dimanche 21 décembre 2014

caldavvingtetun : instantané

(rions un peu)

l'autre soir, (la nuit tombe très tôt), il me restait du temps avant la réunion, et comme la route vers le centre-ville bouchonnait douloureusement, j'ai tourné à gauche et filé sur la nationale (en plus j'avais très très très envie de faire pipi) j'ai donc roulé jusqu'au premier parking, m'y suis soulagé dans la lumière des feux arrières, et comme il me restait encore un peu de temps et que je ne pouvais pas faire demi-tour comme ça, là, de fil en aiguille, j'ai roulé jusqu'au parking suivant, qui est de l'autre côté de la route, et consiste en un assez long virage (l'ancienne route) qui a été remplacé par une trois voies beaucoup plus rectiligne, oui, le parking est désormais comme une déviation de la nationale.
Je m'y suis donc engagé (la nuit était très noire) attiré par les lumières d'un poids-lourd clignotants et lumière allumées (et le gilet fluo du conducteur, en train de pisser à l'abri derrière la portière côté conducteur). il est remonté dans son camion rapidos, a redémarré dans cette nuit bien noire, me laissant seul sur le parking. J'ai alors coupé les phares, pour voir, et l'obscurité était assez impressionnante, d'autant plus qu'on voyait, en amont et en aval du parking, les phares et/ou les feux arrière des véhicules qui passaient sur la nationale, dans les deux sens, à assez vive allure d'ailleurs (quand on est arrêté, on a l'impression que ceux qui vont vite vont plus vite).
Pour que ça soit plus joli, j'ai allumé mes veilleuses, petites loupiotes dans le parking sombre et vide, avec au loin, aux deux bouts, les lumières et les bruits un peu assourdis du trafic. Puis je les ai éteintes.
Et je me suis dit que c'était une image très juste (exacte) de ce qu'était ma vie, à ce moment précis.

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(hihihi)

ensuite j'ai redémarré, j'ai allumé les phares, j'ai repris la route, pour arriver juste à l'heure en ville pour cette fameuse réunion...

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samedi 20 décembre 2014

caldavvingt : paris

Ce soir je pars à paris, pour le rituel "Noël à Champlitte à Paris"

Penser
- aux clés de l'appart
- à la carte ciné
- au Pass Navigo
- aux tickets de métro (pour samedi et dimanche)
- aux cadeaux pour M.
- aux merdouilles pour la pêche
- aux bouteilles de champagne
- à la machine à dormir
- au bouquin pour lire dans le train (et aussi le Libé du jour)
- à acheter le Pariscop
- au plan du métro (à chaque fois je l'oublie, je suis obligé d'en reprendre un au guichet, et j'en ai au moins 10 chez moi)
- à prendre un truc pour grignoter (je vais arriver hyper tard à l'appart')

http://images.itnewsinfo.com/lmi/articles/originale/000000027635.jpg

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vendredi 19 décembre 2014

absolution

CALVARY
de John Michael McDonagh

C'est le deuxième film du réalisateur (après L'Irlandais, avec déja dans le rôle-titre l'énorme, le magnifique, Brendan Gleeson, qui était aussi dans le film du frère du réalisateur, Bons baisers de Bruges -en compagnie de Colinchou "trop mes sourcils" Farrell-). Dans L'Irlandais, il incarnait un vieux flic asocial alcoolo et ronchon, forcé de faire équipe avec un black du FBI, dans une relecture de western à l'irlandaise aussi drôle (black) qu'épique, ici, il incarne un prêtre, un vrai prêtre à l'ancienne, en soutane, (sauf qu'il a une fille, qu'il a eu d'un précédent mariage, avant que son veuvage le pousse vers la prêtrise), un prêtre à qui un anonyme annonce, dans la scène d'ouverture confessionnale, qu'il l'exécutera le dimanche suivant, sur la plage, (on est bien sûr toujours autant en Irlande), en vertu du fait qu'il est un bon prêtre,  et qu'il semble  logique que ce soit un prêtre innocent qui paye pour la faute d'un autre (l'anonyme en question annonce qu'il a été abusé dans son enfance  par un prêtre pédophile qui depuis est mort et dont il ne pourra pas se venger).
On va suivre donc le padre (comme l'a surnommé un des personnages) pendant toute la semaine précédant le fameux dimanche on the beach, sa soutane claquant au vent de l'Irlande (toujours aussi belle et amoureusement filmée) comme la grand-voile d'une rustique, mais solide, embarcation du cru.
A la barre, Brendan Gleeson est magnifiquement splendide (à moins que l'inverse). Autant dans l'Irlandais il s'était complu à charger la mule dès l'ouverture du film, autant ici il nous livre un personnage d'une sobriété remarquable (dans tous les sens du terme au début, un peu moins par la suite). Au fil des jours qui passent et se succèdent (chacun est noté à l'écran) on le voit évoluer, rencontrer des gens,  (une femme battue, son amant black, un supérieur ecclésiastique, un collègue débutant, un flic gay, une fille dépressive...) et tenter de régler -ou d'éclaircir- les problèmes en cours qui effervescent dans le village (les autres et les siens propres), tandis qu'au fil des jours la menace initiale se précise et les actes de malversation à l'encontre du prêtre se multiplient.
On n'est pas dans Bernanos, ni  même dans Bresson ou Pialat. encore moins dans Mon curé chez les nudistes. L'angle d'attaque choisi par McDonagh n'est ni dans l'ascèse ni dans la gaudriole. peut-être juste dans le réel, le quotidien, le tout-venant. Ce prêtre est avant tout un homme, qu'on pourrait qualifier "de religion" mais tout autant "de terrain", et, dans un pays profondément religieux (avec tous les affrontements -sur le sujet- qu'on y a connus) il s'agirait quasiment d'un genre de bilan, un état des lieux, et d'une remise en cause (en question) du sentiment religieux, de ce que certains appellent foi, d'autres folie, d'autres encore foutaises...
Sauf que McDonagh, très malin, ne s'installe pas dans le cadre du document sociologique, ni du film à thèse, il nous la joue plutôt mi-thriller, mi-comédie noire, reprenant la recette du cocktail de l'Irlandais (1/3 de réel, 1/3 d'interrogation(s), 1/3 d'humour,  shakez bien le tout et servez dans un verre à Guinness - a pint-, assaisonné d'un trait d'amertume et rafraîchi aux embruns irlandais), avec un flingue -ou même deux- et ça se sirote avec grand bonheur (alterner l'humour et le noir comme la bière et le scotch dans le film.)
Ce qui est dommage, c'est que le film est passé pendant une semaine, mais avec juste une séance quotidienne, et un jour sur deux (soit... 3 séances, un régime genre bôô cinéma, non ?), ce qui s'appelle un peu quand même sabrer la carrière d'un film (L'Incomprise, la semaine précédente avait eu droit au même régime), tandis que, au hasard, tiens (!) ... Marie Heurtin jouit d'un régime projectionnel beaucoup plus... catholique (et a d'ailleurs attiré en masse, au dire du personnel, l'épiscopat diocésain (je ne sais pas si ça veut vraiment dire ce que je pense, mais j'aime la formule) local.
Qui aurait certes sans doute un peu plus grinçouillé des dents à la vision de ce Calvary pourtant pas si iconoclaste... Oui, les voies du Seigneur sont impénétrables hein (ouch!)

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à la française...

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à l'irlandaise...

Moyenne

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caldavdixneuf : Canop'

et je ne pourrais pas terminer ce petit déballage de choses agréables sans évoquer (je pars demain à Paris) le "Chantier de la Canopée" qui m'a fourni bien des sujets de plaisir et des raisons et des motifs de photographiage au cours de cette année 2014 qui s'achève doucettement mais là je ne vais même plus parler je vais juste vous mettre des images, vous allez comprendre tout de suite...

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(no comment...)

 

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jeudi 18 décembre 2014

lunettes noires

OF MEN AND WAR
de Laurent Bécue-Renard

Après le magnifique De guerre lasses (la guerre du point de vue des femmes) Laurent Bécue-Renard a donc réalisé le second volet de ce qu'il envisage comme une trilogie : la guerre encore, cette fois du point de vue des hommes. Pas n'importe quelle guerre ni n'importe quels hommes. Il s'agit de soldats américains de retour d'Irak et  victimes de syndromes post-traumatiques : si le physique est indemne, le mental en souffrance. Ces hommes ont vécu là-bas des trucs effroyables, qu'ils portent en eux,  dont ils n'arrivent parfois même pas à parler.
On les suit au Pathway home, un centre d'accueil (et de "rééducation" pour anciens combattants) lors de séances de groupe où chacun à son tour est appelé à prendre la parole s'il le désire, et à partager avec ses coreligionnaires le(s) trauma(s) qui l'habite(nt). C'est très émouvant de voir ces corps de soldats, de combattants (muscles, tatouages) conçus pour endurer, résister, soudain mis en échec  par leurs propres rouages intérieurs, et ces hommes se mettre à pleurer,  ou même être sur le point de vomir, à l'évocation de ce qu'ils ont vécu, parce que, justement, cette parole-là est, au sens propre, inexprimable.
Le film alterne les scènes de groupe, de thérapie, au Pathway home, et les moments familiaux privés, où chacun des soldats est filmé dans sa vie quotidienne, avec sa femme, ses enfants, s'en exprime, et le va-et-vient entre les deux états (le soldat en souffrance / le père de famille en voie de guérison) est d'autant plus impressionnant qu'à première vue, il est difficile de voir combien (et comment) ces hommes souffrent, cela n'est manifesté que par la parole (la leur ou celle de leurs proches.
Ils ont tué, volontairement ou par accident, d'autres êtres humains, amis ou ennemis, ils les ont vu mourir, et ce qui les hante désormais les a aussi profondément changés. Crises de violence, pétages de plombs, perte de contrôle, c'est désormais d'eux-mêmes qu'ils ont peur. Comment vivre, pouvoir envisager de continuer de vivre, avec ces choses épouvantables cadenassées à l'intérieur de soi , comment s'en défaire, comment s'alléger enfin de ce poids, se débarrasser du barda militaire, se reconstruire en tant qu'homme, père, mari, juste quidam, average guy ?
Le dispositif adopté par le réalisateur est aussi fort qu'il est extrêmement simple : la caméra est posée, elle est là, au milieu d'eux, près d'eux, présente, elle enregistre. Elle retranscrit. Et on suit sans que l'attention faiblisse ces hommes, pendant les deux heures vingt que dure le film, et c'est passionnant, c'est bouleversant, c'est révoltant aussi. La façon dont ces paroles individiuelles se provoquent, s'unissent, s'entrecroisent, s'entraident. L'armée, la guerre, les combats, les ennemis, la violence, la "virilité". Les dommages (causés), et les réparations (hypothétiques).
Ca m'a remis en tête ce que chantait Maxime Le Forestier, il y a longtemps, dans la chanson Parachutiste ...

275924
(encore une fois, une affihce plutôt laide, et qui dessert le film)

 

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caldavdixhuit : postcards (suite)

cp1

(vieilles cartes / lieux et gens)

cp3

(vieilles cartes /lieux)

cp4

(événements / lieux)

cp5

(événements /faites maison)

cp6
(vieilles cartes / nulles)

cp8
(publicitaires)

cp9

(lieux / hommes)

cp10

(faites maison)

cp11

(vieilles / soldats)

cp2
(art / messieurs tout nus)

(suite) oui oui le plus difficile quand on les garde, c'est de réussir à les classer de façon un peu cohérente, (efficace, plutôt), et j'ai donc réquisitionné plusieurs boîtes à chaussures où j'ai donc mis en place un certain classement :
- les "très vieilles", qui se sous-divisent grosso modo en :
* roucoulades
* soldats
* tourisme
* divers

- les vieilles, qui se sous-divisent en :
* touristiques (cartes moches de lieux initéressants)
* humoristiques (le notion d'humour étant ici très relative et souvent redoutable)
* cuisine (souvent pourrait sous-diviser "tourisme")
* artistique
* divers

- les plus récentes, sous-divisées en
* artistiques (tout ce qui est "fait main")
* cinéma
* publicitaires
* divers

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mercredi 17 décembre 2014

caldavdixsept : noms de vins

 

 

http://www.moulis.com/wordpress/wp-content/gallery/chateau-chasse-spleen/label-chasse-spleen-2000.jpg http://3.bp.blogspot.com/_ba7lj8a1Awo/TNKQvwvTzlI/AAAAAAAAOgs/qj14UzHsldA/s1600/domaine+de+la+solitude+label.jpg

 http://www.bookine.net/cotesduras.jpghttp://www.winelabels.org/image/pissed.jpg
http://www.1jour1vin.com/fr/img/products/chateau-la-dominique-cuvee.jpg  http://images.delcampe.com/img_large/auction/000/201/127/509_001.jpg
http://www.intothewine.fr/uploads/article/.thumbs/vin-bio-biodynamie-vins-naturels-L-1_f88670.jpeghttp://p7.storage.canalblog.com/74/28/541350/33001911.jpg

oui j'avoue, à la façon des dames qui lors d'une élection votent pour un candidat juste pour sa gueule qu'elles trouvent belle, je choisis les vins surtout en fonction de leur étiquette, de leur dénomination, et je n'ai  à ce propos pas grand-chose de plus à écrire...

 

 

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mardi 16 décembre 2014

caldavseize : chaussures

l'adieu aux armes basketts

voilà ça y est les pauvres elles ont rendu l'âme il y a un petit trou au bout qui laisse passer l'air et l'eau, dommage oui elles sont mortes kaputt hors d'usage bonnes à jeter il faut désormais que je me mette autre chose aux pieds, (je suis très fidèle en chaussures, quand j'en trouve une paire qui me convient, je les mets jusqu'à ce qu'elles trépassent, en général, ou que le climat ne le permette plus, en capitaine , pour filer la métaphore "aux armes") elles furent valeureuses, pourtant, elles ont tout connu : l'école, les vacances, la retraite, elles ont fait aux moins deux fois les Eurocks, elles ont mouillé très fort à Lyon au concert de The National (je crains qu'lles ne s'en soient pas remises), elles sont allées plusieurs fois à Paris (je me souviens que je les y avais même étrennées, ce qui était une très mauvaise idée tellement elles m'avaient ampoulé, la première journée, et puis elles s'étaient "faites") et je parvenais, bonheur quotidien,  à les chausser déchausser sans défaire les lacets (oui le bonheur), juste à mon pied comme il faut pourtant ce n'étaient pas des Torsion comme Pascal Brutal, je les avais achetées en solde à intersp*rt parce que ça m'amusait les bandes fluo (à l'époque -j'avais tapé à l'épaule- il y en avait très peu) recueillons donc nous et faisons à leur mémoire une minute de silence

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(le soir , dans la cuisine)

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(le matin, sur le perron)

 

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lundi 15 décembre 2014

caldavquinze : voulzon et sushi

souchon voulzy

le plaisir d'aujourd'hui est un disque : depuis longtemps on les a aimés, séparément, on les a écoutés mille et mille fois chacun, et voilà qu'ils se décident à en faire un ensemble, avec juste leur deux noms sur la pochette comme titre, et voilà que la critique finasse et fait la fine bouche et dit mièvre et dit tout ça pour ça et ennui et déception oh les benêts oh les idiots oh les pisse-vinaigre à bouder ainsi leur plaisirfaut pas exagérer il y a dans ce disque à deux têtes à deux vois à quatre mains des choses bien plaisantes, avec les textes impeccables de souchon et les musiques imparables de voulzy, dans un album pas vraiment surprenant (mais bon, on se doutait bien qu'ils n'allaient pas nous pondre une épopée death metal furieuse et barbelée avec des tronçonneuses), juste un album doux, un album pépère (mais ils commencent à avoir l'âge, hein, et on aussi...) Je ne peux hélas donner ici  que des exemples des textes (pour les musiques, hein, faudra vous débrouiller) :

Elle aime ces garçons à l'air libre
Qui traînent derrière le port
En fumant du gros calibre
Et que le monde a mis dehors
(bad boys)

A cause d'un amoureux ailé en Latécoére lourd
Qui transporte des baisers, des lettres d'amour
(consuelo)

Le bateau pencha
Elle tomba sur le matelas
Le matelot aima cela
(idylle anglo-normande)

les guitares qui jouent fort
Dans son cockpit
Lui sont d'un réconfort
Amniotique
(il roule)

mais  vous vous en doutiez il y a des belles guitares, des claviers suaves, des harmonies vocales, des mots posés, de l'amour et de la tristesse et c'est bien agréable tout ça

http://www.laurentvoulzy.com/wp-content/uploads/2014/10/cover_ASLV.jpg

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dimanche 14 décembre 2014

je crois entendre encore

NUITS BLANCHES SUR LA JETEE
de Paul Vecchiali

Alors qu'on annonce pour début 2015 la resortie d'un paquet de ses films (surtout le magnifiquissime Corps à coeur et le porno Change pas de main "introducing Jean-Christophe Bouvet") l'entregent de notre assoc' nous a permis de visionner avant sa sortie  (28 janvier) son dernier film, projeté cet été à Locarno.
Un film parlé, oui, juste un homme et une femme qui (se) parlent, plusieurs nuits de suite, sur un coin de jetée. Elle c'est Astrid Adverbe, que je ne connaissais pas, aussi juste que lui, et lui c'est Pascal Cervo, qui prouve une fois de plus quel acteur magnifique et scandaleusement sous-employé il est. Le film est tiré d'une nouvelle de Dostoievski (d'ailleurs elle s'y prénomme Natacha, et lui Fédor) il est question d'amour (d'amour en question aussi bien que de questions en amour) dans une langue très écrite (entre Rohmer pour les élans et Marivaux pour les incertitudes, ou bien le contraire). Un préambule de jour (et un peu hors-jeu) met en présence Pascal Cervo et Paul Vecchiali (se créditant au générique du rôle du "vieux"), et un très joli générique chanté et dansé (en surimpression) viendra refermer un peu mélancoliquement l'ensemble (à la fin de la nuit).
On retiendra l'extrême justesse de la direction d'acteurs, beaucoup de mots mais assez peu de mouvements, et un intérêt qui se maintient tout au long de manière assez miraculeuse (il y aurait peut-être juste un petit ralentissement avant la toute fin, avant l'ultime sonnerie de téléphone, qui laissera d'ailleurs le spectateur aussi pantois que le personnage concerné (et qui laisse à penser que s'il y avait eu des téléphones portables du temps de Marivaux, celui-ci n'aurait pas hésité à les utiliser de la sorte, pour harponner soudain la bienveillance convenue (la convention bienveillante) de l'aventure amoureuse, pour en déchirer soudain la trame, y créer une béance pour qu'y passe un souffle d'air iodé (sans doute, on est sur le port, après tout).
Oui le film se clôt avec une ironie un peu cruelle, mais c'est sans doute ce qui fait, paradoxalement, encore plus sa force. Il est question d'aimer, d'attendre, de rendez-vous non honorés, de promesses non tenues, de l'objet de l'affection, qui pourrait bien à point nommé être remplacé par un autre hop! comme ça (à moins que), du jeu et de ses règles ("à une condition : ne tombez pas amoureux de moi"), des circonvolutions (circonlocutions ?) du désir, du ballet des sentiments, tout ça dans une langue magnifique, servie, je le répète par des acteurs qui le sont tout autant.

Oh nuit enchanteresse
Divin ravissement
Oh souvenir charmant,
Folle ivresse, doux rêve!

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(mmm je ne suis pas sûr que cette affiche soit très attractive...)


(le réalisateur et ses deux acteurs, à Locarno)

... et je rajoute quelques mots pour dire que j'ai oublié de parler de la musique (on y entend différentes versions lo-fi des Pêcheurs de perles de Bizet, le morceau qui donne son titre au post, que j'ai découvert il n'y a d'ailleurs pas très longtemps, chanté par Catherine Frot et André Dussolier si ma mémoire is good) réorchestré notamment pour piano-jouet (j'étais fier, j'ai reconnu quasiment tout de suite).

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