lieux communs (et autres fadaises)

dites ces mots "ma vie" et retenez vos larmes...

jeudi 24 avril

contamination

[REC]
de Jaume Balaguero et Paco Plaza

Mmmmhh... vraiment, ça dépote! Un bon p'tit film d'horreur espagnol, plutôt roublard dans sa forme mais assez redoutablement efficace dans ses effets. Quelle forme ? Mais une forme de reportage, voyons, à travers l'objectif de la caméra d'un... caméraman (qu'on ne verra d'ailleurs jamais, même au générique, normal, puisqu'il n'existe virtuellement pas, et que c'est le réalisateur ou le chef-op qui est -en vrai- derrière), embarqué avec une journaliste dans un reportage sur la vie nocturne d'une caserne de pompiers qui va virer à tout à fait autre chose... (La jeunette est en marcel, comme Bruce Willis dans Piège de Cristal, c'est dire... et c'est comme ça qu'elle terminera le film, d'ailleurs...)
La construction du film n'est pas pour rien dans le plaisir qu'on y prend (ce qui aurait pu n'être qu'une nième version de La noche de los muertos-vivantes, genre relativement codé n'est-ce pas, prend là comme qui dirait un petit coup de jeune et de sang neuf...). On démarre calmement, pépère, plan-plan, on prend son temps,  toc toc on grimpe d'un premier cran (entrée dans l'immeuble, découverte de la vieille dame enragée), puis encore d'un cran (la première victime), et encore d'un autre, et ainsi de suite, après ça n'arrête plus, dans un impitoyable crescendo en sang et cris et bave (mais, rassurez-vous on ne voit presque rien), jusqu'à une scène finale assez plastiquement aux petits oignons, entre Les frissons de l'angoisse (l'appartement muré), Le silence des agneaux (l'infra-rouge), Le projet Blair Witch (la fin...), et même, tiens, un petit chouïa de Rosemary's baby (les silhouettes qui traversent au fond du couloir).
On sait bien que par leur structure même les films de morts-vivants s'apparentent aux mathématiques, puisque chaque personnage sain dès qu'il est contaminé, vient grossir aussitôt les rangs des zombis goulus et énervés. C'est arithmétique : plus il ya de "sains" au début, et plus il y aura de pourris à la fin. Jusqu'à ce qu'il n'en reste qu'un(e)... Celui-là ne faillit pas à la tradition, on compte sur ses doigts, combien il en reste..., mais avec ce petit plus de "regardez rien que la vérité toute la vérité dans ma caméra au poing qui bouge qui tremble, qui tombe, qui s'arrête, qui peut même continuer à filmer toute seule (c'est pratique)" qui fait qu'on pourrait y croire ici un peu plus que d'habitude.
D'autant plus qu'il y fait bien souvent noir, dans cet immeuble (et de plus en plus au fur et à mesure qu'on grimpe dans les étages jusqu'à la chambre sous le toit où personne n'habite (et où il n' a, évidemment, pas de lumière, mais que fait l'edf ?), et où justement, chaque utilisation de la lumière est l'occasion de voir -bouh!- un truc qu'on n'aurait pas eu forcément envie de voir aussi et aussi près (attention, ça bondit souvent dans le cadre, de manière inopinée -enfin, pour les personnages, parce que nous, spectateurs, on sait que ça va sauter, on s'y attend, et les réalisateurs mettent alors en jeu tout leur savoir-faire pour réussir quand même à nous faire sursauter...- ).
Redoutablement efficace, donc. Et, vous savez quoi , le remake ricain ("Quarantine") est déjà tourné... Arrangez-vous pour voir l'original, et en v.o, s'il vous plait. Gracias...

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mercredi 23 avril

blind test

LA RONDE DE NUIT
de Peter Greenaway

Il faudrait avoir deux cerveaux (au moins) pour apprécier pleinement cet ultime opus de Peter G., un premier pour apprécier pleinement les images, les cadrages, la lumière, les compositions originales, savantes, baroques, bluffantes, et un second pour pouvoir ne se consacrer qu'aux dialogues, riches, denses, précieux, baroques, surchargés, chantournés, ciselés... Et peut-être un troisième, finalement, pour parvenir à synthétiser (à comprendre ?) bref à appréhender la complexité d'une intrigue foisonnante dont le sens semble se dérober constamment.
Bon, je ne le cacherai pas plus longtemps : j'adore ça. Mais j'ai l'esprit naïf, et je suis tout à fait capable de baver d'admiration en laissant ma mâchoire pendre, d'ouvrir tout grand les yeux et de déconnecter le neurone marqué "compréhension de l'histoire", juste pour prendre du plaisir.  Plaisir sensuel, plaisir esthétique, plaisir intellectuel, je ne sais plus. Plaisir tout court, en tout cas.
Greenaway, je l'aime depuis longtemps (depuis toujours) et j'ai continué de l'aimer, contre vents et marées,  même lorsque certains  lancèrent la mode de "N'aimons plus Greenaway". J'ai vu tous les longs-métrages qu'il était possible de voir (même ceux qui ne sont pas sortis en France! merci Internet! Merci le ouaibe! Merci les españoles et les italiani qui ont continué de s'intéresser à lui...) Un seul, l'avant-dernier (sorti en salle chez nous), Huit femmes et demi fut considéré par votre serviteur comme une funeste fumisterie (je n'en ai d'ailleurs plus aucun souvenir, si ce n'est que je suis sorti de la salle dans un état de fulmination intense....)
Bref j'étais content de voir le nouveau Greenaway, qui plus est dans le bôôô cinéma, sur un écran de hmm kilomètres carrés, bref, ce qui s'appelle s'en prendre plein les mirettes. D'autant plus que, fidèle à son habitude (peut-être d'ailleurs est-ce une des raisons qui m'a fait lui rester si longtemps fidèle -smiley aux joues roses de honte-) le réalisateur n'hésite pas à nous montrer son héros (ici, Rembrandt, joué par Martin Freeman, qui m'est extrêmement sympathique pour des raisons qui me sont toutes personnelles...) la zigounette à l'air, et ce dès la -quasiment- première minute de film, puis y reviendra encore, plus tard, côté pile, côté face...(Rembrandt était semble-t-il un joyeux queutard, surtout préoccupé, comme aurait dit Audiard, d'amours ancillaires).
Il est donc question de la Ronde de nuit, sur la peinture duquel (le tableau, vous suivez ?) Greenaway brode, encore fidèle à son habitude, une sombre histoire de meurtre, de complot, de machination ("dans un jardin anglais" ? vous avez dit "dans un jardin anglais" ??) où je dois avouer que je n'ai pas tout compris, d'autant plus, que, comme je l'ai déjà dit, les dialogues sont aussi riches que foisonnants, et il faut souvent faire son choix entre l'image et le sous-titre, au détriment donc, de l'un ou de l'autre. Mais en restant, en même temps, plutôt assez fidèle à ce qu'on sait de la vraie vie du vraie Rembrandt. Alors, il suffit de se laisser aller, de rentrer dans la ronde, et d'ouvrir grand les yeux (et les oreilles aussi... tiens tiens, en plus il a réussi à trouver un musicien qui sonne quasiment plus Nyman que Nyman himself...)
C'est vrai que Greenaway est un cinéaste à part, dont le cinéma serait le résultat de l'équation, en quelque sorte, "théâtre + peinture =..." Certains critiques sourcilleux semblent hoqueter de dégoût et laisser choir leur mouchoir de dentelle sur leurs escarpins vernis à cette seule évocation. Tant pis pour eux, les benêts, ils ne savent pas ce qu'ils perdent...

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lundi 21 avril

à bicyclette

LES TOILETTES DU PAPE
de Enrique Fernandez et Cesar Charlone

Les films sud-américains, c'est plus fort que moi : j'aime ça ! Et ce n'est pas celui là qui va me faire changer d'avis... Celui-là qui nous vient d'Uruguay, qui fut réalisé à deux têtes et à quatre mains, et qui nous narre les effets de la venue annoncée du pape à Melo, un village trou du cul du monde situé à la frontière Uruguay / Brésil dont les habitants subsistent (survivent) grâce à des petits trafics  en vélo pour les commerçants locaux, rapport à la proximité de la frontière, contrebandiers du quotidien à la merci du "douanier volant",  genre de petit commerçant local lui-aussi, et fieffé salopard qui les rackette selon son bon vouloir.
On s'attache ainsi à la roue de Beto, un rugueux mais jovial fièrement moustachu (plutôt craquant, d'ailleurs), dans ses allées et venues de part et d'autre de la frontière (les mecs, ils doivent se choper des super mollets d'enfer de la mort, vu les kilomètres qu'ils se tapent!) et dans sa vie de tous les jours, avec sa femme et sa fille (dont il aimerait bien faire aussi une future contrebandière, mais qui préfèrerait aller étudier le journalisme à Montevidéo, ce pour quoi la maman économise patiemment, peso après peso.)
L'annonce de la venue papesque (et des milliers de pèlerins associés) met les habitants de Melo en ébullition : voilà enfin une occasion rêvée de sortir un peu de la mouise, en vendant, qui des chorizos, qui des quiches, qui des hamburgers, qui des boissons... tous s'endettent grave et se mettent au boulot sérieux en prévision du grand jour.
Mais Beto a eu une meilleure idée encore : il va construire des toilettes, pour ces dizaines, ces centaines de milliers de gens, qui vont venir faire la queue pour s'y soulager. et sa fortune sera faite. Les parpaings, le ciment, la porte, la cuvette.... chaque élément successif est cause de dépenses supplémentaires (et donc d'allers/retours pour  son petit commerce) et les choses ne vont pas aller en s'arrangeant (problème de genou, problème de cuite, problèmes avec la douane, problème de vélo...) Beto finira d'ailleurs à pied, la cuvette sur les épaules (et c'est à ma connaissance la première fois au cinéma qu'une cuvette de chiottes devient un élément de suspense aussi haletant, genre Beto va-t-il arriver à temps pour que les gens fassent caca ? vous le saurez au prochain épisode...)
Mais, faut pas rêver. Les pauvres sont faits pour rester pauvres. c'est fondamental. Le passage -express- du pape à Melo n'amènera finalement qu'assez peu de monde, qui n'achètera d'ailleurs rien à personne, et n'ira même pas faire caca dans les super toilettes de Beto. La papamobile repartira, et les montagnes de chorizos resteront...
Tant pis, on s'en fout, on aura passé un super moment en compagnie de Beto et des autres habitants du village (excepté les trois acteurs principaux, tous les autres sont des non-professionnels, recrutés sur place, ça en rajoute presque un peu trop dans le style défilé de trognes pittoresques, mais bon, faut assumer, on n'est pas à Beverley Hills, hein...). Une comédie joyeusement grinçante où, sous les dehors de la fable, se glissent des éléments de contestation contre l'exploitation, le pouvoir, la religion...
Comme disent les réalisateurs en ouverture :"Seul le hasard a empêché que les faits, par essence réels, se passent comme ils sont relatés ici."

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(je trouve, hélas, que l'affiche est extrêmement laide)

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(et je préfère l'originale...)

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dimanche 20 avril

séance unique

Regardez un peu ce que je suis allé voir, finalement, hier soir...

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... ça décoiffe, non ?

Posté par chori à 18:26 - sacs congélation - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

guy darbois, des questions au standard ?

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(mercredi soir) Il y a trente ans, la téléréalité-poubelle était pure science-fiction. Les choses hélas ont bien changé, mais le film a plutôt bien vieilli. Furieusement seventies, mais Faye Dunaway , même en "prête à tout pour réussir" a vraiment un sacré charme (même si on ne croit pas une seconde à son idylle avec William Holden...)

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(jeudi soir) Un genre de grosse baffe. Les américains en Irak. Je ne supporte pas les scènes de viol au cinéma, et j'appréhendais donc. J'étais à deux doigts de sortir, c'est pourtant traité avec une certaine pudeur. Sur l'image en général, (sous toutes ses formes actuelles), et sur son (leur) interprétation. Secouant, et voulu comme tel.

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(vendredi soir) Autres temps... Encore l'Amérique et ses images manipulées, mais cette fois du noir et blanc hyperléché de notre ami Georges C., pour nous raconter la fin des années Mc Carthy (ses images à lui -le sénateur- sont vraies.) Fumée des clopes, gomina, costars impecc'. Propre sur lui, un peu trop sage peut-être...

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(samedi soir) Encore du noir et blanc, encore l'Amérique, mais du sud cette fois, pour un truc complètement incroyable, muet quasiment, entre Lang, Méliès, Maddin, Lherbier, un objet atypique, éminemment poétique (bien plus que politique ou polémique) qui m'a absolument ra-vi! J'ai d'ailleurs ramené l'affiche en souvenir!

Une semaine, donc, avec un film par soir, et un débat par soir aussi.
Et chaque fois, le même scénario : le générique se termine, les lumières se rallument, et la même question de l'animateur au micro "Est-ce que vous avez des réactions, quelque chose à dire ?" Et là, idem, me voici la tête soudain parfaitement vide, aussi immaculée qu'une banquise balayée de frais. A perte de vue, rien, nada, le vide, oui, parfait.
Et chaque fois je repense au bouquin de Thomas Disch "L'homme sans idées" (en anglais, encore mieux "The man who had no ideas"). j'avais pensé à l'époque (et je le pense toujours, et de plus en plus) que ce titre me convenait parfaitement. J'aurais même bien vu ça en guise d'épitaphe, tiens...
Non, décidément, je ne suis pas un homme de parole facile, de réaction immédiate, de discours structuré. Donc j'écoute les interventions successives de Monsieur D. (qui lui sait parfaitement, justement structurer son discours : quand il commence , il y a un "petit un" puis un "petit deux" et il ne perd jamais le fil.
Si par hasard (par miracle) me vient une phrase, le temps que je la répète, que je la polisse, que je la rabote, que je la vernisse, eh bien il est hélas trop tard bien trop tard lorsque je serais éventuellement prêt à envisager de demander la parole, et le débat a rebondi sur autre chose et autre chose encore, et je n'ai plus qu'à la remballer, ma jolie intervention putative, dans ma poche avec le mouchoir par-dessus.

( 2ème festival du film et des médias de Lure)

Posté par chori à 17:09 - pluricul/multimed - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

vendredi 18 avril

fin de vacances (et autres joyeusetés)

je me décompose
je me délabre
je me désagrège
je me désassemble
je me désintègre
je me dilue
je me disjoins
je me dissémine
je me fissure
je me fractionne
je me fragmente
je me morcelle
je me pulvérise

je me raccourcis
je me racornis
je me ratatine
je me rétrécis
je me scinde
je m'abrège
je m'amenuise
je m'amoindris
je m'éboule
je m'écroule
je m'émiette
je m'éparpille
je m'escamote
je m'évanouis
je m'évapore
je rapetisse
je diminue
je fonds
je disparais

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Posté par chori à 14:31 - listes! - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

jeudi 17 avril

"C'est insupportable et nous le supportons"

...
Oui, et nous le supportons...

Posté par chori à 09:11 - réel - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

ballets russes

LOIN DE SUNSET BOULEVARD
d'Igor Minaiev
(en avant-première)

Deuxième édition du Festival du film et des médias de Lure. Soirée d'ouverture.
Un film surprenant. (Interpelant ??) Ou comment traduire "mélo hollywoodien" en russe. Avec des numéros de comédie musicale dedans. Un flash-back (deux heures sur les deux heures dix que compte le film) sur la carrière d'un réalisateur soviétique des années 30 (pas tout à fait réel mais pas tout à fait imaginaire) et de son actrice principale (idem) (qui est aussi son épouse mais sans l'être vraiment), depuis son arrivée à Moscou au bras de son amant lui-même réalisateur, jusqu'à la fin (volontaire ?) de sa production pour cause d'incompatibilité avec le régime.
Du mélo, donc, avec mort(s), larmes trahisons déceptions aveux dénonciations, mais le tout entrecoupé de véritables morceaux de bravoure (mis en abyme)  chantés et dansés, extraits des comédies musicales que réalise le susdit... réalisateur, et qui pourraient bien à eux seuls valoir le déplacement, dans un réjouissant deuxième degré réalisme soviet propaganda vive le communisme triomphant et la nostalgie camarade.
Mais le reste du récit souffre d'une glamourisation à mort du récit, en même temps, paradoxalement, qu'une stylisation excessive (certains personnages ne figurent hélas qu'à l'état d'ébauche ou d'esquisse, et la multiplicité des thèmes : stalinisme, paranoïa, vie de couple, avortement, homosexualité ne permet pas un véritable traitement digne de chacun...)
Le mélange n'est pas toujours  convaincant et on a parfois le sentiment d'un hiatus, d'une fracture, encore renforcé par le montage, en passant d'un genre à l'autre, d'une scène à l'autre, comme on passerait sans transition de la vapeur à l'eau glacée.
Heureusement, l'échange final avec le réalisateur, qui nous honorait de sa présence en ce soir de première, en compagnie du (jeune) musicien qui a composé la musique du film, fut un réel plus, tant cet homme-là est... passionnant, et sut apporter quelques éclaircissemments sur l'entreprise. Lucide, réaliste, désabusé, demi-sourire, slave grave, quoi, et de plus parlant doucement un français impeccable avec juste une pointe d'accent indéfinissable. Comme il l'a dit, "mais tout est factice, tout est fabriqué, tout est mis en scène..." Et, visiblement, dans la Russie d'aujourd'hui, rien ne va vraiment mieux qu'il ya soiwxante-ans, hélas...

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Posté par chori à 08:50 - pluricul/multimed - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 15 avril

barbouillé

Oui, bon, c'était un peu couru... Voilà que tout à coup (non, ça n'est pas apparu "tout à coup" justement, c'est venu, discrètement, sans bruit, sans crier gare...) on réalise (on prend conscience) que la belle humeur est en train de se désagréger, de tomber en quenouille, de se barrer en couilles, quoi...

On a beau être en vacances, on a beau faire des choses, on a beau s'agiter, ramer, pédaler, nager, on a le sentiment non seulement de ne pas réussir à avancer, donc, plus gênant déjà de faire du surplace, ou,  pire encore, de partir dans le mauvais sens, de se laisser entraîner par le courant, de dériver, de se laisser emporter, de repartir en arrière, de retomber dans les vieux travers, les vieilles ornières, la même fange qu'avant, la même bouillasse, le même lisier... Trop d'énergie gaspillée

Caliméro, on se vautre, on se dit c'est pas ma faute, c'est pas à cause de moi (ou "qu'à cause"), je n'y suis pour rien. On r'garde autour de soi, rien à dire, les autres ont l'air normaux, le monde aussi, qui tourne de guinguois comme d'hab', de plus en plus mal de plus en plus vite de plus en plus de traviole mais qui tourne comme d'hab, personne n'a l'air de s'en inquiéter davantage. Peut-être qu'on n'a plus l'ahbitude, qu'on a le vertige, qu'on voudrait descendre...

On se dit ok ok ok c'est p't'être juste la pluie qui tape sur le système, un jour deux jours trois jours, après on finit par ne plus compter, c'est tous les jours, c'est normal, c'est comme ça, il pleut, et les températures sont très inférieures aux normales saisonnières, p't'être juste la pluie, donc, qui ramollit les synapses détrempe le neurone et court-circuite les muscles qui font sourire, c'est certain qu'elle n'arrange pas les choses mais on se dit que y a pas qu'ça, qu'y a pas qu'ça...

Y a  les autres, "au-dessus", les politiquement correc', la droite décomplexée, (qui fut et reste  "la plus bête du monde") au coin de chaque journal, chaque jour, les émétiques gouvernementaux, les courtisans, les chamarrés, les courbetteux, les idolâtres, les sensdupoilistes, les méprisants, les condescendants, les orduriers, les charognards,  les démantibuleurs des acquis sociaux, les goguenards, les provoc', les voleurs, les menteurs,

Oui, je hais ce gouvernement, je l'abhorre je l'abomine je le... Pfff et qu'est-ce que ça va changer, hein ? Je demanderais bien l'asile politique, mais où ??? Aujourd'hui, aux infos, (tiens on ne parle plus du joli yacht et des vilains pirates) on parle de sanctions pour les chômeurs de plus de six mois qui n'"accepteraient pas les supers offres de boulot mirifiques qu'on leur offre : jusqu'à deux heures de trajet inclus, non, mais" et de travailleurs sans papiers qui font grève illimitée parce qu'ils ont marre de bosser et de cotiser pour des clopinettes, et tiens, la Sécu ne rembourserait plus du tout des lunettes (c'est bien connu, ce n'est pas de la santé, c'est juste du confort, du luxe!)... Et en Italie, Berlusconi vient de repasser : sont fous ces ritals, mais pas autant que nous, encore! Tiens je coupe la radio, va, j'ai encore envie de gerber...

Allez lire ; ça en vaut vraiment la peine...

Posté par chori à 14:51 - fadaises - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

lundi 14 avril

les bourdons

(brimborion de rêve)

Il semble qu'il y ait comme une invasion de bourdons (on les reconnaît parce qu'ils sont  plus gros et plus ronds que les abeilles.) Il y en a un peu partout, pourtant on se sent pas particulièrement agressé ni en danger. Ils ne volent pas, d'ailleurs, ils sont simplement posés, un peu partout, comme endormis (ou anesthésiés.)
Je traverse la rue pour aller rejoindre Malou, il y a des bourdons entre les jointures des pavés. Malou en a un au coin de la bouche, et quelques autres posés sur son épaule, mais ça n'a pas l'air de lui poser de problème ou de l'inquiéter. Elle agit comme si c'était tout à fait normal (ou comme s'ils n'étaient pas là.)

Posté par chori à 12:29 - sacs congélation - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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