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lieux communs (et autres fadaises)
10 mai 2011

sybillin

Mon ami Philippe, lors d'une après-midi d'ailleurs délicieuse, m'a fait remarquer que "mon blog ne parlait plus que de cinéma" (ou presque, c'est tout comme). "C'est assez vrai, lui ai-je répondu, mais de quoi d'autre voudrais-tu donc que je parlasse ?" (j'emploie ici l'imparfait du subj, mais en vrai on ne parle pas comme ça, hein,  d'autant plus qu'on était au moins à deux grammes cinq d'alcooco...)
Il m'a parlé des "événements minuscules" , dont je suis assez un peu fier, en me conseillant de les compiler (ce que j'avais déjà envisagé de faire, mais pas avant le numéro 100), et de fil en aiguille de la conversation, je reconnus que c'est vrai que, via les posts du blog, on tombe assez vite dans le domaine de l'intime, et donc -ou non- de la pudeur, du dicible (ou de l'in-) et de quoi parler ou pas.
Ah oui, cette conversation avait commencé avant quand, au fait avancé par lui qu'il "ne pouvait pas écrire chaque jour", j'avais répondu que moi non plus, et que justement ce blog était la façon dont j'essayais de me maintenir "à flot" question écriture (et nous avons alors évoqué les "blogs d'écrivains", qui étaient "plus ou moins bien", et parlé d'un que nous fréquentions tous deux, celui d'Eric Chevillard, et que nous trouvions très bien.
Puis, deux grammes dix aidant, nous avons parlé d'autre chose.
Il faut bien écrire vivre...

(sans rapport avec ce qui précède, quoique...

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ma première rose...)

9 mai 2011

à la place de "pan pan" oserais-je dire "pouet pouet" ?

ECOUTE VOIR
de Hugo Santiago
(avec Catherine Deneuve)

TRISTAN
de Philippe Harel
(avec Mathilde Seigner)

LE PETIT LIEUTENANT
de Xavier Beauvois
(avec Nathalie Baye)

CETTE FEMME LA
de Guillaume Nicloux
(avec Josiane Balasko)

LA FEMME-FLIC
d'Yves Boisset
(avec Miou-Miou)

CHANGE PAS DE MAIN
de Paul Vecchiali
(avec Myriam Mézières)

BLUE STEEL
de Kathryn Bigelow
(avec Jamie Lee Curtis)

AU COEUR DU MENSONGE
de Claude Chabrol
(avec Valeria Bruni Tedeschi)

L'EXECUTRICE
de Michel Caputo
(avec Brigitte Lahaie)

TENDRE POULET
ON A VOLE LA CUISSE DE JUPITER
de Philippe de Broca
(avec Annie Girardot)

(à suivre...)

 

6 mai 2011

"highly employable"

THE COMPANY MEN
de John Wells

Ben Affleck, c'est dommage.
C'est un peu l'équivalent de Julien Boisselier en version américaine. Un acteur sympathique, je l'aime bien, mais il est... raplapla, transparent ou quasi,  il lui manque quelque chose. Impersonnel (à propos de JB, j'avais écrit "avec un charisme de pomme golden"). D'aucuns (critiques) l'ont qualifié (Affleck) de "fade", et c'est d'autant plus flagrant lorsqu'il est confronté, comme ici, à un Tommy Lee Jones en très grande forme, ou même un Kevin Costner grandiosement ressuscité.
Une histoire de gros sous, money money money, où on suit en parallèle les destins de trois employés d'une même multinationale, à des postes de responsabilités assez importants, qui vont avoir le point commun d'être successivement virés tous les trois, et d'avoir donc à réagir à cet état de fait...
Profits, actionnaires, dividendes, DRH, points d'indice, actions, toute la sale mécanique financière est exposée. Inhumaine, cynique, ça on le savait déjà, mais jusque là on connaissait plutôt les histoires de pauvres ouvriers au cômage, tandis que là on s'attache davantage aux états d'âme des pauvres cadres qui se retrouvent dans la charrette. Et la vie continue...
Comme les trois petits cochons ; le premier va se reconvertir dans les métiers du bâtiment (et retrouver youp la boum le sens des vrais valeurs de la vie), le deuxième va virer alcoolo et finira par se suicider dans son garage, le troisième va en profiter pour se séparer de sa femme, emménager chez la DRH (plus jeune et plus blonde), et créer une vraie entreprise humaine avec toutes les stock options et toutes les subprimes et toutes les plus-values qu'il a accumulées -il n'est visiblement pas dans la misère, lui, et n'a pas de problème d'échéance de prêt immobiliers et de traites pour la Porsche, contrairement aux deux autres- et embaucher, tiens donc, justement in extremis le premier petit cochon, qui va devenir gentil directeur de cette gentille entreprise humaine. Et re youp la boum.
C'est très... ricain. Ca se regarde avec plaisir, ça n'est pas indigne, c'est juste moral, manichéen, prévisible,  les méchants sont très méchants (comme dans la vraie vie), et les gentils ont des soucis qu'ils arrivent à régler parce qu'ils sont entourés d'une famille aimante (on pense au clip de Peter Gabriel Don't give up, avec Kate Bush), probablement parce qu'ils sont bien blancs, qu'ils ont  la foi dans leur pays -ils ne sont pas ricains pour rien, hein!- et parce que G*d bless America, voilà. (Placer là l'hymne national). Pas forcément comme dans la vraie vie.
J'exagère, je plaisante, mais à peine.

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(l'affiche est à l'image du film : jolie, parlante, imagée, littérale...)

4 mai 2011

le vol de sept moustiques

L'ETRANGE AFFAIRE ANGELICA
de Manoel de Oliveira

Décidément, Papy Manoel n'est jamais vraiment là où on l'attend. En général soit j'adore complètement soit je déteste vraiment à donf. Là c'est la première hypothèse qui a, comme on dit, prévalu (j'ai même lutté pour ne pas fermer l'oeil tellement ça me plaisait.)
L'histoire d'un photographe engagé pour photographier une jeune morte, et voilà que la morte se réveille et lui fait un signe amical, mais visible seulement de lui. D'où trouble. D'autant plus que ce jeune homme, amateur de photographie, s'occupe aussi de prendre des clichés des vigoureux bêcheurs lusitaniens (hmmm rien de mieux que le travail à l'ancienne...) voisins, mais ceci ne va pas le détourner de cela, et il va en concevoir comme qui dirait une obsession.
Ajoutez une logeuse affectueuse, un soeur bonne soeur, un servante pincée, un mendiant insistant, un médecin attentionné, et vous (n') aurez (qu') une petite idée de ce qui se passe. Ajoutez aussi un oiseau dans sa cage, des photos accrochées à un fil, une enveloppe froissée, des oliviers, une chanson virile...
Le film est une merveille, plastiquement parlant. Parlant de la photo, Oliveira  donne à son film la forme de son sujet. Il pratique apparemment  un cinéma du peu. Un oeil peu attentif y verrait presque quelque chose de suranné, de vieillot. Du simple (simplet ?) en apparence.
Un plan, un sujet (un objet ?), mais comme c'est un cinéma extrêmement intelligent sous des dehors simplets, il y a toujours au moins un "truc" en plus (au sens de la magie) par plan aussi. Ça serait un film à regarder quasiment à la loupe et image par image, si on voulait vraiment épuiser tous les plaisirs cachés qu'il recèle.
Un travail soigneux sur la bande-son (camions qui passent, ouvriers qui chantent) vient compléter, soutenir ou contredire ce même travail qui s'effectue à l'image.
A chaque instant il se passe quelque chose, à voir, à entendre, à deviner, à interpréter... C'est vraiment assez jouissif. L'apparente raideur de la narration dissimule mal la richesse de l'ensemble. Oui, on jubile, et on en redemande. Comment on dit "encore! " en portugais ?

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3 mai 2011

micro92

 

*

Appris dans le supplément-ciné de Libé que Stendhal signait presque toutes ses lettres par "SFCT"
(se foutre continuellement de tout)

*

les parole de la chanson Te quiero me touchent énormément

*

 Le jeune homme en t-shirt filme actuellement des embrasements et des combustions

*

un routier portugais qui parlait  vraiment trop

*

certains se seraient sans doute déjà suicidés, de ne profiter ainsi des choses qu'à moitié

*

finalement nous n'irons que le vendredi soir aux E., et c'est très bien comme ça

*

  Le saumon nous fut servi exquisement décoré
de filaments de poivrons séchés et de fleurs de bleuets, séchées elles aussi

*

réaliser combien tout ça est absurde et vain

*

on se surprend à attendre la floraison des roses
(à la place de roses j'avais écrit raisons)

*
finir les vacances comme on les avait commencées :
en passant l'aspirateur

*

"Mère-Grand"

*

 

1 mai 2011

huit minutes

SOURCE CODE
de Duncan Jones

(Voix plaintive : "...Oui mais il fallait que je "réamorce" ma carte P*thé, et Dominique avait trouvé des bons pour une place à 5€ à Casto, et elle avait envie de voir ce film, et il n'y avait que ça de "bien" qui passait à la séance de 16h, et tant pis si c'était en VF..."), bref, trève de gémissements et de justifications a posteriori,et  retour au présent : et ben c'était  vachement bien!
j'ai appris que le réalisateur n'est autre que le fils de david bowie, et qu'il a déjà réalisé un film de science-diction, Moon, malheureusement ici sorti directement en vidéo. L'intrigue de souce code peut sembler relativement tarabiscotée (le terme ressemble à ce qu'il veut exprimer...) C'est le problème avec les histoires de voyages dans le temps et d'univers parallèles (et c'est ce qu'il me plaît).
Le pitch ? un mec est renvoyé dans le temps, pour revivre toujours les mêmes huit minutes précédant l'explosion d'une bombe à bord d'un train de voyageurs, avec pour mission de trouver la bombe, le terroriste, et de mettre ce dernier hors d'état de nuire. Au niveau du film, ça donne un cocktail entre, disons, Un jour sans fin (pour la répétition), Je t'aime je t'aime (pour le voyageur temporel), et, euh... Piège de cristal (par exemple)  pour le superhéros qui lutte contre le méchant terroriste. Sans oublier un petit chouïa de Johnny got his gun, pour faire bonne mesure.
C'est très plaisant à suivre, même si ça peut effectivement paraître de plus en plus compliqué. La preuve, le fait que ça soit en VF ne m'a absolument pas dérangé. Dommage que (ça doit être les méchants producteurs ricains) on doive se fader à la fin une love story guimauvesque et sirupeuse (genre "l'amour est plus fort que le temps, plus fort que la mort, plus fort que tout, quoi") en même temps qu'un genre de sésame pour Source code 2, Source code 3, etc.

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