samedi 16 juin 2018

mais si, tu sais bien... le retour 3

Et de trois!

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QV

NU
série de Olivier Fox

J'en ai rêvé, merci Orange, Olivier Fox l'a fait.
La première série à quéquette(s) visibles! Et je me suis empressée de la regarder de bout en bout (si je puis dire) gloutonnement, en deux soirs. Dix épisodes, de 20' minutes chacun, avec une fin de dernier épisode qui semble appeler une suite (et, donc, une saison 2).
Bon, c'est un fait, la publicité ne ment pas sur la marchandise : des quéquettes, il y en a. Chaque épisode apporte son quota de birds in the nest (j'ai trouvé cette expression sur un blog américain, même si elle n'a pas été attestée depuis sur beaucoup d'autres, mais elle me plaît, soulignant le côté attendrissant qu'a pour moi la chose en question.)
Le héros se réveille dans une chambre d'hôpital après 8 ans de coma, il a la zigounette (qu'il a fort jolie) à l'air, et apprend que les choses ont changé : contre le terrorisme a été votée une loi "transparence" qui oblige les citoyens à se promener à poil, pour qu'on soit bien sûrs qu'ils ne portent pas d'arme... Le monsieur en question, qui était flic avant de tomber dans le coma en se portant au secours d'une collègue, ne veut pas en entendre parler, (de se promener à poil) il est resté so 2018 dans sa tête, et va mettre quelques épisodes à se décider à l'assumer en public, sa zigounette jolie. Ca c'est le premier fil narratif.
Comme il est flic, il y a en a un second en parallèle, une vague enquête policière (le père de la loi transparence a été assassiné, et retrouvé, vêtu, dans un bois, et on soupçonne les réfractaires, ceux qui n'ont pas voulu se plier à la loi, les rebelles, et vivent camouflés, au milieu des bois justement, emmitouflés du haut jusque-z-en bas, mais bon comme en 2018 les magouilles politiciennes vont bon train...).
Bon, vous me connaissez, je suis bon public. Une série s'annonce "à quéquettes visibles" et donc je vais en profiter, et ne pas me priver, puisque j'aime ça, pour les regarder. C'est vrai  que c'est ce qu'il y a de plus intéressant, visuellement (plastiquement), dans cette série, et que, si elles n'avaient pas été là, j'aurais été très malheureux, et je n'aurais sans doute pas regardé jusqu'au bout... D'ailleurs, ces fameuses, quéquettes, si elles font bien le taf lors des premiers épisodes, il semble que par la suite elle deviennent plus timides, oui, plus épisodiques, plus dissimulées, plus hors-cadre, et c'est un peu dommage.
L'idée est plus que plaisante, mais la réalisation a du mal à suivre. malgré le capital sympathie indéniable que provoquent les acteurs (et pas juste à cause de leurs birds in the nest) et les actrices aussi bien sûr (mais je le redis, désolé, mais les zigounettes c'est mieux!) . Non seulement le format est -un peu- court mais la thématique est hybride : la série est rangée dans la case "comique" sur le présentoir à série d'Orange, je ne suis pas sûr que cela la serve vraiment (personnellement je n'ai pas trouvé ça drôle de voir des gens se balader à poil). La case polar ou anricipation, n'aurait pas tout à fait convenu non plus , c'est vrai que c'est difficile de trouver la case idoine, peut-être aurait-il suffi d'un "décalé", c'eut été plus juste...
Non, ce que j'aime, vraiment, ce qui fait très plaisir (en plus ds QV), c'est l'aspect "égalitaire" de la vision, parce qu'elle donne à voir des gens de tous âges, (et ça c'est culotté!) et agrège des acteurs/trices venu(e)s de quelques séries télé d'horizons divers, de Vestiaires à Scènes de Ménage  (ceux-là j'ai reconnu tout seul) en passant par Caméra Café (là c'est les critiques qui me l'ont appris)... Ils méritent tous des applaudissements, parce que ce n'était pas forcément si simple que ça à faire, je suppose...
Avec une mention spéciale  pour Satya Dusaugey, le personnage principal. Qui paie de sa personne et fait bien le job. En plus d'être plaisant à regarder. Parce qu'en cherchant sur le ouaibe plus de choses sur lui, j'ai appris qu'il avait déjà réalisé un court-métrage, intitulé Tapette, dans le quel il joue aussi -et où il montre déjà sa zigounette, oui oui- mais surtout je suis tombé sur cette image

tapette

qui ne vous dira sans doute rien, mais que j'avais repérée il y a plusieurs mois en couverture d'une programmation de la MJC Les Oiseaux, que je trouvais sympathique mais énigmatique, puisqu'aucun nom n'était cité. Et un mystère de résolu, un ! c'est Satya Dusaugey dans son court! ( court que j'aimerais pouvoir voir!)

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Pour en revenir à NU, (ah oui, au fait, la série est interdite aux moins de 16 ans, si si...) concluons que c'est un premier essai intéressant (les amateurs/trices de QV, allez-y !), une idée, formidable,  dont on espère qu'il prendra un peu plus d'envergure (d'amplitude) dans la Saison 2 que, bien sûr, on espère...

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vendredi 15 juin 2018

mais si, tu sais bien... le retour 2

le deuxième film, donc :

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ton phoque est délicieux, thomasine

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UNE ANNEE POLAIRE
de Samuel Collardey

Soirée de gala dans la salle 12 du bôô cinéma (qui, tiens, cherchez l'erreur, n'en compte d'ailleurs que 10), avec la venue annoncée de Samuel Collardey (pour la quatrième fois!) venu nous présenter son dernier film. Depuis son premier long-métrage (L'apprenti) -et même depuis son court-métrage à l'origine dudit long , Du soleil en hiver, on l'aime on on le suit, cet homme-là.
Déjà parce qu'il est du coin (bisontin) qu'il aime rencontrer son public et n'a jamais donc failli à cette tradition, et puis par la singularité (et la constance) de son univers cinématographique. Samuel Collardey ne fait pas (tout à fait) de la fiction, ni (complètement) du documentaire. Comme quelques autres, il tricote dans le genre "fiction documentairisée" (ou, bien sûr, documentaire fictionnarisé).
Ici, dans le cas présent, il est question d'Anders, un "vrai" instituteur danois, qui a demandé un poste dans un "vrai" village reculé groenlandais de 80 habitants de la côte ouest. Anders joue son propre rôle, il débarque à Tiniteqilaaq (le fameux village en question) et tente de faire son trou (dans la glace hihihi), de trouver sa place, de se faire accepter. On a donc un authentique instit danois en immersion, au milieu de non moins authentiques Inuits. Des gamins insupportables qui goûtent le bordel en classe, et qui ne voient pas véritablement l'intérêt pour eux d'y aller en classe. Des parents qui s'en occupent un peu, et des grands-parents beaucoup. Et le problème de la langue (danois versus inuit, habilement différencié par la couleur des sou-titres, jaune pour ceux-ci et blancs pour ceux-là . c'est rigolo d'entendre l'instit' se faire nommer "trou du cul" à son arrivée par un de ses élèves et de ne pas le comprendre, tandis que nous spectateurs, si). Qui dit inuit pense forcément eskimos, phoques, chasse au harpon, traîneau -et chiens de-, aurores boréales, immensité blanche, chasse à l'ours, icebergs, kayaks, et (forcément, quand on est un peu allé au cinéma ou simplement qu'on ait fait partie du dispositif Ecole & Cinéma) Nanouk l'esquimau et Robert Flaherty (que Samuel Collardey a d'ailleurs évoqué rapidement lors de la discussion).
Le film est magnifique (les paysages s'y prêtent, il faut le reconnaître) et toutes les scènes en extérieur nous en mettent plein les mirettes. A paysage mirifique, récit à la hauteur, et c'est là que pour moi il y a comme un léger décalage. Comme l'a fait remarquer, lors de la discussion, une spectatrice tout celà est tout de même très idyllique (et c'est exactement le mot qui m'était venu en tête pendant la projection). En me posant juste la question : est-ce que le réalisateur filmait ce que Anders faisait, ou bien est-ce qu'il a filmé surtout ce qu'il souhaitait le voir faire ? (ou ce qu'il lui disait de faire ?). Resté sur ma faim, (un chouïa à distance), avec le sentiment que plus le film avance et plus le personnage d'Anders est "sacrifié", se fond dans la masse, disparaît progressivement. C'est un peu le sentiment que j'ai éprouvé tout au long de cette histoire d'apprentissage, de transmission, et de filiation, comme les affectionne -et sait parfaitement les réaliser- Samuel Collardey.
J'ai passé un très bon moment de dépaysement, un magnifique moment de fascination glaciaire, mais pas (en ce qui me concerne) un moment inoubliable de cinéma. Voilà. En précisant que j'ai presque mauvaise conscience de pichenoter ainsi (tous les gens à la sortie autour de moi étaient hyper-enthousiastes, et le syndrome du "je suis sans doute un vieux con..." a donc repointé le bout de son nez.)
Ca m'embêtait presque de ne pas me sentir aussi hyper-enthousiaste que les autres. Quelque chose sans doute dans la manière de faire, ou de dire, qui ne me satisfait pas tout à fait (sans que je puisse vraiment mettre le doigt sur quoi...)
Tout en précisant, pour clore le chapitre que je considère que le film est "parfaitement inattaquable", et que j'applaudis encore une fois à la démarche de Samuel Collardey, à sa belle rigueur, et à ce beau sillon de cinéma qu'il creuse et qu'il retourne avec force et obstination.

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jeudi 14 juin 2018

mais si, tu sais bien... le retour 1

Grâce à la suggestion d'Isa, avec le retour de la Croupe du Monde, voici le retour de notre jeu cinéma...
30 jours, 30 titres de films à retrouver.
Je m'étais dit que je n'aurais pas le temps, et puis si finalement...
Donc on joue comme d'hab
Un peu de tout, du neuf (relativement) et du vieux (relativement aussi)
(entre 2018 et 1946)
Des films que j'ai beaucoup aimés, que même, pour certains, on a dû voir ensemble...
La majorité ont été programmés dans le bôô cinéma, mais pas tous tous tous...
Du trouvable et de l'introuvable, sans doute
Vous connaissez le principe, je mettrai d'abord une image (à 17h, tiens, pour changer, c'était l'heure du premier match...), puis, une deuxième, si ça n'est pas trouvé, des fois une troisième mais pas toujours.
même si le film du jour n'est pas trouvé, le lendemain je proposerai quand même l'image du film suivant
(the show must go on)
donc plusieurs films en même temps peuvent être à trouver...
A vous de jouer,
voici la première image du premier (celui-là, fastochissime)
Allez go! (Et amusez-vous bien):

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pas d'oiseau dans le nid de l'automne passé

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L'HOMME QUI TUA DON QUICHOTTE
de Terry Gilliam

Clataclop clataclop, il a fini par arriver. Qui donc ? Eh bien non pas Zorro, mais Don Quichotte (dont j'ai réappris que son nom prenait deux t en français), bien sûr, suivi de son fidèle Sancho Panza (Pança croyais-je aussi). Enfin soyons précis : un certain nombre de Don Q., accompagnés du même certain nombre de Sancho(s).
Disons tout de suite les choses, Terry Gilliam est quelqu'un que j'aime fort et depuis fort longtemps, à qui je dois un certain nombre de grands bonheurs cinématographiques (Bandits Bandits, Brazil, les Aventures du Baron de Munchausen, et, surtout, surtout, FisherKing) et que je continue de suivre assidûment, vaille que vaille, (coûte que coûte), même si les films suivants peuvent parfois prêter à confusion et/ou provoquer (parfois) un peu moins d'enthousiasme. J'aime le bonhomme, point. Et je suis donc depuis un certain temps les rebondissements quichottesques dans sa filmographie (qu'on vit résumés dans Lost in la Mancha, il y a déjà tout de même -déjà- quinze ans! (je tiens le dvd à votre disposition), ce qui dit quand même que ça fait déjà un bail que cette affaire traîne...)
Le barouf médiatique à Cannes 2018 en rajouté une louche (des démêlés un peu compliqués avec Paulo Branco le producteur historique du premier, si j'ai bien compris...) sur, d'abord la projection cannoise ou pas, puis la diffusion en salle idem. Bon le film est donc sorti, avec un carton explicatif en ouverture (mais qui ne clarifie pas vraiment les choses), et le voilà dans notre programmation, dans le bôô cinéma, et nous étions quelques-un(e)s, en petit comité, pour la première projection (à 118h dans la salle 1) et j'étais très content de me retrouver là assis à côté de mes amis Pépin et Régis.
Et nous voilà partis en Espagne. un grand maigre sur son cheval, un petit gros sur son âne, des moulins à vent... Clataclop clataclop, oui, Don Quchotte et Sancho. sauf qu'il s'agit d'un film, tourné par un réalisateur pas extrêmement sympathique (joué par Adam Driver, ce gaillard-là je l'aime aussi, Paterson ne sors pas de ce corps!). On est sur le tournage, et on laisse un instant Quichotte accroché à l'aile du moulin (une image qui reveindra à plusieurs occasions) pour suivre le dit pas très sympathique réalisateur, dont on apprend qu'il a tourné quand il était jeune une autre version de Don Quichotte, dans un village voisin, avec des acteurs non professionnels du cru, qu'il va soudain avoir envie d'aller retrouver (en vrac le village, Don Quichotte, Dulcinée, sa jeunesse enfuie), en moto cette fois, et nous voilà parti (vroum vroum, pas cataclop) à sa suite. Celle du réalisateur du film dans le film, mais aussi celle du réalisateur du film dans le film dans le film, Terry Gilliam himself. Le début est un peu embrouillé, mais, assez vite on est embarqués, et on jubile, de ces incessants allers/retours entre ce qui est vrai dans le film (mais qui, pour nous, est filmé, et donc, déjà,  fictionnel) et ce qui relève de la pure fiction (rêve, fantasme, hallucination, film), et qui est donc, pour nous spectateurs ébahis, doublement ou triplement- fictionnel.
Ca devient du grand Terry Gilliam. On jubile, oui, pendant un grand moment.
Et ça retombe hélas un poil à la fin (la looooongue scène dans le château n'en finit pas de ne pas finir), et c'est comme si soudain Terrychounet ne savait plus trop comment se dépêtrer avec panache de sa narration, et donc l'appliquait juste point barre.
Tous les trois, en sortant (Régis , Pépin et moi-même donc) on a fait la même remarque : que c'était longuet, platounet et un peu inutilement délayé.
Mais bon le sentiment de jubilation qu'on avait ressenti avant était suffisamment puissant pour nous laisser, tout de même, tous les trois, devant le bôô cinéma, avec un large sourire.

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mercredi 6 juin 2018

arrête de toucher ta barbe

068
LES RIVES DU DESTIN
de Abdolreza Kahani

Cas de figure pas si fréquent : un film vu par défaut, à la séance de 13h30 (Dominique avait déjà vu Une année polaire, et dans la troisième salle,  Nanouk l'esquimau, merci, on avait déjà donné, en séance scolaire, en plus...). Donc film inconnu, en sortie nationale, réalisateur inconnu, titre et affiche moyennement attractifs, mais bon on y est quand même allés (et on était d'ailleurs les deux seuls spectateurs, et, donc, on ne s'est pas gênés pour faire comme les deux vieux du Muppet Show et commenter à voix haute quand on en avait envie...).
Et une excellente surprise, pour résumer notre expérience en trois mots.
Un film iranien bref (1h15 tout mouillé), résolument contemporain, iranianissime a priori (les femmes sont voilées, les hommes sont velus) mais, on s'en est rendus compte assez vite, puis tout au long du film, un film surprenant. Par la façon qu'il a d'aborder frontalement des choses qu'on ne voit pas si fréquemment abordées dans les films iraniens, justement : tiens des hommes torse-nu qui jouent au foot, tiens deux potes qui piquent un fou-rire en fumant un pétard, tiens le mot "gay" qui est prononcé, même si c'est sur le ton de la boutade, et tiens tiens quelques petits métiers abordés, ancrés résolument dans la technologie et, surtout, l'illicite (récepteurs et paraboles pour "avoir toutes les chaînes"...)
Un beau portrait de femme forte, Samira, dont on comprend assez vite qu'elle a divorcé, qu'elle était partie à la campagne, et qu'elle revient à Téhéran avec sa fille, où dès son arrivée elle est "accueillie" par son ex-mari, Hamed, qui lui prend la gamine et lui annonce qu'il va lui pourrir la vie.
Ca démarre fort. On va donc suivre parallèlement Samira qui fait tout son possible pour s'installer,reprendre sa vie d'avant comme avant, et le hargneux Hamed (mais pourquoi est-il si méchant ?) qui va tout faire pour, justement l'en empêcher (et c'est vraiment un salopard). Le film est ancré dans un quotidien réaliste, bien souvent même de l'ordre de l'intime, et on est notamment, comme Samira, témoin des scènes de ménage du couple qui l'aide, Davoud (lui) et Rezvan (elle) tous les deux formidables. Comme le film, oui, formidablement juste. On suit Samira, mais aussi  les gens qui gravitent autour d'elle, de plus ou moins près, et les démarches, et les tentatives, et les complications. Le film sait n'être pas grave, ou, en tout cas, pas que grave. j'aime beaucoup la proximité et la simplicité avec laquelle les personnages sont traités. On pourrait presque parler de familiarité, et ça c'est bien.
Le seul bémol formel est la "parenthèse" (qui ouvre et ferme le film), genre de pirouette narrative qu'on pourrait qualifier de maladroite ou, mieux, désinvolte, (et dont il est difficile de parler davantage sans déflorer l'intrigue). un peu comme un gamin qui aurait joué avec un truc pendant un certain temps, lui accordant tout son intérêt, puis à un moment le bazarderait parce que ça ne l'intéresserait plus. Comme la place de Samira dans le film. Elle est présentée comme le personnage central, mais, finalement, le réalisateur ne lui accorde pas tant d'importance que ça, elle ne "porte" pas le film, elle n'en est qu'un des piliers, à égalité avec les autres personnages.
Mais bon, semble se résigner le réalisateur, la vie continue à Téhéran, un seul être vous manque mais ce n'est pas pour autant que tout est dépeuplé, hein, la preuve... Et du coup, à défaut d'attendre Les rives du destin 2,  on a très envie de voir tous les films qu'il a fait avant, ce cher Abdolreza Kahani, dont aucun ne semble être sorti en France (voilà une idée intéressante pour un prochain Ficâââ, non ? Moi je dis ça je dis rien, hein...)

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mardi 5 juin 2018

le bulldozer et la voiture

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FOXTROT
de Samuel Maoz

Celui-là j'en avais très très envie. Un film israélien, que voulez-vous, je suis incapable de résister... En plus avec le superbe Lior Ashknenazi (celui-là je l'aime depuis son premier film, Mariage tardif, en 2001, et qu'est-ce qu'il vieillit bien...), je fond. Et quand il s'avère in fine qu'on y entend le sublime Fur Alina d'Arvo Part, (qui m'évoque biens sûr Gerry, de Gus Van Sant, mais aussi, et surtout -tiens ça faisait longtemps- le jeune homme au t-shirt vert...) alors là je me liquéfie de bonheur.
Le titre du film n'est pas anodin (et l'insistance du réalisateur à faire, justement, exécuter cette danse au cours du film, non plus). Donc, globalement, on change de position, une fois, deux fois, trois fois, jusqu'à revenir au point de départ. Et c'est très exactement ce que fait le film (la route à travers le pare-brise qu'on voit tout au début étant le point de départ, mais aussi donc le point d'arrivée.)
Et j'ai vraiment beaucoup beaucoup aimé ça.
Le film est donc divisé en quatre blocs, le premier dans l'appartement ("les parents"), le deuxième au check-point ("le fils") le troisième à nouveau dans l'appartement, la cuisine surtout (re-les parents) et le dernier (l'épilogue) dans la voiture (re-le fils). Quatre moments d'une même danse (même si le réalisateur prend quelques libertés  avec l'enchaînement des pas et place le 4 avant le 3) tous d'une belle force et en même temps forts d'une belle différence.
L'histoire de cette famille évoque en parallèle (en filigrane) celle d'un peuple, comme le souligne le réalisateur dans une interview, et chacune des quatre parties est construite autour d'une erreur (ou d'une méprise). Chacun des segments narratifs, d'ailleurs, pourrait pratiquement être vu seul, tant il a sa thématique propre (et sa propre stylistique aussi). Dans la première, on frappe un matin à la porte d'un couple (les parents, donc), ce sont des militaires qui viennent leur annoncer que leur fils est "tombé au combat", avant que, une demi-heure (de film) plus tard, ces mêmes militaires reviennent pour leur annoncer qu'il y a eu une "épouvantable erreur" et que le Yonathan qui est mort n'est pas leur Yonathan à eux. Dont le père exige alors l'immédiat rapatriement.
D'un huis-clos poignant (comment faire face  à la mort annoncée de son enfant) on va passer sans transition à un ailleurs quasi surréaliste, un unviers qu'on croirait hallucinogène, bref un check-point de trou du cul du monde (ambiance quelque part entre Beckett et le Désert des Tartares, un genre d'absurde kafkaïen où le rire est toujours sous-tendu par une certaine angoisse...) où officient quelques jeunes recrues qu'on croirait presque avoir été oubliées là. Dont le Yonathan du couple vu précédemment. Un Yonathan pas mort du tout, dans un check-point où passent surtout les chameaux, mais de temps en temps des véhicules contenant des civils forcés de se conforter, face à la barrière baissée, à la même procédure anxiogène de vérification des papiers. Jusqu'à ce que ladite barrière se relève pour les laisser passer. Sauf que, en écho à la première partie, les jeunots eux aussi commettent une erreur. Une bévue, une boulette, une bourde, mais de taille XXL. Qui sera pourtant couverte (et recouverte, même) par leur hiérarchie. jusqu'à ce qu'un gradé vienne chercher Yonathan pour le ramener, manu militari (enfin, dans le cas présent jeepu militari) à la maison, comme l'a exigé son père. Avant la troisième partie, où l'on revient dans l'appartement des parents, mais dont je ne vous dirai rien de plus pour ne pas gâcher votre plaisir... Et donc pas un mot non plus sur l'épilogue (dont on se doute un peu quand même, au vu de la scène d'ouverture et de la troisième partie...).
Un film impressionnant (j'adore entendre parler en hébreu, je ne sais pas pourquoi), formellement hyper-chiadé (tiens, pour chipoter, on pourrait presque lui reprocher ça, au réalisateur, d'être "trop sûr de ses effets", d'abuser de la virtuosité, mais bon ça serait vraiment juste pour le plaisir de jouer le vieux ronchon du Muppet, hein...), qui est aussi brillant et à l'aise dans l'univers du drame, de l'absurde, de l'affectif, bref qui tient sa note et la tient bien, et jusqu'au bout...
C'est le deuxième film du réalisateur après Lebanon, que je pensais avoir vu mais dont je ne trouve nulle place sur ce blogchounet (peut-être ai-je confondu avec Beaufort, autre film que j'adore ?) Et donc à présent la mission que je me suis fixée est bien sûr de dénicher Lebanon et de le visionner...

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lundi 4 juin 2018

de nos jours les victimes se croient tout permis

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THE THIRD MURDER
d'Hirokazu Kore-eda

Il passait dans le bôô cinéma, et l'occasion donc était trop belle d'y retourner, pour voir cette fameuse première heure pendant laquelle, avec Dominique, nous avions copieusement dormi, et donc de pouvoir nuancer sans doute mon jugement initial...
Comme dans le bôô cinéma on n'ouvre qu'une caisse (même le mardi, jour des tickets orange) et que ladite caisse ouvre à 13h25 pour la séance de 13h30, qu'il ya foule à ladite caisse et que le caissier (qui est aussi le propriétaire du cinéma) aime discuter le bout de gras avec chacun, tout en jouant à la marchande, eh bien tout cela a fait que ju suis entré dans la salle 9 au bout de cinq bonnes minutes de film. Et ça m'exaspère. (heureusement, la scène d'ouverture était la seule dont je me rappelais. mais bon, positivons, j'étais merveilleusement éveillé, et le réalisateur a su me mettre tout de suite au diapason pour apprécier pleinement cette fameuse première heure manquante. Si, apparemment, Kore-eda semble avoir changé de créneau (il s'agit principalement des rapports entre un homme accusé de meurtre et le -grand- avocat chargé de le défendre) la très chère problématique "familiale" du réalisateur refait très vite surface. La famille oui, les rapports familiaux, plus précisément, et, avec encore plus d'acuité, les rapports des pères avec leur filles (chacun des personnages masculins principaux -le triangle victime / assassin / avocat- a, justement, unr fille, et chacune de ces filles pose, d'une manière ou d'une autre, problème, justement, à son géniteur, à un moment  du film.
Le film parle beaucoup, c'est toujours vrai, mais il fonctionne surtout grâce à l'affrontement (le plus souvent le face à face, au sens littéral puisuq'ils se parlent à travers une vitre, situation que le réalisateur exploitera assez habilement sous tous les axes possibles) entre l'accusé et son avocat, joute verbale assez impressionnante, où il sera souvent question de vérité, de mobile, (de motivation) et surtout du fait de croire (ou pas) et de comprendre. Comme le dit l'avocat au début du film "pas besoin d'empathie pour défendre un client...". Voire.
Tout celà est assez solide, brillant, même si je pense toujours que, formellement) le film aurait sans doute gagné à être un peu resserré.
Avec une mention spéciale pour ce personnage de meurtrier, à double voire à triple fond.

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vendredi 1 juin 2018

mai 2018

mardi 1er (parking)
eu envie d'aller vérifier s'il y avait quand même des mecs qui travaillaient aujourdhui : il y en a, quelques routiers étrangers, mais qui dorment surtout, et j'en profite pour terminer le délicieux La fonte des glaces (de Joël Baqué)
mercredi 2 (à la cave)
j'ai bien fait de changer de fournisseur de fuel (depuis l'année dernière, grâce à mon voisin) : le livreur qui est venu ce matin est sympathique, rigolard, calme, ça me change de l'insupportable bourrin (et qui gueulait tout le temps) que j'avais dû me coltiner toutes les années précédentes
jeudi 3 (chez la voisine)
expérimenté la dure réalité du concept de "démonter les couches" (suite à l'immobilisation forcée de Jean-Fran, Christine m'a demandé de l'aider) : dévisser, désolidariser, revisser, transporter et ranger les planches desdites couches
vendredi 4 (sur la route)
après avoir (merveilleusement) roulé pendant cinq heures sur l'autoroute (je conduisais), Dominique a réussi à nous concocter, pour les 150 derniers kilomètres, un itinéraire "touristique" via les routes les plus minuscules qu'elle a pu trouver
samedi 5 (Bellou)
comme un avant-goût de Noël, on a mangé des escargots (que Malou et Dominique avaient ramassés l'année dernière), quasiment une douzaine chacun(e)
dimanche 6 (Moulicent)
comme d'hab' le beau temps, comme d'hab le barbeuk' ("Tu sens déjà la fumée...") et comme d'hab' pas assez de lard (et comme d'hab' j'ai calciné les deux pauv'tranches)
lundi 7 (Maugis quelque chose)
une promenade matinale qui m'essouffle et m'assoiffe, heureusement suivie par un repas réconfortant au Café des amis, où nous nous étions entrés juste pour nous désaltérer (Pascal et moi) en attendant les filles, qui, elles,  avaient fait un ultime détour pour "apercevoir un manoir"
mardi 8 (cuisine)
Malou nous a concocté une tarte aux flocons (délicieuse), dont la particularité est qu'on n'en trouve pas la recette sur internet (et que celle qu'elle avait (Malou) était plutôt vague)
mercredi 9 (Bretoncelles)
difficile de trouver sur le ouaibe l'heure exacte d'ouverture de la bonne boulangerie (ici 7h30, là 10h30) devant laquelle on s'est garés juste avant 10h (ce qui était, justement, la bonne heure)
jeudi 10 (sur la route)
rentrés donc un jour plus tôt que prévu, autoroute merveilleusement vide (moins de poids lourds que sur les doigts des deux mains), et heureusement que Dominique était là, puisque c'est elle qui a conduit le plus (un grand moment au départ et un autre à l'arrivée)
vendredi 11 (à la cave)
une journée qui commence mal (chaudière, chauffe-eau, nouveau compteur électrique) mais se termine mieux (le joli chauffagiste me dévoile gentiment -et involontairement- son caleçon jaune imprimé façon BD)
samedi 12 (Besac)
le temps d'un aller-retour pour voir Plaire, aimer, et courir vite de Christophe Honoré (séance à 13h10), difficile de trouver le temps de manger (incident dit "de la ficelle chorizo-comté"")
dimanche 13 (Super U)
après les avoir repoussées pendant deux jours, suis quand même allé les faire, ces courses, et acheté de quoi préparer des épinards à la florentine (une idée, comme ça)
lundi 14 (à la maison)
se rendre à l'évidence : il semble que l'élève a dépassé le maître  (oui Marie est devenue bien plus forte), et donc accepter qu'elle me batte désormais régulièrement au scrabble
mardi 15 (chez le voisin)
Merci à Jean-Fran qui a réussi à sauver les 78 films que j'avais enregistrés sur mon (défunt) graveur (et dont j'étais quasiment prêt à faire le deuil, tellement ça me semblait sans solution)
mercredi 16 (dehors)
un orage qui a pris son temps pour mûrir (comme un abcès), lumière maladive, avant de finir par éclater (pluie très violente) puis de disparaître comme il était venu (retour du soleil et du ciel bleu)
jeudi 17 (au cinéma)
dans la salle 1, ce -pas si courant- moment de silence et d'immobilité qui a succédé à la fin du générique de Mes provinciales, de Jean-Paul Civeyrac
vendredi 18 (fjt)
peut-être fus-je troublé par ce soudain nuage de pompiers au bar, ou par la virile procession lors de la sortie des Rodesch', toujours est-il que j'ai confondu uchronie et dystopie, à propos de Transit, de Christian Petzold
samedi 19 (mms)
tiens, Dominique m'a envoyé hier une photo de l'aile emboutie de sa chère Opel à Ginette, que je n'ai vue que ce matin, et donc je l'ai appelée (à cause d'una attache de caravane me dit-elle)
dimanche 20 (Authoison)
avec Manue, on a pris le café dehors, au soleil, devant la maison, oui, on a lézardé, au milieu des iris, des arums, et des pivoines (encore en bouton mais riches de promesses)
lundi 21 (au pain)
pris en vain la voiture pour aller acheter du pain, espérant trouver ouvertes une de mes boulangeries habituelles (ah, mon "petit épeautre"...), mais non (qui donc m'avait affirmé "mais tout est ouvert ce jour là!" ?) à la troisième j'ai fini par renoncer
mardi 22 (à pied)
marché deux fois ce même jour, la première en fin de matinée (une manif plutôt bon enfant, même si pas assez conséquente) et la seconde en début d'après-midi (un horrible tour de lac en plein soleil sans vent ni ombre ou presque)
mercredi 23 (fjt)
tiramisu(s) : dans la coupelle carrée (que j'avais choisie parce que je pensais que c'était là qu'il y en avait le plus), il y avait, au fond, des morecaux de fraises ; dans le verre (que catherine avait choisi parc e qu'elle pensait que c'était là qu'il y en avait le plus), il n'y avait que du biscuit...
jeudi 24 (plate-bande)
c'est une rude tâche  que d'éradiquer complètement un buisson d'iris (parce que sans couleurs ou presque), je m'y suis attelé à la fraîche, armé du pic prêté par ma voisine (et de la pelle que je lui ai ensuite empruntée)
vendredi 25 (parking)
ça m'a semblé une bonne idée (et quasiment un geste artistique) de venir ici pour  terminer Amours sur mesure de  Mathieu Bermann (POL) tellement la distance était grande entre le contenu du livre (parisien, cultivé, bisexuel, intello) et mon environnement de lecture (routiers en short, familles en camping-car, convoi exceptionnel)
samedi 26 (au jardin)
aidé aujourd'hui ma voisine à planter des haricots (son mari étant toujours immobilisé) ; appris aussi le mot poquet (groupe de 7 haricots, tous les 30cm)
dimanche 27 (piscine)
après l'avoir maintes fois rebâchée, puis, pour la première fois ce jour, débâchée, j'y ai, en fin de journée, "trouvé l'eau si belle que je m'y suis baigné" (24°) pour la première fois de l'année ("au début elle est froide, mais après elle est super bonne...")
lundi 28 (dehors)
juste au moment où je sortais de chez moi pour partir à pied rejoindre Catherine, il a commencé à pleuvoir, et je suis donc rentré pour me changer (et partir au fjt en voiture)
mardi 29 (chez les voisins)
Fabienne m'a donné un gland germé qu'elle a trouvé dans le jardin, (probablement transporté par un oiseau puisqu'il n'y a pas de chênes ici), et j'ai du coup ramené chez moi ce bébé chêne que j'ai envie de replanter (mais où ?)
mercredi 30 (fjt)
ce jeune maçon couleur caramel au beurre salé, (que j'aime tout particulièrement), m'a -involontairement- remercié de lui avoir proposé le dernier pichet à eau disponible (on en avait deux sur notre table) en me dévoilant, au dessus de son short bleu, la naissance de sa raie, avenante comme une fossette
jeudi 31 (rue des ursulines)
j'y ai trouvé une place pour me garer (la dernière) en allant jouer au scrabble chez Marie, et j'en ai profité pour rayonner et joindre l'utile à l'agréable (scrabble donc, rendez-vous impromptu chez la coiffeuse, bière bienvenue  chez Pépin)

Posté par chori à 09:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]