dimanche 3 mai 2020

CCCC48

l'esprit des murs :

banderolle confinée

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pour chaque gun acheté un mask offert
(à moins que ce ne soit le contraire ?)

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aigrettes

(Monop) la caissière veut savoir avec quoi je mange le beurre de cacachuètes parce qu'elle" trouve ça un peu fade"

(Monop) un client se désole parce qu'il n'y a plus de muguet en vente, la (même) caissière propose de lui en vendre : "C'est 4€, c'est en pot, il y a trois brins, et les racines, on peut le replanter..." (gestes à l'appui)

(chez le boucher) je fais la queue dehors et vois, à travers la vitrine une "connaissance" (elle est psychologue scolaire me semble-t-il) qui me fait des grandes mines et des sourires et des mouvements de sourcils très expressifs, et qui, lorsqu'elle sort, m'économise une conversation avec un  définitif "On vit une drôle d'époque..."

(chez le boucher) j'achète les deux courgettes farcies qui restaient, et, de l'autre côté de la vitrine, un client a l'air désolé, et répond à l'air interrogatif du boucher (il semble être un habitué) que c'était justement ça qu'il voulait acheter...

(de retour) j'arrive devant la porte, les sacs dans une main et les clés dans l'autre, et je sens alors un truc dans ma nartine droite qui me démange et que je ne peux pas gratter,  comme si je venais de sentir le virus y entrer

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l'esprit des murs 2 :

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"La grande distribution a-t-elle profité de la crise pour accumuler des stocks de masques malgré la pénurie et le rationnement dont continuent à souffrir les professionnels de santé ? C’est ce dont l’accusent à mots à peine couverts sept ordres professionnels de santé, dont ceux des médecins, des infirmiers et des pharmaciens. Dans un communiqué commun véhément publié jeudi soir, ils s’offusquent de l’abondance de masques promise depuis plusieurs jours par le secteur, qui peut les vendre à partir de lundi. Ce dernier a répliqué vendredi par la voix de la Fédération du commerce et de la distribution qui regroupe ses principales enseignes, se défendant de telles pratiques et en s’offusquant du caractère «outrancier et diffamatoire» de ces allégations.
Dans leur texte, cinglant, intitulé "Les masques tombent", les professionnels de santé s’indignent du nombre "sidérant" de masques - "100 millions par ici, 50 millions par là" - prêts à être commercialisés à partir du 4 mai dans le cadre de d’approvisionnement des particuliers mis au point par le gouvernement." (Libé)

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#UnTitre,, c'est un outil épatant et assez oulipien, (et trèèèèèès facile d'utilisation en plus) pour fabriquer des couvertures de bouquins imaginaires... ça ne sert strictement à rien mais c'est jouissif et assez addictif...

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(un clin d'oeil pour ma chère soeur...)

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(on se leurre... soi-même, d'abord, et les autres ensuite : ces jours qui passent, identiques en tout point pareils, comme des tranches de jambon industriel emballées sous vide dans les présentoirs des supermarchés, la même taille, la même forme, la même couleur, le même goût, et de vivre cette sensation de l'uniforme : uniformément gris, uniformément plat, uniformément étale, celui-ci, le précédent, le suivant, chaque jour est une feuille arrachée à un éphéméride de jambons, machonnée machouillée déglutie avalée ingérée digérée, le lendemain on sait déjà (d'ores et déjà) qu'il y en aura une suivante, ça rassure ça suit son cours, "on s'y est fait", on s'y est installé, plutôt confortablement d'ailleurs, le confort de la routine, on s'y plaît, on s'y complaît, un canapé qui durerait toujours, -à défaut d'amour qui- , oui la zone de confort la bulle la zone de droit (le contraire de la zone de non-droit) on y a droit on l'abien mérité, charbonnier est maître chez soi, on est, depuis longtemps (et pour longtemps sans doute) -un temps indifférent-  allongé sur le divan en mangeant du chocolat, on est vizir on est calife chacun en son petit palais, sa résidence, son trou d'homme, son gourbi, et dans le même temps on grimpe d'un étage, ou même de plusieurs, on est soeur Anne, en haut de sa tour, on scrute on plisse les yeux et non non ne voit rien venir, que le soleil qui poudroie et l'herbe qui verdoie, (se souvenir tout de même qu'à cet instant dans l'histoire originelle il est question de couteau sous la gorge, alors qu'ici et maintenant, pas vraiment) face à nos petits grands écrans, que la tévé qui bfmoie, et les spécialistes qui spécialisoient, on ne voit rien venir (on n'a rien vu venir, on n'a d'ailleurs jamais rien su voir venir) alors on entame une nouvelle tablette de chocolat, un nouveau jour, un nouveau pic de glycémie, oui nos jours sont perpétuellement de miel comparés à ceux de bien d'autres,
(to be continued)

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(serendipty)

parti de

charlie mensuel

(j'ai pensé à ça en écrivant le machin du dessus)

je me suis retrouvé

perez o superman

(une reprise en français et quasiment mot pour mot
de mon morceau préféré de ma Laurie Anderson chérie chérie à moi...)

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03

J-10 ?

 

Posté par chori à 05:48 - - Commentaires [2] - Permalien [#]