mercredi 18 juillet 2018

c'est pour ça

082
085

AU POSTE!
de Quentin Dupieux

Vu à la séance de 22h30, au bôô cinéma, pour profiter une dernière fois des tarifs de la Fête du Cinoche. On était peu dans la salle, et, c'est vrai, la journée avait été longue et riche, et j'ai un peu dormi.
J'aime bien Dupieux, j'aime bien Poelvoorde, et j'aime bien l'idée de départ du film : un mec est interrogé par un flic, tout au long d'une longue nuit... Un peu, donc, comme dans l'inoxydable Garde à vue, de Claude Miller, avec Lino Ventura, Michel Serrault et Guy Marchand (et Romy Schneider! poelvoorde serait Lino, Ludig serait Serrault, et Marc Fraize Guy Marchand. Et Demoustier remplacerait Romy). mais bon un Garde à vue sous acide et/ou psychotropes divers.
Sauf que l'affiche, quand on la voit, provoque une drôle de sensation de déjà-vu, comme si on la connaissait déjà, comme si on l'avait toujours vue, qu'elle faisait partie de notre inconscient collectif... Et j'ai fini par retrouver : Benoît Poelvoorde prend la place (et la pose) de Bebel sur  l'affiche de Peur sur la ville, d'Henri Verneuil. Sauf que l'ambiance du commissariat de Dupieu est singulièrement planplan, on pourrait dire 90% de mots pour 10% de gestes. Un homme qui a appelé la police pour prévenir qu'il avait trouvé un cadavre en bas de son immeuble est auditionné en garde à vue par un flic plutôt bonne pâte, même si plutôt procédurier et tatillon. Qui lui fait re-raconter les faits qui l'ont fait appeler les secours, et leur enchaînement, et les causes de, etc.  Ca cause ça cause, et pour le reste, c'est un peu bof il me semble (pour ce que j'en ai vu)

(un blanc)

Allez, on s'y remet. J'y suis retourné mardi avec Marie, (et le ticket ciné orangemuche). Et là bonheur  je n'ai pas dormi. Et j'ai révisé mon jugement, parce je me suis aperçu qu'il m'en manquait quand même un sacré bout (tous les flashes-back ou presque, en fait) pour pouvoir me faire une opinion équitable. C'est incontestablement du Dupieux, et pas forcément si édulcoré que j'avais pu le penser de la première vision.  Un presque huis-clos (le bureau de Poelvoorde et ses environs immédiats) entre un flic et un témoin (un suspect ?) Un qui pose les questions et l'autre qui répond. Un qui raconte et l'autre qui tape la déposition à la machine à écrire. Et commente. Comme si on était revenu une quarantaine d'années en arrière.
Et voilà que la narration commence à se tortiller furieusement et à interférer avec elle-même. voilà que les gens du niveau 1 (le bureau) interviennent dans le niveau 2 (les flash-backs) et on que le spectateur s'emmêle de plus en plus en plus les pinceaux (qui est qui, et quand et où), jusqu'au twist presque final qui a agacé Hervé mais que j'ai trouvé assez drôle. j'aime beaucoup ces réalités-gigogne qui s'emboîtent comme dans le précédent  Réalité du même Quentin Dupieux.
Et les comédiens sont excellents : le couple-vedette, d'abord : Poelvoorde impeccable dans un registre qu'on pourrait qualifier de sous-régime  quand on connaît l'animal, mais qui est juste parfait dans le ronrornnement fliquesque, avec un Grégoire Ludig tout tout aussi bien (avec une moustache très 70 aussi...). C'est Ping et Pong se renvoient la balle au commissariat, et on adore ça... D'autant plus que les comparses sont plaisants : Philippe Duquesne avec son attelle, Anaïs Demoustier avec sa perruque rousse, Marc Fraize et son équerre dans l'oeil, et même Orelsan, avec sa gameboy préhistorique...)
Un Dupieux plaisant, à défaut d'être son meilleur, et qui a l'avantage d'être court.

4888503

le neuf...

peur_sur_la_ville

et le vieux...
(y a quand même un air de famille, non ?

Posté par chori à 08:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

mardi 17 juillet 2018

femme des montagnes

081
WOMAN AT WAR
de Benedikt Erlingsson

Waouh! Encore un film venu d'Islande qui vous fait passer un grand coup de vent dans la tête. Quel bonheur! encore grand merci à Dominique, qui nous a emmenés le voir, alors que je n'étais pas forcément très chaud au départ. Une excellentissime surprise, donc, mais c'est vrai que les films islandais nous font le coup à chaque fois.
L'histoire d'une femme en guerre contre l'industrie de l'aluminium (qui vient saccager son pays), et qui emploie donc les grands moyens pour se battre...Une femme épatante, Halla, qui, par ailleurs, dirige une joyeuse chorale, se déplace en vélo, salue les passants avec le sourire, et est dotée d'une soeur, professeur de yoga, qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau, (normal, elles sont jumelles...)
Halla cache bien son jeu, elle est aussi douce et avenante dans la vie de tous les jours qu'elle est efficace, déterminée, et organisée lorsqu'elle part faire sauter les pylones ou dézinguer les lignes à haute tension, un genre d'iron Woman, à mi-chemin entre Rambette et Robine des bois, bref une terroriste aussi déterminée que suréquipée, qui ne recule devant rien pour arriver à ses fins. Non seulement commettre des attentats, mais, surtout, après, réussir à échapper à ses poursuivants.
C'est bien le premier atout du film, ce personnage de femme magnifique, interprété par la toute aussi magnifique Halldora Geirhardsdottir (vue il n'y a pas si longtemps dans l'impressionnant -et islandaisissime- Des chevaux et des hommes, que nous passâmes dans le bôô cinéma -et dont Marie vient d'ailleurs de m'apprendre qu'il est du même réalisateur-...)
Ensuite, ce qui m'a infiniment séduit dans le film, hormis les paysages sublimes à tomber (normal, on est en Islande...) c'est la musique, ou plutôt les musiciens : un trio (piano, batterie, vents et percussions diverses) qui répond complètement à l'appellation de "musique vivante", puisqu'ils apparaissent régulièrement à l'écran pour produire la musique qu'on entend à ce moment-là dans le plan, à la façon du choeur dans les pièces antiques (ils commentent l'action sans jamais vraiment y intervenir) et c'est grandiosement plaisant (l'Islande, évidemment...)
Tout ça au service d'un discours écologique militant (et justifié) qu'on ne peut qu'applaudir et défendre (j'ai des copines, comme ça, passionnées, et ardentes défenseuses de la cause, que je soupçonnerais d'être tout à fait capables de passer à l'action de la sorte...) Halla fonctionne pourtant toute seule et abat le boulot d'un commando aguerri. Avec le matériel adapté. Et il lui faut faire preuve d'autant d'efficacité dans le job que d'ingéniosité pour échapper aux nouveaux moyens de détection sophistiqués (ah les drones...) que "les autres" emploient pour la repérer et l'identifier (et l'arrêter, bien sûr).
Mais Halla n'est pas seulement une militante aguerrie, c'est aussi une femme au coeur tendre, et voilà qu'elle apprend qu'elle va bientôt pouvoir adopter une fillette, en Ukraine, qui "attend une nouvelle maman"... Émotion, enthousiasme, puis frustration lorsqu'elle réalise qu'elle ne pourra pas prendre l'avion le jour prévu, à cause du tour nouveau qu'a pris l'enquête.
Plus l'étau se resserre, et plus Halla résiste, avec l'énergie du désespoir... Heureusement, elle dispose de quelques appuis, au travers de personnages heureusement (et savoureusement) prêts à l'aider.
Le film, paradoxalement, se rapprocherait du conte "traditionnel", mais avec pourtant technologie de pointe embarquée, et ce grand écart, ironique d'une certaine façon, est absolument jubilatoire. ("Islande, entre tradition et modernité", sauf que c'est beaucoup plus drôle...)
Oui, électrisant, comme l'a écrit la pub (islandais, quoi...)

4169390

 

Posté par chori à 05:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
lundi 16 juillet 2018

mais si, tu sais bien... le retour : la finale (et les lauriers)

Donc si on fait le point sur les points...

1 : Marie (3 Billboards)
2 : Pépin (l'Ami américain)
3 : Marie (La belle et la bête)
4 : Pépin (Barbara)
5 : Isa (Certaines femmes)
6 : isa (Call me by your name)
7 : Pépin (Foxtrot)
8 : Marie (Gaspard va au mariage)
9 : Zabetta (A ghost story)
10 : Marie (le grand méchant renard)
11 : Zabetta (L'inconnu du lac)
12 : Sylvain (Le jour d'après)
13 : La douleur (Zabetta)
14 : Logan Lucky (Coralie)
15 : l'autre côté de l'espoir (Pépin)
16 : Mes provinciales (Sylvain)
17 : Never let me go (Isa)
18 : Nocturama (Marie)
19 : Les Nuits de la pleine lune (Zabetta)
20 : Western (Zabetta)
21 : Plaire aimer et courir vite (Isa)
22 : Les Rencontres d'après minuit (Sylvain)
23 : Sausage party (Sylvain)
24 : Le sens de la fête (Marie)
25 : Seule la terre (Zabetta)
26 : Tesnota (Marie)
27 : Une famille heureuse (Zabetta)
28 : Les ailes du désir (Zabetta)
29 : The Rider (Hervé)
30 : Les oiseaux (Zabetta)
31 : Bled number one (Hervé)
32 : Le Mépris (Pépin)

... c'est donc Zabetta qui finit en tête (9 points), suivie par Marie (7 points) et Pépin (5 points)
Merci à tous celles et ceux qui ont participé, merci à Isa qui m'a redonné l'impulsion pour refaire ce jeu, et merci à Encore des images, ce blog magnifique (mais défunt), ,  qui m'a fourni -rendons à César ce qui est à César- les premières (et très belles) images pour le redémarrer...
A dans quatre ans ? (Qui sait...)

 

Posté par chori à 17:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
dimanche 15 juillet 2018

mais si, tu sais bien... le retour 32

001

(huhuhu)

*

Bon c'est pas le tout, hein... C'est pas pasqu'on est les Sampions del Mundo qu'il faut baisser les bras... Il faut le trouver, ce dernier film! Voici la deuxième photo...

003

Bon c'est trouvé, mais je vous en mets encore une petite... :

005

et tiens, tant qu'on y est, c'est pas plus mal de finir sur les fesses de qui vous savez...

002

 

Posté par chori à 17:00 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
samedi 14 juillet 2018

mais si, tu sais bien... le retour 31

001

Oups! Problème d'intervalle, sans doute, et j'ai réalisé qu'il me manquait un film...
Que j'ai donc dû rajouter à l'arrache...

*

"le jour du quatorze juillet je reste dans mon lit douillet..."
allez, une deuxième image! :

002

*

et une petite troisième, même si ça a été trouvé...

004

Posté par chori à 17:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]

zeurocks 2018

DSC01501
retour à la Green Room...

DSC01498
Manue...

DSC01506
J-H Pascal et Corine

DSC01562
Eddy!

DSC01601
Eddy! Eddy!

DSC01616
en montant vers la Grande Scène

DSC01684
en faisant une pause en redescendant de la Grande Scène

DSC01719
une petite galette forestière (et Catherine)

DSC01742
en allant s'installer à la Loggia

DSC01749
...vraiment tout devant! (assis contre les grilles)

DSC01756
the Limiñanas

DSC01783
encore The Limiñanas d'amour...

DSC01803
"on se retrouve entre les lettres et la grande roue..."

DSC01810

sur le E

...et c'est là que la pile de l'appareil a rendu l'âme et que j'ai réalisé que je n'avais pas emporté les autres de rechange, même si je les avais soigneusement rechargées... la suite sera donc téléphonique...

Posté par chori à 15:19 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
vendredi 13 juillet 2018

mais si, tu sais bien... le retour 30

001

Tiens... une autre main avec du sang...

Pas facile, comme ça, mais ça devrait vite s'arranger! :

002

Posté par chori à 17:00 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
jeudi 12 juillet 2018

mais si, tu sais bien... le retour 29

001

une journée où tout le monde est resté silencieux...

(le foot ? la chaleur ? la sieste ? les vacances ?
il est temps que ça s'arrête...)

une deuxième image, d'un film qui m'a bouleversé :

002

... et une troisième, allez... :

004

Posté par chori à 17:00 - - Commentaires [3] - Permalien [#]

quarante pompes

080
VOLONTAIRE
d'Hélène Fillières

Profité de la Fête du C. pour l'aller voir. Les films sur l'armée, les bidasseries, les bourrineries, ça n'est pas d'habitude trop ma tasse de thé (même si c'est une bonne raison d'y voir, en général une collectivité testostéronée s'y ébattre, je dois le reconnaître). Et voilà qu'on découvre, dès l'affiche, que "le" (qu'on supposait) Volontaire du titre en est une, en réalité. On découvre son beau visage ses cheveux blonds et ses yeux clairs, dans une image qu'on croirait tirée d'une pub  " engagez-vous, l'armée à besoin de vous" belle comme tout, idéalisée, sur papier glacé. Puis on découvre, de la même manière, que le réalisateur en est une, qu'on connaît depuis belle lurette tant on l'adora comme actrice (le passé simple étant de rigueur puisque ça fait un certain temps qu'on n'a pas eu le plaisir de la voir, justement, en tant que telle).
Hélène Fillières cultivait une singularité en tant qu'actrice, qu'elle a conservé en changeant de casquette : non seulement elle réalise, mais elle joue aussi le rôle du commandant adjoint (féminise-t-on les titres à l'armée ?) de la base où notre jeune recrue de l'affiche a été affectée (dans la marine, on dit "marin", on ne dit pas "soldat") après s'être engagée un peu sur un coup de tête, pour "voir ce que c'était", au grand dam de ses parents (maman Balasko, actrice de théâtre, et papa Marcon, metteur en scène, perfect tous les deux) puis de son copain Philippe (Jonathan Couzinié, adoré en son temps dans un court à Clermont, que j'ai eu du mal à reconnaître je l'avoue).
ON va suivre le parcours de cette jeune Laure (Diane Rouxel, parfaite) sous les ordres du strict Commandant Rivière (Lambert Wilson, qu'on a beaucoup de plaisir à revoir ici) arc-boutée dans sa volonté d'intégrer une unité d'élite après la participation à un stage-commando dont son supérieur, justement lui refuse l'accès car pour lui c'est "réservé aux hommes".
Laure a sympathisé avec un jeune aspirant (Corentin Fila, découvert chez Téchiné et retrouvé chez Civeyrac) qui souhaite intégrer le même corps d'élite.
Bon, c'est vrai, il y a beaucoup de militairerie dans ce parcours (hiérarchie, ordres, tenues règlementaires, garde-à-vous, brimades et une-deux une-deux (j'ai mis un peu de temps à reconnaître Alex Descas dans le bourrin entraîneur, tellement juste et crédible qu'on croirait qu'il n'a fait que ça toute sa vie...), mais ce que j'ai adoré, c'est que, sous tous ces uniformes, battent des petits coeurs, et la réalisatrice est assez forte pour, justement, retranscrire les frémissements (l'affleurement) des sentiments(et leur multiplicité)  dans le conditionnement strict du kaki.
Ce n'est pas La ronde ni Le plaisir, mais presque, quasiment, tant le catalogue raisonné des affects en milieu militaire est soigneusement et affectueusement feuilleté par Hélène Fillières. Une très belle surprise, dont il faut souligner l'homogénéité et la puissance du casting, qu'on peut qualifier d'inoxydable (ce qui en ce moment, pour moi, signifie le top du top...)

1119675

Posté par chori à 06:19 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
mercredi 11 juillet 2018

mais si, tu sais bien... le retour 28

001

Ah bon, me voilà rassuré...
Et voici donc une deuxième photo :

003

(voui voui c'est le même film)

Minuit, heure de la troisième photo :

004

...et voixi la quatrième :

002

 

Posté par chori à 17:00 - - Commentaires [5] - Permalien [#]