dimanche 11 novembre 2018

ami entends-tu

soldats bisou

Les deux oncles

C'était l'oncle Martin, c'était l'oncle Gaston
L'un aimait les Tommies, l'autre aimait les Teutons
Chacun, pour ses amis, tous les deux ils sont morts
Moi, qui n'aimais personne, eh bien ! je vis encor

Maintenant, chers tontons, que les temps ont coulé
Que vos veuves de guerre ont enfin convolé
Que l'on a requinqué, dans le ciel de Verdun
Les étoiles ternies du maréchal Pétain

Maintenant que vos controverses se sont tues
Qu'on s'est bien partagé les cordes des pendus
Maintenant que John Bull nous boude, maintenant
Que c'en est fini des querelles d'Allemand

Que vos fill's et vos fils vont, la main dans la main
Faire l'amour ensemble et l'Europ' de demain
Qu'ils se soucient de vos batailles presque autant
Que l'on se souciait des guerres de Cent Ans

On peut vous l'avouer, maintenant, chers tontons
Vous l'ami les Tommies, vous l'ami des Teutons
Que, de vos vérités, vos contrevérités
Tout le monde s'en fiche à l'unanimité

De vos épurations, vos collaborations
Vos abominations et vos désolations
De vos plats de choucroute et vos tasses de thé
Tout le monde s'en fiche à l'unanimité

En dépit de ces souvenirs qu'on commémor'
Des flammes qu'on ranime aux monuments aux Morts
Des vainqueurs, des vaincus, des autres et de vous
Révérence parler, tout le monde s'en fout

La vie, comme dit l'autre, a repris tous ses droits
Elles ne font plus beaucoup d'ombre, vos deux croix
Et, petit à petit, vous voilà devenus
L'Arc de Triomphe en moins, des soldats inconnus

Maintenant, j'en suis sûr, chers malheureux tontons
Vous, l'ami des Tommies, vous, l'ami des Teutons
Si vous aviez vécu, si vous étiez ici
C'est vous qui chanteriez la chanson que voici

Chanteriez, en trinquant ensemble à vos santés
Qu'il est fou de perdre la vie pour des idées
Des idées comme ça, qui viennent et qui font
Trois petits tours, trois petits morts, et puis s'en vont

Qu'aucune idée sur terre est digne d'un trépas
Qu'il faut laisser ce rôle à ceux qui n'en ont pas
Que prendre, sur-le-champ, l'ennemi comme il vient
C'est de la bouillie pour les chats et pour les chiens

Qu'au lieu de mettre en joue quelque vague ennemi
Mieux vaut attendre un peu qu'on le change en ami
Mieux vaut tourner sept fois sa crosse dans la main
Mieux vaut toujours remettre une salve à demain

Que les seuls généraux qu'on doit suivre aux talons
Ce sont les généraux des p'tits soldats de plomb
Ainsi, chanteriez-vous tous les deux en suivant
Malbrough qui va-t-en guerre au pays des enfants

O vous, qui prenez aujourd'hui la clé des cieux
Vous, les heureux coquins qui, ce soir, verrez Dieu
Quand vous rencontrerez mes deux oncles, là-bas
Offrez-leur de ma part ces "Ne m'oubliez pas"

Ces deux myosotis fleuris dans mon jardin
Un p'tit forget me not pour mon oncle Martin
Un p'tit vergiss mein nicht pour mon oncle Gaston
Pauvre ami des Tommies, pauvre ami des Teutons...

Georges Brassens

kiss-soldiers-482

m gay 7 soldiers kiss bid

xryalnzygody

brothers

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dimanche 1 juillet 2018

premier juillet

"Aujourd’hui Premier Juillet, la Terre a trois milliards d’habitants.
Personne n’a été capable d’écrire ce simple télégramme : "Je t’aime. Puis-je venir ? Signé Gaston".
Aujourd’hui, les femmes ont rêvé qu’elles faisaient l’amour avec leur père, des bonnes ont quitté les familles bourgeoises l’injure à la bouche, les testicules des hommes ont remonté et ils les ont attachés avec des bouts de laine torsadés, des petites filles de l’âge de pierre ont chanté dans les trains des mélopées sauvages ignorées de leurs mères.
La réponse à tous les télégrammes envoyés par les gens a été : "Reste où tu es."
Quant à moi, je ne suis pas morte au Soudan.
De temps en temps le téléphone crie et il faut lui donner à boire. La radio, elle, a commencé à diffuser des vieilles rengaines.
En Italie il y a des chemises grises.
Ici, on a beaucoup reparlé de la chaude-pisse des Algériens c’est le signe qu’une chose grave va se passer mais très loin, là, dans la rue, près de cette table, là.
Les CRS se massent partout comme des buissons de mûres.
Premier Juillet, l’essence est au pouvoir. Ça va sauter d’une seconde à l’autre.
Les chauffeurs de taxi répandent partout le bruit que la peur n’évite pas le danger.
Les roses remettent ça, le foin remet ça, les abeilles remettent ça.
Les chats se frottent contre les gens et on ne manque pas de faire observer une fois de plus combien ils sont égoïstes.
Les chiens, plus serviles que jamais, sont partout cités en exemple."
Brigitte Fontaine

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lundi 27 mars 2017

d'accord mais de mort lente

(je voulais en extraire un quatrain pour les "événements minuscules", mais c'est trop bien d'un bout à l'autre, et je vous l'y mets donc en entier)

Mourir pour des idées
L'idée est excellente
Moi j'ai failli mourir de ne l'avoir pas eue
Car tous ceux qui l'avaient
Multitude accablante
En hurlant à la mort me sont tombés dessus

Ils ont su me convaincre
Et ma muse insolente
Abjurant ses erreurs se rallie à leur foi
Avec un soupçon de réserve toutefois
Mourons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente

Jugeant qu'il n'y a pas
Péril en la demeure
Allons vers l'autre monde en flânant en chemin
Car, à forcer l'allure
Il arrive qu'on meure
Pour des idées n'ayant plus cours le lendemain

Or, s'il est une chose
Amère, désolante
En rendant l'âme à Dieu, c'est bien de constater
Qu'on a fait fausse route, qu'on s'est trompé d'idée
Mourons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente

Les Saint Jean bouche d'or
Qui prêchent le martyre
Le plus souvent d'ailleurs, s'attardent ici-bas
Mourir pour des idées
C'est le cas de le dire
C'est leur raison de vivre, ils ne s'en privent pas

Dans presque tous les camps
On en voit qui supplantent
Bientôt Mathusalem dans la longévité
J'en conclus qu'ils doivent se dire
En aparté, "Mourons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente"

Des idées réclamant
Le fameux sacrifice
Les sectes de tout poil en offrent des séquelles
Et la question se pose
Aux victimes novices
Mourir pour des idées, c'est bien beau mais lesquelles?

Et comme toutes sont entre elles ressemblantes
Quand il les voit venir
Avec leur gros drapeau
Le sage, en hésitant
Tourne autour du tombeau,
"Mourons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente"

Encore s'il suffisait
De quelques hécatombes
Pour qu'enfin tout changeât, qu'enfin tout s'arrangeât
Depuis tant de "grands soirs" que tant de têtes tombent
Au paradis sur terre, on y serait déjà

Mais l'âge d'or sans cesse
Est remis aux calendes
Les dieux ont toujours soif, n'en ont jamais assez
Et c'est la mort, la mort
Toujours recommencée,
Mourons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente

Ô vous, les boutefeux
Ô vous les bons apôtres
Mourez donc les premiers, nous vous cédons le pas
Mais de grâce, morbleu!
Laissez vivre les autres!
La vie est à peu près leur seul luxe ici-bas

Car, enfin, la Camarde
Est assez vigilante
Elle n'a pas besoin qu'on lui tienne la faux
Plus de danse macabre
Autour des échafauds,
Mourons pour des idées, d'accord, mais de mort lente
D'accord, mais de mort lente.

Georges Brassens

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vendredi 17 mars 2017

will you dance ?

(les chansons dont on s'entiche)

Will you dance ?
Rodoçlphe Burger fait partie des musiciens que je révère (je l'ai déjà dit), et j'ai découvert Kat Onoma, "son" groupe (je l'ai déjà dit aussi), à rebours, avec une dizaine d'années de retard (mais c'est très bien comme ça). Une chose a entraîné l'autre. Même si je n'aime pas tout. Il ya des choses qui me sautent immédiatement à l'oreille, et d'autres non. Par exemple, j'ai adoré tout de suite la chanson Sing sur le disque Cheval-Mouvement, le premier en solo de Roro (tandis que d'autres morceaux ne m'y plaisaient pas plus que ça....). idem pour Artificial life sur le maxi La chambre. A chaque fois une chanson que j'adorais, contre d'autres qui me laissaient plus tiède.
Puis il y a eu ce concert à Besançon, au CDN, où il était tout seul en scène, avec sa/ses guitare(s) et ses bandes, où j'ai découvert l'album No sport. Et, avant le concert, passait, en boucle et en musique d'ambiance l'album Billy the Kid, que j'avais déjà écouté, il y avait longtemps, à Gy, et dont certains titres me plaisaient beaucoup (notamment The Radio, qui passait (et re) ce soir-là et m'a aussi sec donnée envie de réécouter l'album et le reste.)
J'ai donc acheté plusieurs albums et maxis de Kat Onoma, y découvrant des morceaux que j'adorais (Que sera votre vie, Family Dingo, Magic, Comme un bruit, Video Chuck, Reality Show, Le déluge (d'après moi, Missing shadow blues), puis j'ai acheté des disques de Rodolphe Burger, par ci parlà,  directement sur Dernière bande (des choses très variées, certaines que j'adorais, et, comme toujours, d'autres qui m'intéressaient moins (ou me gavaient plus). J'ai acheté Psychopharmaka, je viens d'acheter Good (je n'avais pas acheté No sport parceque je me l'étais procuré autrement...)
Et, je ne sais par quel enchaînement de hasards (ah si je cherchais sur youtube le clip de Good, je suis tombé sur un live de Burger avec Marcello Giuliani (que je connaissais parce qu'il était cité par Etienne Daho comme musico sur Les chansons de l'innocence retrouvée live) qui m'a mené à un autre live sur Billy the Kid avec Rodolphe Burger et Philippe Poirier (et Julien Perroneau), qui m'a mené (sur youtube) sur la liste complète des morceaux de l'abum Rodolphe Burger et Philippe Poirier rejouent Kat Onoma, que je connaissais de nom (et de pochette) mais qui ne m'avait pas plus tenté que ça. Bah, tant qu'à faire je l'ai pris.
Et j'ai mis cet album, entre autres, sur une clé, que j'écoute quand je suis en voiture. (J'adore rouler  avec de la musique, encore plus la nuit) et je l'ai d'ailleurs écouté en grande partie un jour que j'allais chez Dominique (même si c'était en plein jour). et j'avais trouvé ça très très agréable, titre après titre, et surtout que l'album était parfaitement en phase avec l'instant, avec mon état d'esprit à ce moment là.
Et un soir que je rentrais des Bâties, une nuit, soyons précis, je suis retombé dessus. dedans devrais-je dire, tellement ça m'a plu. Et en arrivant chez moi, je ne suis pas sorti de la voiture tout de suite, parce que passait à ce moment-là Will you dance ? et que je l'ai écouté jusqu'au bout, et que j'ai trouvé ça, non seulement maginifique, mais, encore une fois, parfaitement en accord avec l'instant, nuit de printemps, pleine lune, calme et serein, équinoxe, et je l'ai peut-être même, d'ailleurs, réécouté à ce moment...
C'était mardi dernier, et depuis j'ai bien dû réécouter le morceau une bonne centaine de fois. un peu plus que les autres de l'album, qui sont pratiquement tous aussi bons. Burger + Poirier + Perraudeau ont fait un travail de relecture des morceaux originaux de Kat Onoma, et, bien souvent, la relecture est supérieure à l'original.
Voilà, je ne sais pas pourquoi, mais cette chanson me transporte. Encore et encore.

Will you dance
Our Lady
dead and unexpected (bis)

Billy wants you to dance (bis)

Billy will shoot the heels off your shoes
if you dont dance
Billy va vous tirer dans les talons
si vous ne dansez pas

Billy being dead
also wants fun
Billy même mort
veut s'amuser (bis)

3'12 de bonheur...

couv Play (c) Salvatore Puglia Carole Peclers

 

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samedi 21 janvier 2017

jouvence

"Je voudrais que tout revienne alors que tout est passé
et je chante à perdre haleine que je n'ai que des regrets..."
(Alain Souchon)

Où la nostalgie, chez moi en tout cas, aurait quelque chose à voir avec la musique...
Quelques rééditions (et quelques téléchargements récupérations, aussi) ces denières semaines, n'auront fait qu'aviver un peu plus ce sentiment.
Le coffret "Isabelle Mayereau" offert à Gigis ce nouvel an (mais dont amaz*n m'avait gentiment fourni les droits de la copie numérique), puis le coffret "Catherine Lara : les années CBS 72-80", et quasiment en même temps un gentil quidam qui met à disposition les premiers albums de David Mc Neil en version FLAC (que je suis d'ailleurs obligé de demander à Emma de me rencoder en mp3).
Tout ça, c'est un bout de mon adolescence qui rebourgeonne et refleurit.
Des flashes -plop!- qui resurgissent : Bernard Schu un soir sur RTL dans la cuisine de la maison rue de Villersexel présentant La pierre tombale, Anne-Marie me faisant écouter Tu m'écris dans sa chambrette aux Angles, les après-midi chez mon copain et voisin Michel V. à écouter en boucle Fleur de sommeil, Alain me rachetant un jour de disette les deux premiers albums (version disque noir) de Catherine Lara, les deux albums de David Mac Neil écoutés aux Bâties, chez Pat P., le Discorama où Denise Glaser présentait, justement, Catherine Lara, Hash écouté à Vaux  -d'ailleurs, en le réécoutant à Gy ce 31 décembre, nous avons eu avec Emma tous les deux les larmes aux yeux illico..-.
Oui ces morceaux, ces chansons, découverts, écoutés, aimés quand j'avais 16, 17, 18 ans (et la suite) et qui me sont restés chers (il faudrait rajouter les disques de Véronique Sanson et ceux de Gérard Manset -sans oublier Françoise Hardy chérie-chérie !- pour compléter ce premier socle franco-français de mon univers musical perso naissant) et que je continue d'apprécier, peut-être justement parce que.

Il y a des morceaux que je ne peux pas rattacher à un instant précis mais qui ont sur moi un effet extraordinaire. Papa jouait du rock'n roll de David Mc Neil est de ceux-là. Peut-être parce que je ne l'avais pas écouté depuis longtemps (et que n'ai appris que très récemment qui était son vrai papa de David Mac Neil, et qu'il ne jouait absolument pas du rock'n roll). La petite intro quitare/banjo (?) et la voix qui attaque "A deux kilomètres à travers la fenêtre on pouvait voir St Paul..." c'est plus fort que moi, je fonds. j'ai à nouveau 20 ans dans ma tête et ça fait du bien... J'associerais ce morceau indéfectiblement à Philou, sans pouvoir davantage préciser (peut-être lui avec sa mémoire de stasi d'éléphant pourra-t-il m'aider ?)

david mc neil

"Au-dessus du lit ils affichaient des filles et des joueurs de foot-ball
Moi c'était Péguy, Frison-Roche et De Gaulle, Papa jouait du rock'n roll..."

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vendredi 18 novembre 2016

rions un peu en attendant l'hiver

(un genre de réponse à Hervé...)
"Je n’ai rien à raconter
Je vis un éternel été
Ni gris, ni bleu, ni mérité
Qui dure depuis tant d’années
(...)
Je n’ai rien à raconter non plus
Aux autorités, je n’en peux plus
Je suis un cheval fatigué
Qu’on mène à la salle des pas perdus
Je n’ai rien à raconter, tant pis
A l’humanité, j’ai rien compris
Je suis un animal fatigué
Qui traîne la patte, laissez passer "
Gérard Manset

 
"J'aurais voulu te dire
J'aurais voulu te dire pourtant
Quelque chose
Quelque chose de gai
Ou de très différent
Mais je n'ai plus d'idées
Et je suis fatiguée
J'aurais voulu te dire
J'aurais voulu te dire vraiment
Quelque chose
Autre chose tu sais
Mais je n'ai plus d'idées
Et je suis fatiguée "
Françoise Hardy
"Today j'ai la vague à lames
Je n'sais trop pourquoi
Je sens mon coeur sur la lame
D'une vague de froid
Suis-je dans le no-man's land qui sait
Ou dans le no-way
(...)
Je nage en eaux troubles
je sais que ce n'est pas gai
De ma pirogue je vois s'éloigner
Mes deux pagaies"
Vanessa Paradis

"Et s’en allant là-bas le paysan chantonne
Une chanson d’amour et d’infidélité
Qui parle d’une bague et d’un coeur que l’on brise

Oh! l’automne l’automne a fait mourir l’été
Dans le brouillard s’en vont deux silhouettes grises"
Guillaume Apollinaire

"Les carreaux d'la fenêtre sont fêlés
Y a un mélo à la télé
Comme ma vie en est un
J'éteins"
Alain Chamfort

 

"Je n’sais ce qui cloche
Tout me semble moche
L’pire c’est que c’est sans
Raison"
Jane Birkin

 

"Où sont tous mes amants
Tous ceux qui m'aimaient tant
Jadis quand j'étais belle ?
Adieu les infidèles
Ils sont je ne sais où
A d'autres rendez-vous
Moi mon cœur n'a pas vieilli pourtant
Où sont tous mes amants"
Fréhel

"Croire en demain
Croire que les secours vont venir
Donne moi la main
Tu sais ta fièvre finira bien par guérir
Nos grèves finiront bien par servir
A quelque chose enfin
A quelque chose ou à quelqu'un"
Nicolas Michaux
[Refrain]
"Alors
Haut les cœurs Haut les cœurs
On peut encore se parler, se toucher, se voir
Haut les cœurs (x3)
Il faut se dire des belles choses, qu'on gardera pour plus tard"
Fauve

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samedi 5 novembre 2016

péché mignon

Tiens, Dani vient de sortir un disque (la nuit ne dure pas) et un bouquin (la nuit ne dure pas). Une autobio et un best of de 18 titres, repoupouné par Etienne Daho.
Dani, j'ai un faible. C'est d'abord une silhouette (androgynie, cheveux courts, longue jambes, taille de crevette bref le total look d'égérie),mais surtout  une voix (égériaque, elle aussi, abrasée par le temps et -disent certains- les excès divers, de quoi je ne veux pas le savoir...), reconnaissables toutes deux. Une nana  photogénique, qui prend bien la lumière, et pour laquelle j'éprouve une certaine tendresse.  Je parle eu présent, même si, hélas, le temps ne fait rien à l'affaire (...) Pour la façon qu'elle a de se tenir à la limite, entre  pop et rock  et variétoche, entre le plein vol et la chute, entre le passé papa vient d'épouser la bonne et le présent Je voudrais que quelqu'un me choisisse, entre dés)espoir et (dés)illusions, entre la gaudriole passée et le glamour intemporel. Pour tous les hommes qu'elle a / qu'elle a eus autour d'elle, Daho, Darc, Gainsbourg, etc.
J'adore le personnage.
J'ai même acheté ses trois derniers albums (N comme never again, Tout dépend du contexte, et Laissez-moi rire) , dans le désordre. N comme never again j'ai dû le trouver en dernier chez un soldeur pour presque rien, et j'avoue que je ne l'avais pas plus écouté que ça... Je me souviens de l'avoir mis un soir, et d'avoir zappé tous les morceaux les uns après les autres sans rien trouver alors qui me plaise... Comme quoi, hein, il y a des soirs...
Et voilà que dans ce Best of je tombe sur une chanson qui m'accroche l'oreille, un peu plus à chaque écoute  (c 'est comme, avec les gens, quand on réalise qu'on est en train de tomber amoureux de quelqu'un, et qu'on a envie de le voir, encore et encore...) "Et pourtant". J'écoute et je réécoute, j'aime vraiment de plus en plus ça. Du coup je cherche et je fouine et je farfouille et je réalise qu'elle figure -c'est même le premier morceau-  dans N comm never again. Qui a été produit par Jean-Jacques Burnel, des Stranglers (c'est d'ailleurs lui qui a écrit la musique du morceau. Et je réécoute donc tout l'album. Prudemment au début, mais jusqu'au bout, finalement. C'est plutôt rock,  et c'est daté "années 90" pour ce qui est des boîtes à rythmes (mais justement j'adore ça). Et on reconnaît parfois des jolies guitares à la Stranglers. Et je trouve vraiment beaucoup de choses qui m'y plaisent. Ce qui s'appelle redécouvrir un album (j'ai  appris en même temps que ce fut un énorme échec commercial...).
Pour en revenir au best of, les tubes "inévitables" y figurent (même si Boomerang, par exemple, ne figure pas dans mes favoris) Mes préférées y sont (Je voudrais que quelqu'un me choisisse, bien sûr). Y manque juste, pour moi,  le Générique final de Tout dépend du contexte, où elle remercie un par un(e) tous les gens qui ont participé  à l'album, sur une jolie boucle... "Studio Ferber c'était d'enfer..."

http://imados.fr/content/3/6/5/163650/Laissez-Moi-Rire_cover_s200.jpg
l'avant-dernier

http://scd.musique.rfi.fr/sites/default/files/thumbnails/image/10591.jpg
l'antépénultième

“La nuit ne dure pas” : le retour de Dani à la musique
le dernier

http://static.wixstatic.com/media/a83af2_408ea27e7e904927abf5d6a62e33d2d7~mv2.jpg
dani / daho

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lundi 31 octobre 2016

météo

"Un jour la vie est belle une euphorie nouvelle
Pour un oui pour un non tout va bien pour de bon
Un jour je suis croyant végétalien pratiquant
Plus de sel ni de pain, plus de lait ni de vin

Un jour je m'exaspère j'ai pas les mots je les perd
Je trépigne, je m'égare
Un jour je ressemble à mon père

C'est la crise c'est la crise
Qui m'épuise rien à faire
C'est la crise c'est la crise
Qui s'éternise on va s'y faire

Un jour je donne, je donne, je donne, je donne
Le cœur sur la main, sur le cœur
Un jour je parle fort à raison et à tort
Je m'emballe, je digresse,
Je m'affale et vous délaisse
Un jour je broie du noir
Miné par mes déboires
De la veille et de l'avant veille
Et tout à coup tout m'émerveille

C'est la crise c'est la crise
Qui m'épuise rien à faire
C'est la crise c'est la crise
Qui s'éternise on va s'y faire

Un jour je n'y crois plus pas le coup pas un clou
Moitié plein moitié bu tout est flou tout est fou
Et toc un coup du ciel à nouveau la vie est belle
Pour un oui pour un non tout va bien pour de bon

C'est la crise c'est la crise
Qui m'épuise rien à faire
C'est la crise c'est la crise
Qui s'éternise on va s'y faire
C'est la crise c'est la crise
On va s'y faire..."

(Albin de la Simone)

J'aime toujours beaucoup cette chanson, les paroles que je trouve très justes, et la "petite" voix d'Albin de la S. que j'ai appris à aimer, depuis le splendide Mes épaules...

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mercredi 25 novembre 2015

vodka

je suis quelqu'un, finalement, d'assez discipliné
je fais où on me dit de faire, je regarde où on me dit de regarder (des fois je regarde la lune, et des fois juste le doigt), et je découvre où on me dit de découvrir

là c'est venu des Inrocks, qui m'enjoignent de découvrir deux groupes :

THE FAT WHITE FAMILY

et

ODEZENNE

Petite

deux groupes dont je ne pensais jamais avoir entendu parler jusuqu'alors, mais pourtant qui se sont avérés avoir été programmés aux Eurocks alors que j'y étais (en 2014). Sans que j'en ai vu aucun des deux. J'ai donc googlé, lu ce qu'il y avait à lire, grappillé ce qu'il y avait à.

Pour les premiers j'ai découvert ce genre d'images qui, forcément, m'attirent l'oeil :

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et pas mal de prestations live sur y*utube. Le groupe est renommé pour des concerts pleins de bruits et de sueur (ils auraient, selon les chroniqueurs, une identité olfactive assez forte) où le leader du groupe n'hésite pas à tomber la chemise, (et souvent même le pantalon) et à passer le reste du concert en slip (et en chaussettes). Le concert visionné me l'a confirmé.
A la fois que ce jeune homme est sexy et agréable à l'oeil, mais que la musique du groupe ne correspond pas vraiment a priori avec mes goûts et références musicaux habituels. Un concert à regarder sans le son, donc ?
J'ai tout de même commandé leur album, histoire de me faire une idée.
En attendant, on peut aussi mater les clips, celui de Touch the leather, avec pour seule et minimale chorégraphie le déplacement latéral d'un postérieur indiscutablement de sexe mâle (ce qui n'est pas vraiment pour me déplaire) dans une petite pièce, ou celui de Cream of the young, avec son étalage de bouffe, ses coups de poulpe et autres léchages de tête de veau (crue), légèrement vomitif. Avec aussi des jeunes gens barbouillés de fromage blanc (ou d'autre chose... Du y*p, peut-être ? -sourire ingénu) Il y a dans tout ça quelque chose de fascinant, de malsain, de pas recommandable mais bon justement qui attire l'oeil, quoi, et qui donne envie.


Pour les seconds je me suis procuré leur dernier album Dolziger St. 2. Que j'ai écouté sans aunune idée préconçue. Ce qui était intriguant, c'est qu'ils sont rangés sous l'étiquette rap, mais qu'ils la réfutent. Que plusieurs critiques insistent sur la proximité avec Fauve, ce qui ne me semble pas très évident après écoute... Et qu'ils sont aussi spécialement dynamiques en concert (mais qu'ils ne sentent rien, eux). Et j'ai donc écouté. Ce qui pourrait évoquer le rap, c'est le fait qu'ils ne chantent pas. Ils parlent (mais avec quelle voix! j'ai immédiatement craqué sur la (les ?) voix.) Puis, des ambiances qui accrochent, par les mots (mes babines, mes babines), par la musique qui accompagne, par le thème (je me suis entiché presqu'illico de Vodka, qui m'a donné envie d'en boire) par l'ambiance (on n'est ni dans le bling bling les bagnoles les meufs et les grosses chaînes, non, on est plutôt dans le "je suis qu'une merde sortie d'un gland", je les cite) plutôt sombre mais pas violente, réaliste, quoi, poétiquement réaliste, humainement poétique, avec un côté gentiment salace (lubriquounet, parce que ça n'est jamais gore), et les pauvres ils étaient effectivement programmés aux Eurocks 2014, ce soir où il avait tant plu, et qu'après le concert de Mo (avec un o barré, je ne sais pas le faire) j'avais hésité parce qu'il restait encore deux heures jusqu'à Casseurs Flowters, et à l'époque je ne savais pas que c'était ces gaillards-là qui passaient (mais bon, ils n'auraient joué ni Bouche à lèvres ni Vodka ni On nait on vit on meurt, alors...) et qu'on était finalement tous repartis dans la twingouille, un peu la queue basse il faut le reconnaître... recommandé(s) donc, et tiens je vais aller de ce pas mater leurs clips... J'veux de la vodka dans un verre tout haut...

9738-tab

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mercredi 1 juillet 2015

premier juillet

"Aujourd’hui Premier Juillet, la Terre a trois milliards d’habitants. Personne n’a été capable d’écrire ce simple télégramme : Je t’aime. Puis-je venir ? Signé Gaston. Aujourd’hui, les femmes ont rêvé qu’elles faisaient l’amour avec leur père, des bonnes ont quitté les familles bourgeoises l’injure à la bouche, les testicules des hommes ont remonté et ils les ont attachés avec des bouts de laine torsadés, des petites filles de l’âge de pierre ont chanté dans les trains des mélopées sauvages ignorées de leurs mères. La réponse à tous les télégrammes envoyés par les gens a été : Reste où tu es. Quant à moi, je ne suis pas morte au Soudan. De temps en temps le téléphone crie et il faut lui donner à boire. La radio, elle, a commencé à diffuser des vieilles rengaines. En Italie il y a des chemises grises. Ici, on a beaucoup reparlé de la chaude-pisse des Algériens c’est le signe qu’une chose grave va se passer mais très loin, là, dans la rue, près de cette table, là. Les CRS se massent partout comme des buissons de mûres. Premier Juillet, l’essence est au pouvoir. Ça va sauter d’une seconde à l’autre. Les chauffeurs de taxi répandent partout le bruit que la peur n’évite pas le danger. Les roses remettent ça, le foin remet ça, les abeilles remettent ça. Les chats se frottent contre les gens et on ne manque pas de faire observer une fois de plus combien ils sont égoïstes. Les chiens, plus serviles que jamais, sont partout cités en exemple."
Brigitte Fontaine

 

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