lundi 2 avril 2007

ouikinde

- rendez-vous chez l'ORL (fait)
- achetage des médicaments (non fait)
- retrouvage des Cd d'Arizona dream et de The the (fait)
- lecture collective du Lagarce (fait)
- buvage de bière en lisant (fait)
- mangeage de cookies idem (fait)
- lecture de la pièce de Bond (fait)
- allage au combat de DJ's (non fait)
-
regardage du dvd des Triplettes de Belleville (fait)


- zonage matinal sur le ouaibe (fait)
- cuisage d'aiguillettes de canard et de pommes pour le repas de dimanche midi (fait)
- travaillage sur "au plaisir des mots" (fait)
- travaillage sur "commentaire social : fumeurs" (fait)
- travaillage sur "gosses de tokyo : présentation" (fait)
- répondage au téléphone à Christine pour ne pas y aller manger ce soir (fait)
- prévoyage de retourner voir "12h08 à l'est de bucarest" (fait)
- programmation du court-métrage de Pintilié sur arte (fait, mais ça n'a pas marché)
- allage au cinéma comme prévu (fait)
- pas dormage (fait)
- retour maison par le plus court chemin (fait)
- couchage pas trop tard après fumage de cigarette qui fait rire (fait)

ce fut donc un premier avril sans poisson : tout est vrai. (passionnant, non ?)

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samedi 31 mars 2007

crêpes

ENSEMBLE C'EST TOUT
de Claude Berri

Le problème, c'est qu'on hésite entre "Ensemble c'est doux" ou "Ensemble c'est mou", entre "un film de gentils" et "un film gentil", entre (allons jusqu'au bout) "simple" et "simplet".
Claude Berri adapte le bouquin d'Anna Gavalda (que, sur les conseils impératifs de mon amie Christine, et eu égard à mon statut de midinet multirécidiviste, j'avais dévoré et qui bien sûr m'avait fait foooondre en flaque la crème glacée qui me tient lieu de coeur.) Soit 1h30 pour 600 pages, soit (GB va être content) 6,66 pages à la minute. Ce qui fait rapide. Bon l'essentiel y est : les personnages, l'intrigue, mais à la fin on (je) reste sur sa faim. C'est gentil, certes, mais c'est ausi un peu édulcoré, un peu affadi. C'est grand public, quoi, a dit mon amie Evelyne, en sortant...
Je ne vais pas réenfoncer certaines portes ouvertes sur les différences entre littérature et cinéma, mais c'est sûr que l'avantage du bouquin, c'est qu'on peut se fabriquer ses propres illustrations, et qu'on a plus le temps pour expliquer (ou comprendre) les choses. Alors que là, hélas, durée oblige, on est soumis à la vision -réductrice forcément- du metteur en scène (qui d'ailleurs ne met pas grand-chose, avouons-le : niveau mise en scène, plus planplan tu meurs... d'ailleurs paraît que c'est Dupeyron qui a fini le film pour cause deréitération de nervous breakdown de Berri), et on se sent un peu pris en otage. comme des touristes visiteriaent un musée au pas de charge. Allez hop! hop! on pass! suivant! Du bouquin Berri a  fait bouillir la plupart des ingrédients, ne surnage plus quasiment que le sucré, à la longue ça peut virer un peu écoeurant.
Guillaume Canet est infiniment agréable à regarder, il a un sourire craquantissime, il est tout doudou, mais il me semble qu'à priori j'aurais vu un Franck un peu plus bourrin. Audrey Tautou est bien aussi (j'aurais bien aimé voir Charlotte Gainsbourg qui était initialement prévue) même si elle n'est pas forcément avantagée par ses successives aventures capillaires. Laurent Stocker est par-fait en Philibert. Les autres acteurs sont très bien aussi. Et on a (j'ai) même l'immense plaisir de revoir la non moins immense Hélène Surgère (ah... Corps à coeur, ah... Les belles manières) dans un petit rôle de mamie...
Même si on n'a pas lu le bouquin, on sait bien comment ça va finir, que Guillaumeet Audrey vont finir par s'aimer, et que tout finira très bien de chez encore mieux ; alors on regarde, on attend, on se laisse porter, c'est un peu sans surprise. Mais pas du tout désagréable.
On sort de là mi-figue mi-raisin, le sourire oui, mais en se disant une fois de plus que y a que dans les films que ça finit bien comme ça...

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vendredi 30 mars 2007

face à face

Juste un lien vers le genre de projet qui me touche et me fait fondre :
(ça fait un moment  que j'avais entendu parler de ça mais je n'avais pas eu le temps d'en parler -il était bien plus occupé à gémir sur son sort et à s'auto-apitoyer -ndc schizoïde)

Et, dans un tout autre genre (quoique...) ça aussi

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révolution ?

12H08 A L'EST DE BUCAREST
de Corneliu Porumpoiu

Un film de chenapan, de galopin, à l'image (!) de la clarinette qui lui sert de musique de générique. Acide, moqueuse, acerbe. Le réalisateur n'a pas eu beaucoup de pépettes mais il a eu plein d'idées. Et réussit à emporter le morceau avec trois francs six sous.
Il nous décrit peu ou prou le même monde que LA MORT DE DANTE LAZARESCU (la Roumanie jolie colorée et riante -non non je plaisante- tellement qu'on a envie de faire illico ses valises aussi sec pour ne pas y aller), mais pas par le même bout de la lorgnette. LA MORT était un film de nuit, d'attente, de descente aux enfers hospitaliers, alors que le film de Porumpoiu serait plutôt un film de matin. Pas un matin qui chante très fort, non non, plutôt un matin un peu vaseux, genre lendemain de cuite. Un matin où, comme un des personnages principaux, on ne se souvient plus de ce qu'on a fait la veille. Un matin où on fait contre mauvaise fortune bon coeur. Mais plutôt coeur à rire alors. A sourire disons. Mais ça fait du bien.
C'est une émission de télé (locale & cheap cheap cheap) destinée à commémorer la fin de la dictature avec la fuite de Ceaucescu à 12h08, le 22 décembre 89 (sur le thème "avons-nous vraiment fait la révolution ce jour-là ?" ) qui va occuper une bonne moitié du film, se posant en point d'orgue (que pourrait-il donc y avoir de plus palpitant ?) d'une journée d'hiver somme toute banale en Roumanie, à quelques jours de Noël.
Le présentateur ex-entrepreneur (qui a des problèmes de voisinage avec les mômes qui lancent des pétards) a eu aussi des problèmes d'invités pour cette fameuse émission, qui se sont débinés (il passe la matinée au téléphone, et conclue par un sentencieux et concis "je chie sur ton répondeur" ) a donc invité ses potes : Manescu, un prof d'histoire un peu alcoolo et Piscoci, un papi solitaire (dont le seul titre de gloire est de faire le Père Noël dans les écoles depuis la nuit des temps) qui aussi des problèmes avec les mmômes et les pétards, pour un débat dérisoire, que les coups de fil des téléspectateurs vont faire virer au règlement de compte personnel, dans une émission un peu à la déglingue, de plus en plus oblique (la trépied de la caméra est cassé(e)...) et drôle.
Porumboiu, au travers de ses personnages, nous livre un portrait sans complaisance de l'aujourd'hui de son pays, mais non sans une certaine tendresse. Pour ses contemporains, pris dans leur mouise quotidienne (les cuites, les dettes...) Et avec une indéniable virtuosité, pour tirer visuellement le meilleur parti de tout ça. Car il y  a là un sens certain de l'image forte, parfois quasi-surréalisante (un père noêl qui lance des pétards, une fanfare  roumaine qui dézingue un morceau latino, des réverbères qui s'allument ou qui s'éteignent) qui justifie la Caméra d'Or qui a récompensé le film à Cannes.
Ca tire dans tous les sens, mais ça fait mouche à tous les coups. C'est visuellemnt, humainement, cinématographiquement fort. Et c'est un premier film!

18716385 (le film)

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mardi 27 mars 2007

précipité

J'aime bien ce mot, qui donne en même temps (condensé) l'idée de vitesse et celui de réaction chimique effervescente imprévue. C'est un peu l'état des choses en ce moment, aux bozarts :

- Les "3ème année" qui passent leur admissibilité pour le DNAP (les "com" c'était la semaine dernière, les "art" c'est cette semaine),
- mon amie Emma qui finissait aujourd'hui la première moitié de son congé de formation (elle retourne dans sa classe jeudi, mais elle revient l'année prochaine, la veinarde! moi en juin, j'aurai grillé toutes mes cartouches! Si je en trouve pas un autre métier d'ici là, je devrai retourner à l'école la queue basse et sans échappatoire!),
- une dame exquise et passionnante qui vient nous faire une conférence sur l'illustration aujourd'hui (à chaque fois c'est pareil, je me dis, tiens j'aurais p'têtre pu faire ça, et à chaque fois, je me dis aussi, ben c'est trop tard, t'as rien fait, t'es un con, à force d'être un peu ceci, un peu celà, finalement tu n'es rien du tout),
- la jeune S. (elle est grande et belle) qui passait cet aprèm' mais qui n'est pas sûre du résultat (je la sens fragile fragile),
- le jeune T.(il est petit et) passera lui demain matin, j'ai vu un peu ce qu'il allait proposer, ne lui ai pas trop parlé par crainte de le déranger car je le sentais stressé, il a un travail photographique plutôt original et personnel (il se photographie, grimaces, malformations lycanthropiques photoshopesques, multiplication de sa silhouette foetale et nue en forme de téléphone portable),
- et le petit livre dont j'ai déposé aujourd'hui la maquette chez Pierre, qui se rangera dans une boîte de cigarillos et qui s'appelle PARTIR EN FUMEE,

bref je suis parti à 18h, il faisait très soleil, très bleu, forsythia et primevères, j'avais trop chaud dans ma voiture mais un peu les yeux qui démangeaient
saloperies de pollens

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chacun cherche son chien

J'ATTENDS QUELQU'UN
de Jérôme Bonnell

J'aime ce film parce qu'il est doux. J'aime ce film parce qu'il est attentif. Jérôme Bonnell a, comment dire, depuis LES YEUX CLAIRS, quelque peu arrondi les angles, adouci l'amertume initiale de son cocktail narratif. Et ça passe tout seul. Et on en redemande.

Des gens ordinaires, normaux, dans une petite ville, avec des histoires simples : un patron de bar, un jeune autostoppeur, une institutrice, un comptable... Le patron de bar (Gérard Darroussin) est divorcé, il aime beaucoup les femmes, et voit régulièrement une professionnelle (Florence Loiret-Caille) pour des ébats tarifés. Mais pas du tout que pour ça. L'autostoppeur (Sylvain Dieuaide) rentre chez lui après quelques années d'absence pour régler une histoire qui serait comme dirait restée en suspens. Le couple (Emmanuelle Devos en maîtresse un peu fofolle et Eric Caravaca en comptable un peu coinç-coinç) est sans enfant mais hérite à l'improviste d'un gros chien noir...

Et ça suffit pour faire notre bonheur. Jérôme Bonnell conjugue ses trois historiettes avec adresse, avec tendresse, avec humanité. Il sait rester proche, proche des personnages, de leur visage, de leur corps, de leur peau, mais aussi de leurs émotions, de leurs délires, de leurs hésitations, de leurs chagrins... Sans pathos, sans excès. C'est simple (je le redis), c'est touchant, ça tombe toujours juste. La vie, quoi, le bordel (comme chantait Higelin), avec ses hauts ses bas, et ses moments de flottement où on ne sait plus très bien de quel côté on se place...

L'écriture est précise, la mise en scène fluide, le timing perfect avec quelques running gags (dont la présence de Nathalie Boutefeu, égérie du cinéaste (elle a joué dans tous ss films précédents) en dame aux petits chiens.) et autres clins d'oeil. Une merveille de tendresse, où les comédiens -comme un vin qu'on laisse décanter pour en exalter le bouquet- se laissent aller, donnent le meilleur, se bonifient, se magnifient. On aimerait vraiment habiter près de chez eux, croquer des carottes avec Emmanuelle Devos, ou des bananes avec Marc Citti, boire des bières avec Sylvain Dieuaide ou Florence Loiret-Caille, promener le chien avec Eric Caravaca, ou relire (pour la quatrième fois!) L'Education sentimentale avec Gérard Darroussin...

C'est vraiment bien bien.

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lundi 26 mars 2007

micro26

Emu, j'ai ralenti face à un hérisson qui traversait la route.

*

J'ai un ami qui avait reçu Ségolène R. dans son école, et j'en ai un autre qui vient de recevoir Nicolas S.

*

"Je serai ta pleureuse."

*

Le dimanche qui suit la pleine lune après l'équinoxe de printemps.

*

Le café ne ferait effet que dix heures après son ingestion.

*

Quand on s'aguerrit, c'est que ça guérit ?

*

Je me suis longtemps demandé si les boxeurs gagnaient aux poings ou bien aux points.

*

L'érable devant la fenêtre bruissait ce soir comme un HLM à oiseaux.

*

"Se contenter de ce qu'on a"

*

"Mourir est la pire chose qui me soit jamais arrivée."

*

Des oiseaux qui ne dorment pas la nuit.

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dimanche 25 mars 2007

essuie-glace

Je roule derrière un camion de chantier qui me crépit généreusement le pare-brise d'éclaboussures de gouillasse. Je tente de nettoyer ça avec les essuie-glace. Bien entendu, mon réservoir de lave-glace est vide et la giclette actionnée en vain ne produit que d'ultimes postillons rachitiques. Total : le pare-brise est désormais opaque, ou quasiment. je n'y vois goutte, désormais! Et je peste.
Quand soudain, ô bonheur, je peux m'arrêter sur un parking pour m'occuper du dit pare-brise. Je trouve dans mon vide-poche une petite bouteille d'eau que j'utilise pour nettoyer manuellement tout ça. Joie, tout est à nouveau limpide, étincelant. Je redémarre joyeusement. Et au bout de quelques kilomètres (c'est la loi de la route : pendant que vous êtes arrété sur un parking, les autres véhicules continuentleur progression, , à leur rythme propre - plus ou moins, propre, d'ailleurs!- ), je me trouve à nouveau derrière un (mais ne serait-ce pas le même ?) camion de chantier qui, aussi sec (!) recommence à me crépir généreusement ce pare-brise que je venais de nettoyer avec amour.
Je reste calme... je me dis que je suis bientôt arrivé et qu'il va sûrement pleuvoir, de toute façon, non ?

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jeudi 22 mars 2007

hors-champ

HONOR DE CAVALLERIA
de Albert Serra

C'est bien que cette chronique vienne juste après celle de Substitute, car les deux films ont plus d'un point commun :
- ils ont été projetés tous les deux cette année au festival EntreVues de Belfort
- je n'ai pu en voir aucun des deux alors
- ils ont été primés tous les deux
- ils appartiennent tous deux à la catégorie FQONPPPI (Films qu'on ne pourra pas passer ici)
- et, last but not least, il se trouve que Substitute est à son sujet (la Coupe du monde de fout') ce que Honor de cavalleria est au sien (l'histoire de Don Quichotte) : une vision pour le moins atypique, parcellaire, périphérique (ou excentrée ?) -Encore une fois je dois reconnaître ici publiquement que mon ami Hervé avait une fois de plus raison (si ça continue je vais être obligé de lui faire tout le temps aveuglément confiance!) : bref, c'est beaucoup trop pointu!- (à mon goût)

Pendant le film, j'avais des adjectifs qui tournoyaient dans la tête : extrémiste, ascétique, rigoureux, minimaliste, austère... qui, à la longue, ont hélas fini par se cristalliser en un unique mot : chiant. C'est une version de Quichotte qui n'a gardé que le squelette, voire l'ombre du squelette, voire la poussière de l'ombre du squelette du roman de Cervantes. Un peu comme si on adaptait Vingt mille lieues sous les mers en ne gardant que le Capitaine Némo qui regarderait un poisson rouge tourner dans un bocal.

Quichotte et Sancho, un cheval et un âne, des herbes, des arbres, et c'est à peu près tout. Si si! Au début on est assez fasciné, et puis l'intérêt s'étiiiiiiiire se délite se ratatine ; il ne se passe rien, rien de plus. Ils marchent, ils se baignent, ils mangent des noix, ils cheminent, ils dorment, ils cheminent, et ça continue, il ne se passe toujours rien de neuf (excepté le fait qu'on regarde de plus en plus fréquemment sa montre, qu'on baille, qu'on se tortille sur son siège,en se disant que Straub et Huillet, à côté, c'est carrément les Folies Bergère!) Passent des personnages annexes dont on ne comprend ni la fonction, ni l'utilité. A la fin, il dit qu'il va bientôt mourir et demande à Sancho de dire oui. Et Sancho dit oui (et le spectateur dit Ouf!)


Les critiques de Libé et de Télaramioche n'ont pas dû voir le même film (ou bien en sont peut-être sortis au bout de dix minutes : à ce moment-là, on est encore relativement passionné.) On pourra dire tout le mal qu'on voudra à propos de Substitute (que, personnellement je continue à défendre), mais au moins, il a la modestie de ne durer que 70 minutes!

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Posté par chori à 20:38 - - Commentaires [3] - Permalien [#]

hors-jeu

SUBSTITUTE
de Vikash Dhorasoo & Fred Poulet

Il y a des films, comme ça, que, sans raison particulière, on a très envie de voir. Pourtant je ne m'intéresse pas du tout au foot, encore moins à la Coupe du monde, je ne connaissais pas le réalisateur, mais, je ne sais pas, je voulais voir ça, c'est comme ça.
Voilà, c'est fait, et c'est vraiment un drôle de machin. De par la durée (1h10 à peine). De par le thème (autoportrait d'un joueur qui ne joue pas). De par les moyens (super 8). C'est, comment dire, mal foutu ? minimal ? brut de décoffrage ? rustique ? En tout cas vachement attachant.
Vikash Dhorasoo a une bonne tête (il me fait penser à Prince avec de la barbe. -plus ou moins selon les jours d'ailleurs-) Il fait  partie du groupe de 23 gars (on verra très très peu les autres) embarqués dans l'aventure coupedumondesque, aventure que lui passera - pour des raisons qu'on ne connaîtra ni ne comprendra vraiment- assis sur le banc des remplaçants, ou enfermé dans sa chambre d'hôtel, malheureux de cet état visiblement, mais se faisant une raison.
Il n'aura joué qu'une dizaine de minutes lors des éliminatoires (remplaçant Zidane sous les sifflets et les huées) et puis plus rien. Ce qui laisse le temps de réfléchir, de s'introspecter, de se tirer sur l'élastique (au choix), d'autant plus qu'il est équipé de deux caméras super8 (et d'un magnéto) que lui a filé son copain Fred Poulet. Il filme donc, se filme, l'image est pourrie, y a du grain, mais qu'importe, on l'écoute se parler, on le regarde se regarder. C'est touchant parce que presque agaçant, fragile parce que malhabile. Adroit parce que gauche ?
Mais ça se complique juste un poil niveau filmage puisque le pote Fred est là aussi, régulièrement, pour filmer Vikash en train de filmer (ou de ne pas filmer) : l'intime et le public ? il s'agit plus alors d'une conversation plus que d'un monologue. Certains attendaient Godot, lui juste attend de rentrer sur le terrain. Comme dans le film de Panahi, les matches, on ne les verra pas (on n'est pas dans les yeux dans les bleus) et la majorité des spectateurs en sera comme Vikash : frustré(s).
Oui, on aimerait bien l'avoir pour pote, ce mec, on aurait envie de le connaître davantage (car le portrait, paradoxalement, reste très en surface, prudent, discret, on reste un peu sur sa fin.) L'expérience du spectateur est à l'image de celle que Dhorasoo a vécue : minimale, répétitive, quotidienne, routinière, vue à travers l'objectif de la caméra avec laquelle il s'ausculte dans les miroirs (une très belle scène dans une chambre d'hôtel.)
Mis à l'écart, mais pas vraiment, présent/absent, il se console comme il peut.
Soixante-dix minutes, c'est long mais c'est court (ou le contraire)
Pourtant il y a dans cet exercice de style une poésie indiscutable, sans qu'on puisse très bien expliquer pourquoi. Attendrissant ? (alors là si on m'avait dit qu'un jour j'utiliserais cet épithète pour qualifier un joueur de foot...)
Un vrai objet de cinéma (et de curiosité)

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(ajouté après-coup : mais ne serais-je pas ici sur ce blaugue en train de faire la même chose , de me regarder en train de me regarder en train de ne pas jouer, en me disant que non non j'en veux pas au sélectionneur, il a sans doute ses raisons, oui de bonnes raisons...)

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