jeudi 11 janvier 2007

déja-vu

Oui je vous préviens je vais recommencer à RADOTER (avis donc aux amateurs, ou aux non.) Aujourdhui je ne suis pas allé aux bozarts et j'ai donc réfléchi (et quand on réfléchit, on est seul, et un homme seul est en mauvaise compagnie et DONC direction leborddeslarmes direct, mais juste le bord, hein ? )
Hier dans le couloir (oui, je suis souvent dans le couloir) je discutais avec Emma en milieu de journée. S'est approché un jeune homme qui m'a dit un truc en souriant genre "te fatigue pas trop, hein!". J'ai fait les présentations, et ce faisant j'avais conscience de présenter l'une à l'autre deux des personnes que j'aime le plus, d'une certaine façon je faisais le lien (le joint ?) Emma lui a payé un café (tiens! il boit du café maintenant!) et on a tchatché un bon moment, j'en ai même raté le début de la projection à laquelle j'avais vaguement envie d'assister. C'était pareil, tout pareil qu'avant, que l'année dernière. On parlait, j'étais bien, et je me disais (oui je peux suivre une conversation intérieure et une extérieure en même temps!) que, là,à cet instant précis, je n'avais pas avancé d'un poil (!), d'un iota, que je me retrouvais de nouveau et de plein fouet embourbé dans la même ornière, quelque part dans la même no way street. Quel con! (je)
Non, pas tout à fait comme l'année dernière. Je ne suis plus tout à fait en face du même jeune homme. Il est... différent. Ce qu'il est, et les rapports qu'il a avec moi. Cette façon de rester très civil, de tourner le dos, de ne pas (faire semblant de) me témoigner ne serait-ce qu'un peu d'intérêt (non j'exagère.). Il a trouvé un nouveau coach spirituel, un nouveau maître à penser. Et ce qu'il est devenu / devient / va devenir ne me fait pas forcément plaisir (mais qui suis-je pour juger, hein ?)
Les étudiants ont leurs évaluations la semaine prochaine, je vais donc rester sur mon quant-à-moi jusque là. Après faudra qu'on parle un peu...

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what's on tv

RED ROAD
d'Andrea Arnold

Déjà vu en prévisionnement, mais j'avais envie de vérifier si ça tenait aussi bien la route que la première fois : yess! (je suis encore sorti avec les yeux rouges, on continue à commencer 2007 avec des films youp la la youp la boum sortez les chapeaux pointus et les langues de belle-mère : pour la déconne, les écossais n'ont visiblement rien à envier aux serbes!)
Ce film est le premier du projet Advance Party,  proposé par Lars Von Trier : la règle du jeu est de proposer à trois réalisateurs différents de mettre en scène le même groupe de neuf personnages (qui seront joués de la même façon par les mêmes acteurs, si j'ai bien compris) mais pourront être scénarisés de façon différente. Voici donc le "premier volet", les suivants seront réalisés par Lone Scherfig (Open Hearts,d'émouvante mémoire) et Anders Thomas Jensen (Adam's apples, qui fut également fort aimé par ici).Let's wait and see.
On connaissait l'Ecosse de Ken Loach, on n'en est pas ici très loin. Le constat de la désagrégation sociale, de la misère humaine, du délabrement urbain, nous est retransmis au début du film à travers les caméras de vidéo-surveillance devant lesquelles travaille Jackie, une brunette un peu tristoune avec des airs de Maryline Canto, dont on va suivre pendant quelques temps le quotidien pas très emballant. La réalisatrice a l'habileté de nous fournir au départ beaucoup d'éléments, de (fausses) pistes, parmi lesquels il va falloir faire le tri pour parvenir à reconstituer l'histoire de cette jeune femme, le pourquoi de ses agissements envers Clyde, cet homme qu'elle a repéré un soir, sur un de ces écrans, et qui fait, semble-t-il, douloureusement partie de son passé.
Mais tout n'est pas blanc, tout n'est pas noir. Red Road traite des apparences et de comment aller au-delà. Derrière ses écrans, Jackie est comme l'Alice de ce Pays pas des merveilles du tout, où elle va tomber, en courant à la poursuite de ce lapin roux qui boit du whisky. Red Road traite du deuil, et des différentes façons de le gérer. Red Road parle de l'amour, du chagrin, de la violence, à travers des personnages forts parce pas faits d'une pièce, mais au coeur desquels coexistent au contraire les sentiments les plus paradoxaux. et les comédiens sont pour beaucoup dans la force de leurs personnages.
A la fin, les choses ont été dites, de part et d'autre. Toute la dernière partie est extraordinaire par sa construction, par l'intelligence de sa progression dramatique, et l'émotion enfin libérée permet au spectateur de respirer -en pleurant un peu, mais en pleurant doucement, à l'image de la chanson du générique de fin, une reprise très apaisée, très douce, du sombre Love will tear us apart de Joy Division.

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mardi 9 janvier 2007

couloir

Je suis assis près de la machine à café avec Emma et Pierre.
Le couloir est très long, rectiligne jusqu'à la porte d'entrée.
La porte s'ouvre et là-bas je reconnais Karim qui rentre, à cause des dreads.
Il est accompagné d'un petit tondu que je crois reconnaître.
Quand il approche, je m'aperçois que ce n'est pas celui à qui je pensais.
Il s'est complètement rasé la tête et la barbe.
Je pense "le message est on ne peut plus clair."
Il me salue poliment.
Après coup, la sensation comme quand on arrache un sparadrap.
Je me dis "ça ne va pas être aussi facile que j'espérais."
Et il s'en va.

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le retour

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lundi 8 janvier 2007

après après coup

01) En 2007, je numéroterai mes résolutions pour que les gens puissent être aidés dans leurs commentaires.
02) En 2007, je serai indestructible.
03) En 2007, je ne commettrai pas les mêmes erreurs qu'en 2006.
04) En 2007, je ne ferai plus le coup du crapaud amoureux de l'étoile.
05) En 2007, je continuerai à fumer des pétards cigarettes qui font rire.
06) En 2007, je serai obligé d'acheter une nouvelle bagnole.
07) En 2007, je (ne) mentirai (pas). (Oui oui, je sais... mais celui-là je l'aime beaucoup)
08) En 2007, j'essaierai de lire plus de livres.
09) En 2007, j'essaierai d'oublier moins de choses.
10) En 2007, je tâcherai de ne pas tomber amoureux toutes les cinq minutes.
12) En 2007, je ne parlerai plus ni de goître ni de mèche blonde ni de sourire fallacieux.
13) En 2007, je me nourrirai sainement.
14) En 2007, je me consacrerai à mon oeuvre (mais laquelle ?).
15) En 2007, je saurai dire non quand il le faut.
16) En 2007, je prendrai ma petite valise et je m'en irai, si jamais Nicolas S. est élu.
17) En 2007, j'apprendrai le langage des signes.
18) En 2007, je serai fier de moi quand j'aurai lieu de l'être.
19) En 2007, j'écrirai des lettres.
20) En 2007, je penserai aux amis.
21) En 2007, je continuerai de chanter dans les couloirs
22) En 2007, je regarderai les DVD que j'ai en retard.
23) En 2007, j'envisagerai une éventuelle reconversion professionnelle.
24) En 2007, je déménagerai peut-être
25) En 2007, je n'accorderai pas plus d'importance à certains sms qu'à d'autres...
26) En 2007, je...

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et puis fanny ?

1) action :

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2) réaction :

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dimanche 7 janvier 2007

après coup

En 2007, je ne me forcerai pas à écrire un post si j'estime que je n'ai rien à dire.
En 2007, je (ne) mentirai (pas).
En 2007, j'accorderai moins d'importances aux statistiques de fréquentation.
En 2007, je ne m'arracherai pas les cheveux de désespoir si je n'ai aucun commentaire.
En 2007, je commencerai un blog ultrasecret dont je serai le seul rédacteur et l'unique lecteur.
En 2007, je serai joyeux, au moins jusqu'en septembre.
En 2007, je n'attendrai rien que je ne sois (?  arghh la conjugaison, j'ai des doutes... mais "soie" n'est pas plus vraisemblable!) en droit d'attendre.
En 2007, je n'accepterai plus de tâches sans être sûr d'avoir vraiment envie de les faire.
En 2007, je concevrai un très bel agenda pour 2008.
En 2007, je n'oublierai plus le mot "narcolepsie".
En 2007, j'aurai des baskets moins boueuses que par le passé.
En 2007, je ne dirai de mal de personne.
En 2007, je serai zen.
En 2007, je me forcerai des fois à faire des choses que je n'ai jamais faites, parce que, des fois, on a des bonnes surprises.
En 2007, j'irai à Paris plus souvent.
En 2007, je fréquenterai des festivals de cinéma.
En 2007, je ne parlerai plus ni de mon sens du goût ni de celui de l'odorat.
En 2007, je ne prendrai pas de cortisone.
En 2007, j'enverrai mes "Lieux Communs" (pas ceux-là, les autres) à un éditeur ou deux pour savoir ce qu'ils en pensent.
En 2007, je me ferai un peu plus confiance.
En 2007, je tenterai de moins perdre mon temps.
En 2007, je ne voterai pas à droite.
En 2007, je verrai le prochain film de David Lynch que j'attend avec beaucoup d'impatience.
En 2007, je retournerai en Bretagne.
En 2007, je cesserai de baver devant les mecs dès qu'ils ont un peu de poil sur la figure (ça n'est jamais que du poil, hein ?)
En 2007, je ne serai amoureux de personne.
En 2007, je répondrai illico à tous mes émaux.
En 2007, j'apprendrai à me servir de InDesign.
En 2007, j'aurai plus de cinquante ans.
En 2007, je ne verrai pas encore les roses trémières que j'ai plantées en 2006.
En 2007, je ferai des listes à un rythme plus régulier.
En 2007, je continuerai à garder pour moi les secrets que me confient x, y , ou z,
En 2007, je sourirai intérieurement en me considérant comme un coffre-fort helvétique mental.
En 2007, je ne pourrai plus photographier ma station-service désaffectée, puisqu'elle est détruite.
En 2007, je serai toujours midinet.
En 2007, je serai heureux en pleurant au cinéma
En 2007, je ...

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samedi 6 janvier 2007

calendrier 2007

Voilà voilà, comme l'an dernier j'ai réalisé un petit calendrier de messieurs tout nus (CAQPV : calendrier à quéquette parfois visible) du temps jadis, que j'ai rangé dans un joli album-photo ici à droite...

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action ?

Pffff j'arrive pas à m'y remettre.
J'ai passé des vacances de méduse, à me laisser flotter...Non, pas de méduse, plutôt de pilchard (ça doit bien exister au singulier, hein?), sardine de dérive comme c'était écrit sur la boîte, mais je ne sais toujours pas ce que ça veut dire... Enfin, bref, me suis laissé vivre.
Et là ? Entre deux : je n'ai pas encore tout à fait cessé d'être instit' (pour six mois) mais pas non plus commencé à me sentir auditeur libre aux bozarts (et pourtant j'y retourne lundi...) Ca va viendre.
Mais, depuis deux trois jours, c'est indéniable, la vie reprend...

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vendredi 5 janvier 2007

ailes

SONGE D'UNE NUIT D'HIVER
de Goran Pascaljevic

Commencer l'année en évoquant un film serbe, je sais qu'il y en a certains que ça va faire ricaner... On aurait dû le passer il ya un mois déjà, mais la copie nous a fait défaut alors, heureusement la voilà. enfin.  Comme vous pouvez imaginer, ce n'est pas à se taper les cuisses de rire (mais le cinéma est-il vraiment fait pour ça ? ), je dirais même que c'est des films les plus tristes que j'ai vu, mais, bon , finalement, c'est peut-être mieux de démarrer l'année comme ça, non ? Après ça ne peut que s'arranger!

Lazar rentre chez lui après dix ans de prison. il trouve sa maison occupée par une femme, Jasna, et sa fille Jovana, une jeune autiste (qui est d'ailleurs jouée par une vraie jeune autiste qui se prénomme Jovana, d'ailleurs chacun des trois acteurs principaux a donné à son personnage son vrai prénom ). Après des hésitations réciproques, ils vont tenter de cohabiter tous les trois. Un pays en ruines, des paysages urbains dévastés, des personnages cabossés, et la violence partout encore qui rôde qui traîne qui rampe ; dur dur il s'agit de vivre, de réapprendre à vivre, après la prison, après le meurtre, après la culpabilité, après la guerre. Mais le présent est-il vraiment enviable ? Lazar essaie de protéger cette femme et sa fille, il voudrait absolument "guérir" Jovana, mais, comme le répète sa mère, "c'est sans espoir". Comme cette histoire, d'ailleurs, au final parfaitement "sans espoir", même si la scène (très belle) est filmée au milieu des arbres fruitiers en fleurs.

L'acteur est extraordinaire : massif, borné, mutique, cherchant dans chacune de ses cigarettes comme une respiration, mais capable de s'illuminer comme de l'intérieur dès qu'il sourit. La reconstitution de son histoire personnelle se fait par le biais d'un genre d'état des lieux, parfois strictement documentaire, parfois à peine scénarisé, parfois peut-être un peu trop insistant. Le film commence avec un bus rouge qui sinue dans un paysage enneigé et se termine sur une voiture immobile dans la blancheur fleurie d'un verger. Preuve que même l'hiver, avec un peu d'espoir, même en Serbie, on pourrait en venir à bout. Mais à quel prix ?

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Posté par chori à 23:42 - - Commentaires [0] - Permalien [#]