mardi 24 septembre 2013

les mariés au dessus du gâteau

MA VIE AVEC LIBERACE
de Steven Soderbergh

Ouaouhh! Hervé évoquait la chantilly, et il était presque en dessous de la vérité. Deux heures de sucre et de crème montés en émulsion, éclaboussantes, jusqu'à satiété et même plus si affinités. Sur l'arc-en-ciel du cinéma, voilà un film qui se place à l'autre extrémité que celle occupée par, disons Michael Kohlhaas, vu juste avant.
Deux heures de strass, de paillettes, de vison, de champagne dans le jacuzzi, de caniches à glaucome, de petits maillots moulants, de chirurgie esthétique... Deux heures à en mettre plein la vue, pour mettre en place le decorum kitschissime qui entoura ce qui n'est, finalement, qu'une histoire d'amour assez banale : je t'aime tu m'aimes on s'aime, puis je ne t'aime plus tu ne m'aimes plus on ne s'aime plus, avec une petite coda émue mais on s'aimait quand même. Deux heures de minauderies, d'oeillades assassines, de popotins qui se tortillent (et d'acteurs qui se lancent courageusement dans cette Cage aux folles ricaine, Michael Douglas et Matt Damon en tête, mais Scott Bakula n'est pas mal du tout dans le genre (j'ai du attendre le générique de fin pour savoir où j'avais déjà vu jouer ce beau clone poilu moustachu...) et autres langues de putes assassines.
Douglas joue tellement bien la vieille folle enamourée qu'on croirait qu'il a fait ça toute sa vie (mais, comme disait Bourvil "quand on est artiste, faut faire tous les genres..."), et la réplique peroxydée que lui donne Matt Damon est tout aussi plaisante, qui annonce à Liberace sa bisexualité sans que, comme celui-ci le lui fera remarquerun peu plus tard, elle n'ait à aucun moment été visible.
Comme me le disait un spectateur assis devant moi "je suis venu le voir parce qu'il était en v.o", et moi je rajouterais "je suis venu le voir parce qu'il a été jugé trop gay par l'ensemble des studios et que c'est HBO qui a osé le sortir...( imbéciles de studios)" osé, alors qu'il n'y a honnêtement pas de quoi casser trois pattes à un canard. mais c'était peut-être juste pour cesouligner le fait que rien n'a changé (ou si peu) face à l'homosexualité : si en 70 une star ne pouvait revendiquer ouvertement dans quelle équipe elle jouait, et, comme dans le cas de Liberace devait s'inventer une idylle avec une patineuse pour rassurer son public chéri se redonner un semblant de vernis de crédibilité, an 2013 le fait de raconter cette même histoire semble en gêner quelques-un(e)s aux entournures.
Le film est agréable, oui, mais c'est un peu dommage si c'est le dernier de Soderbergh, réalisateur habile qui aura su à chaque fois ou presque adapter la forme de son récit à la matière qui le composait. Ici ? Des paillettes, des bulles, de la poudre... Autant en emporte le vent...

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lundi 23 septembre 2013

sorellina

SALVO
de Fabio Grassadonia & Antonio Piazza

Hervé m'avait prévenu, et conseillé de visionner le film en l'écoutant au casque. Effectivement. c'est un film dans lequel on entre (et duquel on sort) d'abord par les oreilles. Un prélude et une conclusion en sons plutôt qu'en images. Un travail sur le son absolument superbe (je n'avais rien vu d'aussi abouti depuis L'échelle de Jacob, c'est dire...)
Un magnifique travail sur le hors-champ, donc, puisque, souvent, c'est la bande-son qui nous précise ce qui se passe en même temps que, à côté, ailleurs. Une véritable partition qui sous-tend (soutient) l'histoire de ce tueur solitaire qui va soudain croiser une jeune fille aveugle (la soeur d'un de ceux qu'il est chargé d'éxécuter) et dont le destin va se trouver changé (il y a un Jarmusch qui raconte la même chose, non ? ah oui mais c'est bien sûr, Ghostdogchounet!). Sauf qu'ici ce sont de purs ritals, en Ritalie (des palermitains précisé-je, ayant bien retenu ma leçon) qui parlent italien avec plein de gros mots (on ne parle pas de mafia pour rien) et qu'on se laisse embarquer de bon coeur les yeux fermés (c'est le cas de le dire, puisque, avant qu'ils se rencontrent, la demoiselle est aveugle) par cette histoire aussi banale (boy meets girl) que pas banalement traitée. Il aurait du l'exécuter (la scène de la rencontre entre les deux est superbe, et les réalisateurs la font durer presque au-delà des limites du supportable), mais il l'épargne ( à cause d'un miracle, mais le sait-il ? en tout cas nous nous le voyons) et donc il la séquestre. et fait des va-et-vient entre la chambre qu'il loue chez des gens "pas chelous mais intriguants", en tout cas filmés de façon intriguante) et l'usine / l'entrepôt désaffecté où il la tient captive.
Mais son "patron" finit par s'apercevoir que le boulot n'a pas été correctement terminé et va prendre les choses en main (avec ses hommes du même nom) pour faire en sorte qu'elles le soient. Malaise et règlement de comptes à Ok Corallo.
Le récit a priori ne serait pas passionnant ni l'épaisseur de la trame romanesque remarquable s'il n'y avait cet extraordinaire travail de mise en scène qui magnifie vraiment l'ensemble  et lui confère une profondeur et un intérêt proprement cinématographiques.
Le film réussit l'exploit d'être à la fois sec et lyrique, peu aimable mais attachant, réaliste mais poétique (lyrique serait ici un poil exagéré). des réalisateurs à suivre, en tout cas, incontestablement. On pourra juste regretter que l'acteur principal delonise (ou terencestampise) un poil trop, mais ce serait plutôt un reproche à faire aux réalisateurs, le pauvre lui n'y étant pour rien,  avec sa belle gueule virile et ses yeux bleus d'acier trempé.

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dimanche 22 septembre 2013

dalaï-lama

(fin de rêve)

je dois assister à un spectacle (ou un concert ,) du dalaï-lama. C'est un peu compliqué à se mettre en place. on est en extérieur, des gens sont déjà assis sur quelques bancs (il y a notamment Catherine D, avec sa petite fille -c'est un bébé tout nu qu'elle tient par un pied, comme un enfant le ferait d'un poupon, d'ailleurs sa tête frotte un peu sur le sol).
Je passe "à côté", pour chercher des sièges, peut-être, il s'agit d'une grande pièce, comme une scène de théâtre, ouverte sur le devant, avec des hommes en tenue de travail (peut-être que quelque chose de drôle s'y dit, en tout cas j'ai tout oublié de cette partie-là).
ON va s'installer pour le spectacle. il ya une scène toute en longueur, le long de la quelle court un petit muret en ciment, c'est là que les spectateurs vont s'installer, à genoux (je comprends à présent pourquoi mon voisin a apporté avec lui un petit coussin jaune : pour y poser ses genoux). c'est d'utant plus pénible qu'il y a, à l'endroit où je vais m'installer parce qu'il est resté libre, des petits morceaux de verre, de canette cassée. je trouve ça dangereux, et je comprends pourquoi cette place est restée libre.
A côté de moi viennent d'installer une petite fille maghrébine et sa grand-mère, qui n'ont pas du tout l'air de se soucier du spectacle qui va commencer : la fillette sort du sac de la grand-mère un puzzle, des livres, etc.
Arrive sur scène un homme qui nous dit que le lieu en question (où nous sommes installés) avait, en réalité, été choisi pour être (? une synagogue , une basilique ?), je lève la tête et je m'aperçois qu'effectivement il y a une voûte très haute, des colonnes, et des splendides peintures murales un peu effacées (comme en Inde) dont on aperçoit surtout des à-plats de couleurs bleu-vert et gris.
Le spectacle ne commence toujours pas, on est désormais assis à des tables en bois, de huit ou dix, à discuter, certains boivent, moi j'ai envie de pisser mais je me retiens. Arrive Pépin, avec des lunettes de soleil, qui s'assoie en face de moi et, quand je lui demande s'il va assister au spectacle, répond par la négative (je me demande alors ce qu'il fait là), je commence à l'engueuler à ce propos, il se lève et s'en va (il y a au bout de la table un genre de baie vitrée par où je pourrais le vois partir si je voulais le regarder, mais j'ai mis ma main droite pour me faire une oeillère (comme les chevaux) pour ne pas le voir.
Ca va bientôt commencer, il va falloir se dépêcher, finalement, je prendrais bien une bière (il ne reste plus qu'une bouteille sur la table)le mec qui est en face de moi, qui a aussi des lunettes de soleil  et qui est comme une imitation de Pépin me fait signe de l'ouvrir sur le rebord de la table. Pas question, je ne sais pas faire ça, j'essaie de tourner la capsule et ô miracle elle se dévisse, je réalise alors que la bière avait déjà été ouverte et refermée, qu'il en manque la moitié, que c'est une bière très particulière, quasiment incolore et apparemment sans bulle, et qui provient de plus, d'un pays très étonnant (peut-être un pays musulman ?) Je m'extasie et je vais la boire
Le spectacle n'est toujours pas commencé, nous nous sommes réinstallés, mais cette fois(ci les tables où nous étions assis pour boire en attendant ont été installées sur scène, et il ya visiblement beaucoup de gens qui sont partis. Le public est  à présent très clairsemé

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vendredi 20 septembre 2013

les hommes préfèrent les hommes

Les hommes préfèrent les hommes
ils s'entrebaisent comme
les bijoux de la reine
dans le coffret d'ébène
Même chez les truands
on les voit dans le sang
agitant leur sacrum
en hommage à Sodome

Les hommes préfèrent les hommes
Les hommes préfèrent les hommes

Dans la pègre et les guerres
on les voit tels des frères
ennemis se saignant
pour les mignons régnant
Ramdam chez les valseuses
surins et sulfateuses
Les hommes préfèrent les hommes
c'est tant pis pour nos pommes

Les hommes préfèrent les hommes
Les hommes préfèrent les hommes

Il y avait jadis
les blondes les actrices
mais c'est l'ère du verseau
surtout chez les barbeaux
Le milieu la mafia
la déesse aux cent doigts
barbouillés de sang yang
comme le Yang-tsé-kiang

les hommes préfèrent les hommes
c'est naturel en somme

Eros en a assez
des vamps et des poupées
il lui faut un grand nombre
de dards et d'oeillets sombres
de muscles, de poils drus
de violence et de culs
Puisqu'ils sont tous pédés
songeons à nous armer

les hommes préfèrent les hommes
c'est tant pis pour leur pomme
les femmes préfèrent les femmes
c'est un joli programme

brigitte fontaine

 

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deux chevaux

MICHAEL KOHLHAAS
d'Arnaud Des Pallières

Tout le monde (enfin, tous les gens que je connais et qui l'avaient vu) en disait le plus grand bien. Mais un je-ne-sais-trop-quoi me retenait encore. Peut-être que je n'ai pas vraiment le goût pour les moyen-âgeuseries (mon dieu mais comment faisaient-ils donc, sans téléphone, sans internet, sans voitures et sans fils électriques), les reconstitutions y afférant, et donc les obligations de tournage (châteaux délabrés, et aux lieux encore desélectrisés) qui font qu'on sait ce qu'est faux. Donc nous y voilà, escarpements, plateaux parcourus par un vent quasi omniprésent, cataclop cataclop chevaux, et, enfin, notre Michael Kohlhaas, incarné par un Madds Mikelsen que les friands de films danois n'auront pas manqué d'avoir repéré depuis belle lurette. C'est vrai qu'il en impose, le bougre, tant au niveau de la belle gueule virile que de la musculature qui va avec.
Notre Michaelou s'en va donc-t-à la foire, pour vendre des chevaux (magnifiques) dont il fait commerce, quand voilà-t-y pas qu'on lui barre le passage sur un pont, un obscur et jeune baronnet lui demande un droit de passage, qu'il ne peut acquitter qu'en laissant en gage, jusqu'à son retour, deux magnifiques alezans (je ne sais pas si c'en sont, mais le mot sonne grave bien) et son valet, pour s'en occuper.
Las! quand il revient, les deux chevaux en question sont tout pourris (on les a attelés pour les travaux des champs) sales et mal nourris, et le valet ne vaut guère mieux, sur lequel on a -lâchement- lâché les chiens. Michael K. en est très vénère, et va tout faire pour obtenir réparation : il veut récupérer ses caballos dans l'état où il les avait prêtés en entrant : nickel. Mais nous sommes au Moyen-âge (et qui plus est d'après une pièce de Kleist, vous vous doutez donc bien que ce n'est pas synonyme de grands claquages de cuisse pour cause de fou-rire), et tout va aller de mal en pis : dépot de plainte, rejet, re-dépot, re-rejet, prise d'armes, levage d'armée, révolte de gueux, etc., dans une escalade impitoyable dont on suppute l'inéluctable issue. (et on ne s'y trompe guère d'ailleurs).
Arnaud Des Pallières est incontestablement un réalisateur intéressant (j'avais été sidéré jadis par son premier doc sur Disneyland, quasi lynchien), et, malin qui, à épopée moyen-âgeuse, choisit une musique adaptée, et une forme idem (idoine, celle de la chanson de gestes avec des y à la place des i -comme dans l'Opoponax  : rois Desramés à sa barbe jurée ke Guibors en à cevaux traïnée- ) dans une forme singulièrement pure et respectueuse (un peu comme Rabah Ameur Zaïmèche et ses Chants de Mandrin).
Sans compter le plaisir d'y voir, dans l'épopée, fleurir passagèrement quelques trognes aimées -viriles- : Jacques Nolot, justement, et Bruno Ganz, et Jean-Louis Coulloc'h, et Sergi Lopez sur un bourricot, et Denis Lavant en religieux, magnifiquement et mystérieusement (intérieurement) calme.
Du beau linge, enfin, métaphoriquement puisque tout ce joli monde s'en va plutôt crotté (pas de machines à laver non plus, au moyen-Age). Une belle épopée, bruit et fureur, où on ne comprend pas toujours exactement de quoi il retourne (qui attaque qui, qui veut quoi contre qui) avec au beau milieu le passage in/attendu d'une princesse très plausiblement moyen-âgeuse, à la beauté singulière d'un grand et sombre oiseau, au visage pourtant d'albâtre. A qui incontestablement Michael K. produit un certain effet (au moins autant sinon plus qu'à nous, spectateurs décoiffés par le grand vent de cette aventure) mais pour qui ce ne sera pourtant pas suffisant.

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jeudi 19 septembre 2013

brigitte

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Quel plaisir, oui quel plaisir de la retrouver... Passé le léger choc que provoque sa voix la première fois que l'on l'y entend, voici un album que j'ai écouté et réécouté depuis hier, avec un bonheur croissant, et tout spécialement (comme en ce moment, en boucle) deux titres, les titres 11 : Les hommes préfèrent les hommes et  12 J'aime.

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dimanche 15 septembre 2013

à propos de rêves...

 

traduction :
comment un sentiment réel (le froid, ou du moins le changement de température parce qu'on a rabattu la couette), devient, dans le rêve, la sensation d'un gros chien qui rentrerait soudain dans le lit en faisant un peu le fou (en même temps que la question est-ce qu'on a bien fermé la porte en bas ?)

transitions :
je suis dans ma voiture, je traverse un parking (de routiers), je vois notamment une dame, brune, avec une queue de cheval, dans son bahut (rouge), je vais en direction de l'autoroute (je vois l'embranchement et les panneaux, un peu plus loin sur la droite)
je suis sur cette route, mais à pied, et je marche avec Régis sur une route infiniment droite (et étroite) qui monte et qui descend, on la voit jusqu'à l'horizon, il me semble qu'elle longe une rivière
Je suis toujours sur cette même route, qui traverse d'abord des baraquements de chantier(...), puis traverse carrément une maison où toute la famille, attablée et souriante, nous salue, mais je ne suis plus du tout avec Régis, je suis avec ma soeur, et un charmant jeune homme barbu. Le chemin s'arrête devant une sorte de vasistas, au sol, à moitié ouvert, mais visiblement pas assez grand pour qu'on puisse continuer. Je montre le vélux, au dessus, à travers lequel on pourrait passer, mais il est trop haut, et le jeune homme qui essaie en premier, dit qu'il n'a pas assez de prise pour y grimper, je dois donc le porter, puis je fais la même chose avec ma soeur en me disant qu'avec elle ce sera plus facile, puisqu'elle est bien plus légère (et avec l'arrière-pensée que, quand il ne restera plus que moi, comment vais-je faire pour grimper jusqu'au vélux ?)

reproductions :
un groupe qui avait sorti un cd dont le livret était fait entièrement d'illustrations tirées d'un vieux dictionnaire Larousse, ce qui me remplissait de joie

translations :
une file de gens (principalement des enfants) qui font la queue pour aller aux toilettes (la file est si longue qu'on ne voit pas la porte des toilettes en question (c'est Maria qui a ouvert la porte, et, à ma remarque que ça n'avance pas très vite, elle répond que c'est déjà bien qu'il y en ait une d'ouverte)
se transforme soudain en
une file d'attente (uniquement des adultes) pour accéder à un comptoir où on peut acheter de la nourriture (qui est stockée dans des bacs alignés sur la droite), en principe ce sont les vendeuses derrière le comptoir qui vont chercher les denrées, mais, soudain, les choses se se précipitent, et, au sein d'une énorme bousculade, je réalise que les gens se servent eux-mêmes dans les bacs en question (sensation de "pillage"), et quand j'arrive, après m'être frayé un chemin avec difficultés dans la cohue, il n'y a quasiment plus rien au fond des bacs

répétitions :
- je cherche désespérément à retrouver ma voiture que j'ai garée je ne sais plus où (ou si je sais où, elle n'y est plus...)
- beaucoup de monde, foule, collectivité, colonie de vacances, groupe : beaucoup de gens en tout cas
- théâtre : on remonte une ancienne pièce qu'on a déjà monté (et je ne sais plus mon texte) ou on monte une nouvelle pièce (et je ne sais plus mon texte), ou je vais entrer en scène (et je ne sais plus mon texte) etc.

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mercredi 11 septembre 2013

les deux frères

GRAND DEPARTde Nicolas Mercier

J'avais vu la bande-annonce, qui m'avait paru sympathique, j'avais lu l'interview jumelée de Pio Marmaï et Jérémie Elkaïm dans le nouveau TÊTU (qui m'a d'ailleurs quasiment donné envie de m'y abonner) que j'avais trouvée plaisante, j'avais une place à tarif réduit à utiliser avant le lendemain, je n'avais lu aucune critique, et j'y suis donc allé (mon dieu , déjà! comme le temps passe vite) mercredi dernier à 14h, profitant d'un court séjour à Besac avec Pépin.
Alors ? Bof bof mais pas que, pas tout à fait. Dans la salle, à la fin, j'ai juste écrit "avec une scène finale eu mieux maladroite et au pire putassière", parce que c'est vraiment vraiment dommage de finir là-dessus, parc e qu'il y aura eu auparavant tout de même ces deux frangins : le narrateur -Marmaï- bien coiffé bien rasé bien costumé executive (l'hétéro) et son grand frère echevelé bohème et dépressif -Elkaïm- (le gay). L'otarie et le phoque, pour rester dans les métaphores animalières (vous ne connaissiez pas "hétéro comme une otarie" ???). Deux frangins aussi différents que possible, qui se chamaillent et se grognent à la figure, surtout à partir du moment ou leur père -Eddy Mitchell-  se chope une maladie neuro-dégénérative -si j'ai bien retenu le mot- et qu'il faut donc le placer en maison de soins et l'assumer, avec plus ou moins de vaillance. Chacun des frères a son idée sur la conduite à tenir et la façon de réagir. et bien évidemment ils ne sont pas d'accord. il ya des dialogues exquisément vachards, il y a des acteurs qui assurent (qui assument ?) - les 3 déjà nommés et la maman, Chantal Lauby, un peu injustement sous-utilisée (j'allais écrire expédiée), il y a quelques scènes mémorables (la soirée en Zorro et l'entretien avec l'employé des pompes funèbres, notamment), mais bon, tout ça ne suffit pas pour faire un grand film, c'est dommage mais c'est comme ça. Manque de souffle, manque d'audace, manque d'originalité. Vite vu, donc, et, hélas, assez vite oublié.

 

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samedi 7 septembre 2013

la chute d'un corps

UNE PLACE SUR LA TERRE
de Fabienne Godet

On y est allés un peu par hasard (on avait des places à tarif réduit, il y avait une séance à la bonne heure...) sans rien savoir du tout du film, à part son affiche. Dès le début, j'ai senti que quelque chose se passait, quelque chose de fort que faisait résonner le personnage joué par Benoit Poelvorde, celui d'un "photographe alcoolique et raté". Je redis ici encore une fois l'admiration que j'ai pour ce bonhomme, surtout lorsqu'il est, comme ici, tout en retenue, minimaliste, clos. Grandiose. Ce mec-là a un charisme invraisemblable, et offre à son personnage une profondeur d'abîme, sans qu'on sache jamais exactement ni pourquoi ni comment il en est arrivé là. Il m'a véritablement scotché (je pense que j'ai passé la première moitié du film avec les larmes aux yeux, et cette chose, dans la poitrine, qui te broie un peu le coeur, sans que tu saches si c'est plus agréable que douloureux, ou le contraire. Un certain état de grâce cinématographique qui est au-delà du plaisir "normal" que peut offrir un film "habituel".)
J'ai du être sensible au fait que le personnage est photographe, "accidenté de la vie" (on n'en saura jamais beaucoup plus), qu'il s'occupe souvent du jeune fils de la voisine (qui n'est pas là souvent, -la voisine-), qu'il découvre la jeune voisine d'en face, joueuse de piano et suicidaire occasionnaire, et que de cette rencontre va naître quelque chose qui fait l'essence du film.
Je l'ai dit, la première partie du film, est, à mon sens, éblouissante (l'ironie amère de Poelvoorde, sur des dialogues très écrits, est fort réjouissante), et on peut, peut-être, regretter ensuite que l'histoire fasse un peu du sur-place, sans parvenir vraiment à se renouveler. Surtout le (beau) personnage de Poelvoorde, qui continuera imperturbablement d'écluser des godets. (C'est mon côté fleur-bleue youp la boum qui aurait sans doute voulu que tout se terminât merveilleusement bien). La faute peut-être au personnage de la jeune fille, qui reste elle-aussi peut-être un peu trop "en-dedans" pour justifier (ou pour nous permettre de mesurer l'intensité de ce qui se joue (de ce qu'elle provoque) chez le photographe. (Mais bon, c'est comme ça aussi dans la vie, quand on flashe quand on craque pour quelqu'un la personne en question ne justifie pas forcément l'intensité des transports qu'elle provoque, et la plupart du temps sans le savoir, hihi, j'en sais quelque chose puisque c'est essentiellement comme ça que je fonctionne, et toc.)
Mais bon je suis aussi extrêmement maladroit pour tenter de retranscrire ce qui, d'abord, a relevé pour moi de l'émotion pure (et l'utilisation de la musique de Phil Glass, celle de The Hours si je ne m'abuse a contribué à me perdre encore davantage), et ce n'est pas le fait d'utiliser des mots comme "mesurer" ou "justifier qui arrangera  les choses. Juste rajouter, par ce que j'ai oublié d'en parler, des affectueux décrochages qu'apporte le jeune Mathéo, le fils de la voisine, celui qui se déguise de temps en temps en princesse...
Il y a beaucoup beaucoup de malheur (et de souffrance, pas forcément dite d'ailleurs) dans le film (comme dans la vraie vie ?), pour chacun des personnages, et dans la plupart des situations. Et chacun doit faire avec. Certains font des photos (celles du film, d'ailleurs, sont très belles), boivent un coup, d'autres jouent du piano, ou font des fouilles sous-marines... il y a également beaucoup d'autres choses qui sont tues, et c'est ce qui fait la beauté et la force de cette histoire peut-être d'mour, en tout cas de recherche (affective ou un autre qualificatif qu'on aurait du mal à préciser, mais que je n'ai pas vraiment de mal à comprendre, re-hihi)
C'est en tout cas un magnifique  portrait d'homme blessé, magnifiquement incarné, porté, habité par Benoit Poelvoorde, qui vaut à coup sur infimiment mieux, que par, exemple la critique extrêmement mesquine qu'en fit, au hasard, Téléramuche.

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mardi 3 septembre 2013

le vendeur de photos de films

(queue de rêve)

J'ai un appartement dans un château (au premier étage à droite), et, en regardant par la fenêtre, je vois en contrebas un genre de stand où les gens viennent et repartent avec des grandes enveloppes kraft format A4 à la main

je suis en bas, au stand en question, et je me rend compte que c'est celui d'un monsieur qui vend des photos de films (d'où les enveloppes)

j'ai engagé la conversation, le monsieur à l'air plutôt sympathique (même s'il n'est pas très beau) et nous parlons de choses et d'autres

je suis à (? un concert ? en tout cas une pièce où il y a beaucoup de gens, qui passent dans tous les sens), et voilà que j'aperçois, un peu plus loin, dans la foule, la tête frisée du vendeur de photos de films, qui me regarde, et me fait signe qu'il me fait passer des enveloppes, lorsque je les reçois, je m'aperçois qu'il y a dedans quelques photos de films, dépareillées, qui ne m'intéressent pas vraiment, mais j'apprécie le geste (en me demandant s'il ne serait pas en train de me draguer ?)

un autre jour, je suis devant le stand du fameux monsieur, mais qui vend des choses très différentes (d'ailleurs, ne vendrait-il pas un peu de tout ?), notamment il me montre un espèce de bloc, qui lorsqu'on le prend et qu'on le rompt (comme on ferait avec une miche de pain, l'objet devient moitié noir moitié rougeâtre et se transforme en sculpture (a moins que ce ne soit le contraire ?) cet objet m'impressionne, et lorsque je relève la tête, je me rends compte qu'il n'ay plus personne derrière le stand, le monsieur est parti sans dire au revoir (je le vois, un peu plus loin qui s'éloigne dans la foule

je décide de le suivre, de le rattraper, je ne veux pas le perdre, je suis un parcours compliqué, franchit une espèce de portique (ou de porte tournante, comme à l'entrée de certains magasins, et me retrouve "à l'extérieur", dans le monde réel, une rue de Paris, avec une énorme station de métro de l'autre côté de la rue (très haute, qui pourrait évoquer le mont St-Michel), j'aperçois son nom sur un panneau, en grandes lettres blanches sur fond bleu, comme le vrai métro. La station s'appelle AUTUN

je l'ai perdu, mais je me dis que je ne peux pas rester plus longtemps dans ce monde réel-là, et qu'il faut que je reparte vite là où j'étais avant, ce que je tente de faire, illico, en rebroussant chemin

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