dimanche 22 septembre 2013

dalaï-lama

(fin de rêve)

je dois assister à un spectacle (ou un concert ,) du dalaï-lama. C'est un peu compliqué à se mettre en place. on est en extérieur, des gens sont déjà assis sur quelques bancs (il y a notamment Catherine D, avec sa petite fille -c'est un bébé tout nu qu'elle tient par un pied, comme un enfant le ferait d'un poupon, d'ailleurs sa tête frotte un peu sur le sol).
Je passe "à côté", pour chercher des sièges, peut-être, il s'agit d'une grande pièce, comme une scène de théâtre, ouverte sur le devant, avec des hommes en tenue de travail (peut-être que quelque chose de drôle s'y dit, en tout cas j'ai tout oublié de cette partie-là).
ON va s'installer pour le spectacle. il ya une scène toute en longueur, le long de la quelle court un petit muret en ciment, c'est là que les spectateurs vont s'installer, à genoux (je comprends à présent pourquoi mon voisin a apporté avec lui un petit coussin jaune : pour y poser ses genoux). c'est d'utant plus pénible qu'il y a, à l'endroit où je vais m'installer parce qu'il est resté libre, des petits morceaux de verre, de canette cassée. je trouve ça dangereux, et je comprends pourquoi cette place est restée libre.
A côté de moi viennent d'installer une petite fille maghrébine et sa grand-mère, qui n'ont pas du tout l'air de se soucier du spectacle qui va commencer : la fillette sort du sac de la grand-mère un puzzle, des livres, etc.
Arrive sur scène un homme qui nous dit que le lieu en question (où nous sommes installés) avait, en réalité, été choisi pour être (? une synagogue , une basilique ?), je lève la tête et je m'aperçois qu'effectivement il y a une voûte très haute, des colonnes, et des splendides peintures murales un peu effacées (comme en Inde) dont on aperçoit surtout des à-plats de couleurs bleu-vert et gris.
Le spectacle ne commence toujours pas, on est désormais assis à des tables en bois, de huit ou dix, à discuter, certains boivent, moi j'ai envie de pisser mais je me retiens. Arrive Pépin, avec des lunettes de soleil, qui s'assoie en face de moi et, quand je lui demande s'il va assister au spectacle, répond par la négative (je me demande alors ce qu'il fait là), je commence à l'engueuler à ce propos, il se lève et s'en va (il y a au bout de la table un genre de baie vitrée par où je pourrais le vois partir si je voulais le regarder, mais j'ai mis ma main droite pour me faire une oeillère (comme les chevaux) pour ne pas le voir.
Ca va bientôt commencer, il va falloir se dépêcher, finalement, je prendrais bien une bière (il ne reste plus qu'une bouteille sur la table)le mec qui est en face de moi, qui a aussi des lunettes de soleil  et qui est comme une imitation de Pépin me fait signe de l'ouvrir sur le rebord de la table. Pas question, je ne sais pas faire ça, j'essaie de tourner la capsule et ô miracle elle se dévisse, je réalise alors que la bière avait déjà été ouverte et refermée, qu'il en manque la moitié, que c'est une bière très particulière, quasiment incolore et apparemment sans bulle, et qui provient de plus, d'un pays très étonnant (peut-être un pays musulman ?) Je m'extasie et je vais la boire
Le spectacle n'est toujours pas commencé, nous nous sommes réinstallés, mais cette fois(ci les tables où nous étions assis pour boire en attendant ont été installées sur scène, et il ya visiblement beaucoup de gens qui sont partis. Le public est  à présent très clairsemé

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vendredi 20 septembre 2013

les hommes préfèrent les hommes

Les hommes préfèrent les hommes
ils s'entrebaisent comme
les bijoux de la reine
dans le coffret d'ébène
Même chez les truands
on les voit dans le sang
agitant leur sacrum
en hommage à Sodome

Les hommes préfèrent les hommes
Les hommes préfèrent les hommes

Dans la pègre et les guerres
on les voit tels des frères
ennemis se saignant
pour les mignons régnant
Ramdam chez les valseuses
surins et sulfateuses
Les hommes préfèrent les hommes
c'est tant pis pour nos pommes

Les hommes préfèrent les hommes
Les hommes préfèrent les hommes

Il y avait jadis
les blondes les actrices
mais c'est l'ère du verseau
surtout chez les barbeaux
Le milieu la mafia
la déesse aux cent doigts
barbouillés de sang yang
comme le Yang-tsé-kiang

les hommes préfèrent les hommes
c'est naturel en somme

Eros en a assez
des vamps et des poupées
il lui faut un grand nombre
de dards et d'oeillets sombres
de muscles, de poils drus
de violence et de culs
Puisqu'ils sont tous pédés
songeons à nous armer

les hommes préfèrent les hommes
c'est tant pis pour leur pomme
les femmes préfèrent les femmes
c'est un joli programme

brigitte fontaine

 

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deux chevaux

MICHAEL KOHLHAAS
d'Arnaud Des Pallières

Tout le monde (enfin, tous les gens que je connais et qui l'avaient vu) en disait le plus grand bien. Mais un je-ne-sais-trop-quoi me retenait encore. Peut-être que je n'ai pas vraiment le goût pour les moyen-âgeuseries (mon dieu mais comment faisaient-ils donc, sans téléphone, sans internet, sans voitures et sans fils électriques), les reconstitutions y afférant, et donc les obligations de tournage (châteaux délabrés, et aux lieux encore desélectrisés) qui font qu'on sait ce qu'est faux. Donc nous y voilà, escarpements, plateaux parcourus par un vent quasi omniprésent, cataclop cataclop chevaux, et, enfin, notre Michael Kohlhaas, incarné par un Madds Mikelsen que les friands de films danois n'auront pas manqué d'avoir repéré depuis belle lurette. C'est vrai qu'il en impose, le bougre, tant au niveau de la belle gueule virile que de la musculature qui va avec.
Notre Michaelou s'en va donc-t-à la foire, pour vendre des chevaux (magnifiques) dont il fait commerce, quand voilà-t-y pas qu'on lui barre le passage sur un pont, un obscur et jeune baronnet lui demande un droit de passage, qu'il ne peut acquitter qu'en laissant en gage, jusqu'à son retour, deux magnifiques alezans (je ne sais pas si c'en sont, mais le mot sonne grave bien) et son valet, pour s'en occuper.
Las! quand il revient, les deux chevaux en question sont tout pourris (on les a attelés pour les travaux des champs) sales et mal nourris, et le valet ne vaut guère mieux, sur lequel on a -lâchement- lâché les chiens. Michael K. en est très vénère, et va tout faire pour obtenir réparation : il veut récupérer ses caballos dans l'état où il les avait prêtés en entrant : nickel. Mais nous sommes au Moyen-âge (et qui plus est d'après une pièce de Kleist, vous vous doutez donc bien que ce n'est pas synonyme de grands claquages de cuisse pour cause de fou-rire), et tout va aller de mal en pis : dépot de plainte, rejet, re-dépot, re-rejet, prise d'armes, levage d'armée, révolte de gueux, etc., dans une escalade impitoyable dont on suppute l'inéluctable issue. (et on ne s'y trompe guère d'ailleurs).
Arnaud Des Pallières est incontestablement un réalisateur intéressant (j'avais été sidéré jadis par son premier doc sur Disneyland, quasi lynchien), et, malin qui, à épopée moyen-âgeuse, choisit une musique adaptée, et une forme idem (idoine, celle de la chanson de gestes avec des y à la place des i -comme dans l'Opoponax  : rois Desramés à sa barbe jurée ke Guibors en à cevaux traïnée- ) dans une forme singulièrement pure et respectueuse (un peu comme Rabah Ameur Zaïmèche et ses Chants de Mandrin).
Sans compter le plaisir d'y voir, dans l'épopée, fleurir passagèrement quelques trognes aimées -viriles- : Jacques Nolot, justement, et Bruno Ganz, et Jean-Louis Coulloc'h, et Sergi Lopez sur un bourricot, et Denis Lavant en religieux, magnifiquement et mystérieusement (intérieurement) calme.
Du beau linge, enfin, métaphoriquement puisque tout ce joli monde s'en va plutôt crotté (pas de machines à laver non plus, au moyen-Age). Une belle épopée, bruit et fureur, où on ne comprend pas toujours exactement de quoi il retourne (qui attaque qui, qui veut quoi contre qui) avec au beau milieu le passage in/attendu d'une princesse très plausiblement moyen-âgeuse, à la beauté singulière d'un grand et sombre oiseau, au visage pourtant d'albâtre. A qui incontestablement Michael K. produit un certain effet (au moins autant sinon plus qu'à nous, spectateurs décoiffés par le grand vent de cette aventure) mais pour qui ce ne sera pourtant pas suffisant.

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jeudi 19 septembre 2013

brigitte

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Quel plaisir, oui quel plaisir de la retrouver... Passé le léger choc que provoque sa voix la première fois que l'on l'y entend, voici un album que j'ai écouté et réécouté depuis hier, avec un bonheur croissant, et tout spécialement (comme en ce moment, en boucle) deux titres, les titres 11 : Les hommes préfèrent les hommes et  12 J'aime.

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dimanche 15 septembre 2013

à propos de rêves...

 

traduction :
comment un sentiment réel (le froid, ou du moins le changement de température parce qu'on a rabattu la couette), devient, dans le rêve, la sensation d'un gros chien qui rentrerait soudain dans le lit en faisant un peu le fou (en même temps que la question est-ce qu'on a bien fermé la porte en bas ?)

transitions :
je suis dans ma voiture, je traverse un parking (de routiers), je vois notamment une dame, brune, avec une queue de cheval, dans son bahut (rouge), je vais en direction de l'autoroute (je vois l'embranchement et les panneaux, un peu plus loin sur la droite)
je suis sur cette route, mais à pied, et je marche avec Régis sur une route infiniment droite (et étroite) qui monte et qui descend, on la voit jusqu'à l'horizon, il me semble qu'elle longe une rivière
Je suis toujours sur cette même route, qui traverse d'abord des baraquements de chantier(...), puis traverse carrément une maison où toute la famille, attablée et souriante, nous salue, mais je ne suis plus du tout avec Régis, je suis avec ma soeur, et un charmant jeune homme barbu. Le chemin s'arrête devant une sorte de vasistas, au sol, à moitié ouvert, mais visiblement pas assez grand pour qu'on puisse continuer. Je montre le vélux, au dessus, à travers lequel on pourrait passer, mais il est trop haut, et le jeune homme qui essaie en premier, dit qu'il n'a pas assez de prise pour y grimper, je dois donc le porter, puis je fais la même chose avec ma soeur en me disant qu'avec elle ce sera plus facile, puisqu'elle est bien plus légère (et avec l'arrière-pensée que, quand il ne restera plus que moi, comment vais-je faire pour grimper jusqu'au vélux ?)

reproductions :
un groupe qui avait sorti un cd dont le livret était fait entièrement d'illustrations tirées d'un vieux dictionnaire Larousse, ce qui me remplissait de joie

translations :
une file de gens (principalement des enfants) qui font la queue pour aller aux toilettes (la file est si longue qu'on ne voit pas la porte des toilettes en question (c'est Maria qui a ouvert la porte, et, à ma remarque que ça n'avance pas très vite, elle répond que c'est déjà bien qu'il y en ait une d'ouverte)
se transforme soudain en
une file d'attente (uniquement des adultes) pour accéder à un comptoir où on peut acheter de la nourriture (qui est stockée dans des bacs alignés sur la droite), en principe ce sont les vendeuses derrière le comptoir qui vont chercher les denrées, mais, soudain, les choses se se précipitent, et, au sein d'une énorme bousculade, je réalise que les gens se servent eux-mêmes dans les bacs en question (sensation de "pillage"), et quand j'arrive, après m'être frayé un chemin avec difficultés dans la cohue, il n'y a quasiment plus rien au fond des bacs

répétitions :
- je cherche désespérément à retrouver ma voiture que j'ai garée je ne sais plus où (ou si je sais où, elle n'y est plus...)
- beaucoup de monde, foule, collectivité, colonie de vacances, groupe : beaucoup de gens en tout cas
- théâtre : on remonte une ancienne pièce qu'on a déjà monté (et je ne sais plus mon texte) ou on monte une nouvelle pièce (et je ne sais plus mon texte), ou je vais entrer en scène (et je ne sais plus mon texte) etc.

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mercredi 11 septembre 2013

les deux frères

GRAND DEPARTde Nicolas Mercier

J'avais vu la bande-annonce, qui m'avait paru sympathique, j'avais lu l'interview jumelée de Pio Marmaï et Jérémie Elkaïm dans le nouveau TÊTU (qui m'a d'ailleurs quasiment donné envie de m'y abonner) que j'avais trouvée plaisante, j'avais une place à tarif réduit à utiliser avant le lendemain, je n'avais lu aucune critique, et j'y suis donc allé (mon dieu , déjà! comme le temps passe vite) mercredi dernier à 14h, profitant d'un court séjour à Besac avec Pépin.
Alors ? Bof bof mais pas que, pas tout à fait. Dans la salle, à la fin, j'ai juste écrit "avec une scène finale eu mieux maladroite et au pire putassière", parce que c'est vraiment vraiment dommage de finir là-dessus, parc e qu'il y aura eu auparavant tout de même ces deux frangins : le narrateur -Marmaï- bien coiffé bien rasé bien costumé executive (l'hétéro) et son grand frère echevelé bohème et dépressif -Elkaïm- (le gay). L'otarie et le phoque, pour rester dans les métaphores animalières (vous ne connaissiez pas "hétéro comme une otarie" ???). Deux frangins aussi différents que possible, qui se chamaillent et se grognent à la figure, surtout à partir du moment ou leur père -Eddy Mitchell-  se chope une maladie neuro-dégénérative -si j'ai bien retenu le mot- et qu'il faut donc le placer en maison de soins et l'assumer, avec plus ou moins de vaillance. Chacun des frères a son idée sur la conduite à tenir et la façon de réagir. et bien évidemment ils ne sont pas d'accord. il ya des dialogues exquisément vachards, il y a des acteurs qui assurent (qui assument ?) - les 3 déjà nommés et la maman, Chantal Lauby, un peu injustement sous-utilisée (j'allais écrire expédiée), il y a quelques scènes mémorables (la soirée en Zorro et l'entretien avec l'employé des pompes funèbres, notamment), mais bon, tout ça ne suffit pas pour faire un grand film, c'est dommage mais c'est comme ça. Manque de souffle, manque d'audace, manque d'originalité. Vite vu, donc, et, hélas, assez vite oublié.

 

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samedi 7 septembre 2013

la chute d'un corps

UNE PLACE SUR LA TERRE
de Fabienne Godet

On y est allés un peu par hasard (on avait des places à tarif réduit, il y avait une séance à la bonne heure...) sans rien savoir du tout du film, à part son affiche. Dès le début, j'ai senti que quelque chose se passait, quelque chose de fort que faisait résonner le personnage joué par Benoit Poelvorde, celui d'un "photographe alcoolique et raté". Je redis ici encore une fois l'admiration que j'ai pour ce bonhomme, surtout lorsqu'il est, comme ici, tout en retenue, minimaliste, clos. Grandiose. Ce mec-là a un charisme invraisemblable, et offre à son personnage une profondeur d'abîme, sans qu'on sache jamais exactement ni pourquoi ni comment il en est arrivé là. Il m'a véritablement scotché (je pense que j'ai passé la première moitié du film avec les larmes aux yeux, et cette chose, dans la poitrine, qui te broie un peu le coeur, sans que tu saches si c'est plus agréable que douloureux, ou le contraire. Un certain état de grâce cinématographique qui est au-delà du plaisir "normal" que peut offrir un film "habituel".)
J'ai du être sensible au fait que le personnage est photographe, "accidenté de la vie" (on n'en saura jamais beaucoup plus), qu'il s'occupe souvent du jeune fils de la voisine (qui n'est pas là souvent, -la voisine-), qu'il découvre la jeune voisine d'en face, joueuse de piano et suicidaire occasionnaire, et que de cette rencontre va naître quelque chose qui fait l'essence du film.
Je l'ai dit, la première partie du film, est, à mon sens, éblouissante (l'ironie amère de Poelvoorde, sur des dialogues très écrits, est fort réjouissante), et on peut, peut-être, regretter ensuite que l'histoire fasse un peu du sur-place, sans parvenir vraiment à se renouveler. Surtout le (beau) personnage de Poelvoorde, qui continuera imperturbablement d'écluser des godets. (C'est mon côté fleur-bleue youp la boum qui aurait sans doute voulu que tout se terminât merveilleusement bien). La faute peut-être au personnage de la jeune fille, qui reste elle-aussi peut-être un peu trop "en-dedans" pour justifier (ou pour nous permettre de mesurer l'intensité de ce qui se joue (de ce qu'elle provoque) chez le photographe. (Mais bon, c'est comme ça aussi dans la vie, quand on flashe quand on craque pour quelqu'un la personne en question ne justifie pas forcément l'intensité des transports qu'elle provoque, et la plupart du temps sans le savoir, hihi, j'en sais quelque chose puisque c'est essentiellement comme ça que je fonctionne, et toc.)
Mais bon je suis aussi extrêmement maladroit pour tenter de retranscrire ce qui, d'abord, a relevé pour moi de l'émotion pure (et l'utilisation de la musique de Phil Glass, celle de The Hours si je ne m'abuse a contribué à me perdre encore davantage), et ce n'est pas le fait d'utiliser des mots comme "mesurer" ou "justifier qui arrangera  les choses. Juste rajouter, par ce que j'ai oublié d'en parler, des affectueux décrochages qu'apporte le jeune Mathéo, le fils de la voisine, celui qui se déguise de temps en temps en princesse...
Il y a beaucoup beaucoup de malheur (et de souffrance, pas forcément dite d'ailleurs) dans le film (comme dans la vraie vie ?), pour chacun des personnages, et dans la plupart des situations. Et chacun doit faire avec. Certains font des photos (celles du film, d'ailleurs, sont très belles), boivent un coup, d'autres jouent du piano, ou font des fouilles sous-marines... il y a également beaucoup d'autres choses qui sont tues, et c'est ce qui fait la beauté et la force de cette histoire peut-être d'mour, en tout cas de recherche (affective ou un autre qualificatif qu'on aurait du mal à préciser, mais que je n'ai pas vraiment de mal à comprendre, re-hihi)
C'est en tout cas un magnifique  portrait d'homme blessé, magnifiquement incarné, porté, habité par Benoit Poelvoorde, qui vaut à coup sur infimiment mieux, que par, exemple la critique extrêmement mesquine qu'en fit, au hasard, Téléramuche.

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mardi 3 septembre 2013

le vendeur de photos de films

(queue de rêve)

J'ai un appartement dans un château (au premier étage à droite), et, en regardant par la fenêtre, je vois en contrebas un genre de stand où les gens viennent et repartent avec des grandes enveloppes kraft format A4 à la main

je suis en bas, au stand en question, et je me rend compte que c'est celui d'un monsieur qui vend des photos de films (d'où les enveloppes)

j'ai engagé la conversation, le monsieur à l'air plutôt sympathique (même s'il n'est pas très beau) et nous parlons de choses et d'autres

je suis à (? un concert ? en tout cas une pièce où il y a beaucoup de gens, qui passent dans tous les sens), et voilà que j'aperçois, un peu plus loin, dans la foule, la tête frisée du vendeur de photos de films, qui me regarde, et me fait signe qu'il me fait passer des enveloppes, lorsque je les reçois, je m'aperçois qu'il y a dedans quelques photos de films, dépareillées, qui ne m'intéressent pas vraiment, mais j'apprécie le geste (en me demandant s'il ne serait pas en train de me draguer ?)

un autre jour, je suis devant le stand du fameux monsieur, mais qui vend des choses très différentes (d'ailleurs, ne vendrait-il pas un peu de tout ?), notamment il me montre un espèce de bloc, qui lorsqu'on le prend et qu'on le rompt (comme on ferait avec une miche de pain, l'objet devient moitié noir moitié rougeâtre et se transforme en sculpture (a moins que ce ne soit le contraire ?) cet objet m'impressionne, et lorsque je relève la tête, je me rends compte qu'il n'ay plus personne derrière le stand, le monsieur est parti sans dire au revoir (je le vois, un peu plus loin qui s'éloigne dans la foule

je décide de le suivre, de le rattraper, je ne veux pas le perdre, je suis un parcours compliqué, franchit une espèce de portique (ou de porte tournante, comme à l'entrée de certains magasins, et me retrouve "à l'extérieur", dans le monde réel, une rue de Paris, avec une énorme station de métro de l'autre côté de la rue (très haute, qui pourrait évoquer le mont St-Michel), j'aperçois son nom sur un panneau, en grandes lettres blanches sur fond bleu, comme le vrai métro. La station s'appelle AUTUN

je l'ai perdu, mais je me dis que je ne peux pas rester plus longtemps dans ce monde réel-là, et qu'il faut que je reparte vite là où j'étais avant, ce que je tente de faire, illico, en rebroussant chemin

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sur les quais

GARE DU NORD
de Claire Simon

Hmmm, enfin, retour de l'amie Claire Simon. (Ah, Les bureaux de Dieu...) Il y a des réalisateurs et des réalisatrices, comme ça, pour qui j'éprouve une immense, immédiate (et pas forcément explicable) sympathie. Et je ne pouvais donc pas manquer cette avant-première, mardi soir, dans mon  Plazza Victor Hugo chéri-chéri... (où nous étions, d'ailleurs, relativement peu.)
Un jeune étudiant qui fait des sondages, une "femme mûre" avant une opération, un père qui cherche sa fille, une femme en rouge dans une période instable, voilà les quatre personnages principaux qui vont se croiser dans ce "village global", ce non-lieu ferroviaire où la fiction s'enracine (et fleurit) sur le terreau documentaire et social.
La gare comme univers autonome (et comme sujet de thèse de l'étudiant du film. (Réda Kateb, déja vu et apprécié dans un prophète et A moi seule, entre autres). Il fait plaisir aussi de retrouver Nicole Garcia, sa voix et son sourire que j'adore, et François Damiens, calme (ça fait du bien aussi), dans un rôle qui, bizarrement, se démarquerait d'abord de son personnage "réel" pour y revenir ensuite de plein fouet (et de façon pas très heureuse). La dame en rouge, enfin, c'est Mona Chokri, la jolie brunette des Amours imaginaires (ce qui pourrait plus ou moins être le sous-titre du film, d'ailleurs), dont on ne comprend pas forcément toujours le pourquoi de la présence dans la Gare.
Claire Simon nous donne à voir la naissance d'une relation affective / amoureuse entre une femme d'un certain âge et un homme beaucoup plus jeune qu'elle, et Nicole Garcia et Reda Kateb ont la force de nous y faire croire, et c'est déjà beaucoup. Dans cet  espace complexe qu'est la Gare du Nord (que je ne connais pas du tout, indéfectiblement abonné que je suis à celle dite "de l'Est"), avec ses multiples niveaux, ses escalators, ses coursives, ses encoignures et ses caméras de surveillance... la réalisatrice utilise au mieux cet espace fractionné, qui, paradoxalement rapproche les gens (il est possoble de voir à plusieurs "niveaux" mais les sépare d'autant plus (pas forcément facile de rejoindre immédiatement quelqu'un qu'on voit, et, de la même façon, plus facile de faire en sorte que l'autre ne vous voie pas ou ne puisse pas vous rejoindre).
Les gares ont toujours été des lieux pour lesquels j'avais énormément d'affection (ah, les années "Inter-rail"...), et le film de Claire Simon ne peut que confimer cette attirance...

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lundi 2 septembre 2013

la dose

GRAND CENTRAL
de Rebecca Zlotowski

Difficile a priori de parler objectivement du film. Parce Tahar Rahim waouuuuuuuuuuuh! y est extrêmement extrêmement mimi (oooh la barbette de 3 jours...). Qu'il est flanqué en outre de Denis Ménochet (viril viril aussi) et de Olivier Gourmet, tout aussi pas rasé, impérial de justesse. Les autres s'extasient Léa Seydoux Léa Seydoux, ouais, bon, ok. c'est vrai que sans elle il n'y avait pas de film, (ou alors, pas le même film : j'imagine -délirons- un triangle amoureux Rahim/Ménochet/Gourmet, cela eut fait un peu velcro lors des embrassades... et c'était définitivement un tout autre film.) Tel que, je le trouve très bien, celui-là, ne serait-ce que pour sa façon de faire un parallèle entre sentiment amoureux (ou désir) et radioactivité...
Irradiéééééé... chantait, il ya longtemps, Jacques Higelin.
Une histoire d'amour simple, donc, entre le joli Tahar mal rasé et la blonde Léa. Sauf que c'est la future femme de son pote Denis, avec qui il s'enfile des bières. Et que tous travaillent à la centrale. Boulot de merde, mal payé, dangereux. Et vie de merde qui va avec (caravane, barbeuq', pastaga). Donc a priori pas de perspectives très riantes. Juste survivre (tenter de), car avec ce job, on n'est jamais sûr de pouvoir se projeter beaucoup dans l'avenir.
Il se dit que Rebecca Zlotowski est, dans la vie, la compagne de Jacques Audiard (hmmm ça fait le même genre d'appariement que James Cameron et Kathryn Bigelow) et c'est vrai qu'il y a des fibres communes dans les tissus de leurs films. La même fascination pour la notion de virilité (en tout cas la même façon de tourner autour, le plus près possible, à renifler l'odeur que peut bien avoir cette quintessence, toutes narines ouvertes), et tout ça ne peut que me plaire. Oui, c'est drôle, quand on y pense, dans le film de Zlotowki, mêmes les femmes sont "viriles"...
On sort du film en ayant presque ce sentiment physique de la contamination radioactive, celui que ces hommes et femmes risquent à chaque instant, en se disant qu'on est complètement impuissant face à lui, comme on l'est, finalement, face au sentiment amoureux, non ? Rideau.

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