samedi 3 octobre 2009

pipe (politiquement incorrecte ?)

LES VACANCES DE MONSIEUR HULOT
de Jacques Tati

Oui oui, je ne le répèterai jamais assez : y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis! Et dans le bôô cinéma, pour l'ouverture de saison, les Amis du Cinéma offraient à leurs adhérents, gratos!,(bon d'accord c'est bien un des seuls et derniers avantages que cette adhésion procure) la projection en copie neuve et restaurée  -insista, avec raison, notre ami Hervé- des Vacances de Monsieur Hulot. Je dois dire que c'est moi qui avais eu cette idée, mais que j'étais un peu inquiet à propos de la soirée, à la fois de l'accueil que les adhérents allaient faire ("quoi ? une vieillerie en noir et blanc de 1953?"), mais aussi de la façon dont moi même j'allais réagir... Je l'ai déjà dit, jusqu'à une date assez récente, je n'étais pas -et loin s'en faut- un inconditionnel de Tati. Ça ne me faisait pas rire. Et puis, j'y suis venu, par la bande et par Jour de fête, puis par l'exposition,  et voilà que je (re)découvre donc, tranquillement, ses autres films, chacun à son tour.
Et ce soir, quel bonheur!
Cette chronique estivale d'une station balnéaire en 1953 est, véritablement, délicieuse. Sans doute parce que je la découvrais, sans doute parce que la copie est, comme l'avait annoncé Hervé, d'une exceptionnelle qualité, sans doute parce que j'aime encore plus ce Monsieur Hulot que François le facteur, sans doute parce que ça parle encore des vacances, (comme a dit mon amie Christine "ils étaient sexys avec leurs petits shorts, en 1953...") , et que c'est tour à tour drôle, attendrissant, hilarant, émouvant, burlesque, mais toujours poétique et tendre. Délicieusement kitsch, et, à ce titre, quasiment documentaire sur ces étés-là.
Je l'aime, ce gaffeur dégingandé, ce vieux garçon solitaire et mal aimé (les deux seuls qui le salueront, à la fin du séjour, seront la vieille anglaise excentrique et le mari bougon) qui (presque ?) sans le vouloir, sème la zone  et provoque les catastrophes avec une régularité métronomique, partout où il passe...
Et il me semble que je n'étais pas le seul à avoir autant apprécié la soirée : à la sortie, tous les gens avec qui j'ai discuté étaient doucement hilares, fendus d'une oreille à l'autre en se redisant les gags du film (chacun a ses préférés) et le parvis du bôô cinéma continuait de retentir d'éclats de rire... C'était comme si un peu du soleil en noir et blanc de Tati était venu à ce moment-là pour nous chatouiller et nous laisser d'excellente humeur... Oui, quel bonheur!

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vendredi 2 octobre 2009

ce n'est ni à moi ni en moi

TU N'AIMERAS POINT
de Haim Tabakman

Incontestablement dans le top 10 (voire même le top 2) des films des plus tristes de l'année. Très beau mais très triste. La critique de Libé s'intitulait Barbaque Mountain, et c'est assez exactement ça : deux "ultra-hétéros" (des cow-boys chez Ang Lee, des bouchers juifs  -ultra-orthodoxes qui plus est- ici) tombent amoureux, tentent de vivre leur histoire en dépit du poids des interdits et des conventions sociales (et religieuses), du lieu et de l'époque, et ça finit mal, dans un cas comme dans l'autre.
Ma copine Zabetta m'avait prévenu : à côté, Kaddosh, c'était quasiment les Ziegfield Follies. C'est vrai, on ne se déverrouille pas souvent les zygomatiques. L'histoire d'amour de ces deux-là est plutôt austère, et toute en retenue, mais n'en devient que de plus en plus touchante. De la première rencontre à la boucherie (chien mouillé...) à la première baignade (ablution rituelle) commune, (il serait question de se mouiller ?), du presque premier baiser (oh que cette scène est troublante, des bouches qui se rapprochent se disent non non non  mais se rapprochent encore, quand les corps semblent dire oui oui oui) au premier câlin dans la chambre froide, tout n'est que frémissement, intensité des regards  (qu'ils ont brûlants et doux) électricisation du désir.
La situation n'est pas nouvelle : le bon père de famille "normal" qui tombe amoureux de son apprenti à l'oeil de gazelle, l'un qui sait ce qu'il est, l'autre qui fait semblant de l'ignorer. Ce qui l'est davantage, c'est l'endroit ou Haim Tabakman a situé son "idyllique " histoire : dans la communauté des ultra-orthodoxes qui vivent en vase clos dans un quartier de Jérusalem, hors du temps (en fin, de notre temps à nous). Déjà qu'ils vivent suivant toute une série de rituels très codifiés, d'obligations et d'interdits divers et variés, alors l'homosexualité pensez donc... c'est bien simple, ça n'existe pas ! N'existant pas, cela ne peut donc pas être nommé, et, logiquement, ça ne devrait donc pas pouvoir être puni, si on suit le raisonnement. Et bien non, pas du tout! Et tout le monde s'y met pour condamner, et crier haro sur le(s) baudet(s), et tirer sur l'ambulance... Pas de ça chez nous! Pas d'infâmie ! (oui c'est comme ça qu'ils appellent ça...) Et tout le monde s'y met avec entrain, jusqu'à l'issue prévisible, de part et d'autre de notre paire de tourtereaux mâles...
Le réalisateur traite son sujet avec juste la bonne distance, et son regard à lui est aussi brûlant et doux  Comme dans Brokeback Mountain, il a fait, à juste titre, de l'épouse "délaissée" un des pivots dramatiques forts (même si quasiment muet) dans le déroulement de l'histoire.
Un beau film.

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(bon anniversaire, au fait...)

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jeudi 1 octobre 2009

jaune, bien sûr!

(500) JOURS ENSEMBLE
de Marc Webb

Pour faire un bon petit film film indépendant primé au Festival de Sundance, prenez deux acteurs sympathiques repérés dans d'autres productions indépendantes, avec un nom difficile à écrire du premier coup ou à retenir : lui c'est Joseph Gordon-Levitt (très bien, repéré dans le vénéneux Mysterious Skin), elle c'est Zooey Deschanel (très bien aussi, vue dans Phénomènes et L'assassinat de Jesse James...), choisissez un thème simple, voire simplet (ici, l'immarcescible "Boy meets girl"), tripatouillez-le un peu dans tous les sens comme une pâte à pizza (malaxez énergiquement, en cassant la chronologie, par exemple, avec un compteur de jours qui vous permettra d'aller et venir librement au fil de l'histoire sans vous en tenir à la stricte et straight chronologie), laissez gonfler un peu, rajoutez des personnages secondaires attachants et plus ou moins folkloriques (ici une jeune soeur sportive et sentencieuse, deux potes un peu bras cassés, un boss compréhensif...), n'oubliez pas de saupoudrer votre composition d'effets techniques malins et en situation (le split-screen "ce qui pourrait arriver / ce qui arrive réellement"), de clins d'oeil (les extraits de films "à la manière de"), de bons mots et de phrases qui font mouche, faites un peu parler les acteurs à la caméra, rajoutez une voix off, qu'on imagine de vieux cow-boy buriné, dont on ne sait pas vraiment (la voix off) si c'est du lard ou du cochon, emballez-le tout avec une bande-son  pop, astucieuse et attachante (entre les Smiths et Carla Bruni, si si...), sans oublier quelques scènes de karaoké. c'est toujours bien, les acteurs qui chantent dans un film, hein , Pépin ?) et même une de comédie musicale, n'oubliez pas non plus la dédicace au générique (c'est pas souvent qu'on voit écrit "Connasse", avec un C majuscule!, au début d'un film, juste après le nom de la demoiselle à qui le film est dédié), et d'ailleurs, pendant que vous y êtes, mitonnez un petit générique à la Amicalement votre (c'est mon amie Dominique qui me l'a soufflé), avec les deux héros/héroïne qui grandissent sous nos yeux, et faites de tout ça une comédie sentimentale (ou comédie romantique ? qui pourrait m'expliquer la différence ?) moderne (un genre de Quand Harry recontre Sally de 2009 ?) où on peut tout à loisir réfléchir sur l'amour, le désir, l'engagement, le couple, le destin, le coup de foudre, le sexe, les rôles, avec quasi toujours le sourire aux lèvres, en ayant justement (et habilement), pour une fois, inversé les rôles (c'est lui qui serait blonde et elle qui porterait la culotte...), servez frais et pétillant (comme l'ont qualifié quelques critiques) aux Festivals de Sundance et de Deauville (n'oubliez pas de le mentionner sur l'affiche, ou vous n'oublierez pas non plus d"étaler un à-plat jaune, histoire de rappeler subliminalement -et peut-être de croiser les doigts supersticieusement en espérant que ça rapporte autant de pépètes que- Little Miss Sunshine, of course...)

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(version américaine / version française)

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mardi 29 septembre 2009

exécution

(un bout de rêve)

(beaucoup de monde) Je rencontre une ancienne amie, qui vient d'être nommée directrice, et m'annonce qu'elle est très contente à l'idée que nous allons nous réunir ensemble (personnellement, l'idée ne m'enchante pas trop, mais j'essaie de faire bonne figure) Je lui demande si elle a déjà fixé des dates de concertation, et elle me dit avec le sourire qu'elle me les fera parvenir prochainement.
Je vais être fusillé, je suis condamné à mort (je ne sais pas pourquoi mais c'est comme ça) je serai en principe exécuté le lendemain matin. Je passe la nuit dans la même maison que les soldats du peloton qui vont me fusiller (mais je ne les vois pas). Je suis allongé à côté d'un ami, il fume une longue pipe, je comprends que c'est de l'opium, et qu'il veut me souffler la fumée dessus pour atténuer ma tristesse (ma peur ?) de mourir. Mais je n'ai pas peur, simplement je me dis que c'est inéluctable, et que c'est dommage.
Quelqu'un me parle, en voix off, de celui qui commande le peloton d'exécution et qui a fait quelque chose de bien pour ses soldats (ceux qui vont m'abattre).
On tourne un film dans une maison (c'est la même que précédemment, ou bien c'est un décor) Il est question d'enfoncer des portes (en réalité je cherche désespérément des toilettes). Dans l'équipe du film, il y a le mari de la collègue rencontrée précédemment, je me demande d'ailleurs ce que je fais là, comment je peux avoir la tête à jouer dans un film, même réalisé par un ami, alors que je vais être exécuté demain.
Je sens dans ma poche le porte-clé avec une petite vache qui tient toutes mes clés, et je me dis qu'il faudra que je réussisse à le faire passer à Dominique , pour qu'elle puisse récupérer toutes mes affaires.
Je demande à la collègue du début si elle était au courant, pour mon exécution, elle me dit que oui, et je lui réponds que c'était bien la peine de faire tout ce cinéma avec ces dates de concertation alors, puisqu'elle savait qu'on ne les ferait pas ensemble.
C'est le matin, je suis sorti de la maison et je suis sur un genre de balcon très long et plutôt étroit, j'ai très envie de pisser, alors je sors ma teub et je pisse contre le mur (il doit y avoir des soldats qui me voit et qui rigolent). Je continue de pisser (ça dure très longtemps cette scène) et maintenant le mur s'est transformé en grillage contre lequel je continue de pisser, par saccades (j'ai le sentiment que ça ne va pas s'arrêter) Il y a de l'autre côté du grillage un mec (un des officiels de l'exécution, en train de pisser lui aussi)

[Je me réveille en ayant effectivement très envie de pisser]

[Je me rendors]

Je ne serai finalement pas exécuté sur place, mais un camion va venir me chercher pour m'emmener à (Toul ?) m'annonce Dominique. Je suis en train de marcher dans la rue, au petit matin, il me semble qu'à un moment je cours en faisant voler une grand morceau de tissu ou de plastique.
Je discute avec Françoise et Françoise (c'est la même, mais elle est en même temps en face de moi (F1) et à ma droite (F2), j'explique à F1 que c'est "lors de ma première exécution" que j'ai retrouvé l'odorat (F2 me demande "mais qu'est-ce que tu as fait alors ?" Et je réponds " ben, je sentais tout autour de moi..." J'essaie d'expliquer à F2 les raisons qui me font regretter de devoir être fusillé : que le développement (je n'arrive pas à trouver le mot "durable") est désormais à la mode, je veux parler du fait que je j'aime beaucoup manger de la viande rouge, mais je ne pense  pas que ce soit une très bonne raison... (Il y a aussi quelque chose à propos du cuir, mais je ne sais plus quoi.) Nous sommes devant une espèce de géode avec de multiples facettes qui réfléchissent la lumière du soleil. F2 me dit qu'elle a rencontré un mec super pour moi. Je demande qui, et elle me répond "Pierre Bougey" (ou "Cougey" ?) et qu'elle aimerait que son mari fasse sa connaissance, que c'est quelqu'un qui "fait plein de trucs"... j'acquiesce comme si je le connaissais, alors qu'en fait, pas du tout...

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samedi 26 septembre 2009

chausse-trapes et doubles-fonds

RIEN DE PERSONNEL
de Mathias Gokalp

Ah qu'il est agréable de se faire ainsi manipuler. On se croit embarqué dans un film d'entreprise genre Ressources humaines, Violence des échanges en milieu tempéré, voire La question humaine , toutes choses graves (et révoltantes) où il est question de gestion du personnel, mais pas du tout. Ou plutôt pas tout à fait.
Le réalisateur nous embarque en apparence pour une soirée mondaine -genre "buffet d'entreprise"- où il est question de lancer un nouveau produit, puis d'un "jeu" pour évaluer les cadres de ladite entreprise, puis finalement du rachat éventuel de cette toujours même entreprise. Et finalement, peut-être, d'autre chose encore...
La même scène sera montrée plusieurs fois (trois si mes souvenirs sont bons), et, à chaque fois, un nouvel éclairage, des éléments nouveaux, sont fournis au spectateur. Comme dans la trilogie de Lucas Belvaux (Un couple épatant / Cavale/ Après la vie),mais de façon moins dramatique, il s'agit de la même situation, mais qu'on appréhende (et qu'on juge) de façon différente, selon les "indices" dont on dispose...
Et, bien entendu, pour le plaisir du jeu, il s'agit de bouleverser à chaque fois au maximum les certitudes, de chambouler les hypothèses, en proposant un réaménagement des pièces du puzzle selon le modèle nouveau à chaque fois proposé. Evidemment, personne n'est vraiment tout à fait ce qu'il a l'air d'être à la première, puis deuxième, puis troisième vision. On se joue de nous.
Qui est acteur ? Qui est cadre ? Qui est patron ? Qui note qui ? Qui veut quoi ? Qui trompe qui ? Qui est pris pour qui? C'est un agréable jeu de société, avec des comédiens parfaits (une mention spéciale, bien sur, mais ce n'est pas objectif, à mon Bouli Lanners d'amour à moi que j'aime, en mari - bavard- de Zabou Breitman). A la fin, on serait bien reparti pour un nouveau tour de manège, avec nouveau(x) revirement(s) de situation(s) et surprises à la clé. Mais non, clic, clic, on éteint toutes les lumières l'une après l'autre, et on range le jeu...

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D'habitude, je n'aime pas trop les films où Darroussin a une moumoute, mais bon, là, ça doit être l'exception!

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jeudi 24 septembre 2009

alienation

DISTRICT 9
de Neil Blomkamp

Un film incontestablement efficace. Un produit hybride, composite, à l'image de son protagoniste principal. Un genre de greffe réussie entre blockbuster bourrin et film à thèse, entre faux documentaire et fiction survitaminée, entre effets spéciaux et constat humanitaire, entre course-poursuite et faits de société. Une synthèse assez hallucinante entre Alien, (pour les extra-terrestres), Cry freedom (pour les conditions d'accueil), E.T (pour le vaisseau et le "Maison..." ), Welcome (pour l'amitié entre les deux héros "pourtant si dissemblables") et Transformers (pour la bestiole du dernier combat), sans oublier La mouche (pour la transformation), plus quelques bourrinades viriles que je ne vais pas assez voir pour en donner un titre correct (genre bidasses, action, sueur, testostérone, hélicoptères, gros flingues etc.)
L'humain est décrit dans toute sa veulerie ordinaire (con, raciste, violent... ordinaire, vous-dis-je) et le héros, au début est vraiment présenté (j'avais écrit "plaisanté"!)  comme un spécimen de beauf benêt, (on le claquerait volontiers) sûr de lui, de sa puissance et de son impunité dans la mission de "relogement" des aliens (d'un bidonville à un  camp de concentration) dont il a été bombardé responsable (par son beau-père, c'est donc bien doublement un beauf'). Mais, comme chez Brassens, "la suite lui prouva que non..."
C'est par la force des choses (et de sa propre connerie aussi) qu'il va -heureusement et bien malgré lui- passer "de l'autre côté" et découvrir quel effet ça fait de se retrouver au milieu des parqués, des pourchassées, des traqués, des humiliés...
Je ne sais toujours pas ce qui l'emporte, du gros sabots ou de la finesse de l'analyse, (je suis si premier degré, vous savez...) simplement, je n'ai pas décroché une seconde : j'ai été surpris, inquiet, dégoûté, révolté, réjoui, haletant, ému (oui, oui, même, et surtout peut-être, ému...) C'est en cela que je parlais d'efficacité. Un seul petit regret  : ne pas avoir pu le voir en VO (mais bon c'était la seule possibilité par ici!)

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lundi 21 septembre 2009

zum zum zum

BOOGIE
de Radu Muntean

On pardonnera l'affiche accrocheuse (et finalement menteuse) : un monsieur marche tout nu sur la plage, face à nous, son fils sur les épaules, et seul le titre du film vient, juste à propos, nous dissimuler sa zigounette qu'on suppose, allez savoir pourquoi, joviale et sautillante. Quand on voit la température qu'il fait dans le film, on se dit que l'affiche en question fut sans doute conçue -après coup- pour un autre film, ou du moins sa version estivale, genre Boogie 2 : il revient et il a chaud!
Une chronique frisquette, venteuse et finalement tristounette d'un Premier mai dans une ex-station balnéaire naturiste  et chérie des Ceaucescu, à la splendeur enfuie,  où Bogdan, un trentenaire, venu passer là le week-end au calme avec femme et enfant(s) (la dame est enceinte et un peu ronchonne, cela explique-t-il ceci ?) va retrouver par hasard deux de ses potes de "jeunesse" avec lesquels il va tout à trac décider de passer la nuit (et redevenir ainsi Boogie, celui qu'il était auparavant avec eux) contre l'avis de madame, moyennement enthousiaste sur le coup, puisque renvoyée à l'hôtel pour coucher le gamin et l'y attendre...
Virée entre hommes, quoi, avec bowling, boissons diverses, cigarettes, dancing, et finalement une pute qu'ils ramènent dans la chambre d'hôtel des deux comparses, pour une baisette triste (chacun son tour avec la demoiselle, et pendant ce temps les deux autres qui se les gèlent sur le balcon...)
Tout ça enrobé de beaucoup (trop ?) de mots (le film est très loquace, pour ne pas dire bavard) les souvenirs et les regrets aussi, que ce soit entre Bogdan/Boogie et ses copains, ou entre sa femme et lui... Où il serait peut-être question de la difficulté de se résigner à devenir adulte et responsable, et de celle à réussir à faire comprendre à l'autre  ce qu'on avait vraiment envie de lui dire, en utilisant les bons mots...

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dimanche 20 septembre 2009

micro68

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un imperceptible voile de tristesse (ou de mélancolie ?)

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pourquoi irais-je au cinéma le samedi pour 5,90€
alors que je peux y aller le dimanche pour 4 ?

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je n'aime pas les vêtements bruyants

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on ne peut construire une relation juste sur du mieux que rien

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"ce deux/trois si typiquement brahmsien"

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il avait confondu Marie Laforêt et Marie Dubois

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je dors par tranches de 3 heures

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"On garde Joseph, ses parents sont partis faire le marathon de Berlin..."

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"Je vous laisse, vous avez l'air pressés..." (une menteuse)

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vendredi 18 septembre 2009

de l'amour...

"Qu'elle m'ait choisi, moi, dans un moment d'égarement, c'était une chose. L'incompréhensible, c'était qu'une femme comme Diana -qui pouvait avoir absolument tous ceux qu'elle voulait- se réveillait tous les matins en voulant m'avoir une journée de plus. Quelle mystérieuse cécité l'empêchait totalement de voir ma médiocrité, ma nature déloyale, ma faiblesse quand je rencontrais une résistance, ma méchanceté stupide quand je rencontrais de la méchanceté stupide ? Ne voulait-elle pas voir ? Ou était-ce juste une compétence finaude de ma part qui avait envoyé mon véritable moi dans cet angle mort béni de l'amour ?"
(Jo Nesbo, Chasseurs de tête)

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mercredi 16 septembre 2009

merci marie!

VICE DE FORME
de William Lashner

J'ai mes habitudes, en matière de bouquins, et de polars encore plus. J'aime bien découvrir les choses par moi même, et j'aurai toujours un léger sentiment de méfiance quand on m'en conseillera un, surtout  dont je n'ai jamais ô grand jamais entendu parler. Et donc là, ce fut le cas, lorsque ma copine Marie me mit dans les mains ce Vice de forme.

9782070320240

Six cent pages écrit petit. Thriller judiciaire. Un avocat  de la défense comme héros et narrateur... Méfiance, méfiance. Je me lance.
Un premier chapitre qui vous met d'emblée dans l'ambiance. Une situation simple a priori. Trop. On en baillerait presque déjà d'avance. Mon dieu comment pourrait-il tenir la distance  avec juste ça ? Mais bon, on passe au deuxième chapitre, et hop, là, déjà un changement d'éclairage... tiens tiens! Et le troisième, idem... Ce début qu'on supputait juste gros comme une tête d'épingle n'était en fait que l'extrême pointe de l'édifice, que la progression du roman va nous permettre de découvrir progressivement. Et plus ça va, plus on s'y attache à ce Victor Carl. Et au bout d'un moment, on ne peut carrément plus le lâcher!
Je viens juste de le terminer (j'ai lu les 300 dernières pages d'une traite), et ça m'a vraiment  fait passer un sacré bon moment. L'intrigue est maligne (comme une tumeur ?), la mise en place minutieuse, et ce qui ne gâche rien, l'écriture plutôt agréable (comme chez Nesbo, il y a certains passages que ça m'a démangé de recopier...)
A suivre, donc!

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