jeudi 13 octobre 2016

ohé ohé capitaine abandonné...

JEUNESSE
de Julien Samani
M'est revenue en tête cette ritournelle (d'un autre âge) tandis que je cherchais un titre idoine à la présente chronique... Et c'est vrai qu'il y a un peu de ça, tout de même. D'après un récit (de jeunesse) de Joseph Conrad, l'histoire d'un jeunot qui "aimerait débarbouiller ce gris en virant de bord"  et s'embarque donc quasiment de force sur un rafiot pourri à destination de l'Afrique.
Ce qui est déjà intéressant a priori, c'est que cohabitent à ce bord trois générations d'acteurs, qu'on aima (qu'on aime) chacun en son temps et à son tour, et qu'on a là tous les trois en même temps : le moussaillon c'est Kévin Azaïs (déjà trop bien dans Les combattants et Ni le ciel ni la terre) l'officier c'est Samir Guesmi (oh Camille redouble, L'effet aquatique) qu'on porte dans notre coeur, et le capitaine c'est Jean-François Stévenin (dont on tomba amoureux fin 70 début 80, entre Passe-Montagne et Barocco, c'est dire).
En plus c'est dans un bateau, et, si on a toujours aimé les histoires de bateau (promiscuité virile, etc.),  depuis quelques temps on les adore encore plus (Fidélio, Erotica exotica etc., Léviathan). On frétille déjà avant d'embarquer, et on se sent le pied, non mieux le coeur, marin. A l'abordage!
D'autant plus que le réalisateur est Julien Samani, et on a déjà programmé dans le bôô cinéma son premier moyen métrage, (La peau trouée) sur les chasseurs de requins. (Déjà des bateaux, des rudes gaillards, des avanies, des contusions, des éléments déchaînés, mais là c'était pour de vrai.)
Ici les texte de Conrad et la voix du narrateur -Patrick Grandperret- nous précisent bien qu'il s'agit d'une fiction. Enfin, pas que d'un documentaire. Ou plus que. Dès le début, même si encore à terre, on est déjà embarqué par le talent du réalisateur à scénariser l'espace. Oui, Julien Samani possède une intelligence foudroyante du cadre, remarquable, de tous les plans, et on s'accroche sur notre fauteuil dès lors qu'il y a du tanguage et du roulis (qu'il soient strictement maritimes ou plus généralement humains.)
Récit d'apprentissage, donc, mené de main de maître (de quartier-maître ? non, je n'y connais rien en grades de marins) par un réalisateur dont on attend la suite (et dont on a presque failli avoir la visite dans le bôô cinéma, une de nos adhérentes ayant l'entregent adéquat -et non non ce n'était pas Zabetta pour une fois- mais les délais étaient trop courts, mille sabords!).
Pour la prochaine fois, c'est sûr, on prend rendez-vous! (je trouve que, en ce moment, "on" ne passe que des bons films, et j'attends avec impatience le Rodéo de demain...)

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(je trouve l'affiche assez moyennement réussie...)

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mercredi 12 octobre 2016

tout ça dev(r)ait finir par arriver 2 (version longue)

NOCTURAMA
de Bertrand Bonello

Un des plus beaux films de l'année est programmé cette semaine dans le bôô cinéma.
Mauvaise pioche, il n'a droit qu'à quatre séances : deux à 20h30 et deux à 13h40 (séances dites "de retraités"! -qui d'autre peut aller au ciné ces jours-là à ces heures-là ?). C'est vraiment dommage, c'est vraiment rageant, et qu'on ne vienne pas me dire, dans ces conditions, que "le film n'a pas su trouver son public". Ca s'appelle une exécution en règle, c'est tout. Et tiens, coïncidence ?, c'est un peu de ça dont il est question dans ce film.
J'avais eu la chance et le grand plaisir d'assister à l'avant-première du film la dernière fois que j'étais à Paris, au cinéma du Panthéon, en présence du réalisateur et des journalistes du magazine La septième obsession. "Contre toute attente", le film m'avait soufflé, fasciné, époustouflé, et j'avais smsé à Hervé en sortant "je crois que j'ai trouvé mon film de l'année".
J'y suis donc retourné cet aprèm,  dans le bôô cinéma, pour voir, (nous étions trois dans la salle)... Et l'enthousiasme (l'emballement) de mon premier jugement non seulement s'est confirmé mais encore accru! Dès les premières images (un survol de Paris avec bruit d'hélicoptère -le film a failli s'appeler Paris est une fête-) j'étais pris, capturé, captivé. Je n'en perdais pas une miette. C'est l'histoire d'une bande de jeunes gens qui vont commettre des attentats simultanés, à Paris, justement,  puis se réfugient dans "un grand magasin" pour y passer la nuit en attendant que ça se tasse, et qu'ils puissent sortir tranquillou(s) le lendemain matin.
L'après-midi, la nuit, le matin. Voilà les trois parties du film, chacune traitée avec son timing ses contraintes et son rythme propres. Entre 14h et 5h du matin, avec un pic à 19h15 (je ne sais plus quel journal parle de "pliure" du récit et c'est exactement ça). Jeunes gens des deux sexes, de classe sociale, couleur de peau, niveau d'études et confession variés (ce qu'on pourrait nommer un échantillonnage), réunis pour faire tout péter.
On assiste à la préparation méticuleuse et fourmilière (des trajets en métro, des photos prises avec des téléphones, des intersections, des paquets qu'on récupère, des sacs plastique qu'on transporte, des téléphones qu'on jette dans les poubelles) où le temps est décompté minutieusement (à la minute près, justement), sans qu'on comprenne  tout à fait, à chaque fois, de quoi il est question. Itinéraires, minutage, instructions. On n'en saura guère plus sur le pourquoi de ces actions, le réalisateur ayant pourtant la finesse de nous insérer deux flash-backs qui nous renseignent sur la formation du "groupe" (et un peu le hasard qui y a présidé), conclus par un scène de danse collective de toute beauté.
On assiste au déroulement des actions multiples et simultanées qui vont soudain finir par prendre sens, à 19h15, se concrétiser sous forme de 4 explosions simultanées (et d'un assassinat, seul mort qui sera officiellement comptabilisé lors de ces attentats et des compte-rendus journalistiques qui en seront donnés). On constate ce qui fonctionne et ce qui merde, cette petite portion d'imprévu dûe au hasard ou simplement à la faiblesse humaine. Tout marche presque comme prévu. "Presque". Disons qu'on a huit des dix roulettes sur lesquelles "ça" aurait dû marcher optimalement (entre marge d'erreur et dommages collatéraux).
A ce moment, toutes les fourmis (ou presque) se sont hâtées pour gagner leur repaire dans le "grand magasin" où ils vont passer la nuit, en se perdant d'abord au milieu des clients puis en se dissimulant un peu partout à l'heure de la fermeture. (Ils ont un complice sur place, un des vigiles.)
Commence alors presqu'un autre film, la longue nuit dans cet endroit "rêvé" (un très grand magasin après la fermeture) un lieu de convoitise(s) et demarchandises où chacun peut réagir suivant ses envies. Tout est offert, disponible, et chacun va se laisser tenter. La mise en scène de Bonello était déjà remarquable dans la première partie, elle ne se relâche pas ici et monte encore d'un cran vers la perfection. C'est très plastique, très formel, et ça tombe bien puisqu'il s'agit dans tout cet espace de faire vendre, justement, des choses, avec l'esthétique frelatée et l'arrogance des riches. Marques, signes extérieurs, codes vestimentaires, luxe, tout ce qui justement leur est d'habitude presqu'inaccessible, à la grande majorité de ces jeunes. Et là soudain tout est là, disponible, à portée de main. Y a qu'à se servir. A faire comme si. c'est l'heure de la récréation. Avec le temps qui n'est (presque) plus marqué, qui s'immobilise qui s'étire qui ne passe presque plus (plusieurs fois ils se demanderont mutuellement l'heure qu'il est). Il y a ceux qui se reposent, ceux qui ont besoin de bouger, ceux qui font les cons, ceux qui commencent à flipper, qui vont et viennent et s'entrecroisent dans l'espace très complexe de ce "grand magasin" où la caméra, les décors, les cadrages, la musique même (composée par Bertrand Bonello) composent des tableaux touchants, intimes, incertains, magnifiques (j'ai un faible pour le jeune homme aux yeux et à la bouche maquillée qui fait un play-back sur My way, et qu'on retrouvera plus tard dans une baignoire sirotant du cognac). oui avec pour chacun(e) d'entre eux ce mélange troublant de l'enfant  et du jeune adulte (on ne sait plus trop quel est celui qui a déjà grandi ou qui n'en a plus envie).
Puis survient la dernière partie, celle de l'assaut, où le temps filmé va prendre une nouvelle forme, devenir complexe, démultiplié, diffracté, comme bafouillant, avec l'apparente neutralité des caméras de surveillance.  Qui permet d'une certaine façon de mettre à distance. Ca n'est plus un jeu, et pourtant ça y ressemble, oui ces jeux où les ados tuent des gens virtuels qui ressemblent à des vrais. Des cibles (tous ces personnages qu'on connaît à présent un peu plus) et des exécuteurs, casqués, armés, anonymes, impersonnels. Bam bam bam. C'est l'irruption de ce no future que, confusément, chacun des jeunes gens semblait appeler. Méthodique, et encore une fois magnifiquement scénarisé découpé et filmé. Illustré(s) avec deux choix musicaux finaux a priori étonnants : le Call me de Blondie puis la musique du générique d'Amicalement vôtre, de John Barry. Qu'on continue d'entendre bien longtemps après être sorti de la salle.
Oui, un grand grand film.

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vendredi 7 octobre 2016

les sanglots longs

FRANTZ
de François Ozon

Je n'ai pu le voir qu'en deuxième semaine (mais c'était toujours à 5€!). Ozon, ça dépend. Des fois c'est oui, des fois c'est non, et d'autres bof. Toute la gamme, quoi. là, j'avais de mes copines plutôt des échos oui, voire oui oui, et j'y allais plutôt confiant. Bon, c'est sûr il est loin le Ozon provo et trash des débuts. Il a grandi, mûri, s'est comme qui dirait respectabilisé.
Le classicisme c'est bien tant, que ça ne vire pas à l'empesé, au ripoliné, à l'amidonné. Grands sentiments en costumes, pâmoisons diverses, et manche à balai où je pense (un peu de trivialité n'a jamais nui, au, justement, classicisme).
La bande-annonce raconte une histoire qui, habile, n'est pas exactement celle que nous raconte le film (et qu'on s'est faite, justement, en regardant la bande-annonce). Ça commence à mi-chemin entre Heimat (le film) et, disons Le ruban blanc, de hanekechounet : Noir et blanc (avec tiens, un peu de couleurs avant, qui se sont tiens tiens évanouies. Ca parle allemand, (normal, nous sommes en Allemagne) et nous découvrons la tombe de Frantz, un jeune soldat récemment tué (nous sommes en 1918), tombe fleurie assidûment par une jeune fille dont nous découvrirons les parents, ou tout comme (elle devait épouser Frantz, et eux l'ont gardée comme leur fille). mais fleurie aussi par un mystérieux jeune homme, français, qui fait jaser et grincer des dents dans cette petite ville en ces temps de post-armistice où "les blessures ne sont pas encore cicatrisées", loin de là...
Ozon est malin, il nous fait nous faire toute une histoire (une certaine histoire), sauf que pas vraiment (je ne vous gâcherai pas le plaisir de la découverte). Et qu'il fait ensuite bifurquer ladite histoire, non pas vers celle qu'on aurait crue, souhaitée, mais, (après, d'ailleurs, une délicieuse fausse piste) oh qu'il est malin, une autre histoire. Tout ça dans un noir et blanc classieux, avec quelques passages -un peu systématiques et donc insistants ?- à la couleur, et même un entre les deux, à la façon des autochromes de Lartigue ou du traitement chromatique de la Journée particulière de Scola (la scène dite "du champ de bataille".)
Un film sur le mensonge et le non-dit (sur le courage et sur la lâcheté, et même doublement) qu'on pourrait relier de très loin avec Juste la fin du monde, de Dolan. Il a quelque chose à dire, il fait le voyage pour,  et il repart sans l'avoir fait tout à fait. Si l'image est aux petits oignons, l'interprétation l'est tout autant : face à un Pierre Niney idéalement frémissant et fiévreux (pffff je croyais avoir trouvé ça tout seul et je m'aperçois que le "fiévreux" figure arghhh! dans la critique de Première... tant pis je laisse), la jeune Paula Beer s'y révèle carrément magnifique (est-ce le noir et blanc ? j'ai pensé à Ida), et a d'ailleurs été -fort justement- récompensée par un prix d'interprétation à Venise.
Les Cahiaîs, toujours aussi horripilants, décrètent que le "premier film" (en Allemagne) est mauvais, tandis que le "second" (en France) est bon. Mouais. Tsss, quel chauvinisme, quel cococoricotisme, non ?

Frantz : Affiche

Frantz : Affiche

 

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jeudi 6 octobre 2016

tout ça dev(r)ait finir par arriver 1 (version courte)

NOCTURAMA
de Bertrand Bonello

Allez le voir!

 

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pile et face

CLASH
de Mohamed Diab

Que des bons films cette semaine! Après la Suède, l'Allemagne, un petit tour en Egypte. Dans le précédent film du réalisateur, il était question de bus, et des femmes qui s'y faisaient harceler par la gent masculine surchauffée. Il sera aussi question ici de véhicule, de promiscuité et de surchauffe. mais dans un autre registre.
Le véhicule est un fourgon de police, un panier à salade, et la caméra va réussir l'exploit de ne pas le quitter de tout le film. Pendant les émeutes de 2013, où s'affrontent deux camps, d'un côté l'armée et ses partisans et de l'autre les intégristes religieux, avec, pris en tampon entre les deux, tous les autres, les citoyens lambda. Dans le fourgon de police en question vont entrer tour à tour deux journalistes (les premiers arrêtés) puis ceux qui ont caillassé le fourgon, puis des intégristes, etc., comme des lasagnes sociétales à la sauce égyptienne (épicée) et les conditions de cohabitation vont devenir de plus en plus précaires, la tension montant progressivement avec la chaleur, la soif, l'angoisse, et les escarmouches diverses entre les divers passagers.
Une situation confuse, éprouvante, inhumaine, insupportable, à l'image de celle du pays au même moment. Une violence aveugle, absurde, imbécile, de chacun des camps pour celui d'en face. Où la plus minuscule étincelle est susceptible d'embraser le plus explosif des brasiers. Chosir entre l'armée ou l'intégrisme. (tu parles d'un choix!). C'est comme jouer sa vie à pile ou face, en éatnt quasiment sûr de perdre à tous les coups.
Mohamed Diab respecte son unité de lieu et de temps, et les compense en multipliant les micro-histoires qui naissent dans le confinement de ce fourgon. Micro-incidents éthiques, affectifs, organiques, sociaux, familiaux, dans ce vase-clos  qui ne fait que reproduire, à sa petite échelle claustrophobique, l'irrespirabilité littérale du pays tout entier. peut-être d'ailleurs a-t-il voulu en mettre un peu trop mais qu'importe...
Plastiquement (esthétiquement je devrais dire) j'étais plutôt comblé : une population moyen-orientale majoritairement de sexe mâle, cils de gazelle, barbes de 3 jours, j'étais plutôt ravi (même si le récit ne prête globalement pas à la rigolade -il y a quand même quelques "gags"- ni à la roucoulade -bien qu'il y en ait aussi un chouïa, ça et là-) et on a même droit lors de la scène dite "des lacrymos" à un torse-nuage plaisant de tous ces jeunes gens (oui je sais je sais j'ai honte de faire passer l'esthétique avant l'éthique, hein...) Les femmes sont plus minoritairement représentées, et c'est peut-être d'ailleurs dommage...
Toute la dernière partie du film prêtera de moins en moins à la rigolade, d'ailleurs (on se doutait quand même un peu que ça n'allait pas finir à la Mary Poppins, n'empêche...).
Un film courageux qui mérite qu'on le défende. Avec acharnement et conviction(s).

Clash : Affiche

 

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mercredi 5 octobre 2016

"personne ne réussit seul, personne..."

MR.OVE
de Hannes Holm

J'aime les feel good movies. C'est dans ma nature. Je suis un gentil (certains diraient benêt). Et il était donc normal que je me régalasse (coucou Marie) avec ce film-là. En plus il nous vient du nord, ce qui faisait un a priori favorable supplémentaire. Soit l'histoire d'un vieux con, ronchon, grognon, tâtillon, emmerdeur qui va se transformer progressivement (c'est le principe du FGM). En (toujours, ça, ça ne peut pas changer, sauf dans les contes et légendes) vieux mais beaucoup moins con, ronchon, tâtillon, etc.
Et donc dès le début on sait grosso-modo comment tout ça va finir ("I feel goood tadadadadadadam... so good, so good..."). Sauf que le réalisateur en profite, habile, pour nous raconter toute sa vie, au vieux con,, et on a donc un deuxième film pour le prix d'un (et 5€ pour Les amis du cinéma, je le rappelle, ça incite à y aller, non ?).  Et bien sûr, elle est très touchante, cette  vie qu'on nous fait défiler. Pour moi, à mi-chemin entre Toto le héros et Amélie Poulain -deux films que -coucou Pépin- j'aime (toujours) énormément.
Et se déroule, en parallèle, l'histoire "ici et maintenant". Où le vieux con, ronchon tâtillon etc... tente désespérément (!) de se suicider, pour rejoindre sa femme chérie (je ne spoile rien c'est dit dès le début du film) et n'y arrive décidément pas, surtout à cause des nouveaux voisins qui viennent juste d'emménager (et de commencer à foutre le bordel) dans l'idyllique et rigoureusement martial lôtissement de Mr.Ove. Un couple mixte (il est suédois et elle iranienne), avec deux fillettes dont notre cher Mr.Ove va faire connaissance, et... Bon vous devinez bien ce qui va arriver.
C'est très... nordique de réussir à faire rire avec des suicides ratés (la pendaison n'est pas en soi un sujet particulièrement hilarant). mais c'est incontestbale, le film l'est, très drôle, et cet humour très noir vient rééquilibrer le glaçage de sucre émotionnel qui vient (peut-être un peu trop ?) napper l'autre moitié du film...
Oui, ça fait du bien, les histoires de riz au safran, de trains, de différence entre saab et audi (ou volvo ? je ne suis pas très cars), d'échelle à prêter, de chat à nourrir, de conduite à apprendre, de mille-feuille à 13h, de deux bouquets pour le prix d'un, et j'en passe...
Hautement recommandable donc (surtout à 5€, etc. vous connaissez le laïus). Mais bon il ne passe (déjà) plus dans le bôô cinéma... surveillez les programmations de Besac, peut-être ?

Mr. Ove : Affiche
l'affiche française, peut-être un peu trop "directe"...

Mr. Ove : Affiche
que l'affiche anglaise, plus "prudente"...

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mardi 4 octobre 2016

week-end arte kino festival

1) LA MORT DE LOUIS XIV
d'Albert Serra

La Mort de Louis XIV : Affiche

Le roi se meurt, le roi est mort... Et c'est Jean-Pierre Léaud qui l'incarne (qui d'autre eût-ce pu être ?) Sublime (et étonnamment sage ?) chronique de l'ami Serra.

2) SUNTAN
de Argyris Papadimitropoulos

Suntan : Affiche
Un nounours médecin et quarantenaire, sur une île grecque au mois d'août, craque pour une beauté ayant la moitié de son âge (et croit pouvoir retrouver sa jeunesse...) Ce qui doit arriver arrive. (beaucoup de QV).

3) LA JEUNE FILLE SANS MAINS
de Sébastien Laudenbach

La Jeune Fille Sans Mains : Affiche
Une animation très originale, pour une histoire qui m'a un peu endormi. A revoir... Avec les voix d'Anaïs Demoustier et de Jérémie Elkaïm.

4) WILD
de Nicolette Krebitz

Wild : Affiche

From Germany, l'histoire jusqu'auboutiste d'une jeune fille rangée, jusqu'au jour où elle croise un loup en allant travailler... Impressionnant.

5) SAFARI
d'Ulrich Seidl

Safari : Affiche

Un doc sur des gros cons (et des grosses connes) de chasseurs en Afrique. Filmés en action et interviewés en plans fixes très composés.  Enervant et glaçant,, comme souvent chez Seidl.

(la suite lundi et mardi)

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samedi 1 octobre 2016

j'aime toujours pas la musique brésilienne

(c'est physique, vraiment ça m'insupporte)
...mais j'aime toujours autant le cinéma de Kleber Mendonça Filho

AQUARIUS
de Kleber Mendonça Filho

Deux heures vingt-cinq, quand même (il m'avait bien semblé, à un moment , que ça durait "plus longtemps" qu'un film "normal"...) Après le choc de son premier film, Les bruits de Recife, j'attendais beaucoup de celui-ci. Trop, sans doute. Ce qui fait qu'il m'a fallu un certain temps pour faire coïncider la taille de mes attentes et la réalité visble de ce deuxième film. je l'avoue, au début, je me suis senti un peu déçu. Ca me semblait bien filmé mais un peu trop lisse, sage, raplapla, ça n'évoquait que de loin le souvenir flamboyant que j'avais des Bruits de Recife. Un beau portrait de femme (incarnée par Sonia Braga, dont je garde surtout le souvenir en femme-araignée, dans Le baiser... du même nom -oh que j'ai pu adorer ce roman...-) certes, mais en plus j'étais (un peu) fatigué et j'ai (un peu) piqué du nez. voilà c'est de ma faute, pas de la sienne.
Mais il est malin, KMF... Le film est divisé en 3 chapitres/parties, centrées chacune donc autour du même -superbe- personnage, Clara. Et donc je le répète, je n'étais pas hyper-enthousiaste au début. Et voilà qu'il a soudain la bonne idée, histoire de me faire un peu réagir, je pense, de me mettre sous le nez (si je puis dire), dans la deuxième partie, deux superbes QV (une pendant, de loin, et l'autre avant, de beaucoup plus près) et me voilà du coup hop! beaucoup mieux réveillé et fringuant, (même s'il n'y en aura pourtant, jusqu'à la fin, plus la queue d'une (si je puis m'exprimer ainsi).
Film brésilien oblige (à part la musqiue du même nom) KBM nous parle des rapports de classes et de pouvoir (les riches / les pauvres, les patrons / les employés, mais aussi les financiers et les quidams) mais sans monter sur ses grands chevaux revendicatifs et dénonciateurs ni vociférer / vitupérer à pleins poumons ; non, il le fait à sa manière, avec finesse, avec talent, avec talent. Il nous parle aussi de famille, de musique, d'anniversaires, de respect...
Et plus le film avançait et plus je retrouvais avec grand plaisir cette façon de filmer qui m'avait tant plu dans son premier film. Le montage soudain hâché, les plans brefs, insistants, les raccords parfois surprenants, les libertés prises avec la grammaire cinématographiques, les images fortes, bref, la liberté tout court, et le plaisir de montrer. L'insolence aussi pourrait-on dire, tout à fait à l'image de cette divine Clara (mais sans vraiment les chics types qu'on aurait pu croire...) dont il nous dresse le portrait.
Je m'engage donc publiquement à retourner le voir (2h25, tout de même) lorsqu'il passera dans le bôô cinéma (très bientôt, et pour 5€ je le rappelle, je le martèle) pour pouvoir en redire tout le bien qu'il mérite et probablement sa place dans le "top je ne sais pas encore combien" de l'année 2016)

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et, tiens, un petit clin d'oeil nostalgique... :

affiche

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mercredi 28 septembre 2016

ondulé

Conquis,ravi, séduit, enchanté, sous le charme
enthousiasmé!
à ce concert de Mathieu Boogaerts mardi 28 à Lure
juste là, avec son t-shirt bleu
sa guitare, ses mots, sa dégaine et ses mimiques
guitare / voix, point barre
et nous résume vingt ans de carrière et sept albums
(le 7ème est à venir bientôt) en une heure et demie
une guitare, donc, deux micros et quatre lumières (dont on ne vit jamais la lumière 3)
une proximité, une simplicité, une évidence
une heure et demie, oui, de pur plaisir
-je jubilais-
il chante, il joue
avec la guitare, avec les mots, avec le public
il précise qu'il n'est pas en tournée
 raconte la genèse  de ses chansons
montre les accords qui ont vu naître chacune
les mots qui ont surgi
il explique, dialogue, remercie
questionne, fait chanter
parfois même se retourne en tortillant du croupion
ça passe trop vite quand on jubile
-je me régale-
un rappel deux rappels
il part vers les coulisses en traînant derrière lui tout le petit matos électrique, fils, branchements
revient, il a fait allumer la salle
est heureux de voir que c'est complet
("et pourtant c'est mardi...")
revient pour un ultime ultime rappel salle allumée et scène éteinte
part doucement
et c'est fini
c'était doux et c'était fort

dehors repartant dans la nuit chacun a l'air enchanté

Boogaerts, oui, un cas à part,
un spécimen, un truc rare
un moment intime
(émerveillé comme un gamin j'étais)

 

boogaerts

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mardi 27 septembre 2016

avant-premières et entregent

Finalement, pour moi, le fin du fin pour une avant-première n'est plus d'aller voir le film en projectionde presse à Paris (je n'irai plus à Paris, larme furtive...) mais, simplement, tranquille, là, sur mon ordinateur...
Soit par ce que le distributeur nous a envoyé le dvd (c'est le cas d'ABLUKA, et des très gentils gens de chez Nour Films), soit parce qu'il nous a simplement envoyé un lien et un mot de passe pour le visionner (comme ce le fut pour 11 MINUTES, et les non moins gentils gens de Zootrope films)

11 MINUTES
de Jerzy Skolimowski
(sortie le 2 novembre)

Là, je me sentais très privilégié... le lien, le mot de passe... et le résumé qui était plutôt alléchant. Onze minutes, onze personnages (ou groupes de personnages), onze histoires, mais pas 11x11' (puisque le film ne fait que 81'), c'est bien plus malin que ça (et donc plus compliqué) car les histoires ne sont pas juste juxtaposées ni mises bout à bout, elles sont connectées, reliées, et ce n'est qu'à la toute fin (dans un plan-séquence qui doit certainement durer les 11 minutes annoncées) qu'on aura le fin mot, justement, de l'histoire (ou des).
Skolimowski est un réalisateur que j'aime énormément et à qui je dois de grands bonheurs cinéphiliques (Travail au noir, le bateau-phare, Quatre nuits avec Anna, Essential Killing) et c'était donc un grand plaisir (et une certaine curiosité) de le retrouver, dans cette nouvelle expérience (expérimentation) cinémataographique. Surtout qu'elle impose au spectateur de rester constamment attentif, en alerte, étant donné la façon dont le film est construit, et du constant (et progressif) enchevêtrement des différents fils narratifs concernant chacun des personnages, compliqué encore par des allers et retours temporels. mais on y est très vite plongé, et on s'amuse à repérer les intersections entre les histoires, les points de tangence. Il y a un délicieux aspect expérimental, presque oulipien dans la façon dont le film est construit, sans que ça ne soit jamais pesant (il y aura forcément, pour chaque spectateur, des personnages plus attachants que d'autres...) je ne voudrais pas spoiler le film mais je ne peux pas m'empêcher de dire que ce n'est pas sans rapport (dans la construction, tout du moins) avec un chapitre d'Eureka Street, formidable roman de Robert Mc Liam Wilson. (et d'ailleurs - coïncidence ?- le film sur allocinépointfreu est casquetté de la double nationalité : Pologne / Irlande, curieux , non ?)

ABLUKA (SUSPICION)
d'Emin Alpert
(sortie le 23 novembre)

Celui-là aussi me faisait très envie, deuxième film du réalisateur dont j'avais déjà beaucoup aimé le premier (et plutôt viril) Derrière la colline. Plutôt viril, celui-là l'est aussi, centré sur un "grand frère" sortant (en conditionnelle) de 10 ans de prison, (un très joli papa ours turc grisonnant) et revenant prendre des nouvelles de son jeune frère, qu'il essaye d'aider, mais les choses ne sont pas si simples que ça... Il est aussi question d'un troisième frère, le cadet, mystérieusement disparu depuis plus de 10 ans. Tout ça dans une atmosphère plutôt anxiogène d'un Istanbul hivernal et assez souvent nocturne, situé dans "un futur proche" ou règne(nt) la psychose des attentats terroristes et la toute puissance des forces de police, secrète ou pas... Un univers pesant, étouffant, et dont le traitement présente des similitudes avec le 11 minutes de Skolimowski et de son traitement temporel de la narration. Pas mal de scènes seront ainsi montrées successivement de part et d'autre (du point de vue de celui qui est regardé, et du point de vue de celui qui regarde...) le récit étant encore compliqué par de fréquentes diversions qu'on qualifiera a posteriori d'oniriques, sans en être toutefois complètement sûr... Histoires de folie(s), d'obsession(s), de lubie(s). D'interdictions et forcément de contestation, et re-forcément de répression.
La position de Kadir (le grand frère) devient de plus en plus inconfortable, tandis que celle d'Ahmet (le petit frère) devient de polus instable. Le  qualificatif d'intenable pouvant d'ailleurs s'appliquer aux deux, même si pas tout à fait de la même façon. On pourrait émettre quelques menues réserves sur le jeu parfois appuyé (notament au niveau des regards) de nos deux frères, mais il en est du cinéma turc comme du roumain, ou de l'islandais... j'ai vraiment trop envie de le défendre (même si pas forcément (hihi) pour les bonnes raisons...)

11 minutes : Photo

Abluka - Suspicions : Photo Mehmet Özgür

11 minutes : Photo Dawid Ogrodnik

Abluka - Suspicions : Photo

(un peu des deux...)

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