lundi 9 mars 2020

du très noir, et du pas du tout

SALE BOULOT
de Larry Brown
un soldat sans bras et sans jambes, sur un lit d'hôpital, et lui arrive un nouveau voisin de lit, un soldat atrocement défiguré... Ces deux-là vont se raconter leurs vies, le temps d'une nuit, d'une longue nuit... Je continue dans mon intégrale Larry Brown, et c'est toujours aussi fort (mais comment ai-je pu passer à côté de cet homme pendant si longtemps ?). Un face-à-face puissant, touchant, jusqu'à cette scène finale que tout lecteur un peu malin aura su anticiper, mais qui est extraordinairement mise en place. Bouleversant.

POPULATION 48
de Adam Sternbergh
Un polar avec juste un chouïa d'anticipation : une ville "nouvelle" où vivent des gens qui ont perdu la mémoire, suite à une opération (qu'ils ont sollicitée), gens  dont on sait qu'ils sont soient des criminels effroyables soit des témoins de crimes effroyables, avec un "shérif" avec une étoile en plastique pour faire mine de faire régner l'ordre, tout baigne, mais voilà qu'un meurtre a été commis et l'histoire démarre (et le lecteur va aller de surprise en surprise) jusqu'au dénouement, parfaitement sans pitié (avec juste un petit regret de lecteur, un personnage qui disparaît -pfuit!- sanns explication, ce qui me chagrine)

MY ABSOLUTE DARLING
de Gabriel Tallent
prêté par Pépin et lu en "dents de scie" : à l'issue du premier chapitre j'ai failli tout arrêter, puis je l'ai repris et lu d'une traite jusqu'à la moitié, et là j'ai failli le poser à nouveau (au moment du retour du père), puis j'ai continué de façon cahotique jusqu'à une scène qui a failli, encore une fois, tout me faire lâcher, mais j'ai repris, vaillamment, en diagonale, car je voulais lire la scène où elle le tue... c'est très documenté (sur la nature et sur les armes) très violent, très déstabilisant, mais aussi très fort (un fascinant personnage -la fille- magnifique, face à un non moins fascinant salaud -le père-.) Inconfortable.

LE DISCOURS
de Fabrice Caro
aussi prêté par Pépin, un bouquin très drôle, dont j'avais, les jours précédents, entendu parler plusieurs fois en peu de temps, un "roman" (une suite de chroniques plutôt), monologue d'un mec qui vient d'envoyer un sms à sa copine (qui a demandé "à faire une pause"), qu'il regrette d'avoir terminé par un point d'exclamation, et se morfond parce qu'elle ne lui répond pas, et assiste à un repas de famille où son (futur) beau-frère lui demande de rédiger un discours pour le (futur) mariage, ça se lit très bien, ça fait souvent rire, voire éclater de rire... Très plaisant. Avec le sentiment que c'est écrit "vers le dehors", sans autre ambition que, justement, nous faire rire.

Posté par chori à 06:23 - - Commentaires [0] - Permalien [#]