dimanche 10 mars 2019

carte verte

057
LUNE DE MIEL
de Ioana Uricaru
(avant-première au Kursaal à Besançon)

Au début du film, everything is OK pour cette jeune Roumaine arrivée aux Etats Unis pour un genre de CDD d'infirmière, qui vient d'épouser un de ses patients, fait venir son fils pour vivre avec elle, et attend sa carte verte... Comme chante Armstrong "And I think to myself what a wonderful world..."
Sauf que.
Eh oui, sinon il n'y aurait pas de film (et je pensais alors -naïvement- "Mais quelle va pouvoir être la problématique du film ? Qu'est-ce qui va bien ne pas pouvoir aller ?"). Un premier petit caillou va se coincer dans les rouages de cette mécanique bien huilée, sous les traits d'un agent de l'Immigration particulièrement... insistant. Puis un second, sous les traits de deux flics américains spécialement procéduriers. And so on... comme disent les Amerloques. Où l'on voit que vivre là-bas n'est pas une partie de plaisir, surtout quand on n'est pas du cru. Et chaque spectateur a eu le temps de réaliser, depuis un moment, que le titre du film était assez cruellement ironique.
Car Mara, notre héroïne, va en faire la triste expérience (le post aurait pu s'intituler De mal en pis, ou, plus lettré, de Charybde en Scylla, mais bon vous avez compris le sens général du propos) et réaliser que, Roumanie ou Etats-Unis, les mecs sont tous aussi pourris, les mêmes salopards, ici ou là-bas, kif-kif, tout ça, (on pourrait appeler ça le parcours de la combattante) jusqu'à une fin particulièrement abrupte (parce que singulièrement en suspens) qui vous donnerait presque l'impression qu'il manque un morceau. Ce n'est pas une fin ouverte, c'est une fin grande ouverte, ou, mieux, béante. Comme si la réalisatrice avait soudain fait volte-face et s'était mise à regarder ailleurs (mais bon, comme il s'agit d'un sujet plus ou moins autobiographique, on peut supposer qu'il s'agit d'une happy-end, ce qui ne saute pas des yeux -ni du balcon hihihi- à première vue.)
Le film est court (1h28) mais impitoyable. C'est presque asphyxiant de voir comment les obstacles et les déconvenues s'enchaînent pour Mara, et comment chaque tentative pour solutionner un problème en génère aussitôt un nouveau. A tel point que lorsqu'elle finit par rencontrer un personnage un peu positif, et qui semble décidé à l'aider et à la sortir de là, on est presque méfiant, en se demandant quel coup tordu il va encore bien pouvoir lui faire.
Un film amer, donc, qui n'épargne rien à son héroïne, mais un film fort et terriblement lucide -réaliste- sur la façon dont les Etats Unis perçoivent (et "accueillent") les immigrants. Tranchant. Glaçant.

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Allocinoche m'apprend que Iona Uricaru n'est pas une nouvelle venue, que j'avais déjà pu apprécier le travail de la réalisatrice dans les deux volumes des Contes de l'âge d'or (2009 et 2010) aussi roumainissimes que grinçants, où elle oeuvrait en compagnie de plusieurs réalisateurs roumains, coachés par Christian Mungiu, dont la société de production a, justement, pris en charge ce film.

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samedi 9 mars 2019

magnétisme

056
L'AMOUR DEBOUT
de Michael Dacheux

Oh le joli film et comme j'étais content de le revoir dans le bôô cinéma (et en plus dans la salle 11 où on peut allonger son siège comme une chaise-longue), après l'avoir découvert en avant-première en novembre à Belfort (Entrevues) où il a eu le Prix "Film en cours" (et je ne sais plus trop à quoi ça correspond).
Ca parle de quoi ? Ca parle d'amour et ça parle de cinéma. Cinéma ? Celui qu'on aime, celui qu'on va voir (à la Cinémathèque) celui qu'on écrit (un des personnages a un scénario en cours), celui qu'on fait connaître à des ados dans des ateliers de pratique artistique, celui qu'on garde en mémoire et qu'on célèbre (La Maman et la Putain, Jean Eustache, Pierre Lhomme, Françoise Lebrun), celui qu'on évoque ("Boris Barnet, évidemment..."), sans oublier, bien sûr, celui, plus intime que chacun se fait (et, du même coup, fait aussi aux autres...). Et l'amour ? C'est pareil, il y en a pour tous les goûts : celui dont on aimerait qu'il ne soit pas fini, celui qui démarre sans qu'on s'en aperçoive, celui qu'on attend, celui qui prend son temps, celui  qui va, celui qui vient, filles, garçons, jeunes, vieux, connu(e)s et inconnu(e)s oui tous les goûts vous dis-je.
Elle c'est Léa, elle fait des visites culturelles guidées de quartiers parisiens, lui c'est Martin, qui est "monté" à Paris avec l'espoir de tourner son premier film. Et aussi de revoir Léa. Ils s'aimaient, ils se sont séparés, il voudrait la revoir, elle lui dit va-t'en (visiblement leur séparation l'a affectée). Martin trouve un petit boulot, un camarade (somnambule) qui l'héberge, il trouve aussi un mentor (Pascal Cervo joli comme tout en barbu, qui trouve ici une sacrée belle maturité) qui lui a mis le pied à l'étrier professionnellement et lui cherche aussi un producteur pour son futur film... Léa, elle, a un peu de mal à rebondir, elle rencontre un "vieux" (c'est elle qui le dit), un spectateur assidu de ses visites, qui vit sur une péniche et est en train de composer un "drag-requiem", mais a du mal à franchir le pas avec lui, et préfère aller se mettre au vert quelques temps chez sa mamie...
Pendant ce temps, Martin...

Un film d'une grande élégance, un film qui ne s'apesantit jamais (rien ne dure jamais plus longtemps quil ne faut), oui, un beau film, grâce un sens du montage aussi bluffant qu'efficace (et un incontestable sens du détail) qui fait pardonner les légères faiblesses de quelques-unes, question interprétation.
Le film est un genre de "Conte des quatre saisons" (oui, oui, on pense à Rohmer, à ses dialgues, à ses rencontres, à ses élans du coeur, à ses méandres affectifs), d'ailleurs il est partagé en quatre parties qui suivent les saisons (on commence en automne et on finit en été...) et se grignote comme un délicieux et aérien petit feuilleté...
Avec en fil blanc les allées et venues de nos deux tourtereaux que le mouvement du récit va faire se croiser, se retrouver plusieurs fois, dans des situations affectives jamais tout à fait les mêmes de la fin de leur histoire commune au début de l'histoire individuelle de chacun...
Le film est léger, il est précis, alerte, jamais pleurnichard (ouf!) et réussit toujours à nous intéresser, parfois même à nous étonner (certains enchaînements de scène  -hiatus, ellipse- nous amènent même à nous questionner.
C'est très émouvant de revoir Françoise Lebrun, mais c'est un grand plaisir de faire la connaissance de la jeune Adèle Csech, qui est véritablement jolie comme un coeur.
Pas la peine de courir, le film ne passe plus.

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mardi 5 mars 2019

la fête à la grenouille

pluviométrie

(no comment)

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samedi 2 mars 2019

retour aux sources

ROCK BOTTOM
de Robert Wyatt

Pour moi, sans doute un des plus beaux disques du monde, peut-être même le plus beau.
Sorti en 1974 , Grand Prix de l'Académie Charles Cros en 1975, mais je ne l'ai découvert, semble-t-il qu'un peu plus tard. (non non pas du tout je viens de fouiller dans le carton de vinyles qui me restent, et il porte une étiquette manuscrite "Vesoul / 1975" -où et quand je l'ai acheté- et la mention "I20", c'est à dire que déjà il faisait partie pour moi des 20 disques indispensables...)

Voilà donc 44 ans que ce disque m'accompagne.

Six morceaux, trente-neuf minutes et quelques, et c'est toujours le même bonheur, la même fascination.
Un disque qui ne m'a jamais quitté, que je connais quasiment par coeur, un disque que j'aurais du mal à définir, dont j'aurais du mal à dire de quel courant musical il relève, mais qui m'a toujours, et ce depuis la première écoute (j'avais 19 ans!) parfaitement correspondu (ah tiens me revient le fait que je l'écoutais en même temps que le Phaedra de Tangerine Dream, que m'avait fait découvrir, j'étais alors en terminale, Yves L., le frère de ma copine Frédérique).

Et qui continue de.

Rock Bottom, c'est le disque-frangin, l'ami, le compagnon de route, l'accompagnateur.
Le genre de disque (il n'y a pas tant que ça dans le genre) qui donne envie de se lover, de se coucher en rond, dans le tiède et le clair-obscur, et de se laisser aller à simplement être bien.
Un état indéfinissable, à mi-chemin exactement entre le bonheur et la douleur. Aussi désespérément serein que sereinement désespéré (j'ai déjà écrit ça quelque part).

On rattache souvent ce disque à la tristesse, à l'hôpital, qui a suivi la chute qui a mis Robert W. dans une petite chaise, mais ça n'a pas vraiment grand-chose à voir avec la tristesse (peut-être Sea song, le morceau d'ouverture, d'immersion, de l'album, mais non, même pas, je suis en train de l'écouter et je trouve ça... serein), non, on est ailleurs.

Exactement, totalement, parfaitement ailleurs.

Il y a, d'abord, la voix indicible de Robert Wyatt, dans un touchant éventail de tonalités et de modulations (il chante il dit il chuchote il gémit il ricane il fredonne), posée sur (fondue dans) une musique tout aussi indicible.

L'album, je le réécoute à chaque fois en entier, c'est un tout, mais chacun des six morceaux est comme un bac différent, à l'image de ceux où on trempe le papier photo pour faire apparaître puis fixer, justement, l'image, sauf que là, oui, il en faut six, six qui successivement vous font passer par des états différents, parfois contradictoires, un coup doux un coup grinçant un coup tiède un coup glaçant un coup hérissé un coup submergé.

Un disque indémodable, parce qu'il ne ressemble à rien, à rien d'autre qu'à lui-même. Intemporel.

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vendredi 1 mars 2019

février 2019

vendredi 1er (février)
tiens  février est arrivé comme sans prévenir, ce vendredi pluvieux où, inhabituellement, on a mangé au fjt et à quatre en plus (j'étais allé chercher Dominique au pôle multimodal à 11h05), avant que d'aller au cinéma à quatre aussi, mais trois dans une salle (Catherine Dominique et moi pour Border) et une dans une autre (Marie pour Invisibles)
samedi 2 (commerce local)
je ne sais jamais quoi apporter chez Zabetta quand elle nous invite "pour une dînette toute simple" (...), mais là, j'avais une idée, après avoir découvert chez Pépin et Coralie le chocolat au poivre rose qu'Annick leur avait offert (j'ai retrouvé le magasin grâce au radioguidage de C., et rajouté, pour faire bonne mesure, deux autres tablettes, une au speculoos et l'autre aux fruits rouges et aux graines de lin)
dimanche 3 (bibliothèque)
entrepris, en prévision de ce déménagement encore lointain mais qui commence à se préciser, de faire un peu de  tri (de rangement) dans mes livres : ceux que j'aime depuis longtemps, ceux que je range par auteur, ceux que je range par collection, ceux que j'ai oublié que j'avais, ceux que je dois rendre, ceux dont je me débarrasse, ceux que je peux revendre, ceux que je suis particulièrement heureux de retrouver, etc.
lundi 4 (à usage interne)
le plaisir ressenti, cela arrive de temps en temps, à me sentir fier de moi, mais pour quelque chose, c'est un peu moins courant, que je n'ai pas fait (j'en suis réduit à passer des petits contrats avec moi-même)
mardi 5 (déambulations)
faute d'avoir obtenu l'unanimité pour cette proposition de grève générale illimitée (les gilets jaunes étaient là, tout de même) on a marché jusqu'à la permanente de la députée (cet à-peu-près m'a suffisamment fait rire pour que j'en use et j'en abuse), puis jusqu'à un coffee-shop sympa de la rue du Breuil, pour attendre l'heure du fjt, puis jusqu'à nos voitures respectives, puis autour du lac comme rituellement tous les mardis (avec le grand beau ciel bleu annoncé météorologiquement, je savais bien depuis la veille qu'on ne pourrait pas y couper)
mercredi 6 (ficâââ)
je fais la connaissance, "sur les coups de midi",(quasiment au seul moment où le hall du cinéma est vide), de celle qui sera probablement ma future propriétaire (grâce à la soeur de Za qui a joué les entremetteuses), et nous parlons quelques instants de mon futur appartement (de mon futur loyer aussi)
jeudi 7 (garage)
bien que j'ai fait commander une nouvelle coque pour ma clé de voiture (qui n'asssure plus la condamnation centrale des portières) la demoiselle m'explique que ça ne fonctionnera pas, puisqu'il ya un minuscule bitonio qui doît être ressoudé,là... (mais je découvre sur la brochure de la twingouille que la portière avant côté passager peut être verrouillée grâce à un petit coup de tournevis)
vendredi 8 (bambouseraie)
plaisir de rencontrer ce midi un aimable jeune homme barbu attablé tout seul et d'échanger de façon fort plaisante à propos de cinéma en général et japonais en particulier, qui me donne, à ma demande, ses coordonnées pour lui envoyer notre actuelle programmation
samedi 9 (fica)
six films, peut-être c'est trop (10h, midi, 14h, 16h, 18h, 20h30) je sors du dernier avec un sentiment de flottement cotonneux (comme si je mettais le pied sur la terre ferme en sortant d'un sous-marin -ou d'un module lunaire-)
dimanche 10 (à la maison)
après avoir vu ce matin un seul film (mais un gros), et rentrer tranquillement à la maison pour faire une pause, éviter la foule du week-end, prendre le temps de me préparer un "vrai" repas, penser à autre chose...
lundi 11 (en voiture)
me suis senti très VIP ce midi : Catherine est venue me chercher, s'est arrêtée juste devant les portes du bôô cinéma, m'a conduit jusqu'au fjt, puis, après le repas, m'a reconduit jusqu'au même endroit pour que je puisse retourner faire la queue pour les séances de l'après-midi
mardi 12 (la fête est finie)
quand je suis sorti du cinoche, il faisait nuit depuis longtemps, et j'ai du gratter assez longuement le pare-brise de la voiture (et toutes les autres vitres aussi) puis me suis installé à l'intérieur en attendant que le désembuage fonctionne, et en observant le ballet un peu flou des phares des autres voitures qui quittaient les lieux elles aussi, les unes après les autres
mercredi 13 (recette)
envie de viande rouge et crue (ça m'arrive comme ça, une fois de temps en temps) me suis donc préparé un steack tartare, avec le jaune d'oeuf rituel, sans câpres, mais en l'assaisonnant -tiens donc!- de roquefort (et c'était très bon)
jeudi 14 (fjt)
c'est douloureux de manger avec une personne qu'on n'avait pas vue depuis longtemps et qui ne cesse de vous dire -de vous répéter- qu'elle va bien, que cette fois, elle va bien, elle va mieux, tout au début on la croit, et progressivement on réalise que non, et on a mal pour elle, en sachant qu'on ne peut rien y faire (y repenser tout l'après-midi)
vendredi 15 (chez les Soria)
j'aime toujours autant ces petits repas organisés un peu à l'improviste, partagés, où on fait mine de rien un peu le point sur ce que sont devenues nos vies, entre souvenirs (on en a toujours autant à raconter, même si ce ne sont pas les mêmes pour chacun) et projets (on refait doucement, paisiblement, le monde)
samedi 16 (achtzig mark!)
une nouvelle qui m'attriste au journal de 13h : la mort de Bruno Ganz, à 77 ans, et je passe un moment à rechercher des photos et des titres de films dans lesquels il a joué (mais dont aucun n'égalera jamais L'Ami américain)
dimanche 17 (Gy)
Un petit dimanche "poulet-frites" comme on les aime, avec en plus un ciel bleu magnifique et un beau soleil qui nous ont permis de faire une promenade (pour une fois j'étais partant) en guise de mi-temps pour notre tournoi de okey
lundi 18 (bus)
qu'il est bien ce bus à 1,50€ entre Vesoul et Besançon, celui de 16h20 était un peu plus rempli que d'habitude, et j'étais fasciné par la tête de mon jeune voisin de devant qui dépassait au-dessus de son siège (j'avais envie de toucher ces cheveux ras sur toute la surface de son crâne)
mardi 19 (prog)
réussi enfin à caser les vingt-cinq (oui, 25!) films de notre prochaine programmation sur les quatre rectos-versos de celle-ci (mais j'ai eu besoin de plusieurs essais et d'un certain temps de réflexion) et du coup décidé de faire aussi trois dépliants supplémentaires
mercredi 20 (au téléphone)
ah quel plaisir que de tenter une nouvelle fois de mettre sur pied une soirée-tarot en échangeant sms et coups de téléphone (il semble que cette fois les astres soient plus favorables que les fois précédentes, et que tout le monde -enfin- soit ok pour le mardi 26 prochain chez Manue. Comme le résume Pépin yesssss!)
jeudi 21 (le passé)
reçu ce soir un coup de téléphone un peu intriguant, celui d'un ami de quarante ans, un peu perdu de vue depuis vingt, qui m'appelait en fait  entre autres pour prendre des nouvelles d'un autre ami, mais qui reprenait mine de rien la conversation comme si le temps n'avait pas passé et qu'on s'était  parlé juste la veille (et me faisant ainsi d'un coup revenir quarante ans en arrière)
vendredi 22 (de fil en aiguille)
passé d'abord à la poste pour envoyer sa carte d'anniversaire à Dominique, puis au local pour préparer le prochain envoi, puis re-à la même poste pour faire peser l'enveloppe dudit prochain envoi, puis à l'autre poste pour acheter des enveloppes "jusqu'à 50g", puis, en rentrant, bifurqué pour aller manger au fjt parce que c'était l'heure, mais bon pour y manger tout seul (parce que je n'avais pas pris mon téléphone et que je n'ai donc pu prévenir personne)
samedi 23 (concerts)
des (bonnes) nouvelles musicales viriles reçues par sms (de Catherine, parce qu'elle a un compte fb)  qui me font frétiller : Nasser à Audincourt fin juin (Rencontres et Racines) et Les Tambours du Bronx fin juillet à Jussey (Music'en brousse)
dimanche 24 (zen)
une chose que j'adore faire, lorsque j'en ai le temps : égrener une grenade, complètement, après l'avoir coupée en quatre (au-dessus d'un saladier), prendre l'un après l'autre chaque quart, l'incurver, le déplier, en faire tomber les grains dans le saladier, méthodiquement, jusqu'à ce qu'il n'en reste plus, puis prendre le suivant, et procéder de la même façon, jusqu'au dernier (soigneusement, pour avoir le moins d'éclaboussures de jus possible)
lundi 25 (voiture)
pour cause d'anniversaire (de Dominique) fêté en soirée, j'ai dû prendre ma voiture pour aller à Besançon (ça m'a semblé beaucoup moins drôle qu'en bus) et, après avoir tourné -en vain- dix minutes dans Battant pour trouver une place, j'ai poussé jusqu'à Isembart où j'ai dû tourner autant avant de réussir à en trouver une. Vive Mobigo!
mardi 26 (petit au bout)
c'est rien de le dire que je l'attendais, cette fameuse soirée-tarot chez Manue, déjà rien que ça c'était la joie, de se retrouver pour jouer, mais en repartir en ayant gagné toute la soirée (et en étant le seul positif) quoiqu'on en dise, c'est encore plus le bonheur

mercredi 27 (circulation)
quatre voitures sur le rond-point (j'attends pour m'y engager) : la première clignote à droite et tourne idem, la deuxième ne clignote pas mais tourne aussi a droite, la troisième ne clignote pas mais passe devant moi pour tourner à la suivante, et la dernière fait la même chose, mais en clignotant...
jeudi 28 (printemps au parking)
je me suis garé à l'écart, presqu'à la sortie, arrive un jeune motard qui se gare pile devant moi, descend de la moto, et, de profil, commence à se déboutonner comme pour faire pipi, (je ne suis pas dupe) sans ôter son casque, tout en me jetant des coups d'oeil insistants (et fébriles) soudain pour me signifier l'impétuosité de son désir, il fait un quart de tour supplémentaire pour mieux me présenter l'objet du délit (et, suppose-t-il, de ma convoitise) mais comme je reste coi et impavide (et perplexe) assis dans ma bagnole, il perd patience, referme boutique, renfourche son engin et repart à vive allure

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jeudi 28 février 2019

clins d'yeux

Une amie m'a envoyé ça

lieux communs

 

... et un ami m'a fait parvenir ceci

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deux images qui se rapportent (diversement) à mon blogchounet...

 

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mercredi 27 février 2019

aspasie

055
LA CHUTE DE L'EMPIRE AMERICAIN
de Denys Arcand

Un jeune philosophe célibataire, une jeune pute de luxe fleur bleue, un plus vieux voleur honnête, un un plus vieux haut-financier onctueux, un duo de flics entre les deux (elle/lui) starsky et hutchesque, des malfrats de toutes les couleurs (des blacks, des latinos, des irlandais), plus deux gros sacs de sport pleins de biffetons qui excitent toutes les convoitises, et tout ça avec un accent québecois garanti 100% sirop d'érable (je me souviens que dans les années 70/80 les films de Gilles Carles, dans le même joual, étaient sous-titrés, ici on laisse le spectateur, dont on suppose qu'il en est désormais coutumier du fait, se démarder, tabarnac...), allons-y donc voir comment tout ça tourne...
Ce film est annoncé comme le dernier volet d'une trilogie comprenant Le déclin de l'empire américain (1986, tout de même) et Les invasions barbares (2003), une trilogie qui s'étale donc sur plus de trente ans, et l'annonce ressemble plutôt à une idée-marketing qu'autre chose, un truc pour appâter éventuellement le client, bref une argutie publicitaire (finalement) menteuse (si on retrouvait bien les mêmes acteurs/personnages dans les deux premiers,là il n'y a plus personne, le seul point commun de ce dernier segment avec les autres est  la présence au générique de Rémy Girard, mais qui ne joue même pas le même personnage, il a bien vieilli d'ailleurs, alors, arrêtez un peu de prendre les spectateurs pour des niaiseux, hein) et, donc, un argument de tiroir-caisse.
Passons outre ce point de détail un peu agaçant. La chute de l'empire américain est un film plaisant, très plaisant, une jolie mécanique scénaristique qui (ne) parle justement (que) de gros sous, à laquelle j'ai trouvé le charme de (de ce côté) certaines comédies sociales  de Pierre Jolivet (Zim and co) ou de Lucas Belvaux (La raison du plus faible), -lorsque ceux-ci ne se prennent pas trop au sérieux-, ou même (de l'autre côté) carrément, allez, les frères Coen (oui oui) quand ils font de même, et c'est dire si on y prend plaisir...
Un jeune homme propre sur lui, amateur de philosophie et de théâtre classique, mais sans le sou, attentif aux malheurs des autres (il donne aux sdf, s'investit dans une association d'aides aux plus défavorisés, bref le gendre idéal, se trouve, avec son van de livraisons, sur les lieux d'un hold-up qui tourne mal, où les braqueurs (blacks) et le vigile se sont entretués sous ses yeux, et se retrouve, donc (le jeune homme) en possession de deux gros sacs d'argent sale, dont il ne sait d'abord pas trop quoi faire. Sur internet il fait la rencontre d'une escort-girl lettrée elle-aussi (elle cite Racine) qui vient le voir chez lui (c'est un amour de jolie blondinette) et le fait grimper presque au septième ciel, attaché sur une chaise les mains dans le dos avec une cravate, presque car la séance est interrompue par l'arrivée de deux enquêteur/trice, ceux-là même qui ont déjà cuisiné le jeune homme à chaud pendant des heures sur le lieu du hold-up, et nourrissent, bien évidemment, des soupçons à son égard (ils utiliseront tout les moyens dont ils disposent, -et l'arsenal technologique est vaste-, pour mener leur enquête, mais avec toujours dans leur progression un temps de latence, un délicieux effet "bipbip et le coyote", qui les fait à chaque fois louper leur cible de peu, de très peu, d'extrêmement peu, d'extrêmement très peu, comme la flèche et la cible dans le très zen Traité du zen dans l'art chevaleresque du tir à l'arc, ou, plus prosaïquement le Caramba, encore raté! de chez Tintin ).
Le jeune homme a pris contact avec un voleur tout juste sorti de prison mais ayant suivi des cours d'économie, de gestion et de finance, donc l'homme qu'il pense idéal pour l'aider à gérer son nouveau patrimoine, tandis que la jeune fille (dont on continuera à se demander pendant un moment si elle l'aime vraiment ou si elle veut juste siphonner ses économies) lui fait rencontrer un avocat d'affaires qui pourrait bien être leur sésame providentiel dans le monde de la finance et du blanchiment de pépètes malhonnêtement gagnées... Tout ça tandis que des malfrats très méchants font tout ce qu'ils peuvent pour récupérer le fric qui leur appartient (celui qui est dans les sacs) de façon(s) assez violente(s) (le truc des bras attachés dans le dos avec la chaîne, ça fait très mal, même juste à regarder) et, victime après victime, se rapprochent de plus en plus dangereusement de nos héros...
C'est très bien construit, c'est malin, amoral et/ou cynique juste ce qu'il faut, bon enfant et midinet juste ce qu'il faut aussi, avec certaines "préoccupations sociales" du réalisateur qui peuvent sembler parfois un peu insistantes (et aussi une façon de se dédouaner, de se donner bonne conscience, de signaler "regardez comme je suis conscient des malheurs de tous ceux ceux qui m'entourent") mais bon on lui pardonne c'est bien de s'inquiéter de son prochain.
Tellement on y prend de plaisir.
Et voyez-vous j'ai même été, à l'improviste, ému par le joli plan-séquence de la fin (les regards-caméra) même s'il est -ne nous voilons pas la face- bien inspiré (ou, au choix, honteusement pompé, hihihi) sur celui de Diarios de motocicleta (qui m'avait d'ailleurs fort ému, exactement de la même manière).
Je ne dis pas que c'est le film de l'année, mais j'y ai passé un sacré bon moment Tabarnak d'Ostie d'Crisse de Cââlisse

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dimanche 24 février 2019

raman et raghav

055
MUMBAI MURDERS
de Anurag Kashyap

Dans la même journée que Pupille, je ne pouvais pas imaginer de voir un film plus radicalement différent. Autant le premier pourrait être qualifié de doudou, autant celui-ci mérite simplement l'étiquette de fou-furieux.
Waouh!
Par le réalisateur des très aimés Gangs of Wasseypur, un film duel, bicéphale (l'affiche française est à cet égard plutôt bien trouvée), sur la double/trouble relation qui unit un serial-killer (du genre bien allumé et bien brutal) et un flic, du genre tout aussi brutal, et, on s'en rendra compte progressivement, tout aussi allumé.
Autant l'après-midi je n'avais été que douceur tendresse et larmes, autant ce même soir je n'étais plus que tension, crispation, et, parfois, main levée pour me cacher les yeux, mais dans les deux cas avec la même jubilation cinématographique, pourtant en forme de grand écart...
Là, ça ne rigole plus.
Un film excessif, démesuré, flippant, malsain (il est interdit aux moins de 16 ans), que le spectateur reçoit comme une tornade, un tsunami, et le laisse sonné, sur le carrelage, lessivé essoré hagard à la fin du générique (qui, paradoxalement est très dansant -j'adore cette techno indienne- et donnerait presque envie de se tortiller bollywoodesquement).
On est loin de l'Inde des saris et des maharadjahs, des palais flamboyants et des marchés multicolores et joyeux (et touristiques) : ici on est la face dans la crasse la sueur les ordures les bidonvilles et les rats... Anurag Kashyap s'en donne à coeur joie (comme il l'avait déjà fait dans ses films précédents) pour nous dire "regardez, regardez bien, c'est ça l'Inde, l'Inde d'aujourd'hui, la vraie..., celle qui grouille, celle qui fait mal, celle qui pue...".
Le film est partagé en chapitres, chacun avec son titre, et nous fait suivre d'abord Ramana, le tueur en série, qu'on découvre au début du film enfermé dans une maison abandonnée (on comprendra plus tard par qui, car le film procède aussi par allées et venues temporelles), puis qu'on suit chez sa soeur (une longue scène à la tension presque insupportable), dont la petite famille -désolé je spoile- ne survivra pas au passage du killer (heureusement, chez Kashyap, les meurtres sont toujours hors-champ, les armes sont aussi impressionnantes que rustiques, marteau, démonte-pneu, barre métallique, clé à pipe, mais on ne les voit que brandies, et c'est déjà amplement suffisant je vous assure).
Parallèlement on aura fait la connaissance de Raghavan, le jeune flic (lunettes noires et cocaïne, cet homme-là ne dort jamais) qui mène l'enquête sur les crimes du serial killer (et la scène de leur première rencontre nocturne -chez un tonton dealer- est un bijou de mise en scène, qui nous fait percevoir, déjà, la perversité du lien qui les unit, et ce qu'elle peut avoir de réjouissant pour un esprit malade.).
Deux personnages, donc, bien cintrés, chacun avec sa came, a priori, le meurtre pour l'un et la cocaïne pour l'autre, mais on se rendra compte progressivement que les cloisons entre les deux ne sont pas aussi étanches (à l'image de celles du nez du flic) et que leur histoire est bien poreuse. Le tueur (interprété par Nawazuddin Siddiqui, fabuleux) s'appelle Ramanna et se prend pour Raman Raghav, un serial-killer fameux en Inde (on lui impute une quarantaine de meurtres) et le policier se nomme Raghavan, et c'est comme si Castor avait trouvé son Pollux (Ramana + Raghavan = Raman Raghav, pense le tueur), et chacun, en fin de compte, cherche l'autre, chasse l'autre (celui qui pense être le chasseur -le flic- est en réalité pisté par ce lui qu'il pense être sa proie).
On en prend plein les yeux, plein les oreilles aussi, dans cette excitante double course-poursuite, bien souvent aussi nocturne que poisseuse, jusqu'à la dernière partie, qui va réunir (enfin ?) nos deux tourtereaux revers d'une même médaille.
Anurag Kashyap n'hésite pas et il va vraiment jusqu'au bout.
Le film est très noir (comme chantait Johnny Il n'y a plus d'espoir..., et dans ce cas précis c'est tout à fait vrai) mais complètement fascinant. Il rend addict. Mêlant les codes du film d'action, du thriller, voire du fantastique mais à sauce -indienne, donc- redoutablement épicée (on a même régulièrement droit au rafraîchissement d'intermèdes musicaux -plusieur morceaux chantés- venant commenter l'action, parfois même ironiquement).
Dommage que l'effet-ficâââ ait cessé de produire, justement, son effet : la salle n'était peuplée que de quelques spectateur-e-s solitaires, j'urais été curieux d'y voir ceux qui avaient fait un triomphe à Bajirao Mastani, autre joyau indien, mais situé à l'autre extrémité du spectre lumineux (et narratif) de ce cinéma-là.

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vendredi 22 février 2019

pronostics

le petit jeu des pronostics...
en rouge mon choix
après les résultats, je mettrai en gras les lauréat-e-s

Meilleur scénario original :
Pierre Salvadori, Benoît Graffin, Benjamin Charbit pour En Liberté !
Gilles Lellouche, Ahmed Hamidi, Julien Lambroschini pour Le Grand Bain
Alex Lutz, Anaïs Deban, Thibault Segouin pour Guy
Xavier Legrand pour Jusqu'à La Garde
Jeanne Herry pour Pupille

Meilleure adaptation :
Andréa Bescond et Eric Métayer pour Les Chatouilles
Emmanuel Finkiel pour La Douleur
Jacques Audiard et Thomas Bidegain pour Les Frères Sisters
Emmanuel Mouret pour Mademoiselle de Joncquières
Catherine Corsini et Laurette Polmanss pour Un amour impossible

Meilleurs costumes :
Anaïs Romand et Sergio Ballo pour La Douleur
Pierre-Yves Gayraud pour L'Empereur de Paris
Miléna Canonero pour Les Frères Sisters
Pierre-Jean Larroque pour Mademoiselle de Joncquières
Anaïs Romand pour Un peuple et son roi

Meilleurs décors :
Pascal Le Guellec pour La Douleur
Emile Ghigo pour L’Empereur de Paris
Michel Barthélémy pour Les Frères Sisters
David Faivre pour Mademoiselle de Joncquières
Anaïs Romand pour Un peuple et son roi 

Meilleur film d'animation :
Astérix : le secret de la potion magique de Louis Clichy et Alexandre Astier 
Dilili à Paris de Michel Ocelot
Pachamama de Juan Antin 

Meilleur court métrage d'animation :
Au coeur des ombres d'Alice Eça Guimarães et Mónica Santos
La mort, père et fils de Denis Walgenwitz et Winshluss
Raymonde ou l'évasion verticale de Sarah Van Den Boom
Vilaine fille d'Ayce Kartal 

Meilleure musique originale :
Anton Sanko pour Amanda
Camille Bazbaz pour En liberté !
Alexandre Desplat pour Les Frères Sisters
Vincent Blanchard, Romain Greffe pour Guy
Pascal Sangla pour Pupille 
Grégoire Hetzel pour Un amour impossible 

Meilleur court métrage :
Braguino de Clément Cogitore
Les Indes galantes de Clément Cogitore
Kapitalistis de Pablo Muñoz Gomez
Laissez moi danser de Valérie Leroy
Les petits mains de Rémi Allier

Meilleure photographie :
Alexis Kavyrchine pour La Douleur
Benoît Debie pour Les Frères Sisters
Laurent Tangy pour Le Grand Bain
Nathalie Durand pour Jusqu’à la garde
Laurent Desmet pour Mademoiselle de Joncquières 

Meilleur montage :
Valérie Deseine pour Les Chatouilles
Isabelle Devinck pour En Liberté !
Juliette Welfling pour Les Frères Sisters
Simon Jacquet pour Le Grand Bain
Yorgos Lamprinos pour Jusqu’à la garde 

Meilleur son :
Antoine-Basile Mercier, David Vranken, Aline Gavroy pour La Douleur
Brigitte Taillandier, Valérie De Loof, Cyril Holtz pour Les Frères Sisters
Cédric Deloche, Gwennolé Le Borgne, Marc Doisne pour Le Grand Bain
Yves-Marie Omnès, Antoine Baudouin, Stéphane Thiébaut pour Guy
Julien Sicart, Julien Roig, Vincent Verdoux pour Jusqu'à La Garde

Meilleure actrice dans un second rôle :
Isabelle Adjani pour Le Monde est à toi
Leila Bekhti pour Le Grand Bain
Virginie Efira pour Le Grand Bain
Audrey Tautou pour En Liberté
Karin Viard pour Les Chatouilles

Meilleur acteur dans un second rôle :
Jean-Hugues Anglade pour Le Grand Bain
Damien Bonnard pour En Liberté
Clovis Cornillac pour Les Chatouilles
Philippe Katerine pour Le Grand Bain
Denis Podalydès pour Plaire, aimer et courir vite

Meilleur espoir féminin :
Ophélie Bau pour Mektoub My Love d'Abdellatif Kechiche
Galatea Bellugi pour L'apparition de Xavier Giannoli
Jehnny Beth pour Un amour impossible
Lily Rose Depp pour L'homme fidèle de Louis Garrel
Kenza Fortas pour Shéhérazade de Jean-Bernard Marlin

Meilleur espoir masculin :
Anthony Bajon pour La Prière
Karim Leklou pour Le Monde est à toi
Dylan Robert pour Shéhérazade
Thomas Gioria pour Jusqu'à la garde
William Lebghil pour Première année

Meilleur premier film :
L'amour flou de Romane Bohringer et Philippe Rebbot
Les Chatouilles d'Andréa Bescond et Eric Métayer
Jusqu'à la garde de Xavier Legrand
Sauvage de Camille Vidal-Naquet
Shéhérazade de Jean-Bernard Marlin

Meilleur documentaire :
America de Claus Drexel
De chaque instant de Nicolas Philibert
Le Grand Bal de Laetitia Carton
Ni juge ni soumise de Jean Libon et Yves Hinant
Le procès contre Mandela de Nicolas Champeaux et Gilles Porte 

Meilleur film étranger :
Three Billboards, les panneaux de la vengeance de Martin McDonagh
Capharnaüm de Nadine Labaki
Cold War de Pawel Pawlikowski
Hannah d’Andrea Pallaoro
Girl de Lukas Dhont
Nos Batailles de Guillaume Senez
Une affaire de famille de Hirokazu Kore-Eda

Meilleure actrice :
Elodie Bouchez pour Pupille
Cécile de France pour Mademoiselle de Joncquières
Léa Drucker pour Jusqu'à la garde
Virginie Efira pour Un amour impossible
Adèle Haenel pour En Liberté
Sandrine Kiberlain pour Pupille
Mélanie Thierry pour La Douleur

Meilleur acteur :
Edouard Baer pour Mademoiselle de Joncquières
Romain Duris pour Nos batailles
Vincent Lacoste pour Amanda
Gilles Lellouche pour Pupille
Alex Lutz pour Guy
Pio Marmaï pour En Liberté
Denis Ménochet pour Jusqu'à la garde

Meilleur réalisateur :
Emmanuel Finkiel pour La Douleur
Pierre Salvadori pour En Liberté
Jacques Audiard pour Les Frères Sisters
Gilles Lellouche pour Le Grand Bain
Alex Lutz pour Guy
Xavier Legrand pour Jusqu'à la garde
Jeanne Herry pour Pupille

Meilleur film :
La Douleur d'Emmanuel Finkiel
En Liberté de Pierre Salvadori
Les Frères Sisters de Jacques Audiard
Le Grand Bain de Gilles Lellouche
Guy d'Alex Lutz
Jusqu'à la garde de Xavier Legrand
Pupille de Jeanne Herry

 

résultat des courses, tout faux, ou presque!
juste pour la photo et le meilleur acteur!

 

 

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jeudi 21 février 2019

nounours et crocodiles

054
PUPILLE
de Jeanne Herry

Vu avec Emma lundi après-midi  ce film, raté à sa sortie, reprogrammé grâce à la proximité des Césars. Aubaine! J'avais bien aimé les actrices/teurs entrevus dans la bande-annonce mais bon moi, les histoires de bébés et de services sociaux, hein... Dans la salle il devait y avoir une quinzaine de dames et moi comme seul porteurs de gonades. Eh bien je peux vous dire qu'on a tous fini dans le même état, vu le silence et l'immobilité qui ont succédé au générique de fin...
J'ai rarement été autant bouleversé par un film, aussi longtemps je veux dire : j'ai eu la larme à l'oeil pratiquement pendant tout le film, j'avais même peur d'avoir épuisé mon stock de larmes disons mensuel, c'est dire! (paradoxalement, pourtant, c'est à la fin que j'ai le moins pleuré...).
Donc, une jeune fille vient accoucher à l'hôpital et déclare aussitôt qu'elle ne veut ni voir ni toucher son bébé, bref qu'elle ne veut pas le garder. Aussitot, (comme dans Réparer les vivants on assistait à la mise en place et au déroulement du processus de don d'organes) va se mettre en branle le processus d'abandon de progéniture ("né sous X") et, parallèlement, (mais il a déjà commencé bien avant) celui d'adoption d'un bébé.
On va suivre une assistante sociale (Clothilde Mollet, sensationnelle), une éducatrice (Sandrine Kiberlain, sensationnelle), une éducatrice-chef (Miou-Miou, la maman de la réalisatrice, sensationnelle), un père d'accueil (Gilles Lellouche, sensationnel), une travailleuse sociale (Olivia Côte, sensationnelle), et, bien sûr, une candidate maman (Elodie Bouchez, sensationnelle). Ne croyez pas que je me moque, c'est vraiment ce que j'ai ressenti : elles/ils sont tous sensationnel/le/s (j'ai failli le dire à Emma pendant la projection mais je me suis retenu...). On suit le boulot -et on partage un tout petit peu de la vie- de tous ces gens-là (et j'ai repensé à Réparer les vivants) avec, au centre du dispositif ce bébé prénommé Théo (mais -attention je spoile- qui deviendra Mathieu) depuis le jour de sa naissance jusqu'à celui où il rencontre sa nouvelle maman.
Oui, tout ça m'a bouleversé, cette belle histoire (on souhaite/on espère que ça se passe toujours aussi bien que ça dans la vraie vie) c'est de l'humanité qui fait du bien, tout simplement. Du bonheur.
En plus, on a le plaisir de voir passer en coup de vent des acteurs qu'on aime (Thibaut Vinçon, Grégory Gadebois, Bruno Podalydès, Jean-François stévenin), plus-value encore au bonheur éprouvé...
Un tout petit bémol, toutefois : il n'était pas indispensable de rajouter cette historiette d'amour entre K et L, qui  vient un peu parasiter l'histoire et n'apporte rien de plus à celle qui nous intéresse.
Un film à l'image de ses affiches, d'une extrême douceur.

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