mardi 28 avril 2009

contrecoup

De retour, donc, de Paris.
Content de rentrer mais ai été triste de partir. Le retour en train, quatre mecs dans le compartiment, pas un mot ou presque, permet de réfléchir, de récapituler, de faire le point (tenter de). Une semaine ensoleillée, chaude, douce, tendre, une semaine délicieuse, si ce n'est qu'elle laisse, de part et d'autre, deux têtes fleuries de questions.
Et que, paradoxalement, en arrivant chez moi, me suis senti comme abandonné. C'est tellement gratifiant d'avoir là, à portée de main,  quelqu'un qui vous caresse qui vous cajole, vous dit des choses gentilles et douces, quelqu'un qui est présent, vraiment, et ne l'est que pour vous, à ce moment précis.
Une semaine entre parenthèses (ni chez l'un ni chez l'autre) une semaine de peau contre peau et de mots contre mots. Peau touchée, mots partagés. Le genre de semaine à laquelle je ne suis pas (plus) habitué depuis un certain temps (longtemps), et pour laquelle forcément il me fallait reprendre mes marques.
Être à un, c'est évidemment tout à fait différent d'être à deux. Et lorsqu'on est, comme moi, habitué à occuper entièrement son espace, on pourrait avoir peur de se sentir envahi, vouloir préserver son territoire, vouloir reprendre illico ses anciennes habitudes, en un réflexe idiot, parce que c'est plus rassurant.
Oui, à être à deux, comme ça, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, on perd ses repères de vieil ours ronchon, on en est du coup un peu inquiet, destabilisé. Désorienté. Et cette peau chaude, c'est bien agréable, et poser la tête sur son épaule, ça l'est bien aussi. Et passer des heures au pieu, je ne vous en parle même pas...

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lundi 20 avril 2009

yess

Tiens...
et si j'allais un peu prendre du bon temps à Paris ?

cassegrain1990r

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dimanche 19 avril 2009

topographie

INLAND
de Tariq Teguia

Une aventure. Un genre de road-movie mental. Aussi géographique que cinématographique. Poussant jusqu'à l'extrême, jusqu'à l'incandescence, l'issue de son récit. Jusqu'au fondu au blanc, l'instant ultime où l'écran devient aussi vide (di'image) qu'il est plein (de lumière). Avec Rome plutôt que vous, son premier film, Tariq Teguia m'avait déjà beaucoup impressionné (je l'avais d'ailleurs mis dans les préférés de l'année).
Il a préféré battre le fer  (et la campagne ?) et nous livre donc, plutôt rapidement (?),comme en urgence,  ce deuxième film où il continue de creuser le sillon qu'il avait commencer à tracer.
Ce film-ci procède par chocs, thermiques, chromatiques, ou narratifs. Après un générique d'une extrème élégance formelle (image floue, lumière instable, calligraphie sobrissime -on ne vantera jamais assez les mérites des petites polices-) le réalisateur commence à poser sous nos yeux des fragments narratifs qui se heurtent au premier abord plus qu'ils ne se complètent. C'est un trajet à plusieurs voix, une conversation à plusieurs voies qu'il nous livre là, sans nous en donner les clés ni le mode d'emploi détaillé. Il s'agit en même temps d'histoire (celle d'un pays, entre autres, l'Algérie) et de géographie (celle d'un pays, entre autres, l'Algérie) et, à la fin du film, on se sent comme le héros qui, à un ami qui lui demande incrédule "Mais comment tu as fait pour arriver jusqu'ici ?" répond (je cite de mémoire ) "Je n'étais qu'à moitié là..."
(Il faudrait que je revoie le film d'ailleurs. A ma grande honte, j'avoue que j'y ai un peu dormi. J'y suis allé ce soir là parce qu'il ne passait que deux fois et l'autre soir je ne pouvais pas, et bien qu'en état de fatigue findetrimestrielle j'ai essayé de tenir mais mes yeux m'ont (lâchement) lâché et oui j'ai piqué du nez, plusieurs fois je le confesse et ça m'a m'a, rétrospectivement, mis en rage mais vous savez ce que c'est on ne peut pas lutter, la seule solution serait de se lever pour sortir de la salle mais on n'en est même pas capable, que le sommeil est traître! Mais ce qui me console, car j'avoue à la sortie j'étais un peu perdu, c'est que mon ami Hervé, qui lui n'avait pas fermé l'oeil, se posait néanmoins tout autant de questions que moi...)
Il est donc question de repérages (le personnage principal effectue des relevés topographiques) et de déplacements -plusieurs moyens de locomotion seront employés- (aller vers quelque chose, fuir autre chose, retourner vers), il est question de parole (prise de, absence de, celle donnée et celle tue), et il est question de violence (le pouvoir, la révolte, les émeutes, la répression), voilà pour quelques-uns des murs porteurs (des lignes de fuite) du (des) film(s) de Tariq Teguia. La narration est fractionnée, fragmentée, explosée presque pourrait-on dire pour rester dans la métaphore violente et l'abord en est relativement malaisé si l'on veut absolument faire oeuvre de logique et de rationalité (et vouloir à toute force raccrocher tous les morceaux), car le moins qu'on puisse dire est que ça ne tombe pas forcément sous le sens. Y a des morceaux qui résistent (et quand il ya de la résistance quelque part, c'est plutôt bon signe, non ? ça veut dire que le film en question ne risque pas d'être frappé d'alignement, par exemple.)
Tariq Teguia est indiscutablement un cinéaste. Un vrai, un pur et dur. Un qui cherche et qui ose, qui retourne le machin dans tous les sens et le secoue pour voir quel bruit ça faitun qui essaie, qui expérimente, qui préfère mettre les choses en place plutôt que de se creuser la tête à dire "et si on faisait..." Expérimentation, expérimental, j'avoue que ce sont des mots qui m'ont trotté dans la tête pendant la projection. Surtout quand je vois un mec qui aime autant (que moi) filmer à travers les vitres d'une bagnole en mouvement (c'est p't'être prétentieux, mais j'avais envie de lui dire "copain!") Déjà, c'était la fin de Rome plutôt que vous...

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samedi 18 avril 2009

confondant

PREDICTIONS
d'Alex Proyas

Tout d'abord, une mise au point : quelqu'un pourrait-il enfin dire à Nicholas Cage qu'il joue vraiment comme un pied ? C'en deviendrait presque émouvant. Je sais, je sais, bien fait pour moi, mais bon. Je voulais aller au ciéma, et j'avais peur de m'endormir face à Villa Amalia , par exemple. Et j'ai donc lu quelques autres critiques, jusqu'à ce que, tant moutons nous sommes, ô consommateurs (culturels ou autres) suivant les parcours balisés et pré-mâchants de la critique consumériste et impérative "Mangez ça, lisez ça, allez voir ça...", jusqu'à ce que donc, me saisisse l'envie irrépressible, irrésistible, d'aller voir ça, justement.
De la science-fiction, j'aime bien. Les histoires de fin du monde, aussi. Et j'avais plutôt bien aimé le Dark City du même Proyas. Alléché -appâté- notamment par Libé (Bayon, qui d'habitude m'insupporte -j'aurais dû me méfier- y parlait -je cite de mémoire- "d'inratable série B de la semaine") je m'y suis donc rendu.
Bon c'est vrai que je n'ai pas dormi. C'est vrai que l'atmosphère fifties du début est plutôt sympathique, que les catastrophes filmées ensuite (un accident de train et un autre de métro) sont plutôt bien foutues et nous donnent le sentiment à nous les hommes spectateurs d'en avoir pour nos sous, mais le dernier quart d'heure est tellement ridicule (Nicholas nous fait un festival de roulement de ses gros yeux comme un jeune veau à l'abattoir, de tombage sur les genoux , de tordage de mains convulsivement , de serre-moi fort contre ton corps c'est la fin du moooooonde) que le grotesque finit par l'emporter sur l'émotionnel , et que la fin du monde en question parait toute riquiquite (avec un message que certains qualifient de propagandesquement douteux et nauséabond, oui oui ça pourrait bien y ressembler...)
Bon quand même, il y a deux lapins qui sont sauvés... (serait-ce un signe ? message perso)

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jeudi 16 avril 2009

printemps(s)

c'est l'printemps!
les feuilles repoussent sur les arbres
(on les verrait grandir quasiment à vue d'oeil)

c'est l'printemps!
les températures redeviennent brusquement saisonnières (et au-delà)
(mais comme je ne ne peux pas fermer les radiateurs, des fois la nuit je bous, et je pense alors à certaine collègue chérie qui au même instant bout sans doute aussi)

c'est l'printemps!
les oiseaux chantent à nouveau le matin
(celui sous ma fenêtre grince plutôt, mais c'est un cas isolé, ou juste un mal de gorge passager)

c'est l'printemps!
les oiseaux chient à nouveau sur les capots des voitures (et de la mienne aussi, je ne sais pas ce qu'il avait mangé, mais c'était spécialement conséquent)

c'est l'printemps!
au FJt, les shorts et les pantacourts sont de retour
(sur des mollets poilus certes mais encore bien pâlichons et parfois bretzeliens -ce sont les plus jeunes qui s'y collent en premier!)

c'est l'printemps!
les routiers aussi en lèvent le haut
(et l'on voit les marcels refleurir dans les cabines, dévoilant fugitivement des épaules dodues et  parfois des buissons  luxuriants )

c'est l'printemps!
faut de nouveau penser au(x) jardin(s)
(et certaines copines ainsi vont abandonner sans regret aucun le chemin des salles obscures pour aller gratouiller la terre et ôter les mauvaises herbes)

c'est l'printemps!
les cloches sont de retour
(et dans les églises les statues dévoilées, mais ce n'est là qu'un souvenir -obsédant ?- de l'enfance)

c'est l'printemps!
il faut ranger les manteaux d"hiver
(et dans les magazines de dame, penser aux régimes d'été pour être sculpturale dans trois mois)

c'est l'printemps!
on a envie de fraises, de radis, de petites choses fraîches et neuves
(mon amie Pacoune disait "on fait des repas d'elfe...")

c'est l'printemps!
la séve monte dans les branches
(et se  prépare un peu partout la saison des accouplements, non ? -no comment- )

c'est l'printemps!
"le temps a laissé son manteau de vent de froidure et de pluie...'
(avant on s'écrivait -rituellement- "c'est la fin de l'hiver...")

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samedi 11 avril 2009

le test

Comme l'année dernière (je suis un homme organisé ?) je suis allé faire le test. Et comme j'ai une faculté assez remarquable pour oublier les difficultés d'une fois à l'autre, je me suis donc re-fadé le parcours du combattant : retrouver les jours et heures de consultation (certaines fois les fenêtres de tir  -passez-moi l'expression- sont vraiment étroites et pas toujours pratiques...)
Mercredi de 14 à 16 : quand j'arrive, la secrétaire m'annonce qu'il y a "peut-être un problème" : la dorctoresse est en principe absente mais comme elle n'a pas mis de mot l'annonçant, on peut peut-être espérer que. Attendez cinq minutes, me conseille-t-elle en souriant. Dans la "salle d'attente" (une délimitation du couloir par des cloisons transparentes), sur les 6 chaises, trois sont occupées par des pouffettes (on m'a soufflé le mot) : mais si vous voyez bien, le jean, le string, un peu les bourrelets, les yeux maquillés, les créoles, et surtout les portables, qui gloussent et soupirent et ronchonnent en voyant l'heure passer et point de doctoresse à l'horizon ne venir. Je finis par me lasser et quitte les lieux à 14h30 bien passées.
Jeudi : de 12 à 13.30 : je suis allé quand même bouffer rapidos et ai prévenu mes collègues que je serais peut-être un peu en retard. J'arrive à 12h30, et dans la salle d'attente sont assises deux des trois pouffettes d'hier après-midi, qui me reconnaissant me demandent pour quoi je viens, et me confirment qu'hier elles ont attendu plus longtemps que moi mais en vain. La secrétaire arrive, et, toujours souriante nous informe que la doctoresse est là (son bureau est ouvert) mais qu'elle n'est pas là (elle est quelque part dans le service...) Elle finit quand même par arriver (c'est la dame tristounette à qui j'ai eu affaire l'an dernier), qui veut absolument que je passe aussi le dépistage de la siphylis (syphilis ? siphilys?) et c'est dommage que j'ai fait pipi j'aurais pu aussi faire les chlamydiae (et pourquoi pas la lèpre et la peste bubonique, hein, tant qu'on y est...) et me donne enfin mon petit tickson : les résultats seront dispo demain (mais pas pour la syph machin, il faut une semaine). C'est bien, pas trop longtemps à me morfondre attendre! Elle me salue (toujours un peu tristounettement, elle avait aussi le même air quand elle m'a demandé si par exemple je fumais régulièrement du crack ou quoi qu'est-ce...) Je finis par me faire piquer par l'infirmière (qui m'avait distraitement oublié dans la salle d'attente et s'en excuse) et je repars, pile-poil dans les temps...
Vendredi : de 17 à 19 : pas possible
Samedi de 10 à 12 : dans la salle d'attente, il n'y a personne, dans le reste du bâtiment moins de monde que d'hab', aussi. Des téléphones sonnent longuement dans le vide , le bureau de la doctoresse est ouvert, la salle de l'infimière aussi Je prends mon journal et je lis... Au bout d'un certain temps arrive une demoiselle rigolarde qui me fait signe de la suivre et me reproche de ne pas lui avoir fait signe avant, qu'elle ne savait pas que j'étais là (euh moi non plus, d'ailleurs!) C'est l'autre doctoresse ! Le jour et la nuit, quasiment, entre les deux. Toujours en rigolant, elle me fait entrer dans son bureau (le deuxième, celui après celui de la doctoresse triste) et commence à farfouiller dans les papiers pour trouver mes résultats (j'ai sorti mon numéro) et m'explique, tiens,  que mon numéro a sauté (ça arrive régulièrement : dans une série, de temps en temps, il y a un numéro qui saute pour la publication des résultats, et là pas de bol c'est le mien : elle a genre les cinq précédents et les cinq suivants mais le mien bernique...) Pas de panique, elle appelle le labo, tombe sur la collègue, lui explique le truc, qui lui passe le chef de machin, auquel elle promet des chocolats pour Pâques en disant que "le monsieur assis en face d'elle (moi en l'occurence) aimerait bien passer un week-end de Pâques tranquille..." Deux minutes après, miracle de la technologie, hop, c'est arrivé sur son écran d'ordi, qu'elle tourne vers moi, toujours en se marrant, pour que je puisse lire les résultats moi-même : Je suis donc négatif, et, de plus, elle me félicite pour la qualité de mes anticorps, qui sont super-forts!
Nous nous séparons (joyeusement) en épiloguant sur le fait que je ne pourrai hélas pas donner de mon sang super-fort (on me l'a refusé la dernière fois, sous prétexte que j'étais pédé) et elle me console en me disant qu'elle non plus ne peut pas donner parce que travaillant en milieu hospitalier, et on conclue en disant "tant pis pur eux!" (ceux qui ne veulent pas de notre joli sang qu'on était pourtant prêt à donner...) Et je sors, plutôt guillerettement (quelques pas de danse genre Fred Astaire et Gene Kelly en duo mentalement).

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vendredi 10 avril 2009

canon scié

LOS BASTARDOS
d'Amat Escalante

Ohlala... Dans quelle case ranger ça ? Sous quelle étiquette ? Bourrinade métaphysique ? Polar distancié ? Documentaire saignant ? Argumentation sociale roublarde ?
Dès le début (affiche avec gros flingue agressif, générique rouge avec grosses guitares), on sait que ça va mal tourner, mal finir, qu'il ne peut pas en être autrement.
Premier plan : deux personnages, venus du fin fond du plan s'avancent vers le spectateur en temps réel. Ils vont chercher du travail, comme tous les matins. Dernier plan du film, des mecs ramassent des fraises (même progression géométrique que dans le premier plan) la caméra en suit un, plus particulièrement. C'est un des deux du début. Il pleure. FIN en gros s'inscrit sur l'écran (qui passe au vert).
L'analyse situation initiale / situation finale (c'est comme ça qu'on pratiquait l'analyse filmique il y a déjà un certain temps) pourrait induire en erreur. Ils étaient deux à chercher du travail, il y en a un qui en a trouvé, et il est triste parce que son copain pas ? Pas du tout, pas du tout. L'essentiel du film étant constitué par une "bulle" (unité de temps de lieu et d'action) qui n'a rien à voir avec le reste. Quoique.
Des mexicains clandestins qui ont franchi la frontière, qui se font exploiter par des yankees blancs blancs et arrogants pour 8$ de l'heure, qui se contentent pour vivre des miettes d'un système qui les a rejetés et les méprise, c'est normal qu'à un moment ou à un autre ça pète.
Les voilà donc introduits par effraction dans une baraque où une dame blondinette passe une soirée seulette, crackée devant la téloche (son ado mutique de fils est parti chez des potes) On suppose (et elle aussi) qu'ils sont venus là pour la tuer, seulement ça n'est pas aussi simple (sinon le film durerait un quart d'heure et basta, cabron !) On n'est pas dans un rapport cérébralo/pervers à la Haneke, c'est plus compliqué que ça. Ou beaucoup plus simple.
Avant, simplement, comme des gosses devant une vitrine fracassée, ils vont se servir et en profiter un peu. Manger, boire, un petit plongeon dans la piscine, une petite fumette, (on se prend à espérer vaguement, mais non mais non tout ça va bien se terminer, allez) jusqu'à ce que tout ça nous pète à la gueule (et c'est très exactement ce qui se passe, et même plutôt deux fois qu'une...)
Quand le film passe au vert, et que les lumières se rallument dans la salle, on reste là, un peu sonné pour le compte. K.O technique.
Décidément le cinéma mexicain arrivera à chaque fois à nous surprendre...

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jeudi 9 avril 2009

"tous mes amis qui faisaient du sport sont morts"

IL DIVO
de Paolo Sorrentino

Un film complexe. Italiennement complexe. D'autant plus que, je le confesse, je suis une burne en histoire, et en histoire politique italienne spécialement. On reçoit une rafale de noms et de dates, encore  plus complexes puisqu'il y a des flash-backs, et, comme on (je) est vite perdu, on se laisse aller, on accepte de ne pas vraiment tout comprendre, et on se laisse fasciner par la forme (un peu comme on l'avait été par celle de Gomorra). Le "héros" s'applle Giulio Andreotti, il est au pouvoir depuis presque cinquante ans si j'ai bien compris, et, dans le film, il est aussi expressif que la marionnette de Mitterrand aux Guignols (à laquelle il fait d'ailleurs furieusement penser). Il a le charisme d'une sole avariée et, autour de lui, ça dégomme dur (corruption et Mafia obligent). Le film est un catalogue de morts violentes et d'images fortes, avec un enrobage musical "ironique" (ironiquement rital ?) mais fichtrement efficace (c'est un plaisir que de s'en prendre autant dans les oreilles). Une forme brillante, ludique presque (le réalisateur joue avec les sous-titres rouges qui annoncent les personnages, par exemple) "agréable", au service d'un sujet somme toute beaucoup moins ragoûtant mais beaucoup plus inquiétant... Car, comme l'a dit le monsieur qui animait le débat "Rien dans le film n'est faux." Aldo Moro, la loge P2, les Brigades rouges... souvenirs souvenirs...
Euh, au fait il divo, c'est le mari de la diva ?

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mardi 7 avril 2009

"faut faire quelque chose de spécial quand on sort ensemble ?"

MORSE
de Tomas Alfredson

Un film étrange. Générique silence complet, de la neige qui tombe... L'histoire d'amour (?) d'un blondinet et d'une brunette, d'une douzaine d'années environ, sauf que le blondinet en question est un maigrichon à lunettes souffre-douleur de ses camarades d'école et que la brunette lui avouera avoir douze ans "depuis un certain temps" et s'avèrera n'être rien de moins qu'une vampirette.
Un film très très loin du folklore habituel (pas la moindre gousse d'ail ni, encore moins, la moindre canine saillante en vue) juste une métaphore sur la rencontre de deux solitudes urbaines contemporaines (enfin, le film est censé se passer dans les années 70...) d'une lenteur et d'une sobriété assez fascinantes, suffisamment pour que les quelques "images-choc" (un visage défiguré à l'acide, un corps qui s'embrase) n'en apparaissent que plus déplacées, et presque injustifiées.
C'est scandinave, et donc plutôt givré (ça devient un peu une habitude) mais plutôt dans le genre cotonneux glacé hypnotique que dans le nonsense loufoque et brise-glace (quoique la dernière scène, celle de la piscine...)
Quelques jours après l'avoir vu subsiste surtout le souvenir d'une histoire d'amour un peu maladroite, de neige qui crisse, de bouche barbouillée, quelque chose de, paradoxalement, aussi doux qu'amer. Atypique.

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dimanche 5 avril 2009

en allemand

STILLE NACHT
Compagnie Oh! Oui

J'avais pas trop envie d'y aller. Et j'ai dit en rigolant caliméresquement à Catherine "Mais si je n'y vais pas, je suis sûr que je vais encore rater le spectacle de l'année!" J'y suis donc allé. Et ce le fut. J'ai tout aimé. Une comédienne (et conceptrice) : Alexandra Fleischer, / un musicien (et metteur en scène) : Joachim Latarjet  / un danseur (qui fait tout, ou presque) : Alexandre Théry.
Et de la musique (enregistrée et/ou jouée live), répétititive, minimaliste, cuivrée, obsédante. Parfaite.
Et de la vidéo (le papa de la demoiselle,en leitmotiv,  touchant, plus quelques extraits de cartoons, en contrepoint.
Et de la danse (le petit danseur rablé trapu est très impressionnant) en solo ou en pas de deux. Et des histoires, racontées ou chuchotées, qui parlent des morts, de la mort, de la peur, d'assaillant et de de pourchassé, et des flèches aussi.
Le point de départ (un non-dit familial) est le pré/texte à parler de chasse, de guerre, et surtout de proie, (les textes choisis sont magnifiques), d'une certaine forme de violence, donc, perçue à travers le prisme / le filtre du monde  de l'enfance.
Une merveille.
"C'est beau, tout simple..." a dit à la fin mon amie Dominique. Moi j'ai juste dit "Ohlala j'ai adoré..."

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