la cabane dans les bois
COMME UN HOMME
de Safy Nebbou
De temps en temps, ça me rassure de ne pas aimer un film... Des fois j'ai peur d'être un genre de "lou ravi" cinématographique, applaudissant des deux mains à tout ce qu'il voit en disant "han han c'est bôô". Donc, je n'ai pas aimé Comme un homme. pour des raisons de sensiblerie, sans doute : je n'aime pas ce qui éprouvant, j'ai un problème avec les histoires de séquestrations (pendant que je lisais Le silence des agneaux, bien avant que le film existe, j'étais tellement terrifié que j'ai un peu regardé vite fait à la fin pour savoir si la june fille kidnappée était toujours vivante, en me disant "si elle est morte, je ne le lis pas...". Bon je l'ai lu, et jusqu'au bout), je ne supporte pas la violence infligée volontairement à autrui (alors les scènes de viol je ne vous en parle même pas, je serais capable de quitter directement la salle), et tout le début de Comme un homme n'est que ça : deux ados ont enlevé une jeune fille, ligotée, bâillonnée, qu'ils séquestrent dans une baraque au milieu du marais poitevin (plutôt joliment paysagé, d'ailleurs, le marais). on comprend vite que c'est surtout l'un qui a fait le coup, l'autre n'étant là que pour lui "prêter main forte" (et accessoirement les clés du cabanon en question qui appartient à ses parents. Ca, c'est une moitié du film, l'autre étant l'étude des rapports du deuxième jeune homme (celui qui accompagne) avec son père, veuf (ceci a son importance) qui est aussi proviseur de l'établissement scolaire que fréquente(ent) les deux jeunes gens. Bien entendu, tout va aller mal, de mal en pis, et le scénario (d'après un vieux bouquin de Boileau & Narcejac) va faire en sorte de faire assumer au deuxième jeune homme les conséquences d'un acte qu'il n'avait, au départ, même pas envisagé. escalade, "engrenage fatal", pas d'issue, donc que faire ?
Le détail intéressant du film est que le père et le fils fictionnels sont joués par la famille Berling, père et fils, Charles et Emile, donc. Le jeune est, il faut le dire, assez impressionnant, dans le genre ado mutique prêt à exploser (j'ai pensé à vincent rottiers), et, paradoxalement, en face de lui, son doublement papa semble singulièrement manquer d'épaisseur et de profondeur, à nous la jouer ainsi très light.
Bon, c'est vrai, on n'était que tous les deux dans la salle, avec Dominique, et donc, au bout d'un moment, on s'est permis quelques commentaires et ricanements que nous eussions, dans d'autres circonstances, sûrement gardés pour nous-même, ce qui fait que je me suis progressivement détaché du film, n'en acceptant plus les enjeux, ni les ressorts dramatiques, ni les rebondissements. Plouf! donc. Un coup dans l'eau. (Mais ça n'engage que moi).



























