dimanche 10 mai 2020

CCCC55

Et voilà.
on est presque arrivé(s) au bout de ce temps (de ce premier temps, on ne peut pas s'empêcher de penser (de craindre ? d'espérer ?) désormais qu'il y en aura d'autres), dont on pensait qu'on n'arriverait jamais au bout (ou à bout, c'est selon), ce fut d'abord une question de semaines, puis de jours,  c'est à présent une question d'heures, de minutes, on sent que partout les gens s'impatientent, les corps regimbent, renâclent à rester  plus longtemps stabulés (s'il est question de bétail c'est qu'ainsi on a été traités), les esprits divaguent, aspirent à prendre le large, oui, au fur et à mesure que le décompte s'égrène, on tire sur la longe, on piaffe, on se dit qu'on sortira dès lundi matin, à la fraîche, dès  la première heure, juste pour le plaisir simple de respirer, comme ça, librement, de sortir sans papier qui atteste, sans justification, on sortira ainsi, sans raison et sans but, peut-être juste pour écouter le chant des oiseaux, sans cocher de case et sans autorisation, on sortira seul dans le petit matin, avant même tous les autres, on profitera de la douceur de l'air et du silence encore intact

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(samedi matin)
je suis sorti vers 10h avec mon papier attestation machin où j'avais coché la case courses de première nécessité avec mon joli sac en plastique fleuri de chez N*Z (mais en réalité c'était surtout parce que j'avais un livre à poster (Le Bel Appétit, de Paul Fournel) et je suis donc allé jusqu'à la "Grande Poste", devant la quelle les gens faisaient la queue, tous masques dehors, soeil, ciel bleu, beaucoup de gens dehors, presque un samedi normal, avec bribes de conversations glanées ("Il y en a qui vont souffrir..." un papy à un autre, devant la pâtisserie, "mais à l'hôpital il n'y a plus d'admissions de gens malade du cocovirus m'a dit la soeur d'une amie infirmière..." un autre papy à un autre devant le stand de pizzas à emporter) ça et là, j'ai commencé à faire ce qui allait s'avérer être des courses de folie (mais ce n'est pas toujours l'avant-dernier jour officiel du déconconfinement hein, d'ailleurs je n'étais pas le seul dans cet état d'esprit : le mec devant moi, à la caisse, avait acheté tellement de distributeurs de gel hydro-alcoolique (tout le stock, en fait, est venu confimer un employé de Monop à la caissière) que j'ai cru qu'il s'agissait d'un arrivage en promo et qu'ils les avaient placé près des caisses) j'ai pris des chateaubriands en promo (date courte), protégés par un antivol! et des frites au four et de la salade pour les accompagner, puis j'ai poussé jusqu'à la Boulangerie du Théâtre (j'avais envie de mille-feuilles pour accompagner ce petit repas, j'en ai pris deux, un nature et l'autre aux fraises), puis me suis arrêté in finé (oui c'est exprès l'accent, pour all les concons hihi) à la poissonnerie où, entré juste pour acheter des crevettes, j'en suis ressorti avec des crevettes... et du homard! après que je me suis* enquis de son prix (que le poissonnier jovial m'assura imbattable) et de son mode de préparation -juste l'ouvrir et le manger "avec une petite mayonnaise..."(ce homard pesait 300g) et j'ai craqué (alors que le poissonnier, toujours aussi jovial, m'assurait que non non ce n'était pas une folie, et je suis reparti avec mon sac en plastique fleuri de chez N*Z désormais bien rempli... et comme des envies de gambader...
* après "après que" jamais de subjonctif

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Tiercé Quinté Libé (le der des ders du conconfinement)

- premier, Yvain (10h58)
- deuxièmes eb-zeppo (ce qui est rarissime!) : Dead-heat entre Sylvain (11h02) et Philou (11h02)
- quatrième : Dominique (12h44)
- cinquième : Catherine (13h06)

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Screenshot_2020-05-09 Meteociel - Prévisions météo pour Coulevon ( 70000 ) - Météo Coulevon - Météo 70000

(la météo pour lundi n'est pas franchement folichonne, mais bon... au cinéma ça le fait toujours de courir au ralenti sous la pluie, et, tiens, just singing and dancing in the rain...)

Singin'_in_the_Rain_trailer

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"Cocovirus : la Chine admet des "lacunes" dans son système de santé"(franceinfo)

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dernière minute!

et je rajoute in extremis ce lien envoyé par l'indispensable Blaireau58 aux aurores, "attestation sur l'horreur", aussi détaillé que glaçant,

(un poil trop long pour que j'en fasse un copié/collé, donc voici juste la conclusion :

"Peut-être est-ce là ce que cette crise a de plus humiliant pour nous : faire dépendre notre survie biologique d’un système répugnant et des imbéciles qui en assurent la maintenance. Une chose est certaine, c’est nous qui sommes la matière malléable et sacrifiable dans ces ajustements.

Autrement dit : la phase postérieure au premier confinement qui commence ce 11 mai, et que nous appellerons "premier déconfinement" – chacun·e a compris qu’il peut y en avoir d’autres, qui suivront des re·confinements – s’annonce bien pire que la précédente. Cependant, si respirer n’est plus un droit, mais demeure un luxe tant que rôde le virus, conspirer, c’est-à-dire respirer ensemble, redevient possible." (Claude Guillon ))

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10

 

J-1

Posté par chori à 05:48 - - Commentaires [4] - Permalien [#]