lundi 11 décembre 2017

c'est pour quelle occasion, la photo ?

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TEHERAN TABOU
de Ali Soozandeh

Une tranche de vie iranienne, qui confirme ce qu'on savait déjà : là-bas ça ne rigole pas... Le film dresse un état des lieux (une vue en coupe) pour le pays évoqué, comme pouvait le faire le récent Taxi Sofia sur la Bulgarie. Sauf que là, c'est encore pire. Le "Pouvoir" qui surveille tout, contrôle tout, décide de tout, interdit tout, et cette bonne vieille saloperie d'intégrisme religieux qui fonctionne ici à plein régime (dictatorial bien sûr).
Le réalisateurmet en place les trajectoires de plusieurs personnages : une prostituée qui veut trouver une place à l'école pour son jeune fils muet, une jeune fille qui doit bientôt se marier mais doit auparavant reconstituer l'intégrité de son hymen, une autre qui est enceinte mais inquiète après deux fausses-couches, une belle mère garde-chiourme qui a les yeux qui traînent partout, un jeune musicien en cachette qui doit trouver de l'argent très vite pour la jeune fille à l'hymen, son copain qui veut l'aider, un grand-père diabétique et gourmand, un juge libidineux, un chauffeur de taxi pris entre deux feux...
Tous ces gens vivent leur(s) histoire(s) devant nous, de façon d'autant plus libre que le réalisateur a adopté le procédé de la rotoscopie (les acteurs sont filmés "en vrai" devant un écran vert, puis ils ont incrustés sur des vrais décors iraniens, et l'image est redessinée pour en faire un film d'animation), déjà vu dans, par exemple, A scanner darkly, de Richard Linklater. Procédé qui permet de montrer à l'écran des choses "impossibles" par l'image réelle (impossobles en images réelles en Iran, je veux dire).
Ca fait quand même une sacrée flopée de films, qui, de façon plus ou moins camouflée (vigilance des censeurs zélés oblige) nous racontent l'invivabilité de la situation là-bas au quotidien (quand on est femme, quand on est jeune, quand on est musicien, quand on se donne la main dans la rue, quand on n'est pas marié, quand on'est pas croyant, continuez la liste...) à la botte d'un régime où la majorité pratique le fameux "Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais".
Le réalisateur, (qui a choisi l'exil en Allemagne en falsifiant son passeport) construit un film très riche, très dense, intense, où les histoires personnelles se mélangent (et on est presque surpris que certaines se terminent plutôt bien, tant il semble acquis dès le début qu'il n'y a (presque) plus d'espoir pour la majorité de ces personnages, et que la situation majoritaire soit le recours forcé à l'hypocrisie, tout le temps, devant tout le monde ou presque...
Heureusement (?) le recours à l'animation permet une (certaine) mise à distance du pathos, une légère dé-réalisation des faits, et, oui, il arrive qu'on même sourie  de temps en temps...

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dimanche 10 décembre 2017

antigoniste

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POUR LE RÉCONFORT
de Vincent Macaigne

Ce post ne sera peut-être pas le plus strictement objectif de ceux que j'ai pu écrire : quand on aime, on ne compte pas.
Et Vincentchounet, là, justement, j'ai déjà clamé partout et par ailleurs tout le bien que j'en pensais, en tant que nounours et en tant qu'acteur...  En tant que metteur en scène, je ne peux rien en dire, n'en ayant rien vu, mais je vais pouvoir en dire quelque chose en tant que réalisateur (qui rejoint d'ailleurs, par la bande, la casquette précédente, celle de théâtreux.)
Comme son précédent court-métrage, Ce qu'il restera de nous, en son temps primé à Clermont-Ferrand, Pour le réconfort a tout de même beaucoup à voir avec le théâtre. Il s'agit, pour les deux films, d'impros proposées aux acteurs et filmées. Le point de départ revendiqué est, ici, et un peu lointainement, cette chère Cerisaie de Tchékhov : un frère et une soeur, propriétaires terriens (une vieille bâtisse laissée à l'abandon et des terres, beaucoup de terres) qui reviennent, après des années passées à l'étranger, justement sur leurs terres, qui ont été entretenues (entre-temps) par un couple de métayers, avant que n'arrive un promoteur décidé à racheter l'ensemble pour y construire des datchas pour le troisième âge.
Trois couples, donc, les possédants (Pauline et Pascal), les possédés (Laurent et Joséphine), et, pourrait-on dire, les possédeurs (Emmanuel et Laure)... Chaque personnage porte le prénom de l'acteur qui l'incarne, c'est plus facile pour s'y retrouver. Ces gens-là, qui sont amis (ont été amis ?) se retrouvent, parlent ensemble, dialoguent, mais le plus souvent moins sous forme de conversations "normales" que de monologues où ils ne regardent même pas la personne à laquelle ils s'adressent -ou, encore plus souvent, sur qui ils sont en train de hurler-.
Car ça criaille pas mal, et pas toujours de façon justifiée pour le spectateur-trice lambda (n'est-ce pas, Marie?). Et à cet exercice, c'est Emmanuel Matte (on ne voit -on n'entend- que lui dans les deux bande-annonces) qui se révèle le plus virulent (le plus obstiné). Il gueule contre tout : ses amis, la France, l'Europe, le jogging, les riches, les morts, les vivants, bref, en gros, tout ce qui n'est pas lui. (Alors que son personnage, s'il fait au départ partie des "pauvres", est tout de même sur le point de racheter la baraque et les terrains, donc il aurait a priori quelques raisons d'être moins amer.)
Alors oui, parfois, l'aspect strictement théâtral ("Manu, tu prends Laurent à part et tu lui cries dessus sans le laisser parler") peut paraître un peu répétitif. L'exercice. Le scénario est minçounet -une demi-feuille de papier à cigarette-, là n'est pas l'intérêt ni le souci de Vincent Macaigne : le film n'existe au départ que par ce que les personnages / les acteurs disent, la violence -le désespoir- qu'ils expriment, qu'ils ressentent, qu'ils s'envoient aux figures les uns des autres.
Mais bon j'ai globalement adoré ça. dans les limites, de, justement, l'exercice. Même s'il s'agit pour moi de "cinéma par la tangente"...
Mais Vincentchounet, heureusement, ne nous tient pas tout le temps la tête sous l'eau juste à filmer en  plan moyen des gens qui parlent, et nous laisse un peu respirer, à intervalles réguliers (ce que j'appellerais "les moments de vrai cinéma", des scènes de fêtes et de danse avec la musique à donf qui fait boum boum boum, ou bien une très jolie scène de baignade au crépuscule, jusqu'à celle, finale et désenchantée, arrosée au cidre...)
Le titre est, bien entendu, un mensonge, une sacrée litote, en tout cas. Mais ça fait, aussi, partie, du paradoxe Macaigne : comment un nounours d'apparence aussi attendrissant  (son créneau de personnage habituel, celui qui me plaît tant, d'ailleurs) et roudoudou peut-il mettre en place (donner à voir) des choses aussi acidement -radicalement, systématiquement- violentes ?
VOUS NE SAVEZ PAS ? HEIN ? (oui je vous crie dessus pour terminer ce post en point d'orgue)

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samedi 9 décembre 2017

los pies niquelados

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LAS MARIMBAS DEL INFIERNO
de Julio Hernández Cordón

Vu sur le ouaibe (vimeo) grâce à la gentillesse du distributeur qui nous a fourni un lien pour ce. Un film qui se passe au Guatémala, par un réalisateur  auteur de quatre films, dont celui-ci est le premier à sortir en France (allocinoche annonce qu'au autre est sorti en dvd en 2016 : Te prometo anarquia, joli titre et jolie affiche d'ailleurs :

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et je découvre que c'est distribué par Optimale et que c'est donc furieuement LGBT, Petit Papa Noël, apporte-moi donc ça...)
Mais revenons à nos moutons. ils sont trois : Don Alfonso, joueur de marimba, interviewé seul au début du film dans sa maison vide où il nous explique qu'il est victime d'un rackett de la part d'un gang, puis Chiquillin dit Chiqui, son neveu, qui vient juste de s'évader de prison et lui a trouvé une planque, et enfin El Blacko, leader et batteur d'un groupe de heavy métal. Alfonso est plutôt du genre placide et peu loquace, Chiqui au contraire est un crevetton (qui sniffe de la colle) démerdard et volubile, tandis qu'El Blacko cumule les étiquettes, pas forcément compatibles à première vue : hard-rockeux, religieux fraîchement converti, et médecin remplaçant.
Ces trois là vont tenter de mettre en place un improbable projet : monter une groupe métal+marimba, Las Marimbas del infierno.
Le film appartient à ce genre de plus en plus prisé, le documentaire fictionné (ou la fiction documentarisée) où chacun des acteurs joue son propre rôle, et on ne peut qu'être séduit par l'ensemble, cette petite bulle de fiction légère en plein milieu d'un pays qui est dans une sacrée merde...
Le film est court (1h15 tout mouillé avec le générique) et il fait -par son apparente simplicité- plaisir à regarder... Filmé a minima, mais rentablisant le moindre des quetzales qu'il à coûté. Un joli - et inattendu- bonheur de cinéma, qu'on ne peut qu'avoir envie de défendre et de soutenir et de promouvoir, mais dont la carrière risque de pâtir d'un titre malin, sans doute, mais  susceptible d'égarer son public potentiel (non ce n'est pas du tout une série z avec des métalleux guatémaltèques morts-vivants...).

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l'affiche française

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et nos trois amis...

 

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vendredi 8 décembre 2017

festival arte kino

Retour du festival en ligne, mais c'est beaucoup moins bien que la dernière fois : sur les 10 films proposés, 5 seront à découvrir en salles (dont le Sharunas Bartas et le Radu Jude, que j'avais très envie de voir...)

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CHEVALIER
de Athina Rachel Tsangari

Un film grec, avec que des mecs, réalisé par une femme. Des mecs  sur un yacht, venus faire de la plongée. Et qui décident de jouer à un jeu idiot (un  vrai "jeu de mecs", quoi...) : trouver qui d'eux est le meilleur, en se notant mutuellement, mais en notant tout, vraiment tout. Chacun avec son petit carnet à la main va alors se mettre à observer et évaluer les cinq autres. Façon de dormir, résultats d'analyses, habileté à construire une étagère à cd, recettes de cuisine, relations familiales, qualité de l'érection, tout y passe...
Sur la copie disponible, les sous-titres français étaient hélas en décalage, je l'ai donc visionné en utilisant des sous-titres alternativement english et español.Et peut-être certaines finesses m'ont manqué. Les films d'hommes, vous me connaissez, j'aime ça. D'autant plus que j'ai eu le plaisir d'y retrouver Makis Papadimitriou, le médecin de Suntan et sa bouille rondouillarde. et ses yeux de cocker amoureux  (mais les autres mâles sont tous bien aussi, sans oublier, en coulisses, le maître d'hôtel et le cuisinier...). Plaisants, tous ces spécimens à poil dur, chacun avec ses petits problèmes perso, et sa façon aussi de les régler (ou de faire avec). Et puis un film grec "léger", ça fait un bien fou. Un goût  de soleil,  d'ouzo, de poulpes grillés, d'aubergines farcies, de vacances, quoi.

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(oui, bon, c'est vrai, je ne suis peut-être pas tout à fait objectif...)

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jeudi 7 décembre 2017

louis ck

Ca fait un petit moment que j'ai envie d'en parler, mais je ne sais pas bien de quel côté prendre l'affaire...
Résumons : Louis CK est un de mes rouquins préférés (j'ai déjà dit et répété tout le bien que je pensais de sa série Louie (5 saisons), de ses spectacles, et de son premier rôle au cinéma, dans un film de Woody Allen. Total respect pour l'acteur et l'humoriste.
Et voilà qu'à son tour, suite à plusieurs autres stars hollywoodiennes (hollywoodiens plutôt, y a que des mecs) il est mis en cause pour des faits de harcèlement sexuel, qu'il a reconnus d'ailleurs : il s'est masturbé, par le passé, à plusieurs reprises, face à des jeunes femmes dont il supposait qu'elles étaient consentantes mais qui ont fini par déposer plainte.
Il a publié une lettre pour s'en excuser (dont on lui a beaucoup reproché qu'elle ne contienne aucun mot d'"excuses").
Et du jour au lendemain le voilà mort, socialement et artistiquement : son agent le lâche, HBO non seulement ne produira pas la saison 6 de Louie mais a fait disparaître les cinq premières de son catalogue, et la sortie américaine (puis française) de son long-métrage, I love you Daddy,  est annulée...
Le voilà pestiféré. Comme Kevin Spacey, qui a connu le même sort (après avoir cru que faire son coming-out lui éviterait d'être poursuivi, ou détournerait l'attention des média).
Vu d'ici (donc, de loin) la violence de la réaction me semble disproportionnée, sans doute parce qu'elle touche un mec pour lequel j'avais de la sympathie. Non pas que je veuille l'excuser, ce qu'il a fait n'est pas cool.... Mais euh c'est moins grave que s'il les avait violées, non ? (Oui, je sais, c'est sans doute nul de dire ça, cette notion de "moins grave" mais bon je ne sais pas comment m'en dépêtrer...)
Pour celles et ceux qui lisent l'anglais, un point sur la question (et surtout sur la teneur de sa lettre d'excuses,).

Louis-CK

LouisC

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mardi 5 décembre 2017

tournez manèges

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A L'OUEST DU JOURDAIN
d'Amos Gitaï

Une pause dans le festival entrevues, et un retour dans le bôô cinéma. Bonne nouvelle : pour la première fois depuis le début du Mois du Doc, les jours et horaires de projection sont intégralement respectés, ce qui force le respect... Wouah, c'est donc possible!
Amos Gitaï on le connaît et on l'aime depuis longtemps, hein... On a programmé beaucoup de ses films, qu'on h'a pas forcément tous appréciés de la même façon. Celui-ci se voit avec plaisir : Amos Gita¨y a composé une sorte de journal filmé, de marabout-de-ficelle sur les relations entre Israéliens et Palestiniens, où le réalisateur met bout-à-bout et renvoie parfois dos-à-dos des gens des deux bords, des deux camps, des deux factions, appelez-ça comme vous voulez,  pour montrer des fois pourquoi ça pourrait le faire et d'autres fois pourquoi ça ne le pourra pas. Ceux qui sont pout et ceux qui sont contre, ceux qui ont envie et ceux qui y sont farouchement opposés, ceux qui voudraient que ça change et ceux qui font tout leur possible, justement, pour que ça ne puisse pas changer.
Amos Gitaï utilise judicieusement l'image du manège : ça tourne ça tourne et ça ne s'arrêtera jamais, et termine judicieusement son film, ou presque, sur un tournoi de backgammon organisé entre juifs et arabes, où les gens sont réunis, échangent, partagent, et ça redonne espoir.

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lundi 4 décembre 2017

quand nos filles sont devenues putes et nos fils des criminels

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TAXI SOFIA
de Stephan Komandarev

J'ai repensé à Night on earth, de Jim Jarmusch, car le film est basé sur le même principe : on prend des taxis. Mais là où Jarmusch nous baladait de pays en pays, le réalisateur, ici, reste focalisé sur une seule et même ville : Sofia. Et ce qu'il nous en montre nous donne aussi peu envie d'y aller voir qu'à , disons, Bucarest ou Moscou. Le désespoir, comme l'hiver, est de rigueur. L'aventure du premier taxi du film servira de fil rouge à toutes les autres histoires (à la radio). Sur le principe aussi du Taxi Téhéran de Jafar Panahi (et du Ten de Kiarostami), vont prendre place différents passagers (tout autant que différents chauffeurs) dans cinq taxis qui nous dressent un genre d'état des lieux de la société bulgare (je ne sais pas comment on nomme les habitants de Sofia, donc je généralise). Bon, visiblement, c'est comme partout, juste en un peu plus appuyé (et donc plus douloureux) : l'arrogance et le pouvoir des nantis, la veulerie des politiques, l'argent comme unique moteur et préoccupation, les plus faibles dans la panade, etc. Noir c'est noir, mais le réalisateur a la bonne idée d'intercaler, régulièrement, plusieurs courses qui renversent un peu la vapeur, et viennent un peu adoucir (tempérer) la noirceur et le froid de l'ensemble (le taxi sur le pont, par exemple).
Un film nerveux, amer, tendu, mais aussi très attachant, qui sait contrebalancer le jusqu'auboutisme de certaines séquences par un sens de l'humanité confondant.

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dimanche 3 décembre 2017

entrevues 32 belfort

Ce festival de cinoche que j'aime bien, où j'ai la chance d'être accrédité, et qui revient nous dire chaque fin-novembre / début- décembre que c'est  l'hiver la neige le froid le verglas et tout ça mais surtout surtout le cinéma... Avec les amis, Dominique, Claude W., Hervé, Jacky, sans oublier Jean-Luc! Cette année, météo oblige, on voyagea pas mal en train, c'est mieux pour discuter... On mangea des clémentines, des galettes bio aux graine de courge et au comté, des petits sandwiches, des plus gros aussi, sans oublier les croissants et petits pains de la journée exploitants 1 (et les mêmes, restant, de la journée 2). On vit des films, bien sûr, 21 en tout, entre onze minutes et trois heures vingt-six, qu'on trouva globalement bien(s) ... Mais on n'eut, cette année, ni sac ni catalogue (ça sent la baisse de subventions...).

DIMANCHE 26
14h30
182 LE PASSANT INTÉGRAL (Eric Harold) 11' ***
"Le" figurant masqué (qui sera d'ailleurs présent à la discussion) nous parle des figurants, les roumains et ceux des foules numérisées... Potache mais sympathique.
183 LE JOUR D'APPEL (Antonin Ivanidzé) 35' ***
Jeunes gens, Péguy, le mysticisme, la bêtise de l'armée... film de fin de fémis (Tariq Teguia en est le parrain)
184 PLAYING MEN (Matjaz Ivansinin) 1h ***
Lutte à l'huile (on a le droit de mettre la main dans le pantalon), lancer de fromage, comptage de doigts en se criant dessus, jet de rocher, boulistes boules à l'air... Jeux d'hommes, quoi, et Goran Ivanisevic...
17h
185 MI AMADO, LAS MONTAÑAS (Alberto Martin Menacho) 25' ***
Un village et ses habitants. Au début des vautours, à la fin une jeune fille à cheval, et, entre les deux des chasseurs. L'ensemble est attachant, je n'y ai pas vu le temps passer (même si je n'ai pas tout compris)...
18h
186 DES JEUNES FILLES DISPARAISSENT (Clément Pinteaux) 17' ***
Film de fin de Fémis, utilisation d'archives et peur du loup, mi-cru mi-cuit, des jeunes filles qui marchent toutes seules dans la nuit, un ton... intéressant
187 LA POSITION D'ANDROMAQUE (Erick Malabry) 1h12 ****
Du théâtre amateur, un jeune homme malentendant au phrasé singulier, des jeunes filles tout autour, beaucoup d'amours saphiques mais pas que... Bien sûr on ne peut ne pas penser à Rohmer, mais j'ai vraiment beaucoup aimé ça...
20h
188 REQUIESCAT IN PACE (Fabian Prokein) 19' ***
dans un appartement où un jeune homme s'est replié après la mort de son père, fait irruption une jeune fille avec un poisson rouge... un film très soigné, avec ce qu'il faut de mystères et d'interrogations. Et de musique
189 THE LAST HOT LICK (Mahalia Cohen) 1h26 ***
un vieux chanteur de country se fait rouler dans la farine par une chanteuse blonde à la très jolie voix mais aux intentions pas très claires... Attendrissant.

MARDI 28
Journée Musique et Cinéma
10h
Intervention Thierry Jousse (Musique électronique et cinéma) ****
Intéressant, bien fichu, on aurait juste aimé encore plus d'extraits...
14h
192 LE MONDE SUR LE FIL (Rainer W; Fassbinder) **
une adaptation télé un peu vieillie (1971) et longuette (3h25) de Simulacron 3. Ne méritait pas tant de temps...
18h
193 CARTE BLANCHE A BLOW UP (Luc Lagier et Thierry Jousse) 1h30 *****
8 séquences délcieuses choisies par Luc Lagier

JEUDI 30
Rencontres Exploitants 1
9h30
194 MADAME HYDE (Serge Bozon) 1h35 ***
Isabelle Huppert donne des leçons d'électricité à ses élèves du technique... José Garcia lui mitonne des petits plats et Romain Duris en principal méché... Plaisant mais inégal
11h30
195 NUL HOMME N'EST UNE ÎLE (Dominique Marchais) 1h36 ***
Un beau doc pédagogique sur des initiatives humaines qui sentent bon le bois et le bio, et la démocratie participative (le pouvoir au peuple)...Et Dominique Marchais filme toujours aussi bien les paysages...
14h45
196 DANSONS MAINTENANT (Mathilde Buy) 23' ***
Où il est question de manger (le film le plus oral de la sélection), de meute, de l'insurrection qui vient et des épiciers qu'on ligote et qu'on malmène...
16h
197 LA PETITE LISE (Jean Grémillon) 1h18 ****
Un incunable touchant, avec gros papa bagnard à Cayenne libéré pour bonne conduite qui retrouve à Paris sa fifille qui a mal tourné mais ne sait pas comment lui dire... Une montre en or va provoquer un drame...

VENDREDI 1er

Rencontres Exploitants 2
9h30
198 LES GARCONS SAUVAGES (Bertrand Mandico) 1h51****
d'après William Burroughs (si si) une épopée sidérante mi bateau mi île,  avec cinq vilains garçons joués par des filles (les actrices sont magnifiques). Nathalie Richard sur un cheval passe un mauvais quart d'heure, Nina Hagen en bande-son pour une scène d'amour au ralenti avec des plumes, bref l'ébourrifant premier FAFQV (film à fausses quéquettes visibles) de la compét', dont on reparlera à sa sortie.
11h30
199 BELINDA (Marie Dumora) *** 1h47
un doc très touchant sur une famille de la communauté yéniche, centré sur Belinda, qui va se marier... juste, sincère, émouvant, même si on a le sentiment de puer la clope à la sortie.
14h30
200 ROUGE AMOUREUSE (L. Garcia) 23' ***
un(e) film(e) transgenre par une réalisateur idem, des choses très fortes (toute la première partie), et d'autres qui cassent un peu l'ambiance (les chats).
201 CORPO ELETRICO (Marcelo Caetano) 1h34 **
un pensum sur des grandes folles brésiliennes dont certaines font dans le textile. Ensoleillé mais interminable. Comme quoi les QV ne sont pas suffisantes pour me faire aimer un film
17h
202 LONDON CALLING (R.Botiveau et H. Baillot) 14' *****
Un bijou de court, en 14', qui fait rejouer Week-end à Zuydcoote à un groupe de migrants de la jungle de Calais, et mélange avec finesse l'hier et le maintenant, le réel et le filmé, le là-bas et l'ici. Magnifique.

Samedi 2
14h30
204 LA LIBERTÉ (Guillaume Massart) 2h26 *****
La dame dans sa présentation l'a qualifié de "film exceptionnel" et elle n'avait pas tort. Un doc en immersion dans une prison ouverte en Corse où sont détenus des hommes coupables de "crimes sexuels intra-familiaux". Un film qui prend le temps d'écouter, de laisser parler, de questionner, d'essayer de comprendre, sous forme de plans-séquences avec plusieurs de ces hommes. L'un d'eux, notamment, Mickaël, qu'on croisera plusieurs fois jusqu'à une ultime séquence extrêmement forte. Un film qui m'a bouleversé...
17h
205 MAKALA (Emmanuel Gras) 1h36 ***
Et on a enchaîné (5' de battement) avec ce film aux images africaines et magnifiques (l''histoire d'un jeune noir qui fabrique du charbon de bois et part le vendre à la ville, à plus de cinquante kilomètres... Une épopée à taille humaine, aux images superbes je le répète, qui a obtenu le Prix Nespresso à Cannes, mais m'a paru un peu longuette (peut-être étais-je encore trop sous le coup du film précédent).

... et c'est fini pour cette année!

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vendredi 1 décembre 2017

novembre 2017

mercredi 1er (à la maison)
jour férié + Toussaint + heure d'hiver + lecture de Manu Larcenet + par la fenêtre nuit à noire à 18h + estomac chamboulé = surgissement d'un certain vague à l'âme
jeudi 2 (au Super U)
petit instant de panique intense au moment de régler à la caisse : mon porte-feuille qui est d'habitude dans une des poches de ma chemise n'y est plus... vérification faite, il est resté dans la voiture, sur le siège, à côté du pain que j'ai acheté juste avant...
vendredi 3 (Culturebox)
bien commencé la journée (fini la précédente plutôt) en matant sur l'ordi la retransmission en direct du concert de The National à la Grande Halle de La Villette (mais avec une connexion moyenne et un débit moyen, ça le fait moyen aussi...)
samedi 4 (chez les voisins)
venu prendre un café avec la voisine qui vient de rentrer d'Inde, j'en repars avec un mixer à soupe et ses accessoires, donné par son mari (qui venait d'en racheter un autre parce que celui-là était cassé)
dimanche 5 (salle de bain)
Rien de tel qu'un bon gros joint pour vous mettre de bonne humeur : celui du siphon du lavabo (démonté -beurk- puis remonté) que j'ai eu l'idée de replacer correctement  et qui a permis que ça devienne étanche
lundi 6 (au courrier)
pas encore le nouveau téléphone (je suis impatient), mais, tiens, le nouveau Courrier du Lecteur, qui s'est informatisé (étiquettes pour les adresses)
mardi 7 (dans ma rue)
rentrant chez moi de nuit, je trouve que quelque chose a changé au niveau de l'éclairage public : la façade de ma maison, ainsi que celle du voisin, sont désormais violemment éclairées (c'est l'effet led, comme je l'apprendrai un peu plus tard)
mercredi 8 (Echo System)
Manue en rigolant avait dit "je t'envoie le pigeon" en désignant le jeune homme à qui elle venait de confier des tickets pour qu'il les porte au bar, de l'autre côté de la pièce, et il a donc traversé la pièce en faisant le pigeon, tandis que  son jean porté vraiment très bas donnait l'impression qu'il allait le perdre d'un instant à l'autre, le faisant s'auto-qualifier, quand on le lui a fait remarquer, de pigeon défroqué
jeudi 9 ((à la poste)
si je n'étais pas allé voir sur le site de l'expéditeur de ce téléphone que j'attendais, je ne me serais pas rendu compte que j'avais mis le mauvais nom de village à la suite du (bon) code postal, et, du coup, je ne serais pas allé à la Poste dès l'ouverture des bureaux avec mon numéro de suivi, pour expliquer tout ça à la postière, qui n'aurait pas écrit le numéro sur un post-it, pour penser à dire aux gars du Tri de modifier cette fameuse adresse dès que le paquet serait flashé dans leur service, et bien sans tout ça, je n'aurais pas eu le colis dans ma boîte en rentrant chez moi en début d'après-midi. Ouf!
vendredi 10 (soirée tarot)
ce 20 d'atout que je mets sur le 18 de Pépin qui venait de couper le roi de carreau de Coralie, et qui, du coup le sauve, et provoque une explosion d'enthousiasme de Manue, produisant une réaction en chaîne qui soulève le tapis qui renverse la bière sur la table le tapis et trempe la feuille des scores
samedi 11 (au cinéma)
A ciambra est programmé à 17h45, mais, comme dans le cinéma de Vesoul on canalise tous les spectateurs en stabulation libre dans le hall pour les faire tous rentrer en même temps, à 18h, toutes les séances, celles de 17h45, de 18h, et de 18h15, je me vois forcé de faire ce que je ne fais d'habitude jamais : remonter la file, en emportant une mamie dans mon sillage, en disant "On a une séance à 17h45...", et arriver dans la salle alors que le film vient quand même de commencer
dimanche 12 (photobox)
un dimanche pluvieux-- de merde- passé en pyjama à faire des calendriers en ligne (pour profiter des dernières promotions proposées par mail), mais la connexion défaille régulièrement et m'oblige à sauvegarder à chaque minute, après avoir perdu, à plusieurs reprises, toutes les modifications parce que je n'avais pas pensé à le faire
lundi 13 (sur la route)
en rentrant du cinéma, sur la dernière portion de ligne droite avant l'entrée du village, je croise, dans le fossé,  du côté de la piste cyclable, un renard, qui attend sans doute que je sois passé pour traverser
mardi 14 (au Théâtre)
un plaisant Hôtel Feydeau, mis en scène par Lavaudant, où je découvre avec grand plaisir qu'André Marcon porte à merveille le costume (et la perruque) de Louis XIV
mercredi 15
(au téléphone)
répondu à une vingtaine de questions pour les présélections d'un jeu-tévé (où je serai le binôme de Marie, qui nous y a inscrits), j'ai eu bon à cette première manche (sans avoir pourtant réussi à me rappeler du nom "du" spationaute français, ni à compléter le refrain d'une chanson d'Obispo, entre autres), la suite vendredi...
jeudi 16 (coîncidence)
l'après-midi, comme chaque fois que je passe devant le marchand de plantes, je pense qu'il faut que je pense à acheter un(e) oxalis, et le soir même, à la télévision, Charlotte Gainsbourg, en promo,  m'apprend que la dernière chanson de son album s'appelle les oxalis...
vendredi 17 (11h/11h30)
incroyable tout ce que j'ai pu faire en une demi-heure : passer au bureau de tabac récupérer un colis de chez Gibert, passer à la MDA pour prendre le courrier et déposer les papiers, passer à la Poste pour envoyer un bouquin... et du coup j'ai même eu encore le temps de passer chercher Catherine à l'école pour l'emmener manger au FJT
samedi 18  (cordonnerie)
après avoir eu par Marie la confirmation que l'échope existait toujours, j'ai donc traversé la ville avec à la main un sac contenant une botte que je souhaitais faire recoudre, pour apprendre, en arrivant devant, via un papier scotché sur la vitre, qu'elle était fermée exceptionnellement ce samedi après-midi là (mais qu'elle serait ouverte lundi après-midi)
dimanche 19 (au Théâtre)
Une Histoire de la  passion magnifique, d'après Bach, par le collectif Le cortège d'Orphée, qui s'ouvre sur un très long silence, comme une immersion, le temps que chacun(e) des seize interprètes (trois musciens sont déjà installés)  entre en scène et y prenne sa place
lundi 20 (au Théâtre, encore)
Quand on va voir un spectacle gratuit (Djihad) organisé par le Conseil Citoyen Rêpes/Montmarin, et qu'il faut faire la queue pour obtenir un ticket d'entrée, l'idéal est que la personne qui délivre les tickets en question soit, justement, votre amie (merci Marie)
mardi 21 (salle 205)
pour la formation Ecole et Cinéma pour Petites casseroles, les enseignantes étaient trois fois plus nombreuses que pour Chantons sous la pluie, la semaine précédente
mercredi 22 (en voiture)
le hasard a fait que c'était Il n'y a plus rien de Ferré qui passait à ce moment, dans le mix que j'avais fait, et, avec Catherine, on l'a écouté attentivement, d'abord à l'aller, puis la fin au retour
jeudi 23 (dans les étages)
Comme Marie me l'avait demandé, je l'ai aidée à transbahuter un lit d'enfant dans ses escaliers malcommodes, qui m'ont bien confirmé que je n'avais plus vingt ans.
vendredi 24 (salle de jeux)
un moment très émouvant, de se retrouver comme ça, toutes/tous là, notre belle équipe, celle de nos plus belles années de travail, pour fêter le dernier jour de travail de Saïda
samedi 25 (la nuit)
sommeil en rondelles : j'en profite pour terminer, en deux fois, les 100 dernières pages de l'extraordinaire (et touchant) Une mort qui en vaut la peine, de Donald Ray Pollock
dimanche 26 (Festival Entrevues)
le soir, avant de repartir, dans le hall du cinéma désormais presque vide, Claude W. me propose un bonbon au coquelicot, acheté la veille à la Ste Catherine
lundi 27 (Noz)
fouillé longuement dans ce bac de "beaux livres à moins 70%", et reparti avec un beau et grand volume d'Abécédaires (La Martinière), heureux comme un gamin
mardi 28 (Belfort)
On est reparti plus tôt que prévu (après la séance de 18h) parce que ça faisait un petit moment qu'il s'était mis à neiger, dehors les voitures étaient blanches, et le paysage aussi (mais à Vesoul, après, rien)
mercredi 29 (au Théâtre)
assis sur la scène, au premier rang, (dans ce "dispositif bi-frontal"), pour deux pièces d'Eschyle adaptées par Olivier Py, n'en avoir retenu que cet alexandrin "Que t'a donc apporté d'avoir aimé les hommes? "
jeudi 30 (sncf.fr)
appris incidemment, de la bouche d'un contrôleur sympathique, que, pour les billets de ter achetés sur internet, seule la date est prise en compte par le contrôleur, l'horaire n'étant donné qu'à titre indicatif

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mardi 28 novembre 2017

aujourd'hui : rien

C'est ce qu'avair noté Louis XVI dans son agenda, pour le jour du 14 juillet 1789...
comme quoi ce qu'on note (ou pas) ne correspond pas forcément avec ce qui se passe "en vrai".
Certain(e)s m'ont fait remarquer que "je n'avais rien écrit depuis une semaine", -je les remercie de leur sollicitude-, celles qui me voyaient tous les jours m'en ont fait la remarque mais ne s'en sont pas formalisées, tandis que certains, qui ne m'avaient pas vu (lu)  tous ces jours - à peine une semaine, quand même- se sont inquiétés...
Non non, rassurez-vous, tout va bien, simplement ce mois de novembre est très rempli., comme le sont, justement, les cases quotidiennes du calendrier, dans ma cuisine (ou presque).C'était donc un silence "Oh la la je suis tellement oqp que je n'ai pas le temps d'écrire..." plutôt qu'un silence "Oh mon dieu mon dieu je suis tellement malheureux comme les pierres que je n'ai même pas la force d'écrire...".
Ceux qui me connaissent savent que je voue une -saine- détestation à ce fameux mois de novembre, enfin disons plutôt que je vouais, car depuis quelques années ce sentiment s'est reportée sur l'affreux mois de février (et encore heureux qu'il ne fasse pas la durée règlementaire), et donc ce mois de novembre-ci est plutôt intense, oui, comme le disait Catherine, "plutôt riche en émotions..."
Et puis je ne suis pas beaucoup allé au cinéma, qui constitue quand même le sujet essentiel de mes posts (mais de quoi donc voudriez-vous que je vous parlasse d'autre, hein ?) et donc tout ça fait que c'était "normal" que le blogchounet soit resté vide entre le 16 et le 23 (pile-poil une semaine, oui...)

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