lundi 5 novembre 2018

radio-cassette rose

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THUNDER ROAD
de Jim Cummings

Il y a des films comme ça, que, dès le résumé sur allocinoche, on a envie d'aimer, de défendre, de poupouner, et puis, le soir où on le voit (gaffe! juste trois séançounettes dans le bôô cinéma) rien ne se passe comme prévu, et finalement on est triste que la rencontre attendue (espérée) n'ait pas vraiment eu lieu.
Oui, c'est comme l'amour, ça ne s'explique pas. Ce monsieur, Jim Cummings, a pourtant tout fait ou presque (il écrit, il filme, il joue, il produit, il musique...) et on avait trop envie de l'aimer. Et à la fin du film on est déçu, c'est normal, parce qu'il nous agace (au mieux) nous exaspère (au pire). Nous dérange peut-être aussi, avec son personnage de flic un peu borderline, un peu psychorigide d'apparence, genre bon élève bien peigné, mais prompt à péter les plombs à la moindre occasion. Un colérique un peu enfantin, qui taperait juste un peu plus fort du pied, et surtout aurait un flingue. et des occasions de péter les plombs, le film ne manque pas de lui en procurer, qu'elles soient familiales, affectives, ou professionnelles...
Mais on est un peu embêté parce que tout ça vire un peu au one-man-show, un peu forcé souvent. C'est difficile à la ois de jouer et de se filmer en même temps.
Bon c'est vrai, j'étais fatigué, j'ai piqué du nez de temps en temps, mais j'étais réveillé en sursaut à chaque fois ou presque par ce mec qui gueulait et j'avoue que ça m'a gavé (doublement, à la fois parce que je m'endormais et parce que ça me réveillait.)
J'ai un peu mal au coeur de critiquer "un peu", parce qu'on a le sentiment que c'est le genre de film où le type a vraiment mis tout son coeur, toutes ses tripes, toute son énergie (et ses économies, aussi, me semble-t-il). Quelque chose de vital. Qui mérite le respect, en même temps.
Alors je ne le dis pas trop fort.
C'est vrai que la première scène est anthologique (d'ailleurs, à l'origine, c'était un court-métrage à elle toute seule). Mais même cette scène-là, à la longue, elle me met déjà mal à l'aise...
Voilà, on avait envie d'aimer, on n'aime pas vraiment, on est déçu...
Mais peut-être que la prochaine fois que je le verrai je serai dans de meilleures dispositions. (Qui sait ?)

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dimanche 4 novembre 2018

le téléphone pourra sonner (il n'y aura plus d'abonné)

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NOS BATAILLES
de Guillaume Senez

Je l'ai enchaîné directement après Le Grand Bain et l'écart de température(s) était saisissant. Romain Duris en père courage, que sa femme a laissé seul avec leurs deux jeunes enfants, partie pour "faire le point" (où on ne sait trop quoi d'autres), et qui donc se démène, se démerde pour assumer le quotidien, son boulot, ses fonctions de syndicaliste, en butte à une DRH spécialement impitoyable... bref, après le feel good movie, c'était le feel pas très good movie.
La qualité d'interprétation de l'ensemble des acteurs est vraiment remarquable (Duris en tête, bien évidemment, dont je pense -et je ne suis pas le seul- qu'il trouve là un de ses meilleurs rôles, mais aussi les enfants -le garçon, Basile Grunberger, est sidérant-, sans oublier les partenaires féminines, Laure Calamy plus que parfaite dans le rôle de la collègue syndicaliste, bonne copine, et plus si affinités, et la toujours aussi enthousiasmante Laetitia Dosch dans le rôle -trop court- de la frangine intermittente du spectacle), et ce sentiment d'extrême justesse de la part de chacun(e) rend le film encore plus attachant.
Le pauvre film hélas ne passait que 3 fois dans le beau cinéma, et j'étais obligé de le voir à cette séance-là, mais, bonne surprise, le public était au rendez-vous (une trentaine de spectateurs dans la petite salle 1 du bôô cinéma pour cette séance de 18h, mais bon tous les films n'ont pas les mêmes chance face au public, hein : par exemple Le Grand bain était, lui, programmé plus de 30 fois la même semaine, hein, les inégalités parfois sont criantes...)
Un beau (et complexe) personnage masculin, des personnages féminins tout aussi fouillés et attachants, un éventail de thématiques (et de problématiques) plutôt dense (le couple, l'amour, le travail, le syndicalisme, la famille, l'engagement, l'honnêteté) -peut-être même un peu trop ?- font de Nos batailles un beau film fort. Irréprochable, mais, allez savoir pourquoi, je n'ai pas adoré autant que j'aurais dû. Je m'y suis même, à un moment, presqu'un peu ennuyé.  La proximité immédiate du Grand bain, sans doute.
Il y a pourtant toute une série de scènes magnifiques, qui me touchent, par exemple toute celle sur Le paradis blanc de Michel Berger, (chanson qui me touche depuis que je suis petit) et toute la dernière partie (avec le vote familial -"La démocratie c'est nul..." "Oui mais il vaut mieux qu'il y ait un déçu plutôt que deux..."- et la peinture sur le mur) plus légère(s) que le reste...
Le film finit sur une note plutôt optimiste, et ça c'est bien. Feel presque good movie, in extremis. Les histoires d'amour finissent bien en général (surtout quand le héros est doté d'une conscience politique). oui, vraiment, un magnifique personnage, entouré d'autres, tout aussi magnifiques...
Je précise qu'à la sortie, tous les autres spectateurs avec qui j'ai discuté étaient unanimes (et enthousiastes), et le film le mérite. Si vous avez l'occasion, vraiment, allez-y (mais pas dans le bôô cinéma, il ne passe déjà plus).
(je tente de m'absoudre de ma mauvaise conscience).

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samedi 3 novembre 2018

pourquoi pas les hommes-dauphins ?

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LE GRAND BAIN
de Gilles Lellouche

(par ordre alphabétique) Mathieu Amalric, Jean-Hugues Anglade, Guillaume Canet, Alban Ivanov, Philippe Katerine, Félix Moati, Benoît Poelvoorde, Balasingham Thamilchelvan, Jonathan Zaccaï, pour les hommes,
Leila Bekhti, Mélanie Doutey, Virginie Efira, Marina Foïs, pour les femmes,
si ça n'est pas un casting de malade(s), ça, hein... Plus les trèèès bons échos glanés ça et là chez celles qui avaient eu l'occasion de le voir (Zabetta à Cannes, Isa à l'avant-première, Emma à Gray), je piaffais donc d'impatience, et ce samedi après-midi pluvineux (enfin! la pluie! alleluïa!) m'en donna -tout de même- l'occasion, après pourtant moultes indécisions hésitations et tergiversations (à tel point que j'ai manqué les premières images du film...)
Soient sept mâles d'âge moyen (entre trente quelque-chose et cinquante-quelque chose) qui se retrouvent à la piscine pour des entraînements de natation synchronisée masculine (la dernière fois que j'ai vu de la natation synchronisée au cinéma, c'était dans le très beau La naissance des pieuvres, de Céline Sciamma, mais c'était avec des jeunes filles en fleur, notamment Adèle Haenel quand elle était encore toute petite... alors jugez plutôt du contraste avec notre brochette d'impétrants -je n'ai pas dit impotents, hein-). Sept mecs moyens, à l'apparence moyenne, aux vies moyennes, (on s'attachera plus en détail à la vie de quelques-uns d'entre eux, presque tous en effet, et je ferai une petite critique à cet égard : pourquoi Alban Ivanov -pour lequel j'ai une grosse tendresse, depuis Le sens de la fête, notamment- et Balasingham Thamilchelvan n'y ont-ils pas droit autant que les autres, hein, Gillou?).
Déjà rien que ça c'est drôle de les voir, comme ça, au bord de la piscine, maillot, serviette, bonnet de bain (rien qu'en soi, le bonnet de bain est déjà un élément comique) avec leurs corps moyens (mais si attendrissants), le bidon, les poils, la dégaine, la... bonhomie...  oui, attendrissants.
Chacun avec ses problèmes de trentenaire/quarantenaire/cinquantenaire : le job, la dépression, la faillite, les (dés)illusions, le manque d'amour, de reconnaissance, d'estime de ses enfants, bref il les cumulent, ils les accumulent, les merdouilles du quotidien (mais je suis quasiment certain qu'en prenant, au hasard, un échantillon de sept spécimens mâles dans la salle -qui était ma foi fort bien remplie, il semblerait que le film a très bien démarré et j'en suis heureux pour son réalisateur, Gilles Lellouche, dont je m'aperçois que je n'ai pas encore parlé*- on arriverait peu ou prou au même échantillonnage de cabossages et d'emmerdes divers(es)), et -je termine ma phrase- ce "créneau" d'entraînement est aussi pour chacun d'eux prétexte à un moment d'échanges et de partage, en un "effet de meute" qui me ravit (j'adore être spectateur du laisser-aller des mecs entre eux)...
Il s'agit aussi d'un feel good movie (et dieu sait si vraiment j'adore ça) et donc on sait on devine on se dit depuis le début que, quelques calamiteuses que soient leurs prestations aquatiques, malgré les cachetons, les engueulades, les brimades, ils vont -bien sûr- la gagner, cette fichue médaille...
Avec l'aide de leurs deux entraîneuses successives (aussi épatantes l'une que l'autre, Virgine Efira en ex-championne alcoolique anonyme qui leur lit du Verlaine aux entraînements et Leila Bekhti en version féminine de l'adjudant de Full métal jacket en chaise à roulettes qui leur hurle dessus en les faisant marcher à la badine).
On aura assisté, parallèlement à la préparation à l'ultime compétition (mmmmh tous ces hommes en maillot venus du monde entier...) à la reconstruction (la réparation) de quelques histoires personnelles, quelques trajectoires individuelles - feel good movie oblige- et ça aussi,(midinet un jour midinet toujours), ça participe à la jubilation générée par le film.
(Et ils la gagnent, au terme d'une séquence superbe où le spectateur est aussi noué qu'eux sont concentrés, une séquence joliment construite -on tremble vraiment avec eux en temps réel- puis finement désamorcée, (on zappe les résultats) puis réamorcée ("On a gagné!"), et suivie par une série de plans "conclusifs" hautement réjouissants, style "la médaille, elle est importante juste pour celui qui la gagne...")
Ce qui fait peut-être le plus plaisir, surtout de la part du réalisateur, c'est ce désamorçage (ce dynamitage) du mythe de la virilité testostéronée et surpuissante, nos super-héros en seraient ici plutôt des sous, sous l'eau, je veux dire bien sûr, mais quel bonheur de les y voir (et au-dessus aussi). Question SSTG**, j'y ai d'ailleurs -malicieusement- plaisir, pas de QV (le film est très pudique là-dessus) mais tout un arsenal de plans qu'on pourrait qualifier d'"homo-érotiques" (odalisquets alanguis en sauna, chorégraphies aquatiques sous-marines à hauteur de maillots...) délicieux.
Le film est siglé "grand-public" et c'est une encore meilleure chose de valoriser ces monsieurs tout le monde capables de ganer et de s'illustrer à la face du monde -et en tire fierté- par ce qui est défini -Zaccaï ici joue le candide beauf beauf surbeauf, l'"observateur moyen"- comme un "sport de tafioles, de tarlouzes, de gonzesses"... Allez les gars!
Un film ultra-réjouissant, donc, une excellente surprise revigorante de ce début d'automne.

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(j'aime beaucoup les deux affiches)



* Gilles Lellouche, je l'ai d'abord beaucoup aimé comme acteur (il m'avait beaucoup impressionné dans Ne le dis à personne), viril viril, quoi,  les mâchoires, les muscles, les poils, la barbe de trois jours, limite bourrinus bourrinans en tant que spécimen, qui par la suite m'a un peu déçu en enchaînant des films qui ne m'attiraient pas forcément (et que je ne suis pas allé voir) ; en tant que réalisateur, je n'ai pas voulu voir Les Infidèles, le film qu'il a co-réalisé à seize mains, pour suspicion de relents homophobes, mais celui-là, allez savoir pourquoi, je voulais vraiment m'y plonger... Et j'ai bien fait! Et me voilà réconcilié avec ce Gilles-là...

** : Sous-sous-texte gay

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jeudi 1 novembre 2018

octobre 2018

lundi 1er (météo)
un jour au temps très moche (ça devrait être le seul de la semaine comme ça nous annonce-t-on), gris, froid et humide (oui, un temps à jouer au scrabble, précise Marie)
mardi 2 (Navenne)
acheté des macarons dans ma boulangerie préférée pour les apporter à Michèle T., actuellement en rééducation après une opération du genou (rituel dit "de la visite aux malades")
mercredi 3 (au four)
(à propos de la difficulté d'y cuire les marrons correctement (si cuits trop chaud, immangeables, si pas assez, immangeables aussi), et de réussir à les éplucher dans un torchon sans trop se brûler les doigts (un geste du passé qu'on retrouve)
jeudi 4 (température)
on la regardait, du coin de l'oeil, descendre régulièrement, chaque jour son degré ou son demi, et on a fini par craquer (je suis descendu à la chaufferie pour appuyer sur le bouton "marche" de la chaudière)
vendredi 5 (Vesoul-Gy)
Je me suis demandé si la limitation à 80 n'avait pas été abrogée : en roulant à 85 j'ai été doublé par tout le monde sans exception ou presque  (comme dit Dominique : "à cette heure-là ils sont tous un peu énervés...")
samedi 6 (L'Intranquille)
J'avais à commencé à utiliser mon chèque-cadeau avec le dernier Laura Kasishke, et j'ai continué avec le dernier Lansdale (j'adore Hap & Léonard), et voilà que je trouve Les martyrs et les saints, de Larry Fondation, (que j'adore tout autant), je suis retourné à la caisse et j'ai demandé s'il j'avais encore assez : il me restait juste pile-poil ce qu'il fallait, et je l'ai donc acheté aussi
dimanche 7 (en cuisine)
comme je n'avais pas de pain, je suis allé acheter une pâte à tarte pour un projet de quiche qui a muté en quiche alsacienne (choucroute/poulet), beaucoup plus belle que bonne (trop de matière)
lundi 8 (avant les gelées)
les dernières ipomées, tout en haut sur le mur, qui ont réussi à pousser depuis derrière le volet de la cuisine, étaient mi-bleues mi violettes, un peu fantômatiques sur le crépi beige (et je les ai photographiées)
mardi 9 (sur le parking du lac)
par-dessus le toit de  la voiture, photographié quatre visages féminins, tous tournés vers le même, celui du beau bébé assis à l'intérieur et qui leur souriait
mercredi 10 (visite)
j'étais un peu penaud d'ouvrir la porte en peignoir, à 14h30, à l'employé municipal qui venait relever le compteur d'eau (mais bon je n'avais pas encore eu le temps de m'habiller)
jeudi11 (Foire aux Livres)
j'ai trouvé dans un bac un très joli marque-pages : un billet de train de 1993 (de Verneuil sur Avre à Paris Montparnasse, 81 francs) avec au dos, un poème de Guillevic recopié au crayon de papier, et je l'ai glissé dans Les dépossédés de Robert McLiam Wilson et Donovan Wylie, que je venais de trouver, à 2€, et que j'ai donc acheté (entre autres)
vendredi 12 (Scey/Saône)
après les avoir vus sur scène pour la troisième fois, j'ai tout de même osé aller voir les deux musiciens de Cabadzi à la table où ils vendaient leur matos, pour leur faire dédicacer mon affiche
samedi 13 (Mondial Relay)
en allant chercher ma dernière commande de chez Gibert, j'ai avisé, près de la caisse,  ces paquets de biscottes, pour lesquels la dame m'a aussitôt fait l'article, et j'en ai donc acheté un (biscottes fabriquées artisanalement par le dernier artisan-biscottier de France,  et bio en plus)
dimanche 14 (Thé V')
c'est allongé sur un transat (qui faisait aussi rocking-chair), les yeux fermés et dans une semi-pénombre bienfaisante que j'ai assisté à la première Sieste acoustique proposée par Bastien Lallemant, à 14h (et ça m'a tellement plu que j'ai repris un billet pour la seconde, à 16h)
lundi 15 (sécurité routière)
il faisait bon rouler entre Vesoul et Calmoutier (et retour) : les deux radars  qui séviss(ai)ent sur ce tronçon (à moins de 3km de distance) ont été mis provisoirement hors-d'état de nuire ( joliment bombés en orange fluo)
mardi 16 (bôô cinéma)
après un film joyeux et beau (Le grand bal), quel plaisir de voir les spectateurs à leur tour danser dans le hall, après la séance, tout aussi joyeux et beaux! (une bien belle soirée d'ouverture de saison)
mercredi 17 (dans la cuisine)
Ouf! j'ai réussi à identifier la source de cette soudaine apparition de (beurk) larves de mites alimentaires : il s'agissait d'un paquet de bananes séchées, acheté chez Noz il y a un certain temps déjà (et jamais ouvert)
jeudi 18 ("Espace-Théâââtre")
J'y suis venu pour accompagner ma voisine et assister au premier spectacle présenté dans lcette salle rénovée de ce qui n'était plus tout à fait le "Centre Social" qu'on avait connu et aimé (la pièce ne m'a pas enchanté mais j'ai surtout été mis de mauvaise humeur d'abord par le discours introductif -et lénifiant- du maire, mais tout autant, -et peut-être même bien plus encore- par  celui du responsable de la troupe à la fin de ladite pièce, qui a fait monter le maire sur scène, dans un festival de simagrées et de flagornerie)
vendredi 19 (visites)
pendant que j'étais chez les voisins d'en face, à boire le café, pour dire au revoir à Christine qui partait (une nouvelle fois) en Inde, je n'ai pas vu Philou (en vélo) qui passait chez moi au même moment et ne m'y a pas trouvé (il a trouvé porte close, alors qu'elle était pourtant ouverte)
samedi 20 (Malans)
j'étais "chef de table", assis entre Line Renaud et Brigitte Fossey (si si!) pour ce repas à thème "du Nord" où nous avons vraiment beaucoup beaucoup ri (je repense au cochon dans une manifestation vegan) et comme ça fait du bien
dimanche 21 (maison)
couché tard, mal dormi, réveillé tôt avec le "syndrome nuit blanche" (passer la journée en alternant manger et dormir), se coucher tôt (21h) et être réveillé en sursaut à 23h30 par la sonnerie du téléphone
lundi 22 (zygomatiques)
Manue m'a fait rire deux fois aujourd'hui : d'abord l'histoire du bouillon de pot-au-feu et des gants en plastique pour conduire, racontée par Catherine à midi, puis l'histoire du musicien et de la pièce d'un euro, racontée par elle-même et par sms dans l'après-midi (ça fait du bien de rire)
mardi 23 (Cuse)
comme dans la chanson "deux petits bonshommes s'en vont au bois", on est rentrés avec "des pommes et puis des noix" (et aussi des coings, et de la tarte aux pommes) donnés par Catherine, après un après-midi délicieusement "été indien" (café gourmand en terrasse, ramassage de noix, scrabble au soleil...) et un repas du soir très comtois...
mercredi 24 (répétitif)
à chacun de mes trajets en voiture, et ce depuis hier soir (en revenant de Cuse), je n'ai écouté qu'un seul morceau, le C'est dans la vallée de Rodolphe Burger et Olivier Cadiot (redécouvert cet été à Riom près du figuier, grâce à David) qui me remplit de joie
jeudi 25 (Parking Battant)
il restait deux places libres, dans l'allée devant moi, juste à l'entrée, une à droite et une à gauche, et j'avais deux véhicules devant moi, aussi : la voiture noire à pris celle de droite et le Combi beige celle de gauche (ça m'a agacé), j'ai tourné dans le parking plein au moins dix minutes et je suis reparti
vendredi 26 (au local)
nous étions 6 (et c'était juste assez) pour mettre dans les enveloppes destinées aux adhérents la programmation de novembre, le dépliant Mois du Doc, le dépliant Quinta Settimana Italiana, l'invitation pour l'Assemblée générale du 30 novembre (tous composés par bibi) sans oublier un joli marque-pages du Mois du Doc
samedi 27 (faire un choix)
3 films possibles (Halloween, Le Grand bain, Nos Batailles) pour deux séances : celle de 15h45 et celle de 18h, sachant que deux films passent à toutes les séances mais le troisième uniquement à 18h, qu'un seul est labellisé Amis du C. (celui qui ne passe qu'à une seule séance) et que je ne veux  voir Halloween qu'en premier (résultat des courses : à 15h45 Le grand bain et à 18h Nos batailles)
dimanche 28 (faire un choix 2)
J'aurais pu partir à Besançon pour aller voir La saveur des ramen à 13h30, mais, finalement, à midi, j'étais encore en peignoir, en train de touiller (amoureusement) un risotto aux champignons, en regardant rêveusement la buée brouiller les vitres de la cuisine
lundi 29 (en partant de chez Marie)
c'est là que je me rends le mieux compte à quel point j'ai vieilli (en arrivant il y a les 3 étages pour arriver chez elle, et en repartant il y a les redoutables escaliers dits "des ursulines" qui montent jusqu'au parking de la prison, et qui me laissent à chaque fois affreusement hors de souffle (comme le loup de Tex Avery).
mardi 30 (météo)
le vent qui a soufflé fort cette nuit (mais rien à voir avec la Corse) a emporté beaucoup de feuilles, mais a aussi tout de même réussi à me décapiter quelques roses, comme coupées juste à ras de la fleur, et que j'ai retrouvées ça et là dans la cour
mercredi 31 (mémoire visuelle)
d'habitude c'est moi qui les reconnaîs en premier, mais là il m'a coiffé au poteau en me saluant et en disant aux autres "C'était mon prof..." (je reconnaissais son sourire mais pas son visage, et j'ai dû lui demander son prénom (et quand il me l'a dit j'ai instantanément revu sa bouille, à 3 ans) maintenant il en a "presque 18", m'a-t-il dit, et n'a pas tellement changé -juste un mètre et quelques de plus-...)

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mercredi 31 octobre 2018

chèque-cadeau

Trois bouquins dont j'avais très envie et que j'ai pu m'offrir tout de suite (sans être obligé attendre qu'ils atteignent le petit prix que j'avais fixé en souhait sur Priceministruche). trois bouquins très différents : un roman court (ou une nouvelle longue), enfin une novella comme disent les Américains), un polar couillu avec une paire de héros que j'aime depuis leurs débuts, et un... euh... recueil de nouvelles, de fragments, d'éclats, d'un écrivain qui me fascine toujours autant, trois bouquins dont le point commun est d'être américains, et donc de parler, chacun à sa manière, des habitants de ce pays.

1) EDEN SPRINGS
de Laura Kasishke

C'est Christine qui m'avait fait découvrir la dame (Rêves de garçons, 2009) et qui m'a donné envie de lire tous ses autres romans. J'aime son goût du malaise diffus, de la cruauté en sourdine, de la manipulation du lecteur (une succession d'incontestables réussites, comme Les Revenants, La vie devant ses yeux, A moi pour toujours, En un monde parfait) et j'étais trop content de la retrouver (elle est désormais publiée chez Page à page, qui a déjà publié d'elle un volume de poésie et un recueil de nouvelles). Soyons franc celui-ci m'a un tout petit poil déçu. Il est question d'un gourou, d'une communauté, de jeunes filles habillées en blanc, et d'une qu'on a  retrouvée morte dans un cercueil qui était censé être celui d'une vieille dame... D'après une histoire vraie. Comme un reportage, en des chapitres très courts, ouverts à chaque fois avec des extraits d'articles de journaux de l'époque. On y retrouve incontestablement la patte (la griffe) de l'auteur, mais on est aussi frustré par ce sentiment de brièveté et de fragmentation (augmenté aussi par le fait, sans doute, que je l'ai, en plus, encore plus fragmenté dans ma lecture d'une page ou deux chaque soir avant de m'endormir).

2) HONKYTONK SAMOURAÏS
de Joe R.Lansdale

Quel plaisir de retrouver Hap & Léonard! c'est le neuvième volume de leurs aventures traduit en France (et je viens de voir qu'il y en a encore au moins quatre qui ne sont pas traduits, deux avant et deux après celui-ci, le bonheur!) que j'ai lus à peu près dans l'ordre (Série Noire, Folio policier, pour les poches, puis Outside/Alphée et Denoël pour les grands volumes) et auxquels j'ai pris à chaque fois autant de plaisir. C'est hénaurme, mais ça fonctionne à chaque fois, imparablement. Une belle paire, oui, de potes : un blanc hétéro et narrateur (Hap Collins) et un black gay (Leonard Pine) qui affrontent des méchants très méchants dans des histoires qu'on pourrait qualifier de jubilatoirement bourrines (on est dans le Texas profond, tout de même), et celui-ci ne déroge pas à la règle : ça commence avec un mec (un sale con) qui tape sur son chien (j'ai toujours un faible pour la façon dont démarrent leurs histoires) et, de fil en aiguille, bien évidemment ça va faire boule de neige, jusqu'à l'affrontement final avec un groupe de tueurs spécialement gratinés... C'est très plaisant à lire, même si l'auteur semble avoir mis la pédale douce (hihi) pour ce qui est de l'intrigue... Joe R Lansdale a le sens de la formule qui fait mouche eet du dialogue qui cingle (qui flingue). Un sacré bonheur de lecture, même si on peut pichenoter en se disant qu'on a le sentiment que ce (gros) bouquin-là est quand même un peu déséquilibré dans son écriture (la mise en route est trèèès longue et le dénouement semble bresque un peu bâclé). Mais bon, c'est hap & Léonard, hein, et on attend avec impatience la suite...

3) LES MARTYRS ET LES SAINTS
de Larry Fondation

Quatrième volume de cet auteur découvert grâce à mes deux blogs "polar" préférés (Actu du Noir et Encore du noir), qu'ils en soient -encore une fois- remerciés. Des volumes assez brefs, d'abord deux jaquettés en noir (Fayard) puis deux en blanc (Lusitala) mais toujours aussi cinglants. Los Angeles, ses quartiers en déshérence, les laissés-pour-compte qui y vivent. Ce qu'ils y font. Des textes brefs, voire très brefs, organisés "thématiquement" par l'auteur, chacun avec son titre, fragments de vies souvent, bien souvent, parfaitement désespérés. Larry Fondation écrit sec, frappe fort. Quand on a lu les précédents on n'est pas dépaysé, on sait à quoi s'attendre, mais cette fois-ci c'est encore plus rude. Encore plus craspec, plus cul, plus violent, plus dégueulasse  (une grande partie du bouquin rassemble des textes autour de personnages de soldats ou de vétérans.)  C'est souvent brutal, mais la façon dont c'est écrit, construit, tirerait souvent, paradoxalement ces flashes du côté de la poésie. Oui oui. Paradoxal, oui, intense, mais toujours avec un certain détachement, une certaine objectivité de la mouise. Incorfortable, tout autant qu'indispensable.

eden springs honky tonk les martyrs et les saints

 

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mardi 30 octobre 2018

désenmménagement

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L'AMOUR FLOU
de Romane Bohringer et Philippe Rebbot

J'ai beaucoup de tendresse envers ce cinéma "poreux" entre le vrai et le presque vrai (ou le pas tout à fait vrai), entre le vécu, le filmé et le raconté : ici la réalisatrice et le réalisateur portent le même nom que leurs interprètes principaux (et vice-versa, c'est normal ce sont les mêmes), leurs enfants pareil (ce sont les leurs) leurs familles idem (il y a un tel air de famille entre Philippe Rebbot et son père que j'ai cru que c'était lui qui jouait les deux rôles!), et leur histoire aussi. Leurs histoires, plutôt. Un couple qui se sépare, et déménage pour mieux remménager, l'un tout près de l'autre, de part et d'autre, avec les enfants juste au milieu (un "sas" ou un "espace" c'est selon), la porte de droite c'est Maman, la porte de gauche c'est Papa. Et la vie continue, ensemble/séparés. La situation est déjà originale et plaisante, et ce que vont en faire les "Rebbohringer" (ça n'est pas de moi) la rend encore plus tout ça
Il y a grosso modo trois parties, l'"avant", le "pendant" et l'"après" (la construction de ce fameux appartement) et chacune apporte son lot de sourires, de surprises, d'agréements et de désagréments, et ça fait du bien de voir la belle énergie avec laquelle ces deux-là se démènent.
Avec le directeur de l'école et son idée fixe de cheveux, avec leurs psys respectives (là, par contre, ce sont des actrices qui les interprètent, on sort un peu du vrai de la vie), avec l'architecte fantasmatique (une scène que j'adore, où j'ai vraiment beaucoup ri, avec Romane Bohringer), avec le chien qui pue de Philippe R., avec les nouveaux voisins qui voudraient bien un bébé, avec même une "vraie" femme politique (que j'avoue, à ma grande honte, que je ne la connaissais point), Clémentine Autain (oh oh dont ouikipédioche m'apprend qu'elle est la fille de Dominique Laffin et d'Yvan Dautin... alors ça...), sans oublier le monsieur qui promène son chien et qui a ses théories sur l'éducation canine (Réda Kateb, grandiose), ni celui qui vérifie les stores (un court passage de ce cher Riton Liebman, aimé depuis Je suis supporter du Standard...), chaque rencontre, chaque croisement est prétexte à une bifurcation, une scène drôle, parfois juste le sourire, et souvent le beau gros rire...
Qu'est ce que c'est bien! Qu'est ce que ça fait du bien!
Ca aurait pu être lourdingue, complaisant, égoïste, nombriliste... Il y avait de quoi, sauf que pas du tout. c'est fin, inattendu, aimable, folâtre, brindezingue...
Et j'adore cette façon de brouiller les pistes : se (re)mettre à deux pour faire un film qui raconte comment on s'est s'aimé et on ne s'aime plus de la même façon, n'est-ce pas, justement, une façon de dire que peut-être "s'aimer" ça peut être vécu autrement. (et toutes ces différentes façons, justement, de l'envisager, le film ne parle pas d'autre chose...

Un film tendre (très tendre) drôle (très drôle), bref un vrai bonheur de film.

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lundi 29 octobre 2018

bienvenue aux lendemains

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COLD WAR
de Pawel Pawlikowski

J'étais resté sur le souvenir de l'émerveillement produit par Ida (), en 2014. Et j'ai donc couru voir celui-ci dès la première séance, sans en rien savoir du tout, avec les copines Emma et Dominique, dans la salle 3 de notre cher Victor-Hugo. Tranquilles, au dernier rang (pour ne pas recevoir des coups de genoux dans le dos) même si quelques vieilles sont venues en ribambelle perturber notre quiétude en voulant s'asseoir aussi en ce même dernier rang. Mais passons sur les fâcheuses.
Plastiquement, le film provoque la même sidération qu'Ida (même format, même sens du cadrage, de la composition) pour un sujet un peu différent (quoique). L'histoire est cette fois centrée sur un couple (une chanteuse blonde et un musicien brun, Joanna Kulig et Tomasz Kot, tous les deux délicieusement délicieux) du genre que je préfère, celui  du "ni avec toi ni sans toi", qu'on va suivre de de 1949 (le moment de leur rencontre) jusqu'à quasiment quarante ans plus tard, quand la boucle est bouclée. En Pologne, puis à Berlin, puis en France, puis re-en Pologne. Un couple dont le réalisateur affirme que l'histoire est inspirée de celle de ses parents (à qui le film est d'ailleurs dédié).
Un film qui chante beaucoup (toutes les premières scènes, par exemple, j'en étais très étonné) et qui danse (presque) tout autant, et même qui jazze (même si, justement, vous devez commencer à le savoir, ce n'est pas là mon genre musical préféré...), et c'est drôle (et attendrissant) de voir comment les temps changent (et les lendemains qui (dé)chantent) avec l'évolution d'un chanson (celle qu'on peut appeler "Oy oy oy", qui démarre à l'ouverture du film en refrain folklorique pour choeur de vierges aux joues rouges au grand air pour finir (à la presque fin de l'histoire) en standard vinylique germanopratin (voluptueux  et enfumé.)
Le réalisateur parle d'amour, mais, comme dans Ida, il parle -d'abord-  de la Pologne, du communisme, de la guerre froide, de l'histoire, de la politique, c'est la trame de ce qui aurait pu être un mélodrame étriqué (convenu) mais qui par son sens de l'ellipse et par la grâce de sa mise en scène épurée (sans esbrouffe) devient une grande et belle et touchante chronique (le dernier plan est beau à tomber, et il y aurait d'ailleurs tout un beau travail à faire sur les sorties de cadre dans les films de P.Pawlikowki...) au lyrisme tenu (ténu ?). L'Amour , l'Histoire avec un grand H, mais aussi, surtout, celle d'un couple qui se forme, se déforme, se distend, s'éprend et se déprend, au fil des ans et des lieux, et des élans de chacun des deux.
Et puis ne boudons pas le plaisir de retrouver, dans la partie française, "la" Balibar (notre Jeanne -cocorico- Nationale, que je n'ai d'ailleurs pas identifié à sa toute première scène), mais, également, Cédric Khan (dont j'ai dû attendre jusqu'au générique de fin pour retrouver le nom) que j'aime décidément beaucoup comme acteur même si j'ai du mal à reconnaître.
Le film est bref (moins d'1h30, générique compris) et c'est juste parfait comme ça. On ne pourra pas l'accuser d'en faire trop.
Avec Dominique et Emma, nous sommes sortis tous trois  parfaitement ravi(e)s.
Une incontestable perfection formelle (même si l'histoire est peut-être un peu en deça de celle d'Ida)
Je n'ai pas pu m'empêcher de jeter un oeil sur les critiques, dont j'étais certain que quelques-un(e)s allaient m'énerver. Bingo. Une fessée pour le nouvel *bs, d'habitude mieux inspiré ("Un film de misanthrope drapé dans un romantisme factice") et une pour les Cahiaîs -j'allais dire "bien sûr", tellement ils ont le don, à chaque numéro, de m'énerver plusieurs fois- ("Cold War fait partie d’une vague « rétro » fleurissant actuellement en Pologne marquée par un retour quelque peu nostalgique à la période de la guerre froide. Ce cinéma vintage met l’accent sur la reconstitution soigneuse de l’atmosphère de l’époque d’avantage que sur l’analyse politique. Le film de Pawlikowski ne déroge pas à la règle.")
Pffff...

2642330

Ah tiens, si... Si je peux me permettre, j'en aurais bien une petite, de critique : quelle idée de traduire "en français" le titre polonais original par Cold War... A mon avis, il y avait mieux à faire...

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mercredi 24 octobre 2018

y avait un makabe...

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INVASION
de Kyioshi Kurosawa

Quand j'étais plus jeune et que je lisais de la science-fiction, j'ai toujours eu un faible pour les histoires de fin du monde et d'invasion extra-terrestre, et quand j'ai pu en voir au cinéma, évidemment, je m'y suis précipité. J'ai pu voir, dans le désordre, les différentes versions de Body snatchers (idiotement traduit par "profanateurs de sépulture", alors qu'on n'en voit pas la queue d'une -de sépulture- maiscomme beaucoup d'autres idioties, celle-ci est passée à la postérité), celle de Philip Kaufman en 1978, puis un peu plus tard l'original, de Don Siegel, en noir et blanc (1956) tard un soir au ciné-club je pense, et enfin le remake d'Abel Ferrara en 1993 et vu le résumé, je pensais que ce film-ci en était plus ou moins un...
Pas tout à fait.
(Invasion est quand même un remake, celui du film précédent de Kurosawa, Avant que nous disparaissions, qui était l'adaptation de la pièce de théâtre du même nom, sauf que le réalisateur a changé de point de vue, les aliens dans le premier, les terriens dans celui-ci)
S'il y a bien des extra-terrestres qui prennent progressivement possession (belle allitération postillonnante) des humains, ils ne le font pas via les cosses de haricots géantes qui m'avait tant impressionné dans les "body snatchers" précédents oh les délices de la s-f parano des années 50!), simplement (au début du film en tout cas) ils les déshumanisent, ils leurs volent des concepts en leur appuyant le doigt sur le front, en dépossédant ainsi leurs propriétaires (une jeune fille, ainsi, ne reconnaît plus son père, puisqu'on lui a pris le concept de "famille"). "On" c'est surtout un homme, Makabe, chirurgien nouvellement arrivé dans l'hôpital où travaille Tatsuo, le mari de l'héroïne, Etsuko. Etsuko réalise que les gens autour d'elle sont en train de changer (normal, on leur vole leurs sentiments) et qu'il ne s'agit que de la première étape de la véritable invasion. tatsuo sert de "guide" à Makabe, en lui fournissant des proies auxquelles il peut vider la tête (mais qui servent en réalité à assouvir de mesquines vengeances de la part de Tatsuo). mais ce sera bien, me semble-t-il, le seul alien qu'on verra dans le film.
Le film est le remontage d'une série télé de 5 épisodes, ce qu'on ressent un peu au niveau du montage (et de la durée aussi). Si le début est vraiment efficace et anxiogène, les enjeux narratifs se diluent un peu ensuite, et la fin carrément, (je trouve), tire en longueur. J'ai toujours la même réserve vis-à-vis de fils de KK : un je-ne-sais-quoi qui m'empêche d'adhérer complètement au projet (c'était déjà le cas dans le précédent Creepy), dans l'esthétique, peut-être, avec cette lumière volontairement moche et froide, dans la construction aussi, avec cet effritement des enjeux dramatiques et leur progressive mise en sur-place ou quasiment.
Mais j'aime énormément le parti-pris d'un fantastique "à l'ancienne", sans aucun effet spécial ou presque, où ce qu'on ne voit pas pourrait être bien plus terrifiant que ce que le réalisateur nous montre, où l'amour triomphe -dans une certaine mesure- et où certaines répliques m'ont donné envie de les retenir ("J'avais sous-estimé la force de l'amour..." ou  "Jamais un extra-terrestre ne tomberait dans un piège aussi grossier"), sans oublier la noirceur foncière du constat (Kurosawa n'est pas un optimiste, et il a bien raison).
Et il faut reconnaître qu'il est super-doué pour foutre la trouille.
Catherine, qui l'a vu avant moi, m'a dit s'être un peu endormie au début, moi ce le fut plutôt vers le milieu : à nous deux, on devrait pouvoir se reconstituer le film en entier (mais je continue de penser que les 2h20 n'étaient pas indispensables...)

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lundi 22 octobre 2018

comme si le coeur sortait

126
LE GRAND BAL
de Laetitia Carton

C'était la soirée d'ouverture de saison, avec le film qu'on offre à nos adhérents (mais qui nous est facturé par l'esploitant, faut pas rêver non plus...), avec, cette année, une fois n'est pas coutume, un doc. Mais quel doc... Et si le bonheur était dans la salle, sur l'écran, il le fut aussi, après la séance, dans le hall du cinéma, puisqu'un groupe ami (Akan) s'y était installé pour, lui aussi, (nous) proposer un grand bal, et donc ça guinchait, ça tournait, ça virevoltait, avec un plaisir manifeste et des sourires grands comme ça.
J'avoue que j'étais, avant le début du film, un tout petit peu sceptique sur l'intérêt de la chose : un documentaire sur des gens qui se réunissent tous les ans, à 2000, pour passer une semaine à danser ? Mouais me disais-je... Et j'ai d'ailleurs continué à avoir un (tout petit) peu peur, au tout début du film : on y voit, effectivement, des gens qui dansent, la logistique du festival, les cours, les bals, les boeufs... Des gens qui parlent de ce festival, de la danse, de la façon dont ils vivent l'événement.
Et, comme une danse, justement, ça se met en route, tout doucement, à petits pas, mine de rien, et puis ça prend de l'ampleur, de l'espace, de la vitesse. De la force. Tiens, comme Le beau Danube Bleu, au début c'est calmos et riquiqui, comme si les musiciens (comme si les danseurs) prenaient le temps de s'accorder, de se mettre dans le bain, et puis ça prend de l'ampleur, ça accélère et ça tourbillonne majestueusement, à profusion, de plus en plus, comme si ça n'allait jamais s'arrêter.
Et c'est comme ça que Laetitia Carton a construit son film. Plus on avance, plus on danse, et plus ça devient passionnant. Moins il y a de mots et plus il y a de corps, de mouvement, d'énergie. Et de cinéma. Il y a dans ce Grand bal des scènes sublimes, ma préférée (la première) étant peut-être -paradoxalement- celle qui est centrée sur un couple, quasiment immobile au milieu de la piste, enlacé, les mains de la femme tenant le dos de son cavalier, tandis qu'au fond, en flou, ça s'agite joyeusement. autour d'eux, d'abord sur une musique "rapportéé", puis le son descend progressivement jusqu'au silence complet -un moment éblouissant- avant que la réalisatrice ne rende à la scène son son d'origine, et c'est comme si, à partir de ce moment, le film (pour moi) avait véritablement pris son envol. Oui, à partir de ce moment le pari est gagné, j'étais conquis, séduit, enthousiasmé. Une danse où ne sont filmés que les pieds, En surface par Etienne daho et Dominique A, un monsieur qui signe les consignes d'une danse, un gros plan sur deux mains jointes d'un couple en train de tourner follement, un grand cercle collectif avec des pas en avant puis en arrière, qui pourrait ne jamais s'arrêter, tout passionne, attendrit, émerveille, ponctué (accompagné) par la voix-off de la réalisatrice qui vient presque chuchoter à notre oreille des choses douces et tendres...
Ce qui est frappant (et qui s'est ensuite vérifié dans le hall, "en vrai") c'est la joie qu'on peut lire sur tous les visages de ces danseurs, l'incroyable sentiment de communauté, de partage, qui se dégage de ces corps en mouvement. Ca donnerait presque envie de s'y lancer, de les rejoindre (et le film m'a permis d'éclaircir un peu le rapport compliqué que j'ai personnellement avec la danse (celle qu'on pratique, pas celle qu'on regarde) : danser c'est toucher, accepter d'être touché, et c'est sans doute pour ça que je n'y suis pas très à l'aise...)
Un beau moment de liesse cinématographique à regarder, en tout cas.

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jeudi 18 octobre 2018

l'éclipse, mon cul!

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LE JEU
Fred Cavayé

J'ai voulu y aller pour Grégory Gadebois (ce nounours-là je l'adore), et j'ai donc profité de l'avant-première -inhabituelle- du lundi (d'hab' c'est plutot le lendemain avec un ticket orange, mais demain, justement, c'est la nôtre, d'avant-première). L'idée semblait sympathique : pendant un diner réunissant 3 couples + 1 tout seul, dont les hommes sont des amis d'enfance, un jeu est proposé : tous les participants posent leur portable sur la table et tout ce qui arrive pendant le repas (appel, sms, photo) devra être montré aux autres, et partagé par tous. C'est aussi, accessoirement, le moment d'une éclipse de lune (et on n'arrête pas de nous répéter, à la télé que "pendant une eclipse de lune, tout peut arriver..."). Hin hin bonjour la groooosse ficelle scénaristique. "Attention il va se passer quelque chose d'extraordinaire!" ok, on est prévenu, on attend, on est suspendu, comme les personnages, à la moindre sonnerie de portable, puisque, visiblement, le repas n'est pas passionnant (pour les convives).
Et ça commence à sonner. Et les petites histoires des un-e-s et des autres remontent à la surface les unes après les autres, comme des bulles de méthane à la surface d'un marigot (celle-là, -plop!- elle m'est venue comme ça), les petits secrets, les petites coucheries, les petites cachotteries (on est dans une optique résolument boulevardière) : qui se fait refaire les seins, qui voit une psy, qui a visité un hospice, pardon, une résidence, qui offre des boucles d'oreilles et à qui, qui est enceinte, qui reçoit des photos de cul, qui a enlevé sa culotte au début du repas (ça on le savait déjà, on l'a vu), et, -finalement- qui est pédé, tandis que le repas se délite de plus en plus et que l'ambiance devient de plus en plus délétère. On est insensiblement passé de "comédie" à "dramatique", mais toujours option cul et coucheries.
On avait démarré façon un dîner presque parfait et on se retrouve devant Strip-tease. Ou presque. Toutes et tous, ils sont graves. Sept personnages, trois femmes (Bérénice Béjo, Suzanne Clément, Doria Tillier, chacune très bien dans son registre) et quatre hommes (Stéphane de Groodt, Vincent Elbaz, Grégory Gadebois et Roschdy Zem, pareils, chacun son genre, mais vous savez vers lequel penche mon coeur) et sept téléphones pour un huis-clos façon Jeu de massacre. On s'y prend, au jeu, on accepte les ficelles, on ferme les yeux sur les facilités, on apprécie le montage (chaque scène a été re-tournée sept fois, chacune pour les réactions de chaque personnage). Oui, on joue le jeu (même si la partie semble de plus en plus truquée et prévisible).
Jusqu'à ce qu'un artifice scénaristique absolument innommable (injustifiable) ne vienne changer tout ça.
Pour une fin aussi inacceptable qu'incompréhensible. 
Oui, l'éclipse mon cul.

3571956

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