vendredi 12 novembre 2010

effort de guerre

UN HOMME QUI CRIE
de Mahamat Saleh Haroun

Je le reconnais, oui, oui, je ne suis pas très porté sur le cinéma africain. Encore une fois, donc, j'y allais prudemment. Et je dois dire que c'est plutôt une excellente surprise. Que ce film, au résumé somme toute assez "classique" (un père, un fils, un acte ignoble, un pardon)m'a, en quelque sorte réconcilié avec ce cinéma-là, avec ce cinéaste tout du moins, dont le précédent Daratt (sur un thème somme toute assez voisin : la relation père/fils) m'avait mis plutôt de mauvaise humeur pour cause de lourdeurs et de maladresses répétées.
Là, c'est peut-être la simplicité de l'argument qui fait sa force, le portrait conjugué d'un père et de son fils (qui commence et qui finira dans l'eau...) évoque en même temps des sujets aussi éloignés que la guerre (qu'on ne fait qu'entendre à la radio, mais qui reste omniprésente comme toile de fond du récit) et la précarité de l'emploi (le père, ancien champion de natation, est employé dans la piscine d'un hôtel, et c'est lorsque son fils est nommé à sa place que le récit va basculer.)
Simplicité de l'argument et force la réalisation. Le film est, pour une large part, documentaire, et la dose de fiction que le réalisateur a injectée dans ce "reportage" sur une vie au quotidien, un pays "tel que", crée le juste liant nécessaire pour en faire un vrai beau film, qu'on pourrait percevoir comme quelque chose d'exotique et de dépaysant, alors qu'il ne fait que témoigner d'une triste réalité.
Le montage, un peu heurté au début (mais c'est peut-être moi qui ai du mettre un peu de temps pour m'y habituer... Ça me produit de temps en temps cet effet-là, où j'ai le sentiment que le plan n'est pas coupé au moment exact où il devrait, et devient selon le cas, "trop long" ou "trop court" et se heurte parfois ainsi désagréablement avec le plan suivant) se fait heureusement ensuite plus fluide, rendant ainsi la narration beaucoup plus agréable.
Le personnage central (le père) est d'autant plus attachant qu'il n'est pas bavard. Le réalisateur lui confère quasiment la dimension d'un héros de tragédie, dont il a par ailleurs la stature et la dignité.
Il y avait du monde, dans cette salle du bôô cinéma, pour cette séance spéciale à l'issue de laquelle nous devions rencontrer le jeune acteur qui joue le fils. Las! Il doit exister une malédiction ferroviaire pour les acteurs qui veulent nous rendre visite : le  pauvre a vu son train bloqué par ce que , je cite "il y avait des feuilles sur la voie..." et donc quand il est arrivé, a dû repartir illico (sans avoir vu personne, la séance était terminée depuis belle lurette) pour Besançon, où il était invité pour la soirée d'ouverture de Festival "Lumières d'Afrique".
Tant pis pour nous!

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jeudi 11 novembre 2010

joy, pia, kim et les autres...

LES RÊVES DANSANTS
de Anne Linsel et Rainer Hoffmann

Il pleuvait, je n'avais pas de parapluie, la pièce que j'allais voir ne commençait que trois heures plus tard... Que faire ?
Le film que j'avais vu la semaine dernière allait bientôt commencer quand je suis repassé devant le cinéma. J'y ai vu disons comme un signe et j''y suis entré...
Expérience : Pleure-t-on de la même façon, lorsqu'on revoit, à une semaine d'écart, un film qui vous avait déjà beaucoup fait pleurer la première fois ?
Réponse : non. On pleure, certes ("on" ne se refait pas), mais moins quand même. J'avais les yeux moins rouges, indiscutablement.
Je voulais de toutes façons y revenir, ne serait-ce que pour rendre hommage aux demoiselles qui y ont pourtant autant de mérite que les damoiseaux, mais dont j'avais hélas oublié tous les prénoms (d'où le titre de ce post, symétrique au premier déjà publié.) Je me sentais redevable...
Comme j'avais déjà vu le film, je savais les moments que j'attendais, et je pouvais d'une certaine façon gérer et "surveiller" le surgissement de l'émotion. Avant l'irruption des larmes, il y a ce genre de hoquet, de spasme, indicateur que la beauté (ou autre chose)  vous terrasse. Le premier a surgi lors de la brève séquence où les garçons s'essayent au déhanché (la musique de Chaplin m'est restée dans les oreilles longtemps après le film...) oui, plop!, comme ça, un petit frisson et puis s'en va. Puis les autres (beaucoup plus espacés qu'à la première vision, ont souvent concerné les scènes où apparaissait le dénommé Safet (mais c'était peut-être une coïncidence...), mais plus généralement les moments dansés collectivement (mais bon, c'était bien là le but de l'exercice, non ?), tant il se passe à ce moment là quelque chose, c'est mystérieux, indicible, c'est peut-être ce qui fait dire "ça fonctionne..." au metteur en scène quand on répète au théâtre, c'est ce qui fait sourire Pina Bausch quand elle regarde, par exemple, le petit duo des deux deux qui se déshabillent à distance en faisant des petites mines,  c'est un ensemble, un déclencheur, un génération d'émotions à ce moment précis, au vu de cette grâce, ce mystère, cette justesse, cette richesse, cet engagement...

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mercredi 10 novembre 2010

manifestations (d'intérêt)

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dimanche 7 novembre 2010

suppléments

Un truc que je voulais dire depuis un certain temps, et puis à chaque fois j'oublie : alors voilà. il y a dans Libé, que je reçois chaque jour dans ma petite boîte aux lettres, deux suppléments que j'apprécie tout particulièrement (je pourrais quasiment dire que c'est pour eux d'ailleurs que je me suis abonné) : celui du mercredi, pour le cinéma et celui du samedi/dimanche, pour "le mag".
Et dans chacun de ces deux suppléments, il y a, à chaque fois, une page qui est particulièrement chère à mon coeur :
dans celui du mercredi, c'est le "séance tenante", où un invité répond du tac au tac à des questions variées
dans celui du samedi c'est la page "regarder", avec les brèves d'"instants télé", mais surtout, surtout, l'inénarrable BOURRE-PAF de Raphaël Garrigos et Isabelle Roberts, dont je me délecte toutes les semaines, alors que l'univers dont il est question là-dedans (les people téloche, pour faire bref) ne m'intéresse pas vraiment a priori. C'est drôle, c'est vachard, c'est très bien écrit, bref, c'est mon petit régal du samedi. cette semaine, il est titré "Oulipo mon fils en costume", et il tient vraiment ses promesses (d'une semaine à l'autre, le niveau varie -on ne peut pas être génial à tous les coups- mais, là, c'est du haut vol!)
Hautement recommandé

Et, puisqu'on est dans la chose écrite, je suis en train de lire un (gros) roman délicieux (et norvégien) qui s'appelle "BUZZ ALDRIN mais où es-tu donc passé ?", imprimé sur le beau papier saumon des éditions Gaïa, et que j'ai déjà eu envie d'en recopier plusieurs extraits, ce qui est plutôt bon signe...
Recommandé aussi!

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samedi 6 novembre 2010

aurore boréale

HOME FOR CHRISTMAS
de Bent Hamer

Vu chez moi, en avant-première, grâce à mon amie Zabetta, qui a de l'entregent dans le cinéma. Un réalisateur plutôt intéressant (La nouvelle vie de Monsieur Horten, Kitchen stories) dont je continue à suivre les traces avec un très grand plaisir.
Film choral, une nuit de Noël en Norvège... Des vies minuscules, vous, moi, ordinaires, entre joie et tristesse, espoir et déception, vérités et mensonges, bonne action et saloperie, naissance et mort, vengeance et pardon, avec un certain, osons le mot, esprit de Noël, qui ne règle pas tout comme par miracle bien sûr (heureusement) mais enrobe tout ça d'une certaine douceur un peu mélancolique...
Le couple dans tous ses états, enfin, dans chacun des âges de la vie et de l'affect (le catalogue est assez exhaustif.), avec son potentiel de bonheur, mais aussi son tombereau de désillusions. Ou pas.
Très "norvégien" (enfin, norvégien comme j'aime) la nuit, le bleu, le froid, la neige omniprésente, et cet état d'esprit nordique, si caractéristique, avec cette politesse du désespoir comme un glaçage doux-amer cristallisé sur ce que d'aucuns pourraient considérer - à tort- comme une pâtisserie traditionnelle des familles et de saison (la bûchasse avec crème au beurre, quoi, alors que pas du tout.).
Il y a bien un sapin (plusieurs, même), un Père Noël (là, on serait carrément dans une scène d'anthologie), une crèche, une messe de minuit, aussi, et une étoile qui clignote -ou pas- au-dessus du sapin, justement, mais chacun de ces passages obligés des films dit "de Noël"  est -assez habilement-  légèrement détourné, subverti...
On pense à Anderson (le suédois), sans la systématisation des sketches, on n'est pas très loin non plus de Kaurismaki, de part les thèmes traités (la solitude, surtout), et la façon dont ils le sont (l'humour à froid), avec aussi cette tiédeur de la tendresse pour le genre humain, et ses personnages en particulier, qui vous atteint une fois cassée la croûte de glace qui durcit tout en apparence.
Attachant,  touchant, émouvant, incontestablement.

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(je mets l'affiche espagnole, puisqu'il n'y en a visiblement  pas encore de française...)

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vendredi 5 novembre 2010

multinationales

FOOD INC

Un documentaire dans le cadre du Festival AlimenTerre, qui fait le point (assez terrifiant) des pratiques (et des dérives) de l'industrie agro-alimentaire aux Etats Unis (mais bon chez nous ça doit pas être vraiment mieux.
De quoi vous dissuader de manger du poulet, du bœuf (surtout haché) et donc des hamburgers et donc au fast food (mais bon ça on le savait déjà, hein ?)
De quoi vous donner froid dans le dos face à ces toutes puissantes et opaques multinationales (M*nsanto, par exemple) et aux moyens (de pression, notamment) colossaux dont elles disposent  (proportionnels à leur chiffre d'affaire).
Money money money...
De quoi donner envie de suivre tous les bons conseils que propose le film, à la fin.

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mercredi 3 novembre 2010

rosario, safet, et les autres...

LES RÊVES DANSANTS
de Anne Linsel et Rainer Hoffmann

Vous me connaissez un peu : c'est assez rare que j'ajoute ma (petite) voix à un concert de louanges critiques : soit j'ai refusé  dès le départ d'aller voir le film en question, soit je l'ai vu dès sa sortie (ou, si possible, avant) pour pouvoir être -si c'est le cas- louangeux individuellement. Comme disait Georges "je suis celui qui passe à côté des fanfares et qui chante en sourdine un petit air fondeur..." Enfin, j'aimerais.
Le film en question, on avait voulu le passer en sortie nationale dans le bôô cinéma pour le mois du documentaire (on était alors très en amont, et on n'en avait encore guère que le titre et le résumé succinct), mais comme il y avait peu de copies, on n'a eu qu'à se brosser, et on a donc passé autre chose (tout en gardant celui-ci sous le coude, espérons, pour -on verrait bien les critiques- un avenir proche.)

Voici deux semaines qu'il passe à Besac, je n'ai pas pu le voir dès que je l'aurais voulu (je n'en avais qu'un écho très élogieux de mon amie Dominique, mais je m'en méfiais un peu vu qu'il y a quelques années elle m'avait envoyé voir Buena Vista Social Club et que je m'y étais copieusement ennuyé, si si...), et il semble bien qu'ici, comme ailleurs, le bouche-à-oreille fonctionne du feu de dieu (après le Beauvois, voici un doc en train de grimper au firmament, ce que personne ne semblait avoir prévu...) Je l'ai donc vu cet après-midi, avec mon amie Emma (qui présente des aptitudes lacrymales à peu près équivalentes aux miennes, ce qui fait que c'était bien et on a donc pu se lâcher...)

C'est magnifique. Absolument magnifique.

Des adolescents re-montent une pièce de Pina Bausch (Kontakhtof, créée en 1978), mis en scène par deux ex-danseuses de Pina Bausch, et supervisés par Pina B. herself. On les suit de A jusqu'à Z (le casting, les premières répétitions, l'évolution, les costumes, les filages, la générale, et la première, in fine, au Wuppertal Tanztheater.
Alternant, très simplement, les scènes de travail avec les interviews des jeunes danseurs, qui nous parlent de leur vie d'ado, de leur famille, de leurs origines, de la vie en général et de ce que cette expérience a pu leur apporter.
C'est d'autant plus fort que le dispositif est simple.
Car tout ça génère -vraiment- une émotion extraordinaire. (j'ai entendu aussi d'autres voisines qui se mouchaient, et, à la sortie, il y en avait, des yeux qui brillaient) Parce que Pina Bausch, d'accord (j'ai le grand regret de ne jamais avoir vu aucun de ses spectacles "en vrai", sur scène). Parce que Kontakhtof, en soi (une pièce sur la recherche de l'autre, du contact, de l'amour). Parce que les musiques utilisées (dont la plupart me font venir les larmes aux yeux). Parce que la gestuelle et les mouvement d'ensemble. Parce que les ados, justement, dont aucun n'a dansé auparavant, et qui se donnent, avec la fraîcheur, la maladresse, la spontanéité, l'authenticité, inhérentes à ce bel âge.

Entiers.

Ils sont bouleversants. Tous. (Je n'ai pas pu m'empêcher de rapprocher ça de l'expérience vécue quelques temps auparavant, de la présentation des Règles du savoir-vivre dans la société moderne, de Jean-Luc Lagarce, mis en scène par Jean-Luc Clairet, avec une troupe d'enfants du cru, et de la différence d'éclairage que ça pouvait apporter à la pièce.)

Et parce que, aussi, (je termine mon énumération commencée quelques paragraphes plus haut...) de revoir ainsi le cycle de vie d'un spectacle vivant, des premiers balbutiements jusqu'à l'avant-dernier moment, ce sentiment mêlé d'enthousiasme et de trouille qui vous étreint, juste avant d'entrer en scène pour la première, et même le tout dernier (Pina  qui distribue une rose à chacun),  ça ne pouvait que (me) rappeler des choses, -oui, très émouvantes, je suis comme ça qu'y puis-je ?- comme je sais qu'immanquablement ça le fera à d'autres (n'est-ce pas, les rouges et ignorants ???) ...

Top 10

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mardi 2 novembre 2010

partir en bateau

Oh quelle belle journée que ce premier novembre!

En avons profité pour faire une petite virée en Suisse, commémorative en quelque sorte d'au moins deux autres précédemment, une à Delémont, dans les années 80, (plutôt très ratée) et une autre, en 1995 pour être précis, à Martigny, pour voir l'expo Nicolas de Stael (ç'avait été une très jolie promenade, avec Pépin et Za et Dominique, et j'avais pris une photo à la Stranger than Paradise).Et bin là, nous sommes retournés à Martigny, et nous avons vu Nicolas de Stael (mais pas la même expo!) et cette fois-ci en compagnie de Phil et Fran, et Marie.
Ce genre de perfect day, comme on l'a vécu, et comme on s'en souviendra d'ailleurs.
Des amis de bonne compagnie, des fou-rires dans la voiture ("très très chère Isabelle..."), un pique-nique sur une aire d'autoroute, un temps merveilleux, une exposition sublime, suivie d'une visite du parc de la Fondation Gianada, avec des sculptures un peu partout (bien que je ne sois pas très sculptures), mais aussi dans une lumière automnale exceptionnelle, qui m' a incité à me lâcher un peu sur le déclencheur de l'appareil-photo (puisqu'à l'intérieur, les photos étaient rigoureusement interdites.) Je trouvais que tout était beau : les feuilles des arbres, le ciel bleu, les canards, les roseaux, comme si ce que j'avais vu précédemment avait en quelque sorte modifié ma façon de voir
J'ai écrit sur mon carnet

" faire face à la beauté nous rend poreux"

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Un retour sans-faute, avec nouvelle petite halte sur aire d'autoroute, juste en face de celle du matin,. Trajet un peu plus long qu'à l'aller pourtant (la nuit, les frontaliers, l'entrée de Pontarlier) mais toujours  dans la voiture cette impression de vacances, de partir en vacances, d'être soudain redevenus des gamins inconscients et joyeux, partis au petit bonheur.

Oui, une sacrée belle journée.

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dimanche 31 octobre 2010

d'la douceur, d'la douceur...

HOMME AU BAIN
De Christophe Honoré

C'est incontestable, François Sagat a un cul magnifique. Sublime. Et on comprend que Christophe Honoré ait pu ressentir, face à lui, la même fascination que, disons, Abbas Kiarostami face à Juliette Binoche pendant le tournage de Copie Conforme (je ne dis pas ça au hasard, tant, dans les deux cas, ça nous aura donné des films inhabituels, en marge, de la part de leur réalisateur, même si la comparaison s'arrête là. Encore que. (-a film destructuré , post destructuré ?-))
Je m'y rendais plutôt circonspect (les échos et les critiques diverses en avaient été diversement... enthousiastes), il ne passait que 3 fois dans le bôô cinéma (3 séances à 18h en plus!) et nous étions ce soir 6 dans la salle (mais plus que 4 à la fin) -et j'étais le seul mec-.
D'ores et déjà, sans une hésitation, ce film mérite la médaille d'or du FAQV de l'année. Ça fait longtemps que, hormis sur les écrans "spécialisés" , on n'a pas eu droit à un tel... festival. Bon, celle de François, les (a)mateurs la connaissent déjà, sauf que là, elle est "nature", telle que, pas toujours au zénith comme les canons du porno l'édictent (et, en ce qui me concerne, rien n'est plus émouvant qu'une quéquette assoupie...) mais on a aussi celle(s) de quelques autres protagonistes...
Car, pendant qu'Omar (son amant) est parti à New-York présenter un film (avec Chiara Mastroianni quand même , hein) en lui enjoignant d'avoir quitté son appartement avant son retour, Emmanuel (François Sagat, donc)  resté dans la téci, essaie de se consoler, tout seul dans l'appartement (d'Omar). Le film alterne donc les scènes parisiennes et new-yorkaises (celles-ci au caméscope, et pour cause, ayant été filmées par Honoré lors de la présentation de son précédent film avec Chiara M. justement) Omar rencontre un jeune québecois qui ressemble à Al Pacino, et le filme sous toutes les coutures, pendant qu'ici le pôvre Emmanuel se rassasie de tout ce qui lui tombe sous la main (enfin, quand je dis la main...) Vrai-faux reportage, fausse-vraie histoire...
Il y a là-dedans un peu tout et n'importe quoi mais j'ai trouvé ça pas désagréable du tout. Je me suis même plutôt régalé par moments. Esthétique pure : le cul de François (je l'ai déjà dit) mais aussi tous ces corps d'hommes nus filmés amoureusement, spécialement d'hommes en train de dormir. ("Homme en somme" eût été plus judicieux comme titre, "Homme au lit" aurait prêté à confusion...) et oui qu'est-ce que c'est beau un homme qui dort (encore plus s'il est à poil).
Pose auteuriste, parfois, et que je te filme en biais, et que je coupe le son tout d'un coup, et que je remette deux fois le même début de chanson, et que je filme le grillage et tiens ma main pendant que j'allume un clope, et que je te bout-à-boute des morceaux qui n'ont parfois aucun intérêt, et que je te philosophe fumeusement...
Touchant aussi, à d'autres moments, où, alors qu'on ne s'y attendait vraiment pas, un petit quelque chose de très juste, presque de volé, vient furtivement vous ravir, vous émouvoir (le regard d'Emmanuel allongé à côté du couple en train de faire l'amour), comme un instant précieux.
Agaçant aussi à d'autres moments, ou flirtant quasiment avec le grotesque (François Sagat en petit short vert nous gratifie d'une séance de ménage aussi inspirée que celles de Susan dans la saison  7 de Desperate, les aficionados suivront mon regard) mais toujours retombant sur ses pattes, et rebondissant pour repartir ailleurs.
Qu'est-ce qui se dit, exactement ? Qu'il n'y a pas d'amour heureux et qu'on s'en tape ? Peut-être, oui.
Et, c'est vrai, je ne suis pas objectif non plus quand je parle de Chiara Mastroianni. Elle me plaît énormément aussi. Ne ferait-elle rien, comme ici, rien d'autre qu'être soi-même, que je l'aurais encore regardée pendant des plombes sans me lasser.
Voilà, sans conteste un drôle de film, mal fichu, trop court/trop long comme écrivait Zvezdo mais que j'ai envie de défendre. Quand j'aime, je ne compte pas.
Et en plus, ça m'a donné une de ces envie de manger des spaghettis, je vous raconte pas...

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samedi 30 octobre 2010

heure d'hiver

Ca doit être ça...Temps de Toussaint, coup de mou, "... dans les chaussettes", l'automne s'éteint et se liquéfie, froides ténèbres, spleen, Baudelaire, etc. (J'ai l'impression que tous les ans à la même époque j'écris la même chose, tiens, faudra que je vérifie) oui, cette période de l'année où il faut -c'est comme ça- se résoudre à faire un trait sur les beaux jours, et ce pour les -quasiment- six mois à venir, car je n'habite ni dans le sud-ouest, ni dans le sud-est, ni au bord de la mer, mais le plus à l'Est possible, quasiment, climat continental, depuis le temps je sais je devrais y être habitué mais point du tout.
Du tout.
Et ces petites vacances-ci, ridicules et riquiqui (je sais, je sais, je suis un incroyablement chanceux par rapport à beaucoup de gens, et mieux valent des vacances riquiqui que pas de vacances du tout) sont comme la porte du jardin qui se referme, ou celle des frimas qui s'entrebâille.
Feuilles décomposées, pare-brise à gratter, écharpes, bonnets, below zero, couette d'hiver, provision de soupes, nuits glacées, routes verglacées et j'en passe
vivement le mois d'avril (en mars, on n'est encore sûr de rien)

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