dimanche 30 avril 2006

si votre ramage...

TRANSAMERICA
de Duncan Tucker

Tout d'abord, je voudrais publiquement ici remercier mon amie Emma. Je lui suis redevable de ce grand bonheur :
Si elle ne m'avait pas prêté DESPERATE HOUSEWIVES, > je n'aurais pas eu le plaisir de dévorer l'intégralité de la série pendant ces vacances, > je n'aurais donc pas connu, entre autres, la blonde Lynette Scavo et son interprète Felicity Huffman, > et je n'aurais donc pas eu la curiosité d'aller voir, sur son nom, le film de Duncan Tucker, qui jusque là ne m'intéressait pas plus que ça (je le confesse, les histoires de transexuel(le ? )s n'étant pas vraiment my cup of tea...) > cqfd
Bon, il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, et donc, je le crie bien fort à tous ceux et celles qui veulent bien l'entendre (et aux autres aussi) : COUREZ VOIR CE FILM!

J'ai (sans doute) une âme de midinette, mais c'est vraiment le genre de film à la fin duquel je reste assis, sourire béat, comme sur un petit nuage, pendant que le générique se termine et que les lumières se sont rallumées, et le sourire continue de flotter, intérieurement du moins, pendant que je sors de la salle, que je marche dans la rue, ce genre de film qui redonne espoir, confiance, ce genre de film à la fin duquel j'aurais à nouveau foi en l'humanité.

Pourtant, à priori, rien de très... affriolant : un réalisateur inconnu au bataillon (ce serait pourtant son troisième film), un sujet "casse-gueule" (comme l'ont écrit la plupart des critiques), une réalisation plutôt... sage, une sortie plus que discrète (pas de plan-média tonitruant, ni promo jusqu'à l'écoeurement) because pas de giga star inside... J'ai même dû chercher dans mes tablettes pour vérifier la date de sortie : 26 avril (hier, donc!). J'y suis entré sceptique (tel St Thomas) et j'en suis sorti converti. Ce film est un miracle ! Miracle de justesse, d'équilibre, de tendresse, d'humour, de pudeur, (je pourrais en aligner encore, des qualificatifs, sur des lignes et des lignes...)

Au début du film, on apprend que Bree est une transexuelle qui doit bientôt se faire opérer (l'ultime opération) pour devenir enfin complètement la femme qu'elle se sait être au-dedans, et qu'elle tente de faire exister au-dehors (extraordinaire performance d'actrice pour Felicity Huffmann, qui aurait dû amplement lui valoir l'Oscar, à mon humble avis, pour cette composition en forme de oui-mais non-mais oui, à triple-fond en quelque sorte,  mais les décideurs de Hollywood n'ont pas daigné m'écouter, les niais...)

Bree, donc,  reçoit un appel téléphonique d'un jeune taulard, Toby, (le jeune Kevin Zegers -qui je trouve , a des airs de Joaquin Phoenix en plus jeune- assez sidérant lui aussi, dans son rôle de jeune tapineur drug-addict rêvant de devenir une star du porno gay) qui dit être à la recherche de son père (Bree, en l'occurrence, quand elle s'appelait encore Harvey, et que sa thérapiste va obliger à rencontrer et à prendre en charge le jeune homme en question (pour qu'elle puisse "régler tous les problèmes de son passé") sous peine de ne pas lui fournir la précieuse signature nécessaire pour l'intervention finale.) Elle va donc aller à New-York le sortir de taule contre 1$ de caution...

Et les voilà partis tous deux, dans une vieille américaine un peu déglinguée, pour une traversée en diagonale des Etats-Unis (et des apparences par la même occasion). Lui qui le/la prend pour un genre de bonne soeur en civil, un peu coincée, qui veut le remettre dans le droit chemin et l'aider à retrouver son père, quant à elle, elle se pose de plus en plus de questions, face à cet ado un peu destroy, dont elle se sent à la fois si proche et si lointaine, se demandant si elle aura le courage de lui dire la vérité ou pas. ( style "Je ne suis pas ta mère, je suis ton père, Honey...") Je ne vous dévoilerai pas plus le scénario (qui fut d'ailleurs primé), j'aurais trop peur que ça vous gâche le plaisir.

Sachez juste que le "cahier des charges" du road movie sera scrupuleusement respecté  (et même au-delà) : les paysages, les rencontres, bien sûr, mais aussi les disputes, les réconciliations, les coups du sort,  les vrais gentils, les faux méchants, les révélations, les rebondissements... vous en aurez pour votre argent (et même plus, je vous garantis! ) Tout ça a l'air tellement straight, tellement facile, tellement profil bas en apparence qu'on se dit que trans le film doit l'être un peu aussi à sa manière, pour avoir un charme aussi évident (sans être pour autant racoleur), un ton aussi juste (sans jamais être moralisateur). Oui, comme on devine encore Harvey sous le tailleur vieux-rose de Bree, on perçoit sous l'habillage du film simple-traditionnel-mais-de-bon-goût, presque old fashioned, un propos autrement moins consensuel, une énergie moins politically correct, employée pour dégommer tous azimuths les préjugés et les idées reçues. (Et plus on avance, et plus il y va fort, je trouve !)Avec, pour faire passer l'éventuelle amertume du discours, l'enrobage sucré et tendre de la comédie, voire du mélo. (J'ai ri autant que j'ai eu la larme à l'oeil, pas de jaloux comme ça!)

Merci encore à Duncan Tucker, à Felicity Huffman, à Kevin Zegers, et à toute l'équipe du film, d'ailleurs (oui, merci à la thérapeute, au hippie, à l'indien-cow-boy, à la famille plus-ricaine-que-ça-tu-meurs, et merci à tous les autres aussi...) pour ce délicious moment de bonheur. Merci de m'avoir un peu ouvert les yeux sur cet univers des trans, dont on ne connaît que les éléments les plus visiblement folkloriques, hélas.
La Fontaine avait écrit Le geai paré des plumes du paon, ici on serait plutôt dans Le paon déguisé en geai déguisé en paon. A moins que ce ne soit le geai déguisé en paon déguisé en geai ?
Ou le paon déguisé en paon déguisé en paon ??
A voir.
Je vais finir par y laisser des plumes!

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(Felicity Huffman & Kevin Zegers)

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rhaa lala!

Le titre est un bruit de ronchonnement, ça se reconnaît ?
Mon inconscient est un con. Pourriez lui expliquer ça de ma part ?
Après une semaine d'abstinence (Il y en a qui font l'Indépendance day, moi j'ai fait l'In/dépendance week) voilà que j'ai pu récupérer l'intégralité de mes rêves. Je dors toujours aussi mal mais bon je me souviens de tout, ou c'est tout comme.
Et voilà que je me réveille ce matin d'une humeur grumph et un peu davantage même. Il m'a fait passer la nuit avec ***. Ou, plus exactement en compagnie de ***. (sur ce coup-là, j'ai eu l'inconscient plutôt clean et pudique, c'est pas comme ça toutes les fois, smiley avec les joues rouges) Enfin, c'était plutôt bozarts revival. Il y avait plein de monde. *** et moi, pendant un moment, on faisait de la photo, tous les deux dans un coin de pièce, très proches mais en tout bien tout honneur, et à la fin il mettait en scène une photo où il serait plus grand que moi (ça nous faisait rire tous les deux).
Puis je croisais sa copine, qui rentrait d'écosse et qui avait désormais les cheveux très courts. Et qui ne répondait pas à mon bonjour quand je la saluais dans le couloir. La caméra s'arrêtait un instant sur mon visage un peu interloqué, suivait la direction de mon regard et la regardait s'éloigner dans le couloir, en compagnie d'une anglaise qu'elle avait ramenée avec elle.
Puis on était chez lui, il était notamment question d'une maladie de peau qu'il avait (il était question de dessication et de stries parallèles), qui le faisait souffrir (il me disait qu'au début de l'année aux bozarts, ça devait se voir sur son nez, qu'il devait avoir le nez rouge mais je lui disais que non) et qu'il devait donc soigner avec une pommade. Je comprenais qu'il allait se mettre cette pommade, alors je détournais pudiquement le regard (et la caméra aussi, qui me suivait dans un élégant mouvement) pendant qu'il se déshabillait probablement et je quittais la pièce pour ne rien voir. En même temps je pensais, en sortant, que j'avais bien mérité, par cet acte stoïque, comme récompense, le droit de lui piquer une fringue lui appartenant. Et voilà que je traversais une succession de pièces qui n'étaient jamais celle pù je voulais aller (la salle de bains en l'occurence, je crois)
Puis re-bozarts et plein de monde avec moi dans une pièce, et dans le couloir par la porte entrebaillée j'aperçois sa copine, qui lève les yeux au même moment (va-t-elle m'ignorer ?) et me fait un sourire, à mon grand soulagement. Je m'approche et nous parlons quelques instants...

Imbécile.(moi-même en l'occurrence)

...et même doublement (quelques instants plus tard) lorsque je me surprends, sous la douche, en train de chantonner... inconsciemment (!) la chanson de Cendrillon
(pfff! n'importe koi vraiment!) :
"Même si ton coeur a des problèmes,
il faut y croire quand même
Le rêve d'une vie
c'est l'amouououououour..."

(et re-pfff)

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samedi 29 avril 2006

prenez soin de vous 2

Suite des aventures médicales
(faisons notre intéressant)
Rendez-vous donc ce matin avec un nouvel ORL, qui me change de l'ancien : autant l'autre était coincé autant çui-là est rigolard et joue franc-parler (Il s'est foutu -gentiment- de moi quand je lui ai dit que je n'aimais pas qu'il me mette son endoscope dans les narines, du style "mais regardez comme il nous le joue gazelle effarouchée...")
Mais bon,humour ou pas, me voilà bon pour un nouveau scanner (hin hin, deloin, t'as le droit de te marrer), plus une échographie de ce nom de dieu de bordel de saloperie mystérieux ganglion, plus une nouvelle analyse de sang (pour déterminer s'il ya allergie ou pas), et surtout, surtout, confirmation franche et directe que l'anosmie dont je souffre, je suis condamné à me la trimballer ad vitam aeternam, qu'il n'y a que la cortisone qui peut y faire kek'chose, et que c'est soit dû à l'allergie soit au stress (mais dans votre cas, je pense que c'est le stress m'a-t-il dit en rigolant, et en me confirmant combien il me trouvait speed...)
Merci docteur au revoir docteur je suis sorti avec mes multiples prescriptions et ordonnances. Evidemment, à la clinique (voisine) où je suis allé pour prendre rendez-vous pour le scanner, on m'a annoncé que le service était fermé jusqu'à lundi inclus, au revoir monsieur à mardi monsieur.

Voilà. Suite la semaine prochaine. Après le scanner, je prends une semaine de traitement corticoïde, et je reprends rendez-vous auprès de mon ORL rigolard pour voir où on en est...
Suivant!

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micro9

*

Hier matin j'ai oublié de boire mon bol de ricoré.

*

En sortant du parking j'ai vu un écureuil qui traversait la route.

*

Avril passe en trombe

*

Ce ganglion serait peut-être un nodule.

*

Les gens qui parlent trop et qui n'écoutent pas.

*

Le renard qui a surgi entre mes roues a réussi par chance à passer au travers.

*

Deux matins d'affilée où le ciel est livide.

*

Bien qu'il revienne de Corse seuls ses avant-bras sont bronzés m'a-t-il dit.

*

Les yeux qui pleurent sans qu'il soit question de chagrin.

*

Je suis toujours étonné par la chaleur qu'il fait dans cette poubelle.

*

Les feuilles de l'arbre grandissent comme en accéléré.

*

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vendredi 28 avril 2006

midas

En revenant de Besac m'est venue (rouler en bagnole est propice aux divagations stimulations cérébrales) cette image du roi Midas, à cause du parallèle qu'on pouvait en tirer avec l'activité de blogueur (ici et ailleurs, bien sûr!)
Je me rappelle pas exactement de l'histoire, mais c'est surtout la fin qui m'intéresse.
Midas a souhaité que tout ce qu'il touche se transforme en or, un génie exauce son voeu, et après Midas est bien empistrouillé, car il ne peut ni manger ni boire (ni... , d'ailleurs) tout ce qu'il touche se transformant -selon son souhait- en or. Il veut donc être dés-exaucé, pour recommencer à manger, à boire (et tout le reste, c'est moi qui rajoute), le génie accepte, mais en contrepartie, il lui colle des oreilles d'âne...
Arghh! je viens de vérifier ... et je me suis planté : il ya deux histoires ! Oubliez donc cette histoire d'or, bref, Midas se retrouve avec des oreilles d'âne, qu'il les cache sous un bonnet pour que personne ne le sache. mais le mec qui le coiffe tous les jours, et qui est donc aussi au courant, est tenu par le secret (silence sinon couic) ;  le pôvre n'en peut plus, et pour s'alléger un peu va un soir creuser un trou dans la terre, il chuchote dedans "le roi Midas a des oreilles d'âne", rebouche le trou, et s'en va, le coeur léger d'avoir ainsi confié son lourd secret à un témoin qu'il pense objectivement -et définitivement-muet.
Bon, là, les versions divergent un peu, mais, toujours est-il qu'ensuite, ce qui se met à pousser quelques temps après à cet endroit, (moi il me semblait "blé" mais cette version-là dit "roseaux"), bref, tous les machins qui croissent (et se sont multipliés!) se mettent à chuchoter avec entrain et à qui-mieux-mieux Le roi Midas a des oreilles d'âne le roi Midas a des oreilles d'âne...


Pour en revenir au blog, je me sens un peu dans la peau du bavard. Je parle ici tout doucement, dans des oreilles que je suppute silencieuses et bienveillantes. Mais peut-être qu'au printemps prochain, je vais entendre chuchoter partout un truc du style Le blog à Chori a des oreilles d'âne... Le blog à Chori ...ou bien pire encore.
(Parano, moi, pensez-vous donc!)

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(private joke pour mon ami Phil : si le colza pouvait parler...)

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bols

Un dessin de mon filleul.
Sa soeur est allée à D*sn*yL*nd avec sa tante, et la tante en question lui a donc promis (à mon filleul) qu'elle lui rapporterait un bol, en souvenir.
Visiblement mon filleul n'a pas vraiment d'idée sur ce qu'est cet endroit, ni à quoi ça ressemble, excepté ce que lui en a dit la fameuse tante.
Il a donc dessiné un genre de grand bâtiment qui recouvre toute la largeur de la feuille, avec à l'intérieur des dizaines d'étagères sur lesquelles il a dessiné des dizaines de ronds avec une croix dedans.
Interrogé sur ce que représentent ces ronds à croix, il répond, comme si c'était une évidence : "Ben c'est des bols, tiens!"

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jeudi 27 avril 2006

figures de style

Aujourd'hui, je recopie.
Ca fait un certain temps que je parle de Dennis Lehane. Je suis en train de lire l'avant-dernier (qui est le premier, chronologiquement) Un dernier verre avant la guerre. Le seul inconvénient, c'est que l'auteur a la fâcheuse manie, par le biais de son narrateur héros, Patrick Kenzie, d'évoquer ce qui s'est passé dans les épisodes précédents. Et comme je les lis un peu dans le désordre, je m'aperçois que je sais, quasi dès le début de celui-là, quel est le méchant que Patrick K. va tuer à la fin du bouquin (je l'ai appris dans Ténèbres prenez-moi la main, et ma mémoire bête l'a dûment enregistré), l"histoire, du coup en a moins d'importance, je m'attache plutôt à la façon de raconter, et j'en profite pour faire ce que j'ai envie de faire depuis un roman : repérer (et noter) les phrases qui font mouche, typiques pour moi de l'humour Lehane. en voici quelques exemples :

(p15) "Il avait une masse de cheveux blancs et raides sur laquelle on aurait pu faire atterrir un DC-10 et une poignée de main qui s'arrêtait juste avant de provoquer la paralysie."

(p35) " (...) un sociopathe, zéro de Q.I et à peine plus grand que Rhode Island, a voulu que je lui prouve que j'étais un dur. Il avait sauté de sa voiture, il était à deux mètres de moi et il approchait vite, quand j'ai tiré une cartouche qui a traversé le bloc-moteur. Il a regardé sa Cordoba comme si je venais d'abattre son chien et il a failli pleurer. Mais la vapeur qui s'échappait du métal déchiré l'a convaincu qu'il existait, de par le monde, des choses plus dures que nous deux."

(p65) "Ses cheveux ont l'air d'être peignés avec un marteau à pied-de-biche, et il a une de ces moustaches tombantes de bandit mexicain que plus personne ne porte, pas même le bandit mexicain moyen."

(p76) "C'est un endroit où les gens s'estiment heureux qu'il y ait des saisons, car au moins ça confirme que le temps passe véritablement."

(p108) "Il est impossible de se garer sur Tremont ni même d'y traîner plus de trente secondes. Une armée de contractuelles, importées de la section féminine des jeunesses hitlériennes peu après la chute de Berlin, parcourt la rue, à raison d'au moins deux par pâté de maisons, têtes de pitbull sur corps de borne d'incendie, en attendant seulement qu'il y ait quelqu'un d'assez stupide pour ralentir la circulation dans leur rue."

(p168) "Bubba a autant de conscience de soi qu'un carburateur, et il remarque encore moins les autres -à moins qu'ils ne lui fassent obstacle."

(p193) "Nous avons gagné le centre-ville en voiture, et retiré le Vomonstre du parking pour un peu moins qu'il m'en aurait coûté d'envoyer un môme en fac de médecine."

(p205) "Le seul moyen de rater sa cible avec un viseur aussi gros résiderait dans l'éventualité d'une soudaine éclipse solaire."

(p229) "Peut-être que je partirais m'installer au Tibet, que j'escaladerais une montagne avec le dalaï-lama, ou que je mettrais le cap sur Paris et ne porterais rien que du noir, me ferais pousser un chouette petit bouc et parlerais tout le temps jazz."

Voilà, ça me fait sourire, j'aime ces exagérations, ces images, et je me dis que, dans la narration plutôt sombre tendance darkest de Lehane, elles ont sans doute la même fonction que la petite soupape qui laisse s'échapper la vapeur, au-dessus de la cocotte-minute.
Indispensables pour reprendre son souffle.

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mercredi 26 avril 2006

(f)rance

Eh oui, c'est comme ça, je dois le reconnaître : il ya des soirs -comme ce soir, précisément- (enfin, hier soir "à l'heure où vous lirez ces lignes", comme on dit) où je ne pense pas "je vais aller au cinéma" ou "je vais aller voir un film" , non non, il ya des soirs où je pense, à haute et intelligible voix dans ma tête : "je vais aller voir une merde"
Et c'est ce que j'ai fait, haut la main.
Je l'ai bien senti dès l'arrivée :  l'avant-première avait lieu salle 8 (une des plus grandes il me semble) dans le bôô cinéma. J'arrive avec dix minutes d'avance, je rentre dans la salle et, ô surprise, du monde partout, partout. Je me trouve une place en bord de rang, pas trop bas (heureusement il n'y aura pas de sous-titres à lire) mais à vouloir embrasser le paysage d'un bord à l'autre de l'écran on risque sans peine le torticolis (c'est vrai que nos écrans sont très/ trop ? grands, mais bon on ne va quand même pas se plaindre de trop bonnes conditions de projection, hein ?) Bref, me voilà déjà déstabilisé (à voir défiler les jattes de popcorn, les jerrycans de soda, les familles au grand complet, à écouter la conversation de ma voisine avec son chéri, où il est question de coulage de dalle et de montants métalliques...), tout ça est très exotique pour moi qui suis habitué plutôt à un nombre de spectateurs inférieur à celui des doigts des deux mains, voire d'une seule... Voilà ce que c'est que d'avoir pris goût aux films dits "confidentiels" ou "pointus" ou "c'est bien mais c'est spécial...", les films dard & décès, quoi... (je me mets dans l'esprit du film, pour que vous y soyez aussi...)

Bon, ça commence. (Tiens, pourquoi ils ont pris une vielle rengainasse d'il y a -au moins- vingt ans comme musique de générique ? Mais bon, autant vous prévenir, ça va être comme ça jusqu'à la fin, comme si le réalisateur avait acquis en bloc un catalogue chansons niaises bord de plage 70/80... et même avant, tiens! On a même droit, entre autres, à un remix techno de La belle vie, par Sacha Distel, et à une reprise live de La chatte à la voisine, c'est dire! )
Donc, ça démarre. Mathilde S. et son mari partent en vacances. Claude B. et Mylène D. (sa femme) partent aussi en vacances. Tout ce monde se retrouve dans un endroit qui donne son titre au film. Ils retrouvent leur copain Franck D. aux yeux très bleus et au slip de bain plutôt grotesque.
Vient aussi les rejoindre (ce qui n'était pas prévu, parce que lui est riche et partait pour Marbella, alors que les autres sont pauvres et ne peuvent aller que là) Gérard L., chirurgien esthétique qui fait la gueule, avec sa fille. Point. Fini le scénario (ou peu s'en faut).
Le choc des cultures : Gérard L. roule dans "la voiture de James Bond" et n'a jamais dormi sous tente. Il va découvrir -arrêtez arrêtez je n'en peux plus de rire- pêle mêle : la promiscuité, le pastis, les moustiques, les tongs, le b*nc* (mais si, vous savez bien... une boisson chocolatée pour le ptit déj... il y a dans ce film une publicité répétitive et éhontée pour ce produit, à ce stade-là c'est plus du subliminal, c'est carrément du surligneur fluo!)  le thon en boîte, la queue pour prendre sa douche, l'élection de miss t-shirt mouillé, bernard montiel, les nudistes (promis juré craché JE N'INVENTE RIEN)...
Bon le scénariste a quand même vaguement (dé)tricoté une trame, à peine plus conséquente que le string que Mathilde S. nous exhibe lors d'une scène de ménage au restaurant La Moule Joyeuse (là, je brode... mais le(s) scénariste(s) aurai(en)t dû faire pareil!)
Bref, deux trois intrigounettes rachitiques, (allez, une par couple, soyons généreux) quelques grumeaux d'humour huile-à-friture-usée (ah le mythe de la "phrase-culte"..., ici on navigue entre "Avant j'étais dans la moutarde, maintenant je suis dans la merde..." et "chassez le naturiste, il revient au bungalow"...) on fait réchauffer tout ça... on n'est pas loin de la paella industrielle façon restau à touristes...(gaffe aux fruits de mer avariés)
Mais, dans la salle,les gens avaient l'air plutôt contents. Faut dire que le réalisateur -dialectement parlant- est quand même  vachement malin, à brosser ainsi le portrait dans le sens du poil de cette petite ethnie franco-franchouillarde (en d'autres temps, on eut écrit poujadiste...), à tendre ainsi un miroir au petit-peuple-laborieux-qui-bosse-onze-mois-pour-s'offrir-ses-3-semaines-de-paradis, lui faisant ainsi un  clin d'oeil complice et racoleur (genre ouais on est bien tous pareils, hein ? on aime le pastis, les histoires de cul, la danse des canards,les meufs en string) allant jusqu'à -là, la mise en abyme devient quasiment une distanciation brechtienne- mettre carrément ce discours dans la bouche de ses personnages (Mathilde S. reprochant à Gérard L. de ne pas s'intéresser à elle juste parce qu'elle n'est qu'une petite marchande de couleurs de province... le même Gérard L. se faisant gifler et traiter de vieux con par sa fille parce qu'il n'a pas compris que c'étaient les plus belles vacances de sa vie...),qui le revendiquent, tout ça avec la plus parfaite et révoltante démagogie, flattant les bas instincts (on est ici entre bas-ventre et bas-morceaux) stigmatisant la différence (le riche, la parisien, les hollandais, les naturistes...), renforçant le sentiment de caste, et noyant tout ça sous un déluge de bons sentiments aussi artificiel et humide que  la tempête qui vient -à point nommé et conclusivement- jeter tout ce petit monde dans les bras les uns des autres, pour un happy end de rigueur et un peu gluant, mais la morale est sauve : le riche repart finir ses vacances chez les riches, et les pauvres le regardent partir...
Plan final. Portrait de groupe avec dame(s) et avec bobs.
Ouf!

(Oui oui je sais, me direz-vous, je n'étais pas forcé, personne ne m'a obligé, hein ? alors pourquoi j'avais envie ? pourquoi j'y suis allé ? peut-être juste pour avoir le plaisir d'écrire ce comm... C'était plus fort que moi, j'ai pas pu résister...)
J'avais écrit , il y a déjà quelques temps
"se considérer parfois comme non-faisant partie de l'humanité"
Oui, c'est ça, c'est peut-être moi qui ne suis pas
normal, c'est peut-être moi qui me trompe, après tout, hein ?

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mardi 25 avril 2006

au petit bonheur...

* Au courrier, trouver une enveloppe "à bulles" qui vient de Paris, avec dedans le dernier cd de Manset, gracieusement offert par Libé (j'ai bien fait : 1) de m'abonner 2) de renvoyer le bon "offre spéciale abonnés")

* Sortir au soleil, trouver qu'il fait vraiment chaud avec ce jean, rentrer, fouiller dans les tiroirs pour retrouver un short, se changer

* Regarder l'arbre dans la cour, et la vitesse avec laquelle il se transforme (quasiment en accéléré, les bougeons d'hier sont déjà devénus des feuilles qui grandissent grandissent grandissent...)

* Passer au Super U pour acheter des fraises et de la crème

* Aller chercher le résultat des analyses au labo, s'entendre dire qu'on a rien. Rien de rien (en être presque un peu déçu ?) mais bon ce ganglion il vient bien de kèk'part, hein ?

* Achever dans les temps la mise en page et le peaufinage de la programmation ciné

* Passer chez ma-copine-chez-qui-je-mange-tous-les-dimanches pour lui apporter le dernier dvd de Desperate Housewives, récupérer mon gilet que j'ai oublié dimanche dernier, boire une bière, être finalement encore invité à manger (hmmm des asperges!)

* A la fin du repas, évoquer le point n°1 (cf plus haut), être surpris que Christine connaisse Manset, et du coup se mettre Lumières en disque noir, et chanter en buvant le déca On se rappelle de quelque chose qu'on pose près du lit une lumière... En concevoir une certaine émotion

* S'apercevoir qu'il pleut, mais se dire que c'est bien qu'il pleuve la nuit, et que demain matin il refera soleil...

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lundi 24 avril 2006

faits divers

- fait pipi dans un flacon
- me suis fait prendre du sang dans des petit tubes avec un code-barre me correspondant collé dessus
- regardé quasiment d'affilée les épisodes 5 à 14 inclus de Desperate Housewives (encore merci, Emma!)
- essayé un peu le zoom de mon nouvel appareil-photo
- photographié le fil à linge et ses environs
- reçu une visite aussi délicieuse qu'imprévue (...)
- fait un geste que je rêvais de faire (baisser un cuissard de cycliste...)
- mangé de la brandade de morue
- écrit quelques comm' en réponse à d'autres comm'
- bien pris mes médocs comme c'était marqué sur l'ordonnance
- inventé des sous-titres à clé (merci sol) pour des films minuscules et indiens (là) ("copines", "copines 2" et "disparition")
- bossé un petit peu sur la programmation ciné de mai
- regardé idem les épisodes 15 à 23 de Desperate Housewives
- me suis senti un peu frustré d'être un peu laissé en plan à la fin
- repensé au mot "cliffhanger"
- vu au cinéma Kekexili la patrouille sauvage
- fait le point sur ce qui me restait à faire pour cette deuxième semaine de ouacances
- me suis vaguement inquiété à propos du résultat de mes analyses
- pensé à ceux qui étaient partis en vacances
-
mangé quasiment une tablette de chocolat M*lk*, marron et blanc comme une peau de vache
- trouvé que ma nouvelle cafetière était moche mais attendrissante
- ...

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