samedi 9 décembre 2006

saint-nicolas

" Pour la famille Raba, le voyage n'est pas encore terminé. Une fois de plus, Jousef, Shpresa et leurs trois enfants ont passé la nuit loin de chez eux. Très loin, cette fois, de leur logement de Gray, en Haute-Saône : expulsés mercredi 6 décembre, cette famille kosovare a dormi à l'aéroport de Tirana, entourée de policiers. L'avion dans lequel ils ont été embarqués à Toulouse, à destination de Pristina, a été détourné vers l'Albanie, officiellement pour des raisons météorologiques.

C'est aujourd'hui, vraisemblablement, que les Raba devraient être transférés au Kosovo, une région qu'ils ont quittée il y a tout juste cinq ans : Jousef refuse d'entrer dans l'Armée de libération du Kosovo (UCK) et doit fuir avec sa femme et son fils, Qirim. Le Réseau éducation sans frontières (RESF) affirme que les Raba "ont subi des violences très graves du fait du refus de M. Raba de participer, avec l'UCK, à des expéditions visant à brûler des villages serbes".  Ils arrivent en France à l'automne 2001 et s'installent dans un village de Haute-Saône.

TROIS CHAISES VIDES

Depuis, Dashnor et Dashrujé sont nés. Les trois enfants Raba, qui ont aujourd'hui 7, 4 et 3 ans, sont scolarisés à Gray. Les demandes d'asiles déposées par la famille depuis 2001 ont toutes été rejetées, alors que les cinq frères et deux sœurs de Yousef ont eux obtenu le statut de réfugié, en France, en Suède, en Suisse et en Autriche. En juin, le jeune couple a alors tenté d'obtenir une régularisation dans le cadre de la circulaire Sarkozy, réservée aux parents d'enfants scolarisés. Selon RESF, la famille remplissait tous les critères : cette demande serait restée sans réponse.

Le 16 novembre, la famille est arrêtée à son domicile. Elle est conduite au centre de rétention de l'aéroport de Lyon-Saint-Exupéry ; aussitôt, une forte mobilisation se met en place. Dans leur quartier d'abord, où trois chaises vides sont placées devant les écoles des enfants, pour matérialiser leur absence, mais aussi dans toute la région lyonnaise.

Le samedi 2 décembre à l'aube, après dix-sept jours de détention, la nouvelle de leur expulsion imminente se répand. Après des incidents à Lyon, Mme Raba résiste au moment de l'embarquement, à Paris-Roissy. Le pilote de l'avion refuse de décoller, et la famille rentre finalement au centre de rétention de Lyon.

Le répit est de courte durée : le dimanche 3 décembre, le tribunal administratif refuse leur demande de liberté et fixe la date de l'expulsion au 6 décembre. Cette décision est confirmée en appel le 5 décembre. Au centre de rétention, à Lyon, les détenus ont commencé une grève de la faim par solidarité. Pour contourner la forte mobilisation, la famille est emmenée à Toulouse.

"CROISADE PERSONNELLE DE SARKOZY"

A Blagnac, mercredi, un avion affrété par le gouvernement a décollé à 11 h 45, embarquant la famille Raba encadrée par dix policiers. Officiellement, du brouillard a empêché l'appareil d'atterrir à Pristina. Selon RESF, il est aussi possible que la France n'ait pas eu l'autorisation du Kosovo.

"En quoi la présence de cette famille, bien intégrée en France depuis 2001, dont deux enfants sont nés en France et dont tous sont trois régulièrement scolarisés ici, présentait-elle une menace pour notre pays ?",  s'est interrogé l'ancien ministre socialiste Jack Lang, jeudi. La candidate des Verts à la présidentielle, Dominique Voynet, a elle dénoncé "une croisade personnelle"  de Nicolas Sarkozy. "Son acharnement a été à la mesure de la résistance à Gray, comme s'il avait voulu faire un exemple, quoi qu'il en coûte à la République", a-t-elle déclaré. Le PS avait, de son côté, demandé au ministre de l'intérieur d'accorder un titre de séjour à cette famille.

En France, les reconduites à la frontière d'étrangers en situation irrégulière ont doublé en trois ans, passant de 10 000 en 2002 à 20 000 en 2005, a annoncé mardi le gouvernement, à l'issue d'un comité interministériel de contrôle de l'immigration. La diminution des demandes d'asile s'est en revanche accélérée, reculant de 34,8 % sur les dix premiers mois de l'année.

A son arrivée à Pristina, la famille Raba devrait être prise en charge par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, a indiqué RESF. " (Le Monde)

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vendredi 8 décembre 2006

mezuza

MAUVAISE FOI
de Roschdy Zem

En sortant, je me disais "C'est exactement le film dont j'avais besoin ce soir", un truc doux qu'on prend plaisir à savourer (si c'était un yaourt, il serait "saveur biscuit") jusqu'à la dernière bouchée. Roschdy Zem, (malgré son nom inécrivable et imprononçable tout juste du premier coup) je l'appréciais déjà en tant qu'acteur, et voilà que je lui tire mon chapeau en tant que réalisateur.

Il est musicien, elle est psychomotricienne, ils s'aiment, elle est enceinte. Il faut l'annoncer aux familles respectives, et c'est là que les choses vont un peu se gâter (faut bien, sinon, y aurait pas de film, eh!)... Lui c'est Roschdy, elle c'est Cécile de France. (En tant que réalisateur, il n'a pas choisi la plus vilaine pour jouer sa fiancée, hein... Cette demoiselle -pour moi- a le don d'enjoliver tout ce qu'elle approche, par un genre de contamination de la beauté)

Il est arabe, elle est juive. Ce qui ne leur posait aucun problème jusque là semble constituer un écueil infranchissable pour leurs parents (surtout ceux d'elle). Tempête dans un verre d'eau ? En tout cas pas dans un bénitier, vu le contexte. Quand la religion s'en mêle, ça finit toujours par coincer tôt ou tard (plutôt tôt, d'ailleurs). L'intérêt de l'affaire c'est que pourtant aucun des protagonistes (tant du côté juif que musulman) n'est défini comme intégriste,  pur et dur, ou seulement pratiquant : Roschdy ne fait pas le ramadan, Jean-Pierre Cassel (le papa d'elle) dit à sa femme "il m'arrive d'être juif", en discutant occasionnellement un point théologique épineux, bref tous sont plutôt -et le reconnaissent- des dilettantes de la religion mais tous s'y réfèrent, ou se réfugient derrière :paravent, alibi, carcan, au choix...

Le duo initial est d'ailleurs plutôt un trio (non non, ce n'est pas Sérénade à trois) soutenu par le contrepoint de Pascal Elbé (qui a d'ailleurs co-écrit le scénario) en pote feuj, disquaire d'occasion (et qui n'en manque pas une -d'occasion- pour montrer qu'il est un peu gros lourd, mais terriblement attachant, lui-aussi.) Mais les autres rôles sont impecc' aussi (J'ai déjà parlé de Jean-Pierre Cassel en joyeux pédaleur, Martine Chevalier en maman juive sans les habituels  et excessifs stéréotypes villalonguesques, Leila Bekhti en frangine beurette fan de foot, Bérangère Bonvoisin en tantine un peu excentrique, Antoine Chappey -j'aime beaucoup ce monsieur- dans un petit rôle de pote divorcé ; comme dirait Téléramioche, "il faudait citer tout le monde"...) C'est ça qui est bien, on n'est ni dans La vérité si je mens, ni dans Devine qui vient diner ce soir : on est dans un quotidien, contemporain, réaliste. Les dialogues sont juste, sans en faire trop. Sur l'écran, on s'aime, on a du mal à se le dire, on s'engueule, on se réconcilie... Dans la salle on sourit, on pleure un peu, on est attendri, mais jamais on ne décroche. Et puis un film dont le message est "accepte-l'autre tel qu'il est" et la suite du message "et la religion tu mets ton mouchoir par dessus" ne peut pas être mauvais, et encore moins critiquable.

Inattaquable ? Oui, quelque chose qui aurait à voir avec le respect , et, en ces temps d'expulsions, de ségrégation, d'indifférence mutuelle, d'UMPisation, ça fait sacrément du bien.
Tous ensemble, tous ensemble, tous tous...

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mercredi 6 décembre 2006

brouiller l'écoute

Après les saines joies du sport (cf post précédent), consacrons-nous à celles, non moins saines, des jeux de l'esprit, et détendons-nous un peu en allant au théâtre ce soir.
Ci-dessous un extrait spécialement savoureux et hilarant du texte signé Matthias Langhoff et figurant sur le "programme" de Quartett, pièce par-lui mise en scène et que j'ai vue la semaine dernière :

"Le désir détermine les règles du jeu. Madame de Merteuil et Valmont sont des combattants, comme Mademoiselle Julie et son domestique Jean. Et il s'agit du pouvoir en amour. Une phrase de La Phénoménologie de l'esprit de Hegel pourrait en être l'indication scénique de ces jeux : " La relation des deux autoconsciences est donc ainsi déterminée qu'elles s'avèrent elles-mêmes et l'une l'autre par le combat (portant) sur vie et mort. (Autoconsciences ou consciences de soi est en et pour soi en tant que et par le fait qu'elle est en et pour soi pour une autre autoconscience ; il faut comprendre qu'un sujet féminin et un autre masculin, qui sont conscients d'être en opposition en tant que femme et en tant qu'homme. M.L) Il leur faut aller à ce combat, car il leur faut élever la certitude d'elles-mêmes d'être pour soi à la vérité, en l'autre et en elles-mêmes."

(j'ai tout bien relu scrupuleusement, c'est bien ça qui est écrit)

Ca fait du bien de rire un peu, non ?
(Je ne sais pas lequel a le plus fumé, d'Hegel, de Langhoff ou de votre humble serviteur, mais tout ça me met désespérément le neurone en surchauffe. )
Et un carambar pour celui ou celle qui parvient à me traduire.

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mieux du stade

Ca n'a plus grand chose à voir avec le rugby, mais bon, c'est parfois assez... charmant (et parfois risible, je ne sais pas...)
Ca vient du dvd du making off de l'édition 2007 du plus célèbre des calendriers... sportifs (?)

Attention, ô chastes yeux, point plus bas ne descendez!

be9e

(je mets le reste dans un album...)

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mardi 5 décembre 2006

(p)références

SHORTBUS
de James Cameron Mitchell

Pour faire le lien avec ma chronique ciné précédente, disons que ce film serait pour moi une version plus (dé)culottée de Coeurs. Si si! Il vous montre tout ce que le film de Resnais n'envisage même pas de vous suggérer.

Pour des raisons d'embouteillage sur le calendrier et de pas sûrage que ça passe encore la semaine prochaine, j'y suis allé hier soir  (à Besac!) à la séance de 22h (je ne vous raconte pas l'heure du coucher...) C'était un peu surréaliste en sortant du ciné vers minuit, pas un chat dans les rues, un silence quasi parfait avec juste mes chaussures qui faisaient tip tap tip tap. et j'ai réalisé que c'était peut-être la première fois que je faisais 100 bornes aller/retour pour aller voir un film à la séance de 22h un lundi soir (alors que je bosse le lendemain).

Comme dans Coeurs, on a affaire à des couples (deux mecs, un roudoudou et l'autre un peu suicidaire, qui cherchent un troisième pour épicer leurs rapports ; une sexologue que son mari pourtant habile tacticien n'a jamais pu gratifier d'un orgasme), et des célibataires (une dominatrice mi mélancolique mi lesbienne, un voyeur comme dans Fenêtre sur co(e)ur, un travesti propriétaire de la boîte de nuit où tous ces gens vont notamment se croiser et qui donne son nom au film, le ShortBus.)

Dans la catégorie des FAQV, le film remporte haut la main la médaille d'or pour cette année (et pour les précédentes, aussi. Le nombre de kikis aperçus est assez impressionnant, et attention, ce n'est pas du kiki furtif rabougri honteux fugitivement entr'aperçu dans un coin de plan, non non, c'est du kiki en plan rapproché, du kiki qui assume, qui prend son temps, du kiki jovial, du kiki la tête haute, du kiki qui fait coucou à ses copains aussi des fois. Non, décidément, rien à redire de ce côté là.

On a également un éventail assez varié de différentes pratiques sexuelles, qu'elles soient solitaires (masturbation -basique ou assistée-, auto-fellation (ah le rêve viril de l'autogestion parfaite, du circuit fermé, du vase clos) plutôt acrobatique), à deux (rapports variés -traditionnels ou plus acrobatiques-, toutes combinaisons de sexes envisageables) ou à bien plus (sérénade à trois sur canapé ou joyeux ébats pluriels où l'on peine à dénombrer exactement les participants, et où on ne comprend pas toujours au premier regard que c'est le truc de machin qui s'emboîte dans le bidule de chose.)

Bon mais y a pas que le cul dans la vie, c'est bien connu, donc il arrive aussi que les personnages parlent, puisqu'ils se rencontrent. Et des fois ils parlent beaucoup. Chacun ses petits problèmes, ses tics, ses obsessions, ses hobbies. Qui déteignent un peu sur la forme du film, sa pose arty, son côté mais oui on est tous créateurs (un tel bidouille un film sur son ordi, une telle des polaroïds, un autre des photos volées) rend en définitive tout ça plutôt  plaisant. J'aime bien aussi la maquette avec tous ses petits immeubles en carton (et il y en a vraiment beaucoup) et ses petites fenêtres qui s"allument et s'éteignent pour représenter New-York (d'ailleurs le réalisateur aussi, puisqu'il l'utilisera à plusieurs reprises) qui en rajoute encore dans le bricolé trois fois rien bouts de ficelle et matos de récup' qui donne son unité au film.

Ne serait-ce pas là un authentique film queer ? Sous-texte genre "homo, hétéro, homme, femme, autre, bourge soumis, lesbienne camionneur, pédé travesti, ancien maire de N-Y, bourgeoise bècebège, on est tous pareils, on cherche tous la même chose,allez..." Surtout que, à la différence de Coeurs, chacun à la fin ne repart pas avec son coeur sous le bras ou bien dans le caniveau cassé en mille morceaux (le coeur...) Le réalisateur fait ce qu'il a prévu de faire : il montre. Le sexe n'est un lien social parmi les autres. La façon dont il le fait n'est pas vraiment le problème le plus crucial qu'il se pose. Tout ça est, je l'ai dit, fort plaisant.

Il manque, pourtant, je ne sais pas quoi, peut-être trois fois rien, le petit coup de rein de Monsieur Plus (vous vous rappelez de la pub de B*hlsen...), -ou peut-être au contraire Monsieur Moins ?-,  pour transformer cette entreprise souriante, sympathique, salutaire, attachante, en vrai grand bon film-culte, pur et dur et tutti et quanti...

"Tel qu'il est il me plaît il me fait de l'effet et je l'aiaiaiaiaiame..."

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(pour le même prix, vous avez les deux affiches!)

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lundi 4 décembre 2006

farine

Petit précis de roulage dans la farine :

   Vous êtes député maire (UMP) d'une agglomération haut-saônoise. Ce soir c'est conseil municipal et vous savez qu'en bas devant la mairie piétinent des "manifestants", (il y en a beaucoup plus que les autres soirs, devant la préfecture) encore obnubilés par les derniers rebondissements de l'affaire de la famille RABA.
   Vous laissez d'abord les grilles de la mairie fermée (alors que d'habitude elles restent ouvertes) puis -grand seigneur- vous les faites ouvrir magnanimement et laissez entrer cette cohorte de gauchistes et consorts, ces traîne-savates humanistes qui ont l'air  bien décidés à venir pleurnicher jusqu'ici genre droits de l'homme et dignité du genre humain et vous gâcher votre beau conseil municipal (où trônent beaucoup de conseillers UMP -et seulement trois de l'opposition-) mais qui, ayant reçu des consignes, se tiennent tous sagement poliment respectueusement debout au fond de la salle à lambris et gros tableaux à cadres dorés.
   Prenez la parole en disant que "youpee vive la démocratie et le dialogue et tralala pouet pouet et ouvrez donc la porte à deux battants que tous ces gens (ces manants) puissent entrer et jetez leur du pain". Dites que vous allez suspendre le conseil municipal (le temps d'écouter les doléances des serfs), que c'est vachement sympa d'être passés, puis que vous donnerez la parole aux membres du conseil municipal qui le souhaiteraient, puis que vous vous parlerez et qu'on pourra après échanger vachement bien et tout et tout.
   Demandez onctueusement "Vous devez avoir des porte-paroles, qu'ils s'expriment à présent, nous, Alain J. 1er, sommes prêts à daigner écouter leurs doléances." Une, deux, trois, quatre, prises de paroles successives -et sensées, et fortes, et touchantes, et justes- émanent alors du groupe des manants."Quelqu'un d'autre veut-il la parole ? non ? alors je donne la parole aux conseillers municipaux." Prennent alors la parole un conseiller PC, puis trois PS, allant bien sûr dans le sens des orateurs qui les ont précédés. En face, graaaand silence blanc, polaire et glacé parmi le reste (et il y en a!) des conseillers. (Ca doit être comme ça à l'UMP : "le chef parle et moi je ferme ma gueule", non ?)
   Puis prenez -enfin- la parole et dites que oui oui les enfants, la fraternité, la famille, l'iniquité, mais que vous avez déjà demandé des comptes et même plus au Préfet (alors que tout le monde sait que vous êtres surtout un ami personnel du ministre de l'intérieur -qui est déjà venu faire du vélo -oui oui- autour du lac de V. avec vous et quelques journalistes bien sûr- , et que c'est en cette qualité qu'on venait ce soir vous solliciter) que ledit préfet vous a d'ailleurs remis une lettre fort détaillée vous expliquant comment il ne trouvait aucune raison valable pour refuser la demande des RABA mais qu'il la refusait quand même, et  sortez alors votre argument en béton (cellulaire) à savoir que vous avez confiance en la JJJJUstice  et que de toute façon la loi c'est la loi et que basta maintenant finies les conneries je vous ai reçus fermez vos gueules... (Vous reprenez vertement une intervenante qui réagissait à l'outrage du vide de votre discours en disant "Je vous ai laissés parler maintenant c'est moi qui parle et vous ne m'interrompez pas et vous sortez ; c'est pas le tout on a quand même des affaires autrement plus importantes à régler ce soir dans notre conseil municipal non mais ho". ) Evitez bien sûr soigneusement de mentionner ne serait-ce que le nom voire même l'initiale de votre ami ministre de l'intérieur (mais n'en pensez pas moins).
   Vous laissez quand même la même et toujours virulente interlocutrice émettre une ultime et vibrante protestation pour clore le débat, et vous regardez ensuite le troupeau, révolté mais silencieux se diriger vers la sortie (par la grande porte que vous lui avez ouverte à deux battants si généreusement et si démocratiquement) en annonçant que le conseil (le vrai) reprendra (ouf!) dans cinq minutes.
   Vous devez intérieurement vous frotter les mains et à ce moment-là vous promettre  que pas plus tard que ce soir vous allez appeler votre ami Nicolas S. et que vous allez encore bien en rigoler de tout ça...
Non ?

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(trouvé devant l'école ce soir... serait-ce un présage ? )

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si c'est écrit dans les livres, ça doit être vrai

(je plaisante bien sûr...)

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(from "Printemps au Parking" de Christiane Rochefort)

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dimanche 3 décembre 2006

honte (bis)

" Famille RABA : le juge confirme le maintien en rétention et le gouvernement veut affréter un avion spécial pour les expulser. Expulsion imminente. Protestez auprès des élus, de M. Sarkozy et de Mme Alliot-Marie, du préfet Lamy...

ILS ONT OSE !

11h30 : "C’est dégueulasse, tu peux pas t’imaginer, c’est grave, les enfants sont maintenus en captivité". La juge confirme la rétention de la famille Raba pour 5 jours supplémentaires. Date prévue mercredi 6 decembre pour la Saint Nicolas. Expulsion imminente : Un avion civil ou militaire spécial affrété par le gouvernement, très cher, va venir exprès du Bourget pour aller à Lyon-Bron et faire spécialement Bron - Pristina pour la famille Raba. Cela a été dit durant le procès (date prévue mercredi 6 décembre - mais on sait ce que ça vaut). C’est une décision qui aurait été prise par Nicolas Sarkozy lui-même qui tiendrait absolumement à expulser cette famille. S’il s’agit d’un avion militaire, Nicolas Sarkozy doit demander l’autorisation à Michèle Alliot-Marie, Ministre de la Défense. "
(Réseau Education Sans Frontières)

tel ministère de l'intérieur 01 40 07 60 60

fax : 01 40 07 21 09

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samedi 2 décembre 2006

honte

J'ai honte.
La famille RABA a été expulsée ce matin vers le Kosovo, ce qui équivaut pour ces gens à une condamnation à mort.
J'ai honte.
Regardez

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qu'importe le flocon...

COEURS
d'Alain Resnais

Quand on ne reçoit plus d'affection, est-on désaffecté ?
Histoire(s) d'appartements et de solitaires, autour de six personnages : un agent immobilier (Dussollier),  qui vit avec sa soeur (Carré) et regarde les cassettes vidéo prêtées par sa collègue d'agence (Azéma), a pour cliente une demoiselle (Morante) qui cherche un appart à trois pièces pour elle et son fiancé (Wilson), lequel passe ses journées à boire dans un bar dont le barman (Arditi) engage comme garde-malade provisoire pour son vieux père acariâtre (Rich, en off) la collègue du début (Azéma, donc)...

Le film assume (j'avais écrit assure) sa théâtralité originelle : quelques lieux clairement définis et récurrents (l'agence / le bar / l'appart de Thierry Dussollier/ l'appart de Lionel Arditi / le studio de Nicole Morante)  où évoluent et se croisent -ils le feront quasiment tous- des personnages  un peu bavards avec des dialogues très (parfois trop ? oui oui je sais je ronchonne) écrits, dans des situations souvent frontales, mais heureusement tout cela filmé avec la petite touche magique de perlimpinpin d'Alain Resnais. La neige ici qui tombe, éternellement, fait écho aux asphodèles de l'Amour à mort, dont Coeurs serait un genre d'écho assourdi où l'austérité aurait pris quelques couleurs, où  la gravité aurait revêtu un instant le masque de l'apparente légèreté. Un instant, juste un instant. Pour mieux se résoudre à tomber le masque, in fine.

Le film se suit très agréablement, ludiquement, légèrement au début, jusqu'à une scène-clé, où toute la construction se cristallise, où les parti-pris du réalisateur se justifient, où la mise en scène prend littéralement son envol. Le second dialogue entre Lionel et Charlotte, où l'éclairage, au départ réaliste, de l'appartement, bascule soudain, où le décor s'efface tandis que l'échange continue, il neige il neige il neige, les flocons volettent autour de la table où sont assis ces deux personnages, oh ce plan superbe des deux mains dans la neige, jusqu'à ce que sans transition le réel (fictionnel) reprenne le dessus, comme on appuierait sur un interrupteur, lumière revenue, murs réapparus, masques sociaux remis en place. Toute la fin du film est très belle, toute la fin du film est à cette hauteur.

Histoires de méprises, histoires d'incompréhensions, histoires de séparations. Histoires de solitudes, ne tournons pas autour du pot. A chaque fois, repartir. Et le mot fin s'inscrit sur un écran de télé où il neigeait aussi.

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(L'affiche hélas est assez laide, et c'est dommage).

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