vendredi 13 octobre 2017

petit cheval de bois

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BLADE RUNNER 2049
de Denis Villeneuve

Je l'attendais, cette grosse machine chromée rutilante hollywoodienne qu'on nous a annoncée longtemps à l'avance de façon assez tonitruante (et insistante). Comme tous les vieux cinéphiles, je garde dans mon coeur une certaine tendresse pour "le" vrai Blade runner, le premier, le seul, l'unique, mais bon, la durée (2h43), le casting (Gosling / Ford), l'opportunité d'une séance en VO ont fait que j'y étais, ce lundi à 17h30, et ce avec une certaine... impatience.
Démesuré, ça l'est : l'écran, la musique, les décors, le générique final ("il y a plus de noms sur ce générique que d'habitants dans notre ville..." a dit, à peu près, Hervé), les moyens techniques (et, corollairement aussi sans doute, les cachets des acteurs), et il faut reconnaître que Denis Villeneuve n'a pas lésiné, et a réalisé le beau gros giga film de SF qu'on espérait...
Dans le bôô cinéma, le film avait beaucoup de séances en vf, quelques-unes en vf et 3D, et très peu en vo (3 ou 4). Je ne concevais pas de voir le film en vf (oui je suis un vieux puriste, et je n'avais pas envie d'entendre Harrison Ford ou Ryan Gosling parlant français). C'est donc Ryan Gosling le héros, il a repris la silhouette et la fonction d'Harrison Ford dans le film-papa : il est chasseur de Réplicants, sauf qu'il est ici lui-même un Réplicant, c'est dit d'entrée, un de la dernière génération, celle qui obéit bien, qui fait son boulot sans (se) poser de question. En ouverture du film, il retrouve et tue (sans états d'âme, juste il fait son job) un vieux Réplicant, devenu fermier d'asticots ("producteur de protéines") et met à jour une caisse remplie d'ossements enfouie sous un arbre (mort), ceux d'une femme ayant accouché sous césarienne, mais Réplicante elle-aussi).
Wow! une Réplicante-maman ? Une histoire de re/naissance, tiens tiens. Ce sera le point de départ de l'enquête que va mener K (Gosling), renommé plus tard Joe, dans une histoire complexe et à travers un scénario touffu, avec investigations, découvertes, rebondissements, destruction de preuves, fausses pistes, dans un univers futuriste très cohérent (et très déprimant il faut bien le reconnaître) qui ne fait que reprendre et amplifier (ré-assaisonner) les décors de "BR le vrai".
K/Joe va surtout retrouver la trace de Deckard, qui est mêlé à l'affaire -d'où le titre- et qui a pris sa retraite  (Harrison Ford est vieux et il est magnifique, c'est une des meilleures raisons d'aller voir le film), et affronter un méchant industriel cynique (Jared Leto, très starwaresque).Il y a aussi des femmes, bien sûr, pas d'hollywooderie sans meufs : Joi, la copine virtuelle de K-Gosling, Joshi, sa supérieure hiérarchique, et Luv, la méchante-très-méchante, un genre de Terminatorette ("I am the best!") douée d'un joli minois (bras droit du méchant-très-méchant) mais prête à tout (vraiment tout) pour étouffer l'affaire.
Le film traite "consciencieusement" de la question posée au bac philo 2049 : "Qu'est-ce qui différencie l'Homme et le Réplicant ?" (Vous avez trois heures) et le fait avec toutes les armes et la pyrotechnie du cinéma à grand spectacle (On en a pour ses sous, ça c'est sûr!), mais tout ne me ravit pas, par exemple  les scènes de baston kung-fu(tur) étaient-elles vraiment indispensables (la bagarre dans l'eau est ennuyeuse), à part peut-être pour légitimer dans la salle la présence de jeunes bourrins attirés par ce genre de choses ? (et encore, ceux-là auront dû se sentir frustrés). Autre détail qui me chiffonne, le PPV (le placement de produit voyant) : était-il vraiment indispensable de nous montrer que K conduit une Peuge*t ?
Des bouffées (des échos) de la musique de Vangélis reviennent à intervalles réguliers pour faire souffler le vent de la nostalgie. Mais le film reste avant tout une machinerie, somptueuse, magnifique, hallucinante, certes, mais une machine, avec ce que ça suppose de rouages, de pistons (ça c'est moi, c'est la vieille école), de circuits intégrés et d'électronique, bref de procédés mécaniques, industriels. Je n'ai pas été du tout ému, même si je suis resté baba pendant ces deux heures quarante-trois là (bon, si, quand même la scène des retrouvailles avec Harrison Ford, mais pour des raisons qui sont peut-être "extérieures" au film.)
Du grand spectacle, incontestablement, qui peut laisser au spectateur attentif et tâtillon que je suis parfois le sentiment qu'il manque au film, sous la cuirasse de cuirassé (la redondance est voulue) interstellaire, le petit supplément de sincérité (d'humanité) qui aurait pu le transcender en grand film. L'âme, quoi (cours de philo de 2049, suite). Oui, à la sortie, subsiste ce sentiment que le film de Denis Villeneuve est à celui de Ridley Scott ce que les Réplicants sont aux humains : la même apparence, des performances supérieures, sans doute, une finition impeccable, mais quid des "vrais" sentiments, qui semblent ici avoir été greffés sur le scénario, comme, dans le film, on greffe des "faux souvenirs" dans le cerveau des Réplicants, pour les humaniser). Les personnages ne sont "que" des personnages, on a du mal à s'y (r)attacher... Je réalise que je viens de dire deux ou trois fois la même chose (mon obsolescence programmée est en marche, irrémédiablement) et donc skrtchh skrtchh (bruits un peu inquiétants de court-circuits et de faux-contacts) il vaut mieux s'arrêter là..

(D'autant plus que la fin semble un peu "bâclée", comme rapidement expédiée, et doublement en plus, car dans le bôô cinéma comme d'hab' les lumières se sont rallumées sur le dernier plan, avant même le début du générique, ça m'éneeeeerve!).


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(et l'affiche est moche, je trouve, et en rajoute encore dans la confusion starwaresque, non ?)

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jeudi 12 octobre 2017

tu vas rire

ALBIN DE LA SIMONE
à l'Audtitorium de Lure
4 octobre 2017

Décidément, il y a quelque chose de spécial, avec cette salle. Non seulement l'acoustique y est excellente, mais chaque fois que j'y vais, c'est pour un grand bonheur de spectacle... L'an dernier c'était Mathieu Boogaerts, et cette année ce fut Albin de la Simone, que je rêvais depuis longtemeps de voir sur scène...
C'est Emma qui me l'a fait découvrir, il y a quelques années, au début, j'avais un peu de mal avec sa petite voix, et c'est Marie-Pierre, à Clermont qui me l'a re-fait découvrir et aimer (oh c'était Mes épaules, qui est devenue une de mes 100 chansons préférées du monde... Tiens, d'ailleurs, faudra que je la fasse un jour, cette liste!)
Là, donc, c'était Un de nous, son dernier album, qu'il tourne en version acoustique (unplugged est vraiment affreux comme mot), avec , semble-t-il, toujours les mêmes belles personnes (Violon, chant et clavier : Anne Gouverneur, Violoncelle et chant : Maëva Le Berre, Guitare et percussions : François Lasserre) . Un seul micro, donc, pour sa voix (mais pour le rappel il chantera même sans), et un spectacle exquis -comme le bonhomme sur la scène-, qui se joue à quatre, où j''ai jubilé de la première à la dernière minute (de Ma barbe pousse à Ado). En plus on était au premier rang, avec Emma, et, vraiment, on n'en perdait pas une miette.
Quel bonheur!
Le personnage est attachant. Ce mec est... classieux, c'est le premier mot qui me vient. Mais sans ostentation. Simplement. Avec son petit costard bleu pétrole et ses jolies chaussures à semelles rouges, avec sa bonne bouille juste joufflue ce qu'il faut et le soupçon de barbe juste ce qu'il faut aussi, il a une classe folle. D'autant plus remarquable que lorsqu'on le verra revenir dans le hall, après la fin du spectacle et les n rappels, ce sera en t-shirt grisâtre informe et un verre de vin à la main. Comme si sur scène il interprétait Monsieur de la Simone ("le poids de mon nom ridicule, de ce fantôme à particule...") , tout en restant tout à fait capable d'être aussi juste Albin.
A la première écoute, c'est vrai j'aimais un peu moins son dernier album (Un de nous) que le précédent (Un homme), donc a priori ma joie serait un peu en deça me disais-je, alors que, benêt que j'étais, pas du tout. Tout fut parfait. Parfaitement. Il chanta, donc, tout le dernier album, dans un ordre aléatoire et ça c'est très bien, en y intercalant judicieusement quelques chansons plus anciennes -dont certaines que je n'avais carrément jamais entendues (Ce pull, par exemple) et d'autres, que j'ai attendues à juste titre (Mes épaules) ou en vain (Mort en plein air, Ma crise, Elle fréquentait la rue Pigalle...).
Il parle,il chante, il tapote son clavier, il raconte, il donne le sourire, et c'est une façon de niveler, d'adoucir certains textes merveilleusement tristes (j'ai pleuré aux Chiens sans langue, par exemple). La complicité évidente entre les quatre partenaires participe aussi au bonheur ressenti face à ce tour de chant (comme on dirait  tour de magie)... Ca suit son cours, tendrement, aimablement, comme une petite rivière joyeuse. On est dessus, petits bateaux en papier et on descend au fil du courant. (d'ailleurs me semble-t-il, au départ la Simone de son nom est un cours d'eau)
Oui, comme pour Mathieu Boogaerts au même endroit l'année dernière, on aurait eu envie que ça ne s'arrête jamais...
Comme dit Emma, "C'est une belle personne..."

https://lefooding.com/media/W1siZiIsIjIwMTcvMDMvMzAvMThfNTVfNTVfNDY2X0FTXzM3MC5qcGciXSxbInAiLCJ0aHVtYiIsIjMwMHgzMDAjIl1d/AS-370.jpg?sha=99832030

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mercredi 11 octobre 2017

elle lui chuchote quelque chose à l'oreille

TWIN PEAKS THE RETURN
de David Lynch

Ca y est! C'est fini! J'ai terminé les dix-huits épidodes de cette fameuse saison 3 ("vingt-cinq ans après il revient...") Avec des hauts et des bas, des interruptions, des reprises (les 5 derniers épidodes sur une journée) et j'en suis tout tourneboulé... Alors voilà des images :

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...oui, je suis tout aussi enthousiaste que Les Cahiaîs (qui y consacrent presque la moitié de leur dernier numéro), même si j'ai un peu de mal à comprendre tout ce qu'ils peuvent bien y raconter... J'ai du mal à en parler, je suis encore sous le choc, c'est comme d'avoir vu un film de Lynch de 18h (dix-huit heures!) avec tous ces moments étranges, terrifiants, drôles, lénifiants, enragés, dégueulasses, nunuches, absurdes, incompréhensibles, surprenants, inquiétants, émouvants, rebutants, schizophrènes, paranoïaques, malsains, ironiques, clignotants, brûlants, explosifs, acidulés, assourdissants, glamour, réjouissants, révoltants, etc. et etc. (il en faut bien deux brassées.) Tous ces personnages, toutes ces histoires, toutes ces questions...
Du coup, je vais regarder les deux premières saisons, il y a peut-être des choses que je vais mieux comprendre...
(peut-être...)

 

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mardi 10 octobre 2017

dix films pour J.r

 cible émouvante

je suis le seigneur

tombés du ciel

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Il s'en est allé le grand moustachu en imperméable qui tentait d'imiter Marylin/ Duperrey en passant au dessus d'une bouche de chaleur, le pince-sans-rire à la voix et au phrasé  inimitables, le plus french des so british, à jamais Etienne le mari de Marthe dans les deux films d'Yves Robert, mais pas que. (Je rêve toujours du Don Quichotte de Terry Gilliam...)
De tous ses films en voici 10, et parmi eux trois  spécialement adorés : LE MARI DE LA COIFFEUSE (1990), TANDEM (1987), UN ÉTRANGE VOYAGE (1980)... On l'aimait, ce grand machin... Il est parti rejoinfre des copains  Marielle et Noiret, la fête peut commencer!

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lundi 9 octobre 2017

FAL 2017

Cette année nous y sommes allés (avec Marie bien sûr) dès le premier jour "officiel", ce qui n'était pas forcément une très bonne idée...
Bilan : 6 livres, 3 petits et trois gros :

par ordre de taille :
- POURQUOI MENACEZ-VOUS LA MARINE ? (CONTREPETERIES) : 1€
- VACHES (Frédéric Boyer / POL) : 2€
- JEROME LINDON (Jean Echenoz / Minuit) : 3€
- CHAGRIN D'ECOLE (Daniel Pennac /Nrf) : 0,50€
- UNE MORT QUI EN VAUT LA PEINE (Donald Ray Pollock / Albin Michel) : 4€
- L'HUMEUR VAGABONDE / UN SINGE EN HIVER (Antoine Blondin /La Tabrle Ronde) 2€
Soit 6 livres pour 12,50€... raisonnable, isn't'it?
Au "petit jeu des prix pricem*inister", ça donne
- contrepèteries : 0,90
- vaches : 1,89
- lindon : 1,60
- pennac : 0,90
- mort : 10,78
- blondin : 15,10
ce qui nous mène à 31,17€ (sans les frais d'envoi)

et donc à une économie de 31,17 - 12,50 = 18,67
... voilà donc une journée bien gagnée, non ?
signé : Chori Picsou

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dimanche 8 octobre 2017

le mec de la sécurité en jardin

(festival Détonation, scène Etincelle, côté jardin)

c'est vrai que j'ai fait, d'heure en heure, une fixette photographique sur ce mec encapuché qui a passé la soirée en bord de scène, successivement à chacun des concerts, sans jamais l'ôter, cette capuche, ce mec difficlement photographiable à cause des conditions de lumière et de la merditude de mon appareil-photo, mais bon j'aime beaucoup l'ambiance que ça donne... l'obscurité, le flou (les fameux "le je-ne-sais-quoi et le presque rien"), oui quelque chose de mystérieux, de chuchoté, d'obscur, peut-être juste une façon de lui rendre hommage...

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samedi 7 octobre 2017

le feu au rideau

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DEMAIN ET TOUS LES AUTRES JOURS
de Noémie Lvosky

Nous étions trois dans la salle 12 du bôô cinéma, à cette séance de 16h. Mes copines marie, Véro, et moi. Nous étions trois, en larmes, quand les lumières se sont rallumées au générique de fin (enfin, avant le générique de fin, puisque c'est bien souvent la coutume ici...). Le film que nous venions de voir n'était pas tout à fait celui que nous avait suggéré la bande-annonce. Il avait bien les mêmes acteurs, les mêmes personnages (une fillette, une mère larguée), les mêmes détails intriguants (un oiseau qui parle dont seule une fillette entend la voix, un squelette, une mariée en vadrouille), seulement il était plus triste. Beaucoup plus triste.
Le film est d'ailleurs dédié à la propre mère de Noémie Lvosky (qui le réalise et joue le rôle de la mère) et on croit comprendre qu'il a quelque chose d'autobiographique (en interview, la réalisatrice propose le mot de personnel plutôt qu'autobiographique). Pour mémoire, Noémie L.  jouait dans Camille redouble le personnage de la fille (sa maman était la toujours aimée Yolande Moreau), ici elle joue celui de la mère, et donc la boucle d'une certaine continuité affective (familiale) serait ainsi bouclée. Car c'est bien encore d'amour et de relation mère/fille que parle le film.
Une fillette, donc (Luce Rodriguez, impressionnante) vit seule avec sa mère (qui apparaît comme fantasque dans la bande-annonce, mais qui est bien plus, que ça "C'est ta mère qui est folle!" dira plus tard un des personnages du film) , papa est parti (a quitté le foyer, mais est toujours là au bout du fil en cas de besoin (Mathieu Amalric, tout frais sorti de Barbara) et les choses ne sont pas faciles tous les jours... La mamn divague, dérive, déprime (un rôle pas facile que Noémie Lvovsky endosse très bien, un peu à la surprise du spectateur qui a plutôt l'habitude de la voir dans des rôles plus solaires et extravertis) et la gamine veille au grain, redresse la barre, tient la main de sa mère contre vents et marées.
C'est un film sur l'amour maternel et filial, oui, l'histoire d'une relation quasi fusionnelle entre une mère et sa fille, où la réalité a besoin d'une part de fantastique (d'onirisme) pour être supportée (il sera à plusieurs reprises question d'une femme dans l'eau, à mi-chemin entre Ophélie et la dame du Lac...).
Un film qui a failli ne plus exister du tout, puisque l'état de santé de la fillette en a d'abord imposé l'arrêt total, avant que l'adjonction d'une dernière partie (initialement pas prévue dans le scénario) ne permette de le continuer et -heureusement- de le conclure (en beauté, puisqu'elle nous permet d'y revoir Anaïs Demoustier, dans les très touchantes scènes finales...)
Oui un film très triste, puisqu'on sait, presque dès le début, qu'il n'y a pas vraiment d'issue possible, mais qui confirme l'estime que j'ai pour sa réalisatrice (que j'aime toujours autant, et ce des deux côtés de la caméra...) et Noémie Lvosky livre une persformance vraiment impressionnante, sur le fil du rasoir, face à la jeune Luce Rodriguez, tout impressionnante de justesse.

Bref, un sacré beau film sur l'enfance.
Et la scène du squelette est magnifique (tiens, en plus du top10 des films, je devrais faire aussi un top10 des scènes de l'année, et celle-ci en ferait sûrement partie...)

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vendredi 6 octobre 2017

détonation

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(Oui mon appareil est pourri ricaneront les puristes, mais j'adore ce genre d'images instables, approximatives, qui rendent assez justement (justement) l'ambiance de ces moments-là... des Images de SUPERSUCKERS, LAST TRAIN, FAI BABA, SCARLETT RASCALS, VITALIC, ET DBFC... Et redire que j'ai vraiment beaucoup aimé ce festival DETONATION... A l'année prochaine!

 

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jeudi 5 octobre 2017

olives sans gluten

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UN BEAU SOLEIL INTÉRIEUR
de Claire Denis

Avec Claire Denis, c'est une longue histoire... Depuis 1988 (Chocolat), une histoire en dents de scie : des films que j'adore (35 rhums, Vendredi soir, Beau Travail) d'autres que j'aime moy moy (White Material, Trouble every day) d'autres que je n'aime pas (Les salauds, J'ai pas sommeil), d'autres encore que je n'ai pas vus (L'intrus, S'en fout la mort) et d'un dernier, en particulier, dont je me souviens juste parce qu'il m'avait beaucoup déçu (Nénette et Boni, vu à l'Eldo, à Dijon).
Claire Denis, c'est comme si elle n'était jamais tout à fait là où je l'attend, comme si elle s'arrangeait pour toujours surprendre le spectateur, le déstabiliser, lui lancer un genre d'ultimatum filmique... Eh bien là de nouveau c'est pareil. On nous annonce une "comédie romantique" tiens, dialoguée par Christine Angot, tiens tiens...
Romantique ? Oui, c'est indiscutable, même si, justement on en discute beaucoup, énormément même. Etats d'âme, hésitations, attentes, tournages auour du pot. Comédie ? Mouais j'ai souri, oui, et quand j'ai ri c'était peut-être un peu... nerveusement ? Ri jaune devant ces hommes veules et pusillanimes (presque tous... Il y a un ou deux "gentils" tout de même...), je me souviens de la scène avec le garçon de café, où on a envie de gifler Xavier Beauvois, mais où la bêtise de sa méchanceté fait rire. Je me disais s'il y a du Angot, il doit y avoir de l'acidité, de la violence, de la tension, peut-être camouflées sous la mince couche de sucre des convenances, des généralités, et de la socialité... et voilà que ces dialogues, je ne sais pas comment les appréhender.
Il était question que Claire Denis adapte les Fragments d'un discours amoureux, de Roro Barthes, mais ça ne s'est pas fait ("à cause des ayant-droits" pffff...). Le fait est qu'il en est beaucoup question, du discours amoureux, et que, dans la mesure où Isabelle (Binoche, binochissime...) vit plusieurs relations, avec plusieurs hommes différents, de différents types (!) (on pourrait croire que j'ai écrire deux fois de suite la même chose, mais pas du tout, "de différents types" se rapportait aux relations, mais oui c'est vrai, peut aussi se référer aux mecs en question, fermons la parenthèse lacanienne).
C'est peut-être un "film de filles" (de femmes plutôt : Denis / Binoche / Angot) et je l'ai donc vu un peu depuis l'autre rive. Je ne m'y suis pas ennuyé une seconde, précisons, (je serais même prêt à retourner le voir c'est dire) j'ai tout bien écouté (même si à la longue les dialogues peuvent parfois sembler virer au ronronnement), mais j'ai surtout regardé (admiré) la façon dont Claire Denis fait du cinéma (tel champ/contrechamp particulièrement soyeux, onctueux, tel montage cut de deux séquences particulièrement fort, telle ellipse particulièrement surprenante, bref j'ai cinématographiquement savouré.)
Ces portraits de mecs ont quand même quelque chose de très théorique, dans leur définition et leur fonctionnement (le banquier, l'acteur, le gentil, le galeriste, l'ex-mari, le confident, l'inconnu, le cinquantenaire, le voyant), ce qui pourrait faire du film un simple dispositif narratif, un processus artificiel, une étude de cas(s) qui s'intéresserait au(x) rapport(s) de classe(s) (de castes, donc), et pourtant, par la force de l'incarnation de chacun des personnages, le film fonctionne, il carbure, vit sa vie de film comme un beau portrait de femme.
Je n'étais pas sûr, à la sortie, du film que je venais de voir, ni de ce que je pouvais bien en penser... Mais, comme l'a dit très justement Emma, il y a cette scène finale avec Gros Gégé et son pendule, qui est comme la -grosse- cerise sur cette pâtisserie parisiano-bobo-et ce que vous voudrez d'autre en o, qui vient avec mi-roublardise et mi-candeur ponctuer le récit, fermer la parenthèse (ou peut-être l'ouvrir) selon qu'on la prend pour de l'argent comptant ou pas. Et qu'il finit par rayonner, ce fameux beau soleil intérieur... Et sans cette scène finale le film eut été incontestablement moins intéressant.

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mercredi 4 octobre 2017

mulanje

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GABRIEL ET LA MONTAGNE
de Fellipe Barbosa

L'Afrique, ça n'est pas trop mon truc. mais bon, vue par un réalisateur brésilien, auteur d'un film que j'avais beaucoup aimé (Casa grande), peut-être se tentait-ce... 2h11 tout de même, eh bien ce soir gogogo dans la salle 1 du bôô cinéma à 20h30, avec, surprise, un rang de jeunes derrière nous (un peu bavards d'ailleurs). Go go go! car le jeune homme en question est plutôt speed dans sa façon de voyager. Un étudiant brésilien qui visite l'Afrique (le pays est partagé en chapitres, un par pays) mais ne veut pas le faire en touriste (mgunzu), juste à la façon des locaux.
On sait dès le début (une séance que j'ai trouvée d'une beauté époustouflante, très verte, avec deux hommes qui ramassent de l'herbe de façon quasi-chorégraphique, avec une musique fascinante, sur une rythmique minimale, obsédante, progressant jusqu'à la découverte du corps, recroquevillé dans une anfractuosité rocheuse) qu'il est mort là-bas, dans la montagne, et que son corps a été retrouvé au bout de 19 jours de recherche. Donc je ne spoile rien ou presque. Mort assez mystérieuse, d'ailleurs, en tout cas inexpliquée, à mi-chemin pour moi entre Carlos Castaneda et Les documents interdits...
Le film repart ensuite soixante-dix jours avant, et on accompagne Gabriel dans son périple, du Kénya au Malawi. Les images sont somptueuses (j'ai trouvé les paysages vraiment merveilleux, sincèrement et sans ironiques accents circonflexes ficaesques) et la façon dont Gabriel voyage lui fait rencontrer les gens, les "vrais", les autochtones, il parle avec l'habitant, il loge chez l'habitant, il mange chez l'habitant. et se déplace aussi par les moyens du cru. Ca, c'est ce qu'il veut faire, croire (faire croire ?), mais il reste, pur ceux et celles qu'il croise, un petit blanc friqué qui peut se payerle luxe de voyager en faisant semblant (en rêvant) d'être pauvre et libre.
Gabriel (qui a vraiment existé, et qui était un ami du réalisateur) est un personnage à la fois agaçant et attachant. Par sa jeunesse, son énergie, sa dégaine, et l'entêtement qu'il met pour obtenir ce qu'il désire. Parvenir à ses fins. (et, au bout du compte, à la sienne aussi, même s'il ne le sait pas encore). par sa façon d'être, et par ses illusions. Ce qui pourrait bien s'apparenter au caprice d'un enfant gâté. S'il est mort là-bas, c'est aussi parce qu'il l'a bien cherché, (dans tous les sens du terme).
Plus le film avance et plus le processus s'accélère. Gabriel est un jeune homme pressé, il veut monter là-haut à toute berzingue (pour une histoire de visa qui expire le soir à minuit) et n'écoutera ni le routier qui l'a transbahuté, ni le guide qui l'a accompagné (et qu'il a renvoyé), ni la femme qu'il croise au dernier refuge avant l'ascension et qui tente de l'en dissuader.
Tant pis pour lui.
J'ai pensé, bien sûr, à Into the wild, même si les décors et les enjeux ne sont pas du tout les mêmes. Si les deux personnages ont la même mort, solitaire et aléatoire, Gabriel aura pris soin d'être, jusque là, toujours accompagné (je n'ai pas parlé de sa copine, en compagnie de qui il effectuera un bon tiers de son périple africain, et qui n'hésite jamais, justement à lui renvoyer le reflet de ce qu'il est :un petit bourge gentiment suffisant... oui, décidément le problème des rapports de classes est bien un thème récurrent du cinéma brésilien, même quand il est, comme ici, délocalisé en Afrique, et rejoindrait, tiens, en biaisant, le film de Claire Denis vu juste après... Isabelle / Gabriel, même combat!) Les scènes finales sont magnifiques, l'ascension, l'arrivée au sommet, les photos qu'il y a prises (à ce moment, le réalisateur fait interférer le réel, puisque ce sont les vraies photos du vrai Gabriel qu'on voit alors à l'écran) et cette soudaine prise de conscience qu 'il est perdu (il appelle à l'aide, et se couche comme un enfant, rentrant dans la mort comme dans le sommeil, en tout cas dans l'apaisement, et on l'y accompagne, et on veille sur lui -Nature berce le doucement, il a froid- ) . Une scène à la fois très simple et très lyrique.
En tout cas un sacré beau film.

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... même si je trouve que l'affiche est ratée, vraiment très moche, en tout cas qu'elle n'a pas grand chose à voir avec le film, et ne donne surtout pas envie d'aller le voir, et c'est dommage... le fond blanc incompréhensible, le personnage flou et coupé, la superposition maladroite du paysage... non, hélas, rien à sauver.

Posté par chori à 06:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]