lieux communs (et autres fadaises)

bribes, détails, éclats et brimborions "les gens n'ont pas assez de force pour l'mour, ils préfèrent aller au cinéma"

vendredi 18 septembre

de l'amour...

"Qu'elle m'ait choisi, moi, dans un moment d'égarement, c'était une chose. L'incompréhensible, c'était qu'une femme comme Diana -qui pouvait avoir absolument tous ceux qu'elle voulait- se réveillait tous les matins en voulant m'avoir une journée de plus. Quelle mystérieuse cécité l'empêchait totalement de voir ma médiocrité, ma nature déloyale, ma faiblesse quand je rencontrais une résistance, ma méchanceté stupide quand je rencontrais de la méchanceté stupide ? Ne voulait-elle pas voir ? Ou était-ce juste une compétence finaude de ma part qui avait envoyé mon véritable moi dans cet angle mort béni de l'amour ?"
(Jo Nesbo, Chasseurs de tête)

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mercredi 16 septembre

merci marie!

VICE DE FORME
de William Lashner

J'ai mes habitudes, en matière de bouquins, et de polars encore plus. J'aime bien découvrir les choses par moi même, et j'aurai toujours un léger sentiment de méfiance quand on m'en conseillera un, surtout  dont je n'ai jamais ô grand jamais entendu parler. Et donc là, ce fut le cas, lorsque ma copine Marie me mit dans les mains ce Vice de forme.

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Six cent pages écrit petit. Thriller judiciaire. Un avocat  de la défense comme héros et narrateur... Méfiance, méfiance. Je me lance.
Un premier chapitre qui vous met d'emblée dans l'ambiance. Une situation simple a priori. Trop. On en baillerait presque déjà d'avance. Mon dieu comment pourrait-il tenir la distance  avec juste ça ? Mais bon, on passe au deuxième chapitre, et hop, là, déjà un changement d'éclairage... tiens tiens! Et le troisième, idem... Ce début qu'on supputait juste gros comme une tête d'épingle n'était en fait que l'extrême pointe de l'édifice, que la progression du roman va nous permettre de découvrir progressivement. Et plus ça va, plus on s'y attache à ce Victor Carl. Et au bout d'un moment, on ne peut carrément plus le lâcher!
Je viens juste de le terminer (j'ai lu les 300 dernières pages d'une traite), et ça m'a vraiment  fait passer un sacré bon moment. L'intrigue est maligne (comme une tumeur ?), la mise en place minutieuse, et ce qui ne gâche rien, l'écriture plutôt agréable (comme chez Nesbo, il y a certains passages que ça m'a démangé de recopier...)
A suivre, donc!

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mardi 28 juillet

théâtre

LA FENÊTRE PANORAMIQUE
de Richard Yates

Encore une fois, un livre découvert grâce à Dominique, qui avait offert à Philou un recueil de nouvelles du même auteur, Onze histoires de solitude. Quand j'ai voulu l'acheter, il n'était pas à la librairie, mais le gentil libraire m'a tendu à la place celui-ci, que je n'ai pas eu, dans un premier temps envie d'acheter, à cause peut-être de la jaquette "au cinéma, Les noces rebelles" avec une photo des deux acteurs principaux d'un film que je n'avais pas eu l'occasion (ni l'envie?) de voir.
J'avais commencé à lire les premiers chapitres, et je dois dire que j'avais été plutôt séduit. Ca commence avec une représentation de comédiens amateurs plutôt ratée et  la soirée qui s'ensuit. Et l'ambiance, autant que l'écriture m'ont aussitôt évoqué un autre de mes écrivains chéri chéri, je veux parler de John Cheever. (que j'avais découvert aussi grâce à Dominique...) J'avais du, pour diverses raisons, ajourner provisoirement cette lecture, et, lorsqu'il a fallu choisir quelques bouquins à emporter en Bretagne, j'ai tout naturellement pensé à celui-là...
Quel bonheur! Quel ineffable bonheur de lecture! C'est bien simple, ce bouquin, je n'ai plus pu le lâcher. J'ai dévoré les 500 et quelques pages en savourant chaque ligne, en relisant même à voix haute certains passages tant ils me semblaient réussis. (Après être passé sur divers blogs et forums il semblerait que la traduction ne soit pas tout à fait à la hauteur du texte original et que certains puristes conseillent carrément la lecture en VO. Je dois avouer que, n'ayant pas d'élément de comparaison et vu la taille du bouquin, je préfère cette traduction française qui m'a semblé à deux trois détails près (maintenant que j'y repense...) tout à fait convenable)
Il est question donc d'un couple, April et Franck Wheeler, un jeune couple américain avec deux enfants, dans les années 50, quelque part dans une petite ville américaine. Le roman s'attache principalement à Franck, at home et dans son travail (April se "consacre à ses enfants"), mais on va suivre aussi deux autres pistes : les Campbell, un jeune couple ami des Wheeler, et les Givings (dont l'épouse est l'agente immobilière qui leur a vendu leur maison et qui ont la particularité d'avoir un fils malade mental).
Tout commence donc avec une représentation de théâtre amateur, dans laquelle joue April, qui va mal se passer, et après laquelle son mari va essayer -maladroitement-  de la consoler, ce qui va se solder par une scène de ménage carabinée. Puis une réconciliation. Puis une autre... Une chronique  familiale et sociale qui se lirait comme un polar. Des relations matrimoniales (et des conventions sociales) considérées comme une guerre de tranchée, avec ses stratégies, ses attaques-surprise, ses cessez-le-feu, ses offensives, ses traités de paix, ses embuscades, ses armistices, ces victoires inattendues, ses défaites inéluctables... Quelque chose finalement d'assez noir et désespéré sous des apparences souriantes et ensoleillées  de publicité américaine pour cigarettes des années 50.

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mercredi 01 octobre

retour à

MICHAEL TOLLIVER EST VIVANT
de Armistead Maupin

C'est mon amie Christine qui me l'a conseillé, et quasiment mis entre les mains : "Ca devrait te plaire, c'est très pédé...". J'avais lu, il y a quelques siècles, que dis-je lu, il s'agissait plutôt de dévoration, tous les tomes des Chroniques de San Francisco (un été à Perpgnan...) , j'avais adoré ça, mais je dois dire qu'avec le temps, il ne m'en est  resté rien, ou si peu...
On retrouve donc Michael, un des personnages principaux, mais trente ans après... un pédé cinquantenaire moyen, séropositif, à bedon et à viagra, qui a épousé Ben, un mec adorable de vingt ans plus jeune que lui (qui craque pour les daddies, les mecs plus âgés) avec qui il vit une histoire d'amour tellemnt simple, ordinaire, et merveilleuse qu'elle ne pourra faire soupirer tout un chacun des midinets qui sommeillent en nous...
Au début, c'est comme si on abordait un héros anonyme et nouveau, mais, au fur et à mesure, on va se rappeler des choses, l'auteur réussira à évoquer plus ou moins fugitivement, tous les personnages de la saga, tous les anciens de Barbary Lane, et c'est comme retrouver un vieux complice. Une bonne façon de raviver les souvenirs des pauvres lecteurs aux neurones engourdis.  Histoire de famille(s), surtout en ce qui concerne Michael (son mari, sa mère, son frère, sa belle-soeur...). C'est un roman en pente douce : ça démarre effectivement plutôt très cul, très pédé, très acide, très drôle, et, au fil des pages, ça s'assagit et ça se calme, doucement.
Ca se lit donc avec grand plaisir, on rigole souvent (il ya chez Maupin, comme chez Mc Cauley, un sens très pédé de la formule qui tue...) et j'ai ai été tenté plusieurs fois de recopier des passages, tellement ça me plaisait. Je pense que dans quelques temps j'auraipeut-être tout oublié, mais, ça ne fait rien, ça valait la peine, c'est tout...

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dimanche 21 septembre

dernier baiser

J'ai appris hier dans Libé la mort de James Crumley, et ça m'a fait quelque chose...
J'avais découvert, un peu par hasard, La danse de l'ours, et ça m'avait tellement plu que j'ai dévoré tout le reste, consciencieusement (excepté Les serpents de la frontière que j'ai laissé tomber quand le héros se fait enfoncer dans l"urêtre une tige de métal chauffée à blanc...) Il avait deux héros récurrents (qui se ressemblaient quand même vachement) Sughrue et Milodragovitch, des tough guys,  qui boivent sec et n'hésitent pas à recourir aux substances illicites et nasales, et qu'il a d'ailleurs fait se rencontrer d'ailleurs dans un de ses bouquins...
Crumley, c'était Missoula, le Montana, les histoires déjantées, une écriture à la fois somptueuse et exigeante, bref le parfait prototype de cette littérature américaine dite "virile" que j'aime tout particulièrement.
En plus, il faisait -au sens strict- partie des écrivains "inclassables" (au moins au début) puisque ses bouquins traduits en france le furent dans le désordre et dans diverses collections et formats, ça faisait un peu désordre sur l'étagère, hein...
Hi Jimmy!

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(en fouillant sur gougueule j'ai trouvé ça, en forme d'hommage, qui résume assez bien l'ambiance...)

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mardi 19 août

message personnel pour claude w.

(si par hasard elle passe par là)

Ca y est!
Je l'ai lu!
Non seulement cette fois-ci j'avais pensé à le prendre pour le lire dans le train, mais j'ai aussi réussi à le trouver avant de partir.

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Des trois nouvelles, c'est celle du milieu que j'ai préférée (L'homme qui abandonna son nom). L'écriture en est vraiment extraordinaire, et c'est peut-être aussi la moins connotée Wild wild west. il y avait plein de passages que j'avais envie de recopier (c'est bon signe en général!). Bref j'ai trouvé ça aussi beau que du John Cheever.
Je pourrai donc te le rendre la tête haute et le sourire jusqu'aux oreilles...

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dimanche 01 juin

un mot pour dire "livre dans lequel on trouve des mots qui résument en seul mot des choses compliquées"

TINGO
de Adam Jacot de Boinod

Je suis tombé dessus tout à fait par hasard (je flânais au rayon "dictionnaires", oui, j'aime les dictionnaires), je l'ai feuilleté, et ça m'a tout de suite emballé : l'auteur a étudié de nombreuses langues étrangères, et a ramené, pour chacune d'entre elles, un florilège lexical, où à chaque fois, un mot unique sert à traduire quelque chose qui, dans notre langue, prendrait énormément plus de mots :
ulaia (hawaïen) : vivre en ermite en raison d'une grande déception
lutmensch (yiddish) : un rêveur dépourvu de sens pratique et qui ne possède aucune activité ou source de revenus précis
samir (persan) : une personne qui parle la nuit, au clair de lune
... et ainsi de suite. En plus, c'est un 10/18 mais relié "en dur" et jacquetté. Et même, vendu avec deux très jolis marque-pages. Il ne quitte plus mon sac. Un peu comme un musée de mots personnel portatif et ludique.

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vendredi 09 mai

barbe de deux jours

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Ca faisait un moment que je voulais en parler... A présent que j'ai terminé les deux recueils de nouvelles, je peux vous dire tout tout tout le bien que je pense du monsieur et de ce qu'il écrit (il me reste encore un recueil de textes, "Orphelins", mais que je ne vais pas lire tout de suite car il s'agit d'une autre veine...) J'ai, je l'avoue (et je le répète) un penchant coupable pour les écrivains de nouvelles, américains de surcroit, et surtout avec des tronches pas rasées de trappeur du Montana ou assimilé. D'Ambrosio est tout cela (même si son patronyme évoquerait tout autre chose). On sait juste de lui qu'il a été charpentier, avant, et ses nouvelles, justement, évoquent ce patient travail du bois, cette solidité de l'ensemble, cette robustesse, avec en même temps ce goût de la beauté, ce poli, ce raffinement dans les finitions. Et cette façon de ne jamais finir pif paf bien carré et rassurant, ni virtuose coup de théâtre. Juste ouvert, open, grand air, respirant, à vous de voir...
Les thèmes évoquent une Amérique moyenne, avec des gens moyens, des problèmes moyens, le plus souvent histoires de couples, de familles, comme chez Carver, mais ici l'écriture n'a pas cette sècheresse minimaliste de l'ami Raymond, ce côté autant droit au but que brut de décoffrage. Elle a cette richesse, cette élégance, cette poésie (j'ose le mot), ce moëlleux, qui vous fera revenir en arrière pour relire une phrase ou un passage, ou avoir soudain juste les larmes aux yeux, comme ça, tellement c'est juste, tellement soudain ça retentit.
Dans le premier recueil, "Le Cap" (que j'ai lu en deuxième) m'est ainsi restée tout particulièrement la nouvelle Nostalgie, avant-dernière du recueil, récit en deux parties (Octobre et Décembre) de la désagrégation d'un couple, où il est d'abord question d'un homme en train de pêcher, puis du même homme en train de se promener la nuit avec deux pommes de terre dans ses poches... De la même façon, dans Le musée des poissons morts, celle nommée Drummond et fils, où il est question de machines à écrire et des rapports entre un père et son fils schizophrène. Beau à faire fondre les pierres...

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samedi 15 décembre

entre les deux

Acheté en même temps

- ça:

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- et ça :

villon2

(l'un sans l'autre, c'était beaucoup moins intéressant, non ?)

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lundi 15 octobre

book addict

(attention, Malou et Dominique, vous êtes priées de ne pas lire cet article jusqu'au bout, sous peine de dévoilement prématuré de cadeau que je vous destine...)

Arghhh! Je n'ai pas pu me retenir! Il aura suffi que Dominique glisse badinement dans la conversation "tu sais que la Foire aux livres est commencée..." pour qu'aussitôt je bave commence à me demander quand est-ce que je pouvais y aller le plus rapidement tôt vite immédiatement. J'ai quand même tenu deux jours! J'y ai passé mon dimanche après-midi (il faisait pourtant très soleil), et même si j'ai au début qu'il y avait beaucoup moins de choses (en fait c'était juste beaucoup moins bien rangé) j'ai quand mêmeramené quelques trucs :
- JE ME SOUVIENS ENCORE MIEUX DE JE ME SOUVIENS de Roland Brasseur (ça c'est pour la collection de "livres qui commencent par je"...)
- MA VIE de Glen Baxter (ah zut je l'avais déjà, pourtant je pensais que c'était l'édition en anglais... tant pis!)
- QUAND NOUS ETIONS LOUPS de Jon Billman (des nouvelles viriles, par un pote, ou tout du moins un apparenté à Brady Udall et Elwood Reid)
- LES MERVEILLES DU MONDE Volume 1 1953-1954 (ça c'est pour la collection d'albums d'images de chocolat)
sans oublier
(attention, Dominique et Malou, si vous dépassez cette limite, c'est à vos risques et périls, je vous aurai prévenues...)

- 400 RECETTES POUR 100 CONVIVES de Ginette Mathiot (Je l'avais déjà vu l'année dernière, puis reposé, puis regretté, et je n'avais plus jamais plus réussi à remettre la main dessus)
- MANGEZ BAROQUE ET RESTEZ MINCE de Philippe Beaussant (ah la Crème Catalane de Jordi Savall...)

Raisonnable,
non ?

Posté par chori à 06:32 - caisse de livres - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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