mardi 26 janvier 2010

où les vrais hommes se rasent les jambes une fois par an

LA MERDITUDE DES CHOSES

J'aurais du voir ce film le 30 décembre, et ç'aurait  été alors le dernier film de l'année. Bien m'en a pris, ça m'aurait fait une drôle de fin d'année. J'en sors et je n'ai pas aimé. Ou plutôt ça m'a mis (très) mal à l'aise. J'ai même failli sortir en cours de projection c'est dire.
Je n'ai pas vraiment de deuxième degré, je l'ai déjà dit, et j'ai donc pris tout ça sans aucun recul, au premier, en pleine figure. La triste -mais hélas plutôt réaliste- histoire de ce gamin vivant avec un père et trois oncles qui passent leur temps à glander et à se biturer m'a juste rappelé des choses un peu équivalentes vues autour de moi. En vrai. Et que des gens dans la salle puissent en rire grassement, ça m'a encore plus levé le coeur.
Car le film n'est pas du tout la grosse farce souriante et anticonformiste que promet l'affiche (j'avoue que j'étais un peu allé pour ça, la fameuse course cycliste à poil : on la voit, mais assez rapidement -pour les amateurs, oui oui c'est un FAQV... enfin, un peu V-) c'est juste une chronique de la misère humaine contemporaine, telle que, sans fioritures, forçant juste un peu le trait sur la bière, le vomi et autres joyeusetés alcooliques.  Pathétiquement désespéré, et désespérément pathétique.

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lundi 25 janvier 2010

3 bouts de rêve(s)

la ruelle

Par la baie vitrée de mon appartement, je vois le mur entièrement vitré, aussi, de l'appartement qui est de l'autre côté de la ruelle. C'est Pépin qui y habite. Il est assis, en train de manger tout seul. Je réalise que nous habitons vraiment très près l'un de l'autre, et que c'est vraiment bête de manger comme ça tout seul chacun de son côté de la ruelle.

L'attrape-moustiques

Je dois garder le bébé de (?) pour un soir. Il me montre que ce n'est pas difficile de veiller sur lui, il suffit d'entortiller un drap et de le nouer grosso-modo autour d'une des jambes du bébé. (?) m'explique aussi comment fabriquer un piège à moustiques : il s'agit d'un mince fil de nylon qu'on noue en un genre de double noeud coulant, et quand le moustique passe, on attend qu'il passe sa tête, on tire sur les fils de chaque côté et couic! le moustique est pris. Je m'entraîne à fabriquer le piège, mais au lieu de fil de pêche je n'ai qu'un genre de lacet, plutôt épais, qui s'effiloxhe aux extrémités.

la piste de saut à ski

Jean-fran a proposé à Christine une sortie nature, une promenade jusqu'au dessus d'une piste de saut à ski.. Elle est folle de joie.  On  voit la piste depuis le bas, elle est impressionnante, très haute, la piste au milieu est entièrement verglacée. Pour s'en approcher, on doit passer par la cour d'une ancienne école où j'ai travaillé. Elle aussi est entièrement verglacée. Christine n'est pas rassurée, elle a peur que la glace cède. Je m'élance, effectivement ça commence à craquer sous moi, je prends de la vitesse, je pose à peine les pieds tellement je vais vite, la glace se fissure, de l'eau roule assez furieusement, je me dis que j'ai une chance si t'atteins le bord du bâtiment, je pourrai me poser sur les bordures de fenêtres. Je vois mes pieds, qui sont minuscules et se déplacent très rapidement. Derrière moi, très loin, je vois Christine et Jean-Fran qui hésitent, au milieu de la cour, et avancent lentement. Au lieu d'aller tout droit, j'ai fait un crochet illogique, mais je serai bientôt arrivé au bord, et même pas mouillé. D'ailleurs je n'ai pas vraiment peur.

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samedi 23 janvier 2010

clopes

GAINSBOURG (VIE HEROÏQUE)
de Joann Sfar

Deuxième film de la journée, et deuxième film avec des poissons qui fument! (non non, moi je n'ai rien fumé promis juré!) Tout au début je n'en avais pas eu envie, puis j'ai vu la bande-annonce et me suis dit que si, et donc, hier soir, on y est allé entre copines, avec Manu et Marie.
Même si je suis un (tout) petit peu moins enthousiaste qu'elles, je peux dire que j'ai passé un sacré bon moment de cinéma. Sfar revendique un conte, entendez "ne vous attendez pas à voir tout à fait ce que vous attendiez...", et il tient ses promesses.
J'ai beaucoup beaucoup aimé la première partie (l'enfance de Lucien Ginzburg), parce que, forcément, comme on ne la connaît pas vraiment, on en est d'autant plus surpris. Avec l'excellente idée de faire de la judaïté un axe essentiel et revendicatif. Le gamin est extraordinaire de présence, d'audace, d'impertinence. La famille aussi est craquante, qu'on suivra d'ailleurs tout au long du film (le leitmotiv du père attentif à l'évolution de la carrière de son fils m'a à la fois ému et fait sourire).
Après, normal, en ce qui concerne les événements et les protagonistes successifs, on est moins surpris, et on l'est -de plus en plus- de moins en moins, par la force des choses, puisque plus on se rapproche de la fin, et plus, nous, public, on se rappelle de choses qui font comme qui dirait partie "du domaine public". Mais en ce qui concerne le traitement des scènes, Sfar sait toujours arriver à nous surprendre, en rajoutant un petit machin par ci, en utilisant tel éclairage ou tel angle d'attaque particulier par là, en rajoutant maint grain de sel à sa recette personnelle de l'homme à tête de chou.
Il revendique, d'ailleurs, s'être plus intéressé aux mensonges de Serge G. qu'à sa vérité, et c'est tant mieux. C'est comme de la réalité, mais pas tout à fait, juste au-delà ou en-deça, on n'est jamais trop sûr. On voit tout de même défiler Fréhel, Gala (?), Juliette Gréco, Boris Vian, Les Frères Jacques, Brigitte Bardot, France Gall, Jane B. bien sur, jusqu'à Bambou (il manque tout de même quelques trophées à cette panoplie de chasseur, chacun regrettera les sien(ne)s...). En ce qui concerne les chanteuses, justement, j'avoue que je n'ai pas été entièrement conquis par lesdits numéros (France Gall, B.B) qui me semblent parfois presqu'un peu à limite du too much (surtout en ce qui concerne les chorégraphies).
Chapeau, par contre, à tous les acteurs (Eric Elmosnino en tête, qui s'est plus que glissé dans la peau du personnage, il l'est : quand on voit le vrai Gainsbarre, après, on a l'impression que c'est lui le faux! Idem pour Laetitia Casta, qui vampirise la BB des années Harley-Davidson de la plus sidérante des façons (ah, cette arrivée dans le couloir, à contrejour, avec le chien en laisse... ça vous laisse (justement...) pantois!)
Un album-photo riche, baroque, qu'on prend plaisir à détailler, à commenter (chacun ses images préférées) . Photos de famille, photos de vacances, photomatons, photos dédicacées, photos officielles, photos truquées, entre souvenirs inventés et inventions rêvées...

"Si j'ai quoi ?
Affirmatif
Et quoi d'autre ?
No comment..."

(No comment)

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vendredi 22 janvier 2010

"tsoures"

A SERIOUS MAN
de Joel & Ethan Coen

Impeccable. Je viens de voir un film impeccable. Nickel. Propre sur lui. Virtuose. Rarement eu ce sentiment-là, de choses autant filmées au petit poil. Le cadrage, la composition des plans, les mouvement de caméra, le rythme, les transitions, rien n'a été laissé au hasard. Soigneusement. Pour nous raconter l'histoire... d'un père de famille (encore!) avec deux enfants, une fille et un fils qui lui causent du souci (encoore!) et une femme qui le trompe avec un proche (encoooore!) Sauf qu'on n'est ici ni chez Axelle Roppert ni chez Alfred Machin, on est chez les Coen.  Ambiance. Régal!
S'il s'agit encore une histoire de famille, ce serait aussi, tout autant, une histoire de religion (mais à des années-lumière d'Hadewichj, puisqu'ici les croyances pourraient être sujettes à caution, bien plus proche par contre du Gainsbourg (vie héroïque), posant la judaïté comme axe central, comme question aussi, sans forcément y apporter de réponse(s)).
Une Amérique chromo de petite ville de fin des années 60, les belles bagnoles, les chouettes pavillons, les pelouses qu'on tond, les rapports de voisinage, les lunettes-papillon des secrétaires, les repas en famille, les étudiants bien sages, les enfants bien peignés, voilà l'univers de Larry Gopnik, notre héros (un genre de Harold Lloyd sans chapeau),tout ça aussi précis, rassurant et lisse en apparence qu'un dessin de Norman Rockwell, mais bien trop lisse justement, pour ne pas cacher son jeu, bien trop joli pour être honnête... Comme un jardin à la française qui serait peuplé d'arbustes toxiques.
Car l'univers de notre Larry va soudain se lézarder de tous les côtés en même temps, à tel point qu'il n'aura d'autre issue que d'essayer d'aller chercher (du réconfort) la réponse au pourquoi de ses multiples malheurs auprès de trois rabbins successifs. (Le film a l'air de partir du principe que tout un chacun est au courant des subtilités de la religion juive et ne s'en embarrasse donc pas -de subtilités-, ni ne fait appel à une traduction en cas de mots difficiles -comme celui qui donne son titre à cette chronique, aux erreurs de transcription près-, mais cela fait partie du charme et du mystère de ne pas tout comprendre, comme c'est par ailleurs le cas pour le délicieux conte yiddish qui ouvre le film -et dont on ne reparlera plus jamais ensuite-)
Larry, ses hésitations, ses doutes, ses soucis, ses inquiétudes,  ses questions, ses cauchemars... (j'ai un faible pour ses cauchemars, surtout le dernier, qui m'a vraiment fait sursauter!)
Car la vraie réponse serait probablement qu'il n'y en a pas, et la parabole alors n'en serait que plus fascinante dans son "hermétisme" (cf la fabuleuse image finale, -encore un exemple de virtuosité-, un plan qui, quoi qu'il en soit, vous laisse en plan, justement, et retire l'échelle en vous laissant le soin de bien vouloir apporter vos réponses personnelles à toutes les questions que vous ne manquerez pas de vous poser...)
Mon film préféré des Coen depuis un bout de temps sans doute -oui je sais je suis enthousiaste- (pourtant Hashem sait si je les aime depuis longtemps...)

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pompon rouge

MARY & MAX
de Adam Elliot

Si je l'avais vu en 2009, je l'aurais sans aucun doute mis dans mes films de l'année. Tellement cette histoire d'amitié épistolaire entre une gamine moche australienne et un vieil obèse new-yorkais m'a vraiment... touché.
En noir et blanc chez Max, en marronnasse et blanc chez Mary, avec un subtil travail sur la couleur de part et d'autre (ce qui est à Mary reste toujours marronnasse, et ce qui est à Max reste toujours gris) dans des univers suffisamment monotones (au sens strict) pour que seules des taches de rouge y pètent parfois (le lipstick de la maman, le pompon que Mary envoie à Max), venant à peine éclairer ces deux univers diamétralement opposés sur la carte, mais qui se ressemblent comme deux gouttes d'eau sur le plan de la loose, de la misère, de la désespérance, et j'en passe. On n'est pas franchement chez Bambi et ses amis. Et ce n'est pas si souvent que les thèmes de la solitude, de la maladie mentale, voire du suicide, sont abordés dans des films dits d'animation. Ca devrait être à pleurer, mais c'est une merveille d'humour, et (comme marie mais à propos d'un autre film) j'ai passé une heure trente, ou quasi, avec le sourire aux lèvres (voire à éclater franchement de rire devant quelques saillies black très black). Un humour donc, omniprésent, assez souvent acide, mais aussi une tendresse énorme, pour ces deux anti-héros, d'abord,  mais tous les autres qui les accompagnent, éclopés, alcoolos, mal bâtis, malheureux, amis imaginaires, et autres heavenly creatures.
Encore merci, le Festival Téléramuche!

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jeudi 21 janvier 2010

le sac

Régis et Emma habitent à Dijon. Je repars de chez eux, sur mon vélo. Ils habitent dans une sorte de ferme avec une cour... fermée, devant, et je sors par la troisième porte, celle qui est tout au bout. Je suis obligé de couper la circulation, deux fois, car je repars sur la gauche, et je traverse vite. Je roule au bord de la chaussée (il y a des travaux ?) quasiment dans les feuillages d'une haie, je me fais frôler par les automobiles (il y a pas mal de trafic), quand l'une d'elles me double, s'arrête, et me fait signe de m'arrêter aussi. Je comprends vite que c'est un flic en civil, qui m'annonce qu'il va être obligé de me verbaliser à cause de ma roue avant, et du danger consécutif que je représente pour les automobilistes. Je m'aperçois alors, avec un certain étonnement, que ma roue avant est effectivement "en huit", avec la chambre à air qui sort du pneu, le métal tordu, et je suis surpris de ne pas l'avoir senti davantage en conduisant.
Il commence à rédiger le procès-verbal, c'est très long et fastidieux, me pose des questions, me demande de lui fournir des justificatifs, dont certains me paraissent absurdes (la plaque en alu qui était originellement fixée sur le cadre du vélo, portant mes nom et adresse, je lui explique que je ne peux pas l'avoir, puisque c'est un vélo d'occasion...) Le ton monte un peu, de part et d'autre, je m'énerve mais j'essaye de rester poli (il me fait comprendre qu'avec les premières infractions constatées, j'en ai déjà pour au moins 150€, ce qui ne me remplit pas de joie je dois le dire...) mais ça dure ça dure j'ai l'impression que ça ne va jamais finir. Je trouve qu'il me prend un peu de haut et ça m'agace...
(...)
Je ne sais pas pourquoi, mais on est toujours ensemble (sans doute que, sans mon vélo, je ne peux plus rentrer chez moi ?) avec le flic, et un petit groupe de gens, qui sont ses amis. (au début, assez froids, me tenant à l'écart, c'est normal je ne les connais pas, mais finalement de plus en plus sympathiques...) Nous visitons un monument (un musée ? il me semble qu'il y a des grosses pierres dans des vitrines), puis un autre édifice, et nous finissons par entrer dans une taverne pour boire un verre. J'aperçois par une vitre de la taverne Emma, qui porte un bébé, et me fait un salut avec un grand sourire... Avant qu'elle ait pu entrer dans la taverne, c'est moi qui en sors, pour lui expliquer la situation : je me suis fait arrêter par un flic, etc.
Je suis de nouveau avec le flic et ses amis, et là je réalise soudain avec angoisse que j'ai perdu mon sac à dos (et donc tout : mes papiers, mon argent, etc.) lors d'une des deux visites précédentes. Il faut absolument que je le retrouve. Nous y retournons d'ailleurs, les autres m'aident même à chercher, (nous sommes presque "copains"), je fouille dans des coins et recoins, mais, RIEN.
Je suis effondré. Me voilà sans vélo, sans sac, sans argent, je ne sais pas comment je vais faire pour rentrer (et il va falloir dès le lendemain que je fasse refaire TOUS mes papiers, rien qu'à cette idée, je suis anéanti...)
On se dit adieu, avec les gens du groupe, l'une des gilles, une brune sympathique à cheveux bruns, se plaint parce que, en l'embrassant, je lui ai mordu le bout de la langue...

(je me réveille en sursaut, très soulagé de constater que je n'aurai pas à refaire mes papiers, mais je me souviens alors que j'ai -réellement- perdu mon écharpe, hier après-midi, au cinéma...)

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illuminée

HADEWICHJ
de Bruno Dumont

-"Alors ?" m'a demandé Jacky à l'issur d'un générique de fin très sobre très long et très muet
-"Je pense que le film m'a exaspéré mais je n'en suis pas tout à fait sûr..." ai-je répondu
-"Je comprends ce que tu veux dire..." a-t-il conclu.
(et nous voilà bien avancés)

Je crois que j'ai un problème avec Bruno Dumont, qui jamais (à part peut-être dans Flandres ne me convainc jmais tout à fait... Je me souviens notamment d'avoir plusieurs fois failli sortir de la salle en hurlant quand j'ai vu L'Humanité)
Les problèmes de religion, de foi,de mysticisme, me sont tellement étrangers que j'ai déjà, a priori, du mal à m'intéresser à l'histoire (je me souviens pourtant d'avoir bien aimé Thérèse, sans toutefois l'avoir jamais revu...) Comme Catherine Mouchet dans le susdit Thérèse, c'est l'actrice principale, Julie Sokolowski, qui est le moteur, le pivot, de ce film-ci. Qui en fait tout l'intérêt. Mais bon. Je n'ai sans doute pas tout compris de ce que Bruno Dumont voulait -ou pas- nous dire. Réduire le film à des bondieuseries et autres considérations sur la grâce est certes... réducteur, mais je ne vois hélas pas grand-chose d'autre à en dire.
Dumont pratique la réduction, le minimalisme comme le faisait Bresson avant lui, sauf qu'il y avait chez Bresson un genre de sincérité. Ici on a l'impression que tout est calculé, truqué, d'une certaine façon. Il serait intéressant de creuser plus avant dans les figures de style récurrentes de la cinématographie Dumontienne (d'aucuns diraient "les tics") dans la relation qu'il a avec ses acteurs/trices, et sur l'effet général de malaise qu'elles induisent. Malaise, oui...

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mercredi 20 janvier 2010

vitrines

Je suis indécis. C'est indéniable.
A l'issue d'un film dont je ne savais trop que penser, la nuit étant encore jeune, la route noire, ma voiture fraîchement vidangée et repneutée de neuf, voilà-t-y pas qu'en rentrant, au lieu de prendre à gauche au rond-point pour rentrer at home, j'ai soudain (à moins que ce ne soit ma voiture toute seule) tourné à droite, direction la nationale, et donc les grands parkings endormis sous la lune (enfin, surtout un, à vrai dire). Oui ça me prend de temps en temps, ça vient peut-être de mes gènes loup-garous.
Vingt-deux heures et quelques. Quand j'y suis arrivé, un bahut español brillait dans la nuit de toutes ses veilleuses, juste à l'entrée, mais ce n'était qu'une fausse alerte. Un peu plus loin, nuit encore plus noire, le parking fait une assez longue ligne droite et deux camions étaient garés, à trois ou quatre cent mètres, face à face (l'un des deux était donc rentré à contresens.) Avec la particularité que tous les deux avaient leur cabine allumée.
J'ai dépassé le premier, dont les rideaux étaient quasiment tirés, pour aller jusqu'à l'autre, dans lequel un charmant barbu, assis côté chauffeur, lisait un opuscule visiblement illustré de photos, et dont un genou et un pied nu(s) appuyé sur le tableau de bord, visibles, annonçaient clairement qu'il n'avait pas gardé le bas. Je me suis garé derrière, suis sorti dans la nuit, me suis approché, prudemment, et n'ai provoqué visiblement qu'un inintérêt flagrant...
Qu'à cela ne tienne, je suis remonté en bagnole, demi-tour, suis reparti pour raller jeter un oeil au camion español, et, à mi-course, suis donc repassé devant l'autre bahut, celui aux rideaux pas tout à fait tirés, et là, jetant un oeil, j'ai failli piler, apercevant, par les quinze centimètres de vitre non couverts par le rideau côté chauffeur, le chauffeur en question, debout, immobile, et surtout visiblement à poil.
Je suis donc, après un nouveau demi-tour, venu me garer devant le camion en question, suis sorti dans la nuit, me suis approché de la cabine : le rideau de devant n'était pas, lui non plus, complètement baissé, et une bande de la même largeur que précédemment me laissait le loisir de contempler l'anatomie complète que le monsieur dévoilait complaisamment, sa quéquette joviale, qu'il avait non circoncise en forme de bourgeon, puis son côté face, puisqu'il eut ensuite la gentillesse de se retourner, une puis plusieurs fois, comme s'il me laissait tout loisir d'admirer la marchandise, appétissant derrière sa vitrine. Emoi.
Il allait et venait, se retournait, j'ai fait le tour, côté passager, on ne pouvait là non plus voir qu'une bande partielle du spectacle offert. C'était clair que le monsieur avait envie qu'on le voie, mais aurait-il été possible de juger sur pièces, de se rendre compte en main propre ? J'ai essayé de manifester ma présence tournant et retournant autour de cette satanée cabine allumée. A un moment, il a sembler se rendre compte que j'étais là, à tiré le rideau pour scruter l'obscurité, s'est penché derrière la vitre, et, m'apercevant, a soudain pris un visage courroucé et a, mais pas tout à fait complètement, tiré le rideau. Je pouvais toujours continuer à regarder, mais ça n'en était que plus frustrant.
Je voyais, là-bas,à l'autre bout, la cabine du lecteur qui venait de se rallumer dans l'obscurité, certainement lorsqu'il m'avait vu -plafonnier oblige- remonter dans ma bagnole, et j'y suis donc retourné, ne provoquant d'ailleurs pas plus d'enthousiasme de sa part que la première fois. Il avait même éteint la cabine, mais émis dans la nuit une sorte de double signal sonore qui m'avait laisser espérer quelque ouverture, mais que nenni. Il continuait juste de mater, assis dans le noir.
Je suis reparti vers l'autre. qui avait éteint sa lumière entre temps (il regardait à présent la télévision et se manipulait, distraitement semble-t-il) mais qui l'a rallumée lorsque je suis revenu à sa hauteur. J'assistais toujours au même agréable spectacle, mais en vain, comme au cinéma, nulle invitation, nulle connivence, nul signal ne venant me signifier que j'aurais été le bienvenu... Je venais d'ailleurs de quitter le côté passager lorsque la vitre s'en est ouverte et qu'une quantité de flotte assez conséquente fut balancée là où je me tenais juste quelques secondes avant. J'étais semble-t-il visé...
Le message semblait clair, pas la peine que je me fasse du mal à continuer à tournicoter ainsi. J'ai donc redémarré, un peu agacé par ces -en quelque sorte- promesses non tenues. Suis repassé devant le lecteur, toujours assis jambes nues  dans l'obscurité de sa cabine dont le rideau de son côté était néanmoins complètement ouvert, me suis dit que je ne leur convenais ni à l'un ni à l'autre, et ai donc pris le chemin du retour. Dire que j'étais calme eut été un mensonge.

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dimanche 17 janvier 2010

blanc (ou gris ?)

 

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samedi 16 janvier 2010

"c'est quoi, ton cerveau, un photocopieur à conneries ? "

UNE PETITE ZONE DE TURBULENCES
d'Alfred Lot

Alors ça c'est curieux...
(1) Je suis entré dans la salle en étant persuadé que j'allais voir un film de Michel Blanc... Pas du tout!
Alors ça c'est curieux... (2) Les deux derniers films que j'ai vus pourraient grosso modo avoir le même résumé. La ressemblance avec La famille Wolberg est assez sidérante : une histoire de famille (x), centrée autour d'un père (x), qui est malade (x), avec deux enfants , une fille (x) et un garçon (x), que sa femme trompe (x), avec une scène de fête à la fin (x) où il fait une déclaration (x) où il est question de vie et de mort (x) Quoique, si l'on y regarde à deux fois, même si la matrice scénaristique semble au départ identique, le traitement en fait deux films quasiment opposés.
Les dialogues de celui-ci sont tout aussi "écrits" que ceux de l'autre, encore plus acides et percutants peut-être (plusieurs fois je me suis dit "oh celle-là il faut que je la retienne"), ils sont mis dans la bouche d'acteurs plus connus (et reconnaissables), et de plus sympathiques (le fameux capital sympathie) : Blanc, Miou-Miou, Mélanie Doutey, Gilles Lellouche (je n'y peux rien, lui, il me fait toujours autant craquer, d'autant  que je trouve qu'il se sort plus que très bien de son rôle pas facile de pas si con). Avec en prime deux apparitions d'Eric Caravaca et même de Nathalie Richard!
Des dialogues brillants, des acteurs convaincants, mais une mise en scène hélas plutôt plate. Mollasse, indécise. Boulevardière (ouch). C'eut pu-t-être alors du théâtre radiophonique ? Hélas oui, quasiment! Bons mots et gros sabots. Le père somatise, la mère démon-de-midise, la fille veut se (re)marier, et le fils est pédé (oh le personnage de pédé agaçant, alibi, bonne conscience, récupérateur, regardez comme je suis transgressif, etc.). La famille Wolberg, elle, n'affiche pas cette volonté d'épater, d'aguicher, de "choquer".  A côté, c'est de la dentelle au petit point! Autant on était là-bas du côté de l'humain, du frémissement, de l'émotionnel,  de la voix basse, autant ici on serait dans la convention et la pantalonnade, le tonitruant.
Autant j'ai trouvé ça sympa au début (je précise que j'ai rigolé maintes fois, ne boudons pas notre plaisir et soyons honnête) autant plus ça va et plus les situations s'émoussent, s'affadissent (les hésitations de chacun -meurs-je ou pas,  trompe-je ou pas , me marie-je ou pas , suis-je con ou pas, m'engage-je ou pas ?- à ne faire que se répéter, virent pénibles) et le film s'aplatit progressivement. Avec en plus une insupportable et catastrophique enfilade finale de happy end(s) style oui oui l'amour finit toujours par triompher (ou la moralité so petit-bourgeoise...)
Et je crois que Michel Blanc , quand il n'est pas chez Téchiné (ou chez lui même) finit par m'agacer, il faut le reconnaître.

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("Les copains de Philippe, après six bières, soit ils nous arrosent d'essence, soit ils nous demandent de les sucer..." -le fils pédé à son copain-. Oui oui, ça m'a fait rire...)

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