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lieux communs (et autres fadaises)
2 octobre 2024

mouviz

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LES VIEUX
de Claus Drexel

Presque une installation : les témoignant(e)s sont filmés, chez eux, bien centrés, et évoquent ce que c'est pour eux que "vieillir", avec des très beaux plans de coupe en décors naturels qui viennent oxygéner, aérer, les discours... C'est très bien construit, avec la progression dramatique adéquate (on finit bien sûr par parler de la mort, inutile de tourner autour du pot, et la dernière interviewée clôt le film par un définitif "je veux mourir en hurlant!".)

163
ALMAMULA
de Juan Sebastian Torales

Un beau film qui aurait pu figurer dans notre semaine latino mais tout autant dans le Festival Parlons d'Amours à venir, autour d'un adolescent harcelé par ses congénères parce qu'il est gay, et que sa mère a décidé d'envoyer "au vert", près de son père forestier mutique, mais dans la forêt toute proche rôde l'Almamula, un monstre aux yeux rouges qui emporte les adolescents trop préoccupés par le zizi-panpan... Le jeune Nino se cherche, entre un curé un peu relou et un attirant -et mystérieux- saisonnier...

164
HIGHWAY 65
de Maya Dreifuss

Daphna, une fliquette fraîchement mutée de Tel Aviv dans une petite ville de province, interroge un jeune homme qui dit avoir trouvé, la nuit précédente,  un téléphone dans un champ de maïs, téléphone qui est celui d'une jeune femme disparue, fille d'un personnage "haut placé" de la communauté locale, et l'enquête de Daphna à propos du téléphone (et surtout de sa propriétaire) va foutre un joyeux bordel dans ladite communauté locale, au point de finir par se mettre elle-même en danger... Palpitant et très bien construit... (le temps du récit n'est pas toujours celui qu'on croit...)

165
ONLY THE RIVER FLOWS
de Shujun Wei

Un polar asiatique où il pleut tout le temps, avec un flic qui mène l'enquête sur un serial killer, une histoire plutôt embrouillée avec des meurtres successifs, un tueur insaisissable, on est en droit de penser au magnifique MEMORIES OF MURDER... sans que le film n'ait vraiment pas à souffrir de la comparaison, pour ce qui est de la noirceur et du pessimisme (et du soin mis à filmer)... Impressionnant et finalement plein de questions (et à revoir)

169
MA VIE MA GUEULE
de Sophie Fillières

Notre premier "film-surprise" de la saison, avec Agnès Jaoui en alter ego de la regrettée Sophie Fillières (ce sont ses enfants qui ont terminé le montage, après le décès de la réalisatrice.) Un film "brut", pas forcément aimable (au contraire, même), autour d'une femme en crise (on pense au personnage que Jaoui incarnait dans LA VIE DE MA MÈRE) et de ses relations avec ses proches (et plus ou moins proches). Un film un peu en forme de puzzle, en éclats. des hauts et des bas. Une très jolie scène, par exemple, avec ses enfants qui lui font signe depuis le quai tandis qu'elle s'est embarquée seule... Ce film, plus je le vois et plus je l'aime (et Agnès Jaoui aussi...)

170
A SON IMAGE
de Thierry de Peretti

Ça n'était pas forcément le meilleur jour pour le voir, j'étais soucieux parce que j'avais égaré un chèque-cadeau, et j'avoue que je me suis un peu ennuyé devant le portrait de cette jeune fille, photographe, et mariée avec un autonomiste qui alterne les interventions et les séjours en prison... (alors que Dominique, par contre, a trouvé ça très bien...). Le point positif du film : la joliesse du mari barbu de la dame (je sais, je sais, je suis incorrigible...)

171
LE PROCÈS DU CHIEN
de Laetitia Dosch

Il y avait un morceau de la bande-annonce, vue plusieurs fois, qui me faisait vraiment beaucoup rire... et le film, pareil. Avec des hauts et des bas, et même des moments d'émotion, et d'autres où Laetitia Dosch ouvre les vannes à sa folie furieuse (avec quel plaisir on se laisse emporter). Le chien est parfaitement irrésistible (et -je viens de le vérifier- a remporté à juste titre la Palm Dog à Cannes 2024, le contraire aurait été incompréhensible). Et, comme l'a fait remarquer Catherine "C'est un film politique..." (en ce moment j'ai l'impression de voir Mathieu Demy presque partout, ici il joue le juge)

172
BEETLEJUICE
de Tim Burton

Je retombe en enfance, quasiment. (Bon d'accord, "en jeunesse" serait plus juste). J'ai vu le film en salle à sa sortie, en 1989 (j'avais quand même 33 ans!). Je me souvenais surtout de la musique, de la scène du repas sur Day oh, du maquillage un peu moisi de Michael Keaton et de son costume rayé (et mais oh mon dieu cette ado gothique c'est Winona Ryder...), bref une friandise, tout simplement, comme un apéritif avant le second volume, pour se rafraîchir la mémoire (et j'adore toutes les scènes dans la salle d'attente de l'au-delà)

173 & 179
BEETLEJUICE BEETLEJUICE
de Tim Burton

Et dès le lendemain c'était donc reparti : la maison hantée, la maquette, la nouvelle famille, le musique, la salle d'attente de l'au-delà-delà, oh re-Winona Ryder qui joue désormais la mère, re-Michael Keaton idem sous le vieux maquillage dégueu, re-Catherine O'hara, et en nouvelle venue Monica Bellucci, en ex-femme de Beetlejuice (qui bénéficie de la plus belle scène du film, sur Tragedy des Bee Gees), on passe un moment plaisant, tambour battant, même si l'intrigue est un peu bordélique et que, surtout, la fin semble véritablement expédiée...

174
TATAMI
de Guy Nattiv & Zar Amir

Un film iranien en noir et blanc, surgi de nulle part, sur une championne de judo dûment harcelée, empêchée de prétendre à la médaille d'or qu'elle mérite vraiment parce que les barbus à turbans (ou en costume trois pièces) ont décidé qu'elle ne pouvait pas combattre contre une athlète israélienne et devait donc se coucher avant... c'est son entraîneuse, ex athlète olympique, qui va jouer dans un premier temps la courroie de transmission, avant de se révolter à son tour dans une deuxième partie du film qu'on n'osait plus espérer. Étouffant, et, à sa manière, terrifiant (comme chaque fois qu'on parle de l'Iran).

175
CONTE NUPTIAL
de Claire Bonnefoy
(en avant-première)

Une adaptation de La grande entourloupe, de Roald Dahl (la nouvelle parue dans un recueil que j'avais, et qui apparaît d'ailleurs physiquement dans le film. Deux maris, voisins, décident de manigancer un échange d'épouses (un "one shot" hihi ), mais, comme toujours chez Roald Dahl, survient un rebondissement inattendu... On a le plaisir d'y retrouver Raphaël Quenard, très en forme (les trois autres comédien(ne)s sont moins connus. Ça rohmérise pas mal, c'est agréable à suivre, sauf que la fin est décevante (et nous laisse carrément en plan) c'est dommage...

177
PLUS QU'HIER MOINS QUE DEMAIN
de Laurent Achard

Le premier film du réalisateur (décédé) que j'avais découvert à Entrevues (Belfort). Une histoire de famille(s), avec les secrets qui vont avec. La première apparition du jeune Pascal Cervo (qui apparaîtrait ensuite dans les autres films du réalisateur, jusqu'au très impressionnant DERNIÈRE SÉANCE). La France des années 90 la famille, la violence, le racisme, et, au  centre, un enfant (un personnage qu'on retrouvera à plusieurs reprises par la suite chez Achard). Un film aussi âpre que puissant.

178
LE FIL
de Daniel Auteuil

j'aime plutôt bien les films de procès, on suit les débats, le pour et le contre, jusqu'au bout, jusqu'au verdict (l'alternative est simple : soit il est déclaré coupable, soit il est innocent. Tout jeune j'avais été très impressionné par une poupée avec une robe tachée de sang (LE GRAND ALIBI, de HITCHCOCK, que je n'ai jamais revu depuis) et en général , c'est pour ça qu'on attend, à la fin il y a un twist (j'avais adoré celui de FAUTES DE PREUVES (1991), et, bien sûr, celui de MUSIC-BOX (1989). Eh bien ici, record battu : on a le verdict, puis un premier twist, suivi d'un deuxième! Waouh!

180
LES GRAINES DU FIGUIER SAUVAGE
de Mohamed Rasoulof

Un autre film qui nous parle de l'Iran et des difficiles conditions de vie, à travers l'histoire d'une famille dont le père vient d'être promu "enquêteur" (à la prochaine promotion, il sera juge) et donc muni d'une arme de fonction, sauf que le pistolet va disparaître, et provoquer un séisme qui va quasiment désintégrer la famille (le père, la mère, et leurs deux filles), tandis que le réalisateur nous montre, en parallèle, via des écrans de portables, la tentative de soulèvement de la jeunesse iranienne (le mouvement Femme Vie Liberté) et la terrible répression (policière) qui s'ensuit... Terrifiant.

181
WHAT A FANTASTIC MACHINE!
de Axel Danielson & Maximilien Van Aertryck
(en avant-première)

Un documentaire découvert un peu par hasard (clic clic entregent) à propos de l'image (dans tous ses états), qui commence par une camera oscura (le degré zéro de la production de l'image : un trou dans une feuille et la lumière passe...) pour finir avec les réseaux sociaux et leurs milliards de productions iconiques. Image fixe (la photographie), puis image animée, avec un souci didactique (en apparence) mais non dénué de roublardise, voire de perfidie (le film est produit par Ruben Östlund, on peut donc s'attendre à un regard décalé, et on ne sera pas déçu...)

 

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