dimanche 8 octobre 2017

le mec de la sécurité en jardin

(festival Détonation, scène Etincelle, côté jardin)

c'est vrai que j'ai fait, d'heure en heure, une fixette photographique sur ce mec encapuché qui a passé la soirée en bord de scène, successivement à chacun des concerts, sans jamais l'ôter, cette capuche, ce mec difficlement photographiable à cause des conditions de lumière et de la merditude de mon appareil-photo, mais bon j'aime beaucoup l'ambiance que ça donne... l'obscurité, le flou (les fameux "le je-ne-sais-quoi et le presque rien"), oui quelque chose de mystérieux, de chuchoté, d'obscur, peut-être juste une façon de lui rendre hommage...

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samedi 7 octobre 2017

le feu au rideau

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DEMAIN ET TOUS LES AUTRES JOURS
de Noémie Lvosky

Nous étions trois dans la salle 12 du bôô cinéma, à cette séance de 16h. Mes copines marie, Véro, et moi. Nous étions trois, en larmes, quand les lumières se sont rallumées au générique de fin (enfin, avant le générique de fin, puisque c'est bien souvent la coutume ici...). Le film que nous venions de voir n'était pas tout à fait celui que nous avait suggéré la bande-annonce. Il avait bien les mêmes acteurs, les mêmes personnages (une fillette, une mère larguée), les mêmes détails intriguants (un oiseau qui parle dont seule une fillette entend la voix, un squelette, une mariée en vadrouille), seulement il était plus triste. Beaucoup plus triste.
Le film est d'ailleurs dédié à la propre mère de Noémie Lvosky (qui le réalise et joue le rôle de la mère) et on croit comprendre qu'il a quelque chose d'autobiographique (en interview, la réalisatrice propose le mot de personnel plutôt qu'autobiographique). Pour mémoire, Noémie L.  jouait dans Camille redouble le personnage de la fille (sa maman était la toujours aimée Yolande Moreau), ici elle joue celui de la mère, et donc la boucle d'une certaine continuité affective (familiale) serait ainsi bouclée. Car c'est bien encore d'amour et de relation mère/fille que parle le film.
Une fillette, donc (Luce Rodriguez, impressionnante) vit seule avec sa mère (qui apparaît comme fantasque dans la bande-annonce, mais qui est bien plus, que ça "C'est ta mère qui est folle!" dira plus tard un des personnages du film) , papa est parti (a quitté le foyer, mais est toujours là au bout du fil en cas de besoin (Mathieu Amalric, tout frais sorti de Barbara) et les choses ne sont pas faciles tous les jours... La mamn divague, dérive, déprime (un rôle pas facile que Noémie Lvovsky endosse très bien, un peu à la surprise du spectateur qui a plutôt l'habitude de la voir dans des rôles plus solaires et extravertis) et la gamine veille au grain, redresse la barre, tient la main de sa mère contre vents et marées.
C'est un film sur l'amour maternel et filial, oui, l'histoire d'une relation quasi fusionnelle entre une mère et sa fille, où la réalité a besoin d'une part de fantastique (d'onirisme) pour être supportée (il sera à plusieurs reprises question d'une femme dans l'eau, à mi-chemin entre Ophélie et la dame du Lac...).
Un film qui a failli ne plus exister du tout, puisque l'état de santé de la fillette en a d'abord imposé l'arrêt total, avant que l'adjonction d'une dernière partie (initialement pas prévue dans le scénario) ne permette de le continuer et -heureusement- de le conclure (en beauté, puisqu'elle nous permet d'y revoir Anaïs Demoustier, dans les très touchantes scènes finales...)
Oui un film très triste, puisqu'on sait, presque dès le début, qu'il n'y a pas vraiment d'issue possible, mais qui confirme l'estime que j'ai pour sa réalisatrice (que j'aime toujours autant, et ce des deux côtés de la caméra...) et Noémie Lvosky livre une persformance vraiment impressionnante, sur le fil du rasoir, face à la jeune Luce Rodriguez, tout impressionnante de justesse.

Bref, un sacré beau film sur l'enfance.
Et la scène du squelette est magnifique (tiens, en plus du top10 des films, je devrais faire aussi un top10 des scènes de l'année, et celle-ci en ferait sûrement partie...)

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vendredi 6 octobre 2017

détonation

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(Oui mon appareil est pourri ricaneront les puristes, mais j'adore ce genre d'images instables, approximatives, qui rendent assez justement (justement) l'ambiance de ces moments-là... des Images de SUPERSUCKERS, LAST TRAIN, FAI BABA, SCARLETT RASCALS, VITALIC, ET DBFC... Et redire que j'ai vraiment beaucoup aimé ce festival DETONATION... A l'année prochaine!

 

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jeudi 5 octobre 2017

olives sans gluten

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UN BEAU SOLEIL INTÉRIEUR
de Claire Denis

Avec Claire Denis, c'est une longue histoire... Depuis 1988 (Chocolat), une histoire en dents de scie : des films que j'adore (35 rhums, Vendredi soir, Beau Travail) d'autres que j'aime moy moy (White Material, Trouble every day) d'autres que je n'aime pas (Les salauds, J'ai pas sommeil), d'autres encore que je n'ai pas vus (L'intrus, S'en fout la mort) et d'un dernier, en particulier, dont je me souviens juste parce qu'il m'avait beaucoup déçu (Nénette et Boni, vu à l'Eldo, à Dijon).
Claire Denis, c'est comme si elle n'était jamais tout à fait là où je l'attend, comme si elle s'arrangeait pour toujours surprendre le spectateur, le déstabiliser, lui lancer un genre d'ultimatum filmique... Eh bien là de nouveau c'est pareil. On nous annonce une "comédie romantique" tiens, dialoguée par Christine Angot, tiens tiens...
Romantique ? Oui, c'est indiscutable, même si, justement on en discute beaucoup, énormément même. Etats d'âme, hésitations, attentes, tournages auour du pot. Comédie ? Mouais j'ai souri, oui, et quand j'ai ri c'était peut-être un peu... nerveusement ? Ri jaune devant ces hommes veules et pusillanimes (presque tous... Il y a un ou deux "gentils" tout de même...), je me souviens de la scène avec le garçon de café, où on a envie de gifler Xavier Beauvois, mais où la bêtise de sa méchanceté fait rire. Je me disais s'il y a du Angot, il doit y avoir de l'acidité, de la violence, de la tension, peut-être camouflées sous la mince couche de sucre des convenances, des généralités, et de la socialité... et voilà que ces dialogues, je ne sais pas comment les appréhender.
Il était question que Claire Denis adapte les Fragments d'un discours amoureux, de Roro Barthes, mais ça ne s'est pas fait ("à cause des ayant-droits" pffff...). Le fait est qu'il en est beaucoup question, du discours amoureux, et que, dans la mesure où Isabelle (Binoche, binochissime...) vit plusieurs relations, avec plusieurs hommes différents, de différents types (!) (on pourrait croire que j'ai écrire deux fois de suite la même chose, mais pas du tout, "de différents types" se rapportait aux relations, mais oui c'est vrai, peut aussi se référer aux mecs en question, fermons la parenthèse lacanienne).
C'est peut-être un "film de filles" (de femmes plutôt : Denis / Binoche / Angot) et je l'ai donc vu un peu depuis l'autre rive. Je ne m'y suis pas ennuyé une seconde, précisons, (je serais même prêt à retourner le voir c'est dire) j'ai tout bien écouté (même si à la longue les dialogues peuvent parfois sembler virer au ronronnement), mais j'ai surtout regardé (admiré) la façon dont Claire Denis fait du cinéma (tel champ/contrechamp particulièrement soyeux, onctueux, tel montage cut de deux séquences particulièrement fort, telle ellipse particulièrement surprenante, bref j'ai cinématographiquement savouré.)
Ces portraits de mecs ont quand même quelque chose de très théorique, dans leur définition et leur fonctionnement (le banquier, l'acteur, le gentil, le galeriste, l'ex-mari, le confident, l'inconnu, le cinquantenaire, le voyant), ce qui pourrait faire du film un simple dispositif narratif, un processus artificiel, une étude de cas(s) qui s'intéresserait au(x) rapport(s) de classe(s) (de castes, donc), et pourtant, par la force de l'incarnation de chacun des personnages, le film fonctionne, il carbure, vit sa vie de film comme un beau portrait de femme.
Je n'étais pas sûr, à la sortie, du film que je venais de voir, ni de ce que je pouvais bien en penser... Mais, comme l'a dit très justement Emma, il y a cette scène finale avec Gros Gégé et son pendule, qui est comme la -grosse- cerise sur cette pâtisserie parisiano-bobo-et ce que vous voudrez d'autre en o, qui vient avec mi-roublardise et mi-candeur ponctuer le récit, fermer la parenthèse (ou peut-être l'ouvrir) selon qu'on la prend pour de l'argent comptant ou pas. Et qu'il finit par rayonner, ce fameux beau soleil intérieur... Et sans cette scène finale le film eut été incontestablement moins intéressant.

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mercredi 4 octobre 2017

mulanje

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GABRIEL ET LA MONTAGNE
de Fellipe Barbosa

L'Afrique, ça n'est pas trop mon truc. mais bon, vue par un réalisateur brésilien, auteur d'un film que j'avais beaucoup aimé (Casa grande), peut-être se tentait-ce... 2h11 tout de même, eh bien ce soir gogogo dans la salle 1 du bôô cinéma à 20h30, avec, surprise, un rang de jeunes derrière nous (un peu bavards d'ailleurs). Go go go! car le jeune homme en question est plutôt speed dans sa façon de voyager. Un étudiant brésilien qui visite l'Afrique (le pays est partagé en chapitres, un par pays) mais ne veut pas le faire en touriste (mgunzu), juste à la façon des locaux.
On sait dès le début (une séance que j'ai trouvée d'une beauté époustouflante, très verte, avec deux hommes qui ramassent de l'herbe de façon quasi-chorégraphique, avec une musique fascinante, sur une rythmique minimale, obsédante, progressant jusqu'à la découverte du corps, recroquevillé dans une anfractuosité rocheuse) qu'il est mort là-bas, dans la montagne, et que son corps a été retrouvé au bout de 19 jours de recherche. Donc je ne spoile rien ou presque. Mort assez mystérieuse, d'ailleurs, en tout cas inexpliquée, à mi-chemin pour moi entre Carlos Castaneda et Les documents interdits...
Le film repart ensuite soixante-dix jours avant, et on accompagne Gabriel dans son périple, du Kénya au Malawi. Les images sont somptueuses (j'ai trouvé les paysages vraiment merveilleux, sincèrement et sans ironiques accents circonflexes ficaesques) et la façon dont Gabriel voyage lui fait rencontrer les gens, les "vrais", les autochtones, il parle avec l'habitant, il loge chez l'habitant, il mange chez l'habitant. et se déplace aussi par les moyens du cru. Ca, c'est ce qu'il veut faire, croire (faire croire ?), mais il reste, pur ceux et celles qu'il croise, un petit blanc friqué qui peut se payerle luxe de voyager en faisant semblant (en rêvant) d'être pauvre et libre.
Gabriel (qui a vraiment existé, et qui était un ami du réalisateur) est un personnage à la fois agaçant et attachant. Par sa jeunesse, son énergie, sa dégaine, et l'entêtement qu'il met pour obtenir ce qu'il désire. Parvenir à ses fins. (et, au bout du compte, à la sienne aussi, même s'il ne le sait pas encore). par sa façon d'être, et par ses illusions. Ce qui pourrait bien s'apparenter au caprice d'un enfant gâté. S'il est mort là-bas, c'est aussi parce qu'il l'a bien cherché, (dans tous les sens du terme).
Plus le film avance et plus le processus s'accélère. Gabriel est un jeune homme pressé, il veut monter là-haut à toute berzingue (pour une histoire de visa qui expire le soir à minuit) et n'écoutera ni le routier qui l'a transbahuté, ni le guide qui l'a accompagné (et qu'il a renvoyé), ni la femme qu'il croise au dernier refuge avant l'ascension et qui tente de l'en dissuader.
Tant pis pour lui.
J'ai pensé, bien sûr, à Into the wild, même si les décors et les enjeux ne sont pas du tout les mêmes. Si les deux personnages ont la même mort, solitaire et aléatoire, Gabriel aura pris soin d'être, jusque là, toujours accompagné (je n'ai pas parlé de sa copine, en compagnie de qui il effectuera un bon tiers de son périple africain, et qui n'hésite jamais, justement à lui renvoyer le reflet de ce qu'il est :un petit bourge gentiment suffisant... oui, décidément le problème des rapports de classes est bien un thème récurrent du cinéma brésilien, même quand il est, comme ici, délocalisé en Afrique, et rejoindrait, tiens, en biaisant, le film de Claire Denis vu juste après... Isabelle / Gabriel, même combat!) Les scènes finales sont magnifiques, l'ascension, l'arrivée au sommet, les photos qu'il y a prises (à ce moment, le réalisateur fait interférer le réel, puisque ce sont les vraies photos du vrai Gabriel qu'on voit alors à l'écran) et cette soudaine prise de conscience qu 'il est perdu (il appelle à l'aide, et se couche comme un enfant, rentrant dans la mort comme dans le sommeil, en tout cas dans l'apaisement, et on l'y accompagne, et on veille sur lui -Nature berce le doucement, il a froid- ) . Une scène à la fois très simple et très lyrique.
En tout cas un sacré beau film.

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... même si je trouve que l'affiche est ratée, vraiment très moche, en tout cas qu'elle n'a pas grand chose à voir avec le film, et ne donne surtout pas envie d'aller le voir, et c'est dommage... le fond blanc incompréhensible, le personnage flou et coupé, la superposition maladroite du paysage... non, hélas, rien à sauver.

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mardi 3 octobre 2017

citadelle, étincelle, vladkistan

Festival DÉTONATION
samedi 30 septembre
La Friche, Besançon

en guise de préambule, comme disait Reiser pour évoquer le plaisir :

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"C'est bleu... (Last Train)

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C'est rouge... (Scarlett Rascal)

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C'est Broadway!"  (DBFC)

*

On est partis sous la pluie, on a roulé sous la pluie, on s'est garé tout près (et dans le bon sens) et juste quand on est rentré il n'a plus plu! Comme un signe de bienvenue. (J'avoue que si Manue n'avait pas été là, j'aurais laissé tomber-et c'eût été une erreur-...).
On entre, après contrôle et palpation, 4 scènes proposent des concerts en alternance, il faut donc comme d'hab' jongler avec les lieux et les horaires suivant qu'on veut être très bien placés ou pas. Et ne pas perdre ce fichu programme que je n'arrête pas de sortir et de ranger dans ma poche.
ANOSMIAC sur la plus petite scène (dite "Vladikstan"), où on veut voir LYSISTRATA en toute fin de soirée (ils sont annoncés à 1h30!). La scène est minuscule, le rock électro du groupe est très plaisant, mais ils écourtent leur concert à cause d'un problème technique (ils ne jouent pas leur dernier morceau)  et qu'on entend déjà bourriner sur la Scène Etincelle SUPERSUCKERS, du bon gros punk-rock ricain à casquette/ chapeau de cow-boy qu'on adore (même si Manue trouve les morceaux un peu trop courts à son goût), et qu'on regarde/écoute jusqu'au bout.
Ensuite c'est vrai que LAST TRAIN, sur la scène Citadelle (la "grande scène") semble un peu fadasse et mollasson. On écoute quelques morceaux, mais comme on n'est pas plus enthousiastes l'un que l'autre, on va voir ailleurs.
On essaye de voir un peu de POLO & PAN sur la scène La Friche, mais c'est blindé, on est très loin, on voit pas bien, alors on ressort, et on s'assoie un peu en attendant le début de FAI BABA sur la scène Etincelle. De l'indie pop annonce le programme, qui démarre trèèèèès doucement avant de s'énerver de très agréable façon, mais construit un peu tous ses morceaux sur la même structure : mou/mou puis speed/speed. On n'est pas suffisamment accrochés pour rester jusqu'au bout, d'autant que sur la scène Vladkistan passe TRUKKS, les grungeounets de Vesoul (avec "le fils de la Chocolatière", déja vus à La guerre du Son *), toujours aussi énergiques, et qui ont d'ailleurs amené leurs -tout aussi jeunes- fans qui sautent sautent furieusement et font trembler le mini chapiteau qui nous abrite.
On assiste ensuite aux réglages de HER (scène Citadelle, c'est juste à côté), que Manue veut voir (très longs, les réglages) - elle me redit qu'elle les a vus aux Eurocks, qu'ils étaient deux à l'origine et que l'autre est mort depuis, et je fais une blaque pourrie en concluant qu'on ne restera donc que pour une demi-Her-, et on commet alors l'erreur de s'installer en plein milieu (au beau milieu de la fououououle), ce qui fait qu'au bout de quelques morceaux, quand on a envie de s'éclipser, ça ne sera pas très facile de se sortir de là. Ca ne m'attire pas plus que ça, le chanteur a des airs de prédicateurs, ça me fait penser un peu à TV ON THE RADIO en plus mou, et on s'en va donc à La Friche (où on réussit à s'approcher un peu, à mi-salle, devant la sono, -c'est bien de s'appuyer...-  pour voir les derniers morceaux de KOMOREBI, un duo de nénettes électro plutôt plaisant.
On sort à la fin de leur set, avant AGAR AGAR (dont on ne verra rien du tout, ce que je regrette un peu après coup), pour aller écouter (sur la scène Etincelle) le rock plaisant de SCARLET RASCAL (avec une batteuse qui assure), à tel point qu'on y restera jusqu'au bout (pourtant on entend à un moment au loin sur la scène Vladkistan (la petite) quelques riffs qui nous font dresser l'oreille (Mmmhh ça a l'air pas mal ça...) mais bon. Manue est contente, là les morceaux sont longs (parfois presque un chouïa trop me semble- t'il me souvenir...)
A la fin du set de SCARLET RASCAL, on repart vers la petite scène (celle juste à côté de la grande) où le groupe qui vient de jouer débarasse le plancher pour permettre au suivant de jouer (donc, LYSISTRATA, nous disons-nous, qui doit démarrer à 1h30)
Je m'assoie sur un banc, comme un vieux, pour écouter le concert de VITALIC juste à côté sur la grande scène (il n'y a pas grand-chose à voir, de toute façon) tandis que Manue debout à côté de moi sautille sur place ("avec 30 ans de moins, je les aurais rejoints!" me dit-elle en montrant la joyeuse jeune foule qui saute saute saute). VITALIC, moi, j'aime bien, c'est la première fois que je le "vois" (façon de parler) en live, et donc j'écoute ça avec plaisir, tandis que sur la petite scène le groupe précédent a fait place et que LYSISTRATA s'installe (enfin, on est quand même venus pour ça) et que, devant moi, le grand monsieur affectueux montre ses fesses à son copain trapu (cf 30 septembre sur mon calendrier du mois). Tout roule, donc.
Sauf que les préparatifs, à un moment,  me semblent un peu étonnants : une poupée gonflable, un ballon, et, ensuite, un drap déroulé sur lequel est bombé KTYKEEN CONNASSE, qui est, me fait remarquer Manue, le nom du groupe qui passait, normalement, AVANT LYSISTRATA sur cette même scène.
Arghh! Saisis d'un affreux doute, on demande (enfin, Manue demande) à un mec de la technique, devant la console, qui confirme nos craintes : il y a eu un changement dans l'ordre de passage des deux derniers groupes, et les petiots de LYSISTRATA sont passés plus tôt, de 23h30 à 0h30 (pendant qu'on écoutait SCARLET RASCAL) parce qu'ils devaient repartir plus tôt, et le mec de la technique en rajoute avec le sourire, en disant que le concert était génial, et que, oui, il comprend qu'on puisse être déçus. Re-arghhh.
Oui, déçu je le suis (nous le sommes), et du coup je suis prêt à baisser les bras et repartir illico (il est 2h du mat') quand Manue a l'idée -géniale- d'aller jeter un oeil au groupe qui passe à Etincelle, DBFC, qu'on ne connait ni l'un ni l'autre, et qui vient juste de commencer...
On y va donc , et, dès les premières minutes, j'ai un grand sourire sur la face (en concert, quand j'ai un grand sourire qui vient c'est que en général, il y a des guitares comme j'aime, ou en tout cas que la musique me plaît beaucoup), que Manue confirme : oui, c'est vraiment excellent, un rock électro pêchu et teufard, d'ailleurs ça se tortille bien dans le public, de plus en plus même, même si des fois un peu trop à mon gré (les gens qui te bousculent et passent en te piétinant ou te filent des coups de coude sans te jeter un regard, comme si tu n'existais pas, ça commence à me gaver...)
Et on reste jusqu'au bout de leur concert, dont on sortira aussi réjouis l'un que l'autre.
Il est 2h30, il ne pleut pas (mais il y a du brouillard), la vie est belle...
On se dit que, finalement, si on avait vu LYSISTRATA, on aurait manqué DBFC, qui aura été quand même un des grands plaisirs de la soirée...
Et on se dit qu'on reviendra l'année prochaine et que, promis juré, on emmènera Catherine avec nous (même si on doit la ligoter dans le coffre, mais je ene pense pas qu'on en aura besoin hihihi...)

* ce n'était pas le groupe "du fils de la Chocolatière", c'était celui "du fils de la nouvelle copine de Christophe!" (Catherine est incollable!)

 

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lundi 2 octobre 2017

tout n'est que sexe 2

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grands coups de boutoir et grands coups de Boudoirs, ça n'est pas du tout pareil

BOUDOIR

*
au lycée, quand on disait "lapsus", à chaque fois Fifi R. rajoutait "moi la"...

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Super U : un grand ado, au milieu de son groupe de potes,  montre aux autres comme il sait bien tortiller du cul en marchant  (je suis derrière) : c'est vrai, il le fait effectivement très bien, et j'observe, fasciné, ses fesses qui montent et qui descendent alternativement

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(Libération du 16/09/17)

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(Libération du 18/09/17)

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fête du gland

(copie d'écran)

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"Par suite de manque de protéines et de l'abus d'excitants végétaux, les cas d'impuissance masculine sont nombreux, et tous les jours j'entends les tristes plaintes de nombreux mâles déçus, tandis qu'ils me montrent leur pénis formidable et inutile. La taille de leur organe est vraiment apocalyptique, mais ses possibilités en sont réduites. On ne peut pas tout avoir (réflexion philosophico -physiologique)"
Antonio Lobo Antunes, Lettres de la guerre

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dimanche 1 octobre 2017

septembre 2017

vendredi 1er (chez les voisins)
à Christine j'ai offert pour son anniversaire deux cadeaux obsolètes : un disque (Albin de la Simone) et un livre (Un employé modèle), et on a bu beaucoup de champagne
samedi 2 (Emmaüs)
Je voulais absolument une cocotte en fonte, j'y suis allé, et elle était là. 3 euros. Ensuite j'ai acheté, en bouquins, l'équivalent de presque deux cocottes en fonte
dimanche 3 (cuisine)
... et je l'inaugure illico, cette cocotte en fonte  d'amour, en faisant un riz jaune au four dé-li-cieux! (pour accompagner des foies de lapin poêlés)
lundi 4 (Canal)
en zappant je tombe sur Jeanne Balibar et Mathieu Amalric faisant la promo du film Barbara qui sort mercredi et que j'ai très envie de voir (Balibar est sublime)
mardi 5 (Place du grand puits)
la pizzeria devant laquelle on s'était donné rendez-vous pour manger, avec les Soria, est fermée jusqu'au 19 septembre (on mangera chez eux sur la terrasse)
mercredi 6 (PHAJ)
Comme l'an dernier, les produits du "jardinet pédagogique" sont en vente dans le hall, et, comme l'an dernier, j'achète des côtes de bettes (avec lesquelles, comme l'an dernier, je ferai un gratin)
jeudi 7 (confusion)
j'ai cru pendant quelques heures qu'on était le vendredi 8 et j'ai agi comme si (pourquoi donc, me demandais-je, mon ordi n'était pas à la bonne date ?). Légère inquiétude
vendredi 8 (chez Martine)
20h30, café/dessert/signe entre survivant(e)s (6) du goupe 1 de LSF, histoire de réviser un peu avant la reprise (que je suis très moyennement motivé de faire...)
samedi 9 (Authoison)
une soirée "tarot d'automne" improvisée, aussi délicieuse que ce beau morceau de peau de poulet, croustillante, bien  grillée, que Manue avait posée dans mon assiette, tandis qu'elle le découpait (le poulet)

dimanche 10 (lecteur windows media)
en vue de faire une nouvelle clé "zik" à écouter dans la voiture, je prépare une liste d'écoute de 44 heures (660 éléments, de A comme Aidan Moffat à Y comme Yves Dormoy)
lundi 11 (PHAJ)
oh oh le grand monsieur avec le pantalon rouge met toujours autant de temps pour remplir son papier, à la caisse, à midi, et toujours aussi à angle droit (et toujours un aussi joli cul)
mardi 12 (dans la cour)
à 11h30, tandis que je sortais la poubelle jaune, j'ai vu passer la voiture de Marie qui venait me chercher, j'ai dû alors laisser la poubelle en plan au milieu de la cour pour aller répondre au téléphone (c'était Emma), tout en prenant, à travers la grille, mon courrier que la factrice, arrivée à ce moment là, me tendait par sa vitre ouverte, et j'ai pu terminer  mon trajet avec la poubelle, jusque sur le trottoir, avant de pouvoir monter -enfin- dans la voiture de Marie
mercredi 13 (FJT)
Abordé par la fille de mon ancienne ATSEM à Gray (que je reconnais), et, du coup, j'en viens à rire aux larmes  en évoquant à Catherine le surnom de Verduronnette, qu'elle avait donné à une des jeunes élèves (et auquel je n'avais pas pensé depuis 94)
jeudi 14 (à l'intérieur)
une toute petite mouche (la dernière ?) qui aura passé  la journée entière dans ma voiture sans vouloir  en sortir même quand j'ouvre en grand les vitres (le vent, la pluie, tout ça...)
vendredi 15 (dans la cuisine)
le temps s'y prêtait, (le vent, la pluie, tout ça...) je me suis lancé, et je l'ai fait, ce fameux gâteau-cocotte de mon enfance (il était presque aussi beau que dans mon souvenir)
samedi 16 (boîte aux lettres)
Ca y est il est arrivé, avec six jours d'avance sur la date de sortie officielle, le joli coffret noir (sérigraphié ?) contenant l'édition  limitée de Cabadzi x Blier (avec, comme je l'avais demandé, une dédicace pour Catherine, et un rdv à la Rodia)
dimanche 17 (ouaibe)
en fouinant un peu, (et en cherchant autre chose), je trouve, bonheur,  les Lettres à un jeune poète, de Rilke, lu par Barbara (que d'aucuns vendaient ailleurs à un prix exorbitant en k7)
lundi 18 (phaj)
quelle déception que ce riz au lait maison cuisiné avec du riz long, et pas assez cuit (concept de "riz au lait al dente") mais Milo a eu l'air d'apprécier
mardi 19 (à la cave)
à peine 17° ce matin : après plusieurs jours de résistance, j'ai fini par craquer et je suis descendu rallumer la chaudière
mercredi 20 (Pricem*nister)
Oh oh... GibertJ*seph avait-il quelque chose à se faire pardonner ? en tout cas ce matin huit de mes souhaits étaient exaucés en rafale! (entre 6h48 et 7h29)
jeudi 21 (place Rénet)
une manifette à 16h30 (on est à peine une groupuscule), où les retraités semblent plus représentés que les actifs (malgré le peu, ils partent quand même marcher, je rentre)
vendredi 22 (plate-bandes)
Beau ciel bleu et  soleil qui incitent à gentleman-farmer (le verbe) et à éradiquer ce qui ne fleurit plus : sécateur en main, zou les roses trémières et les ipomées (aussi, avec des gants, les orties!)
samedi 23 (Saulon-la-Chapelle)
après les recherches sur le verbe ouiller et la brioche (de) Nanterre, Claude s'était raccroché aux petites histoires de Jean-Pierre Chabrol, qu'il enchaînait, à l'heure de notre départ annoncé, comme s'il voulait nous retenir
dimanche 24 (station-service)
quand je suis arrivé pour faire le plein, je me suis demandé si la guerre avait été déclarée, au vu de la longueur des files d'attente devant les distributeurs de carburant (j'ai appris ensuite par Emma que les gens avaient anticipé l'annonce de blocage des routiers pour lundi)
lundi 25 (LSF)
appris lors de ce premier cours de l'année (qui sera aussi pour moi le dernier) que la phrase signée doit débuter par le thème (ce dont il est question)
mardi 26 (sur le papier)
de l'avantage d'avoir une signature simple (ce que la mienne hélas n'est pas) : j'ai  paraphé à la chaîne 185 chèques pour l'association
mercredi 27 (arte tv)
Regardé de très bon matin ce magnifique "100 citations de films au cinéma" pour le numéro 300 du web magazine  Blow up (qui finit avec une sublime séquence de Fellini -Ginger et Fred qui cite La dolce vita- qui me fait toujours autant pleurer)
jeudi 28 (place des jets d'eau)
pour les retraités on ne dit pas une manif, mais un rassemblement (parce qu'on reste sur place)
vendredi 29 (FJT)
Catherine, au café, était d'accord avec moi : les "Daval" sont bien plus mimi que les "Rodesch" (trop classe l'harmonie en gris et noir devant le bar)
samedi 30 (Détonation)
ce grand monsieur, passablement éméché, était plein d'attentions pour son copain plus court et trapu, l'étreignait régulièrement et lui faisait des bisous sur le sommet du crâne, après l'avoir, à plusieurs reprises, incité à photographier son cul, qu'il dévoilait en baissant son jean et en se contorsionnant pour faire face à l'objectif du téléphone de son pote, tout ça à quelques centimètres de moi, assis sur le banc juste à côté (et qui n'en perdais pas une miette)

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jeudi 28 septembre 2017

jeunes gens torse-nu

155, 156, 157
LES INSHORTABLES VOL 1
LES INSHORTABLES VOL 2
LES INSHORTABLES VOL 3

Trois fois merci à Uncut, pour ces programmes de courts, qui furent présentés en leur temps au Marais Film Festival (et sont distribués par Outplay, une boîte que j'adore...), des films d'horizons et de continents variés, mais autour d'une même thématique grosso-modo : les premiers émois d'adolescents (les garçons).
Ouh que tout ça est mimi et touchant! Deux axes principaux : la tristesse (mal-être, incompréhension, homophobie, violence, répression) et la joie (la tendresse, l'humour, la dérision, la teuf, les roucoulades), assez bien répartis dans les 3 dvd. j'ai bien entendu un faible pour les frémissements  les prémisses et les aveux...
Je mets en gras ceux que j'ai préférés.

vol 1 :
BOYGAME
Anna Nolskog / Suède / 15 min
John et Nicolas ont 15 ans et sont meilleurs amis. Ils sont tous les deux très intéressés par les filles mais se sentent maladroits. Ils décident donc de s’entraîner ensemble…

TOUR DE PISTE
Dylan & Lazlo Tonk / Pays-Bas / 13 min
Deux coéquipiers de l’équipe d’athlétisme font face à l'ultime épreuve de leur amitié.

ÂGE : 17 ANS
Filippo Demarchi / Suisse / 22 min
Matteo, 17 ans, se découvre amoureux de Don Massimo, le jeune prêtre du village qui dirige la fanfare dans laquelle il joue du tambour.

GABRIEL
Benjamin Chimoy / Allem-Espagne / 22 min
Gabriel, jeune adolescent, fait des dessins d’hommes nus et les cache dans sa chambre. Jusqu’au jour où sa mère les découvre…

À L’AUBE
Elin Övergaard / Suède / 7 min
Dans cette belle lumière pâle du matin, il ne serait pas humain de résister à ses émotions et à ses sentiments nouveaux.

NOS HISTOIRES
Anthony Schatteman / Belgique / 6 min
Deux amis, des souvenirs, et des histoires qu’ils auraient pu raconter…

EMBRASSE-MOI
Anthony Schattemann / Belgique / 16 min
Jasper, 17 ans, vit avec sa famille dans une petite ville, où son père est un célèbre chanteur de bals musette. Pas évident d’exister face au poids de cette star locale.

vol 2 :

GAYSIAN 
Austin Wong / Canada / 9 min
Pas facile de draguer lorsqu’on est asiatique et gay.

GOOD MORNING
P. Knegt et S.Dunn / Canada / 10 min
Un jeune trentenaire se réveille le lendemain de son anniversaire et découvre un jeune homme de 17 ans dans son appartement…

MON MEILLEUR AMI
Allan Deberton / Brésil / 17 min
Samedi, premier jour des vacances. Lucas et Felipe décident d’aller à la plage.

O PACOTE
Rafael Aidar / Brésil / 17 min
Léandro, ado brésilien, se lie d’amitié avec Jeff, un camarade de classe. Une relation se tisse entre les deux garçons, mais Jeff a quelque chose d’important à dire à Léandro…

ANTES DE PALAVRAS
Diego Carvalho / Brésil / 17 min
L’attirance grandissante entre Celio et Dario, deux camarades de classe qui sont réunis par une série de rencontres fortuites.

NO NO HOMO
Jerell Rosales / Etats Unis / 3 min
Une séance de cinéma. Deux garçons. Un appétissant seau de pop-corn…

UNICORN
Rodrigo Bellot / Bolivie / 30 min
Un jeune Mennonite risque sa vie, pour échapper à sa communauté stricte et religieuse, pour trouver l’Amour et la Liberté.

vol 3 :

DÉGONFLÉ
Dustin Shroff / Etats-Unis / 5 min
Un petit garçon et son père entrent dans un magasin. Ce dernier lui dit qu'il peut choisir un petit jouet. Le garçon se dirige comme hypnotisé vers un rayon de ballons roses... 

LE SACRE DU PRINTEMPS
Glen Wood / Canada / 11 min
David fait partie d un groupe d'ados qui s'entraîne au vélocross dans la forêt. Il se lie d'amitié avec Jacob, un photographe timide qui a du mal à s'intégrer au groupe...

19 ANS
Madeline Kelly / Australie / 10 min
Un jeune homme de 19 ans encore vierge retrouve un prostitué dans une chambre d'hôtel miteuse. Mais que recherche-t-il ? 

AU DERNIER ETAGE
Edgar A. Romero / Mexique / 12 min
Beto est un petit garçon qui vit chez ses grands-parents. Un jour, il décide d'entrer chez Stephany, que le voisinage ne semble pas apprécier. 

I REALLY LIKE YOU
Jason Karman / Canada / 13 min
Michael tient un restaurant en bordure de route. Il passe une soirée plutôt monotone jusqu'à l'arrivée de Brad, un séduisant jeune homme venu pour dîner... 

BEAT BEAT BEAT
Christin Freitag / Allemagne / 29 min
Fabian est un lycéen ordinaire. Il fait les 400 coups avec ses copains, mais semble s'ennuyer dans cette vie où il peine à trouver sa place. C'est alors qu'il remarque Jakob... 

UN APRES-MIDI
Søren Green / Danemark / 8 min
Deux amis regardent des vidéos de skate. Tout à coup, le brun montre au blond une vidéo de strip-tease...

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mardi 26 septembre 2017

le sang

154
UNE VIE VIOLENTE
de Thierry de Peretti

Un autre film marquant.

(je suis effondré après m'être baladé sur allocinoche pour lire les "critiques" des spectateurs... mon dieu mon dieu quelles abysses de conneries... je vais sécher mes larmes et je reviens)

Un autre film fort et complexe. Et corse, celui-ci. Après Les apaches, qui m'avait déjà enthousiasmé (la critique est ) Thierry de Peretti revient sur le même territoire, et on pourrait presque dire qu'il reprend les mêmes personnages un peu plus tard (ils étaient ados, et là, les voilà adultes). Mais toujours aussi prompts à l'esclandre et l'escarmouche. Ca commence par une exécution, puis ça repart en arrière de quelques années pour exposer la genèse de cette exécution, et ça se termine, une fois que la boucle a été bouclée, (peu de temps après l'exécution et l'enterrement qui a suivi), par un plan-séquence magnifique (le héros), après un autre plan-séquence non moins fort (les mères et la langouste). Les mères parlaient de leurs fils (en mangeant des langoustes) , tandis que la voix-off qui accompagne le héros nous dit du Mc Liam Wilson, à propos de la rage qu'il a en lui.

Sur allocinoche beaucoup de lecteurs dans leurs critiques piaillaient (mieux, piaulaient, comme des poussins abandonnés) parce que soi-disant le film n'est pas assez clair et ne nous raconte pas les choses bien sagement bien rangées, de a jusqu'à z, avec des chapitres et des sous-chapitres voire même des petits alinéas numérotés pour bien qu'on se repère.

Hé bé non! C'est vrai que tout ça apparaît complexe (les situations, les gens, les groupes, les actions) et qu'il faut accepter de lâcher prise question comprenette, juste se laisser porter, transbahuter, chambouler, par le beau et fort cinéma de Thierry de Peretti. On a affaire à beaucoup de personnages (une grande majorité d'hommes) c'est vrai, et la référence àux Apaches fait sens , dans l'exacerbation de ces rapports virils de ces mecs -je faisais dans mon post sur Les Apaches une analogie aviaire, en évoquant les jeunes coqs, ergots dressés, furibards, bataillant pour la domination de la volaille, de la basse-cour (et c'est toujours le même schéma, affrontements, gros flingots, menaces, engueulades, empoignades). Sauf qu'il est aussi (surtout) question de politique, de FNLC, de nationalistes, de terroristes. Et de mafia aussi. Et que les motivations de l'engagement de ces jeunes gens (on peut parler au choix de prise de conscience ou de radicalisation, -cf les scènes de prison-) reposent souvent sur l'amalgame (l'ambiguité) entre les deux (militant et/ou mafieux). Cette violence corse "pur jus" (d'ailleurs la majorité des acteurs le sont, corses pur jus, puisque le réalisateur a composé, comme pour Les Apaches, un casting profondément "local", mélange de professionnels et d'amateurs, authentiques au point que leur accent (corse) ne facilite pas toujours la compréhension, surtout dès que le ton monte) est omniprésente, enracinée  autant qu'elle peut sembler absurde, imbécile, puérile, en tout cas quasiment incompréhensible vue de l'extérieur (= depuis le continent), dans ces luttes intestines et familiales, (et j'avoue me sentir plutôt étranger à ces notions de  codes d'honneur, de "loi du sang") autant elle m'apparaît juste (et justifiée) dans son combat et ses revendications politiques (surtout par rapport au pouvoir "continental", à la façon dont il attise et exacerbe les rivalités insulaires, et à sa position de colonisateur).

(allocinoche, fin : d'autres spectateurs benêts, des pintadeaux sans doute cette fois, se lamentent que ohlala ce n'est pas du vrai cinéma et qu'il n'y a pas de mise en scène et que ça ne fait pas un vrai film et qu'ils se sont ennuyés et patia patia... Oh, c'est à se demander, si, justement, ils en ont déjà vu un, de "vrai film").

J'admire le travail du réalisateur et du chef-op' sur l'image et la force des  cadrages, cette façon de moduler l'espace, (parfois presque de l'asphyxier), d'y faire figurer très souvent un "quelque chose"  qui coupe, qui recadre, qui empêche de voir. Cette manière, aussi, de ralentir les fondus au noir (ou les fondus-enchaînés, je pense notammant à ce plan de la voiture en flammes qui persiste longuement dans le plan suivant), bref d'utiliser -et maîtriser- toutes les ressources de la grammaire cinématographique.
Si le fil narratif initial est simple ("le personnage principal revient en Corse pour assister à l'enterrement de son ami, va-t-il pouvoir en repartir ?) l'oeuvre cinématographique construite autour par le réalisateur est beaucoup plus complexe, et on pourrait filer la métaphore avec la topographie de l'île en question, rocailleuse, accidentée, dangereuse.
Je ne suis pas du tout certain d'avoir tout compris, (dans les luttes intestines et les rapports avec le pouvoir, notamment) mais je peux vous assurer que, pendant, je n'ai pas fermé l'oeil une seconde. Ce qui est (chez moi) plutôt bon signe. Thierry de Peretti a réalisé un film très fort, polyphonique, corsissime. Du vrai cinéma politique. Et ce n'est pas un hasard si Thierry de Peretti, dans une interview, cite Brillante Mendoza, Lav Diaz et Jia Zang-Khe parmi les réalisateurs qu'il aime (desquels il se revendique).

154046

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