dimanche 23 avril 2006

indécis

Il ne savait pas ce qu'il voulait, non, visiblement il ne savait pas.
Si je me suis arrêté nocturnement sur ce parking-là c'est précisément parce que ce gros camion y était arrêté, toutes veilleuses allumées, et que ça faisait l'effet d'un sapin de noël dans une vitrine, ou, mieux, d'une enseigne au néon proclamant en lettre fluo "je suis là, arrêtez-vous, venez !"
Bien entendu, je n'étais pas le seul. Il y avait un autre bahut (un español qui regardait la télévision) et plusieurs autres voitures, dont les conducteurs avaient sans doute eu le même réflexe que moi, on était comme des moustiques attirés par une lampe un peu forte dans la nuit estivale... Bzzz on aurait presque pu entendre le bourdonnement, si ce n'est que ces activités nocturnes sont, par définition,  silencieuses.
Quand j'ai coupé le moteur, le chauffeur descendait de son camion, il a marché vers l'arrière, en a fait le tour, s'est approché d'un mec, s'en est éloigné, puis d'un autre, idem, et finalement est remonté dans sa cabine, dont il a éteint la veilleuse, qu'il a ensuite rallumée. Puis coupé ses phares, qu'il a rallumés brièvement comme pour voir ce qui se trouvait dans son champ visuel, et qu'il a ensuite coupés à nouveau. A plusieurs reprises.
Il a continué ce petit jeu pendant un certain temps, allant même jusqu'à  redémarrer le bahut, faire gronder le moteur, pour finir par couper le contact, les phares. Allumer, éteindre. Ouvrir, fermer, descendre remonter...
Un hyperactif en panne de ritaline ?
J'ai commencé à discuter avec un mec (que je connaissais de vue) qui était là depuis un moment, et qui m'a confirmé que le routier en question faisait la même chose depuis une bonne heure, que quand les mecs lui parlaient il ne leur répondait pas, que décidément il ne savait pas ce qu'il voulait...
Je suis donc allé faire un petit tour un peu plus loin, et quand je suis revenu, les veilleuses étaient éteintes, les rideaux tirés, mais la lumière allumée dans la cabine. J'ai donc conclu qu'il avait fini par "faire affaire" , mais non, le mec avec qui j'avais parlé précédemment m'a confirmé que non. Qu'il était encore descendu une fois, avait fait le tour habituel. D'ailleurs, à ce moment, les veilleuses se sont rallumées, et le camion a avancé de quelques mètres, en rue libre, de façon un peu menaçante pour la voiture qui était garée devant (celle du mec avec qui je discutais) que j'ai cru qu'il allait emboutir, mais il s'est arrêté juste avant...
Le temps que le mec aille déplacer sa voiture pour la mettre en sécurité, toute activité visible s'est interrompue, en ce qui concerne le camion. Rideaux tirés, veilleuse éteinte, moteur coupé, il ressemblait à n'importe quel camion la nuit. Dodo ?
Je me suis imaginé en souriant le chauffeur, endormi comme un gros bébé. Enfin calme. Peut-être ce qu'il cherchait dehors si frénétiquement, il l'avait peut-être enfin trouvé, dedans. En rêve.

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paradoxe (alimentaire)

Sachant

a) que la faim est une sensation qui vient progressivement
b) que, à partir du moment où on commence à manger, la sensation de satiété n'apparaîtra qu'au bout de 20 minutes,
il est donc tout à fait plausible d'imaginer que, alors que juste avant de manger vous aviez la sensation d'avoir un tout petit peu faim (voire pas de sensation d'avoir faim du tout), si vous avez un peu trop attendu, au moment où vous commencez à manger (et donc pendant un certain temps, où vous vous nourrissez) vous ayez pourtant la sensation d'avoir faim, voire de plus en plus faim, non ?

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Euh... je ne suis pas sûr de m'être montré très clair sur ce coup...

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samedi 22 avril 2006

mollet parfait

Nan nan ça n'est pas du tout ce que vous pensez.
Il sera ici question de cuisson.(mais c'est quelque peu métaphorique)

Supposons, vous avez décidé de vous faire cuire un oeuf.
Deux options, grosso modo, s'offrent à vous :

a) Vous avez d'abord, au préalable été vérifier sur les forums ad hoc, grace à gougueul, le temps de cuisson idéal pour votre oeuf et le modus operandi préconisé en 2006 (vous êtes à la pointe de l'actualité). Vous avez ensuite ouvert chacun de vos livres de cuisine, de "La cuisine extramégachiadée des Grands chefs image par image" (editions Trois Grassouillets) à "Je suis nullasse grave en cooking mais il faut bien que je graille" (editions Destroy Branchouille) en pensant par les indispensables "La grande cuisine bourgeoise les doigts dans le nez" (éditions du M*D*F et de l'*MP réunis) ou autres " Au fourneau" (éditions Sol Mineur). Vous en avez lu avec soin toutes les pages consacrées à la cuisson de votre oeuf, vous les avez synthétisées, en avez tiré des moyennes, tracé des graphiques, éliminé les incertitudes, vous êtes mentalement prêt. Vous vous munissez de votre plus belle  casserole, d'eau de source extra pure (ou encore mieux , d'eau de fonte de glacier ultramillénaire et giga bien préservé) , de vinaigre de vin extra-vieux de chez vieux, de gros sel (rose de l'himalaya, sinon rien), et de votre oeuf enfin, extra-frais ramassé de jour aux pieds d'une poule vierge une nuit de pleine lune. Vous avez calculé l'angle d'attaque de l'allumette par rapport au gaz, mesuré la profondeur idéale d'eau pour l'immersion après avoir calculé la masse volumique de votre oeuf au millième de milligramme près, vous avez chronométré précisément pour déterminer l'instant auquel vous pourrez approcher de la surface frémissante (jamais bouillante) la cuillère en argent dans laquelle vous avez posé ledit oeuf, vérifié la durée et l'angle de rotation du mouvement  du poignet qui fera basculer avec la plus infinie des douceurs l'oeuf dans le liquide presqu'en ébullition, pendant que de l'autre main vous retournez le sablier (et qu'avec le petit doigt resté libre vous enclenchez le chronomètre suisse de haute précision) de façon à ce que le passage dans l'eau coïncide exactement avec le début du calcul du temps de cuisson. Tout en prenant garde que l'oeuf ne heurte les parois de la casserole (que vous avez pourtant, au préalable, molletonnées), vous préparez stratégiquement une écumoire (au diamètre et à la profondeur calculés par rapport à la masse de votre (bientôt cuit) oeuf favori, pour pouvoir l'ôter du liquide juste à l'instant ou le dernier grain de sable choit dans le sablier (ce qui devrait coïncider avec l'écriture en chiffres digitaux, sur votre chronomètre, de la durée exacte que vous aviez prévue. Vous transvasez ensuite votre précieux ovoïde en un récipient en terre réfractaire rempli d'eau (du même type que celle plus haut) à la température exacte que vous avez déterminée par les calculs cf plus haut pour une durée idem. Vous y voilà, vous n'avez rien laissé au hasard, rien n'a pu vous échapper, vous vous sentez quasiment le Maître du Monde (des oeufs, tout du moins...). L'oeuf est cuit.

b) Une casserole, du gaz, de la flotte, un oeuf, hop en voiture simone, pendant que ça chauffe vous faites autre chose. Revenez, coupez le gaz. C'est bonnard. L'oeuf est cuit.

A votre avis, hein, dans quel cas l'oeuf sera exactement comme vous le souhaitiez, hein ?

Ben, dans la vie, c'est pareil (enfin, en ce qui me concerne) : plus on planifie, plus on se fie à l'expérience, plus on respecte les règles, plus on suit les codes, plus on croit avoir tout prévu, plus on pense que ça va marcher, que ce sera tout pareil exactement comme sur la photo, plus on se blinde de certitudes et d'espoir, plus on fait le malin, plus on attend, plus on espère et moins ça marche...
Les choses n'arrivent quasiment jamais quand/comme on le voudrait...
(et vice et versa ? ah ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, hein ?)

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("réflexions" plus ou moins inspirées par la cuisson, hier soir d'un oeuf, suivant le processus b, pendant que je préparais une salade ; oeuf qui s'est avéré être le plus parfait des oeufs mollets que j'ai cuits de ma vie, alors que  bon je n'avais vraiment rien fait pour...)

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prenez soin de vous!

Moitié par solidarité avec deloin, moitié parce que vraiment il le fallait, je me suis enfin décidé ce matin à aller voir mon toubib pour lui raconter mes petits soucis (de fatigue, entre autres, et de ganglion, notamment, que j'avais laissé(s) un peu de côté depuis quelques temps -la politique de l'autruche ? -).
Je me souviens que face à son air très attentif, j'ai conclu par "je me délabre..."
Quand il a pris son air sérieux en disant "fatigue + ganglion je n'aime pas ça du tout...", me suis dit que j'aurais peut-être dû venir plus tôt. Je me suis déshabillé pour l'auscultation, la tension, etc... et juste après, pendant que je me rhabillais, il m'a dit "je vais m'occuper de vous..." en me rédigeant une ordonnance d'analyses à effectuer, une liste presque aussi longue que l'intégrale des manuscrits de la Mer Morte.
Suis passé au labo (j'ai pas l'habitude) avec ma liste de machins et de trucs à mesurer et/ou à rechercher, mais comme je n'étais plus à jeun, l'exquise demoiselle m'a prié de repasser demain matin, dès l'heure où blanchit la campagne si je voulais (c'est pratique, j'habite juste en face...).
Merci madmoizelle, au revoir madmoizelle
Donc me voilà pris d'une légère inquiétude, pas quant à la prise de sang, pour laquelle je n'ai aucune appréhension, mais plutôt quant aux résultats desdites analyses...
Suite au prochain épisode, en début de semaine prochaine!

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vendredi 21 avril 2006

bucolique (néphrétique ?)

Oui oui on dirait bien que "ça" y est. Il y a dehors une qualité de lumière (regardez-moi un peu ce ciel indiciblement bleu, avec juste un peu de nuages blancs bonnasses moutonnant comme on aime) qu'on avait oublié que ça pouvait encore exister, depuis quelques semaines (mois ? siècles ?) tant on s'était habitué à avoir cette saleté de ciel aussi bas qu'on avait le front, tant on avait peut-être fini par se résigner, par se dire que ça durerait toujours le gris le gris le gris oh oui qu'on continuerait indéfiniment avec nos pardessus en poils de muraille et nos bonnets en peau de malheur.
Les jours passaient, indistincts, comme dans un dessin de Francis Masse (pour les ancêtres chenus qui, comme moi, s'en souviennent), on couraillait comme des taupes, on s'était habitué à cet hiver de galeries souterraines de vapeurs humides de bouillasse qui colle aux semellles...

Et là, ô merveille, tout à changé. Oh ça n'est pas tombé du ciel, comme ça, ex abrupto, non non, ça s'est comme installé en coulisses d'abord, pour ménager ses effets. On guettait les branches, mais c'était dans l'herbe que ça se passait. Paquerettes, pissenlits, St georges, coucous, primevères, c'est les gosses qui s'en sont aperçus les premiers, normal, question d'altitude.

Puis ça à commencé à ramer  (le verbe ramer ici se rapporte au substantif "ramage", et non pas à l'activité sportive qu'on pourrait aussi dénommer aviron) dans les branchages , les haies, les buissons, bref tout ce qui est muni d'un tronc et va très prochainement se doter de feuilles. Certes, les premiers ramages furent timides : des initiatives isolées, de loin en loin, ici ou là, timides, puis il y a eu comme une contamination : ils étaient revenus, les passereaux, et ça sautillait, et ça pépiait, et ça voletait... et le voilà revenu le bonheur (pour l'instant, pour l'instant) d'être réveillé (à une heure encore raisonnable, vous verrez ça rigolera moins à 5h du mat' en juillet...) par un oiseau qui s'égosille dans l'érable qui est juste devant la fenêtre de la chambre. Siffle, siffle beau merle (malgré que ça n'en soit pas un du tout!)

La pluie, la neige fondue, les giboulasses, les cumulo-nimbi, les gelées blanches, les nuits frisquettes ont été plus difficiles à déloger... Mais bon, ils savaient que leurs jours étaient comptés, que ça ne durerait pas toute la vie, ils se préparaient psychologiquement depuis quelques temps, mais sans en avoir l'air, ils continuaient de prendre leurs aises, de faire suer tout le monde, jusqu'à ce que on leur signifie soudain leur congé sans préavis, et avec exécution immédiate ; en ronchonnant, bon an mal an, ils ont rassemblé leurs sales affaires, refait leur baluchon, et se sont mis en route, en traînant un peu des pieds, sacrée équipe de bras cassés et de joyeux drilles!  Ils n'ont pas oublié, tout de même de ricaner "à très bientôt, hein ?"

Le soleil avait commencé à faire de timides apparitions, emprunté, maladroit, avec la gaucherie inhérente aux poulains qui se mettent sur leurs quatre pattes pour la première fois, mais, bon, pas besoin de lui dire deux fois, il a pigé le truc, et il semblerait bien qu'il ait débarqué avec armes et bagages, bien décidé à prendre ses quartiers d'été. (Je sais, je sais, j'anticipe, mais si peu...)

Et là, ce matin, en passant devant la fenêtre de la cuisine, ping, un coup de soleil dans l'oeil! Et par terre une grande trainée de lumière que, bon d'accord on voit la poussière dedans mais c'est pas important, hein (ce qui me fait penser que, dans pas si longtemps, faudra penser à fermer les contrevents dès le matin pour conserver la fraîcheur... mon appart est comme ça : froid en hiver et chaud en été!) ça veut juste dire que la matinée va être bonne, et ensoleillée, et claire, et douce, bref, ça vous met de bonne humeur dès potron-minet (je vous l'avais bien dit que j'étais photosensible !)

Et cet aprèm, quand je suis allé en ville, le doute n'était définitivement plus permis : j'ai vu des manches retroussées, des tee-shirts réjouis, des mollets pâles à l'air, des vitres de voitures baissées, des demis en terrasse, des lunettes de soleil...
Youpee!  les beaux jours sont en route!!!

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jeudi 20 avril 2006

micro8

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(Trop de printemps tue le printemps)

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L'amour ne serait-il  qu'une construction mentale ?

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Mondrian a peint des fleurs en cachette pendant toute sa vie.

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La taupe est hémophile.

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Je range mon téléphone dans ma poche supérieure gauche car j'aime la sensation du vibreur sur mon coeur.

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Il est gros le blaireau écrasé au milieu de la route.

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Comme beaucoup d'hommes je prends un plaisir certain à pisser dans le lavabo.

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Les rêves, ça pourrait être le 49.3 de l'inconscient.

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Le signe amical d'une cabine de camion allumée dans la nuit printanière.

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Je scanne en noir et blanc des photos de Libé.

*

Le forsythia chante à tue-tête sur fond de ciel très bleu.

*

J'ai beaucoup plus de copines que de copains.

*

L'amour est plutôt un bouquet de St-Georges je trouve.

*

Il m'a paru tout de suite évident que le sonar serait ma sonnerie.

*

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mercredi 19 avril 2006

vaccin

Comme une piqûre de rappel
(c'est bien de mémoire dont je veux parler)

j'ai regardé les photos prises par Bernard
lors de l'accrochage de fin de semestre,
puis lors de la manif...

oui, une piqûre
(ça fait un peu mal, sur le coup,
mais c'est pas si insupportable)
la mémoire, intacte
l'émotion aussi
le désir probablement
(embusqué tout au fond,
dans un recoin du cerveau)

chuis pas guéri
(mais j'ai pas envie de l'être)

vraiment ?

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fréquentation(s)

Bizarre bizarre...
Voilà que les statistiques de mon blog, d'habitudes plutôt étales comme la Mer du Nord un jour de reflux (en gros, j'ai un petit nombre de visiteurs habituels, environ une vingtaine, et quotidiennement une centaine de pages visitées, peu ou prou... ça me suffit, mais bon) se sont mises depuis quelques jours à croître et se multiplier, jusqu'à atteindre hier le pic insensé (certains d'entre vous vont peut-être rigoler, mais pour ce blog, c'est du jamais-vu !) de 357 pages vues. Et, détail encore plus intriguant, l'origine géographique de mon lectorat (jusque là essentiellement français) s'est mise aussi à se diversifier (d'hab j'ai toujours un lecteur coréen ou  guatémaltèque ou sleiswig-holsteinais qui passe là par accident et de façon isolée...) : des états-z'unis, certes, je peux comprendre, j'en connais quelques-uns, mais pourquoi un tel déferlement venu d'allemagne, puis d'italie (un italien, hier, a passé un certain temps a regarder plus de 60 pages !)

Quel attrait soudain peut donc présenter mon blogchounet pour ces blonds teutons ou ces velus ritals ? (oui oui, je sais, je schématise...) J'ai donc résolu de mener mon enquête. Les nouveaux éléments fournis par les nouvelles statistiques (merci canalblog!) m'ont permis d'en savoir un peu plus, notamment sur la provenance, (en quoi faisant ces gens sont arrivés-là) ainsi que la page d'arrivée...
Et j'ai commencé un peu à m'interroger : ils sont arrivés suite à une requête d'image de google, requête qui m'étonnait car je ne voyais pas trop en quoi elle pouvait me concerner, le mot "d.u.s.c.h.e.n", et c'était toujours la même image qui revenait, une image que je trouvais sympathique, certes, et qui me rappelait vaguement quelque chose : deux sportifs sains et souriants sous la douche, le kiki à l'air. Mais photo qui ne figurait pas dans la page où tous ces visiteurs concupiscents étaient immanquablement renvoyés : .
Bon il y avait effectiveemnt quelques photos -plutôt pudiques d'ailleurs- de spécimens mâles au bain, mais pas la photo incriminée... Je suis allé fouiller un peu plus profond, dans les archives souterraines où sont conservés tous les textes et les images, et là, ô surprise, elle était là!
Le blog garde visiblement en mémoire toutes les photos, même celles  que j'ai seulement envisagé d'y mettre... J'avais dû y penser un moment, et j'ai du la retirer ensuite, pensant que c'était p't'être un peu too much pour mon pudique et familial (n'est-ce pas, anne ? ) lectorat. Ca m'a agacé un peu de penser que n'importe quel quidami pouvait ainsi avoir accès aux sous-sols divers de mon blog, et hop j'ai donc supprimé la photo desdites archives. Peine perdue, puisqu'hier, même sans la photo, les visiteurs ont été encore plus nombreux...

(...)

Alors, tiens, finalement, la voilà, l'image en question, pour tout le monde, et (j'espère) on n'en parle plus!

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mardi 18 avril 2006

you know what ? I'm happy !

parce que c'est le premier vrai jour de vacances (les week-end et jours fériés ne comptant pas comme tels)
parce qu'il fait doux
parce qu'il ne pleut pas
pace que je vais en profiter pour aller essayer mon nouvel appareil-photo avec son groooos zoom (x12)
parce que j'ai terminé dans son intégralité le premier volet de l'opération rangement que j'avais planifié(e)
parce qu'au courrier j'avais deux libé (dont celui du lundi de Pâques que je ne peux jamais acheter parce qu'ici tout est fermé
parce qu'hier, je ne sais pas pourquoi, mais j'ai crevé le plafond des visites (alors que j'avais deux fois moins de visiteurs connus!)
parce que j'ai gagné deux fois de suite au reversi contre un "expert espagnol" ce matin
parce que j'ai un bon d'achat de 100€ à dépenser dans mon Super U préféré
parce que...

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à la colle

ENFERMES DEHORS
d'Albert Dupontel
(Vu il ya quelques jours déjà, mais il fallait que je vous en parle, même si un peu plus tard.)

Ce mec-là, ce qu'il fait, il faut oser. Total respect. De Bernie me reste le bruit d'une pelle qu'on aiguise, à travers la vitre ouverte d'une bagnole, contre la glissière qui borde l'autoroute. Là, tout pareil. Il y a là-dedans une authentique folie furieuse, un truc allumé de chez allumé, que vient tempérer, adoucir (tiédir ?) une toute aussi authentique... tendresse ? candeur ? gentillesse ?
Oui, Dupontel, c'est comme ça, un genre de grand écart sur pattes.

Dès le générique, on est prévenu : ça va secouer, et méchamment! (c'est quoi déjà ce groupe, avec des grosses grosses guitares énervées ? ah oui : Les Hyènes (des transfuges de chez Noir Désir, si j'ai bien compris...). Le scope est à donf, les titres n'arrivent pas à rester en place, tressautent se tortillent et se scratchent autant que le zigoto qu'on voit dzoïng dzoïng s'éclater joyeusement en arrière plan, comme une pub pour la nouvelle Danse de St Guy (encore mieux que la Lambada ou la je-ne-sais-quoi-en-a de l'été prochain : il vous suffit d'un sac en plastique rose, d'un tube de colle (à rustines je suppose) et d'un matelas (défoncé autant que vous, bien entendu), et vous voilà fin prêt pour tous les rebondissements possibles.)

Dupontel a écrit et filmé cette histoire d'un SDF (joué par lui-même) qui trouve un uniforme de flic (le flic en question s'étant doublement suicidé sous ses yeux, par noyade et pendaison... ça rappelle les Idées Noires de Franquin !), qui tente d'abord de le restituer à la maréchaussée, et qui, après s'être fait jeter comme un malpropre (ce qu'il est d'ailleurs, stricto sensu) va décider de l'utiliser, modernisant le vieil adage "L'unif fait le keuf", d'abord pour aller bouffer à la cantine de la police, puis pour s'identifier grave à son personnage de chevalier-là-pour faire-respecter-la-loi-et-défendre-la-veuve-et-l'orpheline, c'est à dire tout faire pour tenter de récupérer -par n'importe quel moyen- le bébé de la femme dont il est tombé -au premier regard- raide amoureux...

S'ensuit un joyeux bordel, avec des SDF à la pelle (Dupontel est allé recruter la crème des Deschiens, Yolande, Bruno L., Philippe D.), une ex-hardeuse, un épicier malhonnête, un financier véreux, un grand-père gâteau, une grand-mère qui fait involontairement de la varappe, un grand patron quasi-légume intubé de partout sur son lit d'hôpital, (et j'en passe), tout ça dans le décor d'un squat aux graphs hallucinants, entre deux sniffs de colle, où vous risquez de subir des hallucinations matérialisées (ah, les gens qui sortent des affiches...) ... Bref, ça dépote ! (pour les spécialistes, vous aurez même droit à un caméo de Terry Gilliam himself!) A l'instar de la musique du film, entre rock hargneux et fanfares flonflonesques, on passe sans cesse du pur délire cartoonesque (je ne vous raconte pas les chutes diverses, les poteaux qu'on se prend dans  la tronche, les coups de moëllons et autres accessoires... Dupontel assurant lui-même toutes ses cascades...) à un filmage plus "normal", plus calme, plus humain (au risque de sembler, du coup, plus banal et plus mièvre). Au moins, on peut en profiter pour souffler un peu!

Comment on disait dans les livres de lecture ? "...sous son aspect bourru cache un coeur d'or". C'est vraiment ça, Enfermés dehors. Sans donner de leçons (chacun y prendra ce qu'il pourra/voudra), sans jouer les moralistes ni les vierges effarouchées, il réussit à nous montrer ce qu'on n'a pas forcément envie de (sa)voir, à nous toucher en parlant, plus ou moins mine de rien, des exclus, du libéralisme, des holdings, du pouvoir du fric, du respect de l'autre, de la survie individuelle... et de l'amour aussi ! (même avec les dents pourries, on y a droit!) Oui, on rit fort, mais on serait à deux doigts de pouvoir pleurer autant... Si je devais résumer sa démarche en un mot, je dirais générosité.

C'est vrai que tout cette ménagerie risque de faire un peu tâche au milieu de nos comédies franchouilles formatées-prédigérées, à l'image de l'arrivée du même Dupontel, crade, échevelé, au milieu des beaux gens offusqués narines pincées et moues méprisantes, qui s'écartent et établissent autour de lui le cordon sanitaire de l'indifférence (c'est peut-être pour ça, d'ailleurs, qu'il a eu tant de mal à trouver des sous pour monter ce projet dont personne en voulait...)
J'espère que le film va marcher du feu de dieu, pour que Monsieur Albert Dupontel puisse pour son prochain film disposer d'un budget plus conséquent (quoique... on ne peut pas dire que le manque de moyens soit ici véritablement flagrant...)

Tout compte fait, ne change rien, Albert, c'est comme ça qu'on t'aime!

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Posté par chori à 08:25 - - Commentaires [3] - Permalien [#]