samedi 1 août 2009

inventaire juillet 09

beaucoup de parties de scrabble
ce que tu me chantonnais au creux de l'oreille
des coquilles St-Jacques
des photos de gouttes
des poissons fumés
deux casquettes
dix jours de tendresse
du quinoa
la chaîne VH1 classic
la recette du riz au lait cuit au four
le deuxième et le second
le pâté de pommes de terre de P.
pas mal de pluie
plusieurs feux d'artifices
quelques soirées télé en tête à tête sur le canapé
un coupe-vent doublé
un déménagement putatif
un demi-citron sur une petite assiette
un diabolo-menthe
un petit pyjama
un pique-nique sur un parking
un pot de caramel au beurre salé
un pot de miel
un protège-évier
un sac de courses en plastique vert
un siphon neuf
un voyage Paris-Vesoul  en train
une excursion à Sein
une journée à Dijon
une maquette de carte Tati
une nuit de tarot
une partie de pétanque
une rencontre avec une auteur(e) de théâtre à Bussang
une soirée estivale sur la terrasse des B.
Vulnerable des Pet Shop Boys

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vendredi 31 juillet 2009

ballons

LA-HAUT
de Pete Docter

Tout comme le moyen de propulsion utilisé par le héros pour trimballer sa maison, on en ressort léger, léger, avec un sourire ravi. Oui ce film est délicieux, emballant, touchant, ravissant, au sens propre. Décidément, les studios Pixar placent à chaque fois la barre un poil plus haut! Comme dans Wall-e on pourrait  presque dire qu'il y a deux parties dans le film : la première est une merveille de douceur de sensiblité d'émotion, nous racontant en quelques minutes l'enfance la vie et les amours de Carl, (on n'aborde pas souvent frontalement le thème du veuvage ni des couples sans enfant dans le film d'animation, non ?)  qui passe donc ainsi, le temps d'un soupir -ou d'un reniflement, j'avais, au bout de dix minutes de film, la larmichette à l'oeil- de l'état de gamin à lunettes plein de rêves d'aventures ébouriffantes à celui de papy (un peu grincheux) toujours à lunettes (avec même le déambulateur et le dentier, qui s'avèreront d'ailleurs diablement utiles en cours de film) mais aux rêves d'aventures restés hélas en l'état, soigneusement consignés dans l'album "mon livre d'aventures", rédigé par sa défunte épouse. On connaît tous un peu ça, les rêves d'enfance qui jamais ne se réalisent et finissent par se ratatiner au fond d'un tiroir, non ?
Et bien, pour Carl, ça ne va pas (heureusement) se passer tout à fait comme ça : Menacé d'expropriation, puis, encore pire, de maison de retraite, il va essayer de suivre à la lettres les souhaits posthumes de sa chère Elie et faire carrément s'envoler sa maison, soutenue par des millions de ballons multicolores, direction les Chutes du Diable, en Amérique du Sud, sur les traces d'un explorateur, héros de son enfance, mystérieusement disparu il ya très longtemps à la recherche d'un non moins mystérieux oiseau...
Seulement, le vol a un passager plus ou moins indésirable (au début du moins) sous la forme d'un jeune scout rondouillard (et un peu collant il faut bien le dire), Russell, qui souhaite désespérément, grâce à Carl, obtenir le badge "aide aux personnes âgées",le seul qui lui fait défaut...
Et nous voici nous aussi embarqués dans leur aventure, d'abord volante, puis terrestre, et autant dire que le scénario a été mitonné aux petits oignons, tant ça fourmille de situations et de personnages inattendus, surprenants, attachants, ébouriffants... Un oiseau qui ne ressemble à rien (surnommé Kevin...) et qui aime le chocolat, des chiens qui parlent (dont un qui évoque un peu Rantanplan), des personnages de méchants (il en faut!)aussi inquiétants que parfois ridicules, un dirigeable gigantesque... le dosage est vraiment parfait, entre l'aventure l'émotion et l'humour avec des retournements de situation, des running gags et même des petites pointes d'humour noir tout à fait irrésistibles... avec plein de choses suggérées (plus que dites frontalement) qui résonneront différemment en chacun des spectateurs.
Et le retour sur terre final devrait normalement faire venir une larmichette aux yeux des garçons sensibles dont je suis, mais aux autres aussi.
Bref, on n'a qu'une envie, c'est d'y retourner, de refaire un petit tour, encore plus haut...

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mercredi 29 juillet 2009

über sexüel

BRÜNO
de Larry Charles

Juste après le film de Guiraudie, voici un autre film qui parle d'homosexualité, mais d'une toute autre façon. Radicalement différente. J'avais déjà vu -et plutôt apprécié Borat- et je savais donc un peu à quoi m'attendre. Et bien, en fait, je n'en avais aucune idée. Ca démarre fort, ça démarre très fort, tellement fort que j'ai envisagé un instant de quitter la salle si ça continuait comme ça, tellement je trouvais ça de mauvais goût (oui oui ça m'arrive!)... La VF bien sûr n"arrangeait rien, et j'ai commencé à me crisper.
Le film  tire à vue et sans sommation. Grosse artillerie. Au début il s'agit de dézinguer le personnage même de Brüno, une follasse fashionista et autrichienne, et le film met d'emblée le turbo sur l'enfilage (euh... l'épinglage serait plus approprié) du maximum de clichés sur le personnage (et surtout la représentation de sa vie sexuelle). J'avoue que c'est là que j'ai eu du mal tellement j'ai trouvé ça relou.
Et puis Brüno par aux Etats-Unis avec un seul désir : devenir célèbre. Comment faire ? Et c'est là qu'il va marcher sur les traces de son prédécesseur Borat, et que le dégommage va continuer de plus belle, tous azimuths, avec cette forme particulière de vrai-faux cinéma vérité : le show-bizz, le caritatif, les spirites, les enfants mannequins, les shows tv trash, les rééducateurs d'homos déviants, la religion, les chasseurs, les hétéros...  Il y a des séquences qui sont vraiment à pisser de rire, et d'autres ou, justement on est partagé quasiment entre le rire et l'effroi, tant ce sont les gens représentés qui semblent monstrueux (la scène finale, avec les hétéros rétablit un peu l'équilibre avec les scènes d'ouverture...)
Trash donc, très trash. Ca devrait en faire hurler plus d'un / plus d'une, mais quand ça décape, c'est peut-être qu'il y avait quelque chose à nettoyer, et à ce titre on ne peut l'en blâmer tout à fait. Hü hü hü.


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mardi 28 juillet 2009

théâtre

LA FENÊTRE PANORAMIQUE
de Richard Yates

Encore une fois, un livre découvert grâce à Dominique, qui avait offert à Philou un recueil de nouvelles du même auteur, Onze histoires de solitude. Quand j'ai voulu l'acheter, il n'était pas à la librairie, mais le gentil libraire m'a tendu à la place celui-ci, que je n'ai pas eu, dans un premier temps envie d'acheter, à cause peut-être de la jaquette "au cinéma, Les noces rebelles" avec une photo des deux acteurs principaux d'un film que je n'avais pas eu l'occasion (ni l'envie?) de voir.
J'avais commencé à lire les premiers chapitres, et je dois dire que j'avais été plutôt séduit. Ca commence avec une représentation de comédiens amateurs plutôt ratée et  la soirée qui s'ensuit. Et l'ambiance, autant que l'écriture m'ont aussitôt évoqué un autre de mes écrivains chéri chéri, je veux parler de John Cheever. (que j'avais découvert aussi grâce à Dominique...) J'avais du, pour diverses raisons, ajourner provisoirement cette lecture, et, lorsqu'il a fallu choisir quelques bouquins à emporter en Bretagne, j'ai tout naturellement pensé à celui-là...
Quel bonheur! Quel ineffable bonheur de lecture! C'est bien simple, ce bouquin, je n'ai plus pu le lâcher. J'ai dévoré les 500 et quelques pages en savourant chaque ligne, en relisant même à voix haute certains passages tant ils me semblaient réussis. (Après être passé sur divers blogs et forums il semblerait que la traduction ne soit pas tout à fait à la hauteur du texte original et que certains puristes conseillent carrément la lecture en VO. Je dois avouer que, n'ayant pas d'élément de comparaison et vu la taille du bouquin, je préfère cette traduction française qui m'a semblé à deux trois détails près (maintenant que j'y repense...) tout à fait convenable)
Il est question donc d'un couple, April et Franck Wheeler, un jeune couple américain avec deux enfants, dans les années 50, quelque part dans une petite ville américaine. Le roman s'attache principalement à Franck, at home et dans son travail (April se "consacre à ses enfants"), mais on va suivre aussi deux autres pistes : les Campbell, un jeune couple ami des Wheeler, et les Givings (dont l'épouse est l'agente immobilière qui leur a vendu leur maison et qui ont la particularité d'avoir un fils malade mental).
Tout commence donc avec une représentation de théâtre amateur, dans laquelle joue April, qui va mal se passer, et après laquelle son mari va essayer -maladroitement-  de la consoler, ce qui va se solder par une scène de ménage carabinée. Puis une réconciliation. Puis une autre... Une chronique  familiale et sociale qui se lirait comme un polar. Des relations matrimoniales (et des conventions sociales) considérées comme une guerre de tranchée, avec ses stratégies, ses attaques-surprise, ses cessez-le-feu, ses offensives, ses traités de paix, ses embuscades, ses armistices, ces victoires inattendues, ses défaites inéluctables... Quelque chose finalement d'assez noir et désespéré sous des apparences souriantes et ensoleillées  de publicité américaine pour cigarettes des années 50.

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lundi 27 juillet 2009

faire son choix

Vous le savez, je suis un observateur. De l'image saisie je suis même un conservateur. Ce matin, au  SuperU local (qui depuis des jours et des jours est en train de s'agrandir) c'était fête. Occasions à tous les rayons, n'hésitez pas, regardez cherchez fouinez, trouvez votre bonheur! Car maintenant, les ouvriers sont à l'intérieur, en train de démonter des trucs (le rayon poissonnerie) et d'installer des machins.
Ils étaient partout, dans toutes les positions, tous heureusement avec l'uniforme règlementaire qui permettait de les identifier (pour les sourds) : le short, les grosses pompes (ou baskets) le t-shirt blanc un peu crad (ou le marcel idem). Je ne savais plus ou donner de l'oeil, j'ai presque failli sortir mon téléphone pour prendre une photo (en réalité je l'ai sorti mais je n'ai pas osé déclencher) : il y avait, au-dessus du rayon poissonnerie justement, un petit mec accroupi, en débardeur, en train de démonter rageusement et énergiquement un truc, tout en discutant avec un plus âgé et plus gros (mais appétissant aussi), qui lui donnait des conseils, juché en contrebas sur une échelle.
J'étais particulièrement ému par l'arrondi des épaules du jeûnot, qui apparaissaient par l'emmanchure de son débardeur (rien de tel que le coton blanc pour mettre en valeur du biceps bronzé...) Pour me changer les idées, et arrêter de baver, je suis passé au futur rayon surgelés : là, nouveau couple, mais tous les deux au ras du sol, un des deux allongé sur le dos, quasiment pattes en l'air, la tête sous le bas du rayon, vérifiant un câblage, et l'autre pas loin, mais presque à quatre pattes, la tête à la même hauteur , un peu comme s'il avait voulu rouler un patin à l'autre...
Je me suis éloigné, superbement ignorant, et quand je suis passé à la caisse, un autre encore a eu beau tronçonner de l'acier en faisant un boucan d'enfer et des gerbes d'étincelles idem, je n'ai même pas eu un regard pour ses cuisses solides et sa petite gueule pas rasée...
A moi! De l'air!!!!

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vendredi 24 juillet 2009

le thé d'évelyne...

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jeudi 23 juillet 2009

micro65

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trouver le positif dans le négatif

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le jus marron des crabes

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j'ai acheté à Monop' un t-shirt bleu à 2€ (deuxième démarque)
avec une voiture dont la plaque minéralogique  est SUMMER 09

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la virilité, la vérité

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le plus petit problème technique me devient très vite insurmontable (et insupportable)

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"La solitude, c'est un truc qui se partage tout seul..."

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le progrès est entré dans ma cuisine :
on est venu m'installer un siphon sous l'évier (si, si!)

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"On ne va pas se priver de jouir juste pour continuer à en avoir envie..."

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se sentir épuisé, tari...

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"La prochaine fois, y aura pas de prochaine fois..."

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mardi 21 juillet 2009

dourougne

LE ROI DE L'EVASION
d'Alain Guiraudie

Bon, j'avais tout de même fait 200 bornes aller/retour pour le voir celui-là (heureusement je n'étais pas tout seul) et, quand la lumière s'est rallumée, on s'est regardé je dois dire un peu interrogativement... Bon, heureusement que le film s'achève de cette façon-là sur cette scène-là, comme une quintuple cerise, qui le  couronne, le justifie, lui donne toute sa saveur, sa raison d'être... Avant, on aura eu des hauts et des bas,  des plongeons et des plats, des appels d'air, des trous noirs, des passages à vide et d'autres plus... guillerets.
Le cinéma de Guiraudie, il faut bien le reconnaître, tient un peu du rodéo, il faut parfois s'accrocher et souvent lutter pour ne pas se laisser désarçonner. Une intrigue... mince (une gamine de 16 ans tombe follement amoureuse d'un homosexuel obèse de 40, son père n'est pas d'accord, la police intervient) qui sert en quelque sorte de fil blanc, de mac guffin, de vitrine, de prétexte, et à laquelle d'ailleurs on a un peu de mal à croire (et donc à s'intéresser).
Avec en contrepoint une autre intriguette, concernant la production illicite de dourougne, une spécialité locale cultivée en douce (et en plein milieu de la forêt, une racine au goût "de pomme de terre de kiwi et de vanille", un aphrodisiaque local et rien que naturel, qui produit de sacré effets sur tous les mâles du coin. (Et les occasions ne manquent pas ! Ca, j'adore, dans les films de Guiraudie, on a l'impression que, dès que deux mecs se croisent, ils peuvent aussi facilement se rouler un patin et commencer à se tripoter que boire l'apéro  en tapant la discute...)
Tout ça fait un peu short au point de vue scénar, mais l'histoire racontée est heureusement servie par une distribution véritablement extraordinaire : Guiraudie donne l'illusion qu'il a posé sa caméra dans un village du sud-ouest et qu'il n'a fait qu'enregistrer tous ceux et celles qui passaient devant, tellement ils semblent authentiques  et confondants de naturel, alors que pas du tout du tout : c'est tout du faux, du reconstitué, du joué par des comédiens, des vrais comédiens, qui livrent (et c'est valable je le répète pour l'ensemble des acteurs) une composition que Téléramuche pourrait qualifier de jubilatoire, et qui est incontestablement le point fort du film.
Comme d'hab', c'est globalement assez déjanté (même si, cette fois-ci, on évolue dans  un univers "normal" a priori, avec des gens ordinaires, qui font des métiers normaux et portent des noms ordinaires et des vêtements normaux (quoique la demoiselle s'appelle Curly Durandot et que le gros monsieur passe la moitié du film à courir en petit slip bleu...), plutôt rigolard (même si on y parle de choses qui pourraient passer pour graves) et finalement assez tendre.
Ce cinéma-là (celui de Guiraudie) est vraiment pour moi fifty fifty : aussi attendrissant qu'énervant, aussi  abouti qu'approximatif, aussi réaliste qu'irréel, aussi militant que documentaire, aussi culotté que prude, mais, comment dire,  le positif finit par l'emporter sur le négatif (je suis ici les conseils de mon amie Dominique). Et comment pourrais-je ne pas aimer quelqu'un qui érige les amours homosexuelles comme  normalité, et surtout entre mecs "hors normes" (hors ghetto et hors catalogue, plutôt : des vieux des ventrus des débraillés des rustiques des ordinaires des charnels des... vrais, quoi, juste normaux!)
Vive l'amour! Vive les hommes! Vive les vieux, et vive Guiraudie!

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lundi 20 juillet 2009

bricklayer

(ça tourne au cauchemar...)

Je suis avec (?) et (?) nous arrivons en voiture près d'une maison en construction, du premier étage surgit un maçon, torse-nu, c'est leur pote, et ils me racontent que c'est vraiment un sacré boute-en train... D'ailleurs, il est en train de rigoler, et, depuis l'ouverture de la fenêtre fait mine d'ouvrir sa braguette comme s'il allait pisser... J'entends (?) dire, en parlant de lui que dans des fêtes, il lui est arrivé de se mettre en jupon pour faire le con...
J'ai mon appareil-photo et j'aimerais bien réussir à prendre le mec en photo. Je sais qu'il bosse au dernier étage, sur une sorte de galerie qui fait le tour de la pièce, en hauteur. C'est très compliqué (la maison est gigantesque, il y a beaucoup de pièces en enfilade, un dédale de couloirs, je suis obligé de passer à l'extérieur, puis de revenir, je traverse d'ailleurs un cours de chant où j'ai un peu peur de perturber mais le regard et le sourire complices de la prof me persuadent du contraire (peut-être que je la connais ?)
Ce sera bientôt la fin de sa journée du travail, et il faut absolument que je réussisse à le prendre en photo... Je le vois, là-haut, il est penché, il se relève, je déclenche, mais quand je regarde la photo, il me semble qu'il a mis sur sa tête un fichu triangulaire de vieille paysanne, avant de disparaître...

(manque un bout de rêve)

Je suis ailleurs, avec d'autres gens, plus tard. Je tombe sur une photo, dans un journal, où je reconnais le fichu triangulaire. Il s'agit d'un assassin qui vient d'être arrêté. (Une des nanas qui est avec moi, dit "Outreau, c'était lui..." et j'entends expliquer que il a tué des enfants après s'être travesti en femme...)

(manque un bout de rêve)

Encore plus tard, dans une maison... "Il" a été tué (arrêté ?), nous ne risquons plus rien. Il ya une pièce qui a été retapée (peinte en blanc ? vidée ? ) et avant de partir, je me dis à plusieurs reprises que je dois aller récupérer mon appareil-photo que j'ai laissé sur l'étagère. Je retourne à la fameuse pièce, j'ouvre la porte, la pièce est vide, la lumière est éteinte mais on y vois suffisamment. A gauche de la porte, sur l'étagère, je saisis mon appareil photo dont je reconnais le poids rassurant (en écrivant cela, je réalise qu'il ne s'agit pas de mon appareil numérique, mais de mon ancien argentique, que j'avais équipé d'un gros zoom) je prends donc l'appareil pour quitter la pièce, et, avant de franchir la porte, machinalement, je jette un coup d'oeil vers le fond de la pièce. Il y a là l'encadrement d'une porte, et tout en bas à droite, je vois "son" visage (il a des yeux noirs et des cheveux bruns mi-longs) qui m'observe en silence, comme interrogatif. Je sursaute, il dit "je suis là" je quitte la pièce en courant, me retrouve dans un genre de vestibule, en criant "Il est là! Il est là!", mais j'ai du mal à avancer, je suis comme engourdi, et je me dis que s'il veut sortir de la pièce il va le faire avant moi, que je ne vais pas assez vite...
En effet, le voilà qui surgit, par une porte juste à côté de celle que je viens de franchir. Il y a un enfant à côté de lui. Dans le vestibule, face à nous est entrée une femme qui a l'air terrorisée. Je vois qu'à la main "il" tient un couteau à la lame triangulaire assez courte, recouverte d'une substance rouge et brillante, qui évoque plutôt la confiture de fraise que le sang. Je me dis que je vais sûrement y passer, mais que c'est peut-être mieux comme ça, finalement. Je suis assez calme.

(et je me réveille, absolument terrifié...)

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dimanche 19 juillet 2009

avion en papier

BANCS PUBLICS
de Bruno Podalydès

Sentiment un peu mitigé, en sortant de ce film, qui constituait en quelque sorte ma "rentrée" ciné (l'escapade bretonne bretonnante tenant lieu si l'on peut dire de "vacance"). Surtout pour un film depuis si longtemps en chantier (ça fait tout de même plus d'un an qu'on attendait sa sortie, qui était sans cesse repoussée à une date ultérieure. Un problème au montage ?)
Le film est en trois parties ("le bureau", "le square", "le magasin de brico" plus ou moins lâchement rattachées entre elles) et m'a fait, bien que je ne l'aie pas (re)vu depuis longtemps, assez penser au Riens du tout de Cédric Klapish. Mais peut-être me trompé-je ? On suit une demoiselle pendant le générique (qui aligne plus de 80 noms !) qui se rend au travail, et aperçoit, par la fenêtre du bureau, suspendue à une fenêtre de l'immeuble en face une banderole "HOMME SEUL". Effervescence parmi les collègues (la brune désabusée et la blonde célibataire et nunuchette) puis qui va gagner tout l'étage (chef de service, collègues, patron, etc.) dans un mouvement de contamination assez sympathique. La vision de la vie de bureau est drôle, acide ce qu'il faut, et plutôt bien vue.
On retrouve la même demoiselle pendant sa pause de midi, dans un square voisin où on était arrivé en suivant un autre personnage, qui travaille dans un magasin de bricolage voisin (comme c'est Denis Podalydès, on se dit -à juste titre- qu'il doit avoir un certain rôle dans cette histoire), et on va donc se désintéresser un peu de la "première" (histoire), pour en aborder une foultitude de micro(histoires) :imaginez un peu tout ce qu'on peut croiser dans un square, de mères de de famille, d'enfants, de célibataires, de papys, de flics, de ronchons, de désabusés, de complices, de malheureux, de dragueurs, et bien, ils y sont (presque) tous, dans des saynettes de durée (et d'intérêt) variable. Comme qui dirait, tout ça se relâche un tantinet, avec des hauts et des bas, mais bon, on est toujours là, on sourit même. Pas tout le temps, mais on sourit.
Fin de la pause-repas, et on retourne au magasin de bricolage, qui, sur le même principe de pullulement des intriguettes, va nous livrer un catalogue de toute l'humanité qui couraille entre ses rayons, qu'elle soit client(e) ou employé(e) : là j'avoue que j'ai commencé à trouver ça un peu longuet (avec certaines choses même pas drôles, n'est ce pas Catherine ? n'est-ce pas Benoît ?) jusqu'à ce que soudain le réalisateur semble-t-il se resaisisse, et, retombant sur ses pattes,  nous fignole in extremis un re-tricotage de l'intrigue pour un happy-end attendrissant.
Le capital de sympathie dont jouit Bruno Podalydès devrait nous pousser à être plus indulgent envers ce récit un peu lâche (ou, justement, plus critique envers cette chose un peu fadasse ?) Toujours est-il que, voilà, on est partagé... (et bon, il faut l'avouer, un peu déçu quand même, non ?)

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