samedi 4 mars 2006

micro7

Y a-t-il vraiment une différence entre "je vous trouve très beau" et "je suis amoureux de vous" ?

*

Quand on n'y pense pas, tout va bien.

*

J'étais pas Lacan ça c'est passé.

*

Où il y aurait comme un travail de deuil à faire, alors que personne n'est mort.

*

Presque.

*

Ce soir-là, à ma demande, on avait dansé plusieurs fois sur Ah que la vie est belle.

*

"Je conçois qu'on soit con. Soit."

*

"Fermé pour cause de fermeture"
(Le Chat)

*

La syntaxe :avec personne / sans personne (qu'est-ce que ça change ?)

*

Dieux communs et autres falaises

*

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vendredi 3 mars 2006

pur, hein ?

certif

Voilà le certificat  que j'ai obtenu ce matin...
Allez et faites vous aussi le "test de pureté".
(Honnêtement, hein !)
Et revenez me donner des nouvelles...

Posté par chori à 11:24 - - Commentaires [4] - Permalien [#]

quatre-quarts

Hier journée de prévisionnement
(ça tombait bien, il neigeait tellement le matin qu'on aurait pu se croire au Festival de Vladivostok)

Quatre films :

1) THE WOODSMAN de Nicole Kassell (sortie prévue 15 mars)
2) WASSUP ROCKERS de Larry Clark (sortie le 05 avril)
3) REMBRANDT FECIT 1669 de Jos Stelling (resortie en copie neuve le 29 mars)
4) LE PASSAGER d'Eric Caravaca (sortie le 22 mars)

Quatre phrases pour (tenter de) résumer :

*1)  Un pédophile en liberté conditionnelle a bien du mal à reprendre une vie normale.
*2)  Un groupe de skaters latinos va passer la journée (et foutre gentiment le bordel) à Beverly Hills.
*3)  Une reconstitution de la vie du peintre à Amsterdam, de son arrivée jusqu'à sa mort (en 1669).
*4)  Un homme affronte les problèmes consécutifs au suicide de son frère.

Quatre rapides appréciations personnelles :

*1) Sur un sujet plutôt dérangeant, un film assez pudique et fort, comme en recherche perpétuelle d'équilibre. Très travaillé (montage, bande-son). Interprétation saisissante (et implication personnelle dans le projet) de Kevin Bacon. La réinsertion n'est pas facile, surtout quand on bosse dans une scierie, et qu'on habite juste en face d'une école. Doutes, inquiétudes, rejet, soupçons, violence, expiation... Personne n'est ni tout blanc ni tout noir (sauf peut-être la dame au sandwich.). Poignant et malcommode.

*2) Ca va vite, très très vite, les skates ferraillent, la musique dépote, le montage speede. Vingt-quatre heures de la vie de sept skaters gentiment chiens fous, depuis le réveil (en calbute et les cheveux en pétard) jusqu'au retour, le lendemain matin, la queue entre les jambes, desdits "chiots" (qui ne seront plus que cinq), en passant par une journée "de rêve" (?) dans le quartier huppé de Beverly Hills. Une belle énergie, pour un opus quasi documentaire, où Larry Clark une fois de plus dans son élément, filme des ados pas mainstream (ceci dit le film est beaucoup plus "grand public" que Ken Park, d'ailleurs les djeunz ont participé à l'écriture du scénario...). Un genre de cocktail énergétique et plutôt agréablement relevé...

*3) La reconstitution est stupéfiante de beauté. On passe d'une image réelle à un détail peint sans hiatus. Le travail sur la lumière est extraordinaire, chaque scène (qu'elle soit intime ou publique) est traitée, agencée, reconstituée, comme un tableau du Maître,  la caméra saisit la lumière comme un pinceau, et c'est admirable. Mais l'exercice (virtuose) porte en lui ses  limites : ce film rare (tournée en 1979, mais qui ressort en copie neuve à l'occasion du 400 ème anniversaire de Rembrandt) est aussi un peu longuet (un quart d'heure en moins n'eut pas été gênant, la fin se traîne un peu) et peut-être un peu vieilli aussi.

*4) Pour son passage derrière la caméra, Eric Caravaca se révèle être un réalisateur aussi intéressant qu'il est un acteur convaincant. Il adapte le roman d'Arnaud Cathrine La route de Midland avec une distribution nickel : Julie Depardieu, Vincent Rottiers, Maurice Bénichou, Philippe Garrel, et la trop rare Nathalie Richard. Belles prises de vues très horizontales (front de mer, piscine vide, perpective de route...) et couleurs douces pour une histoire un peu grise (comment faire le deuil d'un frère, comment guérir une blessure de l'adolescence, comment terminer une histoire d'amour...) Superbe.

Quatre affiches :

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jeudi 2 mars 2006

chariot de desserts...

j'aime les agents techniques
j'aime les ambulanciers
j'aime les anonymes
j'aime les artisans
j'aime les balayeurs
j'aime les barbus
j'aime les bergers
j'aime les bidasses
j'aime les bouchers
j'aime les boulangers
j'aime les bûcherons
j'aime les charcutiers
j'aime les chauffeurs-livreurs
j'aime les cheminots
j'aime les conducteurs d'engins
j'aime les coureurs
j'aime les couvreurs
j'aime les cow-boys
j'aime les cuisiniers
j'aime les déménageurs
j'aime les dockers
j'aime les dormeurs
j'aime les éboueurs
j'aime les électriciens
j'aime les étudiants
j'aime les footeux
j'aime les garagistes
j'aime les garçons de café
j'aime les gaziers
j'aime les gladiateurs (juste pour faire plaisir à GB)
j'aime les grutiers
j'aime les haltérophiles
j'aime les hétéros flexibles
j'aime les infirmiers
j'aime les jardiniers
j'aime les joueurs de beach-volley
j'aime les latinos
j'aime les livreurs
j'aime les lutteurs
j'aime les machinos
j'aime les maçons
j'aime les maîtres-nageurs
j'aime les mal rasés
j'aime les manifestants
j'aime les manuels
j'aime les marins
j'aime les marins-pêcheurs
j'aime les mécanos
j'aime les mecs ordinaires
j'aime les menuisiers
j'aime les motards
j'aime les moyen-orientaux
j'aime les musicos
j'aime les nageurs
j'aime les naturistes
j'aime les nounours
j'aime les ouvriers
j'aime les papas
j'aime les passants
j'aime les pâtissiers
j'aime les paysans
j'aime les peintres en bâtiment
j'aime les plaquistes
j'aime les plâtriers
j'aime les plombiers-zingueurs
j'aime les plongeurs
j'aime les poilus
j'aime les pompiers
j'aime les poseurs d'antennes
j'aime les réparateurs
j'aime les représentants
j'aime les roadies
j'aime les routiers
j'aime les rugbymen
j'aime les serveurs
j'aime les techniciens de surface
j'aime les timides
j'aime les uncut

j'aime les voyageurs

je les aime, quoi...

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mercredi 1 mars 2006

fujiyama

Ca y est, la boucle est bouclée... Je pourrais presque écrire "maintenant je peux mourir en paix" (mais ce serait peut-être un poil exagéré) Ce que vous voyez en bas, c'est un regret. Un regret vieux de trente ans. Oui oui, trente ans !

C'était l'été 1976 et je voyageais en Scandinavie with InterRail et des amis. Et dans une librairie de Stockholm, il me semble, au rayon photo, j'ai vu ce petit livre et je l'ai feuilleté. Je connaissais Duane Michals et ses séquences photographique en noir et blanc depuis quelques temps déjà  grâce au magazine Photo, mais c'etait la première fois que je voyais un vrai livre de lui.
J'ai failli l'acheter, mais deux choses m'ont retenu : le prix, d'abord (il devait coûter quelque chose comme soixante francs, somme qu'à l'époque je trouvais un peu extrêmement prohibitive ; ensuite le fait que nous n'étions qu'au début de notre périple, et qu'il était donc un peu bête de commencer déjà à se charger...
"Ce bouquin, me disais-je en quittant toutefois un peu à regret cette librairie, j'aurai toujours la possibilité de l'acheter un peu plus tard..."
Il devait s'avérer par la suite que, non seulement je ne devais plus le revoir durant tout ce voyage (norvège, finlande, danemark, allemagne, autriche...), dans aucune autre librairie, mais que, par la suite, je ne l'ai plus jamais revu, nulle part, de ma vie.

 

Un regret de trente ans...

 

Ce livre j'y pensais souvent au début, puis un peu moins, mais je ne l'ai jamais totalement oublié. De toute façon, philosophe, je pense que dans ma vie chaque fois j'ai dû faire un choix, eh bien j'ai fait le mauvais (on ne se refait pas). Et voici soudain que, grâce aux enchères sur le ouaibe, j'ai la possibilité de concrétiser un rêve d'ado, de combler ce manque... J'ai donc enchéri, et j'ai gââââgné!
Et voilà la chose ! (bizarrement, il est plus grand que dans mon souvenir, ça devrait être le contraire, non ?)
Bon, vous pourrez constater de visu que, comme moi, il porte la marque des ans l'irréparable outrage, mais, bon, trente ans c'est pas rien, non ? (Je voudrais bien vous y voir, vous, en 2036 !)

 

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"Miraculously, in the darkness, he began to see the snow covered peak of Mt Fujiyama." (Duane Michals) Une des images les plus érotiquement émouvantes que je connaisse...peut-être parce que c'était une des premières ???

 

 

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mardi 28 février 2006

vous reprendrez bien un peu d'hiver ?

(Où comment les joyeux frimas et tutti quanti viennent , de façon plutôt inopinée, en quelque sorte au secours de votre narrateur.)

Ce matin il neigeait (comment disait Victor H.? On était vaincu par sa conquête, non ? ) et j'ai donc résolu, pour me rendre aux Bozarts (où je n'avais pas vraiment cours ce matin mais rdv à midi avec Bernard pour manger) de ne pas prendre la voiture (s'il y a une chose que je déteste et qui me terrorise, c'est bien de conduire sur route enneigée ! ) mais le bus : j'ai déjà essayé, c'est idéal, une heure gagnée à l'aller (et donc une autre au retour) où on peut au choix, dormir, rêvasser, lire le journal, bouquiner, discuter avec ses voisins, grignoter, téléphoner, bref tout ce qu'on nous interdit de faire d'habitude en voiture parce qu'on nous dit que c'est mal, et ce sans souci de radar ou autre contrôle fliquesque et énervant.

J'arrive donc à la gare routière avec 10 minutes d'avance, perfect, j'ai même trouvé une place au parking d'à côté pourtant toujours plein (le genre de chose qui vous donne envie de crier yesss! vous savez, vous arrivez, la queue basse, tout les places ont l'air prises, et plutôt deux fois qu'une, avec des voitures garées en merde sur des non-emplacements, vous avez quasiment la langue levée pour ronchonner avec énergie, il y a même une autre, voire deux, bagnoles qui tournent derrière vous, mauvais signe, quand SOUDAIN juste devant, vous apercevez les phares de recul d'une bagnole qui quitte précisément sa place au moment où vous arrivez, et  et donc cqfd la place alleluïa est pour vous)

A la gare, tiens, pas de bus. Renseignement pris auprès de la dame derrière son guichet, il arrivera, mais avec beaucoup de retard, il est coincé à hauteur de V. J'attends un peu, je laisse deux SMS à Bernard, mais assez rapidement excédé par un vieux beau à chapeau "d'aventurier" (et regard concupiscent sur les jeunes filles) qui n'arrête pas de se plaindre à haute voix sur l'incompétence des pouvoirs publics en général et l'imprévoyance des services municipaux de déneigement des villes concernées et que c'est toujours pareil qu'on nous prend pour des cons et qu'on pourrait au moins nous tenir au courant et ragna et ragna et ragnagna. J'ai envie de lui faire avaler ma carte magnétique de bus (et le cache plastique rigide inclus) mais,  au bout d'une demi-heure d'attente (j'en ai profité pour prendre quelques tofs), je préfère m'en aller que de mettre mes projets cartophages à exécution.

Retour donc au parking, où je rends la politesse qui m'a été faite précédemment (au moment où je démarre, une voiture arrive juste derrière et prend ma place (je n'ai pas vérifié, peut-être était-ce moi-même, comme dans The Twilight Zone...) et je rentre à la maison.
Coup de fil de Bernard qui confirme qu'à Besac il neige il neige il neige, je choisis donc de faire l'impasse sur l'ARC de cet aprèm'.
Je travaillerai à la maison.
(Merci l'hiver!)

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lundi 27 février 2006

la confrontation

La fin des vacs, la rentrée, tout ça, c'était du pipeau...
Je l'ai réalisé ce matin. Il y avait une chose, une seule qui me foutait un peu les jetons : Comment est-ce que j'allais réagir en le revoyant ? Et je peux vous dire que même si dehors ça ne se voyait pas trop (je l'ai joué plutôt rions fort et grande gueule plutôt que profil bas) là-dedans je peux vous dire que c'était un peu noué, que je n'en menais pas large.
Je pensais que j'avais le temps de toute façon, qu'en général le lundi matin il y a peu d'étudiants, et qui plus est un matin de rentrée... C'est d'ailleurs pour ça que je suis venu tôt.
Machine à café, premier café avec Pierre, on discute, arrivants et salutation, puis se pointe  Bernard, deuxième café. On a cours à l'auditorium. On croise F. (sa copine) qui me gratifie d'une bise plutôt distante. Aïe. Premier niveau. En arrivant devant l'amphi, je suis pris au dépourvu, les deux classes sont là, et lui aussi par la même occasion. On s'aperçoit, on se serre la main, formules de politesse ad hoc. Normal. Comme avant. Comme si de rien. Rien ne s'était passé, il ne savait rien. Comme si.

Je suis en même temps content que ça se passe comme ça et, on est compliqué tout de même presque un peu... déçu. J'envisageais, comme dans ces émissions médicales en macro et sans concessions que mon coeur n'allait peut-être pas tenir le coup. Oui, c'est ça. J'avais eu trois semaines pour cicatriser, d'accord, après cette opération malheureuse, mais là, p't'être que ça n'allait pas tenir le coup, que les sutures allaient péter violemment, du sang partout, éclaboussures gore, giclures rouges très graphiques et puis couic!
Ben non. Rien de tout ça. J'me suis tenu, mon coeur a tenu aussi.

C'était en apparence exactement comme avant. Sauf que là je m'efforçais de le voir quasiment de la même couleur que les autres, de la même importance (ni plus ni moins bien au contraire) fondu dans la masse, anonyme quoi. Presque. Bref, on a parlé comme avant comme d'habitude, cinéma, appareil photo numérique, informatique... Il est venu s'asseoir à la table où j'étais installé avec Bernard (mais je n'y ai vu aucun signe, rassurez-vous) Et je ne pouvais pas m'empêcher (c'est pas très bon signe) de me sentir comme partagé, dédoublé : j'étais en même temps celui qui parlait (l'apparence) et celui qui le regardait faire (l'intérieur). J'ai du faire un effort mental pour que les deux se superposent, fusionnent. Lui était tout à fait normal. Comme d'hab'.

On jouait le jeu, quoi.

Il y a là quelque chose de faussé, mais ça vient de moi, je le sais.
Comme disait mon copain M., "si de son côté c'est OK, s'il est prêt à continuer à te voir comme avant, c'est à toi de faire en sorte que les choses s'arrangent."
C'est ce que je fais. Mais c'est... pas pareil, quoi! Je sais qu'il sait. et il sait que je sais qu'il sait.
Finalement ça tombe plutôt bien que je parte bientôt...
Dans un mois exactement, j'aurai repris.

Je suis passé ce soir à l'école, et à l'improviste, voilà qu'a (re)surgi le bord des larmes. Merde il ya quelque chose de coincé mais je ne sais pas quoi. Comme qui dirait en travers de la gorge ?
Je suis allé faire le con sur un parking, pour penser à autre chose.

"Je peux très bien me passer de toi..." chantonnais-je, cet après-midi...

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dimanche 26 février 2006

emploi du tant

Oui, oui...
Ca ne sert à rien de se voiler la face, de tourner au tour du pot, de faire comme si, de tourner sept fois sa langue dans sa bouche, de laisser aboyer les chiens pendant que la caravane passe, de cent fois sur le métier remettre son ouvrage, de jouer au plus malin, de donner sa langue au chat, de ne pas remettre au lendemain ce qu'on pourrait faire le jour même, de tendre la joue gauche si on vous a frappé la joue droite, non rien de tout ça ne sert, il faut se rendre à l'évidence : ce soir les vacances sont finies. Si si, comme je vous le dis.
L'heure des contes (enfin, c'est juste un peu trop tard pour les n'enfants mais un peu trop tôt pour les z'adultes) pourrait alors se muer en heure des comptes.
Sordide, du genre :

Rentrée = J-0
Fin des bozarts = J-30
Vacances suivantes = J- 7 semaines
Grandes vacances = J- 4 mois et demi

Arrêtons là de compter. Qui est-ce donc qui parlait, il ya quelques temps, de la nécessité de vivre l'instant présent ? Quelle connerie, mais quelle connerie (on n'est pas sérieux quand on a -presque- cinquante ans) c'est dans ma nature, je ne peux pas m'empêcher de compter, de rayer, de dénombrer de biffer... Encore tant, il ne reste plus que... Epicier du quotidien, magasinier des choses communes, toujours le crayon sur l'oreille, prompt à dégaîner, prêt à faire l'addition.

Le temps, le temps, basta...

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zygomatiques

1

(petite expérience rigolote : enregistré ce mix en deux versions : celle-ci (dans l'ordre alphabétique des morceaux), et la version à l'envers, avec morceaux enchaînés dans l'autre sens. C'est la version à l'envers que je préfère...)

AH QUE LA VIE EST BELLE (Brigitte Fontaine)

BIPEDE A STATION VERTICALE (H.F Thiéfaine)

BLANCHE-NEIGE (Brigitte Fontaine)

C'EST COMME CA (Rita Mitsouko)

COMMENT TE DIRE ADIEU (Françoise Hardy)

DESTROY ROCK & ROLL (Mylo)

DIXIT DOMINUS (G.F. Haendel)

DON'T FORGET THE NITE (Rita Mitsouko)

GOOD MORNING (The Dandy Warhols)

HELLO AGAIN (The Cars)

HMM HMM HMM (Serge Gainsbourg)

I LOVE YOU SO (Les Thugs)

JESUS BUILT MY HOTROD (Ministry)

L'ARRIVEE DU TOUR remix (Alain Bashung)

LA GRANDE ZOA (Régine)

TOMBE POUR LA FRANCE (version maximum) (Etienne Daho)

TV GLOTZER (Nina Hagen)

parce qu'on ne peut pas se traîner comme ça ad vitam aeternam entre guimauve et limace, entre invertébré et décérébré, et que c'est bon, de temps en temps, de sauter dans tous les sens comme un moustique sur une plaque chauffante, avec les cheveux tout droits sur la tête... (mais bon je tiens plus très longtemps, à mon âge, à sauter comme ça!)

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Et faire d'une pierre deux coups en associant à ce mix ( dont j'ai déjà ajourné la publication plusieurs fois déjà...) les quelques lignes que j'ai eu envie d'écrire hier soir (mais il était trop tard, ou bien j'étais trop naze...) enfin j'avais juste écrit le titre en gros sur un post-it pour ne pas l'oublier et c'était "RIGOLER" Oui je rentrais d'une soirée où on a fêté les 50 ans d'une copine, et il se trouve que, pendant le repas (et surtout vers la fin, l'augmentation du taux d'alcoolémie aidant ? ), on a effectivement beaucoup ri. Le genre de délire bénin et joyeux qui monte progressivement, où chacun apporte son grain de sel, fait grimper d'un cran l'absurde, le dérisoire, le n'importe-quoi, et où on finit, à un certain moment, à avoir mal aux joues à force de fou-rirer. Oui, on a beaucoup ri, et qu'est-ce que ça fait du bien, c'est ce que je me disais en rentrant, et je réalisais, que, ces dernières semaines justement, je n'avais pas souvent eu l'occasion (où je ne me l'étais pas donnée souvent !), l'occasion disais-je justement de RIRE un bon coup. De rire aux larmes. Simplement. Et que ça m'avait manqué, que j'en avais besoin. Et du coup je suis parti me coucher avec le sourire,  en me promettant que, pendant les semaines à venir, il faudrait justement que j'en aie le plus possible, de ces occasions de rire.

Car c'est là que les autres sont importants. Incontournables, indispensables. (C'est quand même rare de se mettre à rire tout seul, comme ça, dans le noir....) Oui, rire est un acte profondément social, collectif. Et qui dit collectif dit avec les autres, y a pas à tortiller...

Alors, rions. (Partageons !)

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samedi 25 février 2006

tirez pas sur l'ambulance

LA MORT DE DANTE LAZARESCU
de Cristi Puiu

Dante Remus Lazarescu a soixante-trois ans. Il vit seul à Bucarest, avec ses trois chats. Sa femme est morte il ya dix ans, sa fille a émigré au Canada, sa soeur habite loin...
Au début du film, il est dans sa cuisine, et téléphone aux urgences, se plaignant de maux de tête de de ventre. A la fin du film, il est allongé sous un drap, immobile, nu et chauve, au terme d'une toilette qu'on pourrait qualifier de mortuaire. Car il est mort, ou il va mourir. Entre ces deux scènes, une déambulation nocturne en ambulance d'hôpital en hôpital, où l'on verra progressivement vaciller, clignoter, péricliter,  puis finalement s'éteindre en charbonnant la petite lumière de Monsieur Lazarescu. Fondu au noir. Deux heures trente-quatre (ne craignez rien, on ne les voit pas passer) enchâssées entre deux génériques minimalistes blanc sur noir sur fond de chansons folkloriques, assez joyeuses, d'ailleurs.

Au début, ça fait un peu peur, la caméra à l'épaule tangue un chouïa, le cadrage flotte un poil, on a presque mal au coeur, mais c'est peut-être un truc de Cristi Puiu (le réalisateur) pour nous mettre tout de suite dans le bain, nous déstabiliser. Les premières scènes, dans l'appartement de Dante, sont quasiment pénibles, on se dit qu'on ne va jamais pouvoir tenir comme ça jusqu'à la fin, mais bizarrement, très vite ce sentiment s'estompe, (sans que je puisse préciser si c'est parce qu'on s'habitue ou bien parce que soudain la caméra s'apaise et se pose) puis disparaît totalement,tant tout ce qui va suivre va vous empoigner et ne plus vous lâcher, ne plus vous  laisser ne serait-ce qu'un instant de répit (dont vous auriez pu évidemment profiter pour vous auto-apitoyer...)

Il ne s'appelle pas Dante par hasard, le bonhomme, et ses pérégrinations nocturnes et ambulancières n'ont-elles pas un peu quelque chose à voir avec les sept portes (ou les neuf cercles) de l'enfer ? (me revient à ce propos, de brancards et de couloirs d'hôpital, une scène terrifiante de l'Echelle de Jacob...) A chaque étape, semble-t-il, on s'enfonce un peu plus dans le malaise, on se rapproche un peu plus de la mort... Mais, heureusement, (pour filer la métaphore religieuse), Dante n'est pas seul, il a été confié aux bons soins de son ange gardien, une ambulancière humaine trop humaine, un peu ronchon et un peu souriante, un peu attentionnée et un peu énergique, avec des soucis comme vous et moi, quoi, et qui va, bon gré mal gré, prendre tout le soin qu'elle peut de lui au cours de cette longue et ultime nuit.

Elle est, à ce propos, exactement traitée comme tous les autres acteurs du film : humainement. Cristi Puiu n'exagère ni dans un sens ni dans l'autre : nobody's perfect, c'est comme ça. Les voisins de palier chez qui Dante va sonner au début l'aident de bon coeur - c'est humain- mais ne peuvent s'empêcher de bavasser sur son penchant pour la boisson, sur la saleté de son appartement, sur les chats qui puent... ils l'assistent, certes, mais n'iraient tout de même pas jusqu'à l'accompagner dans l'ambulance, comme le leur demande l'ambulancière, pour faciliter l'admission à l'hôpital. Ils ont leurs raisons. Bonnes, mauvaises, peu importe, mais le réalisateur les respecte.

Idem pour le personnel médical auquel on aura affaire tout au long de cette nuit, avec, justement les signes de fatigue de plus en plus accusés, le stress dû au manque de places pour les malades, et de médecins et d'équipements pour les soins.Tout ça est d'une vérité criante, d'une justesse quasi-gênante (plus d'une fois, et de plus en plus profondément dans le film, d'ailleurs, on glisse de la fiction vers le reportage, comme on passerait insensiblement d'une ambulance à un lit d'hôpital...)

(D'ailleurs, en parlant de réalisme, il faut saluer ici la performance de l'ensemble de la distribution. On dirait tous vraiment des vrais, qu'ils soient voisins, ambulanciers, patients ou personnel médical, tellement ça joue juste. J'aurais accordé un prix d'interprétation collectif, avec en plus une mention spéciale pour Ion Fiscuteanu, qui joue -je devrais dire qui est- Dante, et Luminita Gheorghiu, l'ambulancière...)

Il paraît qu'un critique des Cahiers a mis en parallèle ce film avec The Descent (film d'épouvante ultra-efficace sorti il y a quelques mois) et quand on y réfléchit, ce n'est pas faux du tout. Ce Dante Lazarescu, qu'on a eu le temps de prendre en sympathie dans la première partie du film (avant la virée en ambulance), et un peu en pitié aussi d'ailleurs, on va assister, impuissant à ce calvaire qu'il va vivre de façon répétitive et systématique (la tension, la piqûre de glucose, comment vous appelez-vous, suivez mon stylo...) en descendant à chaque fois d'un cran dans la conscience, au fur et à mesure que les analyses, les palpations, les diagnostics des médecins s'accumulent, se répondent, se contredisent parfois. Dante descend. Inexorablement. Ses fonctions vitales se ralentissent, le "Lazarescu Dante Remus" qu'il prononçait crânement au début du film quand on lui demandait de décliner son identité ne devient plus in fine qu'un borborygme inaudible et incompréhensible. Il y a pour le spectateur quelque chose d'inconfortable (et pourtant paradoxalement de sécurisant ? oui, comme si on s'habituait...) à le voir ainsi décliner et mourir lentement, comme ça sous nos yeux. Et ce n'est pas une créature de l'au-delà qui en est responsable. La maladie, la vieillesse, la solitude, la bibine... La faute à personne. C'est juste la fin de la vie, oui, c'est comme ça...

La lumière initiale de l'appartement était chaude, orangée, domestique, rassurante. Celle de la salle finale est verdâtre, clinique, désincarnée, lugubre. La sécheresse de l'ultime plan nous surprend presque, comme si le réalisateur détournait subitement les yeux, reniflait un coup, avant de se ressaisir et d'envoyer la (guillerette) musique de fin. Sans pathos ni mélo.

Un film indispensable, un film salutaire. Un film important.
Allez-y...

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(Je mets l'affiche en grand, pour une fois, parce qu'en plus je l'aime beaucoup!)

Posté par chori à 17:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]