lectures
dimanche 2 juin 2019

franco-serbe

Francuskim

 

Ce livre trouvé dans la boîte à livres du lac (d'habitude j'en dépose mais je n'en prends pas) que j'ai feuilleté et qui m'a tout de suite intéressé.
Et donné envie d'inventer une histoire (ou plutôt d'essayer de la reconstituer)
Un guide de conversation franco-serbe, avec les phrases dans les deux langues, à la seule différence que seules les phrases en français ont leur traduction phonétique en dessous (et donc que la méthode s'adresse plutôt, a priori, à des serbes voulant parler français.
Comme tous les guides de conversation, il est subdivisé en chapitres tournant chacun autour d'un thème précis.

Le nom du (ou de la) propriétaire est écrit en première page.
Là où ça commence à devenir intéressant, c'est que plusieurs chapitres (4) ont été marqués d'un post-it fluo (en guise de marque-page) :

- page 15 : EXPRESSIONS GENERALES

- page 32/33 : TAXI / L'HÔTEL

- pages 64/65 : ORIENTATION DANS LA VILLE

- pages 90/91 :  LES COMPLIMENTS / LES QUALITÉS

Là où ça devient carrément passionnant c'est qu'une feuille de carnet à spirales, pliée en deux, a été glissée dans le livre, avec dessus  le dessin d'un panneau de sonnettes comme on en voit à l'entrée des HLM, dont la sixième en partant du haut est signalée par une flèche, et porte un nom écrit à côté en capitales cyrilliques, avec en dessous la mention manuscrite 6ème bouton à partir du haut
Le thème de la page marquée par ce signet est IZLAZAK U DVOJE / RENDEZ-VOUS A DEUX. (de Vous êtes libre ce soir ? à Quel est votre signe d'horoscope ?)
Il est à noter aussi que cette page, ainsi que la suivante (RAZONODA / DIVERTISSEMENT - avec comme sous-chapitres Sortie au théâtre (de Voudriez-vous aller au théâtre ce soir ? à Le jeu des acteurs était magnifique) et Le Cinéma (de Quel film passe-t-on ce soir ? à Le film était excellent) sont toutes deux marquées par une corne dans le coin inférieur.)
La page suivante Au Concert n'a pas été cornée.
Une autre page a été cornée en bas (je viens de m'en apercevoir après coup), il s'agit de la page 76 (Les soupes / les plats de viande / La volaille), faisant partie du copieux chapitre (p 69 à 80)  U RESTORANU / AU RESTAURANT.

Un premier rendez-vous, quelque part en Serbie... Un trajet en taxi... Un immeuble... Un nom sur une sonnette...Un repas au restaurant... Une soirée au spectacle... Et alors... et alors...
A chacun d'imaginer la suite
(Le guide date de 2001)

 

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samedi 13 avril 2019

irish colfer

MAUVAISE PRISE
d'Eoin Colfer

Il était dans ma pile de polars achetés à bas prix chez Gibertuche (via priceministruche, évidemment), je pense suite à la recommandation d'un de mes deux blogs polars préférés (Actu du noir), je n'en savais pas plus que ça, et j'ai donc lu la quatrième de couv' (je sais bien qu'il vaut mieux ne jamais lire les quatrièmes de couv', ils doivent embaucher des gens spécialement vicelards spécialisés uniquement dans cette tâche : gâcher le plaisir du lecteur potentiel).

Un peu peur tout au début : je l'ai commencé trois soirs de suite et à chaque fois je m'endormais au bout d'une page et demie, mais sans que ce soit dû à l'auteur, non, juste que j'étais incapable d'en lire davantage...

J'ai donc renouvelé l'expérience de jour, et là tout s'est bien mieux passé...

Un énorme plaisir de lecture.
(parce que un énorme plaisir d'écriture, y a pas de secret...)

(Juste un bémol pour commencer : ce bouquin est une suite, et il vaut mieux donc lire le premier, PRISE DIRECTE, du même monsieur, et publié aussi en Série Noire (grand format), parce qu'il vous le raconte un peu beaucoup (surtout au début), mais bon ça n'a pas vraiment beaucoup d'importance, parce que ce que raconte Eoin Colfer est moins important que la façon dont il le fait.)

Le roman a pour héros Daniel Mc Evoy, un Irlandais pur jus, ancien militaire, qui se retrouve propriétaire d'un club suite à ce qui s'est passé dans l'épisode précédent. Il se trouve être aussi le narrateur du roman, qui écrit comme il parle -jouissivement-, et est entouré dune série de personnages plus ou moins barrés (tous au moins autant que lui en tout cas) : Zeb son vieux pote de l'armée qui est plus ou moins médecin (et tout aussi queutard), Sofia sa copine, une bi-polaire qui le confond régulièrement avec son mari disparu, Evelyne sa tante alcoolo qui avait disparu pendant des années et refait soudain surface, Mike Madden, un mafieux Irlandais à qui il a fait des misères dans le premier volume, plus tout un tas de flics d'un côté, et de truands de l'autre (des fois on ne sait plus vraiment de quel côté ils sont vraiment).

J'ai retrouvé le même plaisir que celui éprouvé à la lecture des aventures de Hap et Léonard par Joe R. Lansdale, c'est dire... C'est très noir, très violent, et très drôle (et très improbable aussi, tout ce qui lui arrive -ne lisez pas la quatrième de couv' par pitié).

Et donc une lecture "virile" jubilatoire hautement recommandée

mauvaise prise

(C'est bon signe lorsque, en lisant un roman (et, à plus forte raison, un polar) il y a des phrases que je trouve drôlissimes, que j'ai envie de relire, voire de recopier, (voire même -horreur!- de corner la page pour pouvoir la retrouver plus facilement). Eh bien là c'était le cas, et souvent en plus!)

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vendredi 22 mars 2019

mouise

DANS LA DECHE A LOS ANGELES
de Larry Fondation

Il y a un message que j'aime bien recevoir de chez Priciceministruche, c'est celui-qui dit "votre souhait est exaucé" (oui oui comme dans les contes)  et encore plus lorsque le souhait en question est exaucé par Gibertuche Joseph de son prénom (à moins que ce ne soit le contraire) parce que je sais qu'il n'y aura pas de frais de port à ajouter à la somme annoncée (avec un minimum d'achats, bien sûr, qui varie entre 10 et 20€, et m'oblige donc à chaque fois -pas fou le Gibertuche- à sélectionner deux trois autres bouquins pour faire bonne mesure (le jeu étant d'atteindre la somme exigée en la dépassant le moins possible, voire en l'atteignant juste pile-poil)
Et là, bingo, voilà que trois de mes voeux étaient exaucés d'un coup! J'ai donc commandé, sans avoir rien à rajouter...
J'étais très content de pouvoir lire ce cinquième (et dernier, pour l'instant) bouquin de Larry Fondation, qui est chronologiquement le troisième, et semble énorme en comparaison des autres volumes (celui-là frôle les 300 pages).
Larry Fondation c'est noir très noir, une écrite très séche, des chapitres comme au cutter qui font parfois à peine une demi-page, une écriture que j'adore (et que je prends plaisir de temps en temps à lire à haute voix tellement des fois ça slamme). On est toujours à Los Angeles, on est toujours dans la merde, la violence, les petites gens, les putes, les clodos, mais, cette fois l'auteur nous pose trois personnages principaux (Fish, Ponds et Soap), deux hommes et une femme, trois sdf au quotidien dans la ville des anges...
Je l'ai déjà écrit, plus qu'un roman, c'en sont des. Les histoires de Soap, Fish et Bonds sont souvent comme des shrapnels, elles en ont  la violence et la létalité, la "contondance" en nous montrant, simplement, "de l'intérieur", ce que c'est, justement, au quotidien, que de vivre dehors. Eclats de vie qui sont aussi, parfois, juste de petits bonheurs, les épiphanies chères à James Joyce ("Par épiphanie, il entendait une soudaine manifestation spirituelle se traduisant par la vulgarité de la parole ou du geste ou bien par quelque phase mémorable de l'esprit même. Il pensait qu'il incombait à l'homme de lettres d'enregistrer ces épiphanies avec un soin extrême car elles représentaient les moments les plus délicats et les plus fugitifs.")
Dans la dèche à Los Angeles (le titre original, Fish, Soap and Bonds était plus juste, plus "neutre") est un peu le bagage personnel de ces trois-là, vous savez, comme si on avait l'occasion d'inventorier le contenu des sacs plastiques qu'ils trimballent, des souvenirs, des des rêves, des coupures de journaux, des détails, au milieu d'incessant déplacements (va-et-vient, allées et venues) car la mobilité est ce qui définit (caractérise) ces trois personnages terriblement attachants.
je précise que, dans la réalité, les sdf sont dens gens qui me font un peu peur, qui me mettent mal à l'aise, que j'ai tendance à éviter, à fuir... parce qu'ils figurent un état dans lequel tout citoyen "normal" n'a pas envie de se retrouver. Et le livre de Larry Fondation serait alors comme une forme d'apprivoisement (d'apaisement aussi, parfois). A la fois sans pathos, mais sans pitié aussi. Un livre magnifique.

liv-4650-dans-la-deche-a-los-angeles

 

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lundi 28 janvier 2019

Eric H.

C'est Dominique qui m'a appris ce matin, par sms, le décès d'Eric Holder.
Et c'était encore un peu de ma jeunesse qui s'en allait.
Eric Holder j'ai découvert ses livres par un ami mail-artist libraire à Rouen, Michel Champendal, dans les années 90.
Il m'avait fait découvrir ses premiers jolis petits bouquins édités au Dilettante.
Le premier que j'avais acheté (et pour lequel j'éprouve sans doute le plus de tendresse) est La belle jardinière (Prix Décembre 1994). Dans ma bibliothèque il est rangé à côté de ses confrères parus au Dilettante, parfois avant, mais tous me semble-t-il achetés après :Les petits bleus (1990), La Chinoise (1987) En compagnie des femmes (1996) Masculins Singuliers (2001) et, bien plus tard, Embrasez-moi (2011) (un recueil "chaud", de nouvelles érotiques)...
J'avais vraiment beaucoup aimé ces petits recueils, à l'époque (avant Priceministruche) ils étaient bien plus difficile à dénicher. Je connaissais peu l'homme, il était du genre discret.
Puis il avait changé d'éditeur et publié des romans (Mademoiselle Chambon, L'homme de chevet) que j'avais achetés aussi, que j'avais bien aimés. Mais moins que ses nouvelles.
En littérature comme en amour, parfois, inexplicablement, les sentiments tiédissent, et j'avais alors, au fil des ans, pris un peu de distance.
L'Eric Holder des romans me touchait moins que celui, plus confidentiel, des nouvelles, qui est toujours resté cher à mon coeur, parce que sans doute rattaché à ces années-là, de jeunesse.
(et c'est lui qui m'a appris le mot dipsomane)
Je pensais avoir aussi dans ma bibliothèque Nouvelles du nord et Les sentiers délicats, mais non.
(Les racheter ?)
Il est mort à 59 ans, c'est son fils qui l'a annoncé, mais sans dire de quoi...

belle jardi

5186GSHNHAL

978-2-84263-015-7

 

 

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mercredi 31 octobre 2018

chèque-cadeau

Trois bouquins dont j'avais très envie et que j'ai pu m'offrir tout de suite (sans être obligé attendre qu'ils atteignent le petit prix que j'avais fixé en souhait sur Priceministruche). trois bouquins très différents : un roman court (ou une nouvelle longue), enfin une novella comme disent les Américains), un polar couillu avec une paire de héros que j'aime depuis leurs débuts, et un... euh... recueil de nouvelles, de fragments, d'éclats, d'un écrivain qui me fascine toujours autant, trois bouquins dont le point commun est d'être américains, et donc de parler, chacun à sa manière, des habitants de ce pays.

1) EDEN SPRINGS
de Laura Kasishke

C'est Christine qui m'avait fait découvrir la dame (Rêves de garçons, 2009) et qui m'a donné envie de lire tous ses autres romans. J'aime son goût du malaise diffus, de la cruauté en sourdine, de la manipulation du lecteur (une succession d'incontestables réussites, comme Les Revenants, La vie devant ses yeux, A moi pour toujours, En un monde parfait) et j'étais trop content de la retrouver (elle est désormais publiée chez Page à page, qui a déjà publié d'elle un volume de poésie et un recueil de nouvelles). Soyons franc celui-ci m'a un tout petit poil déçu. Il est question d'un gourou, d'une communauté, de jeunes filles habillées en blanc, et d'une qu'on a  retrouvée morte dans un cercueil qui était censé être celui d'une vieille dame... D'après une histoire vraie. Comme un reportage, en des chapitres très courts, ouverts à chaque fois avec des extraits d'articles de journaux de l'époque. On y retrouve incontestablement la patte (la griffe) de l'auteur, mais on est aussi frustré par ce sentiment de brièveté et de fragmentation (augmenté aussi par le fait, sans doute, que je l'ai, en plus, encore plus fragmenté dans ma lecture d'une page ou deux chaque soir avant de m'endormir).

2) HONKYTONK SAMOURAÏS
de Joe R.Lansdale

Quel plaisir de retrouver Hap & Léonard! c'est le neuvième volume de leurs aventures traduit en France (et je viens de voir qu'il y en a encore au moins quatre qui ne sont pas traduits, deux avant et deux après celui-ci, le bonheur!) que j'ai lus à peu près dans l'ordre (Série Noire, Folio policier, pour les poches, puis Outside/Alphée et Denoël pour les grands volumes) et auxquels j'ai pris à chaque fois autant de plaisir. C'est hénaurme, mais ça fonctionne à chaque fois, imparablement. Une belle paire, oui, de potes : un blanc hétéro et narrateur (Hap Collins) et un black gay (Leonard Pine) qui affrontent des méchants très méchants dans des histoires qu'on pourrait qualifier de jubilatoirement bourrines (on est dans le Texas profond, tout de même), et celui-ci ne déroge pas à la règle : ça commence avec un mec (un sale con) qui tape sur son chien (j'ai toujours un faible pour la façon dont démarrent leurs histoires) et, de fil en aiguille, bien évidemment ça va faire boule de neige, jusqu'à l'affrontement final avec un groupe de tueurs spécialement gratinés... C'est très plaisant à lire, même si l'auteur semble avoir mis la pédale douce (hihi) pour ce qui est de l'intrigue... Joe R Lansdale a le sens de la formule qui fait mouche eet du dialogue qui cingle (qui flingue). Un sacré bonheur de lecture, même si on peut pichenoter en se disant qu'on a le sentiment que ce (gros) bouquin-là est quand même un peu déséquilibré dans son écriture (la mise en route est trèèès longue et le dénouement semble bresque un peu bâclé). Mais bon, c'est hap & Léonard, hein, et on attend avec impatience la suite...

3) LES MARTYRS ET LES SAINTS
de Larry Fondation

Quatrième volume de cet auteur découvert grâce à mes deux blogs "polar" préférés (Actu du Noir et Encore du noir), qu'ils en soient -encore une fois- remerciés. Des volumes assez brefs, d'abord deux jaquettés en noir (Fayard) puis deux en blanc (Lusitala) mais toujours aussi cinglants. Los Angeles, ses quartiers en déshérence, les laissés-pour-compte qui y vivent. Ce qu'ils y font. Des textes brefs, voire très brefs, organisés "thématiquement" par l'auteur, chacun avec son titre, fragments de vies souvent, bien souvent, parfaitement désespérés. Larry Fondation écrit sec, frappe fort. Quand on a lu les précédents on n'est pas dépaysé, on sait à quoi s'attendre, mais cette fois-ci c'est encore plus rude. Encore plus craspec, plus cul, plus violent, plus dégueulasse  (une grande partie du bouquin rassemble des textes autour de personnages de soldats ou de vétérans.)  C'est souvent brutal, mais la façon dont c'est écrit, construit, tirerait souvent, paradoxalement ces flashes du côté de la poésie. Oui oui. Paradoxal, oui, intense, mais toujours avec un certain détachement, une certaine objectivité de la mouise. Incorfortable, tout autant qu'indispensable.

eden springs honky tonk les martyrs et les saints

 

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dimanche 17 juin 2018

los angeles

Effets-indésirables-couv

EFFETS INDÉSIRABLES
de Larry Fondation

J'avais déjà lu deux livres du même monsieur (Sur les nerfs et Criminels ordinaires) et je convoitais celui-là, attendant juste qu'il se vende à un pix décent. Merci à PriceMinistruche. J'ai réussi à l'avoir.
On reste dans le même univers, Los Angeles et ses petites gens pourrait-on résumer, simplement l'habillage (du bouquin) change : les deux précédents étaient noirs (Fayard), celui-ci est blanc (Tusitala), mais à l'intérieur, la couleur d'ensemble est restée la même : noir c'est noir (il n'y a plus -vraiment- d'espoir, mais si des fois un peu quand même...).
C'est un grand plaisir de lecture, même si c'est le plus souvent assez désespéré. Petites gens, donc, et petites histoires. Par l'espace occupé. Textes brefs, acérés, une page ou deux le plus souvent, mais parfois juste à peine quelques lignes. Des fragments, des éclats. Cinglants souvent, amers, tendres parfois, comme un chorus de monologues où percerait de temps en temps une note plus aigue. J'adore ces instantanés de vie, saisis, justement, sur le vif, où c'est au lecteur de se faire une idée. Où tout n'est pas forcément donné, ni au début, ni à la fin (quelques fois c'est "à chute" et d'autres fois pas).
Un livre idéal pour poser sur sa table de nuit, (plus on vieillit et moins on lit de pages avant de s'endormir) tellement on peut en picorer à volonté, le soir, avant de s'endormir (non pas que ces histoires, justement, nous aident à faire de beaux rêves). C'est la vraie vie, dans la rue, dans les bars, dans les pavillons miteux, dans les bagnoles, dans les chambres d'hôtel, et, souvent, juste dans la tête des gens. De la violence, souvent, du sang des coups des flingues des couteaux, mais pas toujours.
Une sacrée manière de regarder la réalité en face, une écriture remarquable (dans tous les sens du terme) avec un lyrisme sec capable de vous sidérer au détour d'une phrase.
Du grand art.

 

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dimanche 21 janvier 2018

gaydamour

LE BOUQUET
d'Henri Calet

Je viens passer une semaine en compagnie d'Adrien Gaydamour, le héros du roman (autobiographique) d'Henri Calet le bouquin n'est pas très gros (même pas 300 pages) mais je lis désormais peu à la fois (surtout le soir avant de m'endormir). Il m'a quasiment sauté dans les mains, ce bouquin, retrouvé en rangeant la bibliothèque de l'escalier (dont je ne suis pas peu fier, merci Gigis!), comme faisant appel à ma pitié, avec sa couverture un peu marquée, ses coins de bas de page cornés sur une cinquantaine de pages... Je l'ai pris sans trop y croire, et je ne l'ai plus lâché.
Me demandant au départ si je l'avais déjà lu ou non. L'auteur raconte sa captivité pendant la guerre (le livre a été écrit en 1942), sa vie de prisonnier avec ses potes de l'époque, en des chroniques  qui présentaient quelques similitudes avec les textes de captivité du très aimé de moi Georges Hyvernaud (à la différence qu'Hyvernaud était gradé, alors que notre narrateur n'est que simple troufion).
J'ai adoré ce bouquin. A cause de l'écriture de Calet, simple mais belle. Avec un accent de titi qui fleure bon la guinguette, le petit vin blanc, la casquette de Jean Gabin... Une écriture que d'aucun diraient fleurie (Calet appartint-il au mouvement des hussards littéraires ?) -il n'est pas fréquent de trouver le mot enculé , en toutes lettres, dans un livre écrit à cette époque-, une écriture riche aussi, avec régulièrement des mots sur lesquels je m'arrêtais, étaient-ce des néologismes pour l'époque (et donc des vieillologismes pour la nôtre ?), et de belles énumérations aussi (ce qui ne peut que m'émouvoir, j'adore les listes), que le réalisme, la lucidité (le désabusement ?) du narrateur venaient encore rehausser.
Calet/Gaydamour nous narre son arrestation, son emprisonnement dans un premier camp, puis un deuxième, calmement, précisément, simplement, en des chapitres en général assez courts, ce qui fait qu'on ne peut plus lâcher le bouquin (et j'étais énervé contre moi-même quand le soir en lisant je sentais mes yeux qui se fermaient et ne me permettaient même pas de lire jusqu'à la fin de la ligne...)
Humour, désenchantement, simplicité, sens du détail, richesse du lexique, naturalisme, font de bouquin une parfaite première lecture pour 2018 (et donnent envie de lire les autres bouquins de Calet, dont il me semble avoir quelques autres disséminés sur mes étagères... à suivre, donc.)

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"Il pleuvait. j'allais dans la ville, tout dépaysé dans ces rues étrangères. J'ai toujours eu du penchant pour les promenades solitaires, à Lyon ou autre part, sous la pluie, dans la froidure et surtout la nuit. Quand tout est contre moi. j'aime alors me faire pitié à moi-même. Et je me parle et je me plains. J'aime aussi aller dans un nuage de pensées confuses, comme cela, sans direction. J'ai repris mon soliloque interrompu, je le retrouvais au fond de mes poches. Je me sentais tout seul après ce grand tohu-bohu. Je reconnaissais ma misère à moi, celle d'avant. Là-bas, dans les camps, on perdait sa misère, on était pris dans la misère collective, on formait une motte de malheur, on languissait en gros, sans approfondir. Tandis que je redevenais un homme seul et travaillant le détail. Je portais ma disgrâce en breloque."
(Henri Calet, Le Bouquet, p290)

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samedi 6 janvier 2018

livres 2017

001
L'ARME DU CROCODILE
de Carl Hiaasen

Un trèèèès vieux Hiaasen, dans son édition originale et jaunie en J'ai Lu (il n'y en a pas eu, me semble-t-il, d'autre). Ca débute par un meurtre plutôt original (on a assassiné un mec en le forçant à avaler un crocodile en caoutchouc), ça continue avec Las noches de deciembre, une organisation terroriste qui veut faire fuir les touristes et rendre la Floride à ses premiers habitants : les animaux et les Indiens. Beaucoup de personnages, dont deux que j'ai eu du mal à différencier tout le long du bouquin, à cause de ma lecture fractionnée (j'ai mis plus de 15 jours pour lire ces 500 pages). Mécanique bien construite et tictaquante à la Hiaasen, morceaux de bravoure, surprises de fin de chapitre, scène finale de haute volée, humour, sensibilité écolo anti promoteurs et autres gros bonnets de la finance... Très plaisant, quoi (mais des personnages féminins un peu faiblards, tout de même...)

002
STINGRAY SHUFFLE
de Tim Dorsey

J'ai mal dosé le panachage de mes lectures en 2016, et alors qu'il ne me reste plus qu'un Hiaasen et un Haskell Smith, il me reste quatre Dorsey! j'ai donc commencé (et terminé) celui-ci, en respectant la chronologie de l'auteur. Lu en 2/3 jours, lecture qui va très vite pour un bouquin qui va tout aussi vite. Stingray Shuffle est un polar qui parle d'un polar qui s'appelle Stingray Shuffle. Il y a  donc un écrivain de polars, son éditeur, une mallette contenant cinq millions de dollars (toujours la même depuis trois romans), un club littéraire composé de cinq copines en goguette, des mafieux russes aussi bêtes que maladroits (ou l'inverse), un libraire malin, un zozo qui est sur le point de conclure et de perdre sa virginité (le même depuis trois romans aussi), une voiturette de golf, un wagon historique, un club de jazz avec Woody Allen, mais surtout, surtout, au centre de tout ça notre psychopathe chéri et préféré, notre ami Serge A. Storms, avec son pote Lenny qui aime toujours autant les pétards. Et nous on l'aime toujours autant notre Sergeounet (même s'il lui arrive d'être  positivement insupportable)... Le bouquin est excellent et cavale à toute berzingue (on se demande parfois comment Tim Dorsey va réussir à ficeler tout ça), et la dernière partie (dans un "Mystery train") est absolument ju-bi-la-toire. Comme toujours pourrais je dire chez Tim D. Bon, on ne devrait désormais plus entendre re-parler de cette fichue mallette. Gros gros bonheur de lecture.

003
CADILLAC BEACH
de Tim Dorsey

Là j'ai hésité, la chronologie des aventures de Serge n'est pas simple, et, en principe, j'aurais du enchaïner sur Orange Crush (où il n'a, me semble-t-il qu'un rôle très secondaire) et j'ai donc préféré celui-ci (chronologiquement, le tout dernier acheté). On y retrouve donc Serge et son pote Lenny, et Serge a décidé d'ouvrir un genre d'agence de voyage qui organise pour les touristes des visites de Miami (qui sont aux "visites normales" ce que L'étrange Noêl de Monsieur Jack était à la "vraie" fête de Noël : la version gore -ou, du moins, destroy-). A quoi ce rajoute une histoire remontant 50 ans en arrière, mettant en jeu la disparition du grand-père de Serge (Sergio, de qui il tient beaucoup, mais à qui il tient beaucoup aussi) et d'un sac de diamants. Le roman entrelarde les séquences "1964" et celles "aujourd'hui", il sera question de CIA et de FBI, de mafia, de Cuba et de Castro, avec tout un tas d'invités surprise, notamment Les Beatles, James Bond et Flipper le dauphin, entre autres. Et un final encore plus époustouflant que dans le précédent, qui m'avait pourtant, déjà, ravi (avec une scène à mi-chemin entre Agatha Christie et Tex Avery). Gros gros gros bonheur de lecture (en plus, on a le plaisir de rencontrer Sergeounet quand il était tout petiot, et c'est spécialement attendrissant...)

004
LONDON WC2
de Gilles Sebhan

Pause dans les polars. Un auteur découvert par hasard en cherchant un cadeau dans les rayons de "L'Esp*ce C*lturel L*clerc" parce qu'il a écrit un bouquin (deux, même sur Tony Duvert), au Dilettante, en plus (j'aime plutôt bien la collec') que j'ai tenu puis reposé. Un auteur qui parle volontiers (et sans détours) de son homosexualité. J'en ai donc commandé un. Là il évoque son adolescence, sa soeur partie en Angleterre dont il se sentait amoureux, et des visites faites à ladite soeur à Londres où il découvrir beaucoup de choses (les punks, les pissotières, les arts graphiques, William Burroughs, ces deux derniers items, entre autres, via Neville Brody, le boyfriend de sa soeur, appelé à devenir par la suite le pape des graphistes underground). une autobiographie de l'adolescence, illustrée par des documents perso d'époque (et des souvenirs tout aussi perso et d'époque, dont quelques-uns ont fait rebondir certains émois personnels, et, justement, adolescents). Un livre juste et attachant, qui me donne envie de me rappocher davantage de son auteur, en en lisant autre chose...

005
L'APICULTURE SELON SAMUEL BECKETT
de Martin Page
Un tout petit livre (80 pages tout mouillé en Points, préface et postface incluses), le journal (de quelques mois) d'un collaborateur de Samuel B. C'est délicieux, ça se déguste en tranchinettes, jour après jour, sur la relation entre les deux hommes, mais il y est question de pas mal d'autres choses qui arrivent. Des vraies et des fausses. L'auteur, dans sa postface, éclaire la lanterne du lecteur sur les pourquoi ? et les comment ? (et même les où ?) de l'affaire. Très recommandable.

006
LA BELLE ET LA BÊTE (Journal d'un tournage)
de Jean Cocteau

J'ai enfin pu l'acheter parce qu'il avait été réédité et qu'on le vendrait à un prix décent. (la première fois que j'avais fait la présentation du film, en 2006, il était inabordable.). Un document passionnant, traitant de pour quoi (et contre quoi) un film se fait. C'est Cocteau qui raconte, et il a vraiment tout un empilement de problèmes de santé (on se demande même s'il n'en rajouterait pas un chouïa et fairait ainsi la chochotte pour qu'on le plaigne) qui viennent compliquer un tournage déjà complexe. Il parle de son film en gestation, des techniciens, des acteurs, de l'équipe, et on adore ça. On suit tout au jour le jour, le tournage de chacun de ces fragments qui une fois assemblés consitueront le film magnifique que l'on sait. Les idées, les remarques, les corrections, les doutes. Un document exceptionnel.

007
CRIMINELS ORDINAIRES
de Larry Fondation
deuxième recueil lu de cet écrivain fascinant découvert un peu par hasard. Des beaux objets (couverture noir et papier blanc), des textes plus ou moins courts, parfois microscopiques, d'un univers bien noir, bien violent, bien tristounet, bien urbain. Très très énergiquement recommandé.

008
MERCI POUR L'INVITATION
de Lorrie Moore
Oh un nouveau Lorrie Moore. Et des nouvelles en plus!. Grand plaisir de retrouver son écriture travaillée dans ce recueil décroissant : la première nouvelle est celle que j'ai préférée, et après le plaisir décroit doucement.

009
PLANETE VIDE
de Clément Milian
Un tout petit Série Noire, par le format et la pagination. En chapitres ultra-courts (parfois une demi-page) la dérive de Papa, un gamin pas aidé, régulièrement humilié par les autres gamins de l'école, qui craint d'avoir commis l'irréparable et préfère s'enfuir de chez lui.

010
ORANGE CRUSH
de Tim Dorsey
Avant-dernier Dorsey, une histoire d'élections, qui commence par une longue présentation de fieffés salopards floridiens (un vrai musée de crapules et de magouilles en tout genre) jusqu'à ce que l'un d'eux, un jeune aspirant sénateur jusque là parfaitement idoine et sans scrupules dans son rôle de pourri ne retourne sa veste et ne se mette dans l'idée de faire ça bien, pour l'intérêt des gens, pas pour le fric, lors d"une longue virée en camping-car orange crush. il voyage avec ses deux assistants, dont un dénommé Pimiento, qui s'avèrera être quelqu'un qu'on connaît bien... De la Floride, encore de la Floride, quelques crimes (mérités), un final apocalyptique... Tim Dorsey, je t'adore!

011
MIMI
de Sébastien Marnier
Un énorme bouquin découvert par hasard, qui contient quelques-unes des pages les plus authentiquement bandantes que je connaisse, sur des descriptions de rapports sexués entre mecs, cinq cent pages de discours intérieur d'un jeune en cité, qui se raconte depuis l'enfance jusqu'à l'âge adulte, de la fascination/répulsion qu'il éprouve pour Mimi, le nouvel élève aux cheveux trop blonds et trop longs, et qui va le pourquivre (ou qu'il va poursuivre) pendant toutes ces années, jusqu'à un final qui m'a d'abord fait rejeter le bouquin en le taxant de très homophobe, mais peut-être que je l'avais lu trop vite (j'ai un peu zappé en diagonale). Très bandant, en tout cas.

012
PRESSE PEOPLE
de Carl Hiaasen
Mon dernier Hiaasen, où l'on retrouve à la fois Skink le gouverneur défroqué un peu branque, et Chimio, le tueur défiguré de Cousu main, l'un en garde du corps d'une (jeune) chanteuse très portée sur les excès divers, et l'autre en chevalier-servant d'une actrice débutante employée comme sosie (et remplaçante) de la chanteuse dans les cas difficiles. Et le roman n'est qu'une suite de cas diifficiles. Il y a beaucoup de salopards, comme d'hab' chez Hiaasen, et des vengeances douloureuses (l'oursin dans la couche-culotte). Je l'ai trouvé un peu bavard, mais dans la bonne lignée de ses prédecesseurs.

013
LE BAR PARFAIT
de Jean-Bernard Pouy
Je l'ai (re) découvert par hasard en rangeant ma bibilothèque (au cun souvenir de l'avoir acheté). Une soixantaine de pages, le monologue d'un mec qui marche dans paris à la recherche du bar parfait, où il puisse boire le verre de blanc de ses rêves, en suivant l'ordre des rues imposé par un jeu de Monopoly trouvé dans la rue. c'est très agréable, c'est frais, gouleyant, érudit, drôle, attendrissant, avec des tours et des détours, des anecdotes, des chansons même. Soulographie, donc, mais classieuse. Du Pouy, quoi (j'adore ce monsieur).

014
LE JARDINIER DE SARAJEVO
Mystérieusement apparu dans ma bibliothèque (aucun souvenir de l'avoir acheté ni qu'on me l'ait offert), un recueil de nouvelles (serbe ? bosniaque ?) j'hésite, je ne sais plus, mais en tout cas les nouvelles sont aussi courtes que percutantes) que j'ai dévoré assez rapidement.

015
LA MER C'EST RIEN DU TOUT
Joel Baqué
Un tout petit POL qui m'a littéralement sauté dans les mains sur l'étal du libraire. Une "petite forme" où l'auteur, CRS-secouriste, raconte, par fragments comment il a rencontré la poésie et comment il est venu lui-même à écrire. Un de ces livres "en morceaux" comme je les affectionne. Délicieux. j'ai pensé que ça plairait à Philou et le lui ai prêté (j'ai eu raison). Un "livre de chevet".

016
CECI N'EST PAS UNE HISTOIRE D'AMOUR
de Mark Haskell Smith
L'ultime MHS, dont on se dit d'abord pendant un moment qu'il éa été publié dans la collection "polars" par erreur, mais qui, dès qu'apparaît le premier cadavre (de façon plutôt inattendue), se met à dépoter et à filer plein gaz (on se demandait un peu où il voulait en venir). Je le redis, j'adore l'auteur, qui est membre de la famille de mes zinzins préférés, plus sexe que Tonton Hiaasen et un poil moins camé que le cousin Dorsey. Lu très très vite.

017
LE SENS DE LA VIE
de Manu Larcenet et Jean-Yves Ferri
c'est Pépin, et ce volume-ci, qui auront mis le feu aux poudres de ma passion pour Manu Larcenet. Où un gros dessinateur fait un stage chez un lama pour apprendre à dessiner un rond... Hilarant

018
AVANT LA NUIT
de Reinaldo Arenas
L'autobiogrphie de Reinaldo Arenas, de sa naissance à son suicide, et un gros morceau de l'histoire de Cuba et de Castro (qui m'a vraiment fait frémir d'horreur). Non seulement Arenas est écrivain, mais en plus il est gay, et anti-castriste, et ne se gêne pas pour le faire savoir... Une écriture à l'image de ce que fut sa vie : dense, stupéfiante, sidérante, avec, dès son plus jeune âge des morceaux de bravoure de poésie homosexuelle. Le sexe était un de ses moteurs, l'écriture en était un autre, et ce bouquin est une somme. Il explique et resitue chacun de ses romans (certains qu'il a réécrits plusieurs fois!) et j'ai mieux compris le rôle et la place du seul que j'ai lu (et que j'adore) : Arturo, l'étoile la plus brillante

019
MORT A TOUS LES ETAGES
de Duane Zwierczynski
Par l'auteur de The blonde, déjà bien secoué, un parfait exmple de pulp (on a même des illsutrations à l'intérieur du volume, ce qui est rarissime en Rivages... D'abord un mec qui meurt avec de la salede de patates, puis un groupe de jeunes cadres dynamiques réunis au dernier étage d'un immeubel auxquels leur responsable annonce que les issues sont condamnées, les téléphones hors-d'usage, et qu'ils ont le choix entre un cocktail mortel ou une balle dans la tête. Ca démarre très fort, et ça continue façon folie furieuse... Très drôle, très noir, très violent, complètement azimuthé, quoi.

020
LES BRANLEURS
de Manu Larcenet et Eric Salch
(Offert par Pépinou pour mon anniversaire) un album à quatre mains en forme de Paludes de Gide, qui raconte la naissance et la création d'un album à quatre mains entre "une star internationale de la BD" (Manuchounet) et un jeune à bec pointu "qui salit tout ce qu'il touche" (Eric S.), Très plaisant

021
TRACER LE CERCLE
de Manu Larcenet et Jean-Yves Ferri
La suite, toujours aussi délicieuse, des aventures du gros dessinateur qui veut réussir à dessiner un rond

022
SELFIES
de Jussi Adler Olsen
Marie m'a prêté ce 7ème vulume des enquêtes du Département V. Mon dieu que c'estllong (et lent)  à démarrer! Les cent premières pages sont sans intérêt ou presque, nous présensant les différentes protagonistes (une employée de pôle-Emploi plus un panel de greluches auxquelles elle a à faire), et pour ce qui est des enquêteurs, le volume est plutôt centré sur les problèmes de Rose, alors que c'est d'Assad que je suis amoureux... Après ça va un peu mieux, tout se goupille au petit poil même si certaines couleuvres sont un peu grosses (coïncidence, la vieille qui a été assassinée était justement la voisine de Rose...). Pas mal, quoi, mais pas non plus de quoi en faire dans sa culotte de joie...

023
GINSBERG ET MOI
de Frédéric Chouraki
Trouvé à Emmaüs, ce roman d'une rentrée littéraire précédente : le héros est gay, juif, apprenti-rabbin et avide de reconnaissance, il va donc s'arranger pour devenir l'amant du vieil et beat  Allen Ginsberg. Chapitres courts, écriture plaisante (c'est très bitch, je trouve), ça démarre très fort puis ça se ratatine un peu vers la fin, les aff(ai)res internes juives m'intéressant moins que les coucheries gay. Très agréable et vitement lu.

024
UN CHEMIN DE TABLES
de Maylis de Kerangal
Biographie d'un jeune cuisinier (un vrai, si j'ai bien compris le principede la collection) à la carrière croqué par la toujours plaisante plume de MdK. Lu en un soir et un matin (c'est très bref, mais impossible de le lâcher). c'est gourmand et ça donne faim. (mais, du coup ça laisse aussi sur sa faim, on en aurait redemandé.)

025
LA SOIF
de Jo Nesbo
Harry Hole is back! un démarrage un peu poussif, mais une fois lancée, la machine est inarrêtable. Plus ça va et plus on est pris en otage. Retrouvé (avec parfois un peu d'agacement) cette façon de rouler le lecteur dans la farine, de le manipuler. Un nouveau méchant très méchant (un "vampiriste", cette fois). Comme d'hab', tout semble plié page 450 (le livre en compte 600) alors que pas du tout! Jusqu'au bout il nous égare, du grand art! beaucoup de PPC (placement de produits culturels, dont certains - Edouard Levé- ont matché avec mon enthousiasme).

026
UNE AFFAIRE D'HOMMES
de Todd Robinson
On reste dans le héros viril avec la paire de bourrins magnifiques (Boo et Junior), videurs de leur état d'un bar/boîte craspec (The Cellar), et dont on a fait la connaissance l'année dernière dans Cassandra. C'est Boo qui raconte, et ça va de bagarres en castagnes, de bastons en branlées, (le ton rappelle les potes  Hap et Léonard de Joe R.Lansdale) et il est beaucoup question de gays, et corollairement d'homophobes... Une très très plaisante lecture, qui m'a fait autant rigoler qu'elle m'a ému, à la fin, par surprise...

027
MICROCOSMES
de Manu Larcenet
Pépin (encore) me l'a prêté, et j'adore ça (je pense me le racheter). Un univers de taches qui parlent, draguent, se lamentent, ricanent. Un univers très très noir et très très drôle. Métastases, sérial-killers, apocalypse... Horriblement drôle. Un des livres que j'aurai préféré(?) cette année.

028
AU REVOIR LA-HAUT
de Pierre Lemaître
Trouvé à Emmaus. Ai commis l'erreur, sans doute, de le commencer juste avant d'aller voir le film de Dupontel, juste pour constater combien l'adaptation en était fidèle. Du coup, après avoir vu le film, la lecture en a été moins agréable, puisque quasiment redondante, même si l'écriture en est plaisante  (et puis -chacun ses snobismes- j'ai toujours un vieille méfiance envers les Goncourt...). Du coup je l'ai un peu laissé en plan, histoire d'oublier un peu le film, mais j'y reviendrai ensuite, promis.

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DALLAS COWBOY
de Manu Larcenet
PRESQUE
de Manu Larcenet
ON FERA AVEC
de Manu Larcenet
L'ARTISTE DE LA FAMILLE
de Manu Larcenet
Je les ai lus à la file, dans le beau et lourd coffret. Microcosmes était une bonne transition, pour le mélange drolerie et cruauté. Ici ça ne rigole plus du tout. Et c'est autobiographique, en plus. Un très beau noir et blanc pour des opuscules à l'italienne où l'auteur évoque son enfance, son adolescence, son service militaire, ses angoisses, sa déprime... Très fort et très touchant. (les ouvrages en question ont été moultes fois réédités). Oui, ce bonhomme me fascine... (comme résume Pépin "c'est parce qu'il est gros et qu'il a plein de tatouages ?" Oui, mais pas que)

033

MON PERE, MA MERE, ET SHEILA
d'Eric Romand
Un petit livre, vite lu et décevant. Une enfance racontée par bribes (comme dans le très beau petit bouquin de Baqué), un jeune gay comme dans Eddy Bellegueule, en conflit avec son père, avec Sheila comme idole, mais la sauce ne prend pas pas vraiment, et on reste très extérieur à ce qui est raconté, et la façon clinique dont c'est raconté, un peu comme un relevé de banque ou une liste de courses. Trouvé ça à la fois fade et aigrelet, complaisant, poseur. Un livre maigrichon. Dommage.

034
CORRESPONDANCES
de Manu Larcenet et Jean-Yves Ferri
Une réédition trouvée pour pas cher chez Gibert, ou la correspondance entre les deux potes via leurs fax. Sympathique, drôle, attendrissant, tout ce qu'on aime chez Larcenet et Ferri, quoi

035
UNE MORT QUI EN VAUT LA PEINE
Donald Ray Pollock
Waouh! Merci la Foire aux Livres! chronologiquement le troisième bouquin du bonhomme, et une sacrée claque. dès le début, une scène qui a failli me faire lâcher le bouquin. l'auteur ni va ni avec des pincettes ni le dos de la cuillère. Affreux sales et méchants pourrait tout à fait convenir comme sous-titre... Avec, comme le dit mon blog de polars préféré "quasiment une happy-end, mais on n'est pas chez Disney, hein...". Les trois frères, en tout cas, je les adore, et je m'en souviendrai longtemps...

036
TORPEDO JUICE
de Tim Dorsey
Le dernier Dorsey disponible en français (écrit en 2005 et traduit en 2016...), la suite des aventures de Serge A. Storms, serial-killer gentil quand il n'oublie pas de prendre ses médocs -mais il oublie souvent-. On est un peu surpris d'y retrouver Coleman, toujours aussi défonceman, puisqu'il était mort il y a quelques bouquins, mais ça n'est pas si dérangeant, puisque le bouquin est toujours aussi fou furieux... Serge a décidé de se marier, mais il ne sait pas encore avec qui... Comme d'hab', tout un tas de micro-intrigues qui convergent vers un réjouissant foutoir final. Mais hélas je l'ai beaucoup beaucoup fractionné

038
LE POINT DE VUE DU LAPIN
de Yann Dedet
Un gros bonheur de lecture, un cadeau de Noël, le roman de tournage de Passe-Montagne, de Jean-François Stévenin, par son monteur, un récit à deux voix : celles de l'auteur et celle de Stévenin himself, le plaisir de redécouvrir l'épopée que fut le tournage et la réalisation de ce film (sorti à l'époque au seul St André des Arts) qu'on avait vu lorsqu'il était parvenu jusque chez nous (au CG je pense) et qui constitua un des phares de nos cinéphilies naissantes (et de nos mythologies rêveuses), auquel restent accolés les mots de combe et de vacance... oui, gros bonheur.

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dimanche 26 novembre 2017

le gang jewett

Je tiens à jour la liste des livres lus en 2017 que je publierai à la fin de l'année, mais là je fais une exception :

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pour ce grand, cet énorme plaisir de lecture (peut-être le plus mémorable de cette année). Une mort qui en vaut la peine (The Heavenly Table en version originale) est le troisième bouquin de Donald Ray Pollock, après Knockemstiff et Le Diable tout le temps, que je vais lire immédiatement dans la foulée.
Il faut, à quelques reprises, avoir le coeur bien accroché, (une scène, dans les premières pages, a failli simultanément me faire lâcher le bouquin et vomir mon petit-déjeuner...) mais l'ensemble est extraordinaire, et relève de la plus grande jubilation. A recommander, sans modération (attention, risque de gueule de bois). Blood sweat and tears, comme dit la chanson. Mais sans oublier le sourire.

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samedi 27 mai 2017

l'élan blanc

N'ESSUIE JAMAIS DE LARMES SANS GANTS
de Jonas Gardell

Ce livre, je l'avais acheté dès sa sortie, conjonction d'un reliquat de chèque-cadeau et du fait que j'avais lu tous les romans précédents de Jonas Gardell -dont j'avais même adoré Et un jour de plus-, mais je ne l'avais pas commencé tout de suite. parce qu'il m'impressionnait un peu, par sa taille (600 pages, grand format, écrites plutôt petit) et par son sujet : les premières victimes du Sida à Stockholm, au début des années 80. Etait-il possible, pensais-je, crétinement, d'écrire autant de pages sur un tel sujet ? (oui je vous l'ai déjà dit je peux parfois être, décidément, très con).
Et, finalement, un beu matin, hop!, je me suis lancé.
C'était il y a quelques temps, déjà, mais je viens juste de le terminer. Et les dernières pages sont hallucinantes de force et de beauté. A l'image du reste, d'ailleurs. Je l'ai dit et répété aux gens qui me connaissent, depuis que ma lecture en a commencé, j'ai rarement versé autant de larmes en lisant un roman. Elles surgissent à intervalles réguliers, sans que l'écriture de jonas Gardell soit mélodramatique ou racoleuse ou que sais je encore d'autre. Ce monsieur écrit formidablement bien, et je trouve scandaleux que ce grand -très grand- bouquin soit honteusement passé ainsi à travers les mailles des critiques littéraires et autres décerneurs de prix (mais ils sont, peut-être, simplement, aussi très cons que moi je l'ai été, avant de l'aborder ???)
Deux personnages centraux, Rasmus, qui quitte sa cambrousse natale à 19 ans pour aller faire des études à la capitale (stockholm, en l'occurence), mais avec tout de même quelques arrière-pensées lubriques (il sait qu'il est gay, et veut enfin en profiter), et Benjamin, qui, s'il vit à Stockholm, n'a guère eu encore l'occasion d'en "profiter", puisque
a) il ne le sait pas encore, qu'il est gay
b) il fait partie des Témoins de Jéhovah (comme toute sa famille) et en conçoit d'ailleurs, au moins au début, un immense bonheur.
On va suivre l'histoire de ces deux tourtereaux beaux comme tout, avant, pendant, et après (leur rencontre, qui aura lieu lors d'un réveillon de Noël, chez Paul, un gay flamboyant, une folle d'anthologie, dont on suivra également l'histoire, le reste de la vie, comme celle(s) des autres membres du "collectif gay" qu'il a fondé : Reine, Lars-Åke, Seppo, Bengt...)
J'ai utilisé les mots reste de la vie volontairement car Jonas Gardell ne fait pas que nous évoquer un groupe de mecs gays à Stockholm dans les années 80, il va tout aussi minutieusement nous raconter l'apparition du SIDA, point par point, du début jusqu'à la fin, jusqu'aux fins je devrais dire, puisque du petit groupe de départ, saisi en cette fameuse veille de Noël où tout a commencé pour Rasmus et Benjamin (car il s'agit aussi, et surtout, d'une histoire d'amour merveilleuse), du petit groupe, donc, il n'en restera que très peu à la fin du roman.
Jonas Gardell présente les choses simplement (la vie de famille, "avant", la rencontre, le coming-out, les réactions familiales, la vie commune, les disputes, l'apparition de la maladie, les soins...) et abordera ainsi, successivement, chacun des personnages principaux au cours du roman. dans une approche jamais linéaire, concentrique plutôt,  tricotant passé et présent, tendresse et noirceur, via une écriture fasinante, elle-aussi se déployant entre la sécheresse du constat et le lyrisme de l'incantation.
Six-cent pages, ou presque, en trois parties (L'amour, La maladie, La mort), et, je le répète, j'aurai rarement pleuré autant au cours d'une lecture. Le genre de spasme qui soudain vous étreint et vous coupe la respiration au détour d'une page. J'ai retrouvé tout ce que j'aimais dans Et un jour de plus (la lucidité, l'humour, le lyrisme, l'anticonformisme) mais dans une forme beaucoup plus ample. car la "petite histoire" de Benjamin et Rasmus se niche et s'enracine dans une autre, la "grande", celle des luttes pour la "légalisation" de l'homosexualité, intimement liée, avant, pendant, et après, à celle du SIDA.
On referme le bouquin, sonné, et il reste dans la tête plein de scènes belles et fortes (les cent dernières pages, notamment, en fourmillent, mais on y est peut-être d'autant plus sensibles que'on sait que les personnages vont bientôt nous quitter...)
Un très grand bouquin, à la hauteur de son titre : magnifique.

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