dimanche 27 octobre 2019

ovni

166
BACURAU
de Kleber Mendonça Filho & Juliano Dornelles

Rare que je me rappelle aussi précisément du début d'un film : d'un générique sur fond ciel étoilé (outer space) on passe à la terre qu'on surplombe et dont on va se rapprocher (on aperçoit au passage un satellite) pour arriver au-dessus du Brésil, puis, encore plus précisément au-dessus d'un camion-citerne déglingué qui zigzague sur une route défoncée...
Le camion va et vient, la route est défoncée, à son bord un homme et une femme, ils croisent un camion qui a renversé son chargement de cercueils, et où des autochtones sont visiblement en train de se servir... Après une halte sur une hauteur qui domine une vallée où l'homme explique à sa passagère une situtation tendue où des salopards limitent l'accès à l'eau pour les habitants de la vallée, et plus précisément d'un village qu'on aperçoit en contrebas (une situation qui m'a rappelé le très aimé Milagro de Robert Redford), village où la jeune fille et le chauffeur finissent par arriver et se séparent,  chacun des deux va vaquer à ses petites affaires lui livre de l'eau et elle transporte une petite valise rouge à roulettes qui semble contenir le saint-sacrement. On les retourvera en on en saura un peu plus sur chacun par la suite.
La mise en place est longue et complexe, fascinante, pendant un grand moment on fait connaissance avec des personnages, (les habitants de Bacurau, et d'autres : un homme politique qui fait campagne, une infirmière (Sonia Braga) qu'a a d'abord découverte en pocharde énervée, un américain (Udo Kier, dans ses grands jours) qu'on découvre dirigeant un groupe de militaires, de chasseurs ou de snipers, on ne sait pas trop (des gros cons ricain(e)s affolé(e)s de la gâchette), un couple de touristes à moto en combinaisons fluo pas si benêts ou innocents qu'ils veulent en donner l'air, un genre d'ermite qui vit à poil avec sa femme au milieu des plantes, plus des chevaux aux galop qui dont irruption dans le village au milieu de la nuit (c'est très beau), et même -oui oui- un ovni, une bonne vieille soucoupe volante qui vole un peu de guingois comme dans les films ricains des années 60, bref une accumulation de gens, d'actes, de situations, une profusion de scènes qui, au départ, ne semblent pas toujours avoir de rapport entre elles (des scènes qui sont fortes déjà par elles-même, indépendamment) mais dont les corrélations vont se mettre en place petit à petit.
Et donc le  spectateur moyen (moi, en l'occurrence) se sent donc un peu perdu, mais en même temps se laisse emporter, impressionné (tétanisé) par ce cinéma violent, baroque, charnel, terrestre, furieux, de plus en plus anxiogène au fur et à mesure que les éléments se mettent en place, et qu'on commence à comprendre la situation... (Avec ces petits cachetons qu'on voit régulièrement glissés dans la bouche des villageois.)
Lorsque tous les pions sont posés, la partie peut commencer. Bacurau est attaqué, et Bacurau va se défendre. (Je me demandais un peu pourquoi allocinoche, dans la rubrique "genre", cochait drame, thriller, western, ce qui faisait beaucoup pour un seul homme, pardon un seul film... En sortant de la salle on se dit que c'est assez justifié, j'aurais même ajouté film d'assaut, si cette catégorie existait.)
"Dans un futur proche..." est indiqué au début du film. Soit donc, ok, un western métamorphé grâce aux nouvelles technologies, mais où le canevas basique reste le même : les méchants arrivent quelque part avec leurs flingues, et ils veulent tuer les gentils (de préférence innocents), et, normalement le(s) bon(s) arrive(nt), et tue(nt) les méchants dans un duel final, et hop, tout finit bien. (avec ripaille villageoise, sangliers rôtis et barde ligoté dans l'arbre... non je m'égare, Astérix sors de ce corps!).
La seule différence, mais de taille, c'est que personne ici ne vient au secours des bacurauiens (ni sept mercenaires, ni sept samouraïs) : au début du film on apprend que le village a soudain disparu des cartes -pfuit!-, les habitants sont coupés du monde, on leur a bien brouillé l'écoute, et donc ils doivent se retrousser les manches, et se démerder tout seuls, avec les moyens du bord, mais, rassurez-vous ils vont faire ça très bien. Aux petits oignons.
Lorsqu'on comprend ce qui se joue vraiment, on est effaré par l'énormité de la dégueulasserie mise en jeu (mais on est au Brésil, n'est-ce pas), et on n'est pas vraiment étonné lorsque les deux réalisateurs dénoncent la collusion entre les politiques locaux et l'hégémonie ricaine, -en ce moment la réalité aurait presque tendance à dépasser la fiction-, et on se prendrait presque à souhaiter que le châtiment réservé au méchant très méchant (il a quand même le temps de gueuler "Et ça ne fait que commencer!") soit appliqué en vrai à certain(s) président(s), qu'ils fussent ricain à mèche platine ou son acolyte (frénétique) brésilien...
Un film grandiose. Bigger than life (je ne sais pas comment ça se dit en brésilien)
Top 10 en tout cas

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samedi 26 octobre 2019

trichage

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MATTHIAS ET MAXIME
de Xavier Dolan

Oh la la...
Le film est indiqué "1h59" mais à mon horloge interne il durait bien bien plus. Oui j'ai trouvé ça interminable (je devrais, peut-être, en fin de compte, arrêter d'aller voir les films de Xavier Dolan, puisque je ne les aime pas ils ne me correspondent pas... cessons donc d'être maso, non ?). Là, évidemment, j'avais été appâté par le titre qui laissait présager une romance homo-érotique (miam), la bande-annonce avait déjà légèrement tempéré  mon enthousiasme, mais piqué ma curiosité (pourquoi donc s'est-il collé une tâche de vin sur le visage ?) mais bon, on venait juste  de voir Chambre 212, je jubilais, et, après Honoré, Dolan ne semblait pas un si mauvais choix (j'étais de bonne humeur)...
Ca démarre fort avec des scènes aux dialogues carabinés (je parle du débit, et sans doute des volontés de dézingage vocabularistique des locuteurs), en joual, sous-titrées comme il se doit (quoique, si on est extrêmement attentif on peut percevoir -comprendre- quelques mots par ci par là). Déjà, ça, a priori, ça me saoule.
On fait la connaissance de Matthias et Maxime, ou Matt - le mimi Gabriel d'Almeida Freitas- et Max - X comme Xavier himself- deux potes qui font partie d'une bande de potes, et qui passent des soirées comme on en passe entre bandes de potes du monde entier (la fumette et la buvette ne sont pas le seul apanage du Québec). Et dans cette soirée, déjà, agaçante eu égard aux susdits échanges verbaux, intervient soudain un personnage encore plus énervant : une demoiselle qui parle franglais -bravo pour ceux qui rédigent les sous-titres-, (avec "genre" tous les trois mots dans chacune de ses phrases), damoiselle qui tourne un film arty dans lequel elle réquisitionne pour une scène les deux amis (M&M's) qui doivent juste se rouler une pelle. La belle affaire , (On sait déjà par la bande-annonce, qu'ils l'ont déjà fait quand ils étaient plus jeunes, chose que Matthias par contre  ne veut absolument pas reconnaître).
J'adore la façon dont Xavier D. nous frustre du baiser en question en coupant très sec la scène juste au moment de l'action fatidique. Couic! (and cut).
Mais à partir de cet instant -nous dit le résumé d'allocinoche -et donc, probalement du press-book- "Suite à ce baiser d’apparence anodine, un doute récurrent s’installe, confrontant les deux garçons à leurs préférences, bouleversant l'équilibre de leur cercle social et, bientôt, leurs existences."
Tadam!
(Diantre.)

A partir de ce moment vont se mettre en place trois histoires parallèles (trois arcs, comme on dit dans les séries ?) : celle des deux garçons, celle du groupe de chums, d'une part, et (arghhhh!) celle de Max (X comme Xavier) avec... (noooon, pitié!)  sa mère, qui lui cause bien des tracas, comme il se doit, et, toujours comme il se doit, excessive, possessive, médicamentée (et jouée comme il se doit par Anne Dorval), avec des scènes qui se déroulent toujours selon le même schéma : on parle gentiment / on s'énerve / on se tape dessus / on pleure... Pfououh ! Je n'avais pas aimé Mommy (et je ne l'aime toujours pas), et cette nouvelle pièce ajoutée à l'édifice Maman c'est toi la plus belle du monde m'a je dois dire un peu échauffé les oreilles...
Pour ce qui est de l'histoire des garçons (ce qui m'intéressait  le plus a priori), les choses n'allaient guère mieux, tant la situation faisait du yoyo (surtout de la part de Matthias) :une forme de relation "amoureuse" bipolaire. Il semble posé que Max est celui qui aime, tandis que l'objet de ses voeux n'arrive pas semble-t-il à se décider franchement, effectuant une sorte de valse hésitation -un pas en avant, deux pas en arrière, échangez vos cavalièr(e)s-  qui ira en s'amplifiant, jusqu'à la toute fin du film.
(A la sortie nous étions trois, et nous n'étions pas d'accord sur la dernière scène, je crois que j'étais le seul à avoir l'interprétée de façon négative -si vous allez le voir, j'aimerais avoir votre avis là-dessus-). Et même si ce qu'on voit arrive vraiment, il est évident que, vu le comportement du personnage en question, ça ne signifie absolument rien sur la suite des événements... Et qu'il va continuer sa danse trois pas sur l'côté, trois pas d'l'aut'côté...
Je me suis ennuyé, même si je reconnais toujours à Xavier Dolan un talent certain pour la mise en scène, autant que dans le choix de ses musiques... Contentons-nous donc de ce dont nous pouvons nous contenter. (la musique, donc, la joliesse de Gabriel d'Almeida Freitas, et le sens du montage frustratoire de Dolan, qui coupe systématiquement ses scènes très cut, juste avant la fin, ce que je trouve assez jubilatoire...)
Mais donc, oui, voilà, globalement, j'aurais -sincèrement- aimé adorer, mais j'étais content que ça se termine.

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Matthias et Max juste avant le bisou

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vendredi 25 octobre 2019

tromper son mari avec son mari

164
CHAMBRE 212
de Christophe Honoré

Oh oh...
Comment parler de l'excellent nouveau film de Christophe Honoré (qui, -potin from Jean-Luc C.- d'ailleurs, tiens, est toujours fâché avec l'excellent Alex Beaupain) sans en dévoiler trop, pour ne pas gâcher le plaisir du futur spectateur ? Pas si facile...
On peut parler de Chiara Mastroianni, de Benjamain Biolay, de Vincent Lacoste et de Camille Cotin, et préciser qu'ils vont danser une sorte de quadrille dont les figures (plus ou moins) imposées vont de plus en plus en plus ravir le spectateur au fur et à mesure qu'elles se complexifient, s'interpellent, se recoupent...
Il est question d'un couple (Chiara/Benjamin) qui un soir, comme ça, va soudain battre de l'aile lorsqu'il découvre qu'elle l'a trompé avec le jeune Hasdrubald Electorat, un de ses étudiants  (en partie parce qu'elle était tombé amoureuse de son nom...) alors que lui ("il") lui déclare qu'il ne l'a jamais trompée, pas une fois en vingt-cinq ans.
Elle décide donc d'aller "prendre l'air" et prend une chambre (la 212) dans l'hôtel qui est juste en face de leur appartement (oui, comme Jean Rochefort quand il veut espionner sa femme qu'il soupçonne de le tromper...) et où elle va passer la nuit (et le pont : "Quand elle eut passé le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre...")
Ouvre le bal, accordez les violons, c'est là que ça va commencer à guincher (sans que je ne puisse vous dire quoi que ce soit de plus ni sur les chorégraphies, ni sur le carnet de bal, sachez juste que j'ai vraiment adoré tout ça, et retrouvé "mon" Christophe Honoré des grands jours, celui des Bien-aimés et des Chansons d'amour...).
C'est drôle, c'est malin, c'est touchant, c'est rythmé, tiens, Lubitsch et Capra pourraient ne pas être loin... Dans un autre registre (plus grave plus fiévreux), Chantal Akerman avait réalisé Toute une nuit, une histoire d'amour(s) estivale et nocturne bruxelloise. Christophe Honoré fait ça très bien en hiver, à Paris, entre le Cinéma des 7 Parnassiens et le Café Rosebud. Le cinéma, l'amour, et les souvenirs. Avec, en prime,  l'apparition d'un presque Charles Aznavour qui m'a ravi (et réconcilié avec le vrai).
Cette semaine dans le bôô cinéma. (Cours-y vite cours-y vite...)
Top 10

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jeudi 24 octobre 2019

brode, brodeuse de vent

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SOUVENIRS D'EN FRANCE
d'André Téchiné

Quand le film a commencé, je n'ai pas pu m'empêcher d'avoir les larmes aux yeux, sous l'effet probable d'une émission d'endorphines. Depuis le temps... Oui, juste comme ça. Il y a des "films de bord" (la grande majorité) et des "films de milieu", et celui-ci était indiscutablement un film de milieu. (Quand je tiens énormément à (voir) un film, je m'installe bien au milieu, au croisement des diagonales de la salle (je me souviens de l'avoir fait pour Ne change rien de Pedro Costa, pour le Faust de Soukourov, pour Good de Patrick-Mario Bernard, pour La porte du Paradis, de Michael Cimino...) et, grâce au départ de deux spectateurs qui s'étaient visiblement trompés de salle, j'ai pu le faire...)
Rendez-vous compte : la dernière fois que le film a été visible, c'était à sa sortie, en 1975, et nul ne l'avait jamais revu depuis... J'avais 19ans, et ça m'avait tellement plu que j'avais acheté le numéro de L'Avant-Scène Cinéma qui lui avait été consacré, un peu plus tard. C'était le début de ma jeune (et déjà vigoureuse) cinéphilie, et j'avais gardé de ce film un souvenir ravi. Mais impossible de le (re)voir où que ce soit, excepté dans le petit cinéma de ma mémoire... Et pourtant j'ai réalisé que j'avais des souvenirs très précis de certaines scènes,  surtout de la première demi-heure, des morceaux entiers de dialogues qui me revenaient, intacts, quasiment, comme si je les avais toujours sus.
Jeanne Moreau, Marie-France Pisier, Michèle Moretti, Orane Demazis, il s'agit surtout d'un film de femmes, et même si les hommes y ont des grandes gueules et/ou des gros bras, ce sont quand même elles qui tiennent les rênes (et font tourner la boutique). L'une (Moreau)  commence lingère et finira patronne, la seconde (Pisier) bourgeoise oisive, deviendra executive women, la troisième (Moretti) débutera aussi lingère et finira bonne mère de famille petite-bourgeoise. La dernière (Demazis) est un peu à part, c'est la mater familias, la régente, la patronne, celle qui gère, son personnage ne change pas (mais ce n'est sans doute pas un hasard que le jeune Téchiné -c'est son deuxième film- ait engagé pour la jouer celle qui, bien des années plus tôt, tiens justement au moment ou presque où le film commence, avait incarné l'Angèle et la Fanny de Pagnol).
J'étais heureux comme un gamin (ou plutôt comme le jeune homme que j'étais, l'année ou je l'ai vu et qui me faisait un peu signe de loin, par-dessus les années), à revoir tout ça, et j'aime  particulièrement la première partie du film, la mise en route de l'histoire : les années 30, la présentation des personnages, leur classification (les riches/les pauvres), de part et d'autre d'un lourd portail en ferronnerie, et la façon dont André Téchiné, dès la première image, nous indique qu'il va traiter son histoire, selon l'axe double du romanesque (l'affiche de Marguerite Gauthier) et du social (une affiche du front populaire, me semble-t-il). De la même façon qu'un seul personnage, Pierre (Pierre Baillot) va symboiliser, à lui tout seul, le prolétariat dans tous ses états successifs. (Je me souviens qu'à l'époque le film avait été qualifié de brechtien, sans que je comprenne vraiment de quoi il était question...)
Devant le portail de l'usine,  Berthe croise Pierre, qui cherche du du travail. L'usine est fermée car c'est jour de mariage chez les Pédret, Régina épouse Prosper, le fils cadet. (Et Victor le fils ainé -ce cher Julien Guiomar- va chanter à la fin du repas...)
Téchiné prend son temps dans cette exposition, (le reste ira plus vite (trop vite à mon goût) survolant l'histoire des personnages autant que celle avec un grand H (on passera par exemple directement de la Libération à Mai 68, peut-être une façon pour le réalisateur de nous dire que ces années-là (les 50/60) n'avaient pas grand chose de mémorable.) C'est la partie du film que je préfère, avec ses partis-pris de mise en scène plutôt théâtraux, ses dialogues très écrits, ses plans très soigneusement composés...
Donc, au début, Berthe est lingère, elle travaille entre autres pour le famille Pédret, et elle est la maîtresse d'Hector, un des fils. Tout va bien jusqu'à ce qu'Augustine, la maîtresse de maison ne lui rende son mouchoir, qu'elle a oublié dans la chambre après un rendez-vous galant avec Hector, en lui signifiant qu'il ne faut pas mélanger son "torchon" avec leurs serviettes. Et lui déclare la guerre. Temps de vaches maigres pour Berthe, dont la publicité d'Augustine auprès des notables locaux, la voit être dépouillée de toute sa clientèle (au profit de sa collègue Pierrette). Mais Berthe va savoir réagir comme une femme forte qu'elle est, en proposant le choix à Hector : ou bien il l'épouse ou bien elle le quitte...
Re-jour de mariage chez les Pédret, Hector épouse Berthe, et Victor le fils aîné va encore chanter... Berthe est dans la place. Mais tout ne fait que commencer.
Moreau est parfaite en femme du peuple et de caractère, et Pisier tout autant en excentrique, Moretti et Demazis jouent les contrepoints à la perfection, chacune dans son registre (la bonne copine / la vieille peau), et je me rends compte que j'ai oublié de parler de la divine Hélène Surgère (décidément, quel magnifique casting féminin!), hélas en retrait dans un rôle un peu effacé (un personnage un peu transparent), Surgère que l'on retrouvera, comme Pisier d'ailleurs, dans le Téchiné suivant, le très cher Barroco (Barocco ?)...

(ça m'énerve, j'avais rédigé une belle suite et conclusion et voilà que j'ai oublié d'enregistrer et pfuittt tout est reparti dans le néant virtuel, bon, je réssaie...)

La première moitié du film, je le redis, est vraiment succulente, faisant se succéder les scènes très réussies et celles dites "d'anthologie" (ah le Foutaises! de la miss Pisier, mais aussi le face-à-face Berthe/Augustine devant le linge, ou bien le monologue de la préparation de l'omelette), avec un sens indéniable du cadrage, de la mise en place. Téchiné a accompli un excellent travail, d'interprétation, d'appropriation (ne pas oublier  de mentionner  l'excellent travail aussi de Bruno Nuytten, qui sera encore de la partie pour Barocco). Le sens du détail, pour les scènes "intimes" comme celle qui relèvent de l'histoire collective (une voiture sur un pont dans la brume pour figurer la Résistance...). Histoire(s) de pouvoir(s),de combat(s). Histoires d'amour, d'argent (la vie, quoi).
Les années passent, les personnages évoluent, les souvenirs restent.
La restauration en 4K est soignée (des parties manquaient sur la copie retrouvée qui a servi de matrice, la scène d'ouverture, le générique de début, il a fallu récupérer celles d'une copie 16mm -si j'ai bien compris-, et cela se sent parfois, à l'image  (une légère pixellisation  délicatement embrumée, déjà visible sur la nouvelle affiche),  et au son (des fois ça grinçouille un peu dans les oreilles) mais, tel que, je le redis, le film m'a ravi (et il me tarde que le dvd soit disponible...) et le moi-même jeune, de l'autre côté, avait un grand sourire plein d'une légitime fierté.
Souvenirs d'en France, oui, sans doute, mais  un peu mes souvenirs d'en France, aussi.

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Encore merci à Carlotta pour cette initiative (reste encore, pour que mon bonheur cinéphile soit complet, à effectuer une restauration et une re-sortie de Qui trop embrasse, de Jacques Davila)

*

 Et je vais aussi -de ce pas- racheter ce fameux Avant-scène Cinéma (mais comment donc ai-je bien pu m'en séparer ?).

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mardi 22 octobre 2019

c'est l'amour

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VIF ARGENT
de Stéphane Batut

Je suis retourné voir Vif-argent parce que je voulais le voir "en vrai" sur grand-écran (c'était le même jour que Joker, on était à nouveau deux dans la salle -pas les mêmes que l'après-midi, et le film était comme un pansement doux après le film précédent, un antidote...) et je ronchonnais en moi-même en pensant qu'on programmait des films merveilleux et que les gens ne prenaient même pas la peine de se déplacer, et que ça c'était rageant, surtout un film d'amour magnifique comme celui-là...
Cette vision m'a confirmé tout le bien que j'en pensais...

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pour ces deux-là, magnifiques, bien sûr

Mais aussi par la façon dont même les photos du film nous racontent et mettent en scène, tout aussi magnifiquement, l'"inquiétante étrangeté" (l'insoutenable légèreté, la troublante douceur ?) de cette histoire -d'amour- qui nous est contée simplement :

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j'aurais bien voulu avoir une photo de la scène avec Antoine Chappey (dialogue entre un père et son fils disparu) qui m'a beaucoup touché...


Moralité : Restez au chaud chez vous, les gens, dormez, vous ne savez pas quelles merveilles vous manquez, c'est dommage c'est comme ça et c'est bien fait (tant pis) pour vous...

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lundi 21 octobre 2019

comedian

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JOKER
de Todd Phillips

Mystères de la programmation dans le bôô cinéma : on espérait des séances en VO pour AD ASTRA et on n'en a pas eu, du coup on n'osait pas en espérer pour JOKER, et voilà qu'il nous en est tombé une par jour : joie! Mais bon, on ne va pas se mentir : celui-là, il nous faisait quand même un tout petit peu peur. Je ne suis pas très "films de super-héros", et donc pas très "films d'ennemis de super-héros" non plus, et c'est pourtant l'objet du présent film : nous expliquer la genèse du personnage du Joker (qu'on a précédemment vu incarné par Jack Nicholson, puis, en version un peu plus "décomposée", par le regretté Heath Ledger, -mais il peut y en avoir d'autres éventuellement, je ne suis pas incollable sur le sujet-).
Et là, Joaquin Phoenix. Dont j'ai déjà dit par ailleurs tout le bien que je pensais (j'adore cet homme-là, je ne peux pas dire autrement). Le film a été primé à Venise, et la performance de Joaquin P. est époustouflante. Mais le film est glauquissime. Malaisant. Gotham City, grève des poubelles, violence, rats, foule, (ça ressemble quand même drôlement à New-York, et rien que ça ça fout les jetons), où on fait la connaissance de notre Jokerchounet le jour où, déguisé en clown, il joue les hommes-sandwich, se fait voler sa pancarte en pleine rue par un groupe de jeunes qu'il poursuit pour la récupérer, et par qui il se fera copieusement casser la gueule (et la pancarte aussi).
Arthur Fleck (c'est le nom de notre héros) habite seul avec maman (qui le surnomme Joyeux, on comprendra plus tard pourquoi et c'est pas triste - pour les amateurs, la maman en question est jouée par Frances Conroy, la maman de Six feet under) dans un très vieil appartement (tiens on dirait une chanson d'Aznavour hihihi rue Sarasaaaaaate) vieille maman qui n'a plus l'air d'avoir toute sa tête mais dont il s'occupe avec vaillance et abnégation. Arthur Fleck a un job de merde, une vie de merde, dans une ville de merde (les choix du réalisateur pour ce qui est de la lumière, des couleurs, et de l'ambiance générale insistent d'ailleurs presqu'un peu lourdement dans ce sens). Il est aussi (Arthur Fleck, pas le réalisateur) affecté d'un trouble mental qui le pousse  à rire de façon incontrôlable dans n'importe quelle situation (et surtout celles où il ne le devrait -justement- pas)  Que ce soit à son boulot, dans la rue, dans le métro ou dans le bus, il est traité comme un moins que rien (et physiquement, Joaquin Phoenix a composé un personnage dérangeant -il a beaucoup maigri visiblement pour le rôle- qui inspire la pitié ou le mépris (en plus avec ces cheveux gras et mi-longs qui pendouillent il m'a évoqué un certain vrai personnage de notre bonne ville de V., que je croise assez souvent surtout dans les salles de spectacle, ce qui m'a mis encore plus mal à l'aise).
Il voudrait devenir un acteur de stand-up, un comique, et regarde d'ailleurs tous les soirs avec sa maman le show télévisé de Murray Franklin (Robert de Niro, gigantesque, que j'ai eu du mal à reconnaître dans un premier temps) dans lequel il rêverait d'être invité... Il va suffire d'un flingue, confié par un de ses collègues pour qu'il "puisse se défendre", pour que l'histoire du Joker démarre vraiment, un soir, dans le métro, alors qu'il vient de se faire virer (et qu'il est encore maquillé et en costume) il va défendre une jeune fille persécutée par trois yuppies et bam bam bam abattre les trois mecs. Devenant ainsi, sans vraiment l'avoir voulu, le symbole du début d'un mouvement social (le clown qui tue les riches) de protestation -et de violence-. mouvement social qu'il va en quelque sorte reprendre à son compte, en allant jusqu'au bout (c'est à dire carrément pas de main morte!), et même plus loin.
Le film traite, dans un même mouvement, de la désagrégation mentale d'Arthur Fleck et de la construction progressive de son personnage de Joker (le rire, le costume, le nom), de par les événements et traumatismes divers et successifs qui vont lui dégringoler dessus, professionnellement et personnellement (et même familialement),et il faut reconnaître que Joaquin Phoenix est vraiment très impressionnant par cette façon qu'il a d'être pathétique (ment grandiose).
Oui le film est malaisant (parce que le personnage du Joker l'est tout autant a priori), et, en sortant, il est normal que le spectateur -qui s'est un minimum identifié- se sente déstabilisé (je me sentais doublement mal à l'aise, à la fois la crainte d'être agressé et de se sentir ridicule/pathétique, mais peut-être ai-je pris les choses trop à coeur...) mais bon, en y réfléchissant, avec son histoire, les révélations qu'il reçoit sur son enfance et son histoire familiale, la façon dont il vit et dont il est traité, on se dit qu'il a raison de bam bam bam et qu'on aurait peut-être (sans doute) fait pareil...
Un seul petit reproche au film : la musique qui est trop présente, parfois même insupportablement envahissante (et encore, on a eu de la chance -ah oui au fait, on était deux dans la salle, à la séance en VO-, le projectionniste, habituellement si taquin, n'avait pas poussé le son à donf, et donc nos tympans n'ont pas trop souffert ni risqué l'implosion, comme ce fut déjà le cas quelques fois par le passé, ouf!)

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J'avais oublié de parler (et c'est l'affiche qui m'y fait penser) à la façon récurrente dont le réalisateur nous montre Phoenix/Fleck en train de danser, et le sentiment mitigé d'admiration et de gêne généré à chaque fois... Trop fort, Joaquin, trop fort!

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dimanche 20 octobre 2019

frida k.

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TU MÉRITES UN AMOUR
de Hafsia Herzi

hafsia herzi, on la connaît quasiment depuis qu'elle est toute petiote (La graine et le mulet) et on la suit avec assez d'assiduité, comme une cousine qu'on aime bien, et à qui on est prêt à pardonner ses (éventuels) défauts... oui, je l'aime beaucoup, mais j'avoue qu'il m'est arrivé quelquefois d'avoir quelques réserves (ou doutes) sur son jeu...
Là il s'agissait de son premier film en tant que scénariste, réalisatrice, actrice principale (quand même, ça fait du taf, hein!), et on y allait prudemment, en s'autorisant- à l'avance- quelques doutes. Premier étonnement, (et bonne surprise) : l'unanimité enthousiaste de la critique (allocinoche annonce un *****, dix-huit **** et sept ***, et rien de rien en dessous, aucun soupir de dédain ni ricanement de hyène, ce qui est quand même extrêmement flatteur et encourageant pour un premier long-métrage...), et j'y allais donc avec curiosité cette fois.
quand ça commence, on en serait déjà presque à soupirer non mais pour qui elle se prend... : film écrit, et réalisé, par Hafsia Herzi, avec Hafsia Herzi (dans le rôle de Hafsia Herzi ricanerait-on presque, et la première scène nous donnerait presque raison, elle marche dans la rue cheveux aux vents (regardez comme j'ai des cheveux magnifiques, et c'est vrai d'ailleurs) et la voilà qui fait le siège d'une porte à digicode où elle voudrait bien rentrer, d'abord en vain, puis, lorsqu'elle est parvenue à ses fins, pour sonner à un appartement où viendra lui ouvrir un godelureau en marcel et à anneaux multiples, dont on comprendra vite petit un qu'il vient ou plus ou moins de la quitter comme un malpropre et petit deux qu'elle elle l'aime toujours, et qu'elle aimerait bien le reconquérir...
Et voilà qu'on va rapidement déposer les armes de ricaneur, et qu'on va simplement la suivre, attentivement, affectueusement, en  abandonnant toutes les réserves et les oui mais qu'on avait pourtant tenus prêts.
Lila est amoureuse, Lila est malheureuse, son ex-copain en plus part deux mois en Amérique Latine pour "faire le point" (le point mon cul comme dirait Zazie), et on la suit, elle, dans cette chronique d'une reconstruction (c'est vrai qu'elle est pratiquement de tous les plans) on la suit de très près (de par les choix de cadrage qui restent, justement, au plus près des visages et des corps), dans ses différentes tentatives de (re)trouver l'amour.
C'est simple, et c'est très beau. Simplement, justement.
On voit passer (brièvement) Sylvie Verheyde (réalisatrice de Stella et de Sex Doll) dans le rôle de la mère de Lila,  puis (toujours brièvement) Samir Guesmi, on est content, et on l'est encore plus lorsqu'apparaît, au détour d'un comptoir de bar, le très aimé Anthony Bajon (qu'on avait découvert dans, très aimé justement grâce à lui, La prière, de Cédric Khan), dans un très joli rôle d'aspirant-photographe amateur de Frida Khalo, avec son visage poupin, sa barbounette, sa timidité, sa gaucherie, (bref, on adore... ce gars-là a une belle carrière devant lui on l'espère), pendant que Lila continue de faire face (ou essaye de), émet des hypothèses sur ce qu'est une rencontre amoureuse, et que défilent face à elle quelques types de types (le menteur, l'ennuyeux, l'indécis, et même le bisexuel, dans une longue scène où l'insistance à filmer des baisers baveux en gros plan tirerait presque le film vers le documentaire sur les gastéropodes...).
On ne peut pas parler des personnages sans souligner, celui, flamboyant, excessif, insupportable mais indispensable, du copain gay (et rebeu), excellemment tenu par Djanis Bouzyani (dont allocinoche m'apprend qu'il a débuté avec un petit rôle dans le Bonhomme de Marion Vernoux) jeune homme auquel on souhaite, si les petits cochons ne le mangent pas, les mêmes bonnes choses qu'à Anthony Bajon), et qui m'a fait penser à l'autre personnage de copain-rebeu-gay tenu par Lakhdra Dridi dans Une fille facile) - y aurait-il là un nouveau créneau de personnage (qui me réjouit, dailleurs, doublement) ? Affaire à suivre...
Et on sort de la salle très content, avec juste sur notre plaisir l'ombre de l'égacement causé par le fait que le -toujours facétieux- projectionniste, nous ait carrément sabré le générique de fin (peut-être pour lui générique de faim parce qu'il était pressé de rentrer chez lui casser la croûte ?) mais bon, on est dans le bôô cinéma, on a l'habitude...

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mercredi 16 octobre 2019

les fils viennent de mars et les pères de neptune

159
AD ASTRA
de James Gray

Enfin j'ai réussi à le voir en VO (il a fallu la conjonction d'une séance, donc, en VO, d'un ticket *range cinéday et d'un horaire de bus adéquat, sans oublier la présence requise de Dominique) pour que ça puisse se produire... depuis le temps que j'en avais envie (dans le bôô cinéma il n'est passé -et ne continue d'ailleurs encore de passer- qu'en vf, et donc grrr).
J'ai toujours été un bon client pour ce genre  de film (l'espace infini, les vaisseaux, les cosmonautres / les astronautres, les années-lumière, l'infini et au-delà  et tout ça) et ce depuis belle lurette, depuis Objectif Lune / On a marché sur la lune, et ce que j'appellerais le syndrome du Capitaine Haddock (il me semble que j'en ai déjà parlé, non?) une des images les plus impressionnantes -terrifiantes- que j'ai depuis toujours gardé de mes lectures enfantines.)

haddock


Il est donc bien question d'espace et de de fusées. Brad Pitt joue un super astronaute qu'on charge d'une mission : aller jusqu'à Neptune pour régler les problèmes que semble avoir provoqués son père, astronaute lui aussi, parti trente années plus tôt aux confins du système solaire à la recherche des preuves d'existence d'une intelligence extra-terrestre, et jamais revenu (mais qu'on soupçonne d'être toujours vivant) dans le cadre d'un Projet Lima qui semble responsable d'une émission de plus en plus conséquente d'anti-matière et donc de risque de fin du compte, pas moins que ça...
Il sera surtout question de plusieurs trajets successifs en fusée (Terre/Lune, puis Lune/Mars, puis Mars/Neptune) effectués par le vaillant Brad Pitt (enfin son personnage), jusqu'à ce qu'il -attention je spoile mais tout le monde sait bien que ça ne peut que finir comme ça (ou presque- finisse par retrouver son père (joué par l'excellent Tommy Lee Jones), tout là-bas du côté de Neptune.
Le film progresse spatialement (hihi) par chutes (la très impressionnante première séquence) et décollages successifs. De haut en bas, et inversement. De plus en plus haut, de plus en plus loin.
James Gray a mis le turbo cosmique pour magnifier / démesurer ce qui, finalement, pourrait n'être qu'une histoire assez simple (un fils part à la recherche / à la poursuite de son père), mais devient un genre de cathédrale galactique (à l'image de, récemment Interstellar ou Gravity) aux dimensions terrassantes (j'étais comme un môme face à l'écran, les yeux écarquillés, et je devais de temps en temps remonter ma mâchoire avec ma main tellement j'étais bouche-bée face à ce spectacle grandiose.)
Je faisais plus haut allusion à Tintin, et je lis justement  dans Les Cahiaîs de ce mois-cique le critique a eu la même idée que moi, en rattachant les diverses péripéties de cette épopée à la bd, et, notamment à la fameuse ligne claire, mais je pourrais tout autant le faire avec -autres émois d'adolescent lecteur- disons les volumes de la collection Anticipation Fleuve Noir... (souvenirs souvenirs), notammant dans les approximations et les invraisemblances -surtout en ce qui concerne la dernière partie du récit, celle du retour- qu'on accepte pendant, et qu'on va même jusqu'à pardonner après!
James Gray signe un space opera addictif, avec pourtant au centre, pour "héros", un personnage curieusement inexpressif, à sang froid, (qui commence et termine le film par un bilan psychologique) ce qui, curieusement, nous le rend peut-être plus proche (il est "normal", ce n'est pas un super-héros). Car on sent bien que sous cette apparence de forteresse  infissurable bat un petit coeur presque de midinet, oui (comme vous, comme moi, enfin surtout comme moi). L'impassibilité, à d'autres! (Comme dirait Muriel Robin "Oh détrompe-toi Patricia, je cache ma joie...")
Une histoire de fils et de père, l'espace (où personne ne vous entend crier) en prime, et la belle musique de Max Richter qui vient parfaitement envelopper tout ça... Et le plaisir de retrouver aux côtés de nos héros (Pitt et Lee Jones) même si plus furtivement, Ruth Negga (venue de Preacher, merci allocinoche de m'avoir permis de l'identifier) et Donald Sutherland (venu de ma lointaine jeunesse cinéphile) Tout ce que j'aime bref, le contrat est magnifiquement rempli...
Redescendons  sur terre pour conclure et bémoliser un chouïa : le film est à l'image de son héros, solide, efficace, bien bâti, mais un peu trop sage, consciencieux, pas assez déraisonnable, peut-être.
Mais repartons aussi sec vers l'infini et au-delà (yesssss!) pour y caracoler encore et sans fin de compliments en compliments...

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US, minimaliste

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francais, très intriguant (et très dark)

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français, plus plan-plan, à la Gravity

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la version españole, un peu "clinique" (le vert)
et reprenant l'affiche américaine...

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(avec le même slogan, que,
remontez voir un peu plus haut pour vérifier, 
les publicistes français ont traduit exactement à l'envers...)

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et la version allemande, juste "différente"...
(tout est clair, lumineux, et pas d'espace du tout...)
(Brad Pitt sur le coup semble même en avoir pris un sérieux coup de jeune, non ?)

 

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lundi 14 octobre 2019

zomzom

157
SHAUN LE MOUTON LE FILM : LA FERME CONTRE-ATTAQUE
de Will Becher et Richard Phelan

Un régal, un absolu régal. Vu dimanche matin en avant-première devant une salle "familiale", visiblement tout aussi ravie. On retrouve toute la bande de la ferme (Shaun, ses potes moutons, le chien, le fermier, les trois cochons, le coq) et le nouveau venu s'appelle Lu-La (et vient de l'espace) Il s'est posé en catastrophe et aimerait bien téléphoner maison (et repartir maison aussi. Ca vous évoque vaguement quelque chose ? Bingo! Le film est un festival de citations de références et de clins d'oeilmais peut très bien être vu sans en connaître aucune (et donc un régal supplémentaire pour un adulte qui aime ça : E.T, donc, bien sûr, et Rencontres du troisième type, et Men in black, et Wall-e, et Signes, et 2001 Odyssée de l'espace, et même X-files, et même, tiens, pour les plus pointus Les Daleks envahissent la terre...
Tout ça sans un mot, comme d'hab' Quel bonheur! J'ai beaucoup ri, l'intrigue est très bien ficelée, l'animation aux petits oignons, et on sort de là avec une seule envie : y retourner! Du grand, grand art.

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le titre original Farmaggedon était intraduisible, amalgamant farm pour ferme et armaggedon pour apocalypse
et le jeu de mot au-dessus est lui aussi intraduisible, jouant sur l'assonnance entre third, troisième, et furred, à fourrure
... ça va, je ne me la pète pas trop ?

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dimanche 13 octobre 2019

culpabilité ?

(rêve)

un policier est chez moi, et commence à fouiller partout, lorsque je lui demande pourquoi, il me répond en utilisant des termes que je ne comprend pas...
Il débranche ma box (qui ne ressemble pas du tout à ma "vraie" box) qu'il va sûrement emporter, et commence à tout regarder, méthodiquement, ouvrir des tiroirs, sortir des chemises cartonnées, inventorier méthodiquement l'intérieur... Je lui explique que je suis gay, et qu'il risque donc de trouver beaucoup de choses avec des monsieurs tout nus, mais ça n'a pas l'air de lui poser spécialement de problème
une autre policière est entrée, ils discutent (calmement, l'ambiance n'est pas vraiment inquiétante) notamment en faisant des commentaires une feuille que le premier policier a sortie, qui est une photocopie d'un article, ou d'une page de livre, avec des mots soulignés, en anglais, et je suis étonné de voir que la policière conteste ce qui est écrit (traduit), elle en rigolerait même, et je lui explique qu'il faut tenir compte qu'il s'agit d'une traduction littérale (= mot à mot) en insistant bien sur ce point
j'ai besoin d'aller aux toilettes, je demande si je peux y aller seul et ils me répondent qu'elle doit m'y accompagner
les toilettes sont assez vastes, un toilette adulte, et, bizarrement, aux deux angles du mur opposé, deux toilettes d'enfant, comme à l'école maternelle
je réalise en m'approchant que le WC est d'une saleté répugnante (comme dans le film Trainspotting) avec beaucoup de tartre et de rouille, je suis un peu étonné -et honteux- de l'avoir laissé dans cet état-là,  je m'y assoie néanmoins pour faire mon affaire, et je continue de discuter avec la femme-flic, tout en faisant caca
arrive alors une autre femme, une brune assez forte, qui commence à discuter avec la femme flic
je suis dans le couloir de l'appartement (qui est l'appart' que j'avais au Montmarin), et le flic arrive, triomphant, en disant "ça y est, je crois qu'on a trouvé..." il tient, avec une pince à épiler un morceau minuscule -triangulaire et couvert de poussière- de carte-mémoire  d'appareil-photo (qui correspond à quelque chose de réel) je me demande si on peut encore lire les informations qui sont dessus.

en rouge entre parenthèses, les commentaires une fois réveillé (qui ne sont pas dans le rêve)

Posté par chori à 06:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]