le gorille du zoo d'anvers
DES NOUVELLES DE LA PLANETE MARS
de Dominik Moll
Il pourrait s'agir d'un malentendu. Le fait de n'aller voir ce film seulement parce qu'on a entendu à la radio la scène -effectivement très drôle- du "je voudrais que tu m'encules" (je n'invente rien) pourrait prêter à confusion pour le spectateur "moyen". Christine avait eu un fou-rire dans sa voiture en l'entendant à la radio, j'ai eu un fou-rire quand elle me l'a racontée, et je suis donc allé voir l'avant-première à 16h ce dimanche dans le bôô cinéma.
Il y avait en plus pour moi deux autres raisons : Dominik Moll, d'abord, que je suis depuis son premier long-métrage, Intimité, en 1993 (dont je n'ai pas été fichu de retrouver l'affiche sur le ouaibe, je me souviens qu'elle représentait une casserole de lait sur le feu, façon Pellaert, sur le point de bouillir) que j'avais énormément aimé, et que j'ai continué à suivre, malgré, il faut le reconnaître, des engouements divers (Harry un ami qui vous veut du bien, Lemmings, Le moine...), et (la deuxième raison) Vincentchounet Macaigne, bien sûr.
J'ai un problème avec lui, j'en suis bien conscient : comme il m'émeut (surtout quand il a la barbe) -on va dire ça comme ça...-, je serais capable d'aller le voir jouer dans à peu près tout et n'importe quoi (et non non, je ne m'en lasse pas). J'ai du mal à être objectif quand je le vois. Là il joue Jérôme, un collègue de travail (de François Damiens) un peu borderline, qui ne va pas être pour rien dans l'avalanche de catastrophes qui vont s'abattre sur la jusque là paisible vie du personnage qui donne son titre au film.
La structure même est assez proche de celle de Harry..., Macaigne prenant la place de Sergi Lopez et François Damiens celle de Laurent Lucas, tous deux dans des rôles beaucoup plus "aimables" que ceux du film de référence. Jérôme est un Harry plus gentil, moins retors (mais tout aussi insupportable).
Le film est très hétérogène, et c'est ça qui m'enchante. Soit un personnage, donc, (joué par François Damiens, donc, sobrissime, merveilleusement en sous-régime) lambda ou quasiment, divorcé, deux enfants, HLM, qui a un job stable et sans histoire dans l'informatique, un patron paternel, une soeur "artiste", des parents sont décédés. L'apparente stabilité initiale et rassurante de ces paramètres va être soudain et successivement remise en cause, dans un effet boule de neige / cyclone dont l'épicentre serait justement le personnage joué par Vincent Macaigne.
Sur le principe du "toujours plus", le film enchaîne donc les emmerdeurs, emmerdeuses et emmerdements divers pour le pauvre Monsieur Mars. C'est plutôt une bonne pâte, qui va être amené à encaisser de plus en plus, et de plus en plus gros, sans vraiment broncher, stoïquement. Pendant assez longtemps. Et on ne lui épargnera pas grand-chose. L'appartement devient comme une culture microbienne de plus en plus pathogène et virulente. On rit des avanies, et on est ému, aussi, à intervalles réguliers, par des très jolies scènes (j'aime particulièrement les parents, Catherine Samie et Michel Aumont) avant de redémarrer, genre grand-huit de l'inconfortable, vers des choses plus grinçantes.
La dernière partie du film est sans doute plus convenue. Parce qu'alors la narration en devient trop linéaire, trop simple(tte). Attendue. Mais même si ça baisse d'un cran dans le plaisir, on reste toujours attentif, souriant, attendri. On est content de (re)voir Philippe Laudenbach (en papy gâteux giscardophile, magnifique).
Les Cahiaîs ont fait la grise mine, et rien que pour ça, j'ai envie de défendre très fort le film.
PS : Vincent, tu peux venir squatter chez moi, si tu veux....




















