vendredi 27 juillet 2007

naze

La vie est imprévisible.
Oui, oui, je sais... Mais ainsi va mon odorat aussi! Alors que j'avais depuis longtemps baissé les bras et arrêté les nettoyages de sinus à l'eau de mer et le pschit-pschitage de nébulisations un peu à la cortisone, voilà que sans prévenir ça revient. En pointillés, bien évidemment : lundi un peu, mardi après-midi beaucoup, mercredi rien, et aujourd'hui je pensais rien mais voilà qu'en entrant au Super U j'ai senti.
j'ai donc préparé une salade de tomates avec d'autres trucs qui sentent (oignon, huile d'olive, persil) et je sirote un martini (c'est bon le goût du martini, vous pouvez pas savoir comme ça change...)
Jusqu'à quand ?
On verra (sentira serait plus juste) bien!

Mais c'est comme quand je suis amoureux : le fait d'en parler implique un risque. Et c'est bien ce qui s'est passé : dix minutes plus tard, je ne sentais plus rien...

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jeudi 26 juillet 2007

orchidées

SYNDROMES AND A CENTURY
de Apichatpong Weerasethakul

Dans cette bonne ville de B. où je vais au cinéma, ce film est sorti cette semaine, mais pour une unique et solitaire séance quotidienne (18h, tarif réduit), traitement dont bénéficie aussi son confrère I don't want to sleep alone, de Tsai Ming Liang (déjà chroniqué par ici). Pourquoi je vous dis ça ? Parce que, précisément, certaines fois, j'ai envie de courir revoir le film sur le champ, séance tenante (c'est le cas de le dire), et là c'était bien le cas, mais c'était donc malheureusement impossible
On a (j'ai) envie de revoir un film illico pour plusieurs raisons : soit par ce que c'est merveilleux et qu'on s'y est senti tellement bien qu'on veut absolument réitérer l'expérience, soit parce qu'on n'a pas tout compris,  qu'on a le sentiment que quelque chose vous échappe, qu'on aimerait avoir de plus amples explications sur certaines scènes, certains plans, certains détails...

Eh bien là, les deux raisons sont valables. De même qu'il y a deux parties dans le film, deux même il y a deux bonnes raisons (au moins) de retourner le voir! Comme pour les deux précédents films vus de ce cher Apitchounet, on a donc deux demi-histoires, qui réunies, en forment une troisième. Sauf qu'ici pas de changement radical entre les deux moitiés. C'est comme s'il nous racontait deux fois la même chose, une fois "normalement" et une fois "d'une autre façon".
Ainsi, la première partie débute par un entretien d'embauche aux questions un peu absurdes que fait passer une jeune médecin à un jeune médecin, et la seconde partie débutera par le même entretien d'embauche, avec les mêmes questions (la médecin / le médecin) mais pas au même endroit (et certains disent pas au même moment non plus...)

Pas question de tout disséquer, tout recenser, tout analyser, disons juste que cette première partie est plutôt centrée sur cette demoiselle (la jeune médecin), après qui en vain un soupirant soupire, mais qu'elle éconduira gracieusement, en lui racontant l'histoire de l'homme aux orchidées, un amour de jeunesse qui compte toujours pour elle, mais on suivra aussi en parallèle les émois sentimentaux d'un jeune dentiste, chanteur de variétoche thaï à ses heures, qui tombe amoureux d'un moinillon (d'un bonzinet ?) DJ contrarié... Et cette première partie est proprement miraculeuse. Parce qu'il y est toujours question d'amour, et pas forcément d'amour partagé, mais sans qu'y apparaissent ses habituels corollaires : souffrance, jalousie, déception, douleur, pathos... Il s'agirait juste de l'essence de l'amour ? Plutôt de la recherche, de l'approche  de cet élément mystérieux. C'est constamment d'une beauté à la fois  simple et fragile, ça coule, ça s'écoule, couleurs claires, frémissements, soleil, arbres qui bougent, avec  une fluidité touchante, une délicatesse incroyable... Si le pathos existe, il n'apparaît pas. Ou alors si imperceptiblement qu'il en devient translucide.

La seconde partie, qui rejoue quasiment dans ses grandes lignes la première, en intervertissant les lieux, les situations, en rajoutant des personnages, des scènes aussi, est à la fois (surtout vers la fin) un plus inquiétante et  déstabilisante. Mais on n'est toutefois pas perdu dans la jungle obscure de la seconde partie de Tropical malady. On est toujours alors dans le milieu médical, on reconnaît les personnages, mais les repères qu'on avait sont comme un peu détournés, on ne comprend pas toujours de quoi exactement il est question, ni ce que signifie vraiment ce qu'on nous montre. Elle ré-équilibre en quelque sorte le trop plein de légèreté dont le début nous avait oxygéné les neurones. L'hôpital, son personnel, ses couloirs, son décor immaculé, aseptisé, prennent soudain plus d'importance. La construction du récit est plus heurtée que dans la première moitié, qui était plutôt sans coutures apparentes. Oserais-je parler de patchwork? On a un peu le sentiment d'un jeu de (dé)construction, comme si le réalisateur avait volontairement omis dans ses phrases les conjonctions de coordination et les balises logiques du récit. Des espaces disjoints se juxtaposent, certains anxiogènes, d'autres joyeusement régressifs. Si la première partie était les Syndromes du titre, peut-être celle-ci est-elle alors les "and a century" ? (comme on dirait "le mal du siècle" ?)

Les films d'Apichatpong W. sont comme des caissons d'immersion sensorielle. Sa façon de filmer la nature, son goût des relations entre les êtres, son évidente maîtrise de la caméra, font de chacun d'eux une expérience unique, un puissant objet de fascination. Celui-ci, qui clôt une trilogie (avec Blissfully yours et Tropical Malady) est selon son auteur une évocation autobiographique, consacrée à ses parents (médecins). Je veux bien le croire, mais je l'ai  surtout reçu comme un sublime cadeau, en tout cas le présent idéal en cette fin d'après-midi ensoleillé.

"Et si tu aimes quelqu'un en secret, qu'est-ce que tu fais ?"

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(l'avis de  Zvezdo ici)

(après coup : en relisant, je me rends compte que j'ai parlé plutôt maladroitement de ce film, que je n'ai pas réussi à en retranscrire la magie... tant pis!)

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mercredi 25 juillet 2007

pèlerins

Un billet de haute volée
(comme d'hab, j'adore ce qu'il écrit)
au Bar Nabé

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mardi 24 juillet 2007

fine gueule

RATATOUILLE
de Brad Bird

Depuis le temps qu'on voyait la bande-annonce (ça fait bien 6 mois!) je savais qu'il fallait que j'y aille dès l'avant-première, sinon il serait trop tard. Ce fut donc chose faite, ce soir à 18h, dans le bôôô cinéma, dans la plus grande des salles, remplie d'ailleurs à ras bord de n'enfants (je ne vous raconte pas le nombre des allées et venues dans la salle pendant la projection pour aller faire pipi) et de leur(s) parent(s) correspondant(s) (car bien souvent, seul un des deux avait fait le déplacement, et il me semble d'ailleurs qu'il y avait davantage de papas...)
Et alors ? Ben disons juste qu'encore une fois Pixar a frappé très très fort. L'animation est fabuleuse, plus aucun effet de texture ne semble leur faire peur, le rendu est saisissant, la qualité de l'image est esbrouffante, l'animation d'une grande fluidité, et le film pourrait d'ailleurs tourner en démo de leur virtuosité technique, mais il est plus malin que ça.
L'histoire est ce qu'elle est (comment réussir à vivre son rêve, quand tout semble au départ contre vous, même votre famille, surtout que vous êtes un rat) ciblée "enfants dès 6 ans" (selon la signalétique allociné, mais bon, 1h50, pour les chtiots, ça commence à faire long...) donc assez prévisible (il y a un très méchant, pas le plus réussi du lot d'ailleurs, et un autre méchant mais c'est pas de sa faute, d'ailleurs il deviendra gentil à la fin) et se termine d'ailleurs comme on souhaitait qu'elle se terminât (grosso modo, tout le monde est heureux...)
Les personnages sont attachants (surtout les rats, qui semblent, paradoxalement, plus fouillés que les humains) avec un gros faible pour les deux principaux, Rémi, le héros, et (surtout) Emile, son gros frangin rouquin et un peu bas de plafond. Mais tout ça n'aurait-il pas gagné à être un poil plus ramassé ? Il y a d'ailleurs une première "fausse fin" (Disney ancienne manière : le méchant est puni et le gentil récupère ce qu'on lui avait usurpé) mais hop, non, on avait oublié le dessert, et le réalisateur  en remet donc une bonne louche (Disney nouvelle manière : la transfiguration de celui qu'on croyait méchant ?) occasionnant une petite baisse de régime entre les deux... on se dit que s'ils continuent, ils ne finiront jamais à temps!
Mais bon, le dosage du cocktail est quasi  perfect : tant pour cent d'humour (j'ai pas mal rigolé, encore une fois, à tel point que le gros papa assis à côté de moi se sentait par moments obligé de rire pour m'accompagner), tant pour cent d'action et de speed, tant pour cent d'émotion, tant pour cent de peur, tant pour cent de découragement, tant pour cent d'amour (si si! mais pas chez les rats... eux semblent tous être de sexe mâle (ou plutôt non sexués, seraient-ce des anges-rats ?!) et tant pour cent de "tout est bien qui...". Comme la ratatouille du titre (et du film), on a pris un plat (une recette) classique, et on vous le sert façon nouvelle cuisine. Mais ça vaut largement l'addition! Le seul petit reproche (mais c'est personnel) : pourquoi donc ont-ils choisi de faire au héros la tête de Stéphane Bern ?

Et ne manquez pas, en guise d'amuse-bouche, le petit film d'extra-terrestres (Pixar aussi) en première partie, qui est vraiment à pisser de rire!

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18780108_w434_h289_q80 (Rémi et Stéphane B.)

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lundi 23 juillet 2007

à mon tour

Tss, je ne me connaîtrais pas, je me serais méfié de moi, et je me serais pris par la main pour m'emmener faire un test de contrôle anti-dopage. Oui oui... Mais qu'est-ce qui m'a donc pris ce matin ? Saisi de je ne sais pas trop comment appeler ça... un regain d'énergie ? voilà que dès les aurores (oui, car on se lève aux aurores plurielles, et jamais à l'aurore toute seule et célibataire) je me suis mis fébrilement, mais pas plus que ça, à faire tout ce que j'avais -vaguement - hier soir planifié que je devais absolument faire en ce ce très début de semaine... Je pars à Paris en fin de semaine pour une dizaine de jours, et ceci nécessite un minimum d'organisation, dans l'avant, dans le pendant, et dans l'après (euh quoique pour moi qui ai la capacité d'anticipation d'un  poisson rouge,(et d'un petit, en plus), là, ça commence carrémentà faire un peu loin... Que veux-tu que je prévoie pour le 9 août ? C'est quasiment une autre ère géologique!) Oui donc, quelle mouche m'a piqué ?

(Images en accéléré de Chori qui court partout, téléphone, émaille, va à la poste, re-téléphone,  sort la poubelle, programme le dvd, monte, redescend, à pied, en voiture, en trottinette, etc.)


Je me suis retrouvé à 10h30, me frottant mentalement les mains, hop hop tout était plié bâché nickel.  Tout fait! Mais que faire alors du reste de la journée ? Heureusement, il s'est mis à pleuvoir.

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dimanche 22 juillet 2007

a cappella

Grâce à la suggestion, puis l'insistance de mon amie Claude W., et grâce aussi à son aimable petit véhicule, j'ai pu assister hier soir à un superbe concert en l'église de Lure (70) dans le cadre du Festival Musique et Mémoire. Je lui avais parlé de mon goût pour la musique chorale, vocale et religieuse (Vivaldi, Haendel and co...) et m'étais donc vu fermement conseiller ce concert-là, précisément... Comment aurais-je pu donc ne pas y aller, hein ? Je m'y suis donc rendu (oui comme on rendrait les armes, hihi...) Ô bonheur, en arrivant là-bas, Claude m'a fait remarquer, que, pour une fois, j'étais dans les plus jeunes de l'assistance. Ce qui  change du public des concerts de Katerine, JoeyStarr, ou même Pierre Henry (non, j'exagère, pour Pierre H., j'étais juste dans la moyenne!)

Il s'agissait du Chœur de Chambre Les Cris de Paris, sous la direction  du jeune  (et virevoltant) Geoffroy Jourdain (d'ailleurs ils ont tous l'air jeunes!), une trentaine (le programme parlait de 26, le site annonce 33, en tout cas ils étaient nombreux) de chanteurs pour un programme de musique baroque et contemporaine (mais Claude à la fin, et elle s'y connaît plus que moi, a conclu que c'était beaucoup plus contemporain que baroque, mais du contemporain - ça c'est moi qui le dis, aïe je ne vais pas encore me faire que des amis... - joli, du contemporain mélodieux, qui ne fait pas mal aux n'oreilles, du contemporain virtuose, juste les voix (pas besoin d'instruments) qui se suffisent à elles-mêmes.), programme qui m'a, comme on dit, enchanté.

Un concert, comme on dit, enlevé, eux impressionnants, tout en noir (il y avait, et c'est aussi une particularité du choeur - et un exemple à suivre ? - grosso modo autant de messieurs que de demoiselles) et je peux vous dire que que tous assuraient (depuis leur arrivée en musique, en double file
indienne depuis le fond de l'église, chacun soufflant dans unun kazoo (oui oui) pour installer une sorte d'harmonie sonore, dee climat attentif, jusqu'à leur départ après le rappel (dommage, ils ont juste rechanté un des morceaux qu'ils venaient de présenter) en sens inverse, mais en silence et quasiment au pas de course!

Bref, une heure trente délicieuse (en plus, on était scandaleusement bien placés, plutôt que d'être au milieu et derrière, on avait fait le choix d'être sur le côté mais bien devant, avec une bonne vue sur les chanteurs)  je vous assure. A la fin, Claude avait les yeux qui brillaient et pétillaient comme une petite fille. Et qaund elle a vu mon sourire, elle s'est sentie rassurée... Un pot était offert par la Municipalité, nous y sommes allés. Et là, dans la cour de la Mairie, on a eu la joie, au bout d'un certain temps d'échange de mondanités et de kirs, la joie donc de les voir revenir, en civil, et de s'installer dans un coin de la cour (et sous une légère pluvinette) pour un petit rappel live (qu'ils n'avaient pas osé faire dans l'église ?) d'autant plus surprenant qu'il n'appartenait  pas au répertoire précédent, puisqu'il s'agissait du Hung Up, de... Madonna! Si, si, virtuoses, je vous dis, ces gens-là peuvent décidément tout faire! (Et là, pour une fois, j'aurais presque pu chanter avec eux, chose que je n'avais pu faire, au dernier morceau du concert, quand ils avaient  invité le public à chanter avec eux la partie des ... soprani (???) "Stravaganza de amore"...)

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samedi 21 juillet 2007

cru

Franck Venaille débutait un de ses textes (La guerre d'Algérie, je crois) par cette phrase : Donc il l'encule. Une formulation courte, sèche, minimale. D'autant plus violente. Choisie à dessein pour choquer, pour mettre en état de choc plutôt. Un coup de semonce.
Eh bien j'ai eu un peu le même genre de choc l'autre matin, en trouvant au réveil sur l'écran de l'ordi dans  une fenêtre msn de chat ouverte, un dialogue (un monologue plutôt, puisque je n'étais pas là pour répondre) qui commençait peu ou prou par les mêmes mots : "tla encule ?" (je reprends texto  l"écriture et la ponctuation) mais qui visiblement ne m'étaient pas destinés, (sur msn ce qui est dit est dit, tant pis pour toi...) puisque les lignes suivantes disaient successivement "PARDON", "TROMPE DE FENETRE!!!" et, pour conclure "putain la honte".
Ce à quoi j'ai juste répondu sybillinement "ça arrive" avec un smiley qui rigole, sans préciser si ça se rattachait à la question initiale ou bien à l'erreur de fenêtre, ou même à la honte... Et oui, ça arrive à tout l'monde, et même au jeune homme en t-shirt (puisque c'est de lui qu'il s'agit.)
Ca m'a d'abord un peu étonné, puis plutôt amusé, et finalement rassuré! Oui oui, rassuré, c'est un mec comme les autres, sans piédestal, un mec qui utilise aussi ce mot-là, où la trivialité le dispute au tristement banal, non ce n'est pas un parangon angélique, éthéré, mais juste un petit humain normal, comme vous, comme moi.
Et j'avoue que j'aurais bien aimé savoir ce qui venait avant et après cette  première ligne. Mais lorsque je lui ai évoqué (légèrement) le fait, dans un mail ultérieur, il a fait comme si, il a esquivé, et n'a rien répondu...

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vendredi 20 juillet 2007

travaux publics (ou privés)

Après une semaine culturelle (concerts, films, théâtre...) fort enrichissante ma fois, place à la semaine cul tout court. Nettement moins brillant. Mouais.
Un genre de démangeaison estivale (je deviendrais zinzin à force de contempler, sans pouvoir les prendre en photos, tout un nid de mecs de l'équipement en plein boulot (et en plein soleil), torse-nu à en baver (oui oui, c'est drôle, ça doit venir de l'enfance, mais un  mec torse nu a sur moi beaucoup plus d'impact érotique qu'un mec tout nu en entier.) Et le fait de réussir à les prendre en photo (j'ai déjà parlé de l'avantage d'avoir un gros zoom) me permet de me les approprier un peu. Images, précieuses parce que volées, comme s'ils m'appartenaient un peu, sans le savoir. Car c'est le genre de mecs totalement inaccessibles et inapprochables (surtout comme ça, en troupeau), à mon âge et à l'heure qu'il est (je sais, je sais, l'auto-dénigrement est pour moi un sport national). Alors j'essaie. Et je suis comme qui dirait soulagé, lorsque, passant, je constate qu'ils ont fini leur intervention et remontent dans leur camionnette. Ouf! Je n'aurai plus de souci à me faire.
Comme il est dit dans Les affreuses "Mais pourquoi on craque toujours sur les prolos ?". Donc hier, par exemple, je me suis rendu un peu malade (et c'est bête) en me rendant compte, après plusieurs essais infructueux, qu'il m'était vraiment impossible de les photographier, surtout en conduisant, et ça n'a fait qu'exacerber ma frustration, déjà bien amplifiée par le soleil et la chaleur.
D'aller me rafraîchir sur un parking n'a pas franchement arrangé les choses, il n'y avait que des habitués, encore plus vieux que moi, et qui en plus jacassaient, spécialement l'un deux, qui m'énerve, et qui avait  visiblement réussi à s'accaparer le gros chef de chantier que j'avais envisagé (et dévisagé) en vain quelques jours plus tôt, et en gloussait donc d'aise comme un dindon bêta... Pour un peu, il aurait fait la roue!
Et puis j'avais trop soif, et plus rien à boire, je suis donc rentré à la maison, un peu beaucoup agacé syndrome Caliméro plus plus, genre "tiens puisque c'est ça je vais me suicider, et personne ne m'aime d'abord et c'est trop inzuste..." La chaleur, la soif et l'énervement vous conduisent parfois à de tristounes extrémités... La nuit venant, accompagnée d'un semblant de baisse de température (mais n'allant tout de même pas jusqu'à transmuter l'appart en glacière!, juste je suais un peu moins), m'a permis de reprendre mes esprits, et d'accomplir quelques tâches domestiques (manger, dvd, emails, électrocution de mites alimentaires...) pour me changer les idées jusqu'à ce que, très tard et plutôt à la fraîche, après avoir pesé le pour et le contre, j'aille tout de même faire un tour sur le terrain d'éventuels batifolages nocturnes, (histoire de finir en feu d'artifice ce jour tristement idiot).
Lieu qui hélas, contrairement à d'autres soirs, s'avéra quasiment vide, juste un convoi exceptionnel et une voiture de particulier, le premier contenant un chauffeur visiblement torse nu et matant par la vitre ouverte de sa portière, et la seconde vide puisque son occupant était occupé à parader devant la susdite vitre ouverte (sans provoquer la moindre réaction) et me gratifia d'ailleurs d'un peu amène " grmbllbll... pourrais pas aller faire chier ailleurs ? ", comme s'il me rendait personnellement responsable de son infortune. M'en fous, j'étais serein. J'ai donc attendu (il y avait une très belle lune et des étoiles idem) qu'il se lasse et reparte en vrombissant nerveusement. J'y suis alors retourné, pour voir. Las, le mec, immobile, toujours à son poste, semblait une statue de sel. Il ne dormait pas puisqu'il toussait parfois,mais, hiératique, ne répondit ni à mon bonsoir ni à mes petites chorégraphies au clair de lune.
A la fin je me suis dit que ça allait bien comme ça et que j'avais passé l'âge de ces conneries. Et je suis rentré. Il faisait frais. Il y avait un très beau morceau de piano à la radio. Zen.

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(hmmm... c'est pas mal, comme ça...)

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jeudi 19 juillet 2007

micro32

"Tu danses faux."

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"En plus, il n'y a pas de différentiel..."

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Passer plus de douze minutes à écouter la voix synthétique d'une hotline qui vous répète que votre durée d'attente est estimée à moins de 4 minutes.

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Une moitié de lune posée de travers sur le bord de la nuit

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Un couple qui va faire ses courses au supermarché bio en 4x4

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Je ne suis pas très "majuscules"

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Rêver parfois épuise

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Avons croisé un chat noir, à minuit, un vendredi 13.

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On avait presque oublié que le soleil pouvait chauffer.

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Regarder la télé m'endort irrémédiablement

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L'amour, comme le saumon : à l'unilatérale.

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Cette phrase dont j'étais assez fier, polie roulée comme un galet dans le demi-sommeil, et dont je fus, bien évidemment, tout à fait incapable de me souvenir, au réveil.

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mercredi 18 juillet 2007

cliché(s)

DELIRIOUS
de Tom DiCillo

Tiens, encore une histoire de sdf! Après celui de Tsai Ming Liang à Kuala Lumpur, voici le homeless made in Hollywood, mais ça n'a strictement rien à voir... (Ah si dans un cas comme dans l'autre il s'agit de cinéma. Mais c'est tout.)
Tom DiCillo, je le connais... ouououh! au moins depuis qu'il est tout petit! Non, bien sûr je plaisante, je l'ai découvert en tant que chef-op du superbe Stranger Than Paradise (1985) (et aussi, allociné vient de me l'apprendre, de End of the Night, de Keith Mc Nally, (1990), film qui ne semble plus exister d'ailleurs que dans ma mémoire, n'ayant laissé nulle autre trace.) C'est donc avec une certaine curiosité que j'avais découvert ses films en tant que réalisateur, deux d'entre eux, tout du moins, Ca tourne à Manhattan et Box of Moonlight. Puis les aléas des sortie ont mis quelque distance entre nous pour les films suivants, mais, allez savoir pourquoi, j'avais très envie de voir celui-ci...
Et alors ? (les curieux) Alors ?  ben, euh... c'est sympa!  Cette histoire d'amitié entre un paparazzo et un sdf, amitié démolie lorsque le sdf tombe amoureux d'une chanteuse à ados genre Br*tney Sp*ars (et que c'est réciproque!) commence chez Zola et finit comme dans Gala. Un peu plus de venin, d'acide, de méchanceté eussent été les bienvenus. D'autant plus que Buscemi buscémise (Lui et Tom DiCillo, c'est un peu comme Sergi Lopez et Manuel Poirier...) dans son costume sur mesure de looser hâbleur, et Michael Pitt est bien agréable à regarder avec sa petite gueule duvetée (quoique parfois, avec ses grands yeux bleus étonnés, il fasse penser à un petit veau, non ? Tss c'est la jalousie qui me fait médire) surtout sortant du bain et nous exhibant son petit tatouage à l'aîne (mais quand la serviette tombe, dommage, c'est hors-champ...)
Il y a dans les films de  DiCillo un sous-texte gay toujours pour moi assez réjouissant (d'ailleurs, ici, lorsque, tout au début, Buscemi demande à Pitt "Are you gay ?" l'autre répond "No, but...", et tout est dans ce "but...", bref, finalement, il est juste question d'amitié virile , comme déjà dans Box of Moonlight (où, là, c'était John Turturro qui s'y collait...) Le départ fonctionne plutôt bien, mais dès que l'amûr (et donc le roman-photo) vient parasiter le récit, ça se gâte hélas, et la satire d'Hollywood (ses stars et leurs  agents tout puissants, son glamour, ses parties, ses happy fews...) fait long feu. Ca commence en fable, ça continue en conte de fée et ça finit... en eau de boudin ? (Non, je suis dur, là)
Prenons ça juste comme une sympathique comédie estivale, sans lui demander, en plus, un discours révolutionnaire!  Juste Heaven, I'm in heaven...

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