lieux communs (et autres fadaises)

dites ces mots "ma vie" et retenez vos larmes...

mercredi 31 octobre

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Bon, vues de loin, elles me semblaient providentiellement looongues, ces vacances de la Toussaint, mais ce n'était, bien entendu, qu'un mirage.
Déjà mercredi, et pourtant le sentiment que rien ne s'est passé, que je n'ai comme on dit par ici "rien eu le temps de faire". D'autant plus que je pars tout à l'heure pour quelques jours à Paris. Jusqu'à lundi donc. Et que c'est pas là-bas que je vais m'avancer dans le rangement du bureau*, la préparation de classe*, ou le travail à mon oeuvre*.
Ok ok, après il me restera toujours DEUX JOURS pour faire tout ce que j'(av)ai(s) encore à faire. Deux jours, quand on y pense c'est immense (surtout quand il sont à venir). Tandis que dix jours pour la Toussaint, c'est juste... rikiki, isnt'it?

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* : sujets récurrents à chaque début de vacance, et dont je déplore généralement, à la fin des mêmes de ne pas avoir eu le temps de m'occuper hélas.

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dimanche 28 octobre

costumé

(aparté caliméresque : pourquoi ce genre de plan pourri est-il toujours pour moi ?)

J'étais invité aux 60 ans d'un copain, qui souhaitait qu'à l'occasion, nous (ses invités) vinssions costumés. J'ai plutôt horreur de ça, donc je l'avais prévenu que non, probablement, mais au matin même du jour de la teuf en question, bourrelé par les remords d'une nuit anxiogène par rapport à cette histoire de costume,  je décidai donc tout de même de. L'inventaire de mes placards (plus une visite propice chez Emmaüs) me menèrent à opter pour un déguisement de Blues Brother (ou aussi de Reservoir Dog, voire même éventuellement d'employé de banque (pour ceux qui ne vont jamais au cinéma) tant le look costard sombre  lunettes et pompes, sans oublier chemise blanche et cravate idem plus le chapeau est cool (dixit Tarantino) mais surtout inhabituel pour moi. Dans le miroir de la salle de bain, je trouvai ça (moi, donc) plutôt pas mal, d'ailleurs.
Les choses se compliquaient simplement un peu du fait que je devais passer récupérer à la gare de Besançon un copain qui arrivait de Dijon pour le conduire à la teuf en question. Le copain en question, prénommé D., qui arriverait au train de 17h10 me fut décrit comme déguisé en Gainsbourg mais avec une canne comme Grand Corps Malade, puisqu'il avait été victime de deux accidents. Je me dis alors que moi aussi je vais me déguiser avant, comme ça ça sera déjà fait, et ça peut être rigolo, Blues Brother meets Gainsbarre...
J'arrive donc à la gare un peu en avance, me gare sur le parking (aux tarifs scandaleusement prohibitifs, mais aux vingt premières minutes gratuites, justement à peu près l'avance que j'avais ), je trouve une place juste en face des portes de sortie (pour lui éviter un trop long déplacement pédestre) et j'entre donc dans la gare en costard sombre  chemise blanche et cravate (j'ai tout de même laissé le chapeau et les lunettes noires in the car) et consulte le tableau d'affichage.
Aïe!
Il appert que la circulation ferroviaire de ce samedi 27 est extrêmement perturbée. Beaucoup de gens dans le hall, une queue zigzaguante aux guichets et pareil à l'accueil. Après vérification, malgré tous les trains supprimés, celui de 17h10 (17h11, en fait) est bien prévu pour l'heure dite. La population devient encore plus dense dans le hall (entre gens qui partent, gens qui arrivent de, et gens qui viennent chercher gens qui arrivent de.) Je me poste juste au-dessus de l'escalator qui déverse les arrivants sur le quai, et j'attends. J'attends longtemps, jusqu'au dernier, jusqu'aux éventuels retardataires. Plusieurs quidams avec cannes ou béquilles, mais aucun avec le look annoncé.
L'agitation et l'inquiétude des voyageurs (partants, arrivants, venant chercher etc.) et la rigueur de mon accoutrement font que plusieurs personnes s'adressent à moi, interrogativement, supputant sur mon apparence que je suis un responsable, ou un contrôleur, voire un surveillant. Non non, réponds-je à chaque fois, je ne suis pas d'ici, je suis juste venu chercher quelqu'un.
Un quart d'heure est passé, le quai est presque vide, le hall aussi, et je m'enquiers auprès d'un membre de l'accueil de l'heure du prochain train venant de Dijon. 18h12. Je vais donc ronger mon frein dans le hall et ses environs, sous le regard progressivement de plus en plus soupçonneux des autochtones. Précisons que, bien entendu, je n'ai pas le numéro de téléphone de ce fameux D. que je viens chercher, que lui n'a pas le mien non plus, que le numéro du fixe familial de l'ami organisant la teuf est sur répondeur (puisqu'il a dû partir depuis belle lurette pour préparer) et que lui non plus n'a pas mon numéro de portab'.

Je décide donc d'attendre le prochain train (au cas improbable où le pauvre ait raté le premier) et s'il n'y est pas tant pis pour lui je partirai. Une heure c'est assez long quand on tourne en rond dans le hall, qu'on entre et qu'on sort, qu'on va s'asseoir dans la voiture, qu'on retourne dans le hall, regards de plus en plus soupçonneux, etc.
18h12, enfin.
Bien entendu, "il" n'y est pas. Je réponds encore à quelques nouveaux arrivés que non non je ne suis au courant d'aucun horaire, que je ne connais le fonctionnement d'aucun automate du hall et que je n'exerce aucune surveillance de quoi que ce soit. Et donc, quand je suis bien sûr que tout le monde en est bien descendu, du fameux train (d'ailleurs, depuis le temps, il est déjà reparti) je me décide à aller reprendre ma bagnole au parking (pour une somme plutôt faramineuse) car j'ai encore un bon bout de route à faire pour arriver à la fête...

Lorsque finalement j'y parviendrai, (il fait nuit depuis un certain temps) ce sera pour m'entendre dire par l'hôtesse que l'ami en question a téléphoné un peu plus tôt que finalement il avait trouvé une copine qui l'amènerait en voiture, mais que, conscient du désagrément qu'il m'avait occasionné (et aussi parce qu'il ne connaissait pas l'itinéraire tandis que moi si) il avait prévu de passer par la gare de Besançon pour me prévenir de cet état de fait, mais qu'elle n'a pu m'en avertir puisque j'avais déjà quitté mon appartement, et qu'elle n'avait pas hélas mon numéro de portable...

A l'heure où j'écris, (dimanche midi) l'ami en question n'e s'est toujours pas manifesté, j'ai failli d'ailleurs faire un crochet par la gare de Besançon en rentrant ce matin, des fois que. Mais non.

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lundi 22 octobre

mémoire

J'ai la mémoire des noms. Pas de tous tous tous, mais de pas mal quand même.
Et, hier, en jetant un coup d'oeil sur le journal hier à midi chez Hervé, notamment sur la page des fait-divers concernant une petite ville voisine (où j'ai travaillé pendant une dizaine d'années dans ce qu'on appelle pudiquement un quartier sensible) je suis attiré par le gros titre qui évoque le procès de trois hommes accusés d'avoir torturé et violé un jeune SDF. Je parcours l'article en diagonale, frémis aux sévices infligés à la victime, et sursaute  à la fin en lisant le nom du principal accusé, le "cerveau" : c'est celui d'un (très) ancien élève, que j'ai eu en classe de petits, il y a trente ans. Le prénom et le nom sont suffisamment spécifiques pour qu'il n'y ait pas de doute possible. Et qui plus est, je ne sais pas pourquoi (ça n'arrive pas à tous les coups), je remets assez précisément un visage sur ce prénom et ce nom.
Et tout ça me fait froid dans le dos.

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dimanche 14 octobre

automnation

Si on a la possibilité d'hiberner, celle d'automner doit bien exister aussi...
Est-ce, me demandé-je, le mouvement qui s'annonce sur quelques-uns des blogs que je lis assidûment, ( et par exemple, mais aussi), les premières pousses d'un bourgeonnement (ou rabougrissement, c'est selon) prochain, les prémisses, les signes avant-coureurs ? (drôle de sentiment : j'ai l'impression de réécrire mot pour mot quelque chose que j'aurais déjà écrit auparavant) bref, pas ô temps suspend ton vol, plutôt ô blog suspend tes mots, suffisamment (pourquoi aime-je donc tant ces adjectifs de plus de douze lettres qui font les justifications difficiles - puisque ici on coupe pas les mots... -) présent par ici même (oui depuis quelques temps je m'interroge aussi) pour que la question se pose. Parler, ne pas parler, parler moins, arrêter de parler ?
Mais comme disait aussi un des comm de Swâmi P. "Il vaut mieux parler pour ne rien dire que ne rien dire pour parler..."
Autant l'hibernation a quelque chose d'extrême, de définitif, (les ours dorment, les escargots s'operculent, les poissons... que font les poissons, au fait, dans l'eau gelée ?) - il s'agit avant tout pour chacun de mettre en oeuvre un procédé perso pour survivre à la désolation qu'est devenu l'extérieur en hiver, donc un genre d'autogestion du rien - autant donc l'automnation serait autre chose. Plutôt un temps de transition.
Jusque là je parlais du syndrome de l'écureuil, c'est pour moi le rapport que j'entretiens avec, par exemple, les librairies, mais pas seulement à cette époque de l"année : je stocke et j'entasse et je continue d'acheter alors que la pile des pas encore lus est déjà plus que haute (et suffirait carrément pour boucher l'ouverture de la caverne d'un grizzly moyen, justement se préparant à hiberner), oui, le fait d'entasser des provisions a aussi un rapport : il s'agit de rationner (pour passer l'automne.)
Non non point ici de feuilles qui jonchent, ni de pèlerines qui claquent ni de marrons qui choient, (je sais, je sais j'ai l'automne comme une gravure de vocabulaire des années 50 et les clichés tenaces) plutôt jours qui raccourcissent, temps de toussaint, envie de rester chez soi... On sait qu'on va s'assoupir bientôt, et on agit en conséquence.
Un ralentissement, un affaiblissemnt, une raréfaction. Où le goutte-à-goutte serait plus adapté que les flots impétueux. Economie serait le mot, peut-être, dont pourtant j'ai horreur, qu'il ait trait à la phynance ou aux fonctions vitales de la personne même...
Réduire le débit, donc (syndrome du qui veut voyager loin ?), parler à bon escient. Peser ses mots ? Déjà, pourtant, ici, j'ai fait des progrès : je ne me sens plus obligé de pondre un truc chaque jour coûte que coûte. Mais de là à savoir me taire, il y a encore à faire. Souvenez-vous que ce blog a, dès le début été placé sous le signe du babillage, du frivole, du presque rien, du mono neurone (si une pintade ou un dindon tenaient un blog, il ressemblerait sûrement à celui-ci...) du "je ne détiens aucune vérité, je ne délivre aucun message" alors ainsi il continuera sa route, futile, insouciant, tel le gai ruisselet au fil des saisons (oui, toujours comme dans les images de vocabulaire des années 50) tantôt dévalant, débordant, et tantôt presque tari, qu'importe, sans jamais prêter à conséquence...

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jeudi 11 octobre

soir

Un soir passé à réécouter des nunucheries après avoir réussi à réinstaller shareaza quasiment comme avant, alors que l'après-midi même on était quasiment prèt à jeter l'ordi par la f'nêtre tellement on n'y comprenait plus rien, oui un soir donc relativement doux où on n'a même pas eu le courage de sortir pour aller au ciné voir un film qu'on n'avait finalement pas si envie de voir que ça, un soir donc où on se dit qu'on pourrait quand même en profiter par exemple pour répondre au mail du jeune homme en t-shirt qui nous avait tout de même fait si plaisir l'autre matin, un soir où on se sentirait, assez  inexplicablement, en paix, pourtant, rien de plus que d'hab' (ah si la satisfaction d'avoir réussi à s'en sortir tout seul) pourtant hein, un soir où les infos parlent de stage punitif à 450€ pour les 'ilains fumeur de shit ouh les cornes (arghh mais je ne me sens pas du tout concerné, je ne conduis JAMAIS dans cet état-là!) mieux vaut s'acheter des stoque opcheunze, un soir où on est habitué aux police menottes prison de plus en plus banalisés sur leschaînes publiques, un soir où on se sait fichtre pas ce qu'on a donc pu faire du courrier reçu ce matin, un soir ni trop froid ni trop chaud, juste comme il faut, et  pourtant un soir avec toujours la vaisselle sale dans l'évier et les journaux en pile, un soir d'octobre, bref, où on va justement se rouler un tit stick avant dodo, un soir où on apprend ouf qu'une entrevue prévue pour le lendemain (qu'on appréhendait un peu) est justement ajournée, et remise à un jour où on ne pourra, de surcroit, hélas y assister, un soir où on ne manquerait de rien, où on n'aurait rien à se reprocher, tout seul peut-être mais peinard, un soir de copines au téléphone pour des messages ou des conversations plus ou moins loufoques, un soir anodin, un soir bénin, bref un soir délicieux...

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(non, non, rien d'autre à raconter...)

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mardi 09 octobre

rouge sur blanc, tout fout le camp

Cette histoire de Cy Twombly et de la demoiselle qui apposa un baiser au rouge à lèvres très rouge (comme celui dit "de la grosse V.") largement répercutée par les médias. L'artiste (que, par ailleurs, j'aime plutôt énormément) se serait dit "horrifié" par ce geste que la demoiselle pensait être "d'amour" mais ne réclamait qu'un euro symbolique de dédommagement. Soit. Il s'agissait au départ, dans la presse et les média,  d'un "monochrome blanc", faisant partie d'un tryptique (estimé à quelques millions d'euros), et à ce titre, le Musée réclamait hmmm beaucoup d'euros de dommages et intérêts. Ok. sauf que, aux dernières nouvelles, il ne s'agirait pas, selon l'avocat de la défense, d'un monochrome blanc, mais bien d'une toile vierge. Plus exactement, une toile apprêtée, donc prête à peindre, commes celles qu'on trouve dans le commerce. Donc sans aucune intervention de la part de l'artiste. Et, comme dit toujours l'avocat, "il suffit alors de racheter le même dans le commerce pour la remplacer et basta."
Deux millions d'euros, ça fait cher pour rien, non ?
(Euh, tu peux te rendormir, Averell...)

twombly

ps : blanc sur rouge, rien de bouge...

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samedi 06 octobre

profonditude

LES AMOURS D'ASTREE ET DE CELADON
d'Eric Rohmer

Autant j'ai beaucoup aimé certains Rohmer "ordinaires" (avec des gens habillés comme vous et moi, et qui parlent comme vous et moi un juste un peu plus que vous et moi) - je range très haut, par exemple, Les nuits de la pleine lune, pour moi peut-être "le" film emblématique des années 80 -, autant j'ai eu du mal avec les Rohmer "en costume" : (j'avais évité en leur temps La marquise d'O et Perceval le gallois),Triple agent, par exemple où j'ai dormi d'un bout à l'autre, ou l'Archiduc et la Vicomtesse (je sais, je sais, je n'arrive jamais à me souvenir du titre exact) où je m'affalai idem et illico dans les bras de Morphée... J'abordais donc celui-ci avec la plus extrême circonspection, d'autant plus que mon ami Hervé me l'avait décrit comme très très particulier.
Et alors ???
(le choeur des bergers et des bergères)
Eh bien, en entrant dans la salle, mon inquiétude se trouva confirmée : nous y étions quatre (4!), notre moyenne d'âge devait être de 114 ans..., à part moi ne devaient être assis là que des intellectuels chenus ayant, fort jadis, écrit des thèses sur Honoré D'Urfé... Le noir s'est fait, puis une ritournelle joliette, et hop ce fut parti! (les films dits "art et essai" n'ont ici droit  ni à la pub ni aux bandes-annonces. L'heure c'est l'heure!)
La mise en route est... surprenante, quelque part entre Eugène Green et le Lancelot de Bresson. Oups!  Mais relativement ce à quoi je m'attendais (pas dit "ce que je craignais"!)Bergers, bergères, flutiaux, fêtes champêtres et babillage amoureux hiératiquement articulé. Mais plutôt dans une volonté de suggestion que de reconstitution. Je m'accroche, je regarde, j'écoute, avec attention et au bout d'un moment, je l'avoue, m'assoupis. Pas longtemps. Je fais un effort, je prends sur moi, et rouvre un oeil, puis deux, change de position... Tiens mais c'est une photo dans le médaillon, tiens un druide habillé comme un  pope, tiens une panière, tiens une cabane de berger, tiens une histoire de travesti...
Et le troublant Andy Gillet, (qui, dans la dernière partie, m'évoqua par instant l'image de ma très chère Hélène Fillières) et la mignonnissime demoiselle Crayencour. Qui batifolent, et mignardent et jeudel'amour et duhasardent. L'amour, les serments, les parjures, la mort, la fidélité, tout ça... Pas tout neuf comme thématique, mais ascétique au niveau du traitement. Tout cela est  joli, gracieux, sensuel,  peut-être, mais plutôt épuré aussi. Le médiéval light, l'amour courtois en version ligne claire... Picturalement, on hésite entre Fragonard et Boucher...
Je ne me suis pas rendormi, je n'ai pas regardé ma montre, et ai vu tout cela avec un certain plaisir. (pervers ?) L'histoire ? On  s'en fiche un peu, on sait qu'à la fin l'amour triomphe et qu'ils vont se retrouver. Avis à la population (et surtout mon ami Pépin : c'est un film pour adultes avertis - enfin, par rapport aux autres films de Rohmer - : ici, on affiche avec complaisance et plusieurs fois même la charmante poitrine d'une bergère légère...)

Moralité : Les filles de druides sont lesbiennes ? (Euh... tu peux te rendormir, Averell)

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jeudi 04 octobre

marieuses

(une vieille histoire, retrouvée en faisant le ménage)

"Les mariages arrangés, ça ne fonctionne jamais." me suis-je répété en rigolant toute la soirée...
Hier soir donc, j'étais invité chez un couple d'amis, avec un autre couple d'amis (que je connais bien aussi) et un autre de leurs amis (que je ne connais pas, mais dont j'ai beaucoup entendu parler par l'élément mâle de l'autre couple d'amis - pour faire bref, je sais que le monsieur en question est un artiste, qu'il est pédé, qu'il a -comme moi d'ailleurs- toujours eu un léger faible pour le mari de l'autre couple, mais, comme moi bien sûr, en tout bien tout honneur, d'ailleurs ils se vouvoient)
La soirée commence bizarrement, j'arrive le premier, l'hôtesse est au téléphone avec la dame de l'autre couple d'amis qui ne sait pas où est passé son mari (mais c'est une situation relativement habituelle), qu'ils annonce qu'ils arriveront en retard et s'inquiète donc pour l'ami commun qui doit venir, mais dont elle sait qu'il est tellement timide, osera-t-il entrer ?
Bref on commence à boire l'apéro à trois, pour faire venir les autres, ça ne manque pas, on sonne et arrive donc le fameux monsieur tout seul que (ouf!) je ne connais effectivement pas (je craignais d'avoir à reconnaître quelqu'un déjà vu entre d'autres mieux moins avouables!) Ouf donc, il est effectivement calme, peu bavard, sympathiqur, discret, nous entretenons une conversation en pointillés (pas facile de rompre la glace, heureusement il y a plein de choses à boire et à grignoter...)
Finalement arrive l'autre couple d'amis. Lui a l'air déjà un peu éméché, mais souriant, l'ambiance est donc plutôt détendue, les conversations se nouent se dénouent, vous voyez bien ambiance apéro estival et champêtre... Mais c'est un peu bizarre, je trouve que P. (le mari de l"autre couple, ceux qui viennent d'arriver) est très... attentionné avec moi (sur le ton de la plaisanterie bien sûr), il veut s'asseoir absolument près de moi au repas, tandis que l'autre ami est placé à l'autre bout de la table. Le repas se passe très agréablement, je souris un peu intérieurement, chacun des convives vantant à l'autre notre créativité et nos charmes respectifs et la quantité de choses que nous avons ainsi en commun. Tenteraient-ils de nous pousser dans les bras l'un de l'autre ? Pas facile, hihi nous sommes d'ailleurs chacun à une extrémité de la table (et d'autant plus que je suis un peu accaparé par P...) J'ai failli alors expliquer à nos amis que, certes, leurs efforts étaient touchants et méritoires, mais que ce n'est pas parce qu'on est tous les deux pédés et artistes qu'on était forcément compatibles et qu'on allait se tomber dans les bras l'un de l'autre en gémissant d'aise. Mais je me suis tu.
Arrivera pour le dessert un troisième couple, ce qui compliquera encore un peu les rapports, puisqu'il s'avère que l'ami tout seul (qui jusque là vouvoie et est vouvoyé par tout le monde) connaît très bien C., la dame du  couple en question, et qu'ils se tutoient depuis toujours. A table,  alcoolémie aidant, ça vouvoie, ça tutoie, ça s'embrouille, les éclats de rire gagnent en intensité sonore, (les bafouillements aussi, et l'élocution parfois devenue pâteuse.)
Le premier couple repartira en premier, assez tôt d'ailleurs, nous resterons encore un moment, j'aime l"ambiance fin de repas estival, café, nuit d'été, grillons... puis chacun finira par prendre congé. L'ami tout seul repartira chez lui à pied, comme il était venu (il s'avère qu'il habite tout près) et je remonterai dans ma voiture, après que nous nous soyons amicalement serré la main.

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mercredi 03 octobre

à vue de nez

L'ORL m'avait bien répété, en m'enfilant sa petite caméra dans les fosses nasales (on finit presque par y prendre goût) que oui c'était lié à mon stress... Me voilà sans doute soudain destressé, car depuis deux jours ayant partiellement recouvré mon olfaction (et le goût aussi!)
Mais ce n'est ni constant ni définitif, ça ressemble plutôt à une radio, oui un vieux poste à galène, quand on tournicotait le bouton des stations pour trouver la bonne fréquence, par instants c'est précis, c'est net, on est juste dessus, on profite de tout, mais pfffft!  à d'autres l'onde porteuse (c'est comme ça que ça s'appelle ? ) s'évanouit dans l'éther et tout se ratatine, oui c'était là l'instant d'avant, et soudain ça s'amenuise, ça s'évanouit ça disparaît, on capte de moins en moins, les parasites brouillent l'écoute, et hop! le message olfactif disparaît dans le néant!
Odorat donc en pointillés. Fragile, incertain, parfois, comme ci comme ça, mais c'est mieux que rien, on en profite désespéréement, on s'en met plein les narines, puisqu'on sait que ça peut disparaître à nouveau complètement n'importe quand. Mieux vaut un petit peu de temps en temps que rien du tout jamais, non ? c'est dans l'air du temps... (Renifler plus pour sentir plus ?)
(et du coup tout ça me rappelle il y a très longtemps quand on écoutait Radio-Andorre : Aqui Radio-Andorra... mais ça n'a aucun rapport.)

DSC05276 (et ça non plus, d'ailleurs. quoique...)

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lundi 01 octobre

family life

Ils sont arrivés juste avant moi sur le parking de mon ORL chez qui j'ai rendez-vous ce matin. Se sont garés sur la place handicapés (mais peut-être le gros papa l'est-il), sortent en rafale de la bagnole : le gros papa donc, la petite maman, et trois enfants un peu en vrac : l'ainé, la cadette et "le petit" (ou "la petite" ? pas vraiment réussi à établir un diagnostic précis, puisqu'on ne l'appelait que "bébé".)
Rentrent juste devant moi, le temps que je me présente à la secrétaire, ils ont déjà investi la -petite- salle d'attente. Sont déjà là une dame âgée et une mère avec son fils. Il ne reste plus qu'une chaise libre, à côté du gros papa, qui souffle très très fort et de façon continue (il semble avoir des problèmes respiratoires),  je m'y installe donc, face à la maman et aux trois enfants, qui sont en train de prendre possession des lieux, plutôt bruyamment d'ailleurs, s'installant sur la table basse qui sert -en principe- à poser les magazines (j'ai réussi à en piquer un juste avant que l'opération ne devienne impossible pour cause de matériel scolaire posé dessus et d'enfants donc y travaillant.
L'ainé a visiblement une dictée de mots à écrire sur son cahier, des mots en ail, précisément, que la maman lui lit successivement et dont elle surveille la recopie un gouvernail, du corail, un chandail tout en répondant de l'autre main à la soeur qui a sorti elle aussi un cahier dans lequel elle recopie je ne sais trop quoi, sans oublier le "bébé" qui a un livre sonore sur lequel il appuie avec ravissement, et chaque fois que ça fait un nouveau bruit sa maman lui demande de lui dire de quel animal s'agit-il, un soupirail, de l'émail, et la gamine qui demande je ne sais pas quoi, et le livre qui fait tût tût et pouet pouet et le papa qui souffle rauque et la maman qui réussit à mener de front la dictée la réponse au papa la conversation avec le bébé, les remarques à la soeur, pendant que ma voisine s'est obstinément vissée la tête dans son magazine et que la dame et son fils assis dans l'autre coin, visiblement décontenancés par cette prestation inattendue, se relaient pour aller aux toilettes, pour pouvoir échapper sans doute quelques instants à tout ce brouhaha, toute cette agitation...
Le docteur arrive, c'est ma voisine de droite qui part, la veinarde ! Je pense que je vais avoir du mal à supporter tout ça une écaille de la paille mais finalement ouf! c'est moi que l'ORL vient chercher juste après. Il me confirme d'un clin d'oeil complice et rigolard que la fin de mon supplice est arrivée...

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