dimanche 8 juillet 2018

cascade

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SENSES
de Ryûsuke Hamaguchi

Bon, résumons : à l'origine, un film de plus de cinq heures. Projeté à Locarno, où les quatre actrices principales ont été collectivement récompensées pour leur(s) interprétation(s). Idée marketing : le saucissonner pour une exploitation en salles plus facile (et plus rentable : trois entrées au lieu d'une seule!). Le film étant lui-même subdivisé en cinq parties (correspondant à chacun des cinq sens, d'où le titre), il sera donc exploité en trois films, de taille décroissante (2h20, 1h30, et 1h15), et présenté, marketing toujours, comme "la première série cinéma" Et hop! Chacune des trois parties étant programmée, sur trois semaines consécutivement, début mai (oui, il faut le temps que ça parvienne jusqu'au bôô cinéma, je sais bien).
J'ai trouvé plus facile (et plus conforme, ou judicieux) de les chroniquer toutes les trois ensemble, puisqu'il ne s'agit, finalement, que d'un seul film.
Quatre parcours, quatre histoires individuelles, celles de Jun, Akari, Funi et Sakurako, qu'on suivra, ensemble ou séparément,  assez longuement dans le premier film (2h20), avant que l'une d'entre elles ne disparaisse, in extremis, justement à la fin de cet opus, comme elle l'avait annoncé d'ailleurs à ses copines.
Le film s'appelait à l'origine Brides (Epouses) en référence au Husbands de John Cassavettes, dont il pourrait être, dixit le réalisateur un genre de version féminine. mais le film est surtout né lors d'ateliers d'improvisation auxquels participaient les quatre actrices (dont c'est d'ailleurs, pour chacune, si j'ai bien compris, le premier rôle au cinéma.)

Je viens de voir le troisième (et dernier) film, et j'en suis enchanté. impeccable. Comme dans les deux autres le réalisateur procède par plans-séquences, personnages assis, immobiles, caméra statique aussi, sauf exception (notamment une très impressionnante scène de boîte de nuit et de danse de plus en plus frénétique, dont on se demande à un moment comment, rire ou larmes,  elle va bien pouvoir se terminer...). dans cette dernière partie (un seul "épisode" sensoriel : "Goûter"), 1h15, les fils narratifs sont censés se dénouer, sauf qu'à la faim on restera sur notre faim : Jun a disparu, mais on n'en saura pas beaucoup plus sur ce qu'elle devient, est devenue, deviendra... on aurait bien aimé, en spectateur occidental habitué au confort narratif, la revoir juste un peu, histoire de lui dire au revoir... J'ai énormément aimé cette dernière partie, où on est, en tant que spectateur, un peu secoué : une qu'on pensait morte mais qui ne l'est pas, une qui ment à son mari en lui racontant qu'elle a rencontré un homme, une qui croit que son mari va réchapper de son accident alors que pas vraiment, un autre mari qui tombe mais qui ne se fait pas trop mal, mais qui plus tard va s'acroupir dans la rue pour pleurer... Chacun des personnages, et donc chacun des couples (sauf l'infirmière qui est un couple à elle tout seule) nous (re)présente une situation affective (sentimentale) précise (avec les problèmes générés, y compris souvent au niveau de la communication...) et l'éventail proposé est assez complet (et joliment déployé, de surcroît) pour qu'on suive l'évolution de leur(s) histoire(s), et qu'on ait envie à chaque fois de savoir la suite.

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samedi 7 juillet 2018

mais si, tu sais bien... le retour 24

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J'en mets une deuxième...

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y a une pie dans l'poirier...

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BECASSINE!
de Bruno Podalydès

Film "A" de la semaine de notre programmation (ils en ont de la chance, les films A : 31 séances hebdo pour celui-ci, et, en plus, en sortie nationale, ceci expliquant cela..). Les films de Bruno Podalydès, on les a tous vus, et quasiment tous programmés (si ce n'est pas dans le bôô, c'était dans le vieueueux cinéma) depuis Versailles Rive Gauche (1992, tout de même), ce qui représente une dizaine de longs-métrages nous ayant apporté chacun leur dose de bonheur cinématographique.
Les films de Bruno Podalydès, c'est d'abord un système (Bruno derrière et souvent devant la caméra, et Denis, le frérot souvent devant et de temps en temps, en plus, à coté  au scénar) bien rôdé, avec une tribu de comédien(ne)s qu'on a toujours grand plaisir à retrouver, (un peu comme la bande à Guédiguian), chacun(e) avec, d'une film à l'autre,  des casquettes différentes : Michel Vuillermoz, Isabelle Candelier, Jean-Noël Brouté, Philippe Uchan, et, en guise de cerise sur le Podalydès cake, pour chaque opus, une invitée de marque : (Agnès Jaoui, Valérie Lemercier, Jeanne Balibar, Sandrine Kiberlain...), ici c'est la toujours bien Karin Viard qui s'y colle.
Je n'ai pas souvenir d'avoir "vraiment" lu Bécassine, pourtant je connaissais au moins Clocher-les-Bécasses (le village) et Loulotte (la fillette). pour le reste je pensais juste que Bécassine était le prototype de la nunuche, de la cruche, alors que pas vraiment (enfin, pas tout à fait exactement).
Le film démarre de plain-pied avec Bécassine enfant, plusieurs scènes s'enchaînent, avec des gags qui tombent -un peu- à plat (rétrospectivement après on se dit, c'est normal, la BD n'a que deux dimensions) et à maintes reprises j'ai été tout seul dans la salle à en rire (bon, on était six) mais par exemple les parents de Bécassine avec la tête dans le potage à la fin du repas, j'ai adoré ça... Oui, avec en plus un genre de faux-rythme moumou qui fait se tortiller sur son siège un peu le spectateur moyen (il m'a d'ailleurs semblé voir s'allumer un portable...) qui ne sait pas trop sur quel pied danser.
Puis, après ces coups de manivelle filmiques, la mécanique pétarade et démarre, et on est ravis soudain d'être ainsi transportés, et d'ailleurs on l'est de plus en plus au fil du voyage. Et c'est rudement bien. Bruno Podalydès a su trouver le ton ad hoc, et c'est très plaisant, on a un film qui épouse merveilleusement les contraintes de la bande dessinée. A la simplicité "obligatoire" des cases de la BD il a su adapter une façon de filmer parfaitement adaptée.
Les personnages ont des noms rigolos, jeux de mots, et les acteurs qui les incarnent sont traités façon délicieusement "ligne claire", et agissent en sorte, et  plus le film progresse, oui, plus on est séduits... On s'étonne, on sourit, on est ému, on tremble, on espère, on s'indigne, comme les gamins au spectacle de marionnettes : on joue le jeu, et on y prend plaisir, et c'est très bien comme ça...

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vendredi 6 juillet 2018

mais si, tu sais bien... le retour 23

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Je pense que tout le monde devait regarder le match hihihi
voici donc la deuxième image...

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jeudi 5 juillet 2018

mais si, tu sais bien... le retour 22

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je rajoute une image, juste pour le fun :

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à droite, Eric Cantona, à gauche Béatrice Dalle, quand même...

 

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mercredi 4 juillet 2018

mais si, tu sais bien... le retour 21

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mardi 3 juillet 2018

mais si, tu sais bien... le retour 20

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et une deuxième...

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les graines, ça prend du temps...

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CORNELIUS LE MEUNIER HURLANT
de Yann Le Quellec

Séance privée à 18h dans la salle 2.
Ca commence par une chanson, un duo (en français!) entre Iggy Pop et Anaïs Demoustier! Après un joli ballet de crabes ensablés, on assiste au désensablement, justement, de Cornélius, le fameux meunier du titre, (dont on suppose qu'il vient de réchapper d'un naufrage), et qui se met illico en route, marchant obstinément en suivant les indications de l'anémomètre qu'il trimballe...
Cornélius est interprété par Bonaventure Gacon, qui "vient du cirque" (il a créé un personnage mi clown-mi ogre), et est doté d'un physique... remarquable (on a l'occasion de le voir d'abord -de loin- se doucher sous une cascade, et c'est vrai qu'il a un corps magnifique, muscles et cambrure, qu'on a l'occasion de revoir -brièvement- d'un peu plus près, lors d'une autre scène de douche, où il nous révèle une quéquette visible aussi plaisante que vigoureuse...).
Cornélius, donc, finit par arriver "au bout du monde" et décide de s'y installer pour construire un moulin, et, donc, devenir le meunier du village en contrebas. village dont on découvre le maire, Cardamome,  (Gustave Kervern), pas hostile à la proposition de Cornélius,  et sa fille, Carmen (Anaïs Demoustier), pas insensible aux charmes du même. Cornélius, muni de son titre de propriété, va donc construire son moulin, et tout irait bien dans le meilleur des contes possibles s'il n'y avait un petit hic : chaque nuit, il est pris d'une sorte de folie furieuse qui le pousse à hurler le plus vigoureusement du monde, empêchant les braves villageois de dormir, et générant donc une hostilité croissante de la populace à son égard...
Pour être atypique, le film l'est. Mélangeant allègrement le conte de Grimm, le western, la chronique paysanne, la bluette sentimentale, la comédie terrifiante. Un genre de bric-à-brac instable (au sens chimique du terme), à la fois bordélique, émouvant, maladroit, efficace, lourdaud. Des fois ça feu d'artifice, et des fois ça pschiiiitte comme un pétard mouillé. En même temps réussi et raté, alternant le "très" et l'à-peu-près", aussi fort visuellement qu'il peut être faiblard, parfois, au niveau des dialogues (mais bon, si on est dans un conte ou un western, c'est normal que le dialogues soient nunuchons).
C'est hétéroclite, c'est un joyeux foutoir, ça ne ressemble pas à grand-chose de connu, mais, c'est incontestable, on y retrouve le joyeux grain de folie de la fable originelle d'Arto Pasaalina, dont le film est l'adaptation. A-t-on déjà qualifié un film d'hirsute ? En tout cas ça pourrait tout à fait convenir à celui-là.
Et un film avec une si jolie (et vigoureuse) QV mérite absolument d'être (vigoureusement, donc) défendu!

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lundi 2 juillet 2018

mais si, tu sais bien... le retour 19

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en voici une deuxième ! (incroyable, il y a des gens qui regardent des films sur arte!!!)

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et il y en avait encore une troisième :

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dimanche 1 juillet 2018

mais si, tu sais bien... le retour 18

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Une image que j'adore d'un film que j'adore...

Bon, c'est déjà trouvé, mais je mets une deuxième photo...

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(normalement en principe je devais commencer par celle-là...)

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