vendredi 4 décembre 2009

l'homme du jour

C'est incontestablement ce monsieur.
Il s'appelle Ron Yossef.

rabbin

(dsl la photo n'est pas très bonne, c'est un scan de la page 31 du Libé du 2 décembre, dans un long article  (2 pages) qui s'intitule " Vous avez devant vous un rabbin homosexuel" (la citation exacte, dans l'article est " "J'ai pensé que j'avais la responsabilité, comme juif et comme rabbin, de dire devant tout le monde : "Voilà, vous avez en face de vous un rabbin orthodoxe homosexuel. Maintenant vous ne pourrez plus dire que les homosexuels religieux n'existent pas.""
Chapeau.

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jeudi 3 décembre 2009

ce que je ressens

Voilà, depuis deux jours (depuis mardi midi, exactement) je re-sens. oui l'odorat m'est partiellement revenu, pour je ne sais d'ailleurs quelle mystérieuse raison (non non, je ne suis pas amoureux...), et, je le sais aussi, pour un certain temps hélas. Mon odorat m'apporte des messages, de façon discontinue certes, mais des messages tout de même. Le plus agaçant, c'est que je me suis comme qui dirait tout le temps en train de vérifier que je sens encore. Et que tout cela est faible, malgré tout, et discontinu.
Ca fait drôle de s'apercevoir (de se rappeler que) chaque endroit a une odeur spécifique, plus ou moins agréable (j'ai senti l'odeur du couloir, l'odeur de mon appart, celle de mon lit...) comme chaque personne aussi (quel plaisir de constater comme Marie ce matin sentait bon quand je lui ai fait la bise!).
Hier soir, il y avait un truc qui cuisait dans le four et je le sentais, vraiment. J'ai senti le goût du comté, celui du Bourgueil, du yaourt aux cerises, du beurre de cacahuètes, des oranges (dans ces cas-là je bouffe un peu n'importe quoi, il s'agit juste de "retrouver" le maximum de saveurs), et, paradoxalement découvert que cette soupe "aux légumes et semoule de couscous", que je croyais parfumée, n'en avait pratiquement aucun, de parfum.
Un peu déçu, aussi, ce midi au FJT, de constater que "mes" ouvriers en joyeuses bandes n'avaient aucun arôme spécifique, pas le moindre fumet viril comme j'aurais pu en  rêver (ou peut-être qu'il aurait fallu s'approcher davantage, intimement, et les humer, là, juste dans le cou...)
Voilà, ça ne va pas durer, je le sais, j'ai même le sentiment que déjà ça recommence à s'atténuer, mais en attendant, j'en profite...

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le bruit de la mer

A PROPOS D'ELLY
d'Asghar Farhadi

Idées reçues... Etonnant de voir un film iranien résolument inscrit dans une contemporanéité à laquelle on n'est pas habitué (pour moi, d'habitude, c'est essentiellement des histoires de gamins qui n'ont pas de souliers, de femmes voilées et maltraitées, de paysans marchant à côté de leur âne...), et voilà des 4x4 (pour faire plaisir à GB), des téléphones portables, des week-ends de rigolade au bord de la mer entre couples amis... Non, la middle class iranienne, on n'y est pas habitué.
Parmi ces huit adultes, et leurs enfants, il y a deux célibataires : Ahmad, (un charmant garçon, réglons  d'ailleurs une fois pour toutes le problème de ces messieurs iraniens "à poil dur" : ils sont, je le confirme, tout à fait mon type -d'ailleurs la syntaxe ne voudrait-elle pas que j'accorde et que j'écrive tout à fait mes types? - fin provisoire de la parenthèse), tout frais divorcé (tiens, d'ailleurs, on divorce, en Iran ?) et Elly, la charmante, rosissante, et si discrète institutrice de la fille de Sepideh (celle qui a tout organisé), que d'aucuns souhaiteraient voir tomber dans les bras l'un de l'autre. Car, après tout, on est quand même venus là pour ça, non ?
Ca commence dans une ambiance de Sautet iranien (qui se souvient de Vincent, Francois, etc. ?), en une longue et chahuteuse exposition (on voit même -mmmh- les messieurs qui dansent, avec cette troublante sensualité moyen-orientale qui s'exprime en mouvements de bras et de bassin...), jusqu'à -rupture dans le discours- un soudain climax émotionnel et aquatique (un peu surmédiatisé, peut-être ?) : l'un des enfants manque de se noyer, qui va en dévoiler un autre : Elly a disparu.
Noyée ? On la recherche, en vain. Vexée ? Repartie à pied ? Son sac est encore là, et son portable aussi.  On s'interroge... A chaque fois, Sepideh, l'organisatrice (et entremetteuse) est en cause... Dans le groupe, ça s'engueule, sur la suite des évènements, la tension monte, certains frappent leur épouse, d'autres flippent, veulent repartir à Téhéran toutes affaires cessantes, d'autant plus qu'Elly semble de moins en moins être ,en réalité, la jeune fille discrète obéissante et bien rangée qu'elle paraissait. La voici fiancée, émancipée  (ses parents ne sont pas au courant), prise en flagrant délit de mensonge, de dissimulation... Ce qui n'est pas fait pour plaire aux différents membres du groupe (les mâles, mais pas que), d'autant plus que -aïe aïe aïe!- voici le fiancé (et non le frère comme elle avait voulu le faire croire) qui arrive pour demander des comptes, au tout du moins qu'on lui explique ce qui s'est passé.
(Parenthèse "iraniens jolis ": celui-ci est vraiment un amour de (entre loukhoum et roudoudou... quelqu'un connaitrait-il un nom de bonbon iranien ?) sur pattes, oeil de gazelle en sus -on ne comprend pas d'ailleurs comment on pourrait bien avoir envie de le larguer...- on a juste envie de le caresser tellement il a l'air à poil doux) dans une dernière partie qui est peut-être celle qui m'a le plus touché, où le réalisateur met en place cet affrontement entre cet homme et le groupe des amis, entre un amoureux et ses (dés)illusions (le face à face final dans la cuisine avec Sepideh m'a vraiment bouleversé), dans sa recherche de la vérité, jusqu'à la révélation finale (qui n'est pas vraiment une surprise mais clôt dignement le chapitre.)
Le film, tel qu'il est, je le répète, m'a beaucoup plu (et pas uniquement à cause des messieurs à poil dur je le répète aussi), montrant qu'il est possible de parler de l'Iran d'aujourd'hui sans misérabilisme folklorique (mais d'aucuns déploreront sans doute cette mondialisation cinématographique, en quelque sorte... vont-ils trouver quand même leur compte de mêêrveilleux paysages ?), que les problèmes entre hommes et femmes sont un thème universel (et l'amour aussi), même s'ils revêtent là-bas une spécificité que nous autres ici ne sommes pas forcément à même de comprendre, et que, finalement, un bon réalisateur est toujours un bon réalisateur, d'où qu'il soit. Je ne connaissais pas Asghar Farhadi,  mais j'avoue que ce film a suffisamment piqué ma curiosité pour que j'ai envie d'en voir autre chose. C'est vraiment très bien filmé, je trouve, et, alors que j'étais vraiment crevé, j'ai trouvé la force de ne pas me laisser aller et de ne pas fermer l'oeil ne serait-ce qu'une seconde. L'Iran est un pays qui a été ces derniers temps sous les feux de l'actualité, pas pour des raisons très joyeuses, mais ce film a l'honnêteté de tenir sa note propre, et juste, en se tenant sans cesse dans un  équilibre (il n'est jamais, par exemple, question de religion) pas forcément facile.

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lundi 30 novembre 2009

micro72

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A la sortie de Besançon, un panneau annonce de la boue sur quinze kilomètres.

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Brigitte Fontaine aurait déclaré à la radio avoir été enchantée par le public de son concert de Vesoul...

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mon réveil sonne quand il ne devrait pas et ne sonne pas quand il devrait

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c'est à Bordeaux que la Garonne a des marées

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(les doigts pincés dans les volets)

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je préfère les oranges sans traitement après récolte,
parce qu'on y trouve souvent des bébés-oranges à l'intérieur

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"pour une fois que c'est pas sur moi que ça tombe..."

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"C'est un bras, lui fis-je remarquer. Ca ne mord pas."

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"Tu me remontres la photo où j'étais mort ?"
(réellement prononcé cet après-midi)

*

 

 

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mercredi 25 novembre 2009

la vengeance de la tortue

LE VILAIN
d'Albert Dupontel

Il n'y a rien de plus triste qu'un film "drôle" qui ne vous fait pas rire, il n'y a rien de plus triste que d'être (à ce point) déçu par un film qu'on avait envie d'aimer, il n'y a rien de plus triste que de voir des talents gâchés, il n'y a rien de plus triste que d'essayer de sauver quelque chose du film, et de ne vraiment pas en avoir de quoi même remplir le fond d'une cagette. ("si, la tortue...", me souffle Marie par-dessus l'épaule, ce à quoi je rétorque "oui, la première fois...")
Voilà, c'est dommage. On le (pres)sentait dès le début (ça démarre mal), et ça ne continue pas mieux. il y a d'abord un problème de scénario (quelle histoire il a donc bien voulu raconter ?), qui génère des problèmes de personnages, de situations, de rythme (quand j'ai regardé ma montre, il restait encore la moitié du film, et ça m'a fait soupirer...)
Le vilain ne l'est pas assez, ou trop, ou pas de la bonne façon, ou pas pour les bonnes raisons. Rien ne fonctionne, et même Bouli Lanners n'est pas bon, c'est dire (mais quel idée que de le gominer, de même que quelle (fausse bonne) idée de faire jouer une vieille à Catherine Frot...) Je déteste sortir du cinéma en ayant le sentiment d'avoir perdu mon temps. C'était le cas. La folie (furieuse) de Dupontel, qui m'avait tant plu et touché dans Enfermés dehors tourne ici à vide...
Oui, c'est dommage.

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lundi 23 novembre 2009

la malveillance

LE RUBAN BLANC
de Michael Haneke

J'avais entendu divers échos, ici et là, mais je voulais me rendre compte par moi-même. Ce fut chose faite hier. Un film, donc, en noir et blanc pour l'image (un noir et blanc, on a déjà du vous le dire, somptueux, nickel, aux petits oignons, un noir et blanc d'anthologie, comme dirait mon ami Nicolas "rien vu d'aussi beau depuis le noir et blanc de Dead Man"), et, pour l'histoire, on serait simplement en noir et noir. Vous ne risquez pas une luxation des zygomatiques. On connaît notre ami Michael H., ses ambiances et ses thèmes de prédilection, et on est sûr qu'il ne risque pas de nous faire un jour Mary Poppins 2 ("Elle revient et elle est encore plus contente...").
Pourtant des enfants, il y en a ici, et même beaucoup...Mais, bon, c'est pas la joie. Rétrospectivement, Le ruban blanc pourrait un peu évoquer le résultat de l'accouplement contre nature entre L'arbre aux sabots et... Le village des damnés (celui de Wolf Rilla, en noir et blanc). Parce que  la vie des paysans au début du siècle, et parce que des enfants meurtriers. Mais plus qu'un conte (pourtant revendiqué en tant que structure, avec ses parenthèses narratives, ouverture et  fondu au noir entre deux génériques rigoureusement silencieux,et son narrateur, l'instituteur du village, la seule personne à peu près "normale" du village comme on le vérifiera par la suite)plus qu'un conte donc, le film serait plutôt un genre de catalogue du malheur : du malheur d'être pauvre, du malheur d'être un enfant, du malheur d'être veuf, du malheur d'être baron, du malheur d'être trisomique, du malheur d'être exploité, du malheur d'être pieux, du malheur d'avoir un physique ingrat, du malheur de ne pouvoir d'exprimer, du malheur d'avoir à se venger, du malheur d'être un oiseau en cage, du malheur de (ne plus pouvoir) se toucher, du malheur d'avoir mauvaise haleine, du malheur du mensonge, du malheur de l'adultère, du malheur etc.
Il commence avec un accident de cheval (un attentat au câble tendu entre deux poteaux et paf le cheval)  contre le médecin du village, et se termine par l'attentat de Sarajevo  qui marque le début de la Première Guerre Mondiale. Et relate, entre les deux, une série d'évènements inexplicables (accidents, mort, enlèvement(s)) qui bouleversent le quotidien d'un village de paysans (de serfs, plutôt) auxquels sont -presque toujours- associés des enfants, qu'on voit toujours en groupe comme dans Le village des damnés. Une entité enfantine. Les enfants du médecin, ceux du pasteur, ceux du régisseur (ces gaillards-là ont en commun d'avoir des familles nombreuses), à qui le narrateur -l'instituteur je le rappelle- a régulièrement affaire, et envers qui il va commencer comme on dit à nourrir des soupçons.
Car les têtes blondes ont semble-t-il quelques bonnes raisons de se montrer (aussi) vindicatives : non seulement le film énumère les différents malheurs, mais il dresse aussi un catalogue, un constat aussi exhaustif qu'effrayant, de toutes les différentes façons (physiques et morales) dont on peut faire du mal à un enfant. Le rapport à la violence (montrée ou non) est un autre passage obligé de la problématique hanekienne. Et, de ce point de vue là, on n'est pas déçu si j'ose dire. La violence "physique" est à peu près tout ce qui reste  à un être que l'on a soumis durablement à l'humiliation. Et les fils doivent-ils payer pour les péchés de leurs pères, ou bien le contraire ?
Pour oser une comparaison facile, je dirais que le film est, à l'image du câble meurtrier du début, extrêmement tendu et-d'une certaine façon- vengeur. Ce qui est appréciable, c'est que, après le dernier silence du générique, tout n'est pas résolu, (au contraire, pourrait-on dire, les dernières minutes du film viennent rajouter une brouettée de points d'interrogation, suite aux "révélations" qui y sont faites, et aux questions que se pose le spectateur.
C'est finalement un Haneke assez soft (je ne veux toujours pas voir Funny Games, et me souviens encore avec un certain effroi de Benny's video...), une reconstitution historique, les costumes, le noir et blanc, la richesse de la langue... une "belle" oeuvre (je mets à dessein les guillemets), dont la maîtrise esthétique (la "joliesse"...) vient à point  pour contrebalancer le pessimisme et la rigueur du propos. Un film auquel on ne peut pas s'empêcher de repenser (et duquel on ne peut que reparler). En tous cas, en ce qui me concerne, un de ses films les plus aboutis.

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samedi 21 novembre 2009

poissons volants

Je ne suis pas très people ni chronique mondaine, et c'est rare que je me fasse ici l'écho d'une disparition. Sauf quand il s'agit de quelqu'un qui me touche.
Voilà, j'ai appris hier (en retard, comme toujours) celle de Kriss

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Kriss, c'était, bien sûr, une voix. Pour moi qui ne suis pas très radio, j'étais, un certain week-end des années 80, tombé sur "L'oreille en coin, une émission de Pierre Codou et Jean Garretto", avec son générique trompettant, et , en plein milieu cette voix si reconnaissable, si FIP, cette voix suave, cette voix délicieuse, cette voix inimitable, et surtout qui racontait des choses qui me touchaient, qui me faisaient rire...
Et je l'ai suivie, de loin en loin. J'avais même acheté son bouquin Sur un air de poissons volants... Elle faisait partie de ces gens que je ne connais pas vraiment mais pour qui j'éprouve une immense sympathie, des gens  avec qui justement on aimerait être plu proche...

Voilà, Kriss est partie raconter ailleurs, et je suis tristounet.

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vendredi 20 novembre 2009

... après l'heure c'est trop tard

(je me suis engagé à chroniquer tous les films que je voyais, mais bon là ça commence à s'accumuler, alors comme Zvezdo je vais tenter de faire bref)

RIVERS AND TIDES
de Thomas Riedelsheimer

Un documentaire apaisant (dixit Marie) sur les travaux du land-artist Andy Goldsworthy. La nature, l'eau, les pierres... Des moments vraiment beaux.(oserais-je mettre sur le même plan un serpent de feuilles qui dérive dans un ruisseau et un gros maçon torse nu en caleçon fleuri ? Non, je plaisante...)

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LETTRE D'UNE INCONNUE
de Max Ophuls

Je voulais absolument revoir ce film. Finalement, (soyons cruel) ce n'est que l'histoire d'une gourdasse amoureuse d'un bellâtre. Classiquement joli. (et joliment classique). A la fois un peu "too much" et le genre d'histoire qui ne peut qu'extrêmement me toucher ("je vous ai aimé en secret toute ma vie...") .Trouvé hélas les deux acteurs principaux peut-être un peu fadasses...

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A CÔTE
de Stéphane Mercurio

Un documentaire poignant sur la prison, mais "sans prisonniers et sans gardiens", juste avec des femmes (épouses et mères de détenus) principalement, et ce qu'est leur vie (les parloirs, l'administration pénitentiaire, l'attente, l'espoir, le désespoir...), avec une mise en forme intéressante (tout ce qui se passe "dehors" est traité en images fixes) et une indéniable recherche plastique.

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Z32
d'Avi Mograbi

Un documentaire qui n'aurait presque plus de documentaire que le nom, tant la forme prime sur le fond (un soldat israélien témoigne -à visage numériquement caché- qu'il a participé a une expédition punitive contre des policiers palestiniens). Le réalisateur (un habitué) traite ça sous forme de comédie musicale yiddish distanciée dans son salon. Bluffant, mais sacrément "questionnant".

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(tiens et pour faire bon poids, un spectacle de danse)

FRESQUE, FEMMES REGARDANT A GAUCHE
de Pacon Decina (et sa compagnie)

La danse, c'est fragile, il suffirait de peu pour qu'on ne voit plus que des gens qui se tortillent ou qui font de la gymnastique. Ici, on a un peu peur de ça au début : plateau nu, pas de musique (puis "ou presque..."), et on se laisse progressivement contaminer par cette douceur, cette... simplicité, cette extrême fluidité des mouvements et, oui osons le mot, cette grâce.

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jeudi 19 novembre 2009

scarabée

A L'ORIGINE
de Xavier Giannoli

"C'est un drôle de truc de pouvoir aider les gens..." 
Au cinéma, j'ai toujours un peu peur peur face aux histoires d'imposture, (les "sérieuses", sinon c'est plutôt sympa) surtout quand un petit panneau annonce "d'après une histoire vraie". L'emploi du temps, de Laurent Cantet m'avait glacé, donc, j'étais au début, dans mes petits souliers.
François Cluzet (parfait) incarne un petit escroc, qui vit de petites combines (amasser le plus d'argent le plus vite possible et de disparaître). Au début du film, il arrive dans une région "sinistrée", laissée exsangue et chômageuse par les délocalisations diverses et l'arrêt prématuré d'un chantier énorme concernant un tronçon d'autoroute, entre Je ne Sais pas où et Là-bas Nulle part. Le voilà qui met le doigt dans un engrenage qu'il ne soupçonnait pas : l'espoir. En se faisant passer pour un mec d'une société Z filiale de la grosse boîte Trucmuche qui justement avait abandonné le chantier, voilà que viennent à lui, comme par enchantement, tous ceux qui s'étaient sentis floués, exclus, abandonnés, et que l'arnaque va se monter quasiment toute seule, grâce à la ferveur, au besoin de croire, (aux illusions balzaciennement perdues puis retrouvées) que lui témoignent tout ceux qui l'approchent, dans un effet de contamination quasi pandémique. Une femme de chambre, son jeune copain, les proprios d'une boîte de location de matériel, un gros chef de chantier, tous sont touchés les un après les autres, jusqu'à la mairesse (Emmanuelle Devos, sublime, qui n'a jamais été filmée aussi amoureusement -surtout ses yeux-) , ses adjoints, et même le banquier local, oui, tous vont venir lui manger dans la main, pour remettre en chantier ce tronçon autoroutier...
Jusqu'au jour où...
Le film est très intelligemment fait. Philippe Miller (l'arnaqueur) sait qu'il a trois mois pour amasser le maximum d'argent avant que le pot-aux-roses soit découvert. Donc, au début, consciencieusement, il fait tout pour entasser des billets et des billets dans son petit coffre-fort, (billets qu'il repasse d'ailleurs amoureusement), tout en regardant malgré tout -avec un début d'inquiétude- grossir démesurément la bulle de l'arnaque qu'il a mise -presque malgré lui- en place, et qu'il contrôle d'ailleurs de moins en moins. Les machines sont là, les ouvriers aussi, et tout se met en branle, inexorablement pourrait-on dire.
Car chaque jour qui passe, même s'il représente des mètres supplémentaires sur le tronçon routier, le rapproche aussi inexorablement de la date du 28 novembre, à laquelle il sait que toutes ses magouilles vont être dévoilées (même si, avant, courent déjà ça et là quelques interrogations, soupçons, et autres inquiétudes). Que la baudruche va se dégonfler, l'édifice va s'écrouler (déjà il se lézarde), la réalité va le rattraper. Oui, que tout va se casser la gueule.
Et voici qu'au moment où il commence à paniquer, vide son petit  coffre et décide de s'enfuir, le récit effectue une genre de demi-tour au frein à main, quand, justement, il s'arrête, comme pris de remords, pour prendre en stop le jeune homme qui lui sert de chauffeur, sous une pluie de tous les diables. Et passe de l'autre côté du miroir de son arnaque ?
Voici que ce personnage d'arnaqueur à la petite semaine va soudain se nimber d'une aura quasi messianique. Ce que les autres ont entrepris avec ferveur sous l'impulsion de ces petites magouilles et mensonges, voilà qu'à son tour il va se mettre à y croire, et tout faire pour que ce chantier soit réellement mené à son terme, que ce tronçon soit terminé dans les délais, en dépit des intempéries, en dépit du manque d'argent, en dépit de son irréalité... Il ira jusqu'à payer de sa personne, face un Gégé Depardieu en deus ex machina, monstrueux (dans tous les sens du terme), et pas seulement de sa personne, mais aussi jusqu'au dernier cent de son précieux petit coffre. Bien entendu, ça ne finira pas très bien (quand c'est "d'après une histoire vraie", en général ça ne finit pas bien...)
Le film est un film de visages et de corps, un film de souffles et de sueur (et donc bien entendu de boue  -à défaut de sang- et de larmes, Xavier Giannoli connaît la chanson...) Un film sur l'espoir et le désespoir, sur l'illusion (qu'elle soir amoureuse ou financière), bref un film d'homme(s).  Avec des acteurs magnifiques (Cluzet tout en sobriété, Emmanuelle Devos lumineuse, Vincent Rottiers rugueux juste ce qu'il faut, et tous les autres à l'avenant) pour une histoire qui ne l'est pas moins...

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mercredi 18 novembre 2009

médusé

(attention, âmes prudes et chastes yeux, ne lisez pas plus loin...)
J'ai loupé de peu l'attaque cardiaque : j'étais assis dans ma voiture, au soleil, en train de lire la rubrique cinéma de mon quotidien préféré, lorsqu'est venu se garer bruyamment derrière moi un camion allemand (j'ai juste regardé la plaque). En descend illico le chauffeur, qui passe sur le côté pour se dissimuler aux yeux des passants lorsqu'il fait son gros pipi. (les routiers anglo-saxons appellent ça watering the tires). Je le suis des yeux dans le rétro, quand même un peu intéressé, puis je le vois se remettre les choses en places remonter dans le bahut, et claquer la portière.
Je crois l'affaire terminée, quand, en jetant à nouveau un coup d'oeil dans le rétro, je vois... un truc. Que je n'identifie pas immédiatement. Il se tient debout au milieu de l'habitacle, et l'angle des rayons du soleil fait que le haut du corps reste dans l'obscurité. Qu'est-ce ? Je regarde mieux, oui, oui, il n'y a pas de doute, il est là, immobile, et, visiblement il vient d'enlever le bas. Je vois la touffe noire, je vois sa teub. Mon coeur fait comme qui dirait un bond. Serait-ce une invite ?
Je sors de la voiture, et me rapproche juste un peu du camion. Il y a comme un mouvement, à l'intérieur, après ces quelques secondes "suspendues",  il se penche, s'agite, et visiblement, ôte son slip. Je suis comme hypnotisé. Il continue, se retourne, et m'exhibe cette fois son côté face, un cul assez joyeusement rebondi. et apparemment velu. Je reste là, à baver quasiment, quand il y a un nouveau mouvement, et je le vois, après m'avoir jeté un oeil, effectuer un nouveau mouvement, pour enfiler un shorty blanc (que j'imagine repassé de frais et sentant bon l'adoucissant). Hop! il remballe tout, et continue, cette fois-ci, il faut un peu plus se contorsionner, il remet son jean...
Ce spectacle charmant n'a pas duré plus de deux minutes, je réalise alors que j'avais l'appareil-photo dans mon sac et que j'aurais pu immortaliser l'événement, peut-être, non ? Non.
Et je suis resté là, comme un con, pendant que le bahut redémarrait virilement...

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