mercredi 23 août 2017

dédicace

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RETOUR A MONTAUK
de Volker Schloendorf

Celui-là, je sais, je sais, je suis inexcusable, je me suis endormi pile-poil à l'endroit où, justement, il n'aurait pas fallu s'endormir... celui, où, justement, ils retournent à Montauk, et que j'ai ainsi perdu la quintessene du récit. Pourtant jusque-là je m'étais très bien comporté.
un écrivain allemand vient à New-York pour une tournée de promo pour son nouveau bouquin, (et les séries de dédicaces qui vont avec). Il y est pris en charge par son attachée de presse (jeune et mimi), il y retrouve la femme qu'il aime, mais avec qui il ne vit pas (jeune et mimi aussi) mais surtout il retrouve, par hasard, une femme qu'il aima (et que lâchement il abandonna). Librairies, cocktails mondains, bars branchouilles, appartement de haut standing, il fait la tournée des grands-ducs, répartissant son temps entre l'attachée, l'actuelle et l'ancienne, et les choses, évidemment, ne sont pas si simples... Surtout quand il commence à mentir à la deuxième avec l'aide la première pour aller retrouver la trosième en cachette.
Bon j'ai manqué l'essentiel, et donc le film n'avait plus guère de sens pour moi hélas, oui, je suis passé à côté, et entièrement de ma faute.
Photos, faute de mieux :

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Oui, je suis désolé d'être passé à côté...

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mardi 22 août 2017

prendre un bain (dans une baignoire)

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TENUE DE SOIREE
de Bertrand Blier

Je l'avais vu à sa sortie (il y a trente-et-un ans, quand même!), j'avais bien aimé, mais un je-sais-putain-de-pas-quoi m'avait empêché, à l'époque, de l'adorer complètement, comme il le mérite, sans doute parce qu'à l'époque j'idéalisais encore suffisamment l'amour pour ne pas être un peu dérangé aux entournures par la vision qu'en donne Blier (vision dont je suis, à présent, tout à fait solidaire), une version amère et lucide, un état des lieux dévastateurs, un saccage salutaire. Blier dévaste, sans prendre de gants, il fonce, il va jusqu'au bout, et le film, à la manière de Buffet froid et peut-être encore mieux, nous empoigne et ne nous lâche plus (il nous tient par les couilles pourrait être un bon équivalent, car si le discours de Blier peut toujours autant être taxé de misogyne ou phallocrate, la suavité avec laquelle, par exemple, Gros Gégé fait passer les dialogues, le rend toujours aussi salutaire : cru, acide, lucide, mais tellement bon en bouche). De bout en bout.
Le film s'ouvre sur une scène d'anthologie (le monologue de Miou-Miou) et se clôt sur une autre (les trois putes au bar), tout aussi anthologique (c'est même ma préférée du film), mais c'est quasiment aussi fort tout du long, et le trio principal, Blanc, Depardieu, Miou-Miou (je les ai rangés par ordre alphabétique par ce que ne peux pas les désolidariser) est phénoménalement en état de grâce (j'ai appris qu'à l'origine, le projet s'appelait Rimmel, et que si Dewaere ne s'était pas foutu en l'air, c'est lui qui aurait joué le rôle, reconstituant ainsi le trio des Valseuses).
Je l'avais un peu oublié, ce film, et c'est l'excellent Cabadzi x Blier, au Chien à Plumes, qui me l'a remis en mémoire... Et voilà qu'en rentrant du Perche, je m'installe sur le canapé, je zappe, et qu'est-ce qui démarrait juste sur ma chaîne Ciné préférée ? Tenue de soirée, bien sûr! Quel beau hasard, quelle douce coïncidence! Je suis resté là, ravi, de a jusqu'à z, et je me suis ré-ga-lé (et j'ai joué à repérer les lignes de dialogue que Cabadzi a phagocytées).
Le film est court, et donc il va vite. Bam bam bam il galope il enchaîne il fait mouche. un couple "normal" devient ménage à trois, puis à deux plus un, puis deux moins un, etc. Blier joue avec l'arithmétique amoureuse, physique et/ou sentimentale, où tout, ou presque pourrait être monnaie d'échange, ou plutôt marchandise. Le cul et le fric. Les biffetons volent, l'amour va et vient, les sentiments ne sont pas forcément payés en retour... "L'amour physique est sans issue" a écrit Gainsbourg, qui signe d'ailleurs la musique du film (pour laquelle il faut tout de même reconnaître qu'il ne s'est pas trop foulé).
Bon, il y a toujours un petit truc qui me gêne dans le film, c'est la place (le rôle) que la femm y tient. Miou-Miou n'est pas très gâtée avec son personnage mais l'assume (l'assure) avec brio. Mais Blier reste cohérent (logique) en traitant de la même façon le personnage de Michel Blanc lorsqu'Antoine devient Antoinette (et je continue de trouver que son incarnation est magistrale). Depardieu, est, quant à lui, quasiment (idéalement) jupitérien. (Téléramuche dirait "au-delà des superlatifs"). Et quel bonheur de voir passer Jean-François Stévenin, Jean-Pierre Marielle et Caroline Sihol, Bruno Cremer, tous magnifiques eux-aussi dans leurs interventions.
De l'amour considéré comme un cambriolage. De l'effraction érigée en preuve d'affection. Du grand art.

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lundi 21 août 2017

abc du perche

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2 comme 205
("On prend la 205 ?")

A comme ALBIZIA

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A comme AOÛTATS
(beaucoup furent piqués...)

B comme BANC ROUGE
(celui qui est au fond du jardin, au bord de l'Huisne)

B comme BANC VERT
(celui que Malou a acheté au vide-grenier)

B comme BELLOU
(ça rime avec Malou, et c'est très bien comme ça...)

B comme BEURRE DE KARITÉ

B comme BOUDIN
(celui de Rémalard ne fut pas mal non plus...)

B comme BOURGUEUIL
(le vin que souhaita Dominique)

C comme COMPOST
("Et ça, ça va dans le compost ?")

C comme CONSOUDE
(la sole végétale)

E comme ÉTRILLES
(J'ai tout bien mangé, même le jus marron!)

G comme GUÊPES

H comme HUISNE
(qui coule au fond du jardin)

I comme ITINERAIRE BALISÉ
(bien souvent un peu désinvoltement)

K comme KALANCHOE
(la plante qui s'auto-multiplie)

L comme LAGAVULIN
(mon whisky préféré, que Pascal prodigua...)

M comme MÉTÉO
(qu'on consulta chaque matin et même, ensuite, plusieurs fois par jour)

M comme MOULICENT

M comme MÛRES

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O comme OKEY

O comme ON NE SE RESSERT PAS
(Sauf pour les légumes. Et dérogation aussi quand il faut absolument finir le plat)

O comme ON VA FAIRE UNE GRANDE BALADE

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P comme PLANTAIN
(souverain contre à peu près tout)

P comme PUNTI
(plat auvergnat adapté par Alissa)

P comme PURÉE-FARINE
(une des spécialités de Pascal)

R comme RÉMALARD
(pour le pain, le boudin, et le marché nocturne)

S comme SCRABBLE

S comme SIESTE
(en principe de 15h jusqu'à...)

S comme SORBET (AUX MÛRES)
(une merveille)

S comme SPRITZ

T comme TRIOMINO

V comme VIDE-GRENIER

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Z comme ZAZOUNETTE 
(la reine de la maison...)

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dimanche 20 août 2017

oups!

Mais où avais-je la tête
pour oublier de souhaiter à mon blogchounet chéri chéri
un bon anniversaire (le douzième déjà!)
Le matin à Cuse, l'après-midi de passage à Coulevon, et le soir à Villegusien...

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(douze images du 05/08/17, pour souffler les douze bougies d'anniversaire du blog)

vitelottes / catherine et dominique / radis / vernis / mûres / ipomées /
roadie / catherine / public / ciel bleu / quatuor / oiseau d'emma

 

ce post a été rédigé le 5 août, à la date que je croyais être celle de l'anniv du blogchounet, mais la vraie date, c'est le 20!
peut-être qu'un an de blog egale douze ans d'humain, et donc, qu'à 12x12 = 144 ans,
il est bien normal je sois donc déjà frappé de sénilité ?
Ce post était très bien comme ça, je n'allais pas rechanger la date, les photos, réécrire les légendes
Je l'ai donc gardé au chaud, en l'état, et donc le (re)voilà!
Bon anniversaire, mon blog!

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papa maman

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LOLA PATER
de Nadir Moknèche

(Tiens, c'est drôle, il me semblait que j'avais commencé un post... Y aurait-il un ghost sur ce blog?)
Un jeune homme,moderne rebeu et à chignon de samouraï, assiste à l'enterrement de sa mère, et part à la recherche de son père, qu'il n'a jamais connu. Il retrouve assez facilement sa trace mais est très surpris : ce n'est plus Farid, mais c'est Lola. Son père est devenu femme et enseigne la danse (et, accessoirement, il a la plastique et la voix de Fanny Ardant). D'où étonnement, choc, réaction violente, rejet... mais on ne va pas en rester là.
Un joli film doux qui sert d'écrin à la magnifiquissime Fanny, toute en crinière et en féminité ("Tu n'as pas lésiné sur les nichons...") qui réussit, oui, à nous faire croire à son personnage, et à la possibilité qu'elle ait été un homme, avant...
Il est question d'accorder des pianos (c'est le métier du fiston, qui est très bien lui aussi, avec des airs de Sagamore Stévenin) et donc de se mettre au diapason l'un de l'autre, c'est ce que réussiront père(mère) et fils. A l'éternelle question "Eut-il mieux valu faire jouer un personnage transgenre par un acteur transgenre ?" il sera répondu qu'avec toute autre interprète que Fanny Ardant, le film eut sans doute été moins touchant... Bref, les puristes trancheront.

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samedi 19 août 2017

médaille de communion

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QUE DIOS NOS PERDONE
de Rodrigo Sorogoyen

Un film español, quel bonheur, joder! Un polar, en plus, dont la bande-annonce a suffisamment de cojones pour vous donner envie d'en savoir plus... Et, au Victor Hugo, il était en sortie nationale et j'y suis donc allé (un peu grâce à Emma tout de même). ca se passe en 2011, à Madrid (le film est précisément géo-chrono-localisé puisque 2011 c'est la visite du pape Benoît XVI aux jeunesses communistes oups catholiques madrilènes façon grand-messe "J'ai vu jésus en sortant d'la chapelle..." jouons de la guitare et embrassons-nous youp la boum.
Mais pendant que les cathos effervescent (juste avant pour être plus précis), on fait la connaissance de deux flics, en tandem, (non non ils ne font pas du vélo pffff) qui comme tous les tandems de flics du monde 'enfin, celui des films et des romans dits "noirs") ne sont pas vraiment assortis : d'un côté un bourrin baraqué très très... impulsif (mucho violento, quoi) avec pectoraux apprents sous la chemisette, et en face un partenaire en costard, un peu étriqué, dont on s'aperçoit vite qu'il bégaye (et un peu plus tard qu'il peut lui aussi être sujet à des accès de violence). celui-ci faisant office de cerveau et l'autre étant les muscles de la paire (je n'ai rien dit) qu'ils composent.
Le film démarre très fort, et on sent qu'on va se régaler, et que la bande-annonce ne racontait pas de mentiras. Nos deux lascars vont être amenés à enquêter sur une affaire sordide (une mamie tombée dans un escalier et donc kaputt mais un examen plus approfondi révèle qu'elle a été violée, et par un pénis démesuré en plus...) qui va se révéler reliée à une autre, puis une autre, et une autre encore, et les voilà partis sur les traces d'un fantomatique (et de plus en plus violent) sérial killeur (et violeur) de mamies, chacun avec les méthodes qui lui sont propres, qui le bourre-pif et qui l'examen minutieux à la loupe des fibres du tissu... et la pose de questions à la Columbo ("Mais qui a nourri le chat ?")
Je ne vais pas vous en raconter plus, pour ne pas gâcher votre plaisir, mais dites-vous bien que vous n'êtes pas à l'abri de vos surprises (c'est normal, on est dans un polar, noir, de plus en plus noir, et glauque, de plus en plus glauque aussi). mais le réalisateur est assez malin pour nuancer son propos, et aérer son discours de petites vannes plaisantes (j'avais commencé à taper saillantes, et c'est vrai qu'elles le sont aussi, d'une certaine façon)...
Et il nous balade de droite et de gauche, nous fait valdinguer, nous coupe le soufle dans de brusques accélérations, et même carrément des changements de voie inopinés et des demi-tours au frein à main du scénario. C'est fort, ça roule un peu des mécaniques, c'est noir, et c'est extrêmement violent (très, trop, je suis sans doute chochote mais pour moi deux scènes au moins frisent la complaisance malsaine...).
Mais bon c'est efficace, et du coup on ferme les yeux sur les ficelles du scénario un peu voyantes parfois, en même temps que sur certains excès un peu sanguinolents.
Je ne connaissais pas  Rodrigo Sorogoyen, mais ce film fait plus que nous appâter sur son devenir cinématographique... L'Espagne décidément regonfle son cinéma, avec, ces derniers temps, quelques polars couillus et tonitruants, et mon coeur de Chori ne peut que (triplement) s'en réjouir : J'aime les hommes, j'aime le polar, et j'aime l'España... 

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vendredi 11 août 2017

oppressée

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ANA MON AMOUR
de Calin Peter Netzer

Je l'ai déjà dit 500 000 fois, j'adore le cinéma roumain, et ce film-ci, encore, ne me fera pas mentir. De ce réalisateur (Calin est un joli prénom, non ?), on avait déjà programmé Mère et fils, qu'on avait déjà beaucoup aimé (vu ma taille, j'ai droit au pluriel dit "de majesté", non ?) Familles je vous hais, pourrait-être un leitmotiv de ce cinéma-là, et Ana, mon amour ne faillira pas à la règle. C'est... chirurgical quasiment dans la démarche. En gros ça va de là :

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à là :

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Voilà, tout est dit. ou pourrait l'être. L'histoire d'un couple de a jusqu'à z. Où l'on serait à peu près sûr du a mais pas tout à fait du z. Je m'explique : la chronologie du film n'est pas linéaire, ça serait trop facile, mais... bordélique, mélangeant les moments et les époques (le film s'étire en gros sur 10 ans), et le seul indice un peu patent est capillaire, puisqu'il suffit de regarder le garçon pour savoir à peu près à quel moment de l'histoire on en est.
Deux étudiants qui se rencontrent, dans une chambre de Cité-U (la première scène). et au début tout est merveilleux, c'est bleu c'est rouge c'est Broadway, malgré que leurs familles respectives n'y mettent pas vraiment du leur (chacune à son tour), et le fait que la jeune fille semble affligée d'un problème d'angoisse(s) chroniques(s). Et persistant.
Et sil l'histoire de nos roumains tourtereaux est ainsi mille-feuillée, ce n'est pas juste pour le plaisir de faire confus mais parce que (on l'apprendra très vite, hein, donc je ne spoile pas, et de toutes façons le film ne passe plus hihihi) le monsieur a fini, sur les conseils de sa chère, par aller voir un psy (alors qu'elle a terminé la sienne, que c'est lui, d'ailleurs, qui a payée, contrairement à tous les us en usage dans la relation psy/client) et que donc ce qu'on voit c'est ce qui lui passe par la tête, que ce soient des souvenirs, des rêves, ou autre chose encore.
J'aime le cinéma roumain et j'aime beaucoup, aussi, ce film-là. Et j'aurais aimé d'ailleurs pouvoir le revoir, pour tenter d'éclaircir la question, qui, finalement, nous tarauda, Catherinechounette et moi, à la sortie du cinéma. Il a la rigueur clinique du cinéma roumain "habituel" (il appelle un chat un chat, et quand il faut le montrer, il n'hésite pas à le faire, tous fluides corporels confondus...). Les critiques, toujours aussi agaçants dans leur majorité, ont un peu finebouché (surtout les parizzziens : à propos de la psychanalyse, justement, du manque de finesse et d'originalité de ce biais, de la lourdeur des explications psy et des symboles psy, et des maladies psy et autres touche-psypsy (ça n'est pas de moi, c'était dans un vieux Brian de Palma), mais moi je m'en contrefiche.  J'aime bien cette idée, j'aime  beaucoup comme c'est construit, ces va-et-vient mémoriels, cette tapisserie de dix ans de vie faite de fragments plus ou moins bien recousus entre eux, avec tous les blancs, tous les accrocs,  toutes les questions que ça suscite, et les sentiments mêlés aussi (parfois on est joyeux, ou attendri, ou on s'énerve, ou on est ému, ou on s'agace...), c'est comme la vie, sauf que c'est la vie au cinéma, et qu'on vibre sacrément au diapason des deux personnages principaux (mais de tous ceux qui les accompagnent aussi). Un couple c'est ça, ça peut être ça, c'est sans doute aussi autre chose (je suis assez mal placé pour en parler) mais ce film en est, pour moi, une excellente approche, très... roumaine, voilà.

"Nous sommes de l'étoffe dont les songes sont faits, et notre petite vie est cernée par le sommeil."
(William Shakespeare)

"C'est l'amour, c'est l'amour, c'est l'amour-mour-mour..."
(Léopold Nord et vous)

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jeudi 10 août 2017

on 'est pas bien, là, à la fraîche...

CABADZI X BLIER

Grande

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Le titre du concert se lit "Cabadzi fois Blier". C'est, encore une fois, justement, grâce à Catherine qu'on a eu la chance de se retrouver là. Pour ses avant-dernières grandes vacances, lui est venu le goût d'expérimenter les festivals locaux, ou, en tout cas, pas trop loin, et j'ai eu le grand bonheur de jouer à chaque fois les accompagnateurs : Musicoul  (ça, c'est chez nous), Les Estivales (ça aussi ou presque, Les Eurocks, La guerre du son, et, cette fois, Le chien à Plumes.
On y (re) venait plus spécialement pour un concert, celui de Cabadzi, même s'il était annoncé à 1h15. On a assisté à tout, de 17h (Lisa Leblanc, on a pensé à Emma) à 23h (Las Aves, on a pensé à Manue). Il faisait  beau, on était bien, il y avait plein de jeunes gens torse-nu, à la démarche plus ou moins assurée, on a bu des bières locales (au prix quasiment de celles des Eurocks, il faudrait un peu qu'ils se calment, tous, avec le prix de la bière, dans les festivals, non ?).
A la fin de Las Aves, j'ai zappé Matt Bastard sur la grande scène parce que je voulais être sur d'être tout devant pour Cabadzi, contre la barrière, comme pour Fauve il y a deux ans. J'vais envisagé de piquer un roupillon mais j'ai finalement assisté à quasiment toute l'installation du concert à venir (en journée on voit des roadies concentrés et efficaces qui s'affairent, torse-poil, avec l'élastique du calbute qui dépasse du short, j'adôôre ça), l'installation du décor (un cube avec des parois déplaçables en fils parallèles sur lesquelles on peut projeter des choses), les réglages son, lumière, avec même les interventions des deux mecs de Cabadzi en personne, dont un notamment qui passa un long moment à peigner les fils de la structure pour qu'ils soient bien parallèles et impeccables comme il faut.

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Et le temps a passé, et voilà il est déjà 1h30 (je m'étonne moi-même), et ça commence...
On est idéalement installés, bien calés contre la barrière, quasiment au milieu, et c'est un sentiment jubilatoire de n'être, ainsi, qu'à quelques mètres d'eux. Ca démarre et hop tout de suite on est dedans. Quelque chose se passe, qui vous happe, vous enveloppe, vous agrippe et ne vous lâchera plus jusqu'à la fin. Cabazi x Blier, c'est bien plus qu'un concert. C'est Cabadzi qui joue, mais sur des mots de Bertrand Blier (et c'est une excellente occasion de revisiter sa filmo), avec des images des films de Blier, retravaillées façon croquis (et animées lors des projections dont j'ai parlé plus haut, sur les fils), et des voix de ses films, aussi, parfois reconnues (Depardieu) et parfois pas..., dans une scénographie millimétrée, impeccable, imparable, impitoyable pour vous harponner et vous tournebouler, un concert scénarisé, (un scéanr concertisé ?) bref une performance ahurissante* ...
Un show d'une force et d'une intensité (d'un volume sonore) sidérantes, qui enchaîne les morceaux -de bravoure- sans débander ("on bandera quand on aura envie de bander..."), je ne me souviens pas de tout, mais une mention spéciale pour un Danser (pas sûr du titre) d'une si haute volée qu'il m'en fit venir les larmes aux yeux). Au tout début du show, tellement ça tapait fort, -oui on était très près- j'avais pris mes petits bouchons, mais je les ai vite re-otés, pour me sentir mieux dedans, encore plus fort, encore plus profond.
Je pense que la proximité décuple les sensations quand on assiste à un concert (qui vous plaît, bien sur) et là, j'ai retrouvé l'intensité des sensations éprouvées quand on était tout près de Fauve, la même ferveur, même si ce qui se jouait sur scène était complètement différent. Il faut avoir les couilles pour oser, ainsi, faire un spectacle à deux avec juste voix, batterie, électro, et beatbox (on ne verra pas la queue d'une guitare sur scène, ce qui est assez rare pour être souligné!) Et ces deux mecs sont vraiment fabuleux : Victorien Bitaudeau (batterie, beatbox, vocaux) et Olivier Garnier (chant, claviers), et on a juste envie de leur crier "On vous aime les mecs!".
Je me suis rendu compte que je ne (re)connaissais pas si bien que ça les citations de Blier, mais ce qui fait du bien, c'est la façon dpnt les deux Cabadzi se les ont appropriées, les ont intégrées, digérées, recrachées, extégrées... Ce show a été pour moi une véritable grosse baffe, un gigantesque coup de coeur, et la rigueur de la préparation, de la scéno, ne bride à aucun moment la vigueur et l'énergie du propos, bien au contraire...
Une heure qui passe très, trop, vite, j'ai repiqué là la liste des morceaux de l'album, qui sont tous joués sur scène mais, me semble-t-il,  pas dans le même ordre : Bouche /oui / grave / polaroïd / un deux trois / reste / rouge / jamais / fatiguée / bain / dansable

Et, comme pour un vrai film, il faut rester jusqu'au bout du générique (que j'ai récupéré sur le site de La Manufacture) :

Distribution
Cabadzi (Olivier Garnier et Victorien Bitaudeau)
Texte/auteur : Bertrand Blier
Musique : Cabadzi
Conception lumière et scénographie : Cyrille Dupont
Régie lumière : Noémie Crespel                
Régie sonore : Patrice Guillerme
Régie plateau : Antony Revon / Vincent Potreau
Illustrations : Adams Carvalho
Conception vidéo : Maxime Bruneel pour Eddy (animation) et Marian Landriève

Oui ce concert fut pour moi une vraie secousse, une déflagration, un absolu condensé de plaisir puisque mêlant la voix, l'électro, l'émotion, la percussion,l'énergie,  le cinéma, l'émotion encore, le cul, l'amour, la tendresse, la colère, l'émotion toujours, oui, quelque chose qui m'a vraiment submergé (et, visiblement, Catherine était à peu près dans le même état).J'étais tellement sous le choc et j'avais tellement envie d'en profiter directement (d'en jouir), de rester dedans,  que j'ai complètement oublié de filmer (je n'ai du coup que quelques secondes...).

l'album sortira fin septembre (est annoncée une édition luxueuse, avec cd, carnet, cartes postales, affiche, tote-bag, tout ça fait à la main, amoureusement, dans cet esprit artisanal qui caractérisait déjà les editions de leurs cd précédents -pour Des angles et des épines ils ont écrit 6000 mots doux à la main, chacun glissé dans un des coffrets, oui, de l'amour vous dis-je!-

* (éblouissante, incroyable, invraisemblable...)

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jeudi 3 août 2017

cartes postales de vacances 3 : soyons flous!

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mercredi 2 août 2017

tout le monde, applaudissez bien!

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NOTHINGWOOD
de Sonia Kronlund

Bigger than life. Il y a des personnages, comme ça. Salim Shaheen en est un. Un réalisateur (et acteur) afghan, auteur de 111 films (au moment où celui-ci -un documentaire à lui consacré- a été tourné). 111 films! Et tout ça sans un kopeck*(je ne sais pas quelle est l'unité monétaire de l'Afghanistan) mais avec beaucoup d'ingéniosité (j'ai failli écrire ingénuité, et on n'en serait, finalement, pas si loin...) de sens des affaires, de roublardise, (la liste pourrait s'allonger encore).
Sonia Kronlund (une dame de France-Cu, que donc je ne connais pas puisque je n'ai plus la radio depuis belle lurette) a décidé de tourner un film sur ce monument national à côté duquel , nous explique-t-elle en ouverture, elle avait le sentiment d'être passée, après avoir couverts maints reportages auparavant sur maintes choses épouvantables du quotidien afghan. Car Salim Shaheen est une véritable méga-star là-bas (enfin surtout chez les hommes, car de femmes on ne verra quasiment figurer à l'écran que la réalisatrice, quand même dûment foulardée, "Mais toi tu es un homme!" lui tonitruera d'ailleurs Salimchounet, qui provoque l'enthousiasme des masses partout où il passe, et sait l'entretenir, dans un savant mélange d'exhubérance et de sens-du-poilisme.
C'est un véritable ouragan, qui gesticule, danse, vocifère, boude, roucoule, interpelle la caméra, rabroue les acteurs, soulève les voitures, bref produit beaucoup de vent, sous ses multiples casquettes de réalisateur, d'acteur, mais aussi, surtout, de personnage central du film que lui consacre Sonia K.
Et le film nous entraîne sans nous laisser le temps de dire ouf, et tourbillonne lui aussi, entre les films que S. a déjà tournés, ceux qu'il est en train de tourner (quatre en même temps, nous précise la réalisatrice, au moment de son tournage à elle), entremêlant de jubilatoire façon (l'adjectif est ici parfaitement mérité) la réalité de l'illusion et l'illusion de la réalité. Comme un délirant tricot afghan, une maille à l'endroit, une maille à l'envers, récit, conte, allégorie, hagiographie, témoignage, tout ça enchâssé dans la (dure) réalité du pays. Oui, dans ce pays ahurissant a germé ce personnage abracadabrant, qui ne pouvait donner qu'un film tout aussi esbaudissant (l'adjectif n'existe pas, mais le film le mérite). Un film qui ragaillardit d'autant plus que le gaillard, justement, a su s'entourer de personnages à sa hauteur, entre un co-scénariste dialoguiste mais acteur aussi au look de Sébastien Tellier local et un acteur principal... qui joue à merveille les personnages efféminés ("Même un soldat efféminé ne saute pas comme ça..." lui fera remarquer, lors d'un des tournages, un vrai gradé du cru). Moi je dis ça je dis rien, et d'ailleurs rien n'est dit.
Un film "viril", donc, où tout un chacun semble traîner tout naturellement sa kalachnikhov (ce sont d'ailleurs de vraies armes qui sont utilisées sur les tournages), dont on est d'autant plus content (et fier) qu'il ait été réalisé par une femme.
Avec en prime, cet omniprésent fatalisme à l'afghane ("Je n'ai pas peur de mourir. A quoi ça sert d'avoir peur d'un truc dont on sait qu'il va arriver ?"), entre insouciance et inconscience.
Bref, un (gros) bonheur de film. (Qui ne sera hélas projeté que 3 fois dans le bôô cinéma).

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* ca y est, je le sais, je viens de chercher, c'est l'afghani!

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