samedi 3 octobre 2015

sérénade à trois

LES DEUX AMIS
de Louis Garrel

Golshifteh Farahani + Louis Garrel + Vincent Macaigne = Oh oh oh (voix de Père Noël)

les deux amis

Cette photo-là (plus l'affiche) c'est tout ce que je savais du film. Et rien que ça me donnait énormément envie de le voir.
Louis Garrel, pour moi, c'est surtout lié aux films de Christophe Honoré (que j'ai a-do-rés : surtout  Les Chansons d'amour et Les bien-aimés). Il semblerait qu'il énerve beaucoup de monde, parce qu'on a l'impression qu'il joue toujours le même personnage (ou qu'il a toujours le même jeu) mais, à chaque fois, je craque. Je l'aime comme ça. (dans le St Laurent de Bonello, il est parfait)
Golshifteh Farahani est sublime, et sa filmographie ne l'est pas moins (My Sweet Pepper Land, Syngué Sabour, Si tu meurs je te tue, A propos d'Ely... ) à chaque fois elle subjugue, mais pas uniquement par sa beauté, par la qualité de son jeu, aussi...
Vincent Macaigne, pour moi, c'est pareil.
Je le trouve tout aussi beau, avec sa barbe sa tignasse et ses yeux de chien battu (plus il a de barbe et plus beau je le trouve, autant dire qu'ici il est sublimissime.) Pour la filmo, idem (Un monde sans femmes, Les Lézards, Tonnerre, La Bataille de Solférino, Deux automnes Trois hivers...), beaucoup de choses qui m'ont donné beaucoup beaucoup de bonheur. (je mettrai à part La fille du 14 juillet, qui m'a -vraiment- exaspéré). Mais comme pour Garrel, certains commencent à lui reprocher de toujours jouer le même personnage, de "faire son Macaigne". Moi ça ne me gêne pas, il peut continuer tant qu'il veut (et allo-ciné vient de me mettre l'eau à la bouche...).

En plus c'était un film réalisé par Louis Garrel, avec l'aide de Christophe Honoré au scénario, et donc j'étais curieux. J'avais déjà beaucoup aimé son court-métrage Petit tailleur. Donc je me suis installé, ronronnant, dans mon siège (je devais presque briller dans le noir tellement j'étais content.). Dès le  début, Garrel nous surprend par une scène qu'on ne s'attendait pas vraiment à trouver là (une douche, une prison, une prisonnière qui va prendre le bus pour aller bosser), tant on supposait rester dans le registre de la comédie-sentimentale-parisienne-bobo-etc, et nous appâte donc hop! fort habilement. D'autant plus que lui fait suite la première apparition de Vincent M., en casquette rouge derrière un poteau, tout à fait irrésistible. Et Louis Garrel a la délicatesse de ne pas se faire apparaître tout de suite.

Il s'avère que la suite du scénar n'est pas tout à fait non plus comme on l'attendait (ou le craignait) : il ne s'agit pas d'une rivalité amoureuse entre deux hommes pour la même femme au début, tout du moins). Il s'agit de deux amis (comme dans la fable de La Fontaine, dont l'un est amoureux d'une femme magnifique qui ne l'aime pas, et demande donc à son ami (à lui) de l'aider.)
La journée passe, Gare du Nord et environs (c'est là que Mona -Golshifteh- vend des viennoiseries). Et un train qu'on prend (ou pas) prend, soudain, une importance vitale.
 Elle ne le prend pas (ça va barder pour son matricule) Les deux zozos ne savent pas pourquoi elle est obligée de rentrer ainsi tous les soirs. Et ils vont donc passer une nuit tous les trois (pas tout le temps ensemble, d'ailleurs), dans Paris. Une belle nuit, une nuit agitée, avec des aléas, des incidents, des quiproquos, des mensonges,  des déclarations péremptoires, des disputes. Une bien belle nuit. Où on déambule, où on parle (beaucoup) aussi. Mais où rien n'est, finalement si grave (ni si pris au sérieux.) C'est filmé avec élégance et  finesse (avec beaucoup de soin apporté à a lumière et aux cadrages. Non seulement le récit tient ses promesses (tient sa parole ?) mais il sait régulièrement nous surprendre par quelques bienvenus accrocs dans la trame : des excès burlesques (Macaigne et Garrel s'y entendent -ou pas justement, hihihi!- à la perfection) qui éclatent ça et là comme des feux d'artifice joyeux et incongrus dans cette (froide) nuit parisienne. Et tout ça très plaisant.
Abel, Clément, et Mona. Et pourtant, les amis ne sont que deux dans le titre du film. Garrel, mine de rien, ne l'a pas choisi par hasard, en en ôtant l'élément féminin perturbateur (l'amitié est une chose, le désir en est une autre, et l'amour une troisième). Et on y va! Car  on ne se fait pas prier pour marcher avec eux  la nuit, aller nourrir un oiseau bleu, danser dans un bar désert, dormir en cellule menotté(s) à un banc, se faire des bisous pour se souhaiter bonne nuit (toute la partie hôtelière est délicieuse). D'autant plus que le sous-sous-texte gay n'est pas si sous-sous que ça (il est presque à la surface pour les deux camarades, et il affleure même carrément avec le veilleur de nuit de l'hôtel.) On sent que cette problématique bi est assez familière -et récurrente- à notre ami Loulou. Mais je précise (pour les amateurs éventuels) : ici pas de QV (ce n'eût été ni le lieu ni l'heure). Mais tout le reste est tellement agréable qu'on (on c'est je ici) n'en aura même pas ressenti le besoin, c'est dire.

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En fouinant sur all*ciné, j'ai découvert que Louis Garrel avait fait trois courts-métrage, et je viens de regarder La régle de trois, sur y*utube, avec Golshifteh Farahani, Vincent Macaigne (avec un tout petit peu de barbe ) et Louis Garrel... deux amis (Vincent et Louis, qu'ils s'appellent), la fiancée de Louis (qui elle n'a pas de prénom), et une promenade parisienne où l'on parle de l'amour et de l'amitié (on voit même les deux amis marcher dans la rue en se tenant par le petit doigt, pour faire comme les mecs au Maroc, et trouver que c'est "très étrange"...), qui peut-être vu comme une postface (ou un prélude) à ce film-ci.

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jeudi 1 octobre 2015

services sociaux

ZANETTA
de Petr Vaclav

J'avoue, j'ai hésité. Après ma diatribe contre "les films soci(et)aux avec des enfants malheureux" je craignais de l'être  aussi (malheureux) à nouveau. Et puis je me suis souvenu qu'Hervé l'avait très chaudement recommandé (ne l'a-t-on pas programmé, d'ailleurs, parce que c'est lui qui nous en a parlé ?) et j'ai plutôt tendance à lui faire très confiance.
Je me suis donc fait violence (ou presque) pour m'extirper de chez moi et aller jusqu'au bôô cinéma. Pile poil à la bonne heure. on était 4 dans la salle (puis 5, Claude est arrivée juste un peu plus tard.)
L'héroîne s'appelle Zanetta (avec un petit bitonio au dessus du z en VO qui fait que ça se prononce "j" ou presque) et elle vit, au début du film, avec son compagnon, David, sa fille, et sa soeur (à elle, pas à la fille, sinon j'aurais dit "son autre fille") au prénom inécrivable (et imprononçable). Ah j'oubliais le plus important : tout ça se passe en Tchéquie. Et aïe aïe aïe ça ne donne bigrement pas envie de vivre en Tchéquie. mais alors pas du tout.
Car ce qui complique encore plus la vie de toute cette famille, c'est qu'il font partie de la communauté Rom. et qu'il ne fait spécialement pas bon être Rom en ce moment et en Tchéquie. (Le film pourrait être le prolongement actuel de la version "historique" qu'on en avait vu, au XIXème, dans Aferim!). Le nationalisme exacerbé, le racisme, la violence, les insultes, l'ostracisation, non non rien n'a changé. Et c'est le troisième film que Petr Vaclav consacre à cette communauté (après Marian (1996) et Les Mondes parallèles, (2001), un film par décennie...), sans en faire partie, mais après l'avoir longtemps côtoyée.
Immédiatement, dès le début du film, on réalise qu'il ne s'agit pas de reconstitution plus ou moins consciencieuse et appliquée (Rosetta, La tête haute, Une enfance), mais qu'on est en pleine réalité sociale (les personnages, les lieux, les mots, les gestes) à peine fictionnée, remise en forme cinématographique. Et, par cette volonté-même, d'une force et d'une justesse remarquable(s). Parce que l'énergie et la volonté de Zaneta se sont pas systématiquement montées en épingle (et, par exemple, filmées de dos, je ne citerai personne suivez mon regard) et cinégétisées (ça n'existe pas, mais vous voyez bien en gros ce que je veux dire). C'est comme ça, c'est juste. Il n'y a pas de bluff, pas de frime, pas d'insistance. La vie est là, comme elle est,et  tellement que ça nous bouleverse. Mais juste vue, et restituée, par un vrai, un incontestable cinéaste. Moments doux, moments moches, moments inattendus, moments insupportables, moments redoutés. Peter Vaclav  nous montre juste son amour et son respect pour elle, pour lui, pour eux.

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(et en fouillant sur le ouaibe j'ai trouvé ça, que jai trouvé aussi juste que le film, et que je vous livre tel quel :)

C’est une histoire d’amour, l’amour de Zaneta et de David. Zaneta, longue tige fière arpente le film de Petr Vaclav sur ses bottines à talons, David, ronde boule métisse encaisse les coups. Il y a aussi leur bébé et la petite sœur. Ces quatre là pourront-ils faire une famille ? Se faire une bonne vie ? Qu’est-ce qu’une bonne vie ? La question vaut pour nous aussi qui regardons leurs visages vibrer. Hors champ, des voix les interrogent, leur intiment des ordres, les assignent à leur place de Roms dans la société tchèque d’aujourd’hui. Quel amour seront-ils capables de faire vivre depuis cette place là ? C’est la force du film de s’en tenir à ce modeste programme. Vivre un amour, rester une personne digne, se faire une bonne vie quand les portes se ferment et que la violence règne tient de l’exploit. Comment garder son humanité quand on vous parle mal, qu’on vous traite mal, qu’on vous relègue ? Le film ressemble à Zaneta et à David. Déterminé et fragile, violent, parfois naif, il se fraie avec obstination un chemin entre la vie modeste, la vie morale, le chaos et la vie possible comme Zaneta et David qui se battent, se débattent, trimbalent des sacs, reçoivent et donnent des beignes, dansent beaucoup, boivent trop, rangent encore, déménagent une fois de plus, cassent tout, explosent et recommencent jusqu’au bout du bout. Parfois, ils fument une cigarette accroupis contre un mur, ferment les yeux dans un lit, ils s’étreignent maladroitement, chantent un peu, leur beauté palpite, la paix semble proche et le film nous émeut. Il repart immédiatement sur les chapeaux de roue car la guerre est déclarée, la route est longue et Zaneta sait ce qu’elle veut, c’est ce qui nous touche tant et les sauvera peut-être...

Dominique Cabrera, cinéaste

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mercredi 30 septembre 2015

micro 149

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cette tentative de cake tomate/courgettes/feta fut un véritable accident industriel.

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 un tableau représentant un voilier avec, dans un coin du cadre,
une étiquette portant le nom du tableau : "Voilier".

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Avec tous ces flageolets mangés à midi, j'étais étonné de ne pas avoir commencé à péter plus tôt (17h30)

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plutôt que de "super-lune", il vaut mieux parler de périgée-syzygie

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 changer de dizaine sur la balance, c'est comme changer de dizaine pour un anniversaire

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 les gens, on les regarde rarement de très près

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Je ne dors pas très bien dans mon lit, mais au cinéma, si.

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Gérard Lefort écrit en caméra subjective.

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J'aime beaucoup le titre du Best of de R.E.M :
Part lies, part heart, part truth, part garbage

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Mathieu Riboulet nous apprend qu'en turc Murat  se traduit par désir

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avant la mizenplis

tablo prog

Ca ne m'arrive pas si souvent... De me réjouir comme ça ! Oh que je la trouve alléchante cette programmation. Vous ne trouvez pas ?
* Trois films que j'ai déjà vus mais que j'adore (et que je reverrai encore : Cemetery of splendour, Les secrets des autres, Que viva Eisenstein!)
* Deux que j'ai déjà vus mais que je ne reverrai pas forcément (l'Almodovar, parce que je viens juste de le revoir, et, qu'en plus, j'ai le dvd, et le Gomes, parce que, si j'adore la première partie de ce troisième volume, je n'aime pas autant la deuxième...)
* Et les sept restant, j'ai tous envie de les voir :
-très très très pour Les deux amis, Asphalte, et L'autre rive
-très très pour Les chansons... et Much loved
-très pour  Une histoire de fou et Life
Voilà donc un joli mois d'octobre ciné qui point, ne trouvez-vous (point)?

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mardi 29 septembre 2015

le renard qui dort sous la branche

L'ANNEE DU SOULEVEMENT
de Hubert Mingarelli

Lu après La promesse, et celui-ci a un peu souffert de la comparaison.
Deux hommes (un plus âgé, Cletus, et un plus jeune, Daniel), des "insurgés", qui se sont révoltés contre l'armée, dans un pays indéterminé, ont la charge d'un prisonnier (un militaire) nommé San-Vitto. Ils l'escortent jusqu'à un endroit, dans la montagne, où d'autres viendront le chercher pour l'interroger, et, probablement, l'exécuter.
Les voilà tous les trois dans la montagne, à côté d'une maison abandonnée à moitié écroulée, à attendre que "les autres" arrivent. La nuit tombe. En attendant, ils parlent...
Aucun personnage féminin (sauf une, dans un souvenir -ou dans un rêve ?-) ici pour venir distraire les relations et les tensions (et parfois aussi les apaisements) entre ces trois hommes. (Et beaucoup moins de sentiments "positifs" entre eux aussi que, par exemple, dans La promesse). Il y a les deux qui sont du "bon côté du fusil" qui s'asticotent (c'est surtout Daniel, le jeunot, qui revient régulièrement à la charge.) et, en face San-Vitto, dont on ne saura finalement pas grand-chose.
Cletus est celui des trois que l'auteur détaillera le plus précisément (des mots, des souvenirs, un rêve), il est le centre de gravité du livre, et on peut regretter que les deux autres restent assez flous, quasiment à l'état d'esquisses.
La maison au toit cassé évoque celle du Voyage d'Eladio (et, finalement, les "insurgés" recomposent, avec San-Vitto, le même genre de trio que celui du poignant Un repas en hiver). Mais se jouent entre eux des choses moins fortes, moins vitales.
Un fusil, un fauteuil, un paquet de cigarettes. voilà pour les accessoires. et pour ce qui est des animaux, une jument dans la nuit et un renard (dans un souvenir). Et des sapins, dans le même souvenir
Le petit théâtre de Mingarelli est prêt à fonctionner (il y aura, comme d'habitudes, des moments magnifiques qui font résonner à l'intérieur de vous on ne sait trop quelle corde sensible, et on aime le son que ça produit et la façon dont ça se répercute.) Ce qu'on demande, ce qu'on a fait, ce qu'on ne dit pas, ce qu'on ne comprend pas, ce qu'on refuse... les mots vont et viennent entre les trois. je crois que le souvenir de La promesse était encore trop frais, son ombre portée encore trop présente pour que je puisse complètement me laisser aller à celui-là.
Il y a le présent, entre les trois hommes, qu'on suit linéairement, et parfois, accidentellement, des bribes de passé. Des fragments ciselés, , magnifiques, mais comme posés là. Le sentiment diffus que les différents morceaux ne "s'emboîtaient pas" vraiment.
Et la fin de l'histoire (enfin, l'avant-fin, puisque le tout dernier chapitre ne relève pas de la même chronologie) est à la fois très touchante et très frustrante, à la façon dont elle escamote subrepticement deux personnages sur trois.
On reste sur sa faim légèrement, peut-être, mais, ce Cletus, on aurait envie de le connaître mieux, de l'accompagner (comme beaucoup de personnages de Mingarelli.) De regarder les sapins, de penser à la neige, d'allumer une cigarette avec lui sous la pluie, même si on a depuis bien longtemps arrêté de fumer...

images

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lundi 28 septembre 2015

photo blanc blanc

(lambeaux de rêves)

Il est question d'une P.E débutante prénommée Marie (on m'a donné aussi son nom, mais je l'ai oublié) qui aurait de très grosses difficultés dans sa classe (je suis à une espèce de soirée avec beaucoup de gens qui parlent)

Je suis chez (?) la soeur d'une vieille instit' de Gray que j'ai bien connue. Est en visite chez elle un (vieux) conseiller pédagogique qui était aussi présent à la "soirée" du lambeau  précédent. Ils sont dans une autre pièce (la chambre ?), je suis dans le salon. Sur le sol sont posés plusieurs i-phones, avec un fouillis de câbles et de prises, je comprends que la soeur de (?) est en train de recopier sur le sien le contenu de celui du vieux conseiller péda. Je me penche pour voir de quoi il retourne, et c'est visiblement une vidéo prise dans la classe de la jeune Marie (du lambeau 1), où il semble y avoir effectivement du chahut (beaucoup de bruit, surtout).
Tandis que je suis accroupi en train de regarder la vidéo, la soeur entre dans la pièce, me présente le vieux conseiller, et me dit que, si je veux, je peux en profiter pour regarder la vidéo (ce que je suis déjà en train de faire...) qu'il a enregistrée sur son i-phone
Je m'extasie sur la technicité et la qualité de ces appareils, et elle me dit, que, justement ils en ont en magasin (tiens j'ignorais qu'elle tenait un magasin... peut-être depuis qu'elle est en retraite ?), et que si je veux je pourrais en acheter un chez eux (me traverse alors l'esprit la réduction que je pourrais éventuellement obtenir, puisque je la connais)
Je récupère mes affaires (ce n'est pas très pratique, mon sac, un vêtement, plus quelque chose que je tiens hors du sac) et je sors (en repensant à la réduction)
Je suis avec Thierry, il est allongé sur un lit (style lit d'internat, en fer) et je dois le photographier pour terminer un travail (pour les Beaux-Arts ?). Il incarne un personnage de manga ou de bd niponne, Naruto je crois (dans la réalité je ne sais absolument pas qui est  Naruto), et je veux terminer par une photo où on ne verrait que du blanc, un plan rapproché où on verrait le bas de son t-shirt et son slip -blancs-.
Arrivent à ce moment dans la pièce toute une série d'étudiants, avec des appareils-photo, qui doivent visiblement finir le même travail photographique. La première est une demoiselle qui envisage de représenter le copain de Naruto, et prononce un nom à consonnance anglaise, genre BenTen (ça me fait penser à ça mais ce n'est pas ça), en s'avançant sur le lit (au bout duquel Thierry est toujours allongé) pour le photographier, mais je réussis à m'interposer en disant que je dois encore prendre ma dernière photo, et je réalise à ce moment que Thierry est gêné que je le fasse devant les autres étudiants

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raplapla

LOVE
de Gaspar Noé

On l'avait programmé cette semaine, interdit aux moins de 18ans et en 3D! J'étais curieux, plus encore que du film, de voir quel public allait se risquer à cette séance "sulfureuse"... Du cul officialisé, labellisé cinéphile, rendez-vous compte!
Comme je l'avais supposé, cela n'a visiblement pas provoqué beaucoup d'émoi chez nos adhérents "habituels".
On était huit dans la salle : deux couples, deux mecs tout seuls, et une paire de mecs : Hervé et moi.
Quand le film a commencé la première fois, c'était très rose et violet, comme solarisé, on devinait vaguement deux corps, une femme qui masturbait un sexe dressé, mais point de relief, et, dans les lunettes, un effet de vibrations assez insupportable.
Tout le monde dans la salle s'en émeut, Hervé va changer ses lunettes, le voisin de derrière se lève... Le film s'arrête, puis redémarre, au début donc. Il a cette fois des couleurs normales, on distingue désormais très nettement ce dont il est question, le couple en activité, la dame qui branle le monsieur. Puis le monsieur qui se réveille en sursaut, un premier janvier, couché avec une autre dame (une blonde cette fois). Je m'enquiers de la perception du relief chez Hervé qui oui oui confirme, ça l'est, tandis que je me désespère : je ne perçois pas le relief (je le savais déjà, mais à chaque fois j'espère). Si j'ôte les lunettes, les images et les sous-titres m'apparaîssent légèrement dédoublés, et, si je les remets, tout devient net mais reste désespérément plat.
Oui, désespérément.
Je prends donc mon mal en patience (mon mâle aussi, puisqu'il n'y en a qu'un à regarder) et j'essaie de m'intéresser à cette histoire d'amour un peu compliquée au début (normal il y a de récentes sautes temporelles), mais finalement assez simple : un mec et deux nanas, un brune et une blonde, une plus jeune (dont la mère lui téléphone ce fameux premier janvier où débute le film), des souvenirs, et des regrets aussi, des sentiments donc, et quelques coups de queue aussi : plusieurs séances de fornication, mais filmées assez sobrement, sans gros plans cliniques habituels du X, mais plutôt surtout les sentiments, quoi. C'est assez vite (pour moi) un peu  fastidieux, j'écoute les dialogues, tiens il est question d'un bébé qui s'appelle Gaspar, et d'un monsieur qui s'appelle Noé. Ah ah ah.
Il y a aussi beaucoup de drogues. et des états de transe(s). Et je me souviens alors que le film est très long.
Mais je tiens jusqu'au bout (il y a une fois où j'ai perçu le relief, brièvement, un vrai relief à l'ancienne, comme dans le Hitchcock, quand la main tendait la clé en gros plan (Dial M for murder), c'est quand un monsieur pointe un index accusateur vers la caméra. (Mais je ne l'ai pas perçu quand, un peu plus tard, il fait la même chose avec sa teub.)
A quoi bon donc.
Donc résolution : plus jamais de films en relief pour moi (et pas forcément beaucoup plus de films de Gaspar Noé).
Mais le dernier plan dans la baignoire est plutôt beau, et mérite qu'on s'y attarde.

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dimanche 27 septembre 2015

le gamin au vélo

UNE ENFANCE
de Philippe Claudel

Je viens de le voir (première séance dans le bôô cinéma) sans rien en savoir, et ça m'a mis le moral dans les chaussettes (et peut-être même encore plus bas (que le trente-sixième dessous).
J'ai d'abord connu Philippe Claudel en tant qu'écrivain (c'est Philou qui me l'a fait découvrir, au temps des Âmes grises, qui n'étaient pas non plus un prototype de rigolade), je l'ai ensuite moins connu en tant que cinéaste (quelque chose, à l'époque, m'en a écarté, mais je ne sais plus exactement quoi...) Ai-je déjà, d'ailleurs, vu un de ses films ?

C'est l'histoire de Jimmy, un gamin d'une douzaine d'années, et de son jeune frère Kevin, qui vivent avec leur (jeune) mère et le nouveau copain de celle-ci. La mère vient de "sortir" (dixit la grand-mère, sans qu'on sache précisément s'il s'agit de prison ou d'hosto). Jimmy souhaiterait pouvoir aller chez sa grand-mère plus souvent, car à la maison, ça n'est pas de tout repos. Bières, pétards, soirées, beuveries, fumette, on le comprend. Philippe Claudel a d'ores et déjà bien chargé la barque de ce "réalisme social" qu'on a déjà pas mal vu ces derniers temps (La tête haute). Sa mère n'assure pas, et Jimmy gère (comme il peut...) parce qu(il l'aime, sa mère, et c'est le plus important (on dirait un discours d'éduc').
C'est l'histoire d'un gamin qui ne compte pour personne, ou presque, et qui doit se démerder pour grandir avec ça. Ca m'a assez démoralisé de voir (à nouveau) sur l'écran des situations que j'ai reniflées lors de ma vie professionnelle. Ces mères trop jeunes qui rencontrent un mec, se retrouvent enceintes, se font plaquer,re- retrouvent un mec, se re-retrouvent enceintes, se re-font larguer, et re-re-retrouvent un mec, etc. Services sociaux, éducateurs, assistantes sociales, dèche...
C'est sans fin, c'est sans fond.
Et la position du réalisateur est plutôt ambigue. Ou plutôt le déséquilibre entre sesdifférents choix. On navigue entre le voyeurisme presque malsain (mi-fasciné, mi méprisant), pour toutes les scènes qui se passent à la maison,  et la neutralité bienveillante et ensoleillée pour  Jimmy et sa recherche d'"autre chose", son aspiration à un monde "normal" (la fête d'anniversaire, le court de tennis) où les parents aiment leurs enfants, et où les gamins ont des préoccupations de gamins.
Les deux gamins (comme dans le récent La vie en grand) sont vraiment parfaits de naturel et de justesse, le petit dans la gouaille et le grand dans une intériorité plus grave, où l'on sent, derrière une façade presqu'impassible, s'accumuler une violence de plus en plus oppressante (et il y a de quoi.)
Une surprise dans le film, celle de retrouver Pierre Deladonchamps et Patrick d'Assumçao (qu'on avait découverts ensemble dans L'inconnu du lac) dans deux contre-emplois parfaits (l'un en chômeur/zonard/beauf/mac et j'en passe, et l'autre en joyeux instituteur plus passionné et plus sympa tu meurs).
A noter que le réalisateur s'est, pour la première fois, donné un rôle dans son film : celui du professeur de tennis (grâce auquel apparaît, in extremis, une minusculissime étincelle d'espoir, avec ce regard-caméra (et ce sourire, le premier du film) du jeune Jimmy. (ces prénoms, quand même... il était vraiment obligé d'autant enfoncer le clou ?).
Bref, un chouïa de Dardenne(s), un poil de Dumont, un zeste de Fishtank, un brin de Géant égoïste, un soupçon de La tête haute, un doigt (d'honneur) de La Merditude des choses... Je crois que je suis juste un peu fatigué des films soci(ét)aux sur l'enfance malheureuse.
Toute la  misère du monde, j'ai juste envie d'autre chose au cinéma, voilà.

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samedi 26 septembre 2015

grand couteau

LA VOLANTE
de Christophe Ali et Nicolas Bonilauri

Mouais... il passait hier soir pour la dernière fois dans le bôô cinéma où on l'avait programmé, et j'y suis donc allé, sans enthousiasme excessif. On était quatre, à la sortie, à en discuter, les deux filles avaient plutôt bien aimé, et les garçons étaient moins enthousiastes (et moi encore moins qu'Hervé).
C'est l'histoire de la vengeance d'une femme envers l'homme qui a -sans le faire exprès- tué son fils (en conduisant sa femme à la maternité.) Cette vengeance-là se mangera très froide, puisqu'elle attendra presque 10 ans avant de se concrétiser. Froide, glaciale même, ainsi est d'ailleurs Marie-France (incarnée par Nathalie Baye, toujours aussi bonne actrice, même si, comme le dit joliment Libé "La nouvelle plastique de la comédienne, figée dans une impénétrable rigidité, contribue à brouiller les pistes"), qui camoufle sous des sourires fallacieux l'extrême noirceur de ses desseins. Car l'homme en question (celui qui a tué son fils) a eu lui aussi un fils, né cette fameuse nuit-là, où le sien à elle mourait justement, et toute la question pour le spectateur est : mais jusqu'où est-elle prête à aller, jusqu'à quel point désire-t-elle se venger ?
Les critique sont été plutôt dures dans l'ensemble pour ce film qui n'en demandait pas tant. Si j'ai trouvé le début plus que moyen (une scène qui ne fonctionne pas, où la mère est confrontée au cadavre de son fils, une scène qui n'est pas juste et plombe un peu cette mise en route) la suite fonctionne par contre très bien. On sait que Marie-France est une salope méchante, donc qu'elle va faire des méchancetés, mais on ne sait pas quand, et donc toute la mise en place de son plan est plutôt efficace. On admire même le machiavélisme de la méchante fausse-gentille, et la patience et la volonté dont elle a sur faire preuve pour que tout se déroule suivant ses plans. (Je suis bon public, je l'ai déjà dit, et donc j'étais tendu. Chacun évacue la tension d'une façon qui lui est propre : nos voisines de devant commentaient - On a même eu droit à un "Vingt dieux de ving dieux!"- tandis que celles de derrière, que j'ai soupçonnées d'avoir abusé de la cocaïne -ou autre poudre à laver- éclataient de rire nerveusement - et bêtement- à chaque scène de violence un peu rentre-dedans).
Car la violence finit, fatalement, par arriver. On s'en doutait. Et c'est là que les choses se gâtent. Baye avait déjà fait la méchante, (contre Serrault, dans En toute innocence), et l'on peut donc craibndre le pire. Le grand couteau pointu et sanglant, ça va une fois, mais, ensuite, la voilà qui se met à trucider à répétition, et on commence à comprendre où elle veut en venir, sans être vraiment certain de l'issue. Mais tout ça reste plutôt prévisible. Peut-être que Malik Zidi (qui est aussi un bon acteur) ne fait pas le poids ? C'est difficile à dire. En tout cas, toute la partie finale se désagrège et explose quasiment en vol sous nos yeux impuissants. Passer du thriller au grand-guignol est un exercice périlleux, casse-gueule, et il se trouve que cette fin est ratée, tant les rebondissements deviennent hélas mécaniques. Et attendus.
Même la toute-fin, dans cet appartement refait à neuf et le travelling avant sur cette photo de famille (comme dans la scène finale de Shining) n'est pas entièrement satisfaisante. (J'ai failli être gratuitement méchant en écrivant " Nathalie Baye, le spectateur aussi", juste pour le plaisir du bon mot, ce dont ne se privent pas maints critiques, mais c'eût été un mensonge, et injuste, car à aucun moment je ne l'ai fait -de bailler-. J'ai d'abord été tendu, puis un peu malheureux, par la tournure que prenait le film. puis de nouveau tendu (la scène dans le grenier, je suis bon public vous dis-je), puis de nouveau malheureux...)
Nathalie Baye, je l'ai tellement aimée, dans Les bureaux de Dieu, dans Le petit lieutenant, dans Une semaine de vacances, dans Les sentiments... (et même dans Les reines du ring hihihi) que je lui pardonne : elle n'est pas du tout en cause si le film est manqué.

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vendredi 25 septembre 2015

guillotine

FOU D'AMOUR
de Philippe Ramos

C'est un homme mort qui nous raconte son histoire (je m'y suis fait, mais, je me souviens que, plus jeune, j'avais eu du mal à gober que c'était le cadavre flottant dans la piscine qui nous avait raconté Boulevard du crépuscule, mais c'est ça être spectateur et accepter la magie du cinéma...)
Un cadavre tout juste guillotiné, celui d'un curé (le film est "librement adapté" d'un fait divers, l'histoire du curé d'Uruffe, qui évangélisait joyeusement (au sens biblique du terme) ses paroissiennes, jusqu'à ce que l'une d'elles, une jeune fille mineure, tombe enceinte, et qu'il l'assassine pour éviter le scandale.Une affaire rondement menée.) Melvil Poupaud interprète le curé en question, (la dernière fois que j'ai vu un curé en soutane qui dialoguait avec dieu au cinéma, c'était Fernandel... Ah non il y avait peut-être aussi Nanni Moretti, dans La messe est finie, non ?), et incarne donc un genre de Don Camillo queutard qui nous narre son histoire, en  précisant bien que "s'il fut -un peu- coupable, il fut néanmoins victime..."), post mortem. Un petit diable en soutane, prêt à tout pour parvenir à satisfaire ses lubriques desseins. Mais bon, plutôt un bon petit diable, pas mauvais bougre (genre "à être curé on n'en est pas moins homme...") et qui nous raconte son histoire avec le sourire en coin et les yeux qui pétillent.
Au début, tout du moins. le film commence très légèrement, joyeusement, sur le ton de la comédie légère, et légèrement paillarde (mais à l'image chastement, comme un porno soft des années 70), et va progressivement s'assombrir, en même temps que les perspectives d'avenir de ce plus si joyeux cureton. (On a même droit, dans la "joyeuse" première moitié, à une apparition savoureuse de leurs éminences curetonnes Jacques Bonnafé -que j'adore toujours autant- et Jean-François Stévenin, comme sur une image pieuse d'Epinal et du beau temps jadis, ou une publicité pour Chaussée aux Moines -ou autre fromage pieux de cet acabit-.)
On peut sans doute reprocher (tendrement) à Philippe Ramos de n'avoir pas tout à fait réussi à négocier le virage sec qui va de la pantalonnade (la soutanade, plutôt, dans le cas présent) au drame (comme s'il n'y croyait pas tout à fait lui-même) ce qui rend la dernière partie du film un  peu flottante, bancale...

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Posté par chori à 06:48 - - Commentaires [2] - Permalien [#]