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lieux communs (et autres fadaises)
20 janvier 2007

j'étais dans mon hamac et j'attendais que la pluie vienne

HAMACA PARAGUAYA
de Paz Encina

Un film ultime, hypnotique, en même temps minimal et plein à ras bord. Ou comment avec quasiment rien on peut parvenir à raconter une histoire forte et émouvante. Candida et Ramon, deux vieux, attendent. Le matin, ils installent leur hamac entre deux arbres, la journée ils s'y asseyent, seuls ou à deux, entre deux occupations, et le soir ils dépendent le hamac et s'en vont.
Le cadre est fixe, en patients plans-séquences où la parole des deux époux  est souvent le seul élément un peu mobile. Il est question d'une chienne qui aboie sans cesse, d'un fils parti à la guerre, d'une chemise trouée, de la pluie qui n'arrive pas, d'un papillon mort, lambeaux suspendus sur le fil d'une patiente édification du récit.
Pas plus de musique que de mouvements d'appareil. Juste quelques lieux (le plus souvent c'est le hamac du titre), quelques cadres choisis, la présence insistante de l'environnement sonore (insectes, oiseaux, aboiements, grondements de tonnerre) constituent tout l'univers de ces deux êtres. Si le dispositif peut paraître aride,  l'émotion pourtant finit par sourdre, goutte à goutte peut-être, comme de ce ciel chargé de nuages gris noirs, suspendu entre les plans, d'où viendra enfin la pluie (on ne la verra pas).
Sans espoir (ou presque) mais absolument fascinant.

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(surtout quand, comme ce fut le cas, le film démarre ex abrupto juste après la bande-annonce de T4xi !)

20 janvier 2007

l'effet-destop

Comme l'évier quand il se bouche, je procède par accumulation, engorgement, constriction...
J'ai des choses à faire (en général des appels téléphoniques ou des émaux auxquels je dois impérativement répondre) ou des travaux à terminer avant certaines dates-butouârs et je ne le fais pas tout de suite et je laisse traîner et ça s'entasse comme la vaisselle sale dans l'évier, et j'ai donc de plus en plus de choses à faire, et je commence à en concevoir un certain dépit, un certain découragement, voire une certaine culpabilité, et tout ça ça finit par tout bloquer.
Obligé alors je suis de répondre aux messages divers, terminer des trucs , mettre d'autres machins en route, aller voir chose, prévenir machin que...
Et, de même que le produit susnommé dans le titre fait disparaître (ah le siphon transparent de la pub...) toutes les cochonneries accumulées dans un gros bruit de déglutition rotesque et gargouillante, un simple laps de temps consacré à cette activité fait disparaître comme par enchantement tous les nuages noirs accumulés au-dessus de ma tête par les choses que je devais faire.
On se sent libéré, soulagé, serein...
Jusqu'au prochain engorgement (n'ayez crainte, ça revient TRES VITE!)

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Voilà, je viens de passer une petite heure à régler tout ça, j'ai fait quasiment tout ce que j'avais en retard à faire (enfin, je crois...), le siphon de mon lavabo mental est désengorgé.Aaaahhh... (soupir de satisfaction)

19 janvier 2007

country

THE LAST SHOW
de Robert Altman

Il est malin, ce vieux Robert, d'être mort juste après ce film là. L'ai (enfin) vu ce soir, et en suis sorti enchanté. Un film tendrement nostalgique, sur la fin d'une époque, la fin d'une histoire... Mélancolique, mais, d'une certaine façon, apaisé. Avec un générique de début sur fond de nuit étoilée, où les noms des acteurs jouent vraiment les stars.
La dernière d'une émission de radio trentenaire, enregistrée en direct, dans un théâtre qui sera illico transformé en parking ensuite. Tout un petit monde qui s'agite, dans les coulisses et sur la scène, pendant que se déroule ce last show. Ca joue country, ça chante idem, et on découvre avec délice les duos de Meryl Streep et Lily Tomlin, ou Woody Harrelson et John C.Reilly (en cow-boys plus vrais que nature...) . Chanteurs, musiciens, techniciens, présentateur, auxquels on ajoutera, pour faire bonne mesure, un "privé", un "exécuteur"...et un ange, en imperméable blanc.
C'est juste une soirée d'adieu(x), où personne n'a envie d'être trop triste, on parle beaucoup, on se raconte des vieilles histoires, on pique des fou-rires, on se chamaille, pour ne pas s'arrêter on fait qu'on n'y peut rien, qu'on n'y changera rien : le temps a passé, les choses ont changé...
C'est aussi une belle façon pour ce cher Bob de tirer son chapeau : avec humour, tendresse, élégance...

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18 janvier 2007

immobilier

J'aime les écrivains pédés.
Et j'ai un gros faible pour Stephen Mc Cauley. J'ai lu ses quatre bouquins précédents, et là, j'ai été suffisamment patient (ou radin) pour attendre de trouver le dernier en prix réduit sur le ouaibe. C'est chose faite, et le voilà quasiment terminé. Il s'appelle Sexe et dépendances en french (Alternatives to sex en v.o).
J'aime lire ce mec par ce qu'il est juste sur le fil : ni furieusement sexe hardos backroom et foutre à donf ni poses pâmées chochottes et eau-de-rosesques. Juste normal, la vie quoi.
Ici, le narrateur est agent immobilier, il fait donc son boulot : faire visiter des appart' et des maisons et les vendre. Rassurez-vous, ça n'est pas le plus important. Il rencontre des clients potentiels et divers, mais surtout il a une vie sentimentale/sexuelle assez compliquée (où tout pédé moyen devrait plus ou moins facilement se reconnaître), entre envie de fidélité, fascination des rencontres furtives, résolutions perpétuelles demain je suis chaste, besoin compulsif de sexe et recherche perpétuelle de... de quoi au fait ? William, le narrateur, n'en est plus très sûr, au bout du compte.
Ce qui importe, ce n'est pas l'anecdote, c'est l'écriture. Celle de Mc Cauley me plait énormément, c'est fin, c'est drôle, c'est vachard, c'est bitchy, il a le sens des formules virtuoses, des phrases qui font mouche (comme on dit), bref, il y a des passages entiers que j'ai envie de recopier...
Peut-être pas impérissable, mais vraiment de quoi passer un moment de-li-cious!

18 janvier 2007

ou / ou

Hiver ou pas hiver ?
Clermont ou pas Clermont ?
Bozarts ou cinéma ?
Groupe A ou groupe B ?
Photo ou vidéo ?
Lieux Communs avec ou sans texte ?
Artiste raté ou pas ? (je)
Savoir se vendre ou pas ?
Image ou texte ?
Aller à Besac ou dormir à Vesoul ?
Café ou déca ?
Couleur ou noir et blanc ?
Se lever ou se recoucher ?
Le photographier ou non ?
Les baskets boueuses ou les chaussures propres ?
Le je ne sais quoi ou le presque rien ?
Plume ou pinceau ?
Couché tard ou levé tôt ?
Partir ou revenir ?
Avec personne ou sans personne ?
...

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16 janvier 2007

évaluation

Temps d'évaluation, tout le monde sur le pont !
Et moi donc, rien à faire, à part boire des cafés avec Emma et ceux qui veulent bien s'arrêter près de la maquina. Zoné un moment, puis me suis décidé à partir ; suis remonté à la bagnole, il était 15h et des poussières, y suis resté un moment, je pars ? je pars pas ? je savais que des étudiants que je connaissais devaient passer à ce moment là.
Et puis après ? qu'est ce que j'en avais à foutre, hein ? (...)

Après mûre réflexion, je suis sorti de la bagnole et suis quand même allé voir au sous-sol, c'était là que ça se déroulait pour les gens qui m'intéressaient. S. venait de passer, elle avait un peu les boules parce qu'elle venait de se faire remonter les bretelles, mais c'était visiblement à l'ordre du jour pour la plupart des étudiants, alors je suis resté là à attendre avec eux, assis sur cette table au fond du couloir, pendant que c'était le tour de celui dont je me préoccupais.

Ca ne s'est pas très bien passé non plus, ai-je compris dès qu'il est sorti. Il a démonté son installation dans un silence un peu rageur mais calme tout de même. Je le regardais sans rien dire, j'étais comme attendri. Ses cheveux qui repoussent lui donnent mielleure figure (ça doit piquer un peu, là). Tout le monde tournicotait un peu comme des mouches dans une boîte (private joke). Le moral de la petite troupe était un peu flop flop, sauf B. qui la jouait plutôt souriant et serein.

Je les ai salués alors (que vouliez-vous donc que je fis ?), ils m'ont remercié de les avoir accompagnés en ces moments un peu éprouvants, tous y compris une voix qui sortait de derrière la cloison où il finissait de ranger son bazar, voix que je n'espérais plus entendre. C'était rien, mais ça m'a fait sourire intérieurement, et repartir léger vers ma voiture.

Et c'est tout.

15 janvier 2007

expédition

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Une expérience... Dans le Théâtre, en bois sans chauffage (et encore, il ne neigeait ni ne gelait dehors, c'est dommage que la météo n'ait pas été pire!), imaginez sept cent personnes en doudounes, combinaisons de ski, gros manteaux, etc..., assises par terre, les fesses posées sur des carrés de polystyrène (ça isole!), les têtes couvertes de bonnets et écharpes diverses, le reste enfoui sous des plaids polaires, tous réunis pour assister à un objet glacial conçu par Pierre Guillois, (metteur en scène en résidence à Bussang), à savoir l'évocation de l'affaire Henry et Vincendon, deux jeunes alpinistes morts dans le massif du Mont Blanc pendant l'hiver 1956, héros d'un invraisemblable branle-bas médiatiques et victimes d'un intense cafouillage logistique (entre les guides de Chamonix, l'armée qui ne veut pas envoyer d'hélicoptère, les tergiversations bureaucratiques...) qui leur coûta la vie, au terme de neuf nuits de bivouac à -30°, et ce malgré un incroyable instinct de survie.
L'affaire est impressionnante, le texte est précis, mais -dommage- il s'avère qu'il s'agira plutôt d'une lecture que d'une véritable création théâtrale. Lecture à quatre voix, deux hommes et deux femmes, mise en espace sur 4 podiums alignés sur toute la longueur de la salle, qu'ils vont occuper successivement, au milieu des spectateurs. Malgré les cafouillages techniques et/ou humains,il reste  néanmoins de  beaux moments, grâce à une progression dramatique bien conçue, qui a la bonne idée de finir dans l'obscurité complète, avec juste ces quatre voix qui nous offrent, sans effets, les derniers mots de la tragique histoire. (avec un  moment spécialement marquant (et légèrement pervers ?) lorsque les quatre acteurs expliquent par le menu à des spectateurs, par encore transis mais qui pourraient bien le devenir, le processus de la mort par le froid. Hypothermie, hypoxie, gelure. Ou comment le corps sacrifie d'abord les extrémités pour garder le coeur au chaud, car, si par malheur ce dernier vient à se refroidir, couic!)
A la sortie, il semble que dehors il fait plus chaud que dedans, on se désemmitoufle, on se découverturise, on se déplaidpolarise. On range le polystyrène et les chaufferettes magiques. On est vivant, des braseros ont été allumés, on sert du vin chaud et du chocolat itou. Que demande le peuple ?

14 janvier 2007

cachets

REQUIEM
de Hans-Christian Schmidt

Allemagne, années 70. Michaela quitte le cocon de sa famille pour aller étudier à Tubingen.Elle est, nous l'apprenons très vite, épileptique (sous traitement) et catholique (fervente, comme semble l'être toute sa famille). Comme l'alcool avec les cachetons, l'épilepsie ne fait pas bon ménage avec les curetons. Michaela va l'apprendre à ses dépends, quand elle commence à  mélanger les signes cliniques (elle entend des voix, elle ne "peut plus prier") et les christiques (c'est le démon qui l'assaille). Le film, sous ces deux auspices (hospices ? ) va nous narrer le funeste destin de cette demoiselle, depuis sa première crise à son premier exorcisme... Si elle avait bien pris ses cachets, si elle n'avait pas eu une mère odieuse, si elle n'avait pas été si bigote (mais la faute à qui ?), Michaela aurait pu s'en sortir. Hélas.
Ne vous inquiétez pas, pas de tête qui tourne à 360°, pas de vomi verdâtre, pas de Tubular Bells. Que de la réalité. Le film reste constamment sur la réserve, prudemment, froidement presque, préférant le constat "objectif" au sensationnel spectaculaire. Il nous ramène trente ans en arrière, mais les choses ont-elles vraiment changé depuis ? Peut-être à propos du traitement de l'épilepsie, mais certainement pas en ce qui concerne la religion et ses méfaits, ses dangers, ses ravages. (C'est un fait, je ne suis pas du tout objectif sur la question). Portrait d'une jeunesse détruite. Glaçant.

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13 janvier 2007

froid

"Mais le remède le plus efficace contre le froid est de se prendre dans les bras. Nous sommes devenus un peuple de lits séparés, d'individus dispersés dans notre habitat. On se chauffe seuls et le froid est plus intense ainsi. En hiver du moins, il faut se réaccoupler, s'unir dans des étreintes.
Dans ma chambre de 24 mètres carrés je vis par choix sans chauffage. Par ces temps-ci je porte chez moi un manteau et un bonnet de laine, comme pour sortir. C'est drôle, et peu fait pour recevoir des visites. Je déconseille de m'imiter, mieux vaut chercher des étreintes. Au début, on peut se contenter d'une entente d'égal à égal, entre associés, un avantageux échange de chauffage. puis, qui sait, du frottement peut naître la calorie supplémentaire de l'amour. C'est pourquoi, à la liste des ressources énergétiques, j'ajoute et je recommande l'amour, qui produit de la chaleur, radiateurs éteints et à coût zéro."

(un peu plus bas, à propos des pingouins)

" (...) J'aime sa livrée, d'un noir et blanc intact sans gris, que nous imitons dans nos habits de cérémonie. L'écriture, elle aussi, est en noir et blanc.
Enfin, sa vie sociale m'amuse, son besoin d'avoir autour de lui une ville de semblables que lui seul distingue. il n'existe pas de pingouins solitaires, aucun d'entre eux ne se perd. Il ressemble à Buster Keaton. Il obéit à la vie au garde-à-vous. "

Erri de Luca (Mon journal, in Libé du 13 janvier)

13 janvier 2007

alter ego ?

Allez donc voir et dites-moi si oui ou non...

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