samedi 19 janvier 2008

parapluie bleu

LUMIERE SILENCIEUSE
de Carlos Reygadas

Silencieuse, la lumière, et le film l'est aussi. Pas la moindre note de musique pour l'agrémenter, ni avant, ni pendant, ni après, excepté un extrait des "bonbons" de Brel (chanson que, innocemment, je n'avais crue susceptible d'être taxée d'homophobie, ce que pourtant il s'avéra.)
L'horloge (tictactictac) a tourné (quasiment deux tours et demi) on l'a arrêtée, on l'a redémarrée... Le temps passe, et Reygadas le prend (son temps). Le film s'ouvre sur un lever de soleil (quasi en temps réel) et se clôt sur un coucher du même. (Habile, on peut ainsi se  repasser le film en boucle!). "Entre les deux, mon coeur balance, je ne sais pas laquelle aimer des deux..." (air connu) sauf qu'ici pas question de rigoler. On est au sein d'une communauté genre mormons hollandais installés au Mexique, 50% prière et 50% travaux des champs. Et voilà que Jonas (le héros) doute, entre son épouse (qui lui a donné une ribambelle d'enfants blonds et gracieux) et sa maîtresse (qui lui fournit étreintes torrides et culpabilité). Que faire ?  Aller de l'une à l'autre, (certains ont le cul entre deux chaises, lui a le coeur entre deux femmes)jusqu'à ce qu'un accident cardiaque bienvenu... (mais on ne sera alors qu'à la moitié du film)
Je l'avoue, j'ai somnolé un chouïa, au début (Plans séquences "didactiques" étirés sur le lever de soleil, la prière du matin, la traite des vaches, l'ensilage du maïs. Comme dirait l'autre "C'est beau mais c'est spécial..." Oui c'est beau, très beau, mais...) jusqu'à ce qu'une coupure bienvenue ramène les lumières dans la salle et le sursaut salutaire qu'attendait mon intellect embrumé. On redémarre. Et le reste passe très bien. C'est vrai, après, je ne me suis pas ennuyé une seconde. Peut-être que j'avais pris le rythme.
Les critiques ont exagéré (surtout celui de Libé après la projection à Cannes) ce n'est pas prétentieusement imbuvable, c'est juste sérieusement ambitieux. Et le résultat n'est pas forcément toujours à la hauteur de ces espoirs-là. C'est impeccablement composé, d'accord, et il y a, comme toujours chez Reygadas, des scènes qui en jettent (bien que, par exemple, le voyeur en moi ait été déçu, puisque, hélas, pas la moindre quéquette visible, mais c'est vrai que l'ambiance (surtout dans la deuxième partie) n'est pas vraiment à la gaudriole  et aux chapeaux pointus).
Comme si le réalisateur s'était dit Je vais en remettre une louche : encore un peu plus de beau, encore un peu plus de long, (et de sérieux, et de mystique et d'épure) et avait voulu mettre en place un genre d'hyper-hyper-réalisme. (non, je ne bégaie pas!) On contemple, on admire, mais, comment dire, c'est un peu étouffant parfois... il manque quelque chose.
Tout ça pour dire que j'ai été  moins séduit par celui-ci que par le précédent (Batalla en el cielo) où se passait vraiment pour moi quelque chose de neuf, question cinéma. Là on serait plutôt en terrain plus... connu.  Oui, c'est beau, très beau, mais...

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jeudi 17 janvier 2008

beurk

Vu hier soir au ciné (pourtant, dans le bôô cinéma il n'y a presque jamais de bandes-annonces, ça doit sûrement être trop fatigant à monter) la bande-annonce de cette... chose :

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En voilà l'affiche, et figurez-vous que la bande-annonce est idem. Pire encore peut-être. Elle s'interrompt au milieu, apparaît alors le texte de l'affiche qu'elle complète en annonçant une "petite pause musicale", pendant laquelle, bien sûr, les atrocités continuent sur l'écran. La campagne de pub, comme on le voit, joue dans la finesse la connivence et la légèreté. Racoleur, vous avez dit racoleur ? Répugnant ? Putassier ? Meuh non, poésie pure, sans doute. Surtout quand le réalisateur prend comme point de départ (et justification donc) de son histoire l'arrivée de l'extrême droite au pouvoir ("qui lui a fait très peur") et explique qu'il a dû retourner en vitesse des scènes encore plus gore car son film menaçait de n'être interdit "qu'aux" moins de 12 ans, alors que lui visait les moins de 16... (smiley qui vomit)

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gourmandises

Un mercredi après-midi cinématographiquement gourmand.
Au programme, une friandise (Smiley Face) et un rafraîchissement (Garage)

SMILEY FACE
de Gregg Araki

Je n'avais pas prévu de le voir, (je ne savais même pas qu'il passait) mais il fallait bien passer le temps jusqu'à 16h! Une comédie loufoque plutôt agréable (j'ai gloussé maintes fois, tandis que mes trois voisines de devant restaient quant à elles plus discrètes) "politiquement incorrecte" (la folle journée d'une héroïne qui fume de la beuh dès le réveil quasi et s'enfile ensuite une quinzaine de space-cakes... ceux qui ont déjà goûté aux psychotropes comprendront...), sans doute vite oubliée mais bon ne boudons pas notre plaisir. Dealer tatoué, portable poêlé au beurre, super-lit d'amour, coloc' baiseur de crânes, nerd à lunettes, mamie permanentée, c'est un peu toute l'amérique qui passe là, plus ou moins en vrac, suivant le bon vouloir  des synapses de la demoiselle (ce qu'elle croit voir, ce qu'elle croit dire, ce qu'elle oublie...). Sans oublier le Premier manifeste du Parti Communiste... et une bande-son épatante. Bref, celui qui nous avait mis la l'arme à l'oeil avec Mysterious skin revient avec des cigarettes qui font rire pour nous chatouiller sous les bras. Quand, avant Garage, j'ai vu la bande-annonce de Smiley Face, j'ai re-gloussé, d'ailleurs. Beuh movie, quoi. (quelqu'un a bien dû la faire avant moi, je suppose...)

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GARAGE
de Lenny Abrahamson

Un film irlandais. Rien que pour ça, j'avais envie d'y aller. Plus la bande-annonce que j'avais vue dans mon MK2 Beaubourg d'amour à moi... Vu juste après le film d'Araki, le contraste est saisissant.
Un homme, Josie, bouille ronde et sourire quasi-perpétuel, vit dans un village irlandais. Josie est, comment dire, un homme simple, oui, simple d'esprit, quoi. Inoffensif, adorable, bavard, un peu à côté. Certains diraient "Oui, il est gentil..."
Josie a une vie paisible, bien remplie,  bien réglée  : le boulot (un ami d'enfance lui a fourni un boulot quasi de surveillance dans une station-service quasi-inoccupée), les courses chez la demoiselle blonde du coin, une visite amicale à un gros cheval dans une pâture en rentrant, le repas solitaire, une ou deux pintes au pub (les irlandais disent poub) à subir les vannes des habitués, et hop, au lit, ainsi passent les jours. Homme simple, vie simple. et le lendemain, on recommence...
Les choses vont changer légèrement lorsque le propriétaire décide d'ouvrir le garage en nocturne du jeudi au samedi et adjoint donc à Josie un "apprenti", David, un adolescent taciturne. Josie et David vont (bien sûr) sympathiser, et la vie continuera, paisible, jusqu'à ce qu'un tout petit grain de sable vienne juste un peu gripper cette mécanique bien huilée... Le film s'achèvera, paisiblement presque, sans faire de vagues, mais pas forcément de la façon dont le spectateur l'avait prévu.
Le réalisateur prend son temps, et c'est tant mieux. Pendant un grand moment, on se dit que c'est juste un film sur le rien (ou presque), la façon dont le temps passe, simplement, dans la campagne irlandaise, avec un petit côté Beckett pas désagréable (les images récurrentes de l'homme et de l'ado assis chacun sur sa chaise, immobiles, à siroter leurs canettes face au crépuscule, sont délicieuses). D'ailleurs, Josie le répond à un moment à David : "C'est de ça que ma tête est pleine : de rien." Toujours en souriant.
Le film nous parle de solitude et de différence, de respect et d'incompréhension, de besoin d'amour et d'envie de rigoler, avec une simplicité à l'image de son héros : désarmante. (Au passage, un sacré bravo à Pat Shortt, qui incarne ce Josie infiniment touchant). Et si le ton de l'histoire change et varie, c'est juste à la façon de ces ciels irlandais que j'ai tellement aimés : le bleu le gris le lumineux le sombre l'éclaircie l'arc-en-ciel... on ne peut jamais prévoir.

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mercredi 16 janvier 2008

gauche droite

Ici ,chez mon Pétaramesh chéri, un "état des lieux" où je me reconnais plutôt (et en plus il le fait beaucoup mieux que je ne saurais le faire!)

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tondeuse

THIS IS ENGLAND
de Shane Meadows

Ah ces Anglais... Ils n'ont pas leur pareil pour nous concocter ce genre d'histoires, pleines d'optimisme d'espoir de chaleur humaine et de joie de vivre, à se taper sur les cuisses de rire, plaisantais-je avec des amis en sortant de la salle. Faut dire, ils ont des excuses, les pauvres, entre Maggie (Thatcher), le thé au lait, le crachin, le prix des loyers...
Années 80. Qui se souvient-encore aujourd'hui de la guerre des Malouines ? C'est pourtant là qu'est mort le père de Shaun. Shaun a 12 ans, il vit avec sa mère, dans le souvenir et l'absence de ce père mort dont ne subsistent que quelques photographies. Il va faire connaissance avec une bande de skinheads "gentils", dirigée par Woody, qui vont l'adopter. Panoplie règlementaire, bière, reggae, virées destroy mais plutôt bon enfant. Les skins font la fête. Jusqu'au retour de prison de l'un d'entre eux, Combo, qui va "reprendre les choses en main" : Violence, racisme, xénophobie, agressions, intolérance : les skins font la tête. Le jeune Shaun va ainsi sortir de l'enfance, dans une angleterre sinistrée quelque part entre le Stephen Frears de My beautiful laundrette et le Ken Loach de Sweet Sixteen...
Le discours est simple, mais pas forcément simpliste, le film  (plus ou moins autobiographique d'après son réalisateur), réalisé avec quatre shillings six pence, sait économiser ses moyens et s'en sort la tête haute, avec les honneurs. Il reste près, très près, des gens (on a une galerie de tronches plutôt impressionnantes), à leur hauteur, tout en (re)situant son récit dans un cadre aux plans plutôt composés,  assez graphique à défaut d'être idyllique. Il y a là une qualité de regard, que ce soit sur les gens (personne n'est complètement d'une pièce, ni tout blanc ni tout noir) ou les paysages (urbains ou maritimes).
Et il bénéficie surtout de la personnalité sidérante du jeune Thomas Turgoose, incroyablement juste, tout aussi enfant qu'adulte. Il m'a fait penser à Oscar, l'enfant du Tambour. Parfois un adulte en réduction ("Tu as la panoplie..." sourit Combo à leur première rencontre) et parfois un enfant à l'étroit dans son jean trop serré et ses grosses pompes, mais toujours touchant dans ses tâtonnements, qu'ils soient affectifs (ah, les premières amours...), sociaux, ou voire même politiques...

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lundi 14 janvier 2008

météo(s)

DSC07327 brouillard...

DSC07329 en plein dedans

DSC07333 à la limite..

DSC07337 "sortir de "

DSC07342 encore un peu...

DSC07346 à la lisière

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samedi 12 janvier 2008

les plats pour célibataire

Au Souper U, après les fêtes, il ya des soldes. on fait 50% sur les jouets de Noyel, puis sur les chocolats du Nouvel An, et (ce que je ne savais pas encore) sur les petits réveillons. Au rayon traiteur, un petit panneau  annonçant "tout à 2 euros" a attiré mon oeil d'économe. Et c'était toute la gastronomie ternte-et-un-décembresque qui était là. En plus des habituels saumon fumé escargots etc, j'ai avisé des petits plats. Des petits plats cuisinés sous vide, des petites portions de choses festives, qui m'ont en même temps fait saliver et un peu flipper. Les "portions pour une personne" je trouve toujours ça un peu triste pour faire la fête, c'est un peu comme les petites bouteilles de champagne, ça me serre le coeur.
Mais bon, là, il ne s'agit plus de festoyer, juste de nourriture de tous les jours, hein, genre juste cantine améliorée. J'en ai donc acheté un ou deux (hmmm des bouchées aux escargots, un rizotto safrané aux gambas, un filet de boeuf et son escalope de foie gras) à 2 euros pièce.
Mais quand je suis revenu quelques jours plus tard, il en restait encore, et la dame du rayon traiteur, qui se désespérait car elle souhaitait faire de la place dans son rayon pour l'arrivée de la choucroute nouvelle, la semaine prochaine, m'a donc fait l'article ("allez je vous fais un prix..."), et j'ai donc décidé d'écouter mon grand coeur et d'adopter ces malheureux petits dîners (abandonnés) pour célibataire, et suis reparti avec quatre nouveaux plats, pour un prix défiant tellement toute concurrence que, la vendeuse m'ayant susurré (et assuré) que je pouvais aussi les congeler, j'en ai repris aussitôt autant.
A moi donc le pavé d'autruche au poivre, le suprème de dinde farcie au fois gras et son jus truffé, le magret d'oie au citron vert, le filet de bar au verjus, l'antilope aux champignons et aux châtaignes, et j'en passe... (heureusement ce sont des portions raisonnables!)
Bon quand j'atteins 150k, je m'arrête, promis.

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vendredi 11 janvier 2008

ceinture

INTO THE WILD
de Sean Penn

"On ne saurait nier que l'errance nous a toujours exaltés..."
J'ai recopié cette phrase à l'aveugle, au jugé, pendant le film, parce que je savais qu'il fallait qu'elle figure là, en exergue, parce que vraiment ça me parlait, que ça me ramenait (aïe) plus de trente ans en arrière. J'avais vu la bande-annonce quelques fois, et je savais que j'irais le voir, parce que ça me semblait très retour aux vraies valeurs, Mère Nature, société pourrie je te fuis, paysages jolis, (au moins autant que le très joli jeune homme qui semblait en être le héros), et puis Sean Penn, tout de même, que je respecte en tant que cinéaste parce qu'il m'a déjà fourni quelques belles émotions (ne serait-ce que le final de The Crossing Guard...)
Sean Penn, bon, je ne le connais pas plus que ça, mais je le rangerais dans les intègres (et donc idéalistes ?). Je suis donc allé voir ce film à la première séance, sans donc rien en savoir plus que ce que j'en imaginais, et c'est très bien comme ça. Ce n'est pas vraiment exactement tout à fait ce à quoi je m'attendais, et c'est tant mieux.
Un jeunot, pourtant "promis à un brillant avenir",  plaque tout après son inscription à Harvard,  refuse la nouvelle bagnole que son père veut lui acheter, file toutes ses économies à des oeuvres caritatives, brûle ses derniers biffetons et disparaît dans la nature, le pouce levé, direction son rêve secret, l'Alaska. Le film commence justement alors qu'il vient d'y arriver, et s'installe (en plein hiver alaskan) dans un bus abandonné (le "magic bus"), à des miles de toute présence humaine, pour y vivre de chasse et de cueillette (et de méditation aussi sûrement). On se dit, mais si le rêve est déjà réalisé, comment va-t-il donc (le réalisateur) pouvoir tenir ainsi plus de deux heures et demie ? des jolies images de calendrier ? Que nenni. On a donc, bien sûr, le récit de tout ce qui a précédé cette découverte du "magic bus", sous forme de flashes-back morcelés dans l'espace et le temps, sous-tendus par deux voix off, celle du (jeune) héros et celle de sa soeurette. Mais on a aussi (et c'est là que je ne m'y attendais pas vraiment) ce qui se passe après. Et là, chapeau.
Cette mythologie adolescente  de l'errance, de Sur la route, de On the road again, de Kings of the road, je l'ai partagée (il y a longtemps, je le disais en ouverture) avec quelques amis, et j'avoue que des mots Cap Nord, Alaska, Banff, Yukon, me font encore passer sur l'échine un petit frisson rêveur... Car c'est bien de rêve dont il s'est agi. Dans des limbes quelques par entre deux Jack (Kerouac et London.) Puisque le Cap Nord, je n'ai fait que m'en approcher (InterRail) et Banff je n'ai fait qu'y breakfaster, en Subaru convoyée. Comme révolte, il y a mieux, vous en conviendrez.
C'est pourquoi j'étais curieux d'en savoir plus. Sur le motivations de ce garçon, sur son modus operandi,  ses attentes,  ses espoirs, ses (dés)illusions. Et le film nous parle de tout ça. en prenant son temps (et son espace aussi.) C'est... ample ? Somptueux, majestueux, imposant, bluffant... Les images sont sublimes, et c'est rien de le dire.
Ce n'est pas qu'un film de grands espaces (et de grandes espérances) c'est aussi un film  de rencontres (le trafiquant de décodeurs, le couple de hippies, les danois, le papi...) de gens avec qui on marche ensemble un moment, une radiographie plutôt amicale et chaleureuse (idéaliste ?) de la marge, mais, plus généralement, des rapports humains. L'alternance entre les scènes de rencontres (d'échange, de chaleur, de rapports humains) et de solitude (je suis tout seul / je flippe / j'ai faim) procurant la succession de chocs thermiques nécessaires propres à dégeler la plus endurcie des insensibilités.
Car, le petit jeûnot, il va jusqu'au bout (de son rêve) et même un peu plus loin, jusqu'au bout du bout. En plus, je ne savais pas que c'était "d'après une histoire vraie" , et l'ultime image m'a encore plus cloué à mon siège. (Je précise que ça faisait déjà un certain temps et un certain nombre de fois que je m'épanchais.) Regretter alors juste un peu que Christopher (et donc Sean Penn) se sente obligé de convier Dieu et tout un attirail mystico-clinquant dans cette ultime partie. (Trop de lumière ! un peu plus de pénombre eut été bienvenu(e) je pense.)
Je suis sorti un peu hagard, reniflant, et plof! suis tombé en plein milieu de l'enterrement d'une célébrité politique régionale, avec flics à l'entrée des rues, cloches qui sonnent diling diling foule massée, et retransmission télévisée sur grand écran et place publique (pour cause d'église pleine à ras b'). Comme retour sur terre, on ne pouvait pas faire mieux, non ?

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ps : merci à Allociné point freu : je sais (enfin) où diable j'ai déjà vu ce très joliet Emile Hirsch : Alpha Dog!

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mardi 8 janvier 2008

Blanc-Robert et les sept Bob

I'M NOT THERE
de Todd Haynes

Je l'avoue je l'avoue, je ne connaissais rien ou presque de Monsieur Dylan (Blowin' the wind et le clip aussi où il laisse tomber des cartons avec le texte de... de quelle chanson au fait ? Times are changing ?) c'est dire en quelle totale ignorance crasse je me trouvais... J'avais donc envie de  voir le film, de toute façon (ne nous en avait-on pas suffisamment rebattu les oreilles ?) et, en sortant, les conversations glanées parmi la quarantaine de spectateurs présents m'ont paru confirmer les échos que j'avais eus auparavant de mes amis Hervé et Dominique (l'un disant "j'aime pas", et l'autre bof bof...) à savoir que le film semblait en avoir décontenancé (déçu ?) plus d'un(e).
Moi j'étais partagé. D'un côté j'avais plutô  beaucoup aimé (la manière ?) et de l'autre peut-être pas trop (le récit ?) Voilà, c'est peut-être là le hiatus : mettre une forme savamment secouée et déconstruite et échevelée au service d'un portrait trop confus pour être intéressant. Avec un peu d'imagination (bon, surtout au début) c'eut pu être la bio de Georgette Plana, ou Joselito, ou... peu importe, on s'en fout un peu. Biographiquement, je veux dire. Ok, Monsieur Dylan a une personnalité à multiples facettes, et c'est une excellente idée par conséquent que de faire interpréter son rôle par six (sept ?) personnages (très) différents (mais un autre Todd (Solondz) n'a-t-il pas fait la même chose l'année dernière (Palindromes) sans que pas grand monde ne s'en émeuve ?)
Le fractionnement du personnage en sous-personnages (le rebelle, le prêcheur, le poète, l'icone, la rockstar, le cow-boy, en oublie-je ?) finit par atomiser complètement le récit, l'abstractifier, à le réduire hélas finalement à un luxueux album sur pages très glacées qu'on feuillette de plus en plus distraitement (car comme dans les jolis magazines, on  finit par ne plus regarder que les images, belles images certes, mais juste images) tandis que le récit se délite ou se répète ou s'émiette ou s'enlise.
J'aime bien cette idée de tout télescoper, de mêler les différentes époques, le noir et blanc (très contrasté, grenu, arty) avec la couleur (toute une ribambelle de filtres fifty, sixty, seventy...), les témoignages avec les péripéties, la petite histoire avec la grande (Kennedy, le Vietnam...), mais à la longue (c'est le cas de le dire...) tout ça devient un peu fastidieux. Le signal ? Quand mon "radar à fausses fins" se met en activité : "tiens, là, ça serait bien que ça s'arrête... raté... et là ça pourrait aussi... Caramba encore raté..." La partie "cow-boy" par exemple étant, à mon sens, la plus sacrifiée du récit (parce que la face la plus externe du personnage ?) elle clôt pourtant le film symétriquement à son ouverture (même lumière, même train, même guitare, même idéal ?) mais a un peu de mal à s'amalgamer au reste.
La distribution (dont la pub a fait l'argument de vente massue du film) est, reconnaissons-le, joliment à la hauteur : j'y allais pas mal par curiosité pour Cate Blanchett (qui justifie tous les délires enamourés de critiques qu'elle a suscités), mais j'ai retrouvé aussi avec attendrissement Heath Ledger (ah, Brokeback...), avec plaisir Richard Gere  en contre-emploi anti-glamour, j'ai découvert et apprécié l'enfant (Marcus Carl Franklin) et le poète (Ben Whishaw) et n'ai carrément pas reconnu Christian Bale. Le montage de chaque séquence est plus que malin, où vous suivez en général un "dylan" principal, saucissonné assez équitablement avec un deuxième, avec en prime quelques flashes quasi-subliminaux d'un troisième...
Est-ce mon côté  "contre tout ce qui est pour, et pour tout ce qui est contre" (oui, je suis un snob provincial) toujours est-il que j'ai pourtant envie de le défendre, ce grand machin de film. Difficile à expliquer et pourtant c'est comme ça. Peut-être que la somme de ce qui est pour excède le total de toutes les raisons contre (ou le contraire, si je reste fidèle à ma définition donnée plus haut).
Pour toutes les scènes avec le gamin (en particulier le boeuf avec les deux papis et la visite à Woody Guthrie) pour Cate Blanchett, pour les visages qui se succèdent rapidos en faisant tactactac, pour un Allen Ginsberg plus vrai que nature, pour quelques scènes live, et pour le "vrai" qu'on voit (juste la bouche et l'harmonica), in extremis...

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dimanche 6 janvier 2008

aller au charbon

Oui, oui, je sais bien, je devrais y être habitué, ça me fait toujours le même effet : quand vont bientôt finir les "vacances" et que va donc bientôt reprendre le "travail" :ce sentiment de petite rage impuissante (je ne veux pas y retourner), d'affolement (je ne vais pas y arriver), de défaitisme (mais à quoi bon tout ça finalement, hein ?) Ca se cristallise et ça grandit surtout pendant la deuxième semaine, puisque, bien entendu, "on" a procrastiné comme d'hab' (plus ça va et plus j'attends l'ultime dernier moment, avant, je ne peux pas)
Avec, en plus, suivant les périodes, des petites angoisses annexes, ou malaises divers, qui viennent se greffer sur la plus grosse, comme des champignons parasites sur une souche pourrie, et la greffe prend bien, en général !
"Affectif" (le manque, en général, mais plutôt crucialement ressenti ces temps-ci, et puis le fait d'avoir croisé virtuellement le jeune homme en t-shirt l'autre soir (dit désormais le jeune homme aux baskets rouges) et d'avoir constaté que primo nous n'avions  rien à nous dire ou presque, et secundo que cette rencontre, pourtant fugitive et nulle et non avenue, m'affectait encore particulièrement), "artistique" (des choses que je me suis engagé à faire et dont, pour celles que j'ai déja commencées, je ne suis pas spécialement content, mais bon, c'est général : j'ai perdu le peu de confiance  en moi, que j'avais (le peu de confiance que j'avais en moi ?) et donc de plus en plus ça fonctionne à usage interne : je fais des choses mais juste pour moi, je n'ai pas le courage d'aller plus loin), "à long terme" (là c'est avant de m'endormir, dans certaines circonstances et que tout m'apparaît soudain incroyablement sombre, opaque, sans espoir, pour tout dire terrifiant, tout mais tout, le travail les vacances la vieillesse la vie demain après-demain et le reste aussi et j'ai alors le coeur qui dévale chute libre comme dans les montagnes russes), oui tout est prétexte.
Et c'est comme ça un soir, et le lendemain c'est comme qui dirait un peu soleil. Ou pas. Ca dépend. Nos petites météos perso internes sont capricieuses changeantes et incompréhensibles. Des fois, il suffit de si peu pour aller mieux...

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Là, c'est juste parce que j'ai reçu un sms de voeux qui me touche beaucoup : "bonne et belle année à toi (malgré l'affreux minissimo) plein de petits bonheurs, d'émotion, de beauté(s), de rires et de justes révoltes... grosses bises à bientôt"

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