samedi 15 juin 2013

promesses

SHOKUZAI 1
CELLES QUI VOULAIENT SE SOUVENIR
de Kiyoshi Kurosawa

SHOKUZAI 2
CELLES QUI VOULAIENT OUBLIER
de Kiyoshi Kurosawa

Autant préciser tout de suite qu'il aurait sans doute mieux valu faire un seul gros film que de l'avoir ainsi tronçonné en deux : si d'aventure un candide quidam se hasardait à voir l'opus 2 sans avoir vu le 1, il risque fort de ne rien comprendre du tout, et c'est bien dommage.
Au début du 1, une fillette, Emili, est assassinée quasiment sous les yeux de quatre de ses copines. Lors de l'enquête, elles déclarent toutes subir un black-out total dû au choc et ne se souvenir de rien qui puisse permettre de faire avancer l'enquête sur le meurtrier, sans visage également pour le spectateur. La mère d'Emili leur  dit alors tout le mal q'elle pense d'elles, puis les maudit genre jusqu'à la septième génération de la septième génération, et fait alors promettre à chacune des quatre fillettes de "faire quelque chose" pour venger la mémoire de la défunte fillette, ce que nous allons donc suivre, en regardant consécutivement chacun des destins de ces quatre demoiselles "quinze ans après", deux par film.
Chacune de ces histoires peut se voir quasi-indépendamment, puisqu'elle met en scène une des filles, dans un récit (indépendant de chacun des autres) qui a souvent plus ou moins quelque chose à voir avec le fantastique, et que la mère d'Emili y intervient à chaque fois, plutôt vers la fin (la poupée française, la réunion de parents, le frère et la soeur ours, la fleuriste, sa soeur et son beau-frère) sauf que, à la suite de la dernière histoire vient bourgeonner un "épilogue", qui est en fait une cinquième histoire, qui met en scène, cette fois, la mère d'Emili, (celle qui faisait le joint entre les quatre premiers récits), et que là, bon, euh tout de même ça devient un peu longuet et un peu laborieux, surtout que le propos s'alourdit dans une surenchère de coïncidences multiples et une volonté d'explicitation laborieuse, dommage pour un récit qui avait jusque là su tenir la distance.
Les quatre récits autour de chacune des demoiselles sont bien menés, attachants, concis, avec la toujours plaisante petite note de cruauté élégante qui caractérise ce genre de récit (pour filer la métaphore littéraire, on a même, à un moment, une dénommée Ogawa qui poursuit un dénommé Murakami... simple coïncidence? en tout cas le clin d'oeil est plaisant.) La mort est présente dans chacune des histoires, qu'elle soit donnée ou reçue, la folie aussi, bien entendu (autant dire qu'on ne nage jamais en pleine rigolade...)
Les actrices sont excellentes (il semblerait qu'elles soient extrêmement connues dans leur pays d'origine, et qu'elles aient, de plus,  toutes ici accepté un rôle à contre-emploi de leur image habituelle.) Le film a été conçu pour la télévision, ce qui explique la construction en cinq parties (il y avait cinq épisodes, hihihi), et l'impossiblité de le partager en deux parties égales.
Mais, tel que, et avec ses défauts, il m'intéresse beaucoup plus par exemple que le précédent Tokyo sonata du même réalisateur.
A recommander, donc.

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mercredi 12 juin 2013

rétro olfaction

je sens un peu

je sens presque

je sens des fois

je sens pas tout à fait

je sens quasiment

je sens pas complètement

je sens de ci de là

je sens couci-couça

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mardi 11 juin 2013

affiche

juste pour le plaisir de la mettre, puisqu'elle ne plaît pas à certains...

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eleazar (fait bien les choses)

POST TENEBRAS LUX
de Carlos Reygadas

Ouhlala! Les critiques l'avaient bien annoncé, depuis sa projection à Cannes 2012, mais j'avais vraiment envie de m'en rendre compte par moi-même. Quatrième film et demi du monsieur (en comptant le court-métrage dans la film Révolucion!) Et, comment dire, euh, ça décoiffe ? ça dépote ? ça dézingue ?, mais grave, en tout cas.
Pendant un grand moment, on ne comprend rien, c'est vrai (c'est là que certains critiques avaient du s'endormir, ou quitter la salle.) une fillette sous la pluie avec des vaches, puis une nuit d'orage, puis un diable rouge (avec cornes, queue fourchues, sabot, et même appareil reproducteur mâle idoinement ballottant) s'introduit dans une maison, la nuit, puis des jeunes rugbymen s'entraînent, puis (je me mélange un peu dans l'enchaînement) un jeune couple mexicain avec deux enfants se réveille joyeusement, puis une scène de repas, puis une de partouze...
On réussit à reconstituer (progressivement, et en étant très attentif) qu'il s'appelle Juan, qu'elle s'appelle Natalia, et leurs enfants Rut et Eleazar. Qu'il y a un autre homme, surnommé Le Sept, avec lui aussi une femme et deux enfants, et c'est à peu près tout. Un cambriolage qui tourne mal, une session locale des Alcooliques Anonymes, un arbre à abattre, des scènes de famille, beaucoup de chien, et beaucoup de violence aussi : envers les chiens, d'abord, envers les autres aussi, et même envers soi-même (une scène de self-décapitation pas piquée des hannetons). Beaucoup de références aussi aux diverses addictions (la boisson, la came, le jeu, le sexe, la pornographie sur internet), et le diable rouge qui passe une deuxième fois... un critique évoquait un discours sur l'omniprésence du Mal, oui, ça devrait assez s'en rapprocher...
A vrai dire, j'hésite entre la critique des inrocks, ici,et celle de Jean-Michel Frodon, là.
Comment dire ? Je pense qu'ils ont tous les deux raison. Que Reygadas est un cinéaste, un vrai (je continue de penser que Batalla en el cielo est un grand film) et qu'il ya dans ce P.T.L des vrais grands superbes moments / morceaux de cinéma mais que la position qu'il prend par rapport à ces spectateurs frôle quasiment le mépris, genre "Non non vous ne pouvez pas comprendre" ou "Ce n'est pas à vous que je parle" ou "Ce serait trop simple si le montage de mon film n'avait pas l'air d'avoir été décidé sur des jets de dés".
Donc on est là, assis, on en prend plein les yeux et les oreilles, on est secoué, ça fait du bruit, ça éclabousse, on passe la sixième (là où le cerveau est en position tout-terrain, au risque de la surchauffe voire de l'accident) et certaines fois on est ébloui, et d'autres on est atterré, et d'autres encore on pense Là il se fout de ma (notre) gueule...
Il faut prendre en compte le fait que Carlos Reygadas est mexicain, et que cela rejaillit indubitablement sur sa façon de voir le monde en général et de nous la restituer à nous autres pobres espectadores, mais il ne faudrait voir pas à pousser le bouchon trop loin. Eros, Thanatos, tout ça, ok... La violence tapie en chacun de nous, ok... Le diable rouge avec la boîte à outils, ok... les arbres qui tombent, ok... mais j'avoue que, par exemple, les jeunes rugbymen anglais, je n'ai absolument pas réussi à les rattacher à l'intrigue, d'une façon ou d'une autre. Et c'est pourtant sur eux que le film se clôt. Et longuement.
Bref, 50% émerveillé et 50% énervé (attention, si ça continue, je vais finir par m'arracher la tête...)
Por favor, Carlito, le mode d'emploi!

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lundi 10 juin 2013

plus faire de vélo

OH BOY
de Jan Ole Gerster

Un film allemand, sorti ce mercredi, dont je n'avais jamais entendu parler, mais que je suis allé voir pour faire le joint jusqu'à la séance de 16h, et aussi parce que, sur l'affiche, il semblait avoir reçu une sacrée flopée de récompenses dans son pays (meilleur film meilleur réalisateur meilleur acteur meilleur scénario etc.)
Un joli film en noir et blanc qui suit la journée de Niko, un jeune homme plus tout à fait étudiant et pas encore vraiment titulaire d'un emploi. Une journée qui ne démarre pas sous les meilleurs auspices, et va continuer sur la même lancée. Niko va sortir du lit (en se fâchant plus ou moins avec sa copine), et à partir du moment où il va poser le pied par terre, tout va aller mal, gentiment mal, dans un joli noir et blanc, d'abord un psy plutôt vicelard (qui doit lui signer ou non l'autorisation de récupérer son permis lors d'un entretien dit "test pour débiles"), puis un café au prix prohibitif, puis un  distribanque glouton, etc.
Le film est très agréable, agréablement construit, agréablement joué, agréablement musiqué. Il y est question à la fois des problèmes contemporains d'un jeune allemand contemporain (les études, le job, l'amour, les finances...) mais aussi d'un passé historique qui continue d'exister, de perdurer, et de faire mal (la scène dans le bar, avec le vieil ivrogne barbu est très juste parce que très simplement traitée, et que les choses sont dites sans que certains mots, justement soient prononcés mais que , pourtant, chacun comprenne précisément de quoi il est question.)
Avec une construction à la fois sans surprise et pleine de micro-surprises (un peu comme dans le After Hours de Scorsese) puisque constituée de "blocs narratifs" où le héros rencontre à chaque fois une nouvelle personne, et se confronte aux "problèmes" générés par ladite personne (au psy  déjà évoqué se rajoutent notamment le voisin du dessus avec ses boulettes de viande, l'ancienne copine de lycée ex-grosse, le père golfeur mais coupeur de vivres, le trio d'emmerdeurs alcoolisés...) et à la façon de les résoudre, ou d'y remédier.
Une journée pas tout à fait comme les autres pour ce personnage apparemment gentiment glandeur, qui va se prendre en pleine face et consécutivement tous les aléas, désagréments, coups de boule et autres coups en vache qu'un individu normalement constitué est capable d'endurer en une seule journée. Mais "en douceur", presque, pas contondantes, juste les petites saloperies inéluctables du quotidien.
Mais ça va, il est jeune, Berlin est photogénique (ah, Les ailes du désir...), et puis, il pourrait pleuvoir...

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dimanche 9 juin 2013

une belle fille comme moi

LE ROMAN DE MA VIE
de Bernadette Lafont

Les hasards de la vie ont fait qu'il y avait à Battant une toute petite foire aux livres devant laquelle je suis passé, où je suis entré, et j'ai déniché ça... Pas tout neuf (la filmo s'arrête en 96) mais en très bon état général.
Je l'ai lu ce dimanche matin, quasi d'une traite, avec grand plaisir (d'autant plus qu'en le lisant, j'imaginais que c'était Bernadette elle-même, avec sa voix si particulière et si délicieusement reconnaissable, qui me le racontait...) Enfin j'ai lu surtout la deuxième partie, ayant ouvert le bouquin au milieu (le cahier-photos) et n'ayant pu m'empêcher d'embrayer consécutivement la lecture (le tournage d'Out one : spectre de Rivette)
Un bonheur de lecture, parce qu'elle parle très simplement (et sincèrement) de ses films, dont certains me sont chers au coeur (Une belle fille comme moi, Zigzig, La maman et la putain, Certaines nouvelles...) et des metteurs en scène idem (truffaut, Rivette, Zsabo, Eustache) et aussi qu'on voit un peu l'autre côté, la cuisine, les coulisses, les à-côté,  la façon dont les choses se sont passées...
Très plaisant.

Du coup, je me suis mis à fouiner sur le ouaibe pour chercher des traces de la chanson du film de Truffaut, chanson que j'adore et qu'il m'arrive encore de pousser (la chansonnette). La voilà donc.
(je pense que j'ai du voir cette émission en direct (1972) et je trouve B. Laffont divinement belle.)

Une belle fille comme moi

Combien de câlins ?
Combien de châtaignes ?
Il a fallu… poil… au nez !
Combien de baise-mains ?
Et combien de beignes ?
Pour faire une belle fille comme moi
Combien de vautours ont tourné autour
De mon dodo… poil… au dos !
Combien de rapaces, sur ma carapace
Pour faire une belle fille comme moi
J'ai pas mes deux bacs
Mais j'ai mes deux jambes
Avec la mention : Très bien
J'ai rien dans mon sac,
Mais quand on m'enjambe
Je n'demande jamais : Combien ?
Y'en a qui supputent que je suis une pute
Ils s' balancent de ma conscience
Mais quand j'ouvre la bouche,
C'est pas pour les mouches
Ça a quand même du bon… la science !
Combien d'Aga Khan
Combien de Shahs d'Iran
M'ont proposé de m'épouser
De tous ces ringards
De tous leurs milliards
J'ai fait mon deuil… poil… à l'œil
J'ai perdu ma montre, à notre rencontre
Et j'ai déchiré mes lettres
C'était vraiment pas la mémoire à boire
J'ai fermé toutes mes fenêtres
Combien de câlins, et combien de beignes
Il a fallu avant toi
Combien de pantins, et d'énergumènes
Pour faire une belle fille comme moi
Combien de câlins, et combien de châtaignes
Pour faire une belle fille comme moi

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gaudriole brechtienne?

LA FILLE DU 14 JUILLET
d'Antonin Peretjatko

Perplexe, en sortant. Sentiments mêlés. Qu'est-ce qu'on vient de voir ? Un film qui, dès les premières séquences du générique (scènes de défilé du 14 juillet, sous Sark*zy, puis sous H*llande, montées en légère avance rapide, avec musique pompière), s'affirme (s'affiche, se revendique) comme comique, et tout aussi vite comme relativement fauché aussi.
On est transporté quelques décennies en arrière, dans un film de Jacques Rozier ou de Michel Lang, voire de (aïe) Max Pécas ou Richard Balducci. On ne serait pas plus étonné que ça de voir apparaître les tronches de Paul Préboist ou de Jean Lefebvre. C'est un film très hétéro : hétérosexué, hétérogène, hétérodoxe (ça existe ?) avec parfois des choses très très drôles, et plus souvent d'autres pas drôles du tout, mais du tout. On pourrait être aussi dans un porno soft (mais sans scènes de sexe) où des demoiselles sympathiques (et des messieurs) joueraient approximativement des dialogues souvent approximatifs, ou, au contraire surjoueraient insupportablement (l'énervant et énervé personnage du Docteur).
On se dit que c'est du cinéma nigaud (benêt), ou qui prétend l'être. (Ou qui fait semblant de l'être ?). On ne sait plus trop.
L'esprit de dérision, un poil d'anar, un brin de situ, une pincée d'Hara-Kiri... N'en jetez plus ? Peut-être n'ai je pas assez de second degré pour l'apprécier pleinement (en tout cas autant que le fond à la fois Les Inrocks et Libé... Tiens je suis curieux de savoir comment vont réagir les Cahiaîs)
La jeune femme est mignonne ("elle est fraîche" a dit Dominique), Vincent Macaigne est, en ce qui me concerne, toujours aussi plaisant à regarder (surtout qu'il est ici en phase "pleine barbe"), les cigares sont gros, les flics sont cons, les bagnoles roulent, le soleil brille... Ah si! en période de crise, le gouvernement a décidé d'avancer la rentrée d'un mois, mais bon. cette originalité scénaristique n'a strictement aucune influence sur le, justement, scénario. Ce n'est pas exactement ma tasse de thé. (Je vais essayer de jeter un oeil sur les courts-métrages précédents du réalisateur...) et je le regrette. mais bon, encore une fois.

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samedi 8 juin 2013

le bateau dans l'arbre

MUD
de Jeff Nichols

Un sacré film. Jacky revenait le voir, ça avait dû sacrément l'enthousiasmer. Je dois dire, que, juste au début, j'ai été un peu dubitatif, j'ai eu un peu de mal à rentrer dedans : d'une part le Mississippi n'est pas vraiment ma tasse de thé, et d'autre part il y avait un peu de barouf dans la salle (gens qui rentrent en retard, d'autres qui sautent par-dessus les sièges pour s'installer, lumières de portables, etc.).
Ellis et Neckbone. Deux gamins qui ont découvert, sur une île, une bateau dans un arbre. Puis, en le visitant, que ce bateau est habité. par un mec qui s'y cache, visiblement, qui crève la dalle, visiblement aussi, et qui les fascine, tout aussi indubitablement. Il leur dit s'appeler Mud. Il se cache sur l'île parce qu'il a tué un homme et qu'il attend sa dulcinée, Juniper. Et qu'il est aussi recherché par des chasseurs de primes... Les gamins vont tout faire pour l'aider...
A cette première ligne scénaristique (le fugitif / la belle amoureuse / les tueurs / les flics) s'en rajoute une seconde, plus documentaire, sur le mode de vie de ces gamins (qui n'est pas sans évoquer le milieu des Bêtes du sud sauvage) familles dysfonctionnelles, père absent, menaces de destruction des "maisons" par les autorités, précarité, bibine, expédients, etc. Et une troisième, plus principalement centrée sur l'un des deux gamins, et de la "crise" familiale et affective qu'il traverse (ses parents sont en instance de divorce, il tombe amoureux d'une jeune beauté qui a au moins 4 ans de plus que lui. Et le réalisateur réussit le prodige de mener tout ça de front, avec une maestria qui va se déployer au fur et à mesure que le film progresse.
Pour moi, Mud est comme une pyramide posée sur sa pointe : au départ, on a juste un point de contact (le début du film), pas beaucoup de place pour bouger ni s'y raccrocher, et, progressivement, le propos s'élargit, la cinématographie devient plus ample, les inspirations plus profondes, l'immersion plus complète, et on ne peut qu'être de plus en plus fasciné par ce film qui s'avère être beaucoup plus qu'un simple polar ou une chronique adolescente, mais bien une tentative ambitieuse (et incroyablement réussie) de dramaturgie américaine, dans son essence ses singularités même.
Nichols retranscrit aussi bien la beauté de ces payages horizontaux que l'attachement qu'il éprouve envers chacun de ses personnages (même ceux qui paraissent "secondaires" mais sont traités avec la même attention), et réussit, après Take Shelter, un nouveau grand film.
Inutile de préciser que les acteurs sont parfaits, avec une mention spéciale pour Matthew Mc Conaughey, qui connaît une seconde carrière phénoménale en mal rasé cabossé tatoué, et, surtout, l'extraordinaire Tye Sheridan, dans le rôle d'Ellis, d'une justesse monstrueusement confondante (la scène où il pleure et engueule Mud est extraordinaire, de ce point de vue).
Film riche, foisonnant, multiple, précieux... Chapeau, Jeff Nichols!

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mercredi 5 juin 2013

est-ce que tu vois l'arc de triomphe ?

La GRANDE BOUCLE
de Laurent Tuel

Celui-là, ça faisait longtemps que j'en voyais la bande-annonce dans le bôô cinéma (avec Bouli Lanners dedans, même si c'est Clovis Cornilhac la vedette), et voilà qu'ils nous y organisent une avant-première ce dimanche à 16h, j'y suis donc allé...
Je ne m'intéresse pas du tout ni au vélo, ni aux coureurs, ni au Tour de France, mais j'avais envie de le voir. Ca tient sans doute à la personnalité de Cornilhac (il est mimi, d'ailleurs) et cette façon qu'il a d'incarner le mec simple, le monsieur tout le monde, le gars comme vous et moi.
Ici, il est amené à faire le Tour de France tout seul, accomplissant chaque étape la veille de l'étape officielle. Parce qu'il a été viré de son boulot (il bossait à Sp*rt 2000), que sa femme est partie en vacances avec son fils, parce qu'il a été dépossédé au dernier moment de son rêve (suivre, justement, le "vrai" Tour en bagnole, dans l'équipe Sp*rt 2000, justement), et parce que sa route va croiser à la fois celle d'un directeur sportif has been (Bouli Lanners, magnifique de veulerie alcoolisée) et celle d'un supporter enthousiaste (Bruno Lochet, parfait). "On serait quasiment une équipe..."
Le film a le mérite de suivre scrupuleusement ce que racontait la bande-annonce (à moins que ce ne soit l'inverse ?) et on sait quasiment tout d'avance (sauf une histoire de dopage -tiens donc , sur le Tour on se dope ? - qui intervient sur la fin), que tout finira bien (le Tour, l'arrivée sur les Champs, les retrouvailles avec sa femme chérie  - avec le fils, c'est déjà fait -, et même le baiser final, vouiii on n'y coupe pas.
Grosso modo, c'est Les bisounours font du vélo (les messages et les sous-titres ? : Rien de tel que l'effort et l'amateurisme pur et dur ; Le dopage c'est mal ; Se retrouver devant un feu de camp enfin avec son fils ado, y a pas mieux ; Les amis y a rien de tel ; Les médias sont pourri(e?)s ; Les vrais champions nn'ont pas besoin de se doper ; Rien de tel que de monter sur un vélo pour retrouver la forme ; La vérité finit toujours par triompher, etc. A vous de trouver les vôtres).
Mais, alors que tant de candeur pourrait pousser aux ricanements de hyènes, bizarrement, on s'enfonce dans son siège et on a aussi envie d'être un bisounours. Et on joue le jeu. Même si d'aucuns pourraient articuler "populiste" ou "démago".
Vive la famille, vive le sport, vive la France! (Placer là la patrouille du même nom, qui vient virevolter dans le film, et les chips du même nom, et l'huile de table du même nom, et le saucisson du même nom (oui oui, comme dans la réalité, les maillots -et le reste - sont très sponsorisés), sans oublier le Nels*n M*nf*rt du même nom aussi.
Tout est bien qui finit bien dans le meilleur des mondes, et en plus, quand on sort, il fait vraiment soleil. On a envie d'être de bonne humeur. Et d'indulger. Donc, indulgeons. Pour Bouli, pour Clovis et pour Bruno.

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mardi 4 juin 2013

"dieu, mon cul!"

ROCK THE CASBAH
de Yariv Horowitz

J'aime pas les films de guerre, mais j'aime bien les films de troufions. Vous saisissez la nuance : fraternité virile, ambiance de chambrée, humour bourrin, etc. Et si, en plus, les bidasses en question parlent hébreu, alors mon bonheur est parfait (je ne sais pas pourquoi, mais j'adore entendre cette langue, même si je n'en comprends pas un traître mot.).
J'ai déjà vu maints films plaisants sur ce thème (Infiltration et Beaufort sont les deux premiers qui me viennent à l'esprit), et, même, un qui parle exactement de la même situation (les soldats qui campent sur le toit de la maison) : Le cochon de Gaza ("mais, me fait remarquer Catherine, celui-là c'était une comédie..."). Non pas que celui-ci soit un drame déchirant, j'allais écrire il n'y a pas mort d'homme, mais si, justement : dès l'arrivée dans le village palestinien où ils sont censés "assurer l'ordre et faire revenir le calme", de nos jeunes appelés (et inexpérimentés), l'un d'eux se fait occire par une machine à laver lancée d'un toit. D'où représailles et installation de nos soldats sur ledit toit. qui est celui de la maison d'une famille arabe qui n'apprécie que modérément l'expérience. Et le film se déroule ainsi, jour après jour : chaque matin, les mecs débarquent pour s'installer sur le toit, et chaque soir ils repartent dans leur campement militaire. Affrontements réguliers avec les gamins qui les narguent d'en bas (insultes, jets de pierre, voire de sacs de pisse), tensions au sein du groupe (on a les différents types de caractères proposés : le flegmatique, l'énervé, le belliqueux, le rigolard, etc.) mais aussi avec la hiérarchie, notamment le (capitaine ? commandant ? je suis nul en grades) qui vient quotidiennement à la fois prendre la température, et mettre de l'huile sur le feu.
Pour ces mecs jeunes et sans expérience, cette histoire peut s'avérer plus ou moins traumatisante (bon, on n'est pas non plus dans Full metal jacket, quand même), dans la mesure où personne ne comprend vraiment ce qui se passe, ni le sens de cette "mission", ni la violence des "réactions". Ni ce qu'il faut faire (ou ne pas faire). Comme d'hab' le spectateur occidental moyen (moi, en l'occurrence) est un peu paumé, sur qui est qui, et qui revendique quoi, et pourquoi personne ne veut Gaza, etc.
Le réalisateur sait parfaitement nous mettre dans la peau (et dans la tête) de ces jeunes branleurs en treillis, en brossant une chronique aussi réaliste qu'humaine, alternant les petits détails plus ou moins drôles, ou triviaux, avec d'autres, plus émouvants, ou angoissants, lorsque, vers la fin, les jeunes du village vont mettre le feu à la jeep, et en même temps aux poudres, déclenchant ce qui couvait depuis le début du film, un affrontement final à balles réelles, alors que tous les précédents n'étaient qu'à blanc.
Beau moment suspendu où le grand rouquin (un de ceux qui ont balancé la machine à laver), qui a couru se réfugier au milieu de ses congénères se retourne au milieu d'eux, s'avance et fixe dans les yeux le soldat qui lui fait face, avec un demi-sourire presque de provocation... mais c'est à ce moment que l'affaire, pourrait-on dire, va se régler.
Un-un. Machine à laver contre fusil. Balle (!) au centre.
La semaine finira, ils repartiront dans le bus, comme on les avait vus venir au début, croisant la troupe à pied de ceux qui viennent pour les remplacer... La vie continue, l'absurdité aussi...
Et on laisse, doucement, les lumières se rallumer.

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