dimanche 9 octobre 2011

le petit robert qui fait que des conneries

LE SKYLAB
de Julie Delpy

J'aime beaucoup cette nana-là : Déjà, il ya longtemps, lorsque, diaphane, elle faisait de la motocyclette dans Mauvais sang de Léos Carax, jusqu'à plus récemment, un Two days in Paris de plus que réjouissante mémoire. J'avais fait l'impasse sur La comtesse, mais, celui-là, j'avais très très envie. Parce que Julie Delpy, justement, parce qu'une histoire de (repas de) famille, parce que la bande-annonce m'avait alléché, parce que la distribution était longue comme le bras,et voilà. (La promo avait, semble-t-il, bien fonctionné en ce qui  me concerne.)
En plus on est dans les années 70, et toute la famille se retrouve pour fêter l'anniversaire de la grand-mère. (En réalité, il y en a deux, de mamies, Bernadette Lafont et Emmanuelle Riva, joli pan de cinéma s'il en est...).Et on va suivre toute la famille pendant cette journée (et même la suivante), et comme ils sont beaucoup, ça fait plein de petites histoires, qu'on suit, qu'on devine, qu'on surprend, qu'on essaye de démêler, et donc de situations, de dialogues, d'échanges, de polémiques, d'engueulades, de fou-rires ou de crises de larmes.
Tout ça encadré par une pré- et une postface qui, hormis le plaisir d'y voir Karin Viard, ne me semblaient pas du tout indispensables, mais bon, -l'apologie de la famille a été suffisamment faite pendant le film sans qu'il ait besoin en plus qu'on la justifie...- qui nous permet de re-situer les choses...
Voilà, une grande famille, une petite fille, Albertine (n'aurait-elle rien à voir avec notre Julie D. quand elle était petite ?) enfin, pas si petite, elle a onze ans, tout de même! Qui va être un peu le pivot de toute cette histoire, puisque c'est de ses souvenirs dont il est question. Ses parents (Eric Elmosnino et... Julie Delpy!) ressemblent aux vrais parents de Julie Delpy (qu'on avait pu voir jouer leur propre rôle dans le Two days in Paris précédemment évoqué) sont les "brebis galeuses" de la famille : comédiens, gauchistes, soixante-huitards, alors que tous les autres semblent bien ancrés dans une droite franchouillarde et gaulliste...
C'est très plaisant à suivre, toutes ces bribes de conversations (encore une fois c'est très écrit, et les dialogues font souvent mouche), ces histoires de familles -petites ou grandes, et c'est simplement filmé. On peut dire que c'est un film mineur (comme quand on n'a pas encore dix-huit ans, qu'on est encore dans l'enfance, l'insouciance,  délicieusement irresponsable), sans enjeu scénaristique énorme (le skylab du titre on s'en tape un peu, contrairement aux personnages, et il ira d'ailleurs s'écraser bien... ailleurs), mais ça fait du bien. Comme on regarderait en douce des vieux films de famille en super huit. (Il y a la même chaleur dans les images, d'ailleurs ; bien que bretonnant, c'est un film tout à fait solaire). Les adultes, certes, mais on a aussi toute la troupe de gamins et gamines, du plus petit jusqu'au grand benêt de 17 ans qui ronchonne parce qu'on l'a encore mis à la table des mômes... avec notamment un Robert, qui donne son titre à ce post, que je n'aurais pas aimé avoir en classe...)
Et quelques sujets de satisfaction supplémentaires
- c'est un FAQV (hihi, merci Marie), avec une jolie scène, fugace, mais sympathique (et ce n'est pas celle chez les nudistes, comme on aurait pu croire...)
- une double interaction entre la fiction (sur l'écran) et la réalité (de la salle) : quand l'oncle Hubert (joué par le père de Julie Delpy, Albert) oublie les paroles de La balade des gens heureux (oui, oui, il y a aussi des chansons, comme dans tout repas de famille qui se respecte!), j'ai entendu distinctement -quoique en sourdine- ma voisine de gauche qui lui soufflait les paroles, et, de même, quand ma voisine -de devant cette fois- s'est levée et s'est mise à se trémousser dans l'allée sur Born to be alive, comme si elle était en discothèque...
- le fait que, encore une fois, ne connaissant pas les joies de la famille (ni nombreuse, ni rikiki), j'ai vécu tout ça avec grand bonheur, quasi comme une vraie expérience, (re)vécue et intime!
- le plaisir de revoir Jean-Louis Couloc'h (tout habillé, mais bon, avec un joli bouc poivre et sel)
...et le fait que, encore une fois, ce sont les femmes qui tiennent la dragée haute : Bernadette Lafont et Emmanuelle Riva que j'ai déjà citées,  Julie Delpy, Aure Atika, Valérie Bonneton, Sophie Quinton, et, tout spécialement, Noémie Lvovsky (dont je ne m'étais jamais aperçu qu'elle avait autant de conversation...)

Le Figaro (dommage) a parlé d'un film-doudou, (oui, dommage que ce soit eux qui aient trouvé l'expression, mais rendons à César...) je trouve ça très juste. (bon c'est la première et la dernière fois que je cite ce journal dans ces colonnes, j'espère, hihihi!). Comme dans les repas de famille, ne parlons pas de politique!

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samedi 8 octobre 2011

chiche, on y va ?

ET MAINTENANT, ON VA OU ?
de Nadine Labaki

Un film plaisant. Brinquebalant parfois mais plaisant. Nadine Labaki (dont on avait déjà beaucoup aimé le Caramel) donne la parole aux femmes d'un village dont les maris (la moitié sont chrétiens, et l'autre moitié musulmans) passent leur temps à se foutre sur la gueule (oui, c'est con, un homme, surtout à propos de religion).
Elles en ont marre d'être veuves e familialement endeuillées (le film s'ouvre d'ailleurs sur une jolie chorégraphie de femmes en noir) et conçoivent donc des stratagèmes divers pour tenter d'arranger les choses (en gros, que les mecs arrêtent de se foutre sur la gueule!) : un car de danseuses russes aussi étiques que légèrement vêtues d'abord, puis une invitation à une dégustation de pâtisseries maison, pour finir par l"argument ultimement religieux, mais finalement logique.
Oriental, chaleureux, drôle, touchant, avec des ruptures de ton fréquentes mais pas gênantes (il ya de tout là-dedans, des mouvements de foule et des coups de gueule, des tragédies et des numéros de cabaret, du roman-photo et des pâtisseries, des roucoulades et des caches d'armes, des gamins à lunettes en mobylette avec chariot (un petit côté Kusturica), des foulards et des têtes nues (et / puis inversement), un prêtre et un imam (en costumes, puis défroqués).
Ca chante, ça s'emporte, ça tortille du popotin, ça lance des oeillades...
Typique et dépaysant comme une recette exotique, le film n'en parle pas moins de choses graves, avec une certaine forme de sourire.
Toutes ces femmes qui rivalisent d'ingéniosité, pour que les guerres de religion (entre autres) s'arrêtent,  on a vraiment envie de leur dire : "Allez-y! n'hésitez pas! On est avec vous! " De tout coeur.

 

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vendredi 7 octobre 2011

"tu aimes les glaces, canard ?"

SHINING
de Stanley Kubrick

La version longue (director's cut), que j'avais déjà vue plusieurs fois. Comme la version courte d'ailleurs. C'est peut-être ça le problème, que je le connais trop, ce film. Plutôt qu'un film d'horreur, c'est un Festival Jack Nicholson auquel on assiste. Même au début, quand il est "gentil", il fout déjà les jetons. Quelque chose dans le regard, ou un sourire un peu trop appuyé, ou on se sait pas trop quoi, mais c'est sûr, il fout la trouille, et je n'irais pas passer l'hiver avec lui dans un hôtel perdu dans les neiges... Brrr!
Le roman de Stephen King m'avait vraiment fait peur aussi (je l'ai lu quand j'étais jeune!), et j'avoue que j'avais été un peu déçu quand j'avais vu le film, car, il ne fait pas "vraiment" peur. il s'agit d'autre chose, une tension, une intellectualisation de la trouille, une terreur "abstraite", cérébrale, que la musique tonitruante (pour une fois, je ne suis pas sûr que les choix musicaux aient été parfaitement judicieux : à part le thème de Shining, pompé d'ailleurs honteusement par Wendy Carlos sur Berlioz mais bon passons, et la chanson "Home" de la fin, c'est un gloubiboulga électronico-vocalo-contemporain plutôt éprouvant pour les nerfs et les oreilles), que la musique disais-je souligne et paraphrase lourdement.


A part ça

Ça m'énerve toujours autant que le pauvre Halloran passe la moitié du film à venir jusqu'à l'hôtel pour se prendre une hache en plein coeur à peine arrivé
Ça m'agace que Jack Nicholson arrive inexplicablement à sortir de la chambre froide alors que sa femme l'y a enfermé (c'est le seul effet vraiment surnaturel du film, finalement)
Ça me plaît toujours autant ce plan fixe grossissant sur la photo, à la fin (même si c'est un poil insistant)
Ça me fait toujours autant plaisir que Kubrick ait choisi Shelley Duvall, qui, hormis ses rôles chez Altman, n'a pas eu la carrière qu'elle méritait.
Ça m'interroge toujours autant que le monsieur de la VF ait choisi de traduire "Doc" par "canard" (à part l'assonnance en anglais, le sens n'a rien à voir, ni le mouvement des lèvres pour le prononcer.
Ça me fait toujours autant frémir délicieusement lorsque Jack défonce la porte de la salle de bains à la hâche en faisant le grand méchant loup...
Ca me semble toujours aussi esthétiquement réussi, le sang qui sort au ralenti des ascenseurs
Ca me semble toujours aussi inquiétant, les plans du gamin qui fait du vélo dans les couloirs

mais bon ça ne fait pas (tout à fait) peur, hein ?

 

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jeudi 6 octobre 2011

paquets de couches

UN HEUREUX EVENEMENT
de Rémi Bezançon

(Mettons tout de suite les choses au point : je ne serais pas du tout opposé, moi non plus, à avoir un bébé de Pio Marmaï, fermez la parenthèse).
Je l'ai vu mardi soir, pour 5€, je me sentais l'âme indulgente et bon enfant du mardi soir, et je dois dire que j'ai plutôt passé un agréable moment. Je serais donc tenté d'être plus indulgent que mon amie Emma qui m'a dit avoir vu un film "épouvantable". Certes, la féminitude, l'enfantement et la maternité sont pour moi de virginales terrae incognitae, et j'ai donc suivi tout ça, le processus de a à z, depuis la rencontre au vidéo-club (une scène que j'ai vraiment beaucoup aimée), jusqu'à la fin des haricots avec... curiosité. C'est une femme qui est la voix off (le personnage incarné par Louise Bourgoin, mimi comme tout, certes, mais... philosophe ? Wittgenstein ?), qui tombe amoureuse de Pio Marmaï (je le redis, oui, on peut comprendre...), est enceinte des oeuvres d'icelui, et hop, la vie continue, plus ou moins bien dans cet état de choses...
Certes, il ya là-dedans sans doute beaucoup de clichés et de lieux communs, (mais c'est le nom et l'essence même de ce blog, les clichés et les lieux communs, et je ne peux donc m'en désolidariser tout à fait.) D'autant plus -je serais malhonnête de renier mon plaisir- qu'il m'est arrivé a maintes reprises d'éclater de rire (le film est mieux dans le rigolos que dans le pathos).
Soyons indulgents, donc. On a vu pire! On a vu mieux, certes, mais aussi bien plus pire!
(Allez, viens dans mes bras, mon petit Pio, et raconte-moi ce qui ne va pas, que je te console...)

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dimanche 2 octobre 2011

vaporetto

IMPARDONNABLES
d'André Téchiné

Tombé amoureux illico de la canzonetta du générique (que j'ai d'ailleurs cherchée ensuite désespérément -et en vain- sur Internet : je sais juste que c'est une chanson vénitienne, mais je n'ai pas pu choper le nom au générique...). Je suis fidèle à Téchiné depuis le début (depuis Barocco, le deuxième film, à vrai dire), et j'apprécie toujours son cinéma, ce qu'il raconte et la façon dont il le fait. Ici, il a, bizzarement ?, renouvelé son casting, et tourne avec deux têtes d'affiche nouvelles, André Dussolier en écrivain en panne d'inspiration qui vient se ressourcer à Venise, et Carole Bouquet en agente immobilière qui va lui louer une maison dans laquelle elle va ensuite habiter avec lui.
Adapté d'un roman de Philippe Djian, l'histoire est dense, peut-être trop : la fille de Dussolier qui vient puis disparaît avec un jeune narco-trafiquant rital, une ancienne maîtresse de l'agente immobilière est engagée par le même Dussolier pour la filer et la retrouver, le fils de ladite détective, qui sort de prison, est engagé par le même pour filer sa femme qu'il soupçonne d'infidélité, avec laquelle il aura d'ailleurs une brève liaison... Tout ceci se met en place, interfère, et complexifie la lecture du récit, dans une Venise curieusement filmée sans le folklore habituel, ni gondoliers ni carnaval, pour faire court.
Disparitions, filatures, coups de foudre, étreintes, violence, variations sur l'amour, le début de et la fin de. Tout ça est furieusement romanesque, j'adore.  Carole Bouquet est magnifique (hmmm ses petits cheveux), dans un rôle de femme mûre et belle qui ressemble à son image "publique" : " Tu fais bander tout le monde, mais toi tu bandes pour personne..." lui confie son ex-amante) et Dussolier est tout aussi bon, même si, me semble-til il a parfois tendance à un peu surjouer -de ses yeux et de ses sourcils notamment.
Les élans du coeur, la confusion des sentiments, les souvenirs et les regrets aussi, bref, qoui, l'amour toujours l'amour, selon Téchiné (même si ici aussi -surtout ?- selon Djian). Avec pas mal de métaphores aquatiques (embarcation, traversée, moteur en panne, à la rame, etc.) Et des jumelles, pour pouvoir surveiller. (Ou avoir l'illusion de).
Ce que je garderai  de ce film ?  Sans doute l'image de la mort -aussi violente que soudaine- d'un petit chien. Eh oui!


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(l'affiche est menteuse, puisque c'est Dussolier qui se sert des jumelles)

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samedi 1 octobre 2011

déguisé en mouton

LE COCHON DE GAZA
de Sylvain Estibal

Eh bien, disons-le bien fort, de temps en temps, un film-bisounours, ça fait du bien. Une histoire entre Palestiniens et Israéliens qui se déroule aussi joyeusement et se termine aussi idylliquement (angéliquement ?), on en a bien besoin, de temps à autres, il faut le reconnaître.
Un pécheur palestinien pêche... un cochon, animal impur s'il en est, pour lui, (et pour ses compatriotes, et même les autres, de l'autre côté des barbelés), et va tenter de s'en débarrasser, (vous vous doutez bien qu'il n'est pas au bout de ses peines!), tout en réalisant qu'il peut aussi en tirer profit (un cochon est aussi un mâle reproducteur, et son sperme est donc négociable pour quelqu'un qui en fait l'élevage - en l'occurence une demoiselle jolie comme un coeur, qui vit et travaille justement de l'autre côté du grillage-) ce qui ne va pas aller sans problèmes : allers et retours entre le bateau (où il séquestre le cochon) et le grillage, avec échantillons séminaux d'abord, puis avec le cochon himself, en catimini pour ne pas éveiller les soupçons ni des voisins ni des soldats qui patrouillent alentour (dans la rue, sur le toit de la maison du pécheur, et même viennent utiliser ses propres toilettes!) ni des jihadistes intégristes, ni etc.
Prudence, subterfuge, déguisements, quiproquos, mensonges, tout est prétexte à gags et à sourires. La première partie du film est exquise, et les choses se compliquent un peu lorsqu'il est soudain question d'utiliser notre cochon chéri pour un attentat-suicide, que les choses deviennent plus réalistes (jamais très facile de concilier l'humour et les kamikazes -souvenez-vous de We are four lions, qui fit grincer maintes dents). Le film ne sait palus trop exactement sur quel pied danser, et les choses flottent un peu, en un enchaînement de rebondissements de plus en plus improbables, jusqu'à un dénouement tellement naïf qu'il en devient touchant.
En tout cas, je trouve que le goret est extrêmement photogénique (et le réalisateur a su utiliser le potentiel comique du bestiau), et puis c'est bien connu que les hommes aiment les films cochons.
Pour la suite ? Qui vivra verrat...

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jeudi 29 septembre 2011

duel(s)

BARRY LINDON
de Stanley Kubrick

Un gros morceau. dans tous les sens du terme. La durée, l'histoire, la musique. Je l'avais vu il y a vingt ans un soir vers minuit sur une petite télé ridicule, et j'en gardais très peu de souvenirs. Imposant, majestueux, Bluffant.
Une grande beauté plastique et cinématographique, paradoxalement (?) au service du portrait d'une crapule, encore une fois magnifiée par les choix musicaux.
Ryan O Neal, Marisa Berenson devarient bien remercier Stanley, car c'est tout de même un peu grâce à lui qu'ils resteront dans l'histoire du cinéma!
(je serais malhonnête d'en écrire davantage car figurez vous, que, fatigue oblige, j'ai surtout vu la deuxième partie, m'étant fâcheusement et par intermittences un peu endormi à la première, sans que ce soit du tout un sommeil hostile, bien au contraire ! C'était du genre "tiens je me suprends à rouvrir les yeux, ça veut dire que je les avais fermés auparavant, et oh, tiens, je sens qu'à nouveau ils se referment", où on ne peut absolument pas lutter, et j'ai donc vu tout ça saucissonné par des micro-coupures soporifiques de durées variables). Comme dans Orange mécanique, on a grosso modo une structure bipartite (l'ascension / la chute) et je suis -curieusement et heureusement- resté tout à fait éveillé pour la deuxième (tout se casse la gueule), juste après l'intermission -qui n'existe pas, en fait : les gens de 2011 ont-ils moins envie d'aller aux toilettes que dans les années 70 ?-.
Le film est parsemé de duels, le dernier, et le plus éprouvant (Kubrick joue vraiment avec nos nerfs) opposant, vers la fin du film, Barrychounet et le fils de la femme qu'il a épousée (et ruinée et rendue folle) : là, c'est vraiment du grand art. il prend son temps, dilate l'action, nous fait mariner dans notre jus jusqu'à l'issue, imprévisible.
Je me suis rendu compte que je connaissais absolument la musique par coeur (j'ai des ami(e)s qui devaient posséder le disque et le passer en boucle, il n'y a pas d'autre explication). Et qu'elle est 'achement bien.

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mercredi 28 septembre 2011

revoir les films ?

Oui, franchement, pourquoi revoir les films, hein ? A quoi bon ? eh bien ce "bon"-là, justement, car qui dit bon dit bien, et qui dit bien se fait plaisir. Et qui se fait plaisir et re est doublement satisfait, à la fois du plaisir qu'il prend et et parce que du plaisir qu'il sait qu'il va reprendre. Car le plaisir a bien entendu quelque chose à voir avec la reproduction. Pas la sexuée, hein (quoique, en définitive), non juste l'acte de reproduire, la répétition, le plaisir de vérifier qu'on aime toujours autant ça, qu'à mêmes causes mêmes effets, que si c'était si bien la première fois, celle-ci sera-t-elle au moins aussi bien ou encore mieux?
Je fais partie des gens qui retournent voir les films, et ce juste parce qu'ils y prennent du plaisir (y ont pris et y reprendront). Du temps où les cinés étaient permanents (et où donc j'étais beaucoup plus jeune), j'avoue qu'il m'est arrivé de rester à deux séances consécutives du même film, tellement ça m'avait plu (c'est vrai, à l'époque, tout de même je découvrais, donc j'étais a priori peut-être plus enthousiaste), mais ce plaisir m'est toujours resté, celui de voir et de revoir.
Il y a les films dont, même si j'y ai pris un certain plaisir, je sais que je ne retournerai sûrement pas les voir (ne dis jamais jamais), il y a ceux que je revois un peu par accident, (par désoeuvrement, ou faute de mieux, ou...), ceux que je revois délibérément (par gourmandise), et, last but not least ceux que je ne me lasse pas de revoir.
On revoit pour un acteur (une actrice) on revoit pour un générique (si si!), on revoit pour une ou plusieurs scènes, on revoit pour un ensemble de raisons parfois plus ou moins indéterminées.
Et quelquesfois ça marche, et d'autres fois ça marche moins bien.
On revoit quelques jours, quelques semaines, parfois quelques années plus tard. L'espace de temps séparant les deux visions permettant par exemple, de combler les oublis ou les manques (oui oui, il m'est arrivé de revoir un film exprès parce que j'avais piqué du nez la première fois, et de constater que ne m'en manquaient que quelques secondes), ou bien au contraire de vérifier ce qu'il en reste (dans le cas où on revoit très longtemps après).
On revoit pour essayer de reproduire les conditions, l'ensemble des conditions, des coïncidences, qui ont fait qu'a pu se produire cette rencontre miraculeuse. Je crois l'avoir déjà écrit quelque part, ce n'est pas tant le film que l'on revoit que le plaisir qu'on a pris à le voir.

Ce qui au départ était quasiment involontaire (au début de ma cinématographilie adolescente, j'ai ainsi (re)vu jusqu'à huit fois Rosemary's baby, parce que ça repassait régulièrement au ciné-club, que je connaissais le film, et que je savais quel effet il allait me produire ("J'entends les soeurs Trench mastiquer..." déclarait en souriant Guy Woodhouse (John Cassavettes) à sa femme Rosemary, tandis qu'ils pique-niquaient assis par terre dans le salon de leur nouvel appartement encore sans meubles) et je savais d'avance dans quel état j'allais repartir (pédalant sur mon vélo, puis mon solex, sans me retourner, de peur de voir les yeux du diable...). il y avait là peut-être un certain masochisme mais aussi une indéniable recherche du plaisir cinématographique.
Tout ça parce que je viens de revoir, coup sur coup La guerre est déclarée, Mélancholia, et Les Bien-Aimés, avec à chaque fois relativement peu d'écart (une semaine ou deux maxi).

(à suivre ?)

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mercredi 21 septembre 2011

mal à mon gulliver

ORANGE MECANIQUE
de Stanley Kubrick

Wouaaaaah ! Mes droughies! Quelle claque! J'y allais je le reconnais avec un peu d'appréhension (je l'avais vu, mais il y a si longtemps, et de plus en VF je pense, et je craignais le vieillissement). Me voilà rassuré! la première demi-heure est absolument éblouissante, j'en avais presque le souffle coupé, tellement c'est bien. La musique y est pour beaucoup, Malcolm mc Dowell aussi, et le filmage de Stanley K aussi. A couper le souffle, vous dis-je.
L'histoire, grinçante et futuriste pour l'époque (1971, tout de même!) n'est somme toute pas si éloignée de notre réalité contemporaine. Adaptée d'un roman d'Anthony Burgess (qui est gentiment et quasi subliminalement remercié en quelque sorte, dans les articles de journaux qui apparaissent à la fin) elle traite d'ultraviolence et de politique (rien de nouveau par les temps qui courent, n'est-il pas ?) j'vais le souvenir d'une histoire en deux temps symétriques (1 : Alex est méchant avec les gens /2 : Les gens sont méchants avec Alex) mais qui n'en sont que les temps impairs (1 et 3), et j'avais donc oublié les deux autres mouvements (Alex est rééduqué / Alex est récupéré, respectivement les 2ème et 4ème de cet opus aussi musical que percutant je le répète.)
Le premier mouvement vole si haut -esthétiquement et narrativement- que la suite ne peut que lui être inférieure, mais c'est logique somme toute puisque l'histoire d'Alex est tout de même celle d'une chute, et il est donc logique que le mouvement en soit descendant... comme si Kubrick débutait son récit en hurlant et le terminait en chuchotant, ou quasi.
Le tout début du film, qui démarre sur le regard maquillé et par en dessous d'Alex, et continue par un travelling arrière est, je l'ai dit, vraiment éblouissant, sur la musique originale -et diablement efficace- de Walter Carlos (qui n'était pas encore devenu Wendy...) encore plus lorsque vient s'y ajouter la voix off du narrateur dont on s'aperçoit assez vite qu'elle est truffée de néologismes ou d'inventions (comme Orwell avait inventé la novlangue pour 1984).
Kubrick s'amuse à inventer une Angleterre futur(ist)e, quoique absolument pas datée, où rien n'a changé à vrai dire : les riches sont riches et se claquemurent, et les pauvres sont pauvres, s'ennuient, et se distraient donc à attaquer les riches (mais pas que, ils s'attaquent même entre eux). Alex est un de ces chefs de bande, et nous allons nous attacher à ses basques l'espace d'une nuit, puis d'une autre. Moi qui suis trouillard comme une gerboise en pleine guerre atomique, je ne me suis pourtant pas caché les yeux ou quasi : il s'agit d'actes de violence, certes, dégueulasses, ignobles, mais la musique produit un curieux effet de distanciation ou, mieux, de déréalisation. il s'agit de spectacle avant tout, et Kubrick n'oublie pas de nous le rappeler.
Après un délit particulièrement crapoteux (et la trahison de ses sous-fifres) Alex va se retrouver en taule (je me souviens que c'était l'extrait qu'ils avaient passé à la télé quand Pierre Tchernia, dans Monsieur Cinéma, avait annoncé la sortie de ce  film "au titre étrange") et va réussir à en sortir plus vite que prévu en acceptant de se soumettre à un traitement "radical" destiné à éradiquer la violence qui est en lui, à ne plus lui donner le choix. (comme le souligne, indigné, l'aumônier de la prison).
Le traitement (qui est quasiment pire que le mal qu'il veut soigner) réussit, Alex sort de prison, et va (re) tomber de Charybde en Scylla, sous la forme de chacune des personnes auxquelles il a eu affaire dans la première partie. Tout va donc aller de mal en pis,et sans que le pauvre puisse répliquer, jusqu'à un final que, je dois le dire, j'avais complètement oublié, mais qui rend encore plus saumâtre tout ce qui a précédé...
Cette deuxième partie est nettement moins intéressante, elle est d'ailleurs traitée moins esthétiquement, plus excessivement, avec forces grimaces et ricanements (de plus en plus, à vrai dire, plus on s'approche de la fin.) On était partis de si haut que ça fait drôle de se retrouver comme ça un peu le nez dans la gadoue...
I'm singing in the rain...

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samedi 17 septembre 2011

micro98

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"Mon internet est tout décoloré" (Joseline)

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un plombier prénommé Angelot

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 4 personnes sur 5 mentent à propos des films qu'ils disent avoir vus

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chapelle ardente

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je fais de la photo "tout-venant"

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Des bouquins de plus de cinquante ans sont moins jaunis que d'autres qui en ont à peine dix!

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"Si tu veux désobéir, cache-toi..." (d'un documentaire tunisien)

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Entraperçu un ado qui bondissait et rebondissait furieusement sur le capot d'une voiture, l'oeil noir

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Dans un raout avec des discours, l'Etat parle toujours en dernier

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P, un peu saoul, qui me serre la main dans sa grosse patte suffisamment longtemps pour que je puisse en apprécier pleinement le contact

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 J'en passerais des heures à écouter J'en passerai...

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"Restez incomestibles..." (Daniel Boucon)

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 Je voudrais trouver une illustration valable pour "les bourses restent nerveuses"

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