jeudi 4 janvier 2018

abc de riom

# comme #touchetaviande
une astuce racontée par Pablo, en pliant les doigts de la main pour évaluer la cuisson de la viande quand on fait un barbeuk' à laquelle je n'ai rien compris sur le coup, et qui a nécessité de multiples explications

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A comme Aire de Mirande
lors du trajet en bus Besac/Lyon, une pause de trente minutes sur une aire maussade où il n'y a pas grand chose à faire, mais Dominique y rit beaucoup (la mini-grande balade)

A comme Algues
algues de Patagonie, s'il vous plait, dont l'apparence vaguement extra-terrestre (les tentacules gluants) n'a pas attiré les foules (et l'absence de goût et le caoutchouteux de la texture non plus)

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A comme Assiette (sous le bol)
J'avoue qure je ne suis pas coutumier d'un tel raffinement au petit déjeuner

B comme Bonnet
le mien faisait envie à Dominique, et elle a fini par en trouver un à Noz, bien sûr

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B comme Bouillon
celui de la poule au riz était tout simplement sublime, j'en ai repris plusieurs fois, et le lendemain aussi d'ailleurs

B comme Buck Danny
où Pascal retrouva visiblement avec grand plaisir les bandes dessinées de son enfance et s'y plongea avec délices

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C comme Cacas de chiens
Riom est une jolie ville mais dont les trottoirs sont scandaleusement crottés, il faut regarder par terre tout le temps pour savoir où on pose le pied

C comme Casserole de lait
pour chauffer le lait le matin (pour le Ricoré), il ne faut pas prendre n'importe quelle casserole, mais celle avec le bec verseur, préconisée par Maman

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C comme Chocolats Trogneux
où il fut question, au repas, d'une "riche héritière d'une famille de chocolatiers"...

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C comme Compost
les opinions varièrent sur ce qu'il était envisageable d'y mettre ou pas, et j'ai posé toutes les questions bêtes que j'ai pu : et les kiwis ? et le gras de jambon ? et le pamplemousse ? et les pattes de langoustines ? etc.

D comme Dés
c'est avec des dés qu'on a joué pour connaître l'ordre de passage de choix des cadeaux (résultat Do, Dominique, Pascal, moi, et Malou)

D comme Dominique(s)
nous n'étions que cinq mais il y en avait deux (et elles présentent quelques points communs...)

E comme Églises
chaque fois qu'on est passé dans un patelin, on en a visité -au minimum- une, et je dois reconnaître que certaines m'ont agréablement surpris

F comme Flixbus
tout s'y est finalement très bien passé, à tel point que j'ai fort envie de rééssayer (en été ça doit être super pour photographier les routiers...)

F comme Foehn
ça a soufflé très fort, mais la maison à tenu bon (et la plupart des volets aussi), c'est "l'effet-foehn" a dit Pascal

G comme Gouroute
c'est désormais le nouveau titre officiel de Dominique pour Malou, qui a bien voulu reconnaître l'emprise spirituelle qu'elle exerce sur elle

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J comme Joseph
"le" meilleur pâtissier / traiteur de Riom pour Malou, en tout cas son préféré, qui nous a effectivement procuré plusieurs émois

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M comme Maison de retraite pour poules
Il en fut question un jour à table et le sujet en fut longuement débattu... (personnellement, je suis pour)

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M comme Menu(s)
ils étaient tous écrits sur une feuille dès notre arrivée, et furent respectés quasiment à la lettre (et j'en suis encore ému quand j'y pense...)

M comme Mozac et Marsat
deux noms que Dominique n"arrivait pas à mémoriser, et pour lesquels je lui ai fourni deux éléments mnémotechniques : Mozarella et Marsala

M comme Murol
un fromage local que je ne connaissais pas, à la croûte frottée au roucou (comme la boulette d'Avesnes, mais beaucoup plus placide pour le goût) mais qui ne vaut pas le cantal

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N comme Noz
Yes! On en a trouvé un dans la zone de Riom (techniquement il est à Malauzat) où j'ai retrouvé pratiquement toutes les mêmes choses que dans celui de Vesoul

O comme Oie farcie à la caille
à propos de laquelle fut évoqué le film Riot Club, avec ses dix (?) volatiles enfilés les uns dans les autres! (sur internet je n'ai trouvé qu'une recette de dinde farcie au canard farci au poulet...)

O comme Ottolenghi
"Ze" nouveau cuisinier coqueluche dont Malou m'a appris le nom (et la recette de chou-fleur rôti en salade) mais que, vérification faite, Zabetta connaissait, bien sûr!

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P comme Pech rouge (Corbières)
un vin rouge dont je me suis suis entiché, grâce à Pascal, et dont plusieurs bouteilles, d'ailleurs, furent joyeusement vidées...

P comme Petit-déj'
Etant le premier levé, j'aimais bien installer la table pour le petit-déj' (les Dominique prennent des mugs, et les autres des bols)

P comme Portes
toutes celles de la maison, dont j'ai déjà parlé (les portes claquent, ciel mon mari!, cuisine et dépendances, etc.) à impérativement garder fermées

R comme Rhum arrangé (Don Papa)
un cadeau de Noël pour Malou (patagon, comme les algues, mais via les Philippines) dont tout le monde -et moi le premier- a honteusement et délicieusement profité

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T comme Tartiner
j'ai pris ma leçon de tartinage par la chef Malou (en fait il ne faut pas étaler, il faut juste en écraser une noix -une crotte- au milieu, sans que ça dépasse sur les bords)

T comme Triomino
J'aime beaucoup ce jeu, auquel on joua beaucoup mais où je gagnai peu

V comme Vitrail
la première maison où je séjourne avec les fenêtres de la cuisine sont en vitraux!

V comme Volvic
Une visite sous la pluie, mais le souvenir d'une charcutière particulièrement aimable et accorte (et la dame de l'office du Tourisme aussi)

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Y comme Yann Dedet
l'auteur du Point de vue du Lapin, livre que j'étais extrêmement heureux de me voir offrir (merci Malou), et que j'ai pris tout autant de plaisir à lire

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mercredi 3 janvier 2018

we need to talk about martin

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MISE A MORT DU CERF SACRÉ
de Yórgos Lánthimos

Ouh la la! (ou "Aïe aïe aïe", ou "Oh mondieumondieumondieu...") c'est un peu l'état dans lequel j'étais à la sortie du film de Yorgos Lanthimos, réalisateur dont j'ai raté les premiers (Canine et Alps) et à moitié aimé l'avant-dernier (Lobster). On y trouve le même couple-vedette que chez Sofia Coppola (c'est dire l'imagination et l'inventivité des castings hollywoodiens) : Colinchou Farrell (avec une magnifique belle grosse barbe mais hélas toujours ses nouveaux sourcils hollywoodiens apprêtés, quel dommage!) et Nicole Kidman (qu'à ma grande surprise j'ai trouvé excellente) qui jouent un couple de médécins à la vie parfaite (job, maison, famille) deux enfants mimi, Bob le benjamin (qui a des airs, oui oui de Jodie Foster young) et Kim, l'ainée, toute mimi avec ses longs cheveux romantiques. Au début tout va bien, donc, jusqu'à ce que fasse irruption dans la jolie famille  Martin, un adolescent dont Colinchou (chirurgien) a tué le père sans le faire exprès lors d'une intervention, et qui souhaite que justice soit faite, enfin, sa justice.
La mise en scène est très chiadée, -trop ont dit certains-, et, comme la musique du film, s'enfle progressivement (jusqu'à, diraient les mauvaises langues, virer à l'académisme le plus pompier et démonstratif qui soit). Comme souvent dans le bôô cinéma, elle était, la bande-son, beaucoup trop fort (je crie exprès), et comme le réalisateur a la fâcheuse manie d'en remettre une couche assez régulièrement, elle contribue, oui oui je sais c'est exprès- au malaise grandissant et à l'inconfort générés par le film, surtout les grincements de cordes bruitistes contemporains qui se surajoutent à l'action, la redoublent, la sursignifient, au lieu de simplement l'accompagner.
J'avoue que j'ai plutôt bien aimé tout le début du film, même si on sent que le réalisateur n'a pas du tout envie de rigoler et qu'il tient vraiment à nous le faire savoir. Cadrages écrasants, diction blanche des comédiens, impeccabilité des décors, tout est fait pour. Après, ça se gâte un peu, puis encore un peu plus, jusqu'à atteindre un joyeux -et révoltant- n'importe quoi, pour se clore sur une scène finale dont j'avoue ne pas comprendre le sens (mais la musique pourtant devrait m'y aider, je le sens).
J'ai donc relu les critiques, et été frappé par les noms de réalisateurs qui y revenaient : Pasolini (bon, Théorème, ok), Kubrick (pour les ambitions de mise en scène, les travellings dans les couloirs comme Danny sur son tricycle dans Shining, et l'utilisation de la musique, je pense, et peut-être aussi Nicole Kidman comme en clin d'oeil à Eyes wide shut, ok ok aussi), et notre bon vieil Haneke (il me semble avoir lu quelque part que Lanthimos était encore plus méchant avec ses personnages -et, donc, avec le spectateur- que Hanekechounet, d'ailleurs ce post a failli s'intituler Funny game, en référence à qui vous savez, justement).
Le film, qui pour moi commençait très bien je le redis, hélas se perd en route au fur et à mesure qu'il s'hypertrophie (j'ai pensé à la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le boeuf) et se met à tirer un peu dans tous les sens (en tournant sur lui-même en se cachant les yeux, vous verrez, vous comprendrez mieux...) sans que ce canardage tous azimuths ne lui permette d'atteindre précisément quelque cible que ce soit (la famille et l'éducation ont toujours été des dadas pour Lanthimos, et la société bourgeoise et le capitalisme aussi...) Et le fait que la narration s'embrouille et se prenne les pieds dans le tapis du fantastique, ou de l'horreur, ou de je ne sais pas trop quoi, en rajoute encore dans la confusion...
J'ai pensé "c'est insupportable..." de plus en plus, au fur et à mesure qu'on se rapproche de la fin du film, mais j'ai continué à regarder, et je suis quand même resté, sidéré, jusque tout au bout du générique, c'est donc que, malgré tout ça, quelque chose fonctionne (C'est peut-être juste de voir Colinchou avec son bonnet, hein, me souffle en ricanant le diablotin assis sur mon épaule droite), mais l'ensemble, tel quel, est trop,  trop glacial, trop sérieux,  trop emphatique, trop démesuré, trop... mégalomane et je suis sûr que si le réalisateur dégonfle un chouïa son égo (et ses ambitions) cinématographique(s), soit en y insufflant, par exemple, juste un chouïa d'humour, (où en se dotant d'un scénario à la hauteur) ça pourrait donner quelque chose de vraiment fort. et de réellement impressionnant.

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l'affiche... plutôt réussie (et juste)

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et, tiens, juste une image, comme ça, en passant...

 

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mardi 2 janvier 2018

le papier dans la fente du mur

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A GHOST STORY
de David Lowery

Vu à Clermont, au Capitole, dans une petite salle (la 4) et on y est allé à 5. Choisir un film à plusieurs n'est pas une mince affaire, mais ici le deal avait été conclu assez facilement : proposé par Dominique et moi, le film avait été accepté sans problème (gentiment) par les autres. Un film que j'avais indéniablement envie de voir, et que je suis très content d'avoir vu (ce qui n'était pas le cas de toutes /tous).
Une histoire de fantôme, donc, le titre annonce la couleur et ne ment pas. Le fantôme d'un jeune homme, dans une maison, qui regarde sa copine vivre sans lui, puis s'en aller... Le pitch semblait léger pour tenir les quatre-vingt-dix minutes réglementaires, d'auyant plus que, au début, on a le sentiment que le réalisateur étire la durée de ses plans fixes au-delà des limites du raisonnable (mais ça, personnellement, j'adore). Mais -on n'est ni dans Ghost (ah la poterie) ni dans Truly madly deeply (ah le violoncelle et le piano, celui-là je l'avais adoré)- c'est surtout l'histoire du fantôme, du fantôme tout seul et tristounet (on le suppose, puisqu'il est ne parle pas) sous son petit drap avec deux trous pour les yeux, (comme dans ses représentations les plus basiques), qui doit se débrouiller tout seul pour passer le temps comme il peut (temps qui ne passe pas exactement pour lui comme pour les autres, les vivants je veux dire -remarquez, dans la salle, c'était un peu pareil, entre les deux ados de devant qui gigotaient, allumaient et éteignaient leurs téléphones, et ont fini par se lever et sortir d'assez peu discrète façon, les deux autres donzelles un peu plus loin qui boulottaient je ne sais quoi, quelqu'un à ma droite (que je ne nommerai pas) qui ronflotait, le temps ne passait visiblement pas pour tous de la même façon, et chacun l'appréciait -ou pas- à son rythme...-)- et on reste donc en sa compagnie tout le temps, qui passe d'ailleurs dans un sens ou dans l'autre.
Le temps, il en est justement beaucoup question, au fil d'un scénario malin (au bout d'un quart d'heure, on se demande vraiment comment le réalisateur va pouvoir "tenir la distance", mais il le fait, et d'assez brillante façon). mais je ne peux pas trop en dire.
C'est un film "de festival" (trois prix à Deauville 2017, tout de même) plus qu'un film à pop-corn, c'est incontestable (mais que faisaient donc là tous ces ados popcorneux ?) Et si on est en droit de trouver agaçants certains choix (écran carré arrondi dans les coins, comme un vieux projecteur, plans-séquences étirés, absence de dialogues, absconsité du propos)  on est tout aussi en droit de les accepter, ces tics (ou ces joliesses), de les savourer (ce fut mon cas) et de se laisser porter (dériver, troubler, chavirer) par ce  très joli film (très très triste aussi). C'est un équilibre très délicat que le réalisateur a trouvé, précaire par instants, car il s'en faudrait de peu pour que certains détails (le choix du drap avec des trous pour les yeux, par exemple) tombent dans le ridicule.
Mais le film se tient, et d'ance dignement.
J'avoue qu'il s'en est fallu de (très) peu qu'il ne figure aussi, in extremis, dans mes films de l'année (à cause d'un scène, peut-être la seule, que je trouve maladroite, et maladroitement démonstrative, parce que sortant de la réserve et du minimalisme avec lesquels le film avait jusque là -et merveilleusement- fonctionné). Mais c'est vrai aussi que je continue d'y penser.
Et que, tiens, celui-là me revient, il vaut mieux a priori être fantôme chez Burton (Beetlejuice et ses facéties post mortem) qu'ici, chez David Lowery. Ça a l'air bien plus rigolo. A priori, je répète.
Mais que ce fantôme ici est touchant, dans son mutisme et son inexpressivité, dans sa simplicité. Qui permet d'autant plus à chaque spectateur de mieux s'y projeter.
Plus j'y pense et plus je m'y attache...

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la version américaine est juste un poil plus sobre...

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lundi 1 janvier 2018

décembre 2017

vendredi 1er (train Vesoul-Belfort)
ce graffiti que je n'ai pas eu le temps de photographier, (c'est Claude qui me l'a fait remarquer), qui gueulait en bleu turquoise et en majuscules "DE L'AMOUR, BORDEL!"
samedi 2 (Jean-Luc)
sa dernière recommandation (à propos de La liberté) était infiniment plus justifiée que la précédente (Corpo Elétrico), en plus il a partagé fraternellement  son pâté en croûte avec nous juste avant qu'on parte
dimanche 3 (les Inrocks)
passé une grande partie de la journée à lire à la chaîne des critiques d'albums, surtout de 2013, pour découvrir, grâce à ma chère baguette magique, des tas de groupes inconnus : Metz, Son Lux, The Irrepressibles, Local native, Indians, Zomby, Husbands, The Uncluded, Trentemoller, Pinkunoizu, Alka Balbir, Outfit, Diplo, etc.
lundi 4 (dans les toilettes du cinéma)
je suis entré dans la cabine du milieu, celles de droite et de gauche étant occupées par deux ados qui conversent bruyamment, façon ping-pong, comme si je n'étais pas là, quand soudain :
(celui de droite) : "Aaaah génial, j'ai la 4G..."
(celui de gauche) : "... Mais pourquoi t'es à poil ?"
(celui de droite) "Ben j'ai enlevé mon pull, je suis plus à l'aise pour chier..."
éclats de rire à gauche et à droite, tandis que je sors, très dignement. Rideau.
mardi 5 (au four)
ce riz au lait est vraiment divin : 1l de lait, 90g de riz, 70g de sucre, 1 pincée de sel (au piment d'espelette), et surtout avoir le courage (la force) d'attendre jusqu'au lendemain pour le manger
mercredi 6 (Le Royal)
J'aime beaucoup ce bar/brasserie/pizzeria, (même si je n'y mange a peu près qu'une fois par an) : les pizzas y sont à mon goût (la Spéciale), le décor genre Buffet de la Gare parfait, mais surtout la saveur (la chaleur) des échanges entre patron et serveur derrière le bar et les clients, visiblement des habitués, de l'autre côté (mais il arrive qu'ils changent), comme une chouette famille Brèves de comptoir prise sur le vif
jeudi 7 (FJT)
Catherine ne pouvait pas y aller, Marie m'a prévenu le matin qu'elle ne pouvait pas, et du coup je me suis recouché (un peu tard)  et n'y suis pas allé non plus, en oubliant Isa et Milo, qui y donc mangé  en tête à tête
vendredi 8 (sur la table de la cuisine)
expérience culinaire : y trouvant (je suis choyé) la nouvelle bouteille de soupe (verte), pleine, apportée par mon voisin, posée à côté de l'autre bouteille de soupe (orange) qu'il m'avait apportée avant-hier, presque vide, j'ai mélangé le reste de celle-ci avec le début de celle-là, et ça m'a donné une soupe marron (pleine de bons légumes)
samedi 9 (Grattery)
ludo-soirée : on a testé cinq jeux : un avec une navette spatiale, un autre avec des asticots, un avec des sushis, un avec des mots à faire deviner, et un avec des dessins dictés...
dimanche 10 (à la télé)
Le hasard a fait que j'étais devant la télé à l'heure du début de Suspiria (de Dario Argento), j'ai regardé le générique et la première scène (l'aéroport) et j'ai zappé, ayant peur d'avoir peur (ce film m'impressionne toujours autant que la première fois que je l'ai vu, à 18 ans)
lundi 11 (magasin)
l'hiver, le froid, la neige, tout ça... j'ai farfouillé dans les rayons et fini par dénicher celui des "chnobottes", dont je me suis payé une paire (mais qui n'en sont pas vraiment)
mardi 12 (à la cave)
Il s'est coupé les cheveux et raccourci la barbe mais il est toujours aussi mimi ce chauffagiste qui me fait sa visite annuelle pour l'entretien de ma chaudière (...)
mercredi 13 (postal)
je guettais le passage de la factrice parce que j'attendais deux paquets (calendriers et dvd) et voilà qu'elle s'arrête devant chez les voisins, qui ne sont pas là, pour leur en livrer un autre, que je lui suggère, selon nos arrangements habituels, de me confier aussi (le temps qu'elle cherche les trois paquets au fond de sa camionnette, qui est mal garée, elle crée -du jamais vu!- un mini-embouteillage (4 voitures) dans la rue de la mairie)
jeudi 14  (fjt)
pour une fois, c'est moi qui suis arrivé en dernier sur le parking, pour le fameux Repas de Noël (juste parce que je ne voulais pas arriver trop en avance)
vendredi 15 (Cirque Poussière)
dans ce spectacle que j'ai vu grâce à une amie d'amie qui ne pouvait y assister, un très joli moment  sur What a wonderful world, joué au violoncelle et à la trompette au centre d'un plateau tournant, chanté par un gros garçon  à la voix divine qui tourne en vélo autour du plateau, et accompagné par des bouteilles musicales  qui tournent (ou pas) sur le bord du même plateau
samedi 16 (achats)
très mauvaise idée que de vouloir aller ce jour en grande surface pour racheter un réveil (l'écran à cristaux liquides du mien vient de s'effacer à tout jamais ce matin justement) : les parkings sont pleins (et il y a même des bouchons sur les voies d'accès) tellement il y a de gens qui font -ou vont faire- leurs courses de Noyel : finalement j'en trouverai un à Prisu (pardon, à Monop')
dimanche 17 (au téléphone)
c'est la première fois que j'entends Dominique prononcer une phrase comme "Je ne suis pas très chaude pour une balade..." (mais elle a raison, le temps n'y incite guère...)
lundi 18 (hall du cinéma)
il est désert, je croise à la caisse Jacky qui va voir Khibula (ils y seront trois), moi je vais voir Va, Toto! (j'y serai un)
mardi 19 (recherche)
Impossible de trouver, (d'abord en vrai dans les rayons, puis en virtuel dans mon historique) ce livre que je m'étais proposé d'acheter comme cadeau (il ne s'agit pas, comme je pensais du Dossier Madeleine, mais bien du Madeleine Project)
mercredi 20 (culturebox)
le hasard me fait découvrir que le concert de Bachar Mar Khalifé et Jeanne Cherhal en hommage à Barbara est visible dans son intégralité, et ce pour un an (je le regarde, c'est très beau, et je pleure, en effet, entre autres à Gottingen)
jeudi 21 (dans la voiture)
difficile d'en sortir en tenant en même temps tous les sacs posés sur le siège avant : celui avec les chocolats, celui avec le morbier et les deux pots de cancoillote, celui avec les livres rendus / prêtés par Pépin, plus mon sac à dos, et aussi les trucs achetés à Super U (et quand on réussit à tout tenir dans la même main, on réalise que la clé de la maison est dans l'autre poche du pantalon, et qu'il faut donc tout changer de main)
vendredi 22 (transport)
ce plateau de gâteaux confectionnés par les mamans de l'école maternelle que j'avais acheté, que je suis allé chercher à l'école, puis que j'ai ramené chez moi, et que, réalisant que je partais le lendemain, j'ai finalement porté aux voisins pour qu'ils en profitent
samedi 23 (bus Lyon/Clermont)
profitant de l'obscurité complice, Dominique, à 19h35, a enlevé ses chaussures, puis, à 36, carrément ses chaussettes
dimanche 24 (Marsat)
Cherchant l'église, nous avons rencontré un joli joggeur, auprès duquel nous nous sommes enquis du chemin à suivre, qui n'a d'abord pas su nous répondre, mais qui a poussé la gentillesse jusqu'à revenir, quelques minutes après, pour nous expliquer le chemin de cette fameuse église
lundi 25 (Riom)
à chaque instant, dans cette immense maison familiale des V., m'étonner et me réjouir de la quantité (et de la qualité scénographique) des ouvertures et fermetures de toutes ces portes diverses et répétées
mardi 26 (la "soirée Boutin")
qui fut au centre de toutes les préoccupations de la journée, dans sa préparation, sa mise en place, et, finalement, sa réalisation (13 personnes, tout de même) et, bien sûr, sa réussite
mercredi 27 (Noz de Riom)
Malou et Dominique m'y ont retrouvé, après m'y avoir déposé un peu plus tôt, et nous avons, du coup, acheté tous les trois des bonnets (Dominique en voulait un comme celui que j'avais acheté au Noz de Vesoul)
jeudi 28 (Lyon Perrache, gare routière)
ce très gentil (et souriant) co-voyageur américain qui m'a rejoint dans le hall pour me tendre, avec un grand sourire, mon cher bonnet que j'avais laissé tomber je ne sais pas trop où
vendredi 29 (lecture)
J'entame Le point de vue du lapin, de Yann Dedet, offert par Malou (cadeau qui m'a beaucoup touché), qui raconte -ô nostalgie, ô ma jeunesse enfuie- l'histoire du tournage de Passe-Montagne (de Jean-François Stévenin)
samedi 30 (Super U)
finissant mes courses et passant à la caisse, je croise Manue qui vient faire les siennes, pas possible de boire un café (l'espace est fermé) nous discutons -assez longuement ma foi- devant les sacs de terreau
dimanche 31 ( caisse du Super U encore!)
le plus doux des gestes, pour le dernier jour de cette année : un ancien élève (il a maintenant 27 ans!) à l'oeil aussi noir que la barbe, qui m'étreint -un vrai hug- pour me souhaiter la bonne année (ému que je l'aie reconnu et appelé par son prénom), je suis -très- ému aussi, et même la caissière...

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dimanche 31 décembre 2017

top 21 films 2017 (18 + 3)

et voilà, rituellement, les films qui ont fait mon bonheur cette année... enfin, bonheur, façon de parler, je réalise que, dans l'ensemble, ça n'a rien de très guilleret cette sélection, et surtout, emblématiquement,celui qui ouvre la marche, que je range à part, le seul qui n'est pas "un film de l'année"
a) parce qu'il s'agit d'une trilogie
b) parce que ces films  (1972, 1975, 1979) que j'ai seulement découverts cette année, figurent parmi les plus sublimemennt désespérés (et désespérément sublimes) que je connaisse, il s'agit des trois films autobiographiques de Bill Douglas (My childhood, My ain folk et My way home), dont je ne me suis toujours pas remis, et que je tenais donc à faire figurer à la place d'honneur :

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*

Voici tous les autres,  rangés par ordre alphabétique :

 

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(parce que c'est un film emblématique, excessif, et qui sent le cramé)

1695604

(parce que Joaquin, Joaquin, ooooh Joaquin...)

375487

(parce que trois amis iraniens qui font -joliment- du camping...)

185176

(parce que ma plus belle histoire d'amour c'est vous, Jeanne B.)

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(parce qu'elles sont juste toutes magnifiques -j'inclus la réalisatrice-)

588369

(parce qu'un enfant qui pleure en silence derrière la porte)

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Glasses (film de festivâââl), celui qui ouvrait la danse...

567391

(la première fois que j'aime autant un film des frérots Safdie)

542071

(parce qu'il y a forcément toujours, au final, un film de la Semaine Belge)

369467

(parce que j'adore l'humour finlandais, l'humanité et la concision d'Aki)

142684

(parce que les Portugais sont gais -um-)

262186

(parce que, parce que... juste parce que Hong Sang Soo, tiens)

043650

(parce que les Portugais sont gais -dos-)

086033
(parce qu'encore une fois, tiens, Hervé avait raison...)

219700

(pour toutes ces demoiselles, sans oublier le congélo...)

482159

(parce que les Portugais sont gais -três- !)

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(Quand le Japon fait les yeux dos à Tarkovski)

3761032

(des scènes d'amour filmées comme des scènes de violence, et vice-versa)

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(boire du vin de pastèque immergé dans sa grotte n'est pas un antidote suffisant)

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(une bouffée d'air marin, de campagne, de rêves -et de tendresse aussi-)

*

en faisant les comptes par pays il apparaît :

pays à un film :
 Russie, Finlande, Corée, Italie, Belgique
pays à deux films :
 Iran, Japon
pays à trois films :
France, Portugal
pays à quatre films :
USA, Grande-Bretagne

(... tiens, c'est une année sans Roumanie... mais avec cinq réalisatrices!)

*

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samedi 30 décembre 2017

diorama

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LE MUSÉE DES MERVEILLES
de Todd Haynes

Il était normalement programmé sur la semaine (en principe 6 fois) mais voilà que ce sont les vacances de Noyel à compter de ce soir! Arghhh! Il faut être sûr que les clients spectateurs puissent ne voir que des merdes pendants les vacs, et donc il fut programmé -imbécilement- deux fois hier et deux fois aujourd'hui (dont deux séances à 13h45!) et donc circulez cochons de payants y a plus rien à voir, et je voulais juste râler et dire combien tout ça m'exaspère... Alors je fais comme dans l'histoire du Roi Midas, je fais un petit trou dans la terre le ouaibe, je dis dedans ce que j'ai à dire et je rebouche le trou...

Respirons à fond, faisons za-zen et revenons-en au beau film de Todd Haynes qui ne mérite pas tant de colère. Je l'avais raté à Besac, malgré le vif enthousiasme de Jean-Luc, et donc je l'attendais, comme on dit, de pied ferme, Todd Haynes étant à mes yeux un cinéaste plaisant dont Julianne Moore fut plusieurs fois la muse...
Donc, on a, au départ, deux films pour le prix d'un, le premier, en noir et blanc, est l'histoire d'une petite fille sourde (jouée par Millicent Simmonds, une gamine archi-bluffante), qui fugue à New-York pour aller retrouver une actrice dont on apprend qu'elle est sa mère, qui l'a visiblement laissée en dépot à la campagne et ne s'en soucie guère, le second est en couleurs, se passe dans les années 70 et raconte l'histoire d'un jeune garçon (Oakes Fegley, qui mérite presque autant d'éloges que la fillette) devenu subitement sourd à cause de la foudre, et qui fait lui aussi une fugue à New-York, pour y retrouver un père qu'il n'a jamais connu, mais sur lequel il possède de vagues indices (une publicité pour une librairie). Le film est ainsi construit en strates alternées, les deux histoires filent en parallèle, la mise en scène (et la musique) permettant des chevauchements et transitions diverses (et heureuses).
Todd Haynes n'est pas un plaisantin, et il a soigné autant ses deux histoires, aux petits oignons, on y voit vivre le cinéma des années 20 et celui des années 70, la reconstitution frôle la perfection (et qui dit parfait n'est pas loin de dire maniaque), et tout ça, comment le dire autrement, est  absolument magnifique.
Le spectateur mu (juste après lambda) se dit qu'il y a bien une raison à cette alternance d'histoires, qu'il y a forcément un rapport, un point commun, il note les années, il calcule sur ses petits doigts (ou dans sa tête) et il finit par trouver (j'avais deviné avant que le réalisateur ne finisse par nous mettre les points sur les i, mais bon ce n'était pas très difficile) ce qui s'est joué (et c'est hihi Julianne Moore la clé de l'histoire...).
(mine de rien je rédige ce post après une semaine de vacances et d'agapes, et des choses se sont évaporées, forcément).
New-York d'avant-hier et d'hier, des histoires de famille, de surdité aussi (les gens qui pratiquent la LSF auraient pu en profiter, je les y ai invités, enfin, certains, -n'est-ce pas Pépinou ?- mais, visiblement, en vain tant pis pour eux) , des enfants, des musées, des maquettes, des loups (ouh ouh!), des retrouvailles et de la musique, de la musique, de la musique (qui est comme le quatrième mur du récit), tout pour faire des heureux dans les salles obscures en cette fin d'année (s'ils ont pu, bien sûr choper au vol une des quatre malheureuses séances... bon j'arrête je me fais du mal)

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vendredi 22 décembre 2017

pression positive continue (appareil à)

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VA, TOTO!
de Pierre Creton

Un film dont sort comme d'un rêve (dont on ne sort pas vraiment, en fait). Puisque j'avais la salle pour moi tout seul (une séance de 20h30, pourtant, mais je savais que Jacky aussi était plus ou moins seul dans la sienne pour Khibula). Un film dont le générique de fin vous confirme à quel point il est plein de douceur.
Un film qui apaise, un film qu'on a envie de caresser, de dorloter. D'apprivoiser et de garder pour soi, comme le Toto du titre (il s'agit d'un marcassin, recueilli par une vieille dame).
Un film rural, terrien, avec des paysans, des chasseurs, des fusils, des villageois et des adjoints au(x) maire(s). Avec des voix qui n'appartiennent pas aux personnages qui les disent, aux corps qui les incarnent (je ne m'en suis aperçu qu'au générique de fin). Des voix amies, Françoise Lebrun, Rufus, Jean-François Stévenin, Grégory Gadebois. Et des ami(e)s, qui ne font que passer, Catherine Mouchet, Sabine Haudepin, Xavier Beauvois. Un film à l'apparence terrienne mais à la trame, à l'essence, très mystérieuses.
J'ai pensé à Alain Guiraudie, à Vincent Dieutre,  à Pierre Trividic (d'ailleurs ici co-scénariste) et Mario Bernard, à ces films autres, lanternes magiques en forme de journal intime, ce goût de raconter des histoires, d'en dire certaines, d'en montrer d'autres, cette façon de dévier subtilement le réel (cette évocation des "fééries villageoises" - je guillemette à dessein - décrites de l'intérieur, en vrai,  et non pas fantasmées  depuis derrière son petit bureau par je ne sais quel voyeur de loin urbain), bref cet enchâssement de l'odeur du vrai dans les vapeurs du rêve, cette envie mi-dite mi-tue du corps des hommes, de leur proximité, du désir qui les lie.Et de  la façon dont chacun(e) gère son histoire, sa place, son récit propre (Pierre et Wattetot-sur-Mer, son village, Vincent et les singes, en Inde, Joseph et sa machine à respirer. Et, bien sûr, Madeleine et Toto) et interfère avec ceux des voisin(e)s. Chacun pour soi et le film pour tous.
Du cinéma comme une nécessité, et des histoires comme une réalité. Film d'observation, d'observatoire, même. Mais avec quelque chose d'indicible (d'indéfinissable) qui vient s'interposer entre le film et celui/celle qui le regarde, que Shakespeare nommerait l'étoffe dont les rêves sont faits.
Ce qu'on pourrait nommer poésie, en tout cas une forme de poésie qui me touche et me fait résonner (bien plus que raisonner) où la simple exposition / juxtaposition de fragments du réel provoquerait un bouillonnement, une floraison, inattendu(e)s.
Un film (je devrais écrire un films) brutasson, comme la vieille dame qualifie son Toto de marcassin (pour un genre de film qui n'existe pas, utilisons un adjectif qui n'existe pas non plus, d'ailleurs c'est significatif : allocinoche le range dans la catégorie "divers"...).
J'en suis resté baba, tout chose, assis dans mon fauteuil au milieu de la salle rallumée et vide.
Et grâce à une des critiques lues, je sais pourquoi le film s'appelle ainsi, question que je m'étais à plusieurs reprises posée (mais si j'avais été un peu plus attentif j'aurais pu le deviner tout seul).

Et j'y suis retourné, le lendemain, à la dernière séance (à 18h cette fois, et nous y étions six), parce que ça me chiffonnait d'avoir un peu dormichouillé la veille, et je voulais ne rien en avoir manqué. Et j'ai bien fait. Je l'ai donc (re)vu intégralement, identifiant ce qui me manquait (principalement les scènes de Vincent en Inde avec les singes, qui forment un peu le contrepoids de celles de Pierre à Wattetot). J'aime cette instabilité du récit, ce sentiment continuel d'extrême simplicité (les images enregistrées) tout autant que de complexité mentale (la façon dont les choses sont agencées). Et je me suis une nouvelle fois (plus encore que la première, puisque d'une part je n'avais plus l'effet de suprise et d'autre part j'avais tous les éléments en main. Et je suis sorti, après avoir une nouvelle fois savouré ce générique doux, dans un état voisin de, comme quand j'étais plus jeune, celui dans le quel j'étais après une cigarette qui fait rire.
Un film qui aurait, finalement, tiens on y revient, quelque chose à voir avec le magnifique Seule la terre, vu il n'y a pas si longtemps (et qui sera dans notre prog et le bôô cinéma dès le 10 janvier qu'on se le dise...). Si, si. Comme un reflet déformé, lointain, (un écho) mais qui parle pourtant à peu près des mêmes choses. Quelqu'un de la (même) famille, sans aucun doute.
Bon, quoi, pour dire les choses simplement, j'adore les films qui parlent, entre autres, de paysans gays.

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jeudi 21 décembre 2017

w.i.n.t.e.r

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OH LUCY!
de Atsuko Hirayanagi

Un joli film japonais, ou plutôt mi-nippon mi-américain. Une employée de bureau à l'allure tristounette (et à la vie idem) se voit un peu chamboulée lorsque sa nièce lui propose d'aller à sa place  aux cours d'anglais/américain qu'elle a payés mais auxquels elle ne peut plus assister. Le professeur est un aimable jeune américain qui emploie des méthodes inhabituelles, à base de conversation, de perruques et de hugs (très ricains, pour se saluer). Tetsuko devient donc Lucy, et prend goût aux hugs (surtout ceux de John). Mais lorsque ledit John va soudain disparaître, prenant la poudre d'escampette avec la jeune nièce, direction les Etats-Unis, Tetsuko/Lucy ne va faire ni une ni deux et partir à leur recherche, en prenant quelques jours de congés, en compagnie de sa soeur (avec qui elle n'arrête pas de se chamailler...)
Et le film part à sa suite. Comment dit-on déjà ? Ah oui, "le choc des cultures" (et "la barrière de la langue")... Deux japonaises qui parlent assez mal l'américain, des américains qui ne parlent pas trop japonais... pas trop facile de s'entendre et de se comprendre. Deux japonaises avec leurs grosses valises encombrantes qui vont d'abord retrouver John, et l'embarquer à la recherche de la nièce... Les choses se compliqueront encore  dans un motel very american où tout ce monde va s'entrecroiser lors d'une longue nuit plutôt agitée, selon une mécanique de portes qui claquent que n'aurait pas renié un Feydeau modernisé (portes de chambres et portières de voitures), où la mécanique des sentiments (contrariés ou pas) peut conduire à certains excès qu'on est susceptible de regretter au petit matin... J'aime la très plaisante (et grinçante) façon dont la mécanique se déglingue progressivement. Dont les deux univers ne sont pas forcément miscibles (comme ketchup et wasabi, pour vous donner une idée).
Avant un épilogue "back to Japan" qui boucle la boucle sentimentalo/professionnelle pour Tetsuko (qui est tout de même, il faut le reconnaître, une personnage assez singulière).
Une comédie des sentiments un peu cruelle (normal, c'est japonais) dont la "petite musique" aigre-douce est revigorante et m'a ravi...
Merci à Nour (le distributeur) de nous avoir permis (entregent...) de le découvrir avant sa sortie(le film sortira fin janvier 2018), et de pouvoir en dire tout le bien qu'on en pense...

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... même si l'affiche est trompeuse et ne fait pas honneur au film
(non ce n'est pas un film sm nippon avec bondage et fouet...)

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et celle-ci pas tout à fait non plus, me semble-t-il,
mais serait un poil plus juste...

 

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dimanche 17 décembre 2017

judas! judas!

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KHIBULA
de Georges Ovashvili

Georges Ovashvili est un réalisateur géorgien dont on a déjà programmé (dans le bôô cinéma) les deux premiers longs-métrages (L'autre rive et La terre éphémère), qu'on aima ici beaucoup, et il était donc logique qu'on fasse de même avec ce troisième (le programmer et beaucoup l'aimer). C'est chose faite (même si on n'était que 3 à la première séance, pour cause d'horaires non seulement inadéquats -les séances de 13h45 dites "séances de retraités"- mais également fluctuants et imprévisibles... Oui c'est comme ça dans le bôô cinéma, et de plus en plus -et j'avoue que ça commence à me courir-...)
Cette fois (revenons à notre Georges O., qui n'y est absolument pour rien) il s'agit d'une histoire vraie, celle d'un Président, Zviad Gamsakhourdia, qui a été destitué suite à un putsch (l'histoire est complexe, et j'avoue que j'ai eu recours aux services de wikipédiuche pour en savoir un peu plus) et s'enfuit, entouré d'un groupe de fidèles partisans, poursuivi par une "junte" dans une traque dont on pressent bien qu'elle ne s'arrêtera jamais... Fuir, et encore fuir... A travers les magnifiques paysages géorgiens (Ovashvili est un extraordinaire filmeur de paysages, entre autres) il se réfugie, avec son groupuscule, une garde rapprochée de rudes gaillards géorgiens, (et en compagnie de son -attendrissant- Premier Ministre), dans des fermes, des maisons isolées, rencontre des gens, mais jamais pour très longtemps... A chaque fois il faut repartir. Le voyage, dans cette marche forcée, cette fuite en avant inéluctable, est tiraillé entre le lyrique et le glaiseux, entre la poésie et le terre-à-terre.
J'aime ce film parce qu'il fait partie du genre de biopic que je préfère : le biopic allusif (ou biopic par la bande). On peut très bien voir le film sans savoir qu'il s'agit d'un vrai fait-divers, mais comme une histoire abstraite, juste cinématographique, une méditation (j'avais écrit médiation, ça n'est pas mal non plus) sur le pouvoir et la solitude qu'il engendre (même s'il est toujours entouré, accompagné, il est néanmoins très seul, ce Président), un déplacement doublé d'un survol "folklorique" de la Géorgie, ses chants et ses danses (ça chante beaucoup dans le film, des femmes parfois, des hommes souvent, on n'est pas chez Jacques Demy, mais à chaque fois ou presque c'est très émouvant), une progression dramatique rectiligne en apparence, mais dont on s'aperçoit au fur et à mesure qu'elle est délicatement trouée de lambeaux oniriques. Ces beaux surgissements émaillent le récit de chausse-trapes le rendant délicieusement instable.
Et j'aime beaucoup cette idée de laisser, à la fin, notre héros face à son miroir, le rasoir à la main, sans trancher (!) entre les différentes possiblités que le dernier déroulant nous exposera par écrit  : suicide ? assassinat ? C'est -presque- à nous de voir. La seule certitude c'est qu'il est mort, le 31 décembre 1993, dans le village de Khibula...
Encore un autre film fascinant (cette fin d'année nous les aligne), où l'on apprend plein de choses, notamment que
1) en Géorgie on boit de l'alcool de grenade
2) en Géorgie, à 19 ans, on peut déjà avoir une grosse barbe bien drue
3) en position automatique, un flingue lance toutes ses balles, mais si on appuie sur ce bouton, là, il ne part plus qu'une seule balle à la fois
(le sens du détail)

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Posté par chori à 06:34 - - Commentaires [0] - Permalien [#]