samedi 29 janvier 2011

deux films avec un curé (en soutane)

(Le titre original envisagé aurait été "Deux films plutôt longs, en costumes, avec un curé (en soutane), où j'ai hélas un peu dormi...")

 

Les "hasards de la programmation" ont fait qu'à quelques jours d'intervalle j'ai vu un film de 4h26 (commençant à 20h) et un autre de 3h08 (commençant à 18h45, l'inverse eût été plus intelligent, huhuhu). Le premier où j'ai dormi  plutôt dans la seconde partie (dont je n'ai, je l'avoue, pas vu grand chose, juste des images fugaces entre deux rendormissements) et le second plutôt, soyons symétrique, dans la première... Bref, dans un cas comme dans l'autre, je n'ai pas tout compris. Et dans un cas comme dans l'autre, je ne peux pas, décemment, en faire la critique. ou alors juste une moitié, mais ce serait malhonnête.

MYSTERES DE LISBONNE
de Raul Ruiz

LE GUEPARD
de Luchino Visconti

Je peux juste dire que j'ai envie de revoir le film de Raul Ruiz (qui ô bonheur repassera sur Arte en avril, version 6x1h) alors que celui de Visconti,ma foi, bon ça y est je l'ai vu, une fois suffira.
A l'état normal, dirais-je, je suis plus Ruiz que Visconti, et je suis donc resté fidèle à ma ligne de conduite habituelle.
Je vais peut-être me faire taper (aïe, Hervé, arrête, pas sur la tête!) mais je trouve que ça a un tantinet mal vieilli (la musique est insupportable), et ça fait drôle de parler de "version originale", tout de même, puisque deux des trois interprètes principaux ne la parlent pas, la langue originale en question. Les trois heures étaient-elles véritablement indispensables ? A mon humble avis, la seule scène du bal (qui fait quasiment toute la deuxième partie du film) eut été suffisante... Bon, bien évidemment, il y a là-dedans quelques plans et scènes saisissants et -plus ou moins ?- viscontiens : le travelling sur la famille poussiéreuse assise à l'église, l'apparition de Claudia Cardinale (pfouh! elle a vraiment une taille de guêpe!), la "promenade" marivaudante à travers les mille pièces du palais, et, bien sûr, la scène de bal (sans oublier cette phrase sublime : "le mariage, c'est un an de flammes et trente ans de cendres..." Bravo, Luchino...). Mais aussi beaucoup de scènes bavardes. (à un moment, je me suis tourbé vers ma voisine, Manu, nos regards se sont croisés et j'ai chuchoté "je m'emmerde..." et elle m'a répondu "moi aussi...". Elle a d'ailleurs quitté la salle quand je lui ai annoncé qu'il restait encore une heure et quart...) Les acteurs sont impeccables : Lancaster, Delon, Cardinale, que du  beau linge, la crème de 1960, sans oublier (cocorico ?) le tout jeune alors Pierre Clémenti et l'excellent Serge Reggiani.

En ce qui concerne le Ruiz, je serai beaucoup plus nuancé. d'abord parce qu'il n'a pas du temps subi l'irréparable outrage, et  que, si costumes et bal il y a idem, c'est néanmoins beaucoup moins empesé et amidonné aux entournures. La construction labyrinthique et foisonnante (et complexe) du film (des histoires de familles, de comtesses, de batailles, de  bandits, de vengeances, de duels, de trahisons...) est pour beaucoup dans cet effet de sidération, mais le filmage l'est tout autant. Une trame en apparence un peu feuilletonnesque pour une construction mentale de haut vol (qui, dans mon cas notamment, nécessitera une deuxième vision pour combler les lacunes et remettre en place tout ce qui doit l'être. il y a là-dessous une grande subtilité (un soupçon de perversité, aussi, peut-être ?) et un talent certain pour faire à la fois de la belle image, mais de l'image intelligente, aussi... je ne peux en dire plus (j'ai dormi à la fin, je le répète... mais je me vengerai! suite de cette chronique mi-avril, après la diffusion sur Arte!)

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mercredi 26 janvier 2011

vingt-cinq ans

DANS SES YEUX
de  Juan Jose Campanella

Festival Téléramuche, dernière! Avec ce film argentin qui était passé tellement longtemps à Besac que j'avais fini par ne plus avoir envie de le voir... Là, je ne pouvais pas refuser, hein... J'aime bien les films sud-américains, et tout particulièrement les films argentins, j'aime beaucoup entendre parler les argentins, cette façon qu'ils ont de remplacer les "ll" par des "j"... Mais bon, ça ne suffit pas à faire un film, hein , alors le réalisateur a conçu une histoire en deux parties qui se répondent, l'une en 1974 et l'autre 25 ans plus tard (ce qui devrait nous emmener aux alentours de 1999...) Avec les mêmes acteurs, de plus (je me suis demandé s'ils avaient plutôt choisi des acteurs jeunes qu'il a fallu ensuite grimer en vieux, ou bien au contraire des vieux qu'il aura fallu rajeunir... je pense qu'ils sont restés sur une hypothèse intermédiaire, ce qui n'en rend les choses que plus vraisemblables...)
De nos jours, un (je n'ai pas réussi à trouver quel boulot il exerce véritablement... greffier ?) est de retour à Buenos-Aires, et reprend contact avec la juge avec qui il travaillait, en lui annonçant qu'il a décidé, profitant de sa retraite, d'écrire un livre sur une affaire sur laquelle ils ont bossé ensemble, donc, vingt-cinq ans plus tôt.
Le film alterne les scènes des deux époques : l'enquête menée en 1974 sur le meurtre et l'assassinat d'une jeune fille, et on n'a aucun mal à suivre tout ça, étant donné que c'est plutôt bien filmé, avec au moins un double niveau (la recherche du meurtrier de l'époque, certes, mais aussi le(s) sentiment(s) amoureux entre le héros et la jugesse (qui est tout aussi mimi , genre  "aujourd'hui plus qu'hier..." ) , et une surprise finale (on se doute qu'il y a "quelque chose" mais je vous défie de le deviner avant de l'avoir vu, huhuhu) avec en plus des jolies idées (la machine qui ne tape pas les A, les photos retournées, la perpétuité...) sans oublier une -brève mais imposante- QV...
Un très bon moment, bien plus personnel, touchant  et "authentique" que le Polanski vu il y a quelques jours (même si un peu moins "haletant", il faut le reconnaître). Avec deux doigts de mélo romantico-glamour pour adoucir un peu la noirceur et l'amertume de tout ça ... ("les souvenirs et les regrets aussi...")

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mardi 25 janvier 2011

manuscrit

THE GHOST WRITER
de Roman Polanski

Et hop! Encore un merci au Festival Téléramuche! Je n'avais pas pu/voulu voir ce film-là  à sa sortie, et j'ai donc réparé cet oubli à la séance de 18h (dans une salle archi-complète! il semblerait que ça marche mieux à Besac que dans le bôô cinéma...). Les critiques en étaient élogieuses, et ma foi elles étaient plutôt justifiées : dans le genre thriller politico-paranoïaque, ça fonctionne, et même de mieux en mieux.
Polanski prend son temps pour tout mettre en place, et, quand il décide de serrer la vis, il le fait, et impitoyablement!  Et couic! Plus on avance et plus on se pose de questions, et plus on a les jetons pour notre blondinet d'Ewan mc Gregor, qui n'a pas idée du  merdier dans lequel il s'est fourré..., et plus on est tendu (il y avait des moments où j'en oubliais presque de respirer...)
En plus , c'est superbement filmé, ce qui  ne gâche rien (une série de plans beaux à couper le souffle, vers la fin, devant la gare maritime vide). Bon,  on a sans doute connu plus original et plus personnel de la part du réalisateur du locataire ou de Rosemary's baby, mais bon (re), n'allons pas bouder notre plaisir. Diaboliquement efficace, même si les histoires de CIA, de premier ministre et d'anti-terrorisme ne sont pas, a priori, ma tasse de thé.
Pour le reste...

 

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(je viens d'aller voir  sur allociné les échos critiques et je dois dire que j'hallucine un peu : tout le monde -ou presque) y va carrément de son cinq étoiles : *****! Bon, Polanski a des démêlés avec la justice, tout le monde il est méchant avec lui,  et il faut peut-être lui soutenir le moral, mais, hé ho, quand même, faudrait pas pousser, hein!)

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lundi 24 janvier 2011

le repas de midi

Je suis avec L. (je ne me souviens pas de ce qui est arrivé avant dans le rêve). Nous marchons dans la rue, il est est midi, et nous devons aller manger avant de reprendre le travail. (En réalité, nous ne sous sommes jamais rencontrés "en vrai.). pas très loin, derrière nous marchent Christine et Jean-Fran, qui vont manger eux aussi.
Je pense que je vais emmener .L. manger à l'IUFM, en me disant que ça ne va pas manquer de provoquer des commentaires, piquer des curiosités, mais au moins comme ça, tout le monde sera au courant. Mais nous passons devant une table de jardin en fer forgé, flanquée de deux chaises, qui se révèle être la devanture (la terrasse) d'un restau que je n'avais jamais vu là auparavant. L. y entre, d'ailleurs. (dans le rêve, nous ne parviendrons jamais d'ailleurs à être vraiment ensemble, il est toujours "devant", ou, plus loin...). Il y a beaucoup de monde, il s'gait d'abord de commander, je ne comprends pas exactement ce qu'on peut manger, la blonde au comptoir me dit que les cartes vont arrivées, elles sont apportées par une vieille femme (sa mère ? pensé-je) c'est une pochette plastqiue pliée en deux dans la quelle on a glissé la feuille du jour (une feuille jaune) mais comme on a laissé dedans celle de la veille (une rouge), et que celle -ci s'est un peu mise en boule, on n'arrive pas bien à lire. J'hésite : pâtes ? pizza ? je pense à ce que j'ai lu dans les Inrocks, et à ma décision d'arrêter (ou du moins de réduire) ma consommation de viande. J'opte pour une salade, mais c'est écrit très petit et je n'arrive pas à lire quoi que ce soit.
j'ai conscience que le temps passe, et que je n'aurai peut-être pas le temps de manger. Je me demande si L. va me parler de sa nouvelle copine (...).Je consulte à nouveau la carte, elle a changé d'apparence, la vieille m'apporte une sorte de menu à plusieurs feuilles, datant vraisemblablement d'il ya plusieurs années, et que je n'arrive pas à lire non plus vu que les pages sont collées entre elles (j'arrive à en décoller deux, en les déchirant un peu...).
Le patron au comptoir me regarde interrogativement, et je finir par commander "une pizza" sans autre précision. L. commande aussi la même chose. Le patron, en me regardant, fait une remarque du genre "et bien il aura mis le temps...". Ça m'agace et je sors pour me calmer un peu (j'aperçois de loin Chris et Jean-Fran qui mangent assis à une table).
Quand je reviens à notre table (tout au fond du restau, je trouve L. qui est déjà en train de manger sa pizza., il ya un ou deux gamins assis là, avec qui il discute, et même la serveuse blonde, qui est installée à ma droite. Devant moi est servi un genre de plats de canelloni, ce n'est pas du tout ce que j'avais commandé. la serveuse me précise en riant : "On a pensé à vous... que des aphrodisiaques!" Je commence à manger (une petite grappe de raisin que j'essaie d'avaler en une fois, puis des haricots dont je laisse par mégarde tomber une cuillère sur la nappe, en fait je m'aperçois qu'il en est tombé beaucoup plus que ça) Je viens très rapidement au bout de mon plat, il ne reste plus dans le plat qu'un genre de bouillon clair.
Il faut à présent aller payer. on se lève, et le patron nous demande d'aller dans un autre coin du restaurant. On fait la queue près d'un pilier. Quand j'arrive, L. est en train de donner l'accolade à un jeune homme brun. Puis à un autre, à qui il fait la bise (mais n'est-ce pas le patron ?). Je pense qu'il est quand même très sociable, et qu'il a une incroyable facilité pour attirer la sympathie des gens...) Il a pris la note pour nous deux, et a  fait visiblement des calculs sur le ticket qu'il me tend. je m'étonne de la somme affichée (33€) mais je comprend qu'il a fait le calcul pour lui, et que je dois donc déduire ce qu'il doit de la somme totale. Finalement je m'en tire pour 16€, que je paie en liquide (je me trompe en sortant successivement des billets de mon portefeuille, et tiens je m'aperçois que j'y ai un billet de 100€ mais tout petit, que je pourrais confondre avec un billet de 5.)
Pendant que je paye (je suis désormais à un comptoir, apparaît Cathy, avec une fillette (qui m'appelle par mon surnom de quand j'étais jeune) vêtue d'une robe un peu voyante (genre danseuse indienne, mais dans les tons de gris noir et blanc, avec des trucs qui brillent). L. est déjà sorti, j'explique à Cathy que je suis très pressé , elle me dit "oui oui, évidemment..." d'un air déçu et un peu triste.
Je sors, L. marche devant moi,il est déjà assez loin, à un moment, il entre dans un genre de square (je le vois en contrebas), un édifice avec plusieurs cours intérieures qui se chevauchent. Il est en train de parler avec un gamin. Je suis excédé. Pour attirer son attention, je hurle depuis le dessus. Il se retourne, un peu étonné avec l'air de dire "Ohlala, qu'est-ce qu'il a? " et fait mine de venir me rejoindre.
Mais j'ai tourné à droite, et il semble que les chemins que nous prenons ne correspondent pas. Les plans sont disjoints. je ne vois pas trop comment faire. Je vois sa tête apparaître sur la droite, au ras du sol, en haut d'un escalier, auquel je ne peux pas vraiment accéder

(à ce moment, je suis réveillé par la sonnerie du réveil, et je mets un moment à reprendre contact avec la réalité. Je suis empli de tristesse.)

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dimanche 23 janvier 2011

micro88bis

(spécial anton tchekhov)

*

La pièce : il faut peindre la vie ni telle qu'elle est, ni telle qu'elle devrait être, mais telle qu'elle apparaît dans nos rêves.


*

La pièce : l'actrice, voyant l'étang, fond en larmes, en se souvenant de son enfance.

*

S'opposer au mal est impossible, s'opposer au bien,oui.

*

Un chien affamé ne croit qu'en la viande.

*

Mois de mars. la température est au-dessous de zéro, le temps maussade, un petit vent souffle, tout est humide, on est transi, c'est un temps exécrable, mais tout de même le printemps est proche.


*

ils se marient, parce que, tous les deux, ils ne savent pas que faire.

*

Quand on aime, quelle richesse on découvre en soi-même. Tant de tendresse, de douceur... On a du mal à croire qu'on est capable d'autant d'amour.


*

Là où on n'est pas, tout est mieux : quand on n'est plus dans le passé, il nous paraît merveilleux.

*

Un homme qui ne sait rien -ni comment faire, ni comment entrer, ni comment poser une question.

*

Dans une lettre d'amour : "ci-joint un timbre pour la réponse."

*

La sensation du bonheur, habituellement, c'est autant de temps qu'il en faut pour remonter une montre.

*

Derrière la porte d'un homme heureux devrait se tenir quelqu'un avec un petit marteau et qui n'arrête pas de cogner pour lui rappeler qu'il y a des gens malheureux et qu'après le  temps bref du bonheur viendra celui du malheur, immanquablement.


*

L'arbre est devenu sec, mais tout de même il se balance dans le vent, avec les autres.

*

L'éducation. "Mâchez bien", disait le père. et ils mâchaient correctement, et ils se promenaient deux heures tous les jours, et ils se lavaient à l'eau froide, et tout de même, ils sont devenus malheureux, bons à riens.


*

L'amour. Ou bien c'est le reste de quelque chose qui dépérit et qui fut jadis immense, ou bien c'est une partie de quelque chose qui deviendra immense mais qui, dans le présent, laisse insatisfait et apporte beaucoup moins que ce qu'on attend.


*

Il est mort de la peur du choléra.

*

Ils sont honnêtes et ne mentent pas, tant que ce n'est pas nécessaire.

*



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casquette (à l'envers ?)

AU-DELÀ
de Clint Eastwood

Celui-la, c'est rien de dire que je l'attendais : quand j'ai vu la bande-annonce pour la première fois, j'étais déjà en larmes quasiment à la fin. le post mortem est un sujet qui me touche (et la bande-annonce était du genre -hélas de plus en plus fréquent- de celles qui vous racontent quasiment tout le film.) Trois personnages, un américain qui est -vraiment- médium et qui en souffre plutôt, une jeune française qui a fait une expérience post-mortem, justement, et un jeune britannique dont le frère jumeau vient de mourir. Et les trois histoires vont (voui voui on s'en doutait un peu) se rejoindre à Londres lors d'un genre de salon du livre.
Ca démarre sec avec le tsunami (glouglou), ça continue avec un attentat dans le métro londonien (boumboum), j'ai craint un instant qu'on ne nous refourgue le 11 septembre, mais non...
Le film fait 2h05 me semble-t-il et se passe  bien pendant, disons, les deux premières heures, plutôt bien ficelé, même si des fois grosses ficelles, mais voilà, ça se gâte -et gravement- pendant les cinq dernières minutes, justement , avec happy-end à tous les étages et zou! rallumez-la lumière (c'est ce qui s'est passé d'ailleurs dans la salle du bôô cinéma) et hop! générique de fin. et dehors circulez! Comme si Clintounet avait soudain réalisé qu'il avait assez perdu de temps comme ça, et avait demandé au scénariste de lui gribouiller 2 3 lignes pour boucler ça. Une fin scandaleusement expédiée et calamiteusement ratée.
Pour un film qui a tous les atouts du mélo flamboyant et spectaculaire (putassier ?), mais qui, justement, hormis le tsunami du début, n'essaie pas de nous en mettre plein la vue (j'ai failli écrire plein la vie), c'est vraiment dommage, et on se demande un peu, rétrospectivement, de quoi Clint a voulu exactement nous parler. (Un truc rigolo : dans toutes les "vraies" critiques ou presque il est question de la coiffure de Cécile de France...). La vie, l'amour, la mort ???

 

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ps : je viens de lire ici une critique que je trouve très juste (notamment à propos de la fin), par Rob Gordon

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samedi 22 janvier 2011

queue amovible

FANTASTIC MR FOX
de Wes Anderson

Comme l'année dernière (et chaque année d'ailleurs, ou presque) je voudrais remercier ici publiquement le Festival Téléramuche de me permettre de mourir moins idiot, en voyant des films que j'aurais plus ou moins sciemment ratés au cour de l'année. Celui-ci par exemple ; bon d'accord il n'est passé qu'en VF dans le bôô cinéma, mais, malgré le nom du réalisateur, une "adaptation de Roal Dahl en marionnettes" ne  titillait que mollement ma curiosité.
Quel idiot! (moi). Depuis que j'ai arrêté les cigarettes qui font rire, je ne me souviens pas d'être, sans l'aide d'aucun adjuvant psychotrope, sorti d'un film dans un tel état d'euphorie,  d'enthousiasme, de... légèreté, (j'aurais presque pu esquisser une petite chorégraphie à la Gene Kelly dans le hall bondé en allant aux toilettes.
Et c'est bien la première (et sans aucun doute la dernière) fois que je sors d'une salle de cinéma en étant quasiment tombé amoureux d'un opossum (et je précise que c'était avant de voir au générique de fin que ledit opossum était doublé par Bill Murray (petit aparté sans aucun rapport : qui se souvient combien Bill Murray était beau quand il était jeune ? chaque fois que je revois Tootsie, ça me frappe de la même manière, fermons l'aparté).)
Bon, clamons-le bien haut, ce film est une mer-veille! (et je pèse mes mots). Oui, un film merveilleux, dans tous les sens du terme, où les animaux se tiennent debout, portent des vêtements et parlent comme vous et moi, et ont pourtant gardé leurs spécificités d'animaux (les poils, surtout...). Ils investissent dans l'immobilier, certes, mais ils ont toujours envie de croquer les poulets et autres volatiles  (qui, eux, ne sont pas humanisés, mais juste ravalés au simple rang de marchandises et d'aliments), des trois big méchants fermiers industriels qui habitent en face,  plus exactement de les leur voler, (car le chapardage comme le creusage de tunnels, sont dans les gênes des mammifères carnivores, isnt'it?).
Le film relate la guéguerre sans merci que vont se livrer les animaux contre les humains, mais pas que.  Il y a des courses-poursuites, il y a de la pyrotechnie, il y a des retournements de situation, il y a des affrontements, mais, comme on est dans un film d'Anderson, il va être aussi question de famille, au sens plus ou moins large,  de grandir et de "faire ses preuves", de tenir ses promesses, de se sentir "différent", avec des rires, des sourires, de l'attendrissement, de la mélancolie parfois, et de tendresse souvent. Une merveille, je vous dis...

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ps : je viens de revoir le film (et j'ai toujours autant aimé) et je fais amende honorable : ce n'est pas tout Bill Murray qui double Kylie l'opossum, mais Wally Wolodarsky...

 

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dimanche 16 janvier 2011

pas d'bol

Oui, c'est tout moi, ça. Sentant le printemps qui revient, je décide hier en fin d'aprèm', une fois les courses faites, d'aller faire un tour sur les parkings (voir ce que ça devient, ça fait longtemps.) Lorsque j'arrive il fait nuit noire, et le parking est parfaitement vide, à l'exception d'une grosse camionnette, garée tout au bout. Je viens jusqu'à sa hauteur, et son conducteur sort alors du petit bois et remonte dans son véhicule, d'où il ne bouge pas. il me semble que sa tête me dit vaguement quelque chose. Je me suis garé devant, je tergiverse quelques instants,  démarre , fais demi-tour et repars me garer où j'étais à mon arrivée, en haut du parking.
Je vois alors la silhouette du conducteur sortir de son véhicule et le point lumineux d'une cigarette qu'on allume. Je prends ça pour ce que c'est, à savoir une invitation, je sors donc de ma voiture, et, à pied, me dirige vers le point lumineux, là-bas, au bout, pas trop vite, parce que je suis un peu timide et je ne suis jamais trop sûr de moi dans ces cas-là.
Toujours la cigarette dans le noir, et bon an mal an, j'arrive près de la camionnette (il y a de la lune, je vois donc un peu ce qui se passe). je m'approche, je dis "bonsoir", le mec répond "bonsoir", et aussitôt après se tourne de l'autre côté comme s'il avait vu le diable en personne. J'ai eu le temps de reconnaître un mec à qui j'ai affaire, de temps en temps et de loin en loin, de façon péri-professionnelle (je l'ai vu d'ailleurs quelques jours plus tôt, dans une salle normale avec une lumière normale, et nous avions échangé des sourires en guise de salut.) et je pense que lui aussi m'a reconnu de la même façon. Il écrase sa clope à toute vitesse, remonte dans son camion encore plus vite, et démarre en trombe comme s'il craignait que je ne le découpe avec ma tronçonneuse.
Terrifié, le gars.
Eh bin, dis donc, si c'est l'effet que je produis désormais... (soupir) 

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samedi 15 janvier 2011

trailers

(je m'étais cassé le cul à chercher tout ça sur le ouaibe, autant que ça serve!)

En 2010, j'ai aimé :

des Allemands
des Américains
des Argentins
des Français
des Géorgiens
des Irakiens
des Israéliens
des Norvégiens
des Roumains
des Thaïs...

allez-donc voir à quoi ils ressemblent!

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gosses de riches

SOMEWHERE
de Sofia Coppola

(Je tiens quand même à préciser que j'ai  payé 9,10€ pour le voir!)

Je voulais me "rendre compte par moi-même" (j'aime plutôt bien bien la demoiselle Coppola, et le film en question avait me semble-t-il reçu des critiques plutôt... diverses. il fallait donc.)
Je dois dire que ça commence plutôt mal : en 10 minutes on droit à deux "ballets" de demoiselles jumelles avec des toutes petites robes et des tout aussi petites culottes qui font de la danse synchro autour de barres métalliques comme dans les clubs pour hommes-les-vrais, plus un troisième, mais cette fois-ci par une fillette sur des patins à glace, et tout ça au bénéfice du même homme, le héros du film. C'est un acteur en pleine gloire (avec un patronyme sonnant américano-rital), mais qui, après s'être foulé le poignet, doit prendre un peu de repos (dans un hôtel de luxe de chez luxe) et -faisant le point- soudain perçoit comme un flottement dans sa "divine" existence, et se laisse aller (pour la petite histoire, il porte le même t-shirt pendant pratiquement tout le film, les ligues puritaines et hygiénistes américaines (pléonasme) ont de quoi s'indigner...) à un certain... laisser-aller, justement, mais heureusement Cléo, sa fille de 11 ans, va (peut-être) l'aider à "réagir".
Je pensais à cette vieille rengaine de Claude François (! pfouh, les références!) "Pauvre petite fille riche"... C'est exactement ça. Un père séparé (on ne saura jamais vraiment de qui) passe quelques temps avec sa fille, sauf qu'ici c'est déplacements en Ferrari, en avion, ou en hélico, hébergement dans des suites princières avec piscine privée, invitation à des soirées de gala, bref rien que de très normal pour "ces gens-là"... Et un peu énervant pour nous autres spectateurs lambda et pauvres cloportes du tout-venant des classes dites moyennes (ou "petites moyennes"). mais que, finalement, ces lieux successifs sont pour les personnages juste un "somewhere", justement, rien qu'un quelque part, parce qu'il faut bien vivre là et comme on a l'habitude de vivre.

DONC un film insupportable au début (si je n'avais pas payé cette somme astronomique pour le billet, peut-être serais-je sorti ?) et qui,  au fur et à mesure qu'il ralentit, (qu'il prend son temps, fait moins de bruit en passant les vitesses, épure sa syntaxe), devient de plus en plus simple, "banal", et (donc ?) attachant. Car, voilà, tout ça est raconté (un peu à la première personne) et filmé par Sofia Coppola, et (je sais, je ne suis pas objectif, mais je pourrais lui pardonner presque tout), on ne peut que se rendre à l'évidence : qu'est-ce que c'est bien fait!
Ce mec à qui on a envie de donner des gifles dès les premiers images (re)construit petit à petit (magistralement) son rôle  (son personnage) au long du film. Plus ça avance (dans l'histoire) et mieux ça va (pour le spectateur), qui a craint un instant un numéro spécial de la vie des animaux sur "les pauvres riches" mais non pas du tout. Un père et sa fille. Du quotidien -ou c'est tout comme-. Des petites choses, minuscules souvent, presque invisibles parfois. Petits bonheurs partagés, des fois simplement juste le temps qui passe, et qu'on passe ensemble.
Il y a une indéniable élégance, que ce soit à propos de la façon de voir, de la construction du film, et, bien évidemment, de ce qui est montré. Même si on a pu -un peu hâtivement à mon sens- faire un parallèle avec Lost in translation, le film navigue un peu ailleurs, dans d'autres eaux. Et plus on approche de la fin et plus ça touche, plus ça émeut.  avec de moins en moins d'effets. Les deux dernières scènes , aux petits oignons. Une avec un hélicoptère et quelque chose qui aura du mal être entendu, et la dernière, tellement (in)attendue qu'on n'osait pas l'espérer, qu'on est content que ça finisse comme ça tout en n'étant pas très sûr de comprendre pourquoi...
Et qui donc a parlé d'un "film sur l'ennui" ? (mais bon j'ai peut-être dû mal comprendre...). C'est drôle, plus j'y pense, et plus j'ai envie de retourner le voir.

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