croqué, on ne peut ne pas penser aux photos de Doisneau ou de Kertesz et au réalisme poétique. D'abord grâce à (à cause de) la violente nostalgie ressentie à cette vue en coupe quasiment archéologique d'un monde aujourd'hui disparu, mais ici intact, préservé, 1963 comme si vous y étiez. Les vêtements, les tournures, les produits, les réclames, les expressions, on se régale à chaque instant.
Les gamins, au centre de l'histoire, pètent la santé, une bande de copains autour du jeune Alain, dont la mère -célibataire- fait jaser dans le quartier (c'est elle qui tient l'épicerie-bar) depuis qu'elle s'est acoquinée avec un nègre (c'est comme ça qu'on dit dans le film, comme dans le titre du roman de Robert Sabatier dont le film est l'adaptation, Alain et le nègre). La maman est jouée par une Madeleine Robinson dans la fleur de l'âge, touchante et magnifique. Et Vincent, le bel amant africain, par Serge Nubret (un jeune culturiste souriant, alors débutant, mais qui obtiendrait quelques années plus tard le titre de Mr Univers!). Ça m'a ému de reconnaître, dans la distribution, Benjamin Lefèvre et Christine Simon, qu'à l'époque (dans les années 60) je suivais à la télé dans le feuilleton quotidien Vive la vie! Et de découvrir aussi à leurs côtés Suzanne Gabriello, brunette piquante, que je connaissais comme chanteuse fantaisiste (et participante fréquente au Francophonissime, un jeu télé que j'aimais bien) -dont wikipédioche m'a appris qu'elle avait été la maîtresse de Brel!-. Ce qui en rajoutait encore quelques louchées dans  la nostalgie...
Le film, qui était à sa sortie une adaptation contemporaine du roman (qui lui se passait dans les années 30), est devenu à son tour un témoignage sur le passé, avec un décalage temporel encore plus grand. Et c'est le double effet kiss cool, puisqu'en 1963 j'avais 7 ans, et ce film me parle donc de mon enfance à moi (enfin, ce qu'il (m') en reste), c'est ce qui le rend d'autant plus délicieux. Le film a acquis, en plus de 50 ans, une patine attendrissante, que le noir et blanc rend encore plus forte.
Hervé a été absolument enthousiasmé par le film, je le suis dans cet enthousiasme, avec juste un tout petit peu plus de modération... Tout ça est très frais, touchant, les audaces  -pour l'époque- du sujet, et, aussi de la mise en scène (la scène de la chasse à l'éléphant), compensent les quelques maladresses d'interprétation, (de diction), des jeunes interprètes, mais on peut qualifier l'ensemble d'épatant, pour rester dans l'air du temps (d'alors).
En tout cas, encore une sacrée bonne initiative de Play it again!

"- Tu viens à la piscine ?
– Non, j’peux pas, j’vais au cathé. Et toi, t’y vas ?
– Pfff…Moi, ch’uis z’athée…
– C’est quoi un zaté ?
– C’est quand qu’on est pour la révolution!"

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la "nouvelle affiche", avec son petit côté "L'argent de poche", de Truffaut, rend tout de même plus justice au film que celle qui avait servi lors de la première -et unique- semaine d'exploitation (le film avait été rebaptisé par son distributeur...

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samedi 13 avril 2019

irish colfer

MAUVAISE PRISE
d'Eoin Colfer

Il était dans ma pile de polars achetés à bas prix chez Gibertuche (via priceministruche, évidemment), je pense suite à la recommandation d'un de mes deux blogs polars préférés (Actu du noir), je n'en savais pas plus que ça, et j'ai donc lu la quatrième de couv' (je sais bien qu'il vaut mieux ne jamais lire les quatrièmes de couv', ils doivent embaucher des gens spécialement vicelards spécialisés uniquement dans cette tâche : gâcher le plaisir du lecteur potentiel).

Un peu peur tout au début : je l'ai commencé trois soirs de suite et à chaque fois je m'endormais au bout d'une page et demie, mais sans que ce soit dû à l'auteur, non, juste que j'étais incapable d'en lire davantage...

J'ai donc renouvelé l'expérience de jour, et là tout s'est bien mieux passé...

Un énorme plaisir de lecture.
(parce que un énorme plaisir d'écriture, y a pas de secret...)

(Juste un bémol pour commencer : ce bouquin est une suite, et il vaut mieux donc lire le premier, PRISE DIRECTE, du même monsieur, et publié aussi en Série Noire (grand format), parce qu'il vous le raconte un peu beaucoup (surtout au début), mais bon ça n'a pas vraiment beaucoup d'importance, parce que ce que raconte Eoin Colfer est moins important que la façon dont il le fait.)

Le roman a pour héros Daniel Mc Evoy, un Irlandais pur jus, ancien militaire, qui se retrouve propriétaire d'un club suite à ce qui s'est passé dans l'épisode précédent. Il se trouve être aussi le narrateur du roman, qui écrit comme il parle -jouissivement-, et est entouré dune série de personnages plus ou moins barrés (tous au moins autant que lui en tout cas) : Zeb son vieux pote de l'armée qui est plus ou moins médecin (et tout aussi queutard), Sofia sa copine, une bi-polaire qui le confond régulièrement avec son mari disparu, Evelyne sa tante alcoolo qui avait disparu pendant des années et refait soudain surface, Mike Madden, un mafieux Irlandais à qui il a fait des misères dans le premier volume, plus tout un tas de flics d'un côté, et de truands de l'autre (des fois on ne sait plus vraiment de quel côté ils sont vraiment).

J'ai retrouvé le même plaisir que celui éprouvé à la lecture des aventures de Hap et Léonard par Joe R. Lansdale, c'est dire... C'est très noir, très violent, et très drôle (et très improbable aussi, tout ce qui lui arrive -ne lisez pas la quatrième de couv' par pitié).

Et donc une lecture "virile" jubilatoire hautement recommandée

mauvaise prise

(C'est bon signe lorsque, en lisant un roman (et, à plus forte raison, un polar) il y a des phrases que je trouve drôlissimes, que j'ai envie de relire, voire de recopier, (voire même -horreur!- de corner la page pour pouvoir la retrouver plus facilement). Eh bien là c'était le cas, et souvent en plus!)

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jeudi 11 avril 2019

grâce a dieu (ou la municipalité de bagnolet ?)

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LA LUTTE DES CLASSES
de Michel Leclerc

En premier lieu, Edouard Baer, chapeau! Autant il était crédible en marquis dans le beau (et empoisonné) Mademoiselle de Jonquières, autant ici il sonne juste en vieil anar rebelle batteur d'un groupe punk (Amadeus 77, clin d'oeil au Ludwig von 88) dont le hit était J'encule le pape (qui a failli d'ailleurs être le titre de cette chronique, mais j'ai abdiqué au dernier moment, craignant l'incident diplo' avec le Vatican...).
La lutte des classes du titre n'est pas forcément tout à fait celle à laquelle on aurait pu croire (quoique) puisqu'en fait le dilemne des parents (Edouard Baer, donc, en branleur chômeur au long cours en cuir fatigué, et la toujours mimi Leïla Bekhti, en jeune avocate rebeu au rouge très rouge -j'adore les filles avec du rouge très rouge...-) concerne la scolarisation de leur fils (Coco) chéri : encore à l'école publique (de la république) de Bagnolet alors que tous ses copains sont partis les uns après les autres en établissement privé, et qu'il reste donc, comme l'affirme le directeur aux parents effarés, le dernier petit "blanc" de sa classe.
Un film où j'ai beaucoup ri au début (il y a des situations et des dialogues qui font mouche) puis un peu moins au fur et à mesure que les choses se déglinguent au niveau du couple, de leur fils, des amis de leur fils, des parents des amis de leur fils, surtout que chaque initiative de l'un ou l'autre des deux parents se solde plus ou moins immanquablement par une catatastrophe plus ou moins gênante. Suivie non moins immanquablement par une autre du même acabit ou encore pire, dans l'espoir de redresser la barre, mais qui fait encore plus tanguer le bateau.
Le film est plutôt agréable mais aussi (un peu) inégal (je l'ai trouvé parfois même ambigu), à louvoyer ainsi entre comédie classique, chronique sociétale, utopie sociale, histoire d'amour, satire gentillette, voire utopie croquignolette. A, finalement, ne pas toujours savoir sur quel pied danser (tiens je repense à Ligne de crête). Par exemple, certaines caractérisations de personnages un peu monolithiques et donc excessives (celle de l'institutrice, par exemple) m'ont un peu dérangé. Et la scène du repas avec les parents de Redouane aussi.
Mais on sent que la réalisateur les aime, ces personnages, (et qu'eux, du coup, le lui rendent bien) et c'est comme si il refusait de trancher, chacun gardant dans son camp la balle du j'ai raison et renvoyant le c'est toi qui as tort dans le jardin du voisin (cf l'ultime échange, après la scène dite "de varappe").
Moi j'ai bien rigolé (surtout au début) devant ce Petit Nicolas à Bagnolet. Point ne boudons notre plaisir, et trop ne cherchons la petite bête. Ménageons, et sachons nous contenter de plaisirs simples...

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mercredi 10 avril 2019

tiens des "vraies" photos (ça faisait longtemps)

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fin de manif

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fica 1

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fica 2

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téléréalité 1

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téléréalité 2

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les oiseaux d'Emma

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gilets jaunes 1

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gilets jaunes 2

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compteur

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vieille feuille

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escalier (bidouillé)

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