jeudi 17 avril 2014

ça tourne!

HANS WAS HEIRI
De Zimmermann & De Perrot

Et de trois! c'est la troisième création de ces deux-là que je vois (après Gaff Aff et Öper Öpis, déjà chroniqués laudativement ici), pour la première fois au Théâtre Musical (pour cause de dispositif scénique trop haut), alors que pour moi, ce sont bien évidemment des "gens de l'Espace" (c'est là-bas que je les ai découverts, et c'est là-bas que je les aime!)
Il y a deux entités dans ce tandem : un blond assez impassible, Dimitri de Perrot, keatonien quasi, c'est celui qui mixe en direct (et dont j'adore la production) et un brun assez électrique, celui qui danse et qui chorégraphie, Martin Zimmermann. Le premier officiant uniquement aux platines, le second investissant tout le reste. Il était question de carton dans Gaff Aff, de plateau instable dans Öper öpis, il sera ici beaucoup question de bois (celui avec lequel on fabrique des choses : cadres, caisses, encadrements) et de maison (carrément une "maison" carrée, de 4 appartements communicants, installée sur une structure qui la fait tourner!). Comme pour leur précédente création, les Zimm/dePerr ne sont plus seuls, et se sont entourés de 5 "circassiens" (normalement, ce terme devrait me faire fuir, mais là, bizarrement, pas du tout) parfaitement époustouflants, deux femmes (une grande blonde genre impassible et une petite brune genre contorsionniste) et trois hommes (jolis barbus) aussi doués pour yodler que pour acrobatiser en tous genres et dans toutes les situations. Et toutes les positions. Oui, c'est é-pous-tou-flant!
La maison qui tourne est judicieusement exploitée (dehors, dedans, en haut, en bas, dans tous les sens), même quand elle ne tourne pas d'ailleurs, et pendant que Zimmermann et ses acolytes courent sautent dansent crient vocifèrent borborygment, se poursuivent se rattrappent chantent glissent tombent se récupèrent, Dimitri de Perrot, en bord de scène, mixe, et c'est beau beau beau (j'étais content de constater qu'Emma à la fin était tout aussi enthousiaste que moi sur ce point!).
Toute cette belle énergie est complètement fascinante, qui plus est sans un mot, et la virtuosité de ses interprètes ne peut que forcer l'admiration, chacun d'eux étant appelé, successivement, à venir faire son "numéro" sur le devant de la scène (comment "tenir" dix minutes, par exemple, juste en essayant de s'assoir sur un tabouret... Pépin m'a appris en rentrant que ces numéros-là s'appelaient des lazzi...) mais tout aussi joussivement à deux, à trois, à quatre, voire tous ensemble. Oui, on se régale!

zimmdeperr1(la maison qui tourne, en entier)

zimmdeperr3(la maison qui tourne, détail)

zimmdeperr5(la maison qui tourne, détail)

zimmdeperr4(Les Zimmermann/de Perrot faisant les idiots)

zimmdeperr2

(les mêmes, au naturel)

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mercredi 16 avril 2014

des livres

que j'attendais :

carver
(trouvé chez Noz, pour 2,99)

michals
(trouvé sur ebay, pour 15€)

Cortazar

(acheté en librairie)

7770941045_caprice-de-la-reine-de-jean-echenoz

(acheté en librairie)

 

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dimanche 13 avril 2014

micro132

*
j'ai pris tellement de plaisir à (re)voir en salle 2 automnes 3 hivers
que j'ai préféré ne pas enchaîner avec Only lovers left alive

*

mes nuits en rondelles

*

 circoncision et circonscription, scrutin et scrotum, élections et érections...
Tout n'est que sexe

*

 histoires de serrures et de clés

*

je me suis surpris moi-même en décidant d'acheter ce disque de motets de Francis Poulenc

*

 j'ai confondu foie de veau et langue de boeuf

*

Sur les parkings, ils ont enlevé les poubelles et les ont remplacées par des panneaux
"dépot sauvage interdit"

*

les filles d'Au revoir Simone ont-elles été engagées par Etienne Daho juste pour faire "lalalala"
sur la chanson-titre de son dernier album?

*

Bientôt la saison 4 de Louie...

*

plaies variqueuses (l'apparence en est aussi peu plaisante que l'appellation)

*

le sentiment exaltant d'avoir enfin réussi "le" gâteau-cocotte,
tel qu'on le mangeait quand on était petit
(ou tel qu'on croit s'en souvenir)

*

 "les petits, montrez aux moyens comme vous êtes grands..."

*

ce matin, à l'étal du fleuriste, une cagette avec "buis à bénir, servez-vous"
J'en déduis qu'on doit être le dimanche des Rameaux

*

Peu de gens utilisent encore l'expression "faire ses commissions"...

*

 Me revient cette plaisante expression :
"Ils ont fait Pâques avant les Rameaux"

*

La lumière du nouveau lampadaire est si forte
que la route, par la fenêtre, semblerait être enneigée

*

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dimanche 6 avril 2014

2 films sinon rien

si je pouvais regarder la télé tous les soirs, je me serais concocté un calendrier de "soirées à thèmes"

Samedi 5, sur CINE+CLASSIC : Soirée Sorcières
20h45 :MA FEMME EST UNE SORCIERE (René Clair)
22h : LA SORCELLERIE A TRAVERS LES ÂGES (Benjamin Christensen)
Dimanche 6, sur CINE+CLASSIC : soirée Vecchiali
20h45 : FEMMES, FEMMES (Paul Vecchiali)
22h45 : LES RUSES DU DIABLE (Paul Vecchiali)
Lundi 7, sur Arte : Soirée "chefs-d'oeuvres découverts (par moi) tardivement"
20h50 : LE MEPRIS (Jean-Luc Godard)
22h30 : VOYAGE EN ITALIE (Roberto Rossellini)
Mardi 8 sur TCM CINEMA : Soirée Coppola
20h40 : RUSTY JAMES (F.F. Coppola)
22h10 : JARDINS DE PIERRE (F.F. Coppola)
Mercredi 9 sur Arte : Soitée Petzold
20h50 BARBARA (Christian Petzold)
22h35 : CONTRÔLE D'IDENTITE (Christian Petzold)
0H15 : JERICHOW (Christian Petzold)
Jeudi 10 sur CINE+FRISSON :Soirée Kervern/Delépine
20h45 : MAMMUTH (Kervern/Delépine)
22h15 : LOUISE-MICHEL (Kervern/Delépine)
Vendredi 11 sur OCS GEANTS :Soirée Marcello
20h40 : CAPRICE A L'ITALIENNE (Film à sketches italien)
22h05 : NUITS BLANCHES (Luchino Visconti)
23h45 : UNE JOURNEE PARTICULIERE (Ettore scola)

... alléchant, non ?

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jeudi 3 avril 2014

bananes frites (semaine latino 6)

PELO MALO
de Mariana Rondón

La dernière avant-première de notre semaine latino (de justesse, puisque le film sort dans les salles aujourd'hui). une nouveauté pour nous, puisque le film nous vient du Vénézuela, qui ne nous envoie pas si souvent de films que ça. L'histoire d'une maman qui cherche à récupérer son job de vigile, maman de deux enfants, un bébé blondinet grassouillet et son frère aîné, prénommé Junior, plus brun de peau et noir de cheveux, qu'il a de surcroît frisés (les "mauvais cheveux" du titre), et qu'il passera tout le film à essayer d'avoir lisses (car il veut être chanteur). Le conflit avec sa mère durera pendant tout le film (elle semble inquiète que cette obsession capillaire cache une "déviance", elle craint que son fiston soit homosexuel, et elle fait peut-être bien de s'inquiéter -hihi- vu la façon dont il lorgne avec intérêt -et c'est rien de le dire- le jeune épicier en marcel qui est installé en bas de chez eux.) et ne m'aura pas suffisamment galvanisé puisque je me suis endormi comme une grosse bouse au milieu, et ne peut donc émettre un jugement argumenté et objectif. Juste disons que je l'ai trouvé un peu répétitif, mais que plus j'y repense (et pfff que je suis influençable et girouettisant après avoir lu la belle -et juste-  critique de Lefort dans Libé) et plus je me dis que c'était quand même très bien, et, qui plus est, très bien vénézuéliennement !

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mercredi 2 avril 2014

coupe-papier (semaine latino 5)

HIPOTESIS
de Hernán Goldfrid

Découvert au générique que le film s'appelait en réalité "Thèse sur un homicide" mais bon. Ricardo Darin est là, fidèle au poste, dans le rôle d'un avocat qui découvre qu'un de ses élèves (il donne des cours en fac) a peut-être commis un crime et lui a peut-être lancé un défi et joue peut-être au chat et à la souris avec lui... Un exercice de style, assez brillant (clinquant, même ?) formellement, et y mettant vraiment d'ailleurs les formes (filmage léché, musique d'ambiance, rebondissements, doutes...), et jouant finaudement avec les codes : dans ce style de film, la structure est  : 1 c'est lui/ 2 c'est pas lui/ 3 mais finalement c'est lui / 4 mais non finalement c'est pas lui/ and so on... On est attentif aux indices, on suppute, on pèse le pour et le contre, on soupçonne le menage en bateau, on se méfie des détails trop flagrants... Plus Darin progresse dans son "enquête", et plus les choses deviennent moins évidentes, chaque "signe" pouvant finalement fonctionner dans le champ du pour ou celui du contre, jusqu'au bout de l'histoire où, plaf!, le réalisateur retire l'échelle in extremis, et nous laisse accrochés au pinceau du doute... J'avais trouvé un mot pour qualifier cette situation finale, il s'est hélas depuis évaporé (je n'avais rien pour le noter). N'était-ce pas "abrupt" ? je n'en suis plus si sûr...
En tout cas, ça a bien fait jaser et discutailler à la sortie de la salle... C'est vrai ? c'est pas vrai? Eh eh...

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mardi 1 avril 2014

piscine (semaine latino 4)

TANTA AGUA
de Ana Guevara Pose & Leticia Jorge Romero

Un film très très en avant-première, puisqu'il ne sortira qu'à la rentrée (oui, oui, nous commençons à avoir de l'entregent nous aussi!) un film uruguayen, et c'est un plaisir supplémentaire. Les films uruguayens (ou ce que nous en connaissons ici : Whisky, 25 watts, La vida util) ont un rapport très particulier à la narration, un rythme spécifique (que personnellement j'adore), et un ton aussi, ("pince-sans-rire" pourrait en être une bonne approximation...). Et un film fait à quatre mains, qui plus est celles de deux femmes! Courons-y donc!
Il est ici question d'un père (divorcé, déduit-on assez vite) qui emmène en vacances ses deux enfants (un fiston plus jeune et une adolescente maussade) dans un genre de résidence (motel?) où il pleut quasiment tout le temps, d'où pas de piscine, pas ou peu de visites, et il faut bien alors s'occuper comme on peut :on fait des jeux de société (bof), le cadet fait du vélo avec un congénère de son âge, la demoiselle s'amourache d'un jeune homme, le père draguouille une blonde pulpeuse... Vacance, plutôt que vacances, où chacun s'inoccupe comme il peut...
Un film a minima, sur un rythme paisible, mais incontestablement attachant. On les aime, ce papa barbu et un peu trop grassouillet, cet adote qui fait la tronche et se rabat sur son celular, ce gamin qui a envie de jouer et c'est bien de son âge... Un regard à la fois clinique et pourtant presqu'attendri (J'adore la façon dont il ne se passe rien ou presque, mais dont ces presque riens sont traités, avec soin, avec précision, affectueusement.)

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plésiosaure

REAL
de Kyoshi Kurosawa

C'était pile ou face, question de timing : il y avait deux films que j'avais envie de voir, et j'avais décidé de voir celui des deux qui passait en premier : le Resnais ou le Kurosawa ? Et ce fut donc le Kurosawa. Nous n'étions que deux dans la salle, pour ce beau film fantastique asiatique avec des amoureux, des fantômes, des enfants morts, de très esthétiques pièces inondées, et même des animaux préhistoriques! Deux, comme les personnages principaux de cette histoire : ce jeune homme et cette jeune femme, qui se jurent, dans la séance d'ouverture, de s'aimer toujours...
Seulement, "un an plus tard" (ce que précise l'intertitre suivant) la jeune femme est dans le coma, après avoir tenté de se suicider, et le jeune homme va la voir régulièrement à l'hôpital, dans l'espoir de la voir prochainement se réveiller, et,pour ce faire, peut pénétrer dans son cerveau pour dialoguer avec elle, à l'aide d'une machine que les médecins ont fabriquée.
On va et vient donc, entre la réalité "réelle" et celle du monde à l'intérieur de la tête de la dame, sauf qu'on est chez Kurosawa et que ça serait trop facile, et que ce trop simple en apparence cache autre chose... il ya des fantômes, bien évidemment, des personnages qui se dissolvent, une créature monstrueuse relativement convaincante, des souvenirs à retrouver, une culpabilité à évacuer... et l'amouououour bien entendu, qui triomphe de tout...
Bref un joli film, tendrement fantastique...

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lundi 31 mars 2014

carpes (semaine latino 3)

L'ETE DES POISSONS-VOLANTS
de Marcela Said

Décidément, cette 3ème Semaine du Cinéma Latino s'annonce de haute volée... Ce soir, je viens de voir ce film chilien, qui, lui aussi, s'ouvre sur des plans superbes (je ne peux pas réutiliser tout de suite "magnifique"!)  d'eau puis de brume, pour nous narrer l'histoire d'une adolescente, Mane, et d'un certain été (relativement pluvieux, d'ailleurs) (tiens, comme dans Tanta Agua mais pas du tout du tout de la même façon)
Troisième film sur quatre, aussi, à évoquer/dénoncer les rapports de domination (riches / pauvres, oppresseurs / opprimés). Les opprimés sont ici les descendants des indiens Mapuches, dépossédés par les riches propriétaires fonciers du sud chilien, qui les tolèrents -tout juste- sur les terres qui apparetnaient pourtant à leurs ancêtres.
La jeune fille se révolte contre son père, qui lui, n'a qu'une idée en tête : éradiquer les carpes qui prolifèrent dans ses étangs. Il y a aussi le jeune Pedro, qui est employé par le père, qui fait partie des Mapuches, qui va se rapprocher de la demoiselle, et va jouer un rôle important dans la suite de l'histoire.
Le film joue de l'antagonisme très fort entre cette nature sublime (eau, brume, joncs, forêts) et sublimement filmée et le comportement détestable -et, malheureusement habituel- des arrogants - et terre-à-terre- propriétaires. Pierre après pierre (ou écaille après écaille) la tension monte, inexorablement, et la fascination gagne, de ce qui nous est montré, ou pas, sans qu'on l'on ne comprenne tout, ou pas.
Magnifique, quoi!

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dimanche 30 mars 2014

chienne (semaine latino 2)

WORKERS
de Jose Luis Valle

Encore un film qui vous empoigne dès l'ouverture. Un plan magnifique, clin d'oeil involontaire, sans doute, au Five de Kiarostami,  d'oiseaux sautillant au bord de la mer, la plage ainsi longée en travelling, puis coupée par une haute jetée en ciment, elle aussi surmontée de multiple oiseaux, qu'on longe, puis d'un haute palissade, au travers de laquelle une femme, avec un enfant, observe ou parle quelque chose ou avec quelqu'un, de l'autre côté, qu'on ne voit pas, pour terminer sur un homme, assis seul lui aussi sur la plage... Magnifique!
On va ensuite suivre, alternativement, Rafael, un vieil homme qui a décidé de s'acheter des chaussures parce qu'il compte , dès le lendemain, demander à son employeur (un fabriquant d'ampoules qui commence par PHIL) une retraite visiblement bien méritée, et, ailleurs toute une série d'employés de maison, aux ordres d'une vieille peau richissime et mourante, flanquée d'une chienne efflanquée dénommée Princesa, parmi lesquels une femme, qu'on identifiera assez vite comme la femme de Rafael (ils se sont, apprendra-t-on, séparés après la mort accidentelle de leur fils de 3 ans, 30 ans auparavant...)
La vieille va mourir, léguant sa fortune à sa chienne, puis à ses employés, si par malheur la chienne venait à décéder, de mort naturelle, bien entendu, tandis, qu'en face, Rafael se voit signifier le refus de son départ à la retraite pour cause de papiers manquants (il est immigré clandestin), et se voit forcé de rempiler pour une durée indéterminée. Jusqu'à une double conclusion qui fait sourire jusqu'aux oreilles (pour une fois que les petits gagnent contre les gros! même si, comme me l'a dit Hervé, "on sait bien qu'il s'agit d'un conte!")
C'est filmé de façon magnifique (oui je sais, j'utilise cet adjectif déjà pour la troisième fois, mais c'est mérité), en plans-séquences que d'aucun trouveront lents, d'autres fastidieux, et d'autres, enfin (dont je)... magnifiques! (un plan fixe, ainsi, d'un bout de rue de Tijuana, avec la tombée progressive de la nuit et tous les micro-événements qui peuvent s'y dérouler m'a ainsi tout spécialement fait jubiler).
Culotté et couillu! (et amphore d'or au Festival de Groland de Toulouse, comme l'avait été l'année précédente Le grand'tour, je ne peux donc qu'applaudir...)

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