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lieux communs (et autres fadaises)
5 novembre 2012

la colo

(un rêve assez agréable, mais très embrouillé, retranscrit en vrac par crainte d'évaporation, et recopié tel quel)

Je croyais retrouver simplement des amis (Emma notamment) en vacances, mais en arrivant, je réalise qu'en réalité nous allons faire une colonie de vacances! je ne suis pas très enthousiaste, mais je vais le faire quand même!

un jeune rebeu a pris mon appareil photo, l'a ouvert, a sorti la carte (ou veut sortir la carte, en tout cas je n'ai pas envie qu'il voie toutes mes photos) l'appareil est posé (démonté ,) sur une table, et quand je le prends, je fais tomber les petites vis qui servaient à retenir je ne sais pas quoi... Quelqu'un me fait remarquer "oh il a perdu les vis..." je suis un peu agacé d'uatant plus qu'il est parti (le jeune)

je n'arrive plus à retrouver ma chemise en jean que j'avais posé sur une chaise, je la cherche dans l'assemblée, beaucoup de gens ont aussi des chemises en jeans, mais ce n'est jamais la mienne : j'en vois ainsi toute une variété : cintrée, avec des broderies, des boutons, et même à capuche ! mais ce n'est jamais la mienne

arrivent beaucoup de gamins (la colonie ?) qui viennent de descendre du bus, ils entrent et se jettent sur la nourriture (un buffet a été installé sur des tréteaux) j'essaie de leur expliquer que ça n'est pas bon pour eux de se goinfrer ainsi, puisque ce sera bientôt l'heure du repas

je tiens une porte dont le gond supérieur a été tordu très nettement, et je cherche le coupable : il s'agit d'un très grand ado à l'air penaud

dehors, dans la rue, je cherche le cinéma où ?

dans la rue jouent des gamins, qui cherchent (ou font semblant de chercher) l'un d'eux qui a disparu (ou qui fait semblant) il est peut-être caché dans une cave, car les autres essaient de l'appâter en tendant des morceaux de pain (de brioche?) en direction des soupirails (soupiraux ?) comme quand on appelle un poussin pour lui donner à manger ("petits, petits...")

j'ai trouvé un autre cinéma, dans lequel je vois la fin d'un film : il ya une chèvre et un monsieur tout nu, sur la dernière l'image l'un a ouvert la bouche et mis dedans le dessus de la tête de l'autre (c'est une image très graphique et assez drôle, comme une image de pub) je reconnais un film de "Roy Anderson"

on parle entre cinéphiles assis en vrac devant le cinéma (comme une cage d'escalier) je caresse innocemment les fesses d'un mec - sensation de duvet - comme par hasard, ma main gauche était posée,par terre et son cul est venu se mettre contre, je ne le vois d'ailleurs même pas,  tout en discutant avec un autre, qui ressemble à un des présentateurs de ciné cinéma...

il se lève et me dit "on pourrait peut-être se..." (= se téléphoner, échanger nos adresses, rester en contact...) tout en montant un escalier dans un couloir étroit (parallèle au mien) et y disparaissant

il faut mettre la table (à la colonie) "comme Christine" me dit une fille que je connais vaguement ; il s'agit de petites assiettes de formes et de tailles variables, empilées, comme une dînette ou des sous-tasses à café

la cuisine est toute en longueur, très étroite, et il est plutôt difficile d'y circuler

j'explique aux messieurs, devant le cinéma, que je suis ici pour faire une colonie, que je ne m'y attendais pas, et j'explique où c'est... ("une grosse bâtisse", dit-il à l'autre, ils sont déjà passés devant) à Bolandoz

il a fallu changer de chambre, à cause de l'arrivée des enfants de la colonie (j'ai une brève vision de chambre très  cosy, avec gros dessus de lit et lourds rideaux qui volettent néanmoins dans le vent

(Emma est très présente dans ce rêve, c'est peut-être sa chambre)

dans le réfectoire, je regarde un porte-manteau, a-t-il été tordu lui aussi, comme le gond ? non non, il était déjà comme ça, j'ai confondu avec un autre porte-manteau

j'attends toujours le jeune rebeu (Djamel ? Ali ?) qui a ouvert mon appareil-photo (mon téléphone ?) et qui ne revient pas

un des moniteurs de la colo me présente sa fille, me disant que je la reconnaîtrai, qu'elle est "un peu molle", et est bientôt rejoint par sa femme (ils sont habillés - ou maquillés - pareil tous les 3, en tout cas il y a un air de famille)

en réalité j'ai dit des bêtises aux enfants : on ne va pas manger tout de suite... Va-t-on seulement manger, d'ailleurs ? Rien n'est prêt, et, visiblement, rien ne se prépare

 

4 novembre 2012

chapatis & pakoras (et vilains messieurs)

GANGS OF WASSEYPUR (PART ONE)
de Anurag Kashyap

Je ne parlerai que du film, même si la soirée en elle-même (et surtout dans tout ce qui s'était passé avant, et le sens qu'alors elle prenait) eût amplement mérité que je m'y attardasse, mais point du tout. No comment. Rien que Le plaisir d'un demi-film indien, de 2h40 (l'autre moitié devant sortir en France le 26 décembre) dont Hervé nous avait longuement parlé après en avoir vu l'intégralité (5h20 ?) à Cannes, et c'est d'ailleurs un peu lui qui est à l'initiative de cette mémorable (à plus d'un titre) soirée, qu'il en soit donc (au moins) doublement remercié ; pour la soirée, et pour le film.
L'anecdote ? Euh, la rivalité et la guerre entre deux familles mafieuses au fil des âges , les Singh et les Khan, qui perpépétuent la haine et les règlements de compte depuis la nuit des temps, en vendettas furibardes et représailles qui le sont tout autant, chacun un coup, la balle au centre, et on remet ça, sans fin. Le réalisateur est extrêmement doué, puisqu'il nous tricote un genre de sari narratif aussi chatoyant que troué de balles, qui se déroule dans un rythme à couper le souffle, où, même si on ne comprend pas tout (il serait impossible de vouloir décemment tout expliquer et comprendre) on se laisse prendre, porter, rouler dans la farine, dans cette guerre aussi fratricide que sonore (la bande-son, hallucinante, est au diapason, dans cet éloge du "petit" commerce local et combinard (le charbon, les métaux, les poissons) où les reconversions successives ne font que changer le prétexte pour que l'argent change de mains, avant que la mainmise de chacun des clans ne soit à nouveau remise en question et que la guéguerre ne reprenne.
Le réalisateur nous a concocté un savoureux (et épicé) world cinéma où il combine à la perfection les éléments (les clins d'oeil et les références) du cinéma américain parrainesque ("parle plus bas car on pourrait bien nous entendre...") en les accommodant à la sauce locale, hindi, ourdou, que sais-je encore, avec ses épices, ses oeillades, ses chansons, ses codes d'honneur, ses anneaux dans le nez, ses colliers de fleurs et ses couvertures autour de la tête (je me fais lourd, je sais, mais bon je fais couleur locale).
Ces deux heures quarante passent comme une lettre à la poste, au rythme d'une chevauchée fantastique (et fantasque) tonitruante, forte en gueule (les sous-titres de Martine Armand font merveille, à côté de la traduction tristement aseptisée et morne des sous-titres anglais -mais bon, je ne sais pas comment on dit gros dard en hindi... ce qui peut-être parfois utile dans la conversation -), applaudissons là donc des deux mains, d'autant plus qu'elle nous a fait l'immense plaisir d'être là et d'intervenir, avant et après le film, avec la pertinence et le brio qui la caractérisent... (cette dame-là, non seulement est un puits de science pour tout ce qui concerne le cinéma indien, mais elle est, de plus, absolument passionnante à écouter!)
Même si, en bon occidental ignare, vous risquez - comme moi - de passer à coté (ou en dessous, si "ça vous passe au-dessus") de pas mal de détails et d'à-cotés sociétaux, religieux, sociaux, linguistiques, quotidiens, ou même culturels et cinématographiques, acceptez de perdre pied (et vos repères) et de vous laisser embarquer, pieds et poings liés (et bouche et oreilles grandes ouvertes et béantes) dans ce tourbillon multicolore, baroque, bordélique, grandiose, bref, hyper indien, quoi! (ma copine Christine, devrait  regretter, normalement...)

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ps : la suite sort le 26 décembre, nous la passerons Krishna sait quand dans le bôô cinéma (janvier, perhaps ?)

3 novembre 2012

trois images d'aujourd'hui

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tout près de chez moi... ça sent l'automne, hein ? mais bon, ça va...

2 novembre 2012

"ceci est un homme."

CESAR DOIT MOURIR
de Paolo & Vittorio Taviani

Que Zvevzdo soit ici publiquement remercié et couvert de baisers des pieds à la tête : sans lui, je crois que je serais passé complètement à côté de ce film... J'y suis  allé juste sur sa recommandation chaleureuse (coup de bol, le film passait justement à Besac - pour combien de temps encore ? -)
(Le projectionniste à grosses moustaches était en verve, et m'a même montré rapidos comment ça marchait, maintenant, la projection en numérique :  on clique juste sur un clavier d'ordi, sauf que là justement ça n'a pas démarré, et que j'ai donc quitté la cabine, soupçonnant que c'était moi qui provoquais de mauvaises ondes, et, effet, dès que je me suis rassis, ça a démarré, décadré, mais démarré tout de même...)
Et, pratiquement dès le début, ça m'a produit l'effet Rêves dansants : un genre de submersion par l'émotion qui me coupait parfois quasiment le souffle (je suis émotif, bon public, et malléable aussi sans doute, ce qui multipliait sans doute par trois les effets.)
D'autant plus que j'avais quitté les Taviani Fratelli il ya quelques années déjà, un peu tristement, sur une série de films mou-mous raplaplas (je pense surtout à Good morning Babylonia, que j'avais trouvé fort décevant pour les auteurs de La nuit de San Lorenzo, par exemple), et de les retrouver, comme ça, à quatre-vingt ans, avec un film de cette hauteur, de cette qualité, de cette stature, ça m'a fait d'autant plus plaisir.
Jubilation serait le mot, même. Des détenus montent, en prison, une version du Jules Cesar de Shakespeare. On commence et on finit en couleur, avec la représentation proprement dite (avec public enthousiaste et acteurs triomphants), tout le reste du film sera en noir et blanc (et quel noir et blanc sublime!), depuis les tout premiers castings jusqu'aux ultimes répétitions. Le film est entièrement tourné en prison, tous les acteurs sont des prisonniers, mais les réalisateurs ont été encore plus malins en les faisant jouer tout le temps. Toutes les scènes. Celles de répétition et de jeu, certes, mais toutes les autres aussi, les interstitielles, les entre deux, les détails, les temps morts. Tout est très écrit, et il faut parfois un certain temps pour réaliser qu'on n'entend pas du Shakespeare mais du Taviani.
Inutile de dire que les acteurs sont magnifiques et portent véritablement le film. Déjà, du temps de La nuit de san Lorenzo, j'étais troublé, touché, j'adorais, ces physiques solides, terriens, ces visages pas rasés, toute la mâlitude que revendiquaient ces corps rudes, "normaux", et ce même phénomène (j'ai failli écrire phéromone, mais on n'en est pas loin, justement) se reproduit à nouveau, à la perfection. Avec ce petit frisson supplémentaire de savoir que ce sont des taulards, des vrais, avant que d'être des acteurs. Ils ont tous tenu d'ailleurs à garder - à affirmer, à revendiquer - leurs véritables identités, dates de naissance et adresse (c'est ce qu'on leur demande de jouer pendant le casting).
Je ne connaissais pas la pièce (le film dit s'en être "librement inspiré") mais il semble qu'on ne pouvait pas faire meilleur choix. Amitié - virile -, trahison, pouvoir, ambition, complots, révolte, expiation... On est là bien au coeur justement des relations "humaines", sociales,et encore plus prégnantes dans l'univers de la prison, dans leur condition de détenus (question : ont-ils été eux-aussi "scénarisés", ou jouent-ils leur personnage tel que ?).
On a deux films en un : les séquences en couleur qui sont celles de la représentation (où la réalité - à plat - est jouée et retranscrite par la caméra) et toute les autres où, pourrait-on dire, la caméra est jouée par la réalité. A l'espace clos et réduit de la scène du théâtre s'opposent les extérieurs minutieusement cadrés et magistralement exploités des scènes de répétitions. C'est souvent beau à en pleurer (et, n'ayons pas honte, c'est ce que j'ai fait, d'ailleurs, à plusieurs reprises).
Oui, un film d'hommes, d'autant plus fort pour moi que la violence qui y est figurée est celle, uniquement théâtrale (ce qui pour un film dit "de prison" pourrait sembler a priori paradoxal, mais les Taviani ont plutôt fait un film "de théâtre", ou mieux, de "théâtre en prison"). Un film d'hommes, donc, un peu "idyllique" (?) (enfin, tel que, midinet, je les affectionne), un film d'hommes, quoi, oui, d'une belle force, d'une folle (! ciel me serais-je trahi ?) d'une rugueuse, dirons-nous donc - tous les critiques vous le confirmeront, dès qu'il ya du poil et du mal rasé c'est forcément rugueux, mais bon ça me convient -, beauté.
Intense et fulgurant

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Top 10, sans doute...

1 novembre 2012

ligne 80

THE WE AND THE I
de Michel Gondry

Ah quel bonheur, un film de Gondry qui, comme les autres films de Gondry, ne ressemble pas à un (autre) film de Gondry... Moins apprêté que Eternal sunshine... , moins bricolé que Soyez sympa rembobinez, moins pataud que La science des rêves, moins blockbuster que Le frelon vert, mais plus beaucoup de choses : plus simple, plus dense, plus fort, plus énervé, plus... djeunz!
Une virée en bus à travers le Bronx, le dernier jour d'école, (qui peut donc être considéré comme le premier soir des vacances), un bus plein d'ados pluri-ethniques (de toutes les couleurs, quoi), un bus qui se vide progressivement de ses occupants à chaque arrêt (très peu de personnes y montent, la plupart ne feront que descendre) un bus scolaire quasiment (à part une mamie en rose et un monsieur qui tord la bouche) plein d'ados et d'adotes comme on en voit chez nous (sac à dos, portable, vannes mortelles, etc.), chacun chacune avec ses préoccupations d'ado, qui une invitation pour sa fête, qui une invitation au cinéma, qui dessiner ce qu'il a en face de lui, qui mater des vidéos sur le portable, qui chambrer tout ce qui passe, etc. Surtout ceux du fond ("the bullies" - les "petits durs" - (les bourrins ?), qui donnent son nom à la première partie).
La seconde partie s'intule "the chaos". On va rester dans le bus pendant tout le trajet (et tout le film) à l'exception de quelques incursions à l'extérieur, qu'elles soient "en vrai" ou juste à travers la vitre (la plupart du temps des petites animations rigolotes, très speed, très gondryesques). Et la partie qui se joue est comme un genre de mikado, puisqu'on va ôter progressivement les personnages les uns après les autres, au fil des arrêts, jusqu'à ce qu'il n'en reste presque plus (intervient là la dernière partie "the I", trois, puis plus que deux, puis plus du tout (et le bus disparaît et continue sa course dans la nuit, nous laissant ainsi sur le bord, à l'arrêt, un peu orphelins) avec ces deux-là qui, contre toute attente s'étreignent, et ça fait du bien dans la nuit.
Le film ne passait que deux fois dans le bôô cinéma, j'y suis allé les deux. et j'ai aimé autant les deux fois. (Je ne sais pas si c'est une coïncidence, mais je suis en plein dans une série de films que j'aime énormément, mon top10 va-t-il virer au top 50?). Inutile de dire que c'est mon film préféré de Michel Gondry, peut-être parce que le plus "vrai", le plus "simple" en apparence, (mais pas si sûr finalement). Difficile d'être toujours attentif à tout ce qui se passe et se dit, et se sms et se griffonne, et se laisse sous-entendre, pour tout  reconstituer.
Des beaux personnages, toute une palette, attachants, chacun chacune avec sa singularité, sa grande gueule ou son mutisme, ses façons d'être (de se déguiser), ses masques, ses refus qui sont des invitations, ses invitations qui n'en sont pas vraiment. Et l'omniprésence des téléphones portables, par lesquels transite tout un flux d'informations parasitaire et satellite, confirmant et/ou infirmant ce qui se dit ou ce qui se passe.
La contrainte de filmer dans un lieu clos (et donc de rajouter une équipe de tournage dans l'espace exigu du bus, en plus de la vingtaine d'ados) vire à la prouesse technique. Gondry explore (recense) avec brio tous les cadrages et angles de prise de vue et façons de filmer en un flux continu, extrêmement vivant, et donnant le sentiment du spontané (alors que tout ça doit être très écrit.) du juste, et du sincère. Du plaisir , donc, encore une fois. (Du bonheur, que dis-je.)

20200389

euh... top 10 ?

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