mardi 18 août 2020

le circus virule 3

L'ETE ET LE COVID : "MA BONNE DAME, ON NE TROUVE PLUS DE PETIT PERSONNEL..."

"Dans la lutte contre le coronavirus, nous vivons une parenthèse étrange que d’aucuns ont prise à tort pour une fin de partie. Soignants en première ligne, nous avons cette impression étrange de n’avoir pas existé. Qu’il ne s’est rien passé. Ou si peu. Les généralistes de l’est et de la région parisienne n’ont pas pris la vague, les services de réanimation et d’urgence n’ont pas été submergés. Ce que nous avons vécu, ce que certains d’entre nous ont affronté, a été comme effacé.

La commission d’enquête parlementaire n’a entendu que des pontes. Ministres, sous-ministres, directeurs d’agences régionales de santé (ARS), sont venus se dédouaner sur les conditions d’incurie dans lesquelles le pays a affronté la crise. Palme d’Or de l’indécence à Roselyne Bachelot, égérie sarkozyste brillamment relookée en présentatrice sympatoche et fardée, a moqué ces médecins envoyés au front sans équipements de protection : «On attend que le directeur de cabinet du préfet ou de l’ARS vienne avec une petite charrette porter des masques ? Qu’est-ce que c’est que ce pays infantilisé ? Il faut quand même se prendre un peu en main. C’est ça la leçon qu’il faut tirer. Tant qu’on attendra tout du seigneur du château, on est mal !»

De nature prudente voire paranoïaque, je suis depuis longtemps persuadé – et en particulier après H1N1 et les vaccinodromes de Bachelot – de l’incapacité étatique à protéger la population. C’est pourquoi j’avais et ce depuis des années constitué un stock de masques. J’ai abordé cette pandémie avec de quoi tenir des semaines, voire des mois. Bien m’en a pris, au vu de l’absence du stock pandémique de Schrödinger pourtant promis par Agnès Buzyn et Jérôme Salomon en février. Devons-nous rappeler à Roselyne Bachelot, qui se désole que son nouveau hochet ministériel à 10 135 euros par mois (+ 12 500 euros de frais de représentation) l’oblige à diminuer par deux ses revenus… que nous payons «le seigneur du château», et que son mépris est fort mal venu ?

Empilement de mesures «de bon sens»

Sa saillie lamentable a cependant un mérite : celui de mettre les choses au clair. Il n’y a rien à attendre du seigneur, cette crise nous l’a prouvé. En l’absence de gouvernail, en l’absence de capitaine, cette «guerre» a été menée et temporairement gagnée par les gueux. Généralistes, infirmiers, kinésithérapeutes, urgentistes, réanimateurs, ambulanciers, aides-soignants, personnels des Ehpad, et j’en oublie… Ces femmes et ces hommes qui ne viendront pas s’asseoir devant la commission parlementaire parce que leur Retex (retour d’expérience) serait ingérable et qu’il mettrait à mal les certitudes des assis. Il n’y a rien à attendre du seigneur du château, donc, qu’un nouvel empilement de mesures «de bon sens» provisoirement mises de côté pendant la pandémie.

Dès la mi-juin, les ARS ont ainsi demandé aux responsables des centres Covid de diminuer la voilure, de restreindre les horaires d’ouverture, voire de fermer ces centres. A Poissy, devant la diminution de suspicions de Covid, le Covidrome avait été transformé en centre de prélèvement, afin de pouvoir prendre rendez-vous pour un test PCR, le réaliser et en obtenir les résultats dans un délai inférieur à 24 heures…

Mais le 10 juillet, boum, l’ARS a cessé de financer ces structures. Alors même que la période estivale s’annonçait tendue : vacanciers se déplaçant en France et désirant se rassurer avant de retrouver des parents âgés ou fragiles, nombre de pays exigeant une PCR négative récente pour voyager. Les capacités des laboratoires de biologie médicale sont mises à rude épreuve, car chaque test nécessite un préleveur formé, et des conditions d’asepsie particulière. La charge de travail est immense alors même qu’après des mois harassants, une partie du personnel prend des vacances méritées. Résultat : des files d’attente devant les laboratoires médicaux, et l’incapacité pour des patients symptomatiques présentant une suspicion de Covid de se faire tester dans un délai raisonnable.

Tests et téléconsultations

Enfonçant le clou de la déconnexion au réel, le directeur de l’ARS Ile de France, Aurélien Rousseau, après avoir lancé une campagne de dépistage massif, (plus d’un million de bons de dépistage ont été adressés aux Franciliens de 32 villes cibles), tance les biologistes : «Il faut que tout le monde prenne sa part dans ce combat de santé publique, il n’est pas acceptable d’avoir des gens qui n’ont pas de rendez-vous.» Que voulez-vous, ma bonne dame, on ne trouve plus de petit personnel…

En médecine de ville, mêmes causes, mêmes effets. Début avril, Olivier Véran avait assoupli les règles de téléconsultation. Les généralistes étaient incités à l’utiliser pour éviter de faire venir des patients au cabinet, en particulier les plus âgés ou plus fragiles. Tous les moyens étaient bons : l’utilisation de plates-formes commerciales telle Doctolib ou Care, des applications de visioconférence (WhatsApp, Facetime, Skype…) et même le simple téléphone. Pour lever un frein majeur, dans un geste totalement inédit, l’Assurance maladie décidait de prendre en charge intégralement le paiement de ces téléconsultations, alors qu’en général le régime obligatoire rembourse 70% d’un acte médical, les 30% restants étant à la charge de l’assurance complémentaire du patient, ou du patient lui-même quand il n’a pas de complémentaire. Totalement absentes pendant la crise, celles-ci se sont d’ailleurs fait connaître une fois la première vague passée, sous la plume de Thierry Beaudet, président de la Fédération nationale de la mutualité française, qui a doctement expliqué qu’il était urgent de baisser la rémunération des médecins qui n’intégraient pas des structures territoriales sur lesquelles il espérait bien un jour avoir la main. Incroyable talent…

La prise en charge des téléconsultations par l’Assurance maladie, réponse pratique immédiatement efficace à un problème complexe, représentait un changement de paradigme complet. De fraudeur potentiel «tirant» sur l’argent public, le médecin était enfin perçu comme un acteur de santé publique digne de confiance. Cette lune de miel a duré le temps de la pandémie. Le 10 juillet, la Sécu a décidé de ne plus prendre en charge les téléconsultations par téléphone. Pain bénit pour les plateformes commerciales… et décision de «bon sens» économique, prise par les mêmes génies qui en économisant un milliard sur le stock de masques sur dix ans, ont planté le pays entier à hauteur de centaines de milliards d’euros pour des années. Surtout ne changeons pas une équipe qui marche !

 Généralistes préjugés fraudeurs

L’idée de payer une consultation par téléphone répugne à certains, et le soupçon de fraude n’est jamais loin. J’avoue ne pas saisir en quoi une consultation en visiophonie est fondamentalement différente d’une consultation en téléphonie hormis certaines situations… La régulation des urgences par le Samu utilise ce moyen depuis des décennies… Et les médecins, dans l’urgence, ont appris à se servir des outils à leur disposition. Autant les suspicions de Covid nécessitaient la visiophonie, pour juger de l’essoufflement et de la respiration du patient, autant nombre de situations médicales (au hasard cette semaine une suspicion de prostatite, une réévaluation de traitement antidiabétique, un reflux gastro-œsophagien…) peuvent parfaitement être gérées par téléphone. Mais surtout, ce rappel à l’ordre («N’en profitez pas, hein, on vous a à l’œil, les généralistes…») a pour effet immédiat… d’exclure les patients qui pourraient le plus bénéficier de la téléconsultation, à savoir les personnes âgées isolées, dont la majorité ne maîtrise ni les outils numériques ni même un simple smartphone, et les patients des déserts numériques.

J’ai beau tourner le problème dans tous les sens, le rationnel de cette décision vexatoire (car elle préjuge le généraliste comme un fraudeur) m’échappe. J’y suis particulièrement sensible parce que depuis des mois, très préoccupé par cette période estivale post-Covid pendant laquelle je prévoyais que les services d’urgence seraient confrontés à une situation encore plus tendue que les années précédentes, j’ai décidé de poursuivre les téléconsultations depuis mon lieu de vacances. C’est un choix personnel, qui ne ravit pas forcément mes proches, mais me permet d’éviter au maximum que près de 1 300 patients n’aient comme seul recours les urgences du centre hospitalier." 

(Journal de confinement / Christian Lehmann / 25.07.20)

 

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dimanche 16 août 2020

le circus virule 2

UN VIRUS QUI FESTOIE

"En visionnant les vidéos en provenance de Floride, où des maniaques religieux dénoncent les autorités sanitaires en expliquant que porter un masque est une atteinte à leur divine capacité à respirer, certains d’entre nous ont ri nerveusement. D’autres ont hoché la tête : «Ce pays est complètement barré.» Il n’aura pas fallu attendre un mois pour comprendre que nous n’avons rien à envier aux Etats-Unis, et que nous avons les mêmes illuminés. Ils traitent de fascistes euthanasieurs ceux qui tentent de les protéger. Ils dénoncent le port du masque comme une mesure liberticide. (On n’ose pas leur parler de la ceinture de sécurité ou du préservatif…) Ils pétitionnent contre le port du masque qui entraînerait une diminution d’oxygénation cérébrale (les chirurgiens apprécieront cette découverte récente qui explique certainement les accidents de bloc opératoire). Bon sang mais c’est bien sûr, comment n’y avons-nous pas pensé plus tôt, donnons le Nobel de médecine au docteur Nicole Delépine, qui invoque Riposte laïque pour déverser son fiel délirant…

Le Covid, ça semble repartir. Comme en 14. Ça ne m’amuse pas de l’écrire. J’aurais aimé me tromper. J’aurais aimé pouvoir fêter ceux qui sur les plateaux depuis un mois expliquent qu’il existe une immunité de groupe beaucoup plus importante qu’on ne le croit, qui martèlent que l’épidémie ne repartira pas dans les régions où elle a déjà sévi, que de toute façon on aura toujours le temps de voir venir. J’aurais adoré qu’ils aient vu juste, comme fin février pendant quelques heures, en visionnant et revisionnant la première vidéo de Didier Raoult «Coronavirus : fin de partie», où j’ai espéré, très brièvement, que le druide marseillais ait raison. Mais au final, l’intuition, c’est bien, si vous avez suffisamment d’humilité pour douter de vous constamment.

«Ne vois-tu rien venir ?»

Grâce à ce «journal de pandémie», j’ai été amené depuis la mi-mars à prendre contact avec des dizaines de soignants que je ne connaissais pas, généralistes, urgentistes, réanimateurs, ambulanciers, infirmiers, kinésithérapeutes, médecins de soins palliatifs, d’Ehpad. Et, sous couvert d’anonymat, ils ont la gentillesse de répondre à mes demandes hebdomadaires… «Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?» «Je ne vois que le soleil qui poudroie, et l’herbe qui verdoie», répond Anne dans la Barbe bleue de Charles Perrault. Et pendant quelques semaines, à ma demande «Voyez-vous des signaux faibles de retour de la pandémie ?», je n’ai eu que des réponses négatives. Quelques rares clusters bien identifiés et gérés, et c’est tout. Rien de décelable, à mon faible niveau, en population générale. Et puis la semaine dernière ça a commencé à frémir.

J’attendais avec une certaine inquiétude, au vu de ce qui se passait ailleurs, aux Etats-Unis, en Floride, ce que j’ai surnommé «le Covid balnéaire», l’arrivée d’estivants urbains décidés à se donner du bon temps, à décompresser du confinement, sur leurs lieux de vacances. Ces villes où, les discothèques étant fermées, les estivants se retrouvaient dans des bars bondés, ou dans des fêtes privées, parfaits vecteurs de contamination par aérosolisation. Ça a été l’un des éléments qui nous ont amenés, quelques collègues et moi, à lancer la tribune demandant au gouvernement de prendre ses responsabilités, et de rendre obligatoire le port de masques en lieu clos, mal ventilé. Cela fait plus de trois mois que ce risque est discuté dans les milieux médicaux, que sont décryptées les modalités de transmission. Des mois que l’on comprend peu à peu que les contaminations indirectes, par manipulation d’objets, sont exceptionnelles voire inexistantes, mais que par contre, des personnes infectées, même asymptomatiques, parlant, chantant, respirant fort dans un lieu non ventilé peuvent infecter beaucoup de monde en créant un nuage de particules virales qui reste en suspension si aucun mouvement d’air ne le disperse. Ces contaminations se déroulent dans un premier temps à bas bruit car touchant des sujets jeunes en bonne santé. Mais elles peuvent ensuite brutalement poser problème si plusieurs infectés, même peu symptomatiques, se retrouvent dans le même espace clos. Pour parler clairement, en référence au rassemblement œcuménique de Mulhouse, il s’agit moins de patients supercontaminateurs que de lieux supercontaminants.

Cette semaine, alors même qu’était publiée notre tribune demandant au gouvernement de rendre obligatoire le port du masque en lieu clos, tandis que la pétition lancée sur change.org atteignait 70 000 signatures, mes contacts sur le territoire ont changé de discours. Ici des clusters, ici une personne testée positive quelques jours après son arrivée en avion en France métropolitaine, ici une entreprise employant des travailleurs précaires contaminés en masse, dont beaucoup avaient continué à travailler, malgré la maladie. J’ai reçu nombre de témoignages, qui n’ont certes pas valeur statistique, mais j’ai compris que la situation avait changé. Qui plus est, quasiment tous mes contacts m’ont demandé une absolue confidentialité, et j’ai compris que consigne avait été donnée au niveau ministériel apparemment de ne pas causer d’affolement… Certains conseils départementaux de l’Ordre, apparemment, en attestent à voix basse.

Portez des masques

Dans le même temps, Emmanuel Macron se prononçait enfin pour le port obligatoire du masque en lieu clos… mais uniquement dans les lieux publics (il faut que l’économie reparte, pas question de gêner les entreprises), et dans quinze jours (la start-up nation est fair-play, elle laisse au coronavirus quelques longueurs d’avance pour son retour). Deux jours plus tard, Olivier Véran passait à la télévision, grave, pour dire qu’il récoltait des signaux faibles de reprise virale, et la date d’obligation de port du masque était avancée d’une semaine. «Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?» Je ne vois que le virus qui festoie, et le gouvernement qui merdoie…

Ça semble repartir. Comme en 14. Et nous n’avons pas suffisamment de possibilités de tests, le délai pour être testé et recevoir une réponse s’est allongé, les centres Covid ont pour la plupart été fermés en absence de financement des ARS.

Mon but, celui des rédacteurs de la pétition, n’est pas de vous affoler mais de vous prévenir. De tout mettre en œuvre pour protéger ceux qui se retrouvent contraints à prendre des risques, dans le commerce où ils travaillent, au sein de leur entreprise. D’éviter des reconfinements régionaux. Nous ne sommes pas là pour gâcher votre été. Sortez, vivez, profitez de la vie (spoiler : on profite beaucoup mieux de la vie avec un masque qu’avec une sonde d’intubation). Portez des masques dès que vous êtes dans une foule, et quand vous pénétrez dans un lieu clos recevant du public : un commerce, un cinéma, un bar, un musée. Mais aussi, et c’est là que le bât blesse, au travail, dans des open spaces, ou des bureaux sans aération naturelle (raison pour laquelle nous maintenons la pétition et appelons à continuer à la signer). Protégez-vous. Vivez les fenêtres ouvertes."

(Journal de confinement / Christian Lehmann / 17.07.20)

 

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jeudi 13 août 2020

le circus virule 1

(à lire sous le parasol)

COLERE NOIRE CHEZ LES URGENTISTES DE LA VILLE ROSE

"Ma femme me demande souvent «T’en as pas marre d’avoir toujours raison ?» Je sens bien la pointe d’ironie féminine dans cette question. Alors je réponds que j’aimerais bien avoir tort, surtout quand avoir raison signifie jouer les Cassandre, apercevoir l’iceberg avant les autres sans pouvoir modifier la trajectoire finale. Il y a moins d’un mois, dans ces colonnes («Summer is coming»), j’alertai sur la situation catastrophique des services d’urgence qui avaient affronté la pandémie et dont les personnels, exsangues, voyaient venir l’été avec effroi ou lassitude.

Oihan, 34 ans, urgentiste, m’avait clairement prévenu : «On nous a filé des moyens temporaires pour passer la crise, qui en pratique correspondent aux moyens dont on aurait besoin pour bosser décemment en temps normal. Les trois quarts de ces moyens ont été repris dès le bordel fini et on nous a gentiment expliqué que oui, mais bon, faut pas déconner non plus, hein, ça coûte du pognon tout ça.» Un pognon de dingue. Vous connaissez la chanson.

Je savais que Oihan avait raison. Avec l’administration hospitalière, le pire n’est pas seulement toujours probable, il est certain. Cela tient moins à la personnalité des cadres qu’à la logique du système. Alors que l’on célèbre l’arrivée au gouvernement de Jean Castex et de Roselyne Bachelot, deux fervents défenseurs de l’hôpital-entreprise, qui ont contribué à mettre en place la tarification à l’activité, comment imaginer que ceux qui ont toujours considéré les soignants comme des inconscients dépensant sans compter se réinventeraient réellement, dès lors qu’ils se seraient autoconvaincus que la crise serait passée ?

Si le mécanisme décrypté avec lucidité et cynisme par Oihan se met en place, dans la France entière, ce sont les urgentistes d’un des Samu les plus réputés du pays, le Samu 31, qui les premiers lancent l’alerte…

Christophe Pauron, 47 ans, est responsable du Smur de Toulouse. Il me fait cette confidence : «Nous avons tous conscience du coût des soins, et avons toujours travaillé en essayant d’être les plus économes possible. Il y a quelques années, le centre de régulation était au bord de l’implosion. Les médecins régulateurs ont accepté de prendre en charge, en plus de leur travail, la régulation d’un département annexe pour pouvoir débloquer des fonds qui ont permis de créer un nouveau centre de régulation informatique fonctionnel, sans que cela coûte à l’hôpital.

«En octobre dernier, nous avons alerté car les conditions de travail devenaient dangereuses, pour les personnels comme pour les habitants de la région. Nos demandes ont été notées, mais rien n’a été fait. Jusqu’à la pandémie. Soudain, ce que nous demandions pour travailler dans des conditions décentes, et qui nous avait été refusé, nous a été octroyé du jour au lendemain. Ce qui nous a permis, malgré la tension et la charge de travail, de faire face à la crise, en mettant en place une régulation Covid dans laquelle sont venus travailler volontairement des dizaines de jeunes externes que nous avons formés pour nous seconder. Nous avons créé des VLMG, véhicules légers emportant un binôme : médecin généraliste et ambulancier, qui nous permettaient d’éviter d’envoyer aux urgences en ambulance des patients qui n’allaient pas bien et avaient besoin d’une visite à domicile rapide alors que les médecins de ville sont, comme partout, surchargés.

«Pendant ces quelques mois, nous n’avons pas sorti la tête de l’eau car ces nouvelles lignes de gardes ne s’étaient pas accompagnées de recrutement donc, pour les remplir, nous avons accepté de travailler d’arrache-pied. C’était épuisant, mais nous nous sentions utiles, efficaces et respectés. Et puis fin juin, le couperet administratif est tombé. Tout ce qui nous avait été accordé nous est retiré brutalement, au motif que la pandémie serait terminée. L’équipe est sous le choc. Je vois des régulateurs avec vingt ans de bouteille terminer leur garde en larmes, avec la sensation terrible de ne pas pouvoir répondre à la détresse des gens de manière décente. Je vois des gens qui aiment leur métier avoir honte de l’exercer dans les conditions qu’on leur impose. Des soignants qui ont le service public à cœur songer à raccrocher leur blouse, parce qu’ils auraient honte de dire à leurs enfants comment s’est passée leur journée de travail…»

Un de ses collègues, François Delbes, a bientôt 50 ans : «Arrivé depuis environ trois ans au CHU de Toulouse, partagé entre les urgences et le Samu, je n’avais exercé ma fonction d’urgentiste qu’en région parisienne, dans un Samu bien doté. Ici, j’ai découvert le poids du travail, les collègues en poste qui ne pouvaient pas se parler, pas le temps, la tête dans le guidon. La jeunesse de l’équipe médicale, avec une pression déjà conséquente, des arrêts médicaux répétés, et évidemment des mails hebdomadaires pour assurer des remplacements. Il y a aussi l’écrasante activité aux urgences, avec la responsabilité de 15 à 20 patients en simultané la nuit pour chacun d’entre nous, soit 350 entrées en moyenne et la nuit blanche quasi assurée.

«Que dire de l’activité au Samu avec un nombre d’appels incessants, à peine le temps de pisser, et trois véhicules le week-end pour tout le département, avec les spécificités du rural avec son lot d’accidents de la route, d’accidents agricoles, et de la ville avec ses rixes, ses maladies cardiovasculaires. Et comme c’est l’hôpital de référence dans certaines spécialités, il y a les jonctions avec les Smur des départements voisins pour y emmener des polytraumatisés, des accidents vasculaires cérébraux, des infarctus. Et puis au cas où on s’ennuierait, en plus, on s’occupe de marins en détresse aux quatre coins du globe, [activité spécifique du Samu de Toulouse, héritage de Louis Lareng, pionnier, entre autres, de la téléconsultation médicale, ndlr].

Tout cela retentit sur ma vie personnelle avec une grande irritabilité en sortie de garde, une fatigue qui dure bien plus "qu’un lendemain de garde" et des enfants qui me trouvent moins souvent à la maison. J’envisage personnellement, à contrecœur, de changer de spécialité médicale ou de muter dans un autre établissement. Parce que ce n’est plus possible.»

Charlotte, urgentiste, a 33 ans : «Etre urgentiste dans un CHU en 2020, c’est aller travailler la peur au ventre. C’est avoir honte de ne pouvoir soigner correctement les gens par manque de moyens. C’est répondre en régulation en s’excusant de ne pas avoir de solution pour aider les gens autre que d’envoyer une ambulance pour un service d’urgence. C’est refuser un bon nombre de demandes d’hospitalisations. C’est rentrer le soir en ayant honte de raconter sa journée à sa famille. J’admire mes collègues qui ont quarante ans d’hôpital public derrière eux. Mais en 2020 je doute que c’est ce soit possible dans ces conditions. Fini l’époque dorée où le Covid a permis de soigner les gens dignement avec des moyens et de la confraternité. Maintenant on est retourné à l’âge de pierre.»

Philippe Frontin, 58 ans, directeur adjoint du Samu, a connu à Toulouse trois situations exceptionnelles : «Je suis arrivé à Toulouse il y a trente ans. J’ai vécu l’explosion d’AZF, les attentats de Merah et la pandémie de Covid. À chaque fois les médecins, mais aussi l’ensemble du personnel, ont fait preuve d’un niveau d’adaptabilité et de résilience difficilement imaginable. Mais ce qui se produit actuellement représente pour moi le quatrième évènement exceptionnel de ma vie professionnelle. Et là, on ne parle pas d’explosion, d’attentat, d’épidémie… mais d’un quotidien qui devient intenable pour les médecins que nous sommes.»

Il m’explique que le Samu de Toulouse est historiquement sous-doté, que la population de l’agglomération a explosé, sans pour autant que le nombre de postes et de lignes de garde ait évolué en trente ans. Certaines nuits, me confie-t-il, pour une agglomération d’un million d’habitants, il n’y a qu’un seul véhicule de Samu disponible : «Le manque criant de moyens, la suppression de solutions innovantes mises en place pour le Covid, et qui s’avèrent être utiles au quotidien pour la population, rendent la situation périlleuse. Et la charge émotionnelle supportée par les urgentistes dépasse de loin tous ces événements exceptionnels que nous avons vécus. Je quitte mon boulot en ayant peur pour certains de mes collègues. Je vois qu’ils sont à bout, je sais comment ce genre de chose peut finir, quand les soignants qui ont leur boulot à cœur sont contraints de l’exercer dans des conditions indignes. A un moment, ça suffit. J’ai conscience d’être un dinosaure… Des médecins comme moi, qui restent trente ans dans la même structure, ça n’existera plus. C’est comme pour les infirmières. On en forme des cargaisons, on les envoie aux urgences où on les épuise au bout de deux ans, et on les remplace. Tout se passe comme si on avait décidé de traiter les soignants comme des Kleenex, de les essorer et de les jeter. Au total, on diminue notre espérance de vie pour rallonger celle des autres.»

Et Julie, 39 ans, résume bien le dilemme auquel sont confrontés les soignants : «On nous retire les moyens de travailler décemment et on nous dit : "Faites au mieux." Mais au mieux avec quoi, bordel ? Nous sommes médecins, pas magiciens. On implose. Tous. Je vois des collègues d’une solidité exceptionnelle s’effondrer. Je vois tout le système de santé et ce qu’il veut servir de noble s’effondrer. Comme si on disait, nous aussi, depuis des années qu’on ne peut pas respirer, et que là, on perde connaissance.»

Dans une lettre adressée à la direction de l’ARS et de l’hôpital, 25 médecins urgentistes, du pôle de médecine d’urgence du CHU de Toulouse, décrivent les raisons qui les poussent à démissionner lundi prochain.

«Ah ils étaient bruyants les applaudissements, tous les soirs à 20h. Elles étaient larmoyantes, les déclarations comme quoi nous faisions un travail formidable. Au SAMU 31, au sein du Pôle de Médecine d’Urgence du CHU de Toulouse, le personnel s’est mobilisé sans compter pour faire face au mieux à la crise sanitaire. Prendre en charge les malades du Covid tout en assurant également les soins les meilleurs possibles à nos autres patients, victimes d’accidents de la route et autres infarctus. Et pourtant…

«En 2019, harassés de ne plus pouvoir garantir la sécurité des patients faute de moyens humains, les médecins urgentistes s’étaient mobilisés. Il fallait plus de médecins régulateurs au Samu, plus d’équipes Smur (le bassin démographique toulousain étant le moins bien doté de France), et plus de médecins aux urgences. La direction du CHU de Toulouse avait alors déclaré entendre l’expression de ces besoins, et accepté de travailler à la mise en œuvre des moyens nécessaires.

«Face au spectre d’une catastrophe sanitaire, des solutions ont été trouvées à la hâte au moment de la crise du Covid. Les équipes médicales ont organisé les procédures, créant ex-nihilo autant de process que de lignes de garde, pour offrir à la population une prise en charge de qualité, de l’appel au centre 15 jusqu’aux urgences, en passant par les soins préhospitaliers. Tous ont œuvré en dépassant outrageusement leur temps de travail de travail réglementaire.

«Avec l’accalmie, ceux des moyens qui ne s’avéraient plus nécessaires ont été suspendus après concertation. Bien sûr, ceux constituant un apport majeur et indispensable à la sécurité des patients ont été maintenus. La présence d’un urgentiste la nuit aux urgences de Purpan, d’un médecin régulateur en nuit profonde au centre 15, l’existence d’une quatrième équipe de Smur sept jours sur sept (au lieu de cinq jours sur sept précédemment) et l’activité d’équipes de médecins généralistes intervenant sous l’égide du SAMU sont des éléments dont le service rendu à la population rend inimaginable qu’ils ne soient pas pérennisés.

«A moins d’avoir un profond mépris pour nos concitoyens. A moins de considérer les urgentistes comme des torchons qui essuient les crises. A moins de faire fi de la sécurité des patients.

«Le maintien de ces quelques moyens, dont la nécessité était déjà criante, implique forcément moins de repos. Plus de lignes de garde, c’est donc plus de gardes pour chacun. Les urgentistes y sont prêts. Si c’est pour faire notre métier dans des conditions un peu plus correctes vis-à-vis de nos patients, nous acceptons de sacrifier encore davantage notre temps. Mais exercer ce métier difficile, dans des conditions épouvantables et indignes pour les patients : c’est non.

«La direction du CHU de Toulouse a décidé de suspendre la totalité de ces moyens, nous contraignant à travailler dans la peur. La peur permanente de ne pouvoir assurer nos missions face aux besoins de la population. La crise du Covid a suscité la peur de nos concitoyens et de nos dirigeants. Nous avons tenu face à celle-ci. Nous refusons désormais d’exercer au quotidien dans la peur, faute de moyens pour travailler correctement.

«C’est pourquoi nous choisissons de quitter nos fonctions dans une institution où la seule de nos revendications, celle de la sécurité de nos patients, est traitée avec le plus grand mépris.»

Summer has arrived. Sous vos applaudissements."

(Journal de confinement / Christian Lehmann / 09.07.20)

 

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dimanche 3 septembre 2017

lecture assidue

Bizarre bizarre... Il y a depuis le début juillet (merci la rubrique statistiques du blogchounet) aux Etats-Unis,  une personne, là (Merci la géolocalisation grâce à adresse ip...),

Capture d’écran (41)

qui lit, consciencieusement, courageusement, immodérément (compulsivement , gloutonnement ?), et ce pendant des heures et des heures, qui lit, donc, toutes les pages de ce blog, l'une après l'autre (mais pas forcément dans l'ordre), mais sans jamais laisser un commentaire ou quoi que ce soit d'autre...
Ca se passe dans un patelin nomme Mountain View, aux Etats-Unis (et j'avais même dans un premier temps, le nom de la rue, Castro Street, où c'était censé se passer...)
Cette lecture a multiplié par 3 ou 4 le nombre de pages vues chaque jour et c'est d'ailleurs grâce à cette multiplication significative que j'ai pu dater avec une certaine précision l'apparition de ce lecteur (et au fait que son adresse ip soit très reconnaissable car elle ne change pas, ou si peu...)
Alors, Big Brother is watching me ? cellule anti-terroriste ? curiosité dévorante ? FBI ? CIA ? amour immodéré ?  intérêt pour la french culture ? ou bien ???
Je me perd en conjectures...

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mardi 17 novembre 2015

vendredi 13 novembre 2014

(cette liste est parue dans Ouest France, et je me suis permis de la reproduire ici, parce que je pense à tous ces gens, parce qu'il est important qu'ils ne restent pas anonymes, parce que c'est leur nom, parce que c'était leur vie, important qu'ils ne soient pas oubliés)

- Nick Alexander, 36 ans, un Anglais de Colchester, vendait des produits à l'effigie du groupe Eagles of Death Metal lorsqu'il a été tué au Bataclan. « Nick est mort en faisant le travail qu'il aimait et nous sommes réconfortés de voir à quel point il était aimé par ses amis à travers le monde », a écrit sa famille dans un communiqué.

- Thomas Ayad, 32 ans, originaire d'Amiens, a été tué au Bataclan. Ce passionné de hockey sur gazon était producteur pour la maison de disques Mercury Music Group (Universal).

- Halima Ben Khalifa Saadi, 34 ans. Cette jeune femme originaire de Menzel Bourguiba (Tunisie), près de Bizerte, vivait au Sénégal. Elle était à Paris pour fêter un anniversaire.

- Hodda Ben Khalifa Saadi, 35 ans, sa grande soeur, vivait à Paris alors que sa famille est installée au Creusot (Saône-et-Loire). Elle était avec sa soeur à sa fête d'anniversaire.

- Chloé Boissinot, 25 ans, originaire de Château-Larcher dans la Vienne selon La Nouvelle République. Elle et son petit ami Nicolas, blessé, étaient en train de dîner au restaurant Le Petit Cambodge lorsque les assaillants ont ouvert le feu.

- Emmanuel Bonnet, 49 ans, habitant de la Chapelle-en-Serval (Oise). Ce père de famille était vendredi au Bataclan avec l'un de ses enfants. (...) Employé de la RATP, il avait partagé la veille du concert sur sa page Facebook un lien du groupe « Les athées en action » citant Jacques Prévert avec une photo du poète: « La théologie c'est simple comme dieu et dieu font trois ».

- Maxime Bouffard, 26 ans, originaire du Coux (Dordogne), est mort au Bataclan. Ce fêtard, amateur de rugby, habitait depuis quatre ans à Paris, où il réalisait des films.

- Quentin Boulenger, 29 ans, mort au Bataclan. Cet habitant du XVIIe arrondissement était originaire de Reims.

- Macathéo Ludovic Boumbas, dit « Ludo », 40 ans, est mort à La Belle équipe, bistrot du XIe où il fêtait l'anniversaire d'une amie. « Il a voulu protéger une amie, Chloé, en se mettant sur elle. Il s'est pris une rafale », a dit son frère à l'AFP. D'origine congolaise, Ludo était ingénieur chez le transporteur FedEx. 

- Élodie Breuil, 23 ans, a été tuée au Bataclan où elle passait la soirée avec six amis. Elle étudiait le design à Paris, à l'École de Condé. Le 11 janvier, elle avait défilé avec sa mère place de la République, à Paris.

- Ciprian Calciu, 32 ans, de nationalité roumaine, est mort au restaurant La Belle équipe, où il se trouvait avec sa compagne, Lacramioara Pop. Ils étaient parents d'un enfant âgé de 18 mois.

- Nicolas Catinat, 37 ans, a été tué au Bataclan, alors qu'il se trouvait dans la fosse. Habitant à Domont, dans le Val-d'Oise, il a cherché à protéger ses amis en se plaçant en bouclier humain.

- Nicolas Classeau, 40 ans, père de trois enfants âgés de 6, 11 et 15 ans, est tombé sous les balles au Bataclan, où il assistait au concert avec sa compagne, blessée. Guitariste amateur, cet habitant de Bagnolet (Seine-Saint-Denis) était directeur de l'IUT de Marne-la-Vallée (Seinte-et-Marne).

- Anne Cornet, 29 ans. Originaire de Houdlémont (Meurthe-et-Moselle), la jeune femme a été tuée au Bataclan avec son mari Pierre-Yves Guyomard, avec lequel elle résidait à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), selon Le Républicain Lorrain.

- Precilia Correia, 35 ans. Portugaise, elle était employée par la maison de disques Mercury Music. Elle est morte au Bataclan.

- Guillaume Barreau-Decherf, 43 ans, était un journaliste indépendant qui travaillait pour plusieurs titres et couvrait notamment la musique rock pour Les Inrockuptibles. Il avait récemment écrit au sujet du nouvel album du groupe Eagles of Death Metal, qui se produisait au Bataclan le soir du massacre. Il était le père de deux filles.

- Asta Diakite, cousine du joueur de l'équipe de France de football Lassana Diarra, qui était en train de jouer sur la pelouse du Stade de France lorsque les explosions ont eu lieu. Elle est morte alors qu'elle prenait un verre en terrasse avec une amie, elle aussi tombée sous les balles.

- Manuel Colaco Dias, 63 ans, un Portugais fan de foot qui vivait depuis 45 ans à Paris, a péri alors qu'il se trouvait à l'extérieur du Stade de France.

- Elsa Delplace, 35 ans, était venue au concert des Eagles of Death Metal avec sa mère et son fils de 5 ans. La fille et la mère, Patricia San Martin, 61 ans, ont été tuées, alors que le garçonnet a survécu.

- Alban Denuit, 32 ans, plasticien bordelais diplômé des Beaux-Arts de Paris, est mort au Bataclan. Il avait obtenu cet été son doctorat en arts plastiques avec les félicitations du jury à l'unanimité, après une thèse entamée en 2009 à Bordeaux 3, où il enseignait.

- Romain Didier, 32 ans, était rue de Charonne avec sa compagne, Lamia Mondeguer, lorsqu'ils se sont fait tous les deux abattre. Originaire de Sury-en-Vaux (Cher), il vivait à Paris, où il avait notamment été manager d'un bar dans le VIe arrondissement.

- Elif Dogan, de nationalité belge. Installée depuis quatre mois dans la rue du Bataclan, elle est décédée au Bataclan sous les balles des terroristes, comme son compagnon Milko Jozic.

- Fabrice Dubois, 46 ans, concepteur rédacteur chez Publicis conseil, se trouvait au milieu de la fosse du Bataclan lorsque les terroristes ont fait irruption. Il était venu au concert avec quelques amis. Marié, père de deux enfants de 11 et 13 ans, il était surnommé le « gentil géant » en raison de sa haute taille de 2m.

- Thomas Duperron, 30 ans, un Parisien originaire d'Alençon s'occupait de la communication de la salle de concert parisienne La Maroquinerie. Spectateur du Bataclan, il est mort dimanche à l'hôpital de Percy-Clamart où il avait été transporté.

- Mathias Dymarski, 22 ans, ingénieur travaux, originaire d'Ancy-sur-Moselle (Moselle). Ce fan du groupe Eagles of Death Metal, également passionné de skate et de BMX, participait au concert au Bataclan avec sa petite amie Marie Lausch et deux amis originaires de Metz. Leurs deux amis ont réussi à s'en sortir, pas eux.

- Germain Ferey, 36 ans, originaire de Vienne-en-Bessin, dans le Calvados. Vivait à Paris et travaillait dans le milieu audiovisuel. Il était au Bataclan vendredi soir.

-Grégory Fosse, 28 ans, habitant de Gambais (Yvelines). Grégory était programmateur musical pour la chaîne D17. Un hommage lui sera rendu lundi, à l'initiative du conseil municipal de la commune de Gambais.

- Juan Alberto González Garrido, ingénieur espagnol de 29 ans, travaillait pour EDF. Originaire de Grenade, en Andalousie, il vivait à Paris avec son épouse Angelina Reina, 33 ans. Présente à ses côtés au Bataclan vendredi soir, cette dernière a vu son époux tomber au sol avant de perdre sa trace, selon le quotidien El Pais.

- Véronique Geoffroy de Bourgies, 54 ans, ancienne collaboratrice du Figaro Madame, mère de deux enfants adoptés à Madagascar. Elle se trouvait en compagnie de plusieurs amis à la terrasse du restaurant La Belle Equipe au moment des attaques. Mariée au photographe Stéphane de Bourgies, qui a annoncé son décès sur Facebook, elle avait abandonné sa carrière de journaliste il y a un an pour se consacrer à une association humanitaire qu'elle avait créée en 2004.

- Michelli Gil Jaimez, 27 ans, était originaire de l'Etat de Veracruz, au Mexique. Elle a été tuée au restaurant La Belle équipe.

- Matthieu Giroud, 39 ans, géographe, originaire de Grenoble (Isère). Maître de conférences à l'université Paris-Est Marne-la-Vallée, spécialiste du phénomène de gentrification, ce père d'un petit garçon de trois ans était sorti vendredi soir avec des amis au Bataclan, où il a été tué. Il vivait à Paris avec son épouse, enceinte de leur deuxième enfant.

- Cédric Gomet, 30 ans, originaire de Foucherans dans le Jura et résidant à Paris, se trouvait au Bataclan avec l'un de ses amis, Cédric, lui-même blessé par balles à la jambe au cours de l'assaut.

- Nohemi Gonzalez, 23 ans, de nationalité mexicaine et américaine, se trouvait à la terrasse du Petit Cambodge en compagnie d'une amie. Etudiante en troisième année à l'université d'Etat de Long Beach en Californie, elle se trouvait à Paris dans le cadre d'un semestre d'échange universitaire à l'école de design Strate de Sèvres. Décrite par son petit ami comme « la plus douce des jeunes femmes », elle devait rentrer aux Etats-Unis le mois prochain.

- Pierre-Yves Guyomard, ingénieur du son et professeur en sonorisation à l'Institut supérieur des techniques du son (ISTS) à Paris. Il a été tué au Bataclan avec sa femme Anne Cornet. « Il était l'un des meilleurs enseignants que j'ai jamais eus et il avait beaucoup à partager avec ses étudiants et à leur donner », a écrit sur Facebook un de ses étudiants.

- Thierry Hardouin, 36 ans, sous-brigadier au dépôt de Bobigny, devait passer la soirée à Paris au restaurant la Belle Equipe, rue de Charonne, pour célébrer l'anniversaire de sa compagne. « Bon vivant », « homme joyeux et professionnel », « Thierry avait affaire au quotidien à des gens dangereux. On savait qu'il fallait toujours rester sur le qui-vive » confie un de ses proches au quotidien Le Parisien. Thierry Hardouin était père de deux enfants.

- Olivier Hauducoeur, 44 ans, banquier. Diplômé de l'Ecole nationale supérieure d'Ingénieurs de Caen, il travaillait depuis 2006 au sein du groupe BNP Paribas. Ce coureur amateur était depuis un an employé de la société française de location automobile longue durée Arval, filiale du groupe bancaire. Il est mort au Bataclan.

- Pierre-Antoine Henry. Originaire de Chambéry, amateur de chant. Il est décédé dans la salle du Bataclan.

- Mathieu Hoche, 38 ans, était technicien cadreur pour la chaîne télévisée France 24 depuis sa création en 2006, père d'un jeune enfant. Sur son profil Facebook, il avait annoncé le 24 août avoir acheté son ticket pour le concert au Bataclan. C'était « un garçon adorable, discret, bosseur, professionnel », selon le directeur de la chaîne Marc Saikali.

- Djamila Houd, 41 ans, une Parisienne originaire de Dreux et mère d'une fillette de 8 ans, selon le journal L'Echo Republicain. Elle a été tuée sur la terrasse du restaurant La Belle Equipe, lors d'une soirée entre amis.

- Mohamed Amine Ibnolmobarak, marocain, était architecte encadrant à l'Ecole nationale supérieure d'architecture Paris-Malaquais. Il a été tué alors qu'il se trouvait au bar le Carillon en compagnie de sa femme, blessée.

- Pierri Innocenti, 40 ans, le « restaurateur des stars » selon Le Parisien. Il était le propriétaire du restaurant italien Chez Livio à Neuilly-sur-Seine. Vendredi soir, il postait sur Facebook une photo du panneau du concert, ajoutant juste « Rock! ».

- Nathalie Jardin, 31 ans, régisseuse lumières au Bataclan. Originaire de Marcq-en-Baroeul (Nord), la jeune femme avait auparavant travaillé pour Marcel et son orchestre  et les Fatals Picards.

- Milko Jozic, 47 ans, de nationalité belge. Ce père de famille habitait avec sa compagne Elif Dogan, elle aussi décédée, dans la rue du Bataclan où ils s'étaient installés il y a quatre mois.

- Hyacinthe Koma, 37 ans. Serveur au restaurant Les Chics Types, dans le 19e arrondissement, il participait à une soirée d'anniversaire au restaurant La Belle Equipe rue de Charonne.

- Marie Lausch, 23 ans, originaire de Metz (Moselle). La jeune femme, diplômée de l'école de commerce de Reims, et qui venait de terminer une mission pour un groupe de cosmétiques, se trouvait dans la salle du Bataclan avec Mathias Dymarski, son compagnon depuis cinq ans. Lui aussi est décédé.

- Guillaume Le Dramp, 33 ans, buvait un verre en terrasse au bar La Belle équipe lorsqu'il s'est fait abattre. Originaire de Cherbourg, il habitait Paris où il travaillait dans une brasserie.

- Renaud Le Guen, 29 ans, a été tué au Bataclan où il se trouvait avec sa compagne, rescapée. « Renaud était quelqu'un de très cultivé et doux. Tout le monde l'aimait. C'était un mec bien », a témoigné au quotidien Libération celle qu'il devait épouser l'année prochaine et qu'il avait rencontrée à 17 ans. « Il aimait le jazz, le rock, la photo, être avec sa famille et ses amis », a-t-elle raconté. Il travaillait dans un garage pour poids lourds près de la gare d'Evry-Courcouronnes (Essonne) et habitait à Savigny-sur-Orge, où il avait grandi.

- Christophe Lellouche, 33 ans, tué au Bataclan, était créateur de sites internet. Ce supporter de l'OM, guitariste et compositeur du groupe Oliver, était surtout « un fan de musique en général et de concerts en particulier », a indiqué à l'AFP l'un de ses proches.

-Antoine Mary, 34 ans, originaire de Caen,  a fait sa scolarité au lycée Jeanne d'Arc de Caen et a travaillé pour l'agence de communication web Milky, de mars 2013 à avril 2015 en tant que responsable de développement. Ses anciens collègues lui ont rendu un émouvant hommage sur le facebook de la société.

- Cédric Mauduit, 41 ans. Directeur de la modernisation du département du Calvados, en Normandie. Il avait deux jeunes enfants. Il a été tué au Bataclan alors qu'il assistait au concert avec des amis, dont une autre victime, David Perchirin.

- Charlotte Meaud, 30 ans, est morte avec sa soeur jumelle, Emilie, sur la terrasse du café Le Carillon. Cette chargée de développement de start-up, passionnée de musique et de sport, habitait dans le XXe arrondissement de Paris et a grandi à Aixe-sur-Vienne (Haute-Vienne) et fait ses études à Lyon et à Strasbourg.

- Lamia Mondeguer a été tuée rue de Charonne alors qu'elle était avec son compagnon, Romain Didier. Elle travaillait pour l'agence artistique Noma Talents.

- Fanny Minot, 29 ans, monteuse pour l'émission Le Supplément sur Canal + depuis plusieurs années. Elle est morte au Bataclan. « Une fan de rock », selon l'une de ses collègues jointe par l'AFP.

- Yannick Minvielle, 39 ans, travaillait dans la publicité et chantait dans un groupe de rock. Il est mort au Bataclan.

- Marie Mosser, 24 ans, une passionnée de musique originaire de Nancy, s'était récemment installée à Paris. Décrite comme « pétillante » par ses proches, spécialiste en communication et marketing digital, elle travaillait pour un site internet people.

- Cécile Misse, 32 ans, a été tuée au Bataclan, aux côtés de son compagnon, Luis Felipe Zschoche Valle, un musicien chilien. La jeune femme, installée à Paris depuis 2006, était chargée de production au théâtre Jean-Vilar de Suresnes, dans l'ouest parisien. Elle avait grandi à Gap (Hautes-Alpes).

- Justine Moulin, 23 ans, était sur la terrasse du Petit Cambodge lorsque les jihadistes ont fait feu. La jeune femme, blessée à la tête, est décédée samedi matin à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Issue d'une famille du Nord, elle vivait à Paris.

- Quentin Mourier, 29 ans, tué au Bataclan, était architecte aux Vergers Urbains. Il est décrit comme quelqu'un « plein de ressources, d'énergie, d'initiatives, d'engagement » sur le site internet de cette association qui milite pour la végétalisation et des villes comestibles. Il habitait dans la capitale mais était originaire de Rouffach (Haut-Rhin), selon les Dernières Nouvelles d'Alsace. Il avait étudié à l'Ecole nationale supérieure d'architecture de Versailles.

- Victor Muñoz, 25 ans, est mort à La Belle Équipe, rue de Charonne. Il était le fils d'un élu du XIe arrondissement.

- Hélène Muyal-Leiris, 35 ans, tuée au Bataclan. Elle était maquilleuse-coiffeuse à Paris et travaillait dans la mode ou sur des tournages.

- Bertrand Navarret, 37 ans. Selon le journal La Dépêche du Midi, il avait grandi à Tarbes, où son père est notaire, et vivait à Capbreton, sur la côte landaise. Il était parti à Paris pour passer quelques jours dans la capitale et assister au concert au Bataclan.

- David Perchirin, une quarantaine d'années. Après avoir été journaliste, il était devenu récemment professeur des écoles et enseignait depuis septembre 2014 en Seine-Saint-Denis. Il est mort au Bataclan aux côtés de son ami Cédric Mauduit, rencontré à Sciences Po Rennes. « Bons vivants, débordants d'énergie, enthousiastes indéfectibles, le ciment de leur amitié a toujours été leur passion du rock'n roll », selon l'hommage rendu par l'association des anciens élèves de l'établissement.

- Aurélie de Peretti, 33 ans, une infographiste de formation reconvertie dans la restauration, se faisait une joie depuis des semaines d'assister au concert du Bataclan. La jeune femme, décrite comme lumineuse, a été tuée dans la salle de concert.

- Manu Perez, 40 ans, directeur artistique chez Polydor. Ce père de famille a posté sur Facebook quelques minutes avant sa mort une vidéo prise dans la fosse du Bataclan, intitulée « Il y a ceux qui y sont et qui ne sont pas ».

- Lacramioara Pop, roumaine, a été abattue au restaurant La Belle équipe, où elle se trouvait avec son compagnon, Ciprian Calciu.

- Caroline Prenat, 24 ans, est morte au Bataclan. Cette graphiste lyonnaise était diplômée des Arts appliqués de Lyon et de l'Ecole Condé de Nancy.

- François-Xavier Prévost, 29 ans, mort au Bataclan. « L'amour de ma vie, à jamais », écrit sa compagne sur la page Facebook créée pour lui rendre hommage. Ce passionné de tennis, « toujours souriant, toujours la banane », travaillait dans la publicité à Lille.

- Sébastien Proisy, 38 ans, était sur la terrasse d'un restaurant rue Bichat lorsqu'il a été tué d'une balle dans le dos. Il accompagnait l'un de ses clients, avec qui il dînait, pour fumer une cigarette sur le trottoir. Diplômé de Sciences-Po Paris, il avait travaillé au Parlement européen à Bruxelles puis dans un cabinet d'avocats, avant de créer deux sociétés, l'une pour aider les entrepreneurs à s'installer en Iran et en Asie centrale, l'autre pour promouvoir l'agriculture française à l'international.

- Richard Rammant, 53 ans, est mort au Bataclan en protégeant sa femme, Marie-Do, qui a survécu. Il s'est couché sur elle et a reçu plusieurs balles mortelles. Ce fan de rock et de motos Harley-Davidson, était parisien mais toujours attaché à sa région natale du Lot, où il était bénévole dans un festival de blues. Son club de bikers prône « le respect, la fraternité et la solidarité comme un mode de vie », selon son site internet.

- Valentin Ribet, 26 ans, tué au Bataclan. Ce jeune avocat prometteur du barreau de Paris était diplômé de la London School of Economics, et a suivi des études à la Sorbonne. Spécialisé dans la criminalité en col blanc, Valentin était « un avocat talentueux, très aimé par ses collègues », a fait savoir son cabinet, la firme internationale Hogan Lovells.

- Madeleine Sadin, 30 ans, est morte au Bataclan. Décrite comme « vivante, aimante et curieuse » par ses proches à l'AFP, cette parisienne passionnée de danse enseignait le français dans un collège de l'Essonne. « C'était la seule prof qu'on appelait par son prénom », a confié au Parisien l'une de ses élèves, saluant une prof « adorable ».

- Kheireddine Sahbi, 29 ans, ce violoniste de nationalité algérienne. Surnommé « Didine », il rentrait chez lui vendredi après une soirée avec des amis lorsqu'il a été tué. Après des études de sciences, il s'était tourné vers la musique et étudiait depuis un an à Paris. « Il habitait un quartier périphérique d'Alger, où la situation était très tendue » et « avait survécu à dix ans de terrorisme », à témoigné à l'AFP un de ses cousins. Son corps devrait être rapatrié en Algérie.

- Lola Salines, 28 ans, éditrice chez Gründ, est morte au Bataclan. Décrite comme « attentionnée, sensible, rigoureuse, branchée, enthousiaste », elle faisait également du roller derby sous le pseudo Josie Ozzbourne, dans l'équipe La boucherie de Paris.

- Patricia San Martin, 61 ans, était la nièce de l'ambassadeur chilien au Mexique. Cette fonctionnaire à la mairie de Sevran (Seine-Saint-Denis) est tombée sous les balles des terroristes au Bataclan, ainsi que sa fille, Elsa Delplace.

- Hugo Sarrade, 23 ans, débutait son weekend à Paris par ce concert au Bataclan, avant de rejoindre son père en région parisienne. Etudiant en intelligence artificielle à Montpellier, Hugo était persuadé que « l'obscurantisme est notre pire ennemi », selon son père, interrogé par le quotidien Midi Libre.

- Claire Scesa-Camax, 35 ans, graphiste. Originaire d'Avignon, diplômée de l'Ecole professionnelle supérieure d'arts graphiques de la Ville de Paris (Epsaa), elle était graphiste à Paris depuis 2009. "Le meilleur hommage que nous puissions rendre à notre ancienne étudiante (...) est en images", a tweeté l'école lundi, publiant des illustrations pleines de légèreté et d'espièglerie. La jeune femme, qui a notamment travaillé pour le Crazy Horse, s'était rendue selon Libération au Bataclan avec son mari, qui s'en est sorti indemne, et des amis, dont deux ont été blessés.

- Maud Serrault, 37 ans. Elle était depuis trois ans en charge du marketing et de la communication de la filiale française de la chaîne hôtellière Best Western. Diplômée du Celsa, cette jeune mariée avait auparavant travaillé chez Renault, Intermarché, puis chez Hammerson. Selon Libération, son mari était avec elle au Bataclan, et a échappé au massacre.

- Valeria Solesin, 28 ans, est morte au Bataclan, après avoir été prise en otage avec son fiancé et deux proches. Cette Italienne originaire de Venise, doctorante en démographie, vivait depuis quatre ans à Paris. « Elle nous manquera et je pense, au vu de son parcours, qu'elle manquera aussi à l'Italie », a déclaré sa mère aux médias italiens. « Elle était le visage souriant et le cerveau brillant de la jeune communauté italienne à Paris », a témoigné un proche à l'AFP.

- Fabian Stech, 51 ans, tué au Bataclan était critique d'art et aussi enseignant d'allemand dans un lycée privé de Dijon. Né à Berlin, il était installé en France depuis 1994 où il était marié à une avocate dijonnaise et père de deux enfants.

- Ariane Theiller, 24 ans, était au Bataclan avec des amis lorsqu'elle a été abattue. Originaire du Nord, elle s'était installée à Paris où elle travaillait dans l'édition après des études de Lettres à Orléans et à Strasbourg.

- Eric Thomé, photographe et graphiste parisien, âgé d'une quarantaine d'années, passionné de musique, est mort au Bataclan.

- Olivier Vernadal, 44 ans, a été abattu au Bataclan. Agent des impôts à Paris, il était originaire de Ceyrat (Puy-de-Dôme).

- Luis Felipe Zschoche Valle, 33 ans, chilien, habitait depuis huit ans avec sa femme à Paris, où il travaillait comme musicien, selon les autorités chiliennes.

 Libé aussi a  publié la liste, plus détaillée, ici

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dimanche 15 novembre 2015

129 morts
352 blessés

vendredi soir, à Paris

ça semble tellement énorme, tellement incroyable, tellement insupportable et pourtant.
C'est arrivé ça s'est produit. Des hommes ont tiré sur d'autres hommes à la kalachnikov puis se sont faits exploser
Au nom de quoi ?

l'attentat a été revendiqué, et je n'écrirai pas le nom du dieu qu'ils évoquent, dont ils se revendiquent

la dignité veut qu'on évoque la mémoire de tous ces innocents disparus vendredi soir, dommages collatéraux dans une guerre soit-disant de religion, indigne, dégueulasse, menteuse, avec laquelle ils n'avaient rien à voir

qu'on les respecte

c'est épouvantable,
je suis épouvanté

je pense à tous ces morts qui n'avaient rien demandé

je ne pense qu'à eux
et à leurs proches

je ne veux pas prendre la pose cocorico bleu-blanc-rouge, je n'irai pas défiler dans la rue comme je l'avais fait après l'attentat contre Charlie, je ne chanterai pas la marseillaise, je n'irai pas pleurer sur les réseaux sociaux, ni témoigner devant les caméras

je ne regarderai pas les chaînes d'info qui tournent en continu et à plein régime et capitalisent sur la violence, la terreur, la douleur, la riposte,
et déjà les politiques (certains) qui profitent du moment, de la plus dégueulasse façon (je ne les nommerai pas non plus)

on est désemparé
on ne comprend pas
on ne sait plus

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lundi 29 juin 2015

sombre dimanche

Istanbul (AFP) - La police anti-émeutes turque a violemment réprimé dimanche une Gay Pride, lançant des gaz lacrymogènes et utilisant des canons à eau pour disperser des milliers de manifestants rassemblés pacifiquement dans le centre d'Istanbul.
Lorsque des manifestants portant des drapeaux d'arc-en-ciel ont scandé des slogans dénonçant "le fascisme" du régime du président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan, la police, présente en nombre à l'entrée de la grande artère piétonne d'Istiklal, a chargé en force la foule, utilisant par endroits des balles en caoutchouc.
Avant le lancement de la marche, de nombreux policiers en tenue ont fermé l'accès à la place Taksim, sur laquelle s'ouvre la rue d'Istiklal, centre de la contestation contre le régime islamo-conservateur de l'été 2013.
Depuis, tout rassemblement est interdit sur la place et ses abords.
(...)
Pourtant cette marche devait constituer la 13è édition de la marche des fiertés homosexuelles pour soutenir les droits des LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) qui s'étaient dans le passé déroulées sans incidents graves en Turquie, où l'homophobie reste répandue, surtout dans les zones rurales.
"Nous voulions simplement marcher. Cela fait des années que nous marchons ici en paix. nous n'avons ni pierre ni arme, nous voulons juste marcher", a expliqué, très incrédule, à l'AFP, Can, un jeune militant LGBT.
(...)
"Attaquer des gens qui défilent pour soutenir l'amour n'a pas de place dans la démocratie. C'est tout simplement une honte", a lancé sur son compte Twitter Erdem Yener, un comédien connu de Turquie.

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samedi 22 juin 2013

bye-bye to the rileys

J'ai appris dans Libé que James Gandolfini venait de mourir d'une crise cardiaque à 51 ans.
Je n'ai jamais vraiment regardé les Soprano, "sa" série, mais je le voyais de temps en temps, au cinéma, et c'était un acteur qui m'impressionnait énormément, par son l'ampleur de son physique et l'étendue de ses possibilités de jeu.
C'est dommage...

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un film où je l'avais spécialement apprécié, dans un rôle de gros nounours ++

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dimanche 5 décembre 2010

sur la tête

un excellent post,, sur un blog découvert grâce à zvezdo...

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dimanche 25 janvier 2009

société en crise

Je ne sais pas si ça peut servir...
Reçu un message de ce jeune homme qui pense que je peux l'aider (avec mes douze lecteurs et demi ?)
Lisez sa triste mésaventure .

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