mardi 18 avril 2006

you know what ? I'm happy !

parce que c'est le premier vrai jour de vacances (les week-end et jours fériés ne comptant pas comme tels)
parce qu'il fait doux
parce qu'il ne pleut pas
pace que je vais en profiter pour aller essayer mon nouvel appareil-photo avec son groooos zoom (x12)
parce que j'ai terminé dans son intégralité le premier volet de l'opération rangement que j'avais planifié(e)
parce qu'au courrier j'avais deux libé (dont celui du lundi de Pâques que je ne peux jamais acheter parce qu'ici tout est fermé
parce qu'hier, je ne sais pas pourquoi, mais j'ai crevé le plafond des visites (alors que j'avais deux fois moins de visiteurs connus!)
parce que j'ai gagné deux fois de suite au reversi contre un "expert espagnol" ce matin
parce que j'ai un bon d'achat de 100€ à dépenser dans mon Super U préféré
parce que...

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à la colle

ENFERMES DEHORS
d'Albert Dupontel
(Vu il ya quelques jours déjà, mais il fallait que je vous en parle, même si un peu plus tard.)

Ce mec-là, ce qu'il fait, il faut oser. Total respect. De Bernie me reste le bruit d'une pelle qu'on aiguise, à travers la vitre ouverte d'une bagnole, contre la glissière qui borde l'autoroute. Là, tout pareil. Il y a là-dedans une authentique folie furieuse, un truc allumé de chez allumé, que vient tempérer, adoucir (tiédir ?) une toute aussi authentique... tendresse ? candeur ? gentillesse ?
Oui, Dupontel, c'est comme ça, un genre de grand écart sur pattes.

Dès le générique, on est prévenu : ça va secouer, et méchamment! (c'est quoi déjà ce groupe, avec des grosses grosses guitares énervées ? ah oui : Les Hyènes (des transfuges de chez Noir Désir, si j'ai bien compris...). Le scope est à donf, les titres n'arrivent pas à rester en place, tressautent se tortillent et se scratchent autant que le zigoto qu'on voit dzoïng dzoïng s'éclater joyeusement en arrière plan, comme une pub pour la nouvelle Danse de St Guy (encore mieux que la Lambada ou la je-ne-sais-quoi-en-a de l'été prochain : il vous suffit d'un sac en plastique rose, d'un tube de colle (à rustines je suppose) et d'un matelas (défoncé autant que vous, bien entendu), et vous voilà fin prêt pour tous les rebondissements possibles.)

Dupontel a écrit et filmé cette histoire d'un SDF (joué par lui-même) qui trouve un uniforme de flic (le flic en question s'étant doublement suicidé sous ses yeux, par noyade et pendaison... ça rappelle les Idées Noires de Franquin !), qui tente d'abord de le restituer à la maréchaussée, et qui, après s'être fait jeter comme un malpropre (ce qu'il est d'ailleurs, stricto sensu) va décider de l'utiliser, modernisant le vieil adage "L'unif fait le keuf", d'abord pour aller bouffer à la cantine de la police, puis pour s'identifier grave à son personnage de chevalier-là-pour faire-respecter-la-loi-et-défendre-la-veuve-et-l'orpheline, c'est à dire tout faire pour tenter de récupérer -par n'importe quel moyen- le bébé de la femme dont il est tombé -au premier regard- raide amoureux...

S'ensuit un joyeux bordel, avec des SDF à la pelle (Dupontel est allé recruter la crème des Deschiens, Yolande, Bruno L., Philippe D.), une ex-hardeuse, un épicier malhonnête, un financier véreux, un grand-père gâteau, une grand-mère qui fait involontairement de la varappe, un grand patron quasi-légume intubé de partout sur son lit d'hôpital, (et j'en passe), tout ça dans le décor d'un squat aux graphs hallucinants, entre deux sniffs de colle, où vous risquez de subir des hallucinations matérialisées (ah, les gens qui sortent des affiches...) ... Bref, ça dépote ! (pour les spécialistes, vous aurez même droit à un caméo de Terry Gilliam himself!) A l'instar de la musique du film, entre rock hargneux et fanfares flonflonesques, on passe sans cesse du pur délire cartoonesque (je ne vous raconte pas les chutes diverses, les poteaux qu'on se prend dans  la tronche, les coups de moëllons et autres accessoires... Dupontel assurant lui-même toutes ses cascades...) à un filmage plus "normal", plus calme, plus humain (au risque de sembler, du coup, plus banal et plus mièvre). Au moins, on peut en profiter pour souffler un peu!

Comment on disait dans les livres de lecture ? "...sous son aspect bourru cache un coeur d'or". C'est vraiment ça, Enfermés dehors. Sans donner de leçons (chacun y prendra ce qu'il pourra/voudra), sans jouer les moralistes ni les vierges effarouchées, il réussit à nous montrer ce qu'on n'a pas forcément envie de (sa)voir, à nous toucher en parlant, plus ou moins mine de rien, des exclus, du libéralisme, des holdings, du pouvoir du fric, du respect de l'autre, de la survie individuelle... et de l'amour aussi ! (même avec les dents pourries, on y a droit!) Oui, on rit fort, mais on serait à deux doigts de pouvoir pleurer autant... Si je devais résumer sa démarche en un mot, je dirais générosité.

C'est vrai que tout cette ménagerie risque de faire un peu tâche au milieu de nos comédies franchouilles formatées-prédigérées, à l'image de l'arrivée du même Dupontel, crade, échevelé, au milieu des beaux gens offusqués narines pincées et moues méprisantes, qui s'écartent et établissent autour de lui le cordon sanitaire de l'indifférence (c'est peut-être pour ça, d'ailleurs, qu'il a eu tant de mal à trouver des sous pour monter ce projet dont personne en voulait...)
J'espère que le film va marcher du feu de dieu, pour que Monsieur Albert Dupontel puisse pour son prochain film disposer d'un budget plus conséquent (quoique... on ne peut pas dire que le manque de moyens soit ici véritablement flagrant...)

Tout compte fait, ne change rien, Albert, c'est comme ça qu'on t'aime!

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lundi 17 avril 2006

musée homme

J'aime bien aller manger au FJT. j'y vais en moyenne une fois par semaine (plutôt le vendredi), davantage, ça serait de la gourmandise... On y mange pas mal (en plus les cuisiniers quand ils vous connaissent ont tendance à vous servir plutôt copieusement), mais l'important n'est pas vraiment le contenu des plateaux, non non, c'est plutôt les gens qui les tiennent...
Tous ceux dont j'ai déjà parlé dans ma petite fantasmologie personnelle (les manuels, quoi...) eh bin ils sont tous là. Ca parle fort, ça se marre idem, ça se serre les pognes, ça se fout des bonnes bourrades, ça s'apostrophe, bref c'est le rendez-vous des vrais. Gueules pas rasées, pantalons crades, grosses pompes, t-shirts destroy, ils sont tous là, les peintres, les plâtriers, les menuisiers, etc... venus en groupe (on a soit la configuration "potes" soit la configuration "patron et apprenti(s)"). Tous les âges, tous les formats, tous les types, toutes les tailles... Venir ici pour ne voir que des Jeunes Travailleurs serait une erreur !
Y a qu'à regarder (avec toujours une certaine discrétion) contempler, savourer, déguster... Sans compter que, régulièrement, vient à passer, s'ajoutant à cet aréopage, déjà plaisant, un escadron de pompiers ou une nuée de mecs de l'ONF. Dans ces cas-là, je baisse le nez dans mon assiette et je m'absorbe dans la contemplation de mes épinards ou de ma salade de pamplemousse pour ne pas risquer l'emballement cardiaque et la pâmoison qui pourrait en résulter... (Quoique, finalement, un petit bouche à bouche serait dans ce cas à tout coup le bienvenu)

Le plus drôle, dans l'histoire, c'est que j'y vais rarement seul. J'y ai en général rendez-vous avec des copines (une, deux, trois, ça dépend des fois...) Et j'ai la chance d'avoir des copines mignonnes, qui, fatalement (?) attirent l'oeil de ces mâles joviaux et joueurs (j'ai souvent surpris ce regard déshabillant du haut en bas qu'ils leur portent alors, et qui m'évoque toujours celui d'un pauvre orphelin affamé installé devant la vitrine d'un super pâtissier... vous voyez le genre ? Et c'est en général à ce moment-là que je réalise que je suis probablement en train de les regarder eux exactement de la même façon dont ils les regardent elles, à la seule différence qu'eux ne semblent pas s'en émouvoir particulèrement...)

C'est d'ailleurs là que j'avais pu remarquer pour la première fois un spécimen sublime, turc semble-t-il, aussi noir de poil que mal rasé, cuisses imposantes dans son pantalon de maçon, mangeant avec un autre papa que je connaissais, et à qui je pus donc serrer la main (non sans une certaine émotion délicieuse je l'avoue...) avant de réaliser, par hasard, quelque semaines plus tard, qu'il était parent d'élèves dans mon établissement... Arghh! Je l'ai revu plusieurs fois, à midi, en "tenue" de travailleur, plâtré, bruiné, (alors que, quand il vient à l'école, il est toujours nickel, propre comme un sou neuf et astiqué de frais, on a envie de venir vérifier comme il sent bon ; et quand il sourit, ah quand il sourit, quasiment je me liquéfie) et j'étais avec une copine blonde qui semblait lui faire beaucoup d'effet : il la regardait, je le regardais la regarder...on se regardait, quoi ! Mais, bien évidemment en tout bien tout honneur.

Chaque vendredi midi, voilà, ça défile rien que pour moi. (Quand par hasard je suis tout seul, je m'installe à une petite table, à côté de la file d'attente, séparés d'eux seulement par une claustra, et je me régale... Je pourrais presque les toucher mais non. Autrement, je choisis une autre position stratégique, dans la première salle, face à l'entrée (j'aime les voir apparaître, plateau à la main, balayant la salle du regard pour voir où ils vont s'installer... j'ai envie de leur crier sur mes genoux! sur mes genoux!) ou, bien aussi,  près de la fontaine à eau (pour les sentir me frôler, leur pichet à la main,  à défaut -hélas- de pouvoir les humer...)

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dimanche 16 avril 2006

quotidien

SANGRE
d'Amat Escalante

Un film idéal pour ce dimanche pascal où il plut comme vache qui pissa. Par-fait!J e savais à peu près ce que j'allais voir : Amat Escalante a été assistant-réalisateur de Carlos Reygadas sur Batalla en el cielo, et ça se sent, tant les deux films sont proches, voisins. Hermanos, pourrait-on dire.
Diego et Bianca, un couple, aujourd'hui, Mexico. Elle, brunette, plutôt mignonne, tempérament "volcanique" dirons-nous, lui muni de la panoplie complète je suis moyen : début de calvitie, bedon, strabisme, air triste, pantalon en tergal (et probablement chaussettes dans les sandales...)
Leur quotidien ? trash tv, junk food, boulot nul, bagnole pourrie, (les adjectifs sont interchangeables) bref vida de mierda. Mais pas plus, au fond, que la votre ou la mienne. Un quotidien très quotidien, quoi, à ceci près qu'il est filmé de très près et en scope, ce qui donne un objet paradoxal, à la fois minuscule (dans ce qu'il raconte) et gigantesque (par la façon dont il le montre). Comme si la Jeanne Dielman de Chantal Akerman s'était mariée et était partie s'installer au Mexique.
Le film est à l'image de son générique de début : rien ne bouge ni ne se déroule, juste une série de cartons noir sur blanc, en pavé, sans musique. L'économie (mais pas le rabais!). Ca bouge au minimum, les acteurs autant que la caméra. Plans-séquences sans concessions, intérieur jour, le canapé du salon, la table de la cuisine,le lit. Fondu au noir, on recommence. Matin, soir. Colère, pardon. Feuilleton, baisouille... La vida, quoi!
C'est là que la fille de Diego fait son apparition, et que la machine va se gripper (un peu) jusqu'à un fondu au noir un peu plus fondu et un peu plus noir que les autres, après quoi le film va s'aérer un chouïa, sortir de ses rails, allant jusqu'à s'offrir des extérieurs plus ou moins bucoliques (on passera d'un dépôt d'ordures à un bord de rivière tellement paisible paradisiaque et joliet qu'il semble incongru, -d'ailleurs il y adviendra un gag ! voui voui comme je vous le dis- avant heureusement de revenir au dépôt d'ordures, et la boucle est bouclée...)
La FIN est plutôt...abrupte, je vous préviens...

Comme pour Batalla en el cielo, il s'agit encore une fois d'une véritable oeuvre cinématographique même si elle est -formellement- peut-être un peu moins aboutie ( le réalisateur n'a que 27 ans !), je sais à l'avance que certaines dents risquent de grincer, mais j'applaudis à deux mains les gens qui, à Cannes, lui ont décerné le Prix de la Critique Internationale.
Culotté, mais encourageant, non ?

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massive

Revenir un peu sur cet album de Massiva Attack. Que j'ai acheté. (Oui oui, ça m'arrive). Après avoir envisagé plusieurs moyens plus ou moins malhonnêtes (dont certains sont même mal, ou, pire, interdits) de le faire parvenir en ma possession.

Moi je les aime bien, ces p'tits gars. J'ai acheté chacun de leurs albums (sauf la musique de Danny The Dog que je ne considérais pas comme un vrai (album), et que je me suis donc simplement procuré, je sais je sais c'est mal)
C'est vrai que sur les deux disques du pack, (il s'agit de la limited edition) seul le second justifiait vraiment l'impulsion d'achat. Le premier n'étant somme toute qu'un très "ordinaire" best of de 14 titres (ah si... avec un inédit tout de même). Tandis que sur l'autre (j'ai eu un peu de mal à comprendre comment ça marchait, mon ordi ne peut pas le lire) une face "cd" avec des inédits, des raretés, des versions alternatives, et une autre face "dvd" (oui, oui, il faut le retourner !)avec une compilation de clips du groupe (dont je connaissais la plupart, mais en version vhs plus pourrave) Oui, j'aime cet univers un peu sombre, inquiétant, décalé, je m'immerge dans cette musique tourmentée, dans ces voix basses, monocordes. Je trouve tout ça si confortablement inconfortable...

Leur premier album, Blue Lines (91), je l'ai trouvé en solde à la Lib' de l'U, à Dijon. (A l'époque, si je me souviens bien, pour cause de guerre du golfe, le groupe avait été obligé de raccourcir son patronyme en Massive...) Je dois dire qu'il ne m'avait pas fait plus d'effet que ça, à part le morceau Unfinished Sympathy, surtout après que j'ai eu découvert sur MTV le clip correspondant, extraordinaire plan-séquence qui suit la chanteuse qui marche sur le trottoir et les gens qu'elle y croise...

Puis vint Protection, (94) que j'ai véritablement écouté en boucle (le morceau du même nom passe encore souvent sur ma platine), suivi de peu par son jumeau traficoté No protection.(remixé par Mad Professor). Là, j'aime pratiquement tout. Ce faux apaisement (le bruit de la mer à la fin de Protection), ces stridences (Karmacoma), ces fulgurances, ces nappes obscures. Là je me dis que vraiment j'aime ce machin qu'on nomme trip hop.

Trois ans plus tard (98) c'est le tour de Mezzanine, avec sa galette fluo dans son emballage très noir et blanc. Là aussi, acheté illico (les singles aussi d'ailleurs!) Une kyrielle de morceaux extraordinaires (avec quelques apaisements), quasiment obsessionnels (Teardrop, Risingson, Angel, Group four) tant ils ont été écoutés !

Il faut attendre 2003 pour 100th window, que j'ai pris un peu de temps pour acheter (était-ce encore un album de Massive Attack, puisque ne subsistait plus qu'un seul des membres de la formation originelle...) Je l'ai trouvé chez le soldeur, et c'est vrai qu'à la première écoute, j'ai eu l'oreille un peu en berne... Pour  finir par craquer complètement sur le dernier morceau (Antistar), ainsi le morceau caché qui lui succède, bidouillage électronique répétitif et minimaliste m'évoquant le didgeridoo...

La compilation Collected reprend des morceaux importants, mais pas tous mes préférés (c'est hélas le problème avec les compils "du commerce" : forcément, le gars qui la fait, il ne peut pas avoir exactement les mêmes goûts que vous!) Mais sur l'autre disque, en plus des clips (certains dont je ne me lasse pas : Unfinished Sympathy, Protection, Karmacoma, et le petit nouveau False Flags, qui m'est insidieusement rentré dans l'oreille dès la première écoute) les morceaux présentés valent aussi le déplacement...

Oui je les aime bien, ces petits gars. Je me retrouve  chez moi dans cet univers dark, tourmenté, abrupt, bizarre, qui défie autant les lois de la pesanteur que celles de la perspective. Instruments, électronique, voix, arrangements, tout ça sent l'extrême perfectionnalisme. Et le résultat est à la hauteur de leurs prétentions. Avec toujours une grande cohérence entre la musique, le packaging, et les réalisations vidéo : entre l'inquiétant et le bizarre, l'oppressant et l'inapaisé, l'impassible et le sourire en coin.

Sérieux, nous ? Moroses ? Inquiets ? Sinistres ? semblent-ils nous dire, les petits gars. Ben regardez un peu autour de vous, tiens, et vous verrez,  si vous en trouvez vraiment, des raisons de sourire !

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samedi 15 avril 2006

bozarts

(étudiants)

celle qui collectait les listes de courses
celui qui avait oublié son bonnet dans la salle des 3ème année (que j'ai récupéré et perdu à mon tour)
celui qui collectait les billets de trains
celle qui voulait un zap book à spirales
celle qui collectait les jupes
celui qui collectait le plastique à bulles
celui qui avait un gilet pare-balles
celui qui avait un bonnet péruvien
celle qui faisait des menus pour ses poupées avec Publisher quand elle était petite
celui qui vomit quasiment à chaque soirée
celui qui a suivi une cure de désintox à 15 ans
celui qui est aussi sapeur-pompier
celui qui montre toujours l'élastique de son calbute quand il se penche
celui qui était toujours en train de lire Alice au pays des merveilles
celui qui grave (et sculpte aussi) des petites bestioles (mulots, campagnols, loirs, taupes, etc...)
celle qui est aussi costumière
celle qui travaillait sur les cartonnages de bouteilles
celle qui travaillait sur les boites de poupées
celui qui ne boit jamais de café
celui avec qui on ne manquait jamais de chanter Maréchal nous voilà quand on se croisait
celui qui était fou de spéléo
celui qui se représentait sous l'image d'un rouleau de papier toilette
celle qui a brodé tout un alphabet
celle qui militait aux Jeunesses Communistes
celle qui a toujours l'air malheureuse
celle qui est toujours révoltée contre tout et tout le monde
celle qui a fait une installation avec des picots et des ballons de baudruche
celle qui a écrit "ici" avec de la laine
celle qui, sur son affiche sérigraphiée, se présentait comme "je suis pas ta mère"
celle qui a écrit "QUAND" en lettres adhésives sur le mur, mais dont le D ne tenait pas
celle qui a mis deux photos de cul plutôt hard pour illustrer Carmen et Esmeralda
celle qui a pleuré quand la prof lui a dit qu'il y avait "tant de solitude" dans sa peinture
celle qui avait un rouge à lèvres très rouge
celle qui avait des jambes comme des bretzels
celui qui m'a dit "vendredi je t'apporte un cadeau"
ceux qui m'ont demandé "alors, quand est-ce que tu payes ta bière ? "
celui qui m'a dit "il faudrait qu'on se saoule la gueule avant que tu partes..."
celui qui racontait que dans les concerts qu'il donnait, il finissait souvent à poil, et c'est comme ça qu'il avait perdu son calbute avec des coeurs dessus
celle qui était "la plus grande" marchant à côté de celui qui était "le plus petit"
celui qui n'avait jamais entendu parler de Cézanne
celui qui avait mis des gros bodybuildés comme fond d'écran
celui qui avait été désigné dans le bus par les douaniers suisses comme bon pour la fouille, juste parce qu'il avait des dreads et un piercing
celui qui a créé une association
celui qui était presque toujours pieds-nus
celle qui avait un sourire triste
celle dont le "réveil" (téléphone) sonnait immanquablement en plein milieu du cours
ceux que j'avais surnommé(s) "bourrinet et bourrinou"
celle qui m'a dit "et toi le vieux, va boire ton café..."
celui à qui j'ai payé un ticket de bus parce qu'il avait oublié sa carte
celle qui avait une blondeur et une pâleur de peau que j'avais qualifiées de botticcelliennes
...


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Posté par chori à 14:53 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
vendredi 14 avril 2006

paquet(s)

Pour remplir la boîte aux lettres, rien de tel que les abonnements et les commandes. (Ca a un p'tit côté Père Noël). On a choisi son truc, rempli son formulaire, fait péter la carte bleue... Reste plus qu'à attendre...
Y a des moments creux et d'autres où on attend plus de choses. Là, j'attendais : un cd, des boxers, et un appareil photo numérique. (Un nouveau, ça y est oui j'ai craqué), j'en ai racheté un avec un bien plus gros zoom (x12) et bien plus de pixels (5 millions). Bien plus cher, aussi, bien évidemment!
Ce matin donc, se pointe la camionnette des colis, avec dedans la factrice qui m'apporte deux paquets : un carton et une enveloppe souple. Voilà donc l'app phot' et les boxers, me dis-je. Le cd, ça sera peut-être pour demain.
Je déballe le carton, c'est bien l'appareil photo nouveau (avec son drôle de museau). En prenant l'enveloppe des boxers, j'y sens une forme étrange oblongue et dure. Tiens tiens ! J'ouvre l'enveloppe et j'en sors... une paire de talons-aiguilles (et même pas à ma taille en plus!)
Qu'est-ce donc ?
Je vérifie alors l'adresse de l'expéditeur : inconnu au bataillon, puis du destinataire : ce n'est pas moi du tout! C'est une demoiselle qui a pour nom de famille mon prénom, et pour adresse une rue pas très loin du tout de la mienne.
Me voilà donc avec une paire de chaussures excédentaires, et même pas mettables... Pfff va falloir retourner à la poste pour expliquer la méprise et les restituer.
Arrive alors, à vélo,  le facteur des lettres, qui me tend une enveloppe (les boxers, non, cette fois-ci...) J'explique mon histoire, et il me propose gentiment de se charger du paquet "talons-aiguilles" pour le remettre à sa destinataire. Gentil facteur, goodbye les chaussures...
Une dizaine de minutes plus tard, revient la camionnette des colis : la factrice me ramène un paquet plat et cartonné (le cd!) m'explique qu'elle savait bien que j'avais deux paquets, mais qu'elle ne m'a pas remis le bon! Je lui explique qu'il est déjà reparti sur le vélo de l'autre gentil facteur.

Voilà, donc, finalement j'ai tout reçu, même si un peu dans le désordre. Et je suis content de tout.
Le cd est très beau. C'est l'édition limitée du Collected de Massive Attack (avec un cd/dvd supplémentaire, des inédits, des raretés, et des versions alternatives, et une quinzaine de clips...) J'en reparle bientôt...

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jeudi 13 avril 2006

en voie de guérison

Ca doit être pavlovien...

Voilà que, ayant tout juste réalisé que demain soir c'était les vacances (tiens, ça fait drôle, tout de même, cet imparfait du futur...), en plus d'en concevoir une certaine satisfaction (sans que se pose l'épineux cas de conscience de savoir si je les ai méritées ou pas) voilà que l'espace mental, précédemment encombré plutôt du style noir-noir cumulo-nimbus, séisme, à quoi bon, désespoir, cataclysme, abysses de malheur, et autres joyeusetés...) se met au diapason de l'azur printanier et le voilà limpide, dégagé, lavé de frais, entre gazouilliset bourgeons...
Comme quoi, hein...

Bref, voilà que semblent un peu dégagées les bronches de la mélancolie, désengorgés les sinus de regardez-comme-je-suis-malheureux-hein-c'est-y-dieu-possible. Oui, on respire mieux. On est quasiment guéri. En tout cas, les symptomes s'atténuent. La preuve que "ça" se soigne. Quoi ? On ne sait pas vraiment. On aurait du mal à dire, mais le fait est.

Tout va mieux, parce que là, on en est sûr, c'est le meilleur moment. On est encore au travail, mais déjà un peu chiase-longue et bras de chemise. On est avant, on se rapproche, on y est presque... On anticipe, on en sourirait presque de plaisir. Projets, rêveries, réservations, tirages de plans sur la comète, on échafaude...

Ce que je vais faire, moi, pendant ces quinze jours ? Rien. Et ça me remplit de joie.
Les vacances, c'est un peu la cortisone du quotidien.

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digestion

(juste un bout de rêve de cette nuit)

Je suis en compagnie de ***. (On n'est que tous les deux, d'ailleurs). L'ambiance est plutôt joyeuse, style fin de repas un peu arrosé. On rigole, d'ailleurs il pose sa main sur mon ventre (où je sens effectivement quelque chose qui l'encombre, comme si j'avais avalé un truc plat et dur genre os de seiche), l'y frotte un peu, et me dit en rigolant, d'un air complice, " Tu vas avoir du mal à digérer tout ça..."
On se marre ensemble.
(la conversation, il me semble, continue, mais j'ai oublié toute la suite...)

No comment.

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mercredi 12 avril 2006

travaux manuels

(pardon pour les oreilles sensibles...)

de l'écriture et de la branlette considérées comme des activités jumelles, ou du moins fort semblables. Les deux se pratiquent à la main, (seul(e) de préférence), procurent un certain plaisir,  ne sont -finalement- que des succédanés, (ou des pis-allers) et (oh c'est élégant) trouvent toutes deux leur finalité (leur achèvement ? leur concrétisation ?) sur le papier (il n' y a pas loin du kleenex au couché mat...)

étant adepte des deux, je peux m'estimer relativement bien placé pour en parler, non ?

(j'en entends déjà qui vont pousser les haut cris : quoi ? l'écriture ravalée au rang d'une vile activité, si basse, si  communément définie comme honteuse ? l'écriture, alors que c'est un sacerdoce, une vocation, un élan qui tiendrait quasiment du divin ? )

oui oui, je persiste et signe.

l'une comme l'autre ne sont finalement qu'une façon -plus ou moins agréable- de passer le temps (si ce n'est pas de le perdre -car il fut perdu, tout ce temps-). On se, si j'ose dire, caresse dans le sens du poil, on s'auto-congratule, on s'agite, on se donne l'illusion d'agir, d'être en train de produire (des mots dans un cas, et des petits mozarts mort-nés dans l'autre...), de servir à quelque chose.

car toutes deux n'existent qu'en vase clos, en autarcie. On écrit pour soi, et on se branle idem. En maths, on parlerait de réflexivité. Juste moi et moi-même, quoi. Mes mots me touchent, ma main me touche. J'existe donc puisque je.

si je vais jusque au bout de cet embryon de raisonnement, cela impliquerait plus ou moins que le lecteur est en dehors du coup, qu'il surprend le résultat d'une activité à priori destinée à rester secrète... bon c'est là que le bât blesse un peu je le reconnais mais bon je ne vais pas tout recommencer à zéro pour vos beaux yeux (oui oui ô paradoxe vous êtres, lecteur, trice, en train de lire précisement ce que nous ne devriez potentiellement pas être capable de lire, puisque, si vous avez bien suivi, en principe, vous n'existez pas... mais en même temps c'est moi même qui me met un peu dedans, puisque, si vous n'existez pas, pourquoi donc alors au moment même suis-je en train de vous interpeler, et donc de supposer que vous existez ?)

non, la vérité c'est que j'écris d'abord (comme la majorité, non ?) pour moi. Pour me souvenir, pour me faire plaisir, pour me faire sourire, pour me donner envie de mourir, ou pour le délire ou pour le désir (ça dépend des cas) L'écriture comme la branlette sont des petits plaisirs égoïstes.

pour conclure : ça ne fait de mal à personne (jusqu'à preuve du contraire) ça n'est pas désagréable (dans la mesure où on le fait parce qu'on en a envie) alors, hein, pourquoi donc s'en priver ?

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Posté par chori à 15:25 - - Commentaires [4] - Permalien [#]