jeudi 5 décembre 2013

calendrier d'avent 5

Adolphe_Millot_champignon

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décharge turque

POLLUTING PARADISE
de Fatih Akin

Non, non, n'allez pas imaginer je ne sais pas trop quoi... (bon j'avoue que je l'ai fait un peu exprès quand même). Il s'agit d'un doc de mon Fatih Akin préféré, tourné pendant quelques années sur le lieu d'une décharge publique "sauvage" (qui est aussi un lieu où le réalisateur a passé son enfance).
Soyons honnête, c'est incontestablement moins fort (comme un turc, hihihi...) que toutes ses précédentes oeuvres de fiction. On l'y sent moins à l'aise, le Fatihchounet... Il sait montrer les lieux, la nature, les éléments déchaînés, les réactions (en chaîne) imprévisibles, mais il faut bien reconnaître que l'histoire est à la fois présentée par un "Candide" (ouh les vilains pollueurs : on commence par laisser un sac en plastique dans une plantation de thé, et on finit par déverser impunément des tonnes de merdes dans les nappes phréatiques...) et terriblement embrouillée, et ce  sans qu'on parvienne véritablement à comprendre qui est responsable, au milieu  de ces décrets, de ces contrats, de ces commissions, de ces autorisations, de ces bureaucrates, de ces gros bonhommes qui se crient dessus en se renvoyant la balle, qui sont quand même le maillon faible du film : soit ils parlent naturellement et ce qu'ils racontent n'est pas très intéressant, soient ils (sur)jouent et ça ne sonne pas très juste, ou ça sonne juste maladroit.
Un film fait visiblement avec le coeur, mais qui s'empatouille un peu les mains dans le cambouis...

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mercredi 4 décembre 2013

contre toute attente

HISTOIRE DE MA MORT
d'Albert Serra

Oui, contre toute attente, un film absolument magnifique.
J'y allais, disons, sur la pointe des pieds. Pas à reculons, mais presque. J'avais été échaudé plus ou moins par les deux premiers films du réalisateur (Honor de cavalleria, Grand prix du festival Entrevues à Belfort, et Le chant des oiseaux, rebelote re-Grand prix quelques années plus tard au même festival). Deux films en noir et blanc, deux variations sur des personnages connus, Don Quichotte et Sancho pour le premier, et... les Rois mages pour le second, films que j'avais trouvé(s) fatiguant pour le premier et carrément exaspérant pour le deuxième (mais l'environnement de la salle n'était pas propice).
Celui-ci est en "costumes" et en couleurs, et on a deux personnages célèbres pour le prix d'un : Casanova et Dracula (si si!). Un Casanova un peu décati mais toujours poudré -à frimas (comme écrivait mon ami Philou à propos des amandiers)-, qui songe à écrire ses émoires, et parle littérature avec un "poète" (ainsi nommé au générique, on n'en saura pas plus.)
Après une séquence pré-générique d'une beauté et d'une langueur (= "lenteur" + "longueur") saisissantes, qui nous met -plaf!- dans le bain et les points sur les i (à donf "PSPP" : Plan-séquence plein pot, ça dure ça dure juuuuuuuuusqu'au bout... et même comme dirait le boucher " y en a un petit peu plus, je vous le mets quand même?) où l'on présente, d'une certaine façon, les éléments principaux du film : les corps, la lumière, les mots, on entre dans le vif du sujet (ce qui entre, ce qui sort, il sera -tiens!- d'ailleurs plusieurs fois question de caca dans le film...) en écoutant Casanova.
Et, étrangement, cette même "extension temporelle" qui m'agaçait dans les deux films précédents me plonge à présent en plein ravissement. Nous voilà quasiment à la place de ce "poète" anonyme, en train d'écouter parler Casanova, qui discourt tout en mangeant une grenade, patiemment, grain à grain, qu'il croquera (le bruit est très joli) jusqu'au dernier, impitoyablement. Et bien, figurez-vous oui, que j'étais littéralement fasciné, que je buvais ses paroles (même si je n'ai pas tout tout compris) tout en jouissant de l'esthétique très picturale des cadrages et de la lumière. en me disant que si tout le film était du même tonneau, je tenais là, contre toute attente, un de mes émerveillements ciné de l'année (c'est bon, parfois, de se surprendre soi-même, hein ?)
Et la première partie (en Suïsse, pour respecter Serra) est parfaitement et merveilleusement hallucinante tellement tout me semblait parfait (et la musique aussi, donc! qui tient parfois lieu de paroles, autant que parfois la parole, dans le film, servira alors de musique -bizarrement, il me vient sous les doigts des formules dont je ne comprends ni ne maîtrise  toujours le sens, mais qui me semblent coller tellement bien au sujet, d'autant qu'elles y sont nées aussi spontanément que ce serait dommage de ne pas les y laisser.- tandis que la partie transylvanienne m'a moins complètement enchanté. (Là, il faut avouer que, comme d'hab' j'ai un peu dormichouillé -mais sur les deux heures trente, il restait tout de même de la matière cinématographique à se mettre ous la pupille, mais promis juré dès que le dvd est disponible je l'achète ou je le télécharge  me le procure comme je peux.)
(Parce que questions pépettes, comme on s'était engagé avec le distributeur sur un MG de 150€ me semble-t-il, et qu'il y aura eu en tout et pour tout, pour les 2 séances, trois spectateurs (ceux de la séance où j'étais,puisqu'il me me semble bien que la deuxième prévue, le dimanche soir, ait été annulée faute de spectateurs...), on va donc en être de notre poche de quasiment 150€, ce qui fait tout de même chérot de la place de ciné, non ? Alors, monsieur (ou Madame) Capricci, vous pouvez vous fendre d'un petit geste, non ? fermons la parenthèse financière, non sans évoquer la possiblité, montrée dans le film, de transformer le caca en or...)
Albert Serra ne ressemble qu'à lui.
Le film devient alors de plus en plus sombre (dans tous les sens du terme, mais il me semble que j'ai lu ça dans une critique, mais c'est vraiment ça...) toujours aussi pictural, baroque, barré, aussi minimaliste dans la monstration du vampirisme (hormis les cris de Dracula, point trop d'effets de capes) qu'excessif dans le flamboiement de la glose ou ce fameux étirement temporel...
Un film dont il resterait surtout, paradoxalement, des sensations picturales et/ou chromatiques, fabuleusement.
(merci Hervé!)

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(Pour essayer de résumer : le Casanova de Fellini -que je n'ai pas vu-, avec du Dracula à la sauce mi-Bresson mi-Guy Maddin, plus l'esprit du Faust de Sokourov, qu'il ne faudrait pas oublier de saupoudrer d'un chouïa de Peter Greenaway...)

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calendrier d'avent 4

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mardi 3 décembre 2013

calendrier d'avent 3

carte5

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lundi 2 décembre 2013

en surface

Que de temps passé en surface
Que de temps à ne pas s'encombrer
du temps et des étoiles tombées
Que de temps passé en surface

Je me voulais léger léger
du plaisir sans se retourner
Ce plaisir ne m'allégeait pas
la beauté n'avait pas de bras

Je rêvais d'une vie de plume
Ignorer la stèle et l'enclume
Je balayais mes propres traces
Que de temps perdu en surface

Que de temps passé en surface
Que de temps à ne pas succomber
au spleen et aux étoiles plombées
que de temps passé en surface

L'éphémère était mon crédo
et hier à la mauvaise place
Je n'aimais pas trop mon cerveau
Mon corps envahissait l'espace

Puis j'ai vu bouger la surface
Tout le temps venant à déborder
Je pensais n'y pas y penser
Oui mais nos pensées nous dépassent

Et j'ai glissé sous la surface
délesté de la légèreté
J'ai compté les étoiles tombées
et claqué le temps perdu en surface

Que de temps passé en surface
Que de temps à ne pas s'encombrer
du temps et des étoiles tombées
Que de temps passé en surface

(Dominique A / Etienne Daho)

 

 

 

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bilan 2013

parmi les petits trucs qui (me) resteront de 2013 :

- l'installation de Céleste Boursier-Mougenot, avec les piafs et les guitares électriques, au 104
- le clip de "Sea of love" de The National
- le jeune homme qui vendait les livres à Emmaus
- la vidéo de "Cour d'honneur", de Jérôme Bel
- le chantier de la Canopée, aux Halles, et son "point de vue"
- le redémarrage de Downparadise
- les repas au FJT le mardi, le jeudi, et le vendredi
- les travaux à Besac ("le chantier du tram")
- des vacances d'été absolument radieuses ("les dernières..." m'a précisé, à juste titre, Pépin)
- la soirée "Vandal"
- 3 semaines de congé pour une fracture de fatigue
- un voyage à Paris annulé (pour cette raison)
- une soirée tarot après un concert à Coulevon
- la soirée "Le grand'tour"
- la dépose (en retard) du dossier de retraite
- les rebondissements ubuesques (et kafkaïens) de signatures et d'authentification(s) dans cette histoire d'héritage en Espagne
- la mort de Bernadette Lafont
- la découverte des bouquins de Laura Kasischke
- un nouvel appareil-photo
- un "bug", un samedi matin...
- une journée à Pontarlier avec Alex, chez Claude Bertin-Denis
- l'accusé de bonne réception du dossier de retraite
- l'école le mercredi matin (une horreur)
- une lettre de Belgique (attendue) avec un livre et un cd dedans
- Adèle Exarchopoulos dans le film de Kechiche
- Vincent Macaigne peut-être dans trop de films...
- la fermeture de "Mona Lisait"
- le "tarot/cinéma" chez Alex
- le peut-être dernier "Noël à Champlitte à Paris"
- un nouvel-an exquis à Gy

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calendrier d'avent 2

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(photo christian dautriche)

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dimanche 1 décembre 2013

calendrier d'avent 1

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samedi 30 novembre 2013

passe passe le temps

2 AUTOMNES, 3 HIVERS
de Sébastien Betbeder

Un grand grand merci à Zabettina, grâce à qui j'ai pu voir ce soir, au chaud, sur mon ordi, ce très très joli film, le troisième dans lequel jouait Vincent Macaigne à Cannes cette année (pour mémoire, La fille du 14 juillet et La bataille de Solférino). Le genre de film qui ne peut que me plaire : une histoire simple, avec des gens ordinaires, à qui il arrive des choses plus ou moins ordinaires : amour, amitié, tristesse, incompréhension, accident, agression... des gens qui se parlent entre eux, mais qui aussi, surtout, vous parlent directement à vous spectateur, enfin, vous qui êtes à l'autre bout de l'objectif. De l'autre côté.
Dans un récit découpé en petits chapitres numérotés (d'abord croissants puis décroissants), chacun avec son  petit titre, plus ou moins intriguant. Avec aussi dedans d'autres vrais morceaux de cinéma (Eugène Green, Alain Tanner, Judd Apatow) auxquels on accorde la même place qu'aux moments / morceaux de vie(s).
Un film en apparence désinvolte, souriant, léger, mais dont le sourire s'estomperait peut-être progressivement, par instants, mais sans que jamais il soit tout à fait abandonné. Un exercice de style, un work-in-progress, dans ce va-et-vient perpétuel antre ce qui se joue (ce qui se montre) et ce qu'on en dit. Les personnages se commentent, mais commentent aussi les autres, et ces interférences monologuées génèrent un genre de méta-discours très très très plaisant. A mi-chemin entre le choeur et le discours intérieur (Pourquoi ai-je pensé à Perec ?). Et l'adresse au spectateur autant que le regard-caméra font que vous êtes incontestablement concerné, intégré, conquis.
Bien sur, Vincent Macaigne y est pour quelque chose. Là, son personnage est juste parfait (ni énervant comme dans la fille du quatorze juillet, ni flippant comme celui de La bataille de Solférino), juste juste, comme il pouvait l'être dans Un monde dans femmes, vu (et top10é) l'année précédente. L'impeccable barbe de 3 jours et les cheveux idéalement en pétard, la dégaine,la force fragile (ou le contraire, bien sûr...). J'adore sa voix, aussi, (ce je ne sais quoi de rauque, de voilé,de fissuré, hmmmm) et dans cet exercice attachant de raconter/commenter en live ce qu'on est en train de vivre (ou plutôt - on est au cinéma - ce qu'on est censé être en train de vivre, puisque, tout de même, on raconte une histoire), il excelle, tout comme Maud Wyler (la demoiselle) et Bastien Bouillon, le troisième larron tout autant...
L'aspect pluriel (plusieurs personnages, plusieurs histoires, plusieurs regards) du film est accentué non seulement par le découpage en chapitrounets, mais aussi par la diversité -l'hétérogénéité- des textures cinématographiques. Un genre de catalogue (découpé recollé retravailllé, beau comme le générique de Se7en), où on évoque (par hasard ?) , où affleurent des choses qui (me) touchent personnellement : l'école des Beaux-arts, le MK2 Beaubourg, le père mort du cancer, Bresson, les files d'attente des super-marchés, la fondue, les années qui passent...
Un film réconfortant, comme un doudou au  beau milieu des nuits d'hiver.
Un film élégant, ludique, original, juste, tendre, beau...
Ineffable ?
Top 10.

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Le film sortira le 25 décembre.

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