samedi 25 janvier 2020

dengue

006
TEMPORADA
de André Novais Oliveira

C'est Hervé qui l'avait suggéré pour notre programmation, et j'y suis allé, ric-rac, dernière séance mardi après-midi...
Quel film enthousiasmant ! (Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, n'est-ce pas, et c'est vrai, et je le reconnais, que j'ai pu avoir, par le passé, quelques... réticences à propos du cinéma brésilien (mais c'est sans doute la faute à mes gènes hispaniques), réticences qui, plus le temps a passé, ont eu tendance à  rapetisser régulièrement, jusqu'à disparaïtre complètement.
En voici un nouvel exemple, dans ce film, pourtant, en apparence du moins, complètement opposé au cinéma de Kleber Mendonça Filho (qui me ravit tant, et qui est peut-être celui qui a changé la donne... ). Un film qui ne paie pas de mine. Un portrait de femme, Juliana dite Ju (incarnée par Grace Passô, absolument formidable). Un film tout en douceur, tout en rondeur, en simplicité. Qui pourrait presque (se faire) passer pour optimiste. Mais un film qui, incontestablement fait du bien. Comme quelqu'un qu'on rencontre pour la première fois : au début on se salue de loin, on s'observe, on est sur la réserve, on ne se connaît pas encore, et puis, plus ça va et plus on devient proches, complices. Non seulement on s'est rapporchés, mais on ne veut plus se quitter...
Malheureusement, à mon corps défendant, j'ai un peu ratouillé le début (c'est l'heure terrible où l'horloge interne déclare que c'est la sieste et puis point barre) et j'ai donc manqué le démarrage (j'ai vu que l'héroïne et le groupe de gens avec qui elle travaille allaient de porte en porte frapper chez les gens, mais je ne savais pas très bien pourquoi... Je l'ai compris ensuite : elle travaille dans les services municipaux relatifs à la santé publique, et elle fait le tour des habitants pour tenter d'éradiquer la dengue, ou tout au moins limiter au minimum les risques de propagation et de contamination...
Cette Ju, elle est magnifique, même si sa vie ne l'est pas tant que ça (sa vie privée surtout, elle a déménagé, elle attend des nouvelles de son mari, qui tardent à arriver...) et le film ne la quitte pas d'une semelle, dans son job, hors du job, et plus le film avance plus on s'y attache, on s'y enracine...
Encore un grand bonheur de cinéma brésilien, dans un constat qui, s'il reste toujours dénonciateur d'un système à deux vitesses de plus en plus terrifiant, ne tombe jamais dans la violence de la guerilla urbaine ou de la revendication à la machette (pour faire simple). Mais qui pourtant, à chaque instant (le film) sait montrre qu'il n'est pas dupe...
Un portrait de femme splendide, avec une dernière scène parfaitement réjouissante dans sa simplicité, sa gratuité, sa liberté...

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Posté par chori à 06:02 - - Commentaires [0] - Permalien [#]