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lieux communs (et autres fadaises)
13 juillet 2014

zeurocks, toujours...

DSC03890vendredi, arrivée à la plage...

DSC03895vendredi, il a commencé à pleuvoir...

DSC03898Vendredi soir, il pleueueueut...


DSC03901vendredi, tard, il ne pleut plus... vieux reflet dans une flaque

DSC03903samedi, arrivée à la plage...

DSC03936samedi, pendant le concert de Jagwar Ma : gens qui passent...

DSC03938samedi, devant Franz Ferdinand

DSC03944samedi soir, avant Shaka Ponk : ça colle!


DSC03974dimanche, à la plage...

DSC03986dimanche, encore à la plage

DSC04042dimanche, toujours à la plage...

DSC04055dimanche/lundi, à la sortie...

8 juillet 2014

dépoussiérer la poussière

THE HOMESMAN
de Tommy Lee Jones

Il y a des films, comme celui-là, qui vous subjuguent, d'autant plus fort qu'on ne s'y attendait vraiment pas. Oui, une magnifique et grosse claque. (on pourrait même aller jusqu'à la paire, allez). Tommy Lee Jones est un acteur que je connais depuis longtemps, et que j'ai vu se bonifier en vieillissant, au fil des films. Il est magistral, ici, dans ce rôle de vieux bougon briscard qui lui semble aussi confortable qu'une paire de pantoufles, mais j'avoue que, sur le coup, il est incontestablement supplanté par Hilary Swank, que je ne connaissais pas ou presque, et qui est extraordinaire, dans ce rôle de vieille fille de l'Ouest, quasiment Calamity Jane, souhaitant épouser des hommes qu'elle fait fuir. ou qu'elle épouvante...
Le film commence à un point A (un "patelin" où des femmes sont devenues folles, qu'il faut alors convoyer dans un autre patelin, appelons-le B, dans une carriole pourrie) et continue so itinéraire donc jusqu'à ce fameux point B, où il se termine ou presque (on a à peine  l'amorce du voyage-retour). C'est Hilary qui conduit l'attelage, bientôt rejointe par Tommy qu'elle a sauvé d'une mort imminente, et dont elle achète les services accompagnatoires pour la somme de 300 dollars, payable à réception des dames zinzin par l'épouse d'un pasteur (Meryl Streep, à la fin, magnifique, comme d'hab').
Une trajectoire linéaire (d'ici à là, trois folles plus ou moins furieuses dans une prison sur roulettes, une virago et un bandit), magnifiée par l'horizontalité minimaliste des paysages que le convoi traverse (la lumière et les cadrages relèvent du grand art, plans en scope de paysages coupés en deux par une ligne d'horizon avec pas grand-chose d'autre dedans, mais à chaque fois c'est grandiose).
On pense à La dernière caravane, de Kelly Reichardt, mais en moins désespéré, ou à Gold de Christian Petzold mais en moins... goguenard (?) -quoique-, ces revisitations lo-fi de nos westerns d'antan, sans vengeance, sans bon ni brute mais avec beaucoup de truands, sans quelques dollars de plus non plus (le fait d'être dans la dèche semble être une caractéristique commune aux personnages de tous ces films) ont un parfum délicieux de nostalgie, en même temps qu'une belle envie de réalisme (ils en rajoutent avec enthousiasme sur la crasse, les cheveux sales, les vêtements douteux).
Et Tommy Lee Jones est très fort à ce petit jeu (du coup, j'ai envie de voir son premier film, alors que je n'avais pas eu envie de le faire quand il était sorti). Le cadre, je l'ai déjà dit, est magnifique (c'est toujours délicat de reprendre ces critiques au bout, ni vu ni connu, d'une dizaine de jours, je vous précise donc que c'est là que se situe la coupure / la couture) et la magnificence du paysage (et l'intelligence de la façon dont il est "occupé") suffit pour suppléer au refus d'emphase, au rabotage des ressorts scénaristiques habituels à ce genre (le "western"). Je le répète, il s'agit d'un trajet, d'une trajectoire (ou de deux, plus tôt), d'un itinéraire, cinématographiquement cartographié, avec ses "points de vue" et ses "lieux-dits" (ou passages obligés) à intervalle réguliers, mais en mode mineur (traiter l'excès a minima, ça reviendrait donc à faire un truc... "normal" ?). Oui, à part une scène flamboyante et nocturne dans un hôtel (ou le personnage de Tommy Lee Jones fait péter les coutures du costume dans lequel il se retenait depuis le début), on assiste à un splendide exercice de modération (et il n'y a que quelques lettres à rajouter au mot pour le transformer en modernisation... )
Mister Jones, chapeau ! (de cow-boy, bien évidemment !)

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7 juillet 2014

appétit

UNDER THE SKIN
de Jonathan Glazer

Que voilà un film singulier. Oui, le plus singulier, peut-être, depuis... pfffffh!
Je crois que je m'étais mélangé un peu les pinceaux entre les deux bandes-annonces, de celui-ci et de Lucy, de Luc Besson, à venir, pour cause de Scarlett Johansson, d'autre chose dont je ne parlerai pas, et, notamment,  de gros plan de pupille d'oeil...
Ici, dès le noir dans la salle, il faut un assez long moment pour comprendre ce que l'on voit. Au début, vraiment, on ne comprend rien,  c'est tout noir. La bande-son est elle aussi très énigmatique. Absconse mais fascinante. Puis surgissent des points de lumières, des sphères (ou objets célestes ?) sur fond très noir toujours... Je ne sais pas pourquoi, j'ai pensé soudain à 2001. Peut-être l'aspect "trip cosmique"...
Ensuite, on connaît ce qu'on voit, mais on ne comprend toujours pas (un motard, une femme morte). Et nous voilà face à la splendide  Scarlett J., sauf que pour une fois elle est brune. qu'elle se ballade, en Écosse, au volant d'un gros van, et qu'elle propose à des messieurs tout seuls de les déposer là où ils veulent aller. (J'ai pensé à Patricia Arquette dans le Lost highway de David Lynch, je ne sais pas trop pourquoi...)
On commence ensuite à comprendre un peu ce dont il s'agit, puisqu'assez vite elle leur propose d'aller "plus loin" avec elle : et, toujours suivant le même scénario, ils entrent quelque part,  la voilà qui commence à se déshabiller progressivement et à demander au mâle passager de la suivre, ce qu'il fait bien entendu en se déshabillant lui aussi, sauf qu'on est dans le noir, dans un noir très noir, liquide et inquiétant, d'autant plus que le monsieur, finalement désormais kiki à l'air (oui oui, c'est un FAQV, enfin, un peu...) s'y enfonce progressivement, sans avoir l'air de réaliser ce qui lui arrive, fasciné qu'il est par la plastique de mam'zelle Scarlett, qui, elle, se contente de marcher à reculons de fort hypnotisante façon, mais, elle, à la surface du même liquide noir... La musique alors est faite de crissements de cordes, exagérant encore ce climat d'attente et d'inquiétude.
Un homme, puis un autre, puis un autre... Si le modus operandi reste le même, le spectateur se pose des questions sur les motivations, les explications, les implications de ce qu'il voit, et qui pourraît n'être qu'un détail d'une narration plus complexe.
Le film progresse par touches (et le même mot pourrait, de plus, évoquer à la fois la pêche à la ligne et la drague, en discothèque ou ailleurs) successives (les gens qui abordent la demoiselle dans son van sont de vrais gens, qui, au départ ne savaient pas qu'ils étaient filmés) sans qu'on sache, à chaque fois, vraiment ce qui s'est passé, on est toujours dans une narration partielle, où manquent souvent de vastes pans narratifs, sans être complètement sûr qu'elle est rectiligne et chronologique (ni même, simplement, logique).
On est, face à cette femme splendide et vénéneuse, dans le même état de sidération que les victimes consentantes qu'elle prend dans ses filets : oui, parfaitement fascinés, on avance et on se rapproche, insectes immanquablement attirés par ce faisceau de lumière noire, qu'on sait mortifère mais dont on ne peut pas s'échapper.
Fascination est bien le mot, avec une pointe d'inquiétude tout le long du film, puisqu'on ne sait jamais vraiment le fin mot de l'histoire, délicieusement perdus , délicieusement inquiet dans le brouillard narratif de cette histoire, et celui, physique et frisquet de cette Écosse ("parce que c'est nulle part") humide et venteuse.
Un dépaysement absolu, qui fait -peut-être- regretter le retour, en fin du film d'une narration plus calibrée et sans doute trop explicative... Resteront longtemps dans la tête cette ambiance délétère, ce beau visage de femme, ces images magnifiques, envoûtantes, ensorcelantes... Oui, véritablement, un "ailleurs" de cinéma. Pas forcément une destination rêvée pour séjour de vacances, mais la perspective d'y croiser Scarlett J. ne justifierait-elle pas, à elle seule, le déplacement ?

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18 août 2014

alors c'était qui, les numéros que personne n'a trouvés ?

vlcsnap-2014-06-17-17h20m02s249numéro 1 : 40 ans et toujours puceau

bscap0004 (2)numéro 2 : gangs of wasseypur

vlcsnap-2014-05-18-18h29m15s38numéro 3 : a touch of sin

vlcsnap-2014-06-17-17h18m30s84numéro 4 : 40 ans et toujours puceau

vlcsnap-2014-05-18-22h08m16s128numéro 5 : queen of montreuil

vlcsnap-2014-05-18-22h11m02s254numéro 6 : inferno

vlcsnap-2014-05-24-18h37m22s6numéro 7 : 9 mois ferme

vlcsnap-2014-05-24-18h40m06s93numéro 8 : holy motors

vlcsnap-2014-05-29-23h16m27s181numéro 9 : les sentiments

vlcsnap-2014-06-08-12h20m48s64numéro 10 : jacky au royaume des filles

vlcsnap-2014-06-08-13h18m23s80numéro 11 : the grand budapest hotel

vlcsnap-2014-05-29-23h03m05s103numéro 12 : grand central

vlcsnap-2014-06-08-13h22m29s169numéro 13 : the grand budapest hotel

vlcsnap-2014-05-18-18h31m11s140numéro 14 : a touch of sin

bscap0002numéro 15 : martin et léa

bscap0003 (2)numéro 16 : heimat

bscap0001numéro 17 : martin et léa

vlcsnap-2014-06-17-16h34m44s169numéro 18 : django unchained

vlcsnap-2014-06-17-17h17m06s18numéro 19 : engrenages

vlcsnap-2014-05-18-18h13m57s83numéro 20 : les amants passagers

Je remercie félicite les deux personnes qui ont participé (Pépin et Marie)
elles se verront offrir chacun(e) un dvd

24 mai 2014

j'écris ton nom liberté

MAPS TO THE STARS
de David Cronenberg

Je ne sais pas dans quel état j'étais lorsque j'ai vu la bande-annonce du nouveau Cronenberg, en tout cas ça m'a donné envie de venir voir ce que je pensais être une comédie grinçante sur les dessous d'Hollywood... J'y suis donc allé mercredi, dès que j'ai pu, et j'en suis ressorti deux heures plus tard, plutôt tourneboulé (déboussolé) : c'est noir, c'est très noir, c'est très très noir...
Je n'étais pas allé voir les deux précédents films de Cronenberg parce que ni le fond ni la forme ne m'en avaient donné l'envie, mais celui-là, tout de suite, je l'ai voulu, sans en savoir grand-chose d'ailleurs. Je n'avais, en entrant, que deux éléments : Hollywood et Julianne Moore (que j'aime énormément).
Et allons-y donc! après un générique bleuté, lettré, étoilé, saupoudré de quelques bouffées d'électro ambient, nous voilà projetés (!) sur les traces de plusieurs personnages, qu'on va d'abord suivre séparément, avant de s'apercevoir (assez rapidement) qu'il s'agit plus ou moins d'une histoire de famille : une jeune fille (avec des cicatrices de brûlure) qui débarque à Hollywood et a commandé une limousine avec chauffeur, plus le jeune chauffeur qui la conduit et qui est un aspirant-acteur, plus une actrice sur le déclin qui cherche désespérément un rôle, (celui-de sa mère, actrice elle-aussi, morte dans un incendie) dans un film qui va se tourner prochainement, plus un enfant-star insupportable d'arrogance et de cynisme, plus les parents du jeune homme en question (son père est un genre de masseur-gourou, qui "soigne" notamment l'actrice sur le déclin...)...
Voilà pour l'essentiel des protagonistes, auquel David C. a eu la bonne idée d'ajouter, assez vite, des fantômes (celui d'une mère morte brûlée, celui d'une petite fille morte de maladie, celui d'un petit garçon noyé), très propres sur eux (pas d'yeux révulsés, de chairs pourrissantes, de hurlements d'épouvantes)  qui apparaissent régulièrement et viennent  perturber "en vrai" - mais pas trop agressivement - l'existence des "vrais" personnages... 
On le voit, on est bien ici, doublement, triplement, au royaume de l'illusion, (et par conséquent de la tromperie, des faux-semblants, du mensonge). Illusion de la célébrité, illusion de la réussite, illusion de l'amour... Cronenberg tend à ses personnages des miroirs dont les reflets successifs interfèrent, et complexifient encore les perceptions individuelles. Jusqu'à ce qu'elles se brisent. Car chacun des personnages est multiple, complexe, composite. Et l'une de ses facettes est forcément cinématographique
On y parle beaucoup de cinéma, et de beaucoup de manières, depuis la plus triviale (le fric, les contrats, les manigances) jusqu'à à la plus romantique (les références, les blessures, la mémoire, la filiation, le lyrisme). A plusieurs niveaux, il est question de rejouer une scène originelle (l'enfant-star va tourner la suite d'un film / l'actrice veut tourner le remake d'un film plus ancien / des enfants veulent rejouer une situation vécue par leurs parents /) comme en tentant de retrouver une émotion initiale (celle que le réalisateur provoque au spectateur ?)
Le film de Cronenberg est magnifique, magistral, bouleversant, d'autant plus qu'il avance masqué (ou maquillé, fardé, comme chacun de ses protagonistes d'ailleurs). Il est très lisse d'apparence, trompeur, étal, comme la surface d'une piscine peut l'être quand bien même un corps y reposerait au fond. Comme l'image que veulent bien donner d'eux-mêmes les acteurs et autres personnages médiatiques. Le Cronenberg "mutation / sang / tripes" de l'époque glorieuse des débuts a posé sur ses expériences gorisantes juvéniles l'apparence de la respectabilité, le lissage du vernis social, mais, sous l'épiderme tendu, ça palpite encore, ça grouille, ça se bouscule... Cronenberg sait toujours à la perfection alterner (coupler) le brûlant (le brasier) et le liquide (l'eau de la piscine). Et ça laisse un drôle de goût dans la bouche...
Un film qui commencerait sous les auspices de Lynch (Mulholland Drive) et pourrait se terminer dans les bras de, disons... Gus van Sant (Restless). Un film à revoir, à garder, sans aucun doute...

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2 juin 2014

tu sais celui... 2.10

vlcsnap-2014-05-18-18h34m18s254Aucune proposition ??
On l'a pourtant passé dans le bôô cinéma, l'année dernière... Je mets la deuxième photo :

vlcsnap-2014-05-18-18h35m43s56... toujours rien ?

bon, voilà une troisième image, (hihi!)

vlcsnap-2014-06-03-17h47m13s160... c'est belge!
(c'est vrai qu'elles sont un peu... orientées ces photos - et c'est sans doute ce qui me plaît dans le film - mais il y est question d'un sport "viril" et, semblerait-il, d'actualité...)

26 mai 2014

tu sais celui... 2.3

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Bon, Jahovil a trouvé la bonne réponse, mais je ne résiste pas au plaisir de vous mettre la deuxième photo (une scène d'anthologie que j'adore...) :

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... Ah! et petit changement (qui m'a été réclamé par plusieurs personnes) : 7h c'est trop tôt ! Donc les photos seront désormais publiées en fin de journée, à 17h...

30 mars 2014

chienne (semaine latino 2)

WORKERS
de Jose Luis Valle

Encore un film qui vous empoigne dès l'ouverture. Un plan magnifique, clin d'oeil involontaire, sans doute, au Five de Kiarostami,  d'oiseaux sautillant au bord de la mer, la plage ainsi longée en travelling, puis coupée par une haute jetée en ciment, elle aussi surmontée de multiple oiseaux, qu'on longe, puis d'un haute palissade, au travers de laquelle une femme, avec un enfant, observe ou parle quelque chose ou avec quelqu'un, de l'autre côté, qu'on ne voit pas, pour terminer sur un homme, assis seul lui aussi sur la plage... Magnifique!
On va ensuite suivre, alternativement, Rafael, un vieil homme qui a décidé de s'acheter des chaussures parce qu'il compte , dès le lendemain, demander à son employeur (un fabriquant d'ampoules qui commence par PHIL) une retraite visiblement bien méritée, et, ailleurs toute une série d'employés de maison, aux ordres d'une vieille peau richissime et mourante, flanquée d'une chienne efflanquée dénommée Princesa, parmi lesquels une femme, qu'on identifiera assez vite comme la femme de Rafael (ils se sont, apprendra-t-on, séparés après la mort accidentelle de leur fils de 3 ans, 30 ans auparavant...)
La vieille va mourir, léguant sa fortune à sa chienne, puis à ses employés, si par malheur la chienne venait à décéder, de mort naturelle, bien entendu, tandis, qu'en face, Rafael se voit signifier le refus de son départ à la retraite pour cause de papiers manquants (il est immigré clandestin), et se voit forcé de rempiler pour une durée indéterminée. Jusqu'à une double conclusion qui fait sourire jusqu'aux oreilles (pour une fois que les petits gagnent contre les gros! même si, comme me l'a dit Hervé, "on sait bien qu'il s'agit d'un conte!")
C'est filmé de façon magnifique (oui je sais, j'utilise cet adjectif déjà pour la troisième fois, mais c'est mérité), en plans-séquences que d'aucun trouveront lents, d'autres fastidieux, et d'autres, enfin (dont je)... magnifiques! (un plan fixe, ainsi, d'un bout de rue de Tijuana, avec la tombée progressive de la nuit et tous les micro-événements qui peuvent s'y dérouler m'a ainsi tout spécialement fait jubiler).
Culotté et couillu! (et amphore d'or au Festival de Groland de Toulouse, comme l'avait été l'année précédente Le grand'tour, je ne peux donc qu'applaudir...)

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31 mars 2014

carpes (semaine latino 3)

L'ETE DES POISSONS-VOLANTS
de Marcela Said

Décidément, cette 3ème Semaine du Cinéma Latino s'annonce de haute volée... Ce soir, je viens de voir ce film chilien, qui, lui aussi, s'ouvre sur des plans superbes (je ne peux pas réutiliser tout de suite "magnifique"!)  d'eau puis de brume, pour nous narrer l'histoire d'une adolescente, Mane, et d'un certain été (relativement pluvieux, d'ailleurs) (tiens, comme dans Tanta Agua mais pas du tout du tout de la même façon)
Troisième film sur quatre, aussi, à évoquer/dénoncer les rapports de domination (riches / pauvres, oppresseurs / opprimés). Les opprimés sont ici les descendants des indiens Mapuches, dépossédés par les riches propriétaires fonciers du sud chilien, qui les tolèrents -tout juste- sur les terres qui apparetnaient pourtant à leurs ancêtres.
La jeune fille se révolte contre son père, qui lui, n'a qu'une idée en tête : éradiquer les carpes qui prolifèrent dans ses étangs. Il y a aussi le jeune Pedro, qui est employé par le père, qui fait partie des Mapuches, qui va se rapprocher de la demoiselle, et va jouer un rôle important dans la suite de l'histoire.
Le film joue de l'antagonisme très fort entre cette nature sublime (eau, brume, joncs, forêts) et sublimement filmée et le comportement détestable -et, malheureusement habituel- des arrogants - et terre-à-terre- propriétaires. Pierre après pierre (ou écaille après écaille) la tension monte, inexorablement, et la fascination gagne, de ce qui nous est montré, ou pas, sans qu'on l'on ne comprenne tout, ou pas.
Magnifique, quoi!

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1 avril 2014

piscine (semaine latino 4)

TANTA AGUA
de Ana Guevara Pose & Leticia Jorge Romero

Un film très très en avant-première, puisqu'il ne sortira qu'à la rentrée (oui, oui, nous commençons à avoir de l'entregent nous aussi!) un film uruguayen, et c'est un plaisir supplémentaire. Les films uruguayens (ou ce que nous en connaissons ici : Whisky, 25 watts, La vida util) ont un rapport très particulier à la narration, un rythme spécifique (que personnellement j'adore), et un ton aussi, ("pince-sans-rire" pourrait en être une bonne approximation...). Et un film fait à quatre mains, qui plus est celles de deux femmes! Courons-y donc!
Il est ici question d'un père (divorcé, déduit-on assez vite) qui emmène en vacances ses deux enfants (un fiston plus jeune et une adolescente maussade) dans un genre de résidence (motel?) où il pleut quasiment tout le temps, d'où pas de piscine, pas ou peu de visites, et il faut bien alors s'occuper comme on peut :on fait des jeux de société (bof), le cadet fait du vélo avec un congénère de son âge, la demoiselle s'amourache d'un jeune homme, le père draguouille une blonde pulpeuse... Vacance, plutôt que vacances, où chacun s'inoccupe comme il peut...
Un film a minima, sur un rythme paisible, mais incontestablement attachant. On les aime, ce papa barbu et un peu trop grassouillet, cet adote qui fait la tronche et se rabat sur son celular, ce gamin qui a envie de jouer et c'est bien de son âge... Un regard à la fois clinique et pourtant presqu'attendri (J'adore la façon dont il ne se passe rien ou presque, mais dont ces presque riens sont traités, avec soin, avec précision, affectueusement.)

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1 avril 2014

plésiosaure

REAL
de Kyoshi Kurosawa

C'était pile ou face, question de timing : il y avait deux films que j'avais envie de voir, et j'avais décidé de voir celui des deux qui passait en premier : le Resnais ou le Kurosawa ? Et ce fut donc le Kurosawa. Nous n'étions que deux dans la salle, pour ce beau film fantastique asiatique avec des amoureux, des fantômes, des enfants morts, de très esthétiques pièces inondées, et même des animaux préhistoriques! Deux, comme les personnages principaux de cette histoire : ce jeune homme et cette jeune femme, qui se jurent, dans la séance d'ouverture, de s'aimer toujours...
Seulement, "un an plus tard" (ce que précise l'intertitre suivant) la jeune femme est dans le coma, après avoir tenté de se suicider, et le jeune homme va la voir régulièrement à l'hôpital, dans l'espoir de la voir prochainement se réveiller, et,pour ce faire, peut pénétrer dans son cerveau pour dialoguer avec elle, à l'aide d'une machine que les médecins ont fabriquée.
On va et vient donc, entre la réalité "réelle" et celle du monde à l'intérieur de la tête de la dame, sauf qu'on est chez Kurosawa et que ça serait trop facile, et que ce trop simple en apparence cache autre chose... il ya des fantômes, bien évidemment, des personnages qui se dissolvent, une créature monstrueuse relativement convaincante, des souvenirs à retrouver, une culpabilité à évacuer... et l'amouououour bien entendu, qui triomphe de tout...
Bref un joli film, tendrement fantastique...

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28 mars 2014

fauteuil anglais

LE SENS DE L'HUMOUR
de Marilyne Canto

Un film joli, simplement. Ou, tout autant, simple, joliment. Un film à 3 personnages : Elise, la femme, jeune veuve, Léo, son fils, et Paul, le nouveau copain. Trois personnages pas forcément si simples en apparence, servis par trois acteurs remarquables : Marilyne Canto est Elise, Antoine Chappey est son amoureux (il l'est aussi dans la vraie vie) et, si tous les deux sont bouleversants de justesse, ils sont éclipsés par le jeune Samson Dajczman, parfaitement bluffant pour un non-professionnel (et un premier rôle au cinéma).
Faire son deuil, la réalisatrice en avait déjà parlé dans un très beau court-métrage, en noir et blanc, Fais de beaux rêves, sur cette situation autobiographique pour elle. Avec Maud Ameline, sa co-scénariste, elles ont tricoté une belle chronique de vie, à base de quotidien, de "routine", de gestes affectueux, de choses dites (pas toujours aimables) et non-dites (pas forcément désagréables) où les trois personnages mettent en place la partition de la petite pmusique que sera vraismeblablement bientôt leur vie commune...
Et, dans le bôô cinéma, on était encore plus contents de pouvoir accueillir la réalisatrice, Marilyne Canto, et la co-scénariste, Maud Ameline, pour échanger , justement, sur le beau film qu'on venait de voir, et la façon dont ces choses-là se font (écriture, mise en scène, tournage).
Conversation que les veinards (dont je ne faisais hélas pas partie, pour cause de travaillage le lendemain) ont pu continuer chez Claude W., autour d'un, paraît-il, fameux osso-bucco et de moult et moult desserts, nous confirmant, a posteriori, combien ce petit bout de femme (Marilyne C.) était absolument délicieux...

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8 mars 2014

lobby boy

THE GRAND BUDAPEST HOTEL
de Wes Anderson

Je sortais donc de Week-ends, que j'avais plutôt beaucoup aimé, et je suis donc entré dans la salle, un peu inquiet : ce film-là allait-il tenir les promesses, à la fois générées par le bonheur éprouvé au précédent Moonrise kingdom, et l'unanimité des échos de ceux/celles qui l'avaient déjà vu ?
Et hop! ça a démarré, et hop! j'ai retrouvé instantanément cette sensation d'extrême plaisir, qui ne m'a absolument plus quitté jusqu'à la toute fin du film!
Je place Wes Anderson plutôt très haut dans ma cinéphilie personnelle, mais je dois dire que c'est venu très progressivement, marche par marche, au fur et à mesure que je voyais -et revoyais- ses films (qui, au tout début, ne m'avaient pas plus intéressé que ça...) les uns après les autres, et que j'y trouvais de plus en plus mon compte, peut-être encore davantage, d'ailleurs, dans la façon de filmer que dans l'histoire ou les personnages.
Il est indéniable qu'il y a désormais une "patte" Anderson, un univers personnel, dans cette façon de voir -et de montrer- millimétrée, mais si joyeusement foldingue -frivole ? - en apparence, dans ces agencements de couleurs, ces mouvements d'appareil géométriques, ces cadrages à tomber, ces dialogues hyper trop bien écrits, ces références à la bande-dessinée, cet humour, cette utilisation gourmande de la musique, cette richesse, cette générosité... Ce Grand Budapest Hôtel, je l'ai savouré in extenso, d'un bout à l'autre sans défaillir (j'allais écrire "sans débander", c'est vous dire si j'étais joyeux!).
Il s'agit d'un film -et d'une histoire- "multi-couches", on part de notre époque, pour à travers le récit d'un des protagonistes, remonter en arrière, puis, dans ce nouveau  récit, faire encore un saut dans le temps, jusqu'aux années trente et quelques. Il est question d'un hôtel bien sûr, de son propriétaire, de son concierge ("Monsieur Gustave") et de son grouillot (son "lobby-boy", Zero), de différents clients (clientes, plutôt, en majorité, des vieilles richissimes avec qui le sieur Gustave noue les plus tendres liens) jusqu'à ce qu'une de ces vieilles excentriques, justement, décède, et que l'ouverture de son testament coincide avec celle des hostilités.
Un meurtre, un tableau volé, un cuisinier français disparu, un policier entêté, un tueur buté et impitoyable, vont ainsi se courser et joyeusement court-circuiter, dans une farandole à la fois très graphique, délicieusement drôle, et au sous-texte moins léger, puisqu'il ne s'agit rien moins que du début de la nouvelle guerre. (On est légèrement surpris d'apprendre, au début du générique de fin, que le film doit beaucoup à Stefan Zweig, que le réalisateur remercie publiquement.)
On peut, en plus des péripéties diverses et cocasses qui s'enchaînent à un rythme riens moins que soutenu, s'amuser à reconnaître, sous leurs déguisements divers, les différents acteurs (et la liste est fort longue, qui défile au générique de fin!) qu'on identifie plus ou moins d'ailleurs (heureusement qu'on sait qu'il s'agit de Tilda Swinton, par exemple).
Le rythme est alerte, la musique aussi, qui fait merveilleusement corps avec l'action (Alexandre Desplats a encore une fois fait un excellent job)
Un grand grand bonheur de cinéma, voilà. un film gourmand, qui appelle, avec un sourire en coin, à en reprendre un petit morceau... (tss,en ce moment,  je ne vois que des excellents films!)

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20 février 2014

mouton(s)

LE DEMANTELEMENT
de Sébastien Pilote

Dès le titre, tout est dit, et on sait quasiment ce qui va se jouer, inéluctablement.
Un père, éleveur de moutons, seul à la tête d'une ferme visiblement prospère mais qui semble lui prendre tout son temps. Un père de deux filles qui, il le dira et le répètera, sont "toute sa vie". Vie que donc, on le sait assez vite, il est prêt à sacrifier pour elles. Deux filles qui ont grandi et sont parties, et ne se manifestent que rarement, de loin en loin (elles sont à Montréal, à la ville, tandis que  lui est resté dans sa cambrousse, contrairemement à ses frères.) Quand la première vient le voir pour passer le week-end avec lui, mais surtout pour lui dire qu'elle a besoin d'argent, il va décider de tout liquider et de mettre sa ferme en vente, pour lui donner l'argent qu'elle lui demande.
Le film est le récit de cette désagrégation, du passage du statut de paysan, d'éleveur, à celui de quasiment plus rien, juste un papy dans un genre de mouroir. En deux parties, chacune portant le prénom d'une des deux filles (d'abord la "gentille" qui vient demander du fric et enclencher le processus, puis celle qu'on croit moins "gentille" mais qui finalement s'avèrera l'être beaucoup plus que sa soeur, en tout cas plus sincère et désintéressée.)
Un beau portrait d'homme qui s'effrite, rythmée par deux scènes fortes de ventes aux enchères (la première, celle d'un voisin à laquelle notre héros rend visite, et la seconde, bien plus cruelle, étant celle où cette fois ce sont toutes ses affaires, toute sa vie à lui, qui sont vendues sans états d'âme).
Un film simple et fort, juste et violent. Et pour une fois, heureusement, délesté de ce didactisme un peu lourd, (de cette volonté de vous dire "écoutez bien, je vais bien vous expliquer") qui plombe hélas souvent les films canadiens.
Et gabriel Arcand y est magnifique.

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15 février 2014

salopure et chevalins

JACKY AU ROYAUME DES FILLES
de Riad Sattouf

J'en sors, j'étais tout seul dans la salle (bon, visiblement, il n'y avait pas grand monde non plus dans les autres, mais quand même...), et j'en sors avec la mine réjouie et le coeur léger. Oui oui, je reconnais, j'ai un gros faible pour Riad Sattouf (que je connais surtout par Pascal Brutal, Ma circoncision, et Les beaux gosses, et que rien que ça déjà ça serait déjà très bien), et ce n'est pas ce film qui me fera changer d'avis.
Rien que le pitch me faisait saliver : un royaume imaginaire où les femmes portent le treillis et exercent le pouvoir, et où les hommes portent la burqa. En ces temps de théorie du gen(d)re et autres bondieuse-connasseries, ça fait du bien. Riad Sattouf l'avait déjà esquissé dans un précédent Pascal Brutal (oh, mon Pascal chéri...) et met donc en place un univers (utopie ? uchronie ? ou les deux ?) cohérent, avec son langage, ses codes, ses rites, et, bien sûr ses icônes (Anémone en Pinochet -géniale- et Charlotte Gainsbourg en Générale, étonnamment et paradoxalement enfantine -on la croirait presque revenue au temps de L'Effrontée ou de La petite voleuse, gracieuse, fracile, fragile...)
Les femmes gouvernent, et les hommes trottinent, dociles, restent à la maison pour faire le ménage et la cuisine, et quand ils s'aventurent dehors se font siffler, draguer, vanner... Pas étonnant que le film fasse faire la moue à pas mal de critiques de la gent masculine (ça doit carrément émousser leur vanité de mâle de base de se voir soudain ainsi traités).
Sur ce postulat de base, Sattouf a brodé (avec du joli fil doré) une intrigue qui se revendique (la campagne de pub allait exactement dans ce sens) comme une relecture "inversée" de Cendrillon (c'est Vincent Lacoste, toujours aussi bien, qui joue l'héroin), où tous les accessoires : marâtre, frangines, bonne fée, sont passés à la moulinette (au moulinet ?) du changement de sexe (au nom du principe du gen(d)re, hihihi ?), et, si le résultat est incontestablement plaisant, à l'oeil et au cerveau, on lui (au réalisateur) en voudrait presque, finalement, de ne pas en avoir fait "plus" : plus long, plus méchant, plus fouillé, etc. Encore, Riad! Plus profond! Fais-nous mal!
Constat : c'est drôle, vachard, acide, et surtout ça nous renvoie (à) des choses auxquelles on n'a pas forcément envie de penser, surtout en ce qui concerne la partie mâle  des spectateurs, qui ne s'iacceptent pas ainsi "féminisés", voilés, "diminués", (par un très juste retour de bâton, non ?). Historiquement, dictature va de pair avec domination masculine (tiens c'est drôle, tous ces mots sont féminins) et quand on sait en plus que les décors (le village, le palais) sont réels  (et pas fabriqués juste pour le film, qui a été tournée en Géorgie), ça en remet une couche dans l'intensité des grincements de dents. Et puis les scènes de foule dans le palais sont superbes , même si les méchants des Cahiaîs les trouvent "incroyablement statiques" : comment voulez-vous faire bouger tous ces mecs en voilerie  blanche, serrés les uns contre les autres -hmmm- ?. C'est beau, un homme en voilerie (même si Sattouf précise que "ce ne sont pas des burqas...")

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21 janvier 2014

champagne

MON ÂME PAR TOI GUERIE
de François Dupeyron

Grégory Gadebois est juste à tomber.
Grégory Gadebois est éblouissant. (le qualificatif s'est imposé pendant le film, tellement le réalisateur -ou le chef-op'- usent et abusent, justement,  de coquetteries éblouissantes, qui font un peu mal aux yeux, filmage face au soleil ou autre source de lumière avec effets de diffraction et autres rayons lumineux).
Autour de notre héros (un motard un peu taciturne mais à l'air plutôt gentil qui vit dans un mobile home et aime siffler des 1664 avec ses potes pas fins-fins) gravite un petit univers de "laissés-pour-compte", d'autres gens qui vivent dans d'autres caravanes, "un peu en marge du système" comme on pourrait écrire entre guillemets, avec pas forcément beaucoup d'argent, mais un semblant de liberté et/ou d'indépendance.
Et voilà que notre motard se retrouve doté des pouvoirs de guérisseur que sa mère -qui vient de mourir- lui a transmis, et que ça lui perturbe un peu la vie, qu'il avait jusque là relativement plate et simple, morne et facile. S'en servir ou pas , guérir les autres ou pas ? Les évènements ne vont, finalement pas trop lui donner le choix, d'autant plus qu'il va rencontrer, juste avant une crise d'épilepsie, une jeune dipsomane (j'ai appris ce mot il y a un certains temps chez Eric Holder, et c'est beaucoup plus joli qu'alcoolique, non ?) qui  soigne son spleen aux coupettes dans les bars.
Histoire d'amour en devenir où nos deux cabossés de la vie tentent de se rapprocher sans trop se déchirer de leurs piquants respectifs.
Et une partition sur le fil pour un Grégory Gadebois, je le répète, admirable.

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18 janvier 2014

sex, drugs and jolies robes

YSL
De Jalil Lespert

La bande-annonce m'avait donné envie, la première fois. A la 753 ème, moins, il faut l'avouer. Les circonstances (place à 4,50€) ont fait que j'y suis allé samedi soir à 20h30, juste après avoir revu Les rencontres d'après minuit. Le film est comme je le craignais : une reconstitution lisse et soignée, aussi spontanée et chaleureuse qu'un défilé de mode. Les performances de Pierre Niney (dans le rôle-titre) et de Guillaume Gallienne (dans celui du "Bâton de Bergé" comme le titre malicieusement Libé) sont impressionnantes (Niney, surtout). On feuillette, avec un certain intérêt, cette quasi-hagiographie sur papier joliment glacé, mondaine comme Paris-Match -plusieurs fois cité, d'ailleurs-, mais sans jamais être véritablement ému ni touché (tandis que la dame et le monsieur de derrière, eux, comme s'ils étaient installés dans leur salon, ne se privaient pas d'assaisonner de leurs commentaires chaque scène de défilé). Dans cette histoire, c'est incontestablement Bergé qui a (à qui on a donné) le beau rôle (c'est sans doute d'ailleurs pour ça que c'est cette version qui est "autorisée"), et c'en devient quasiment pénible.
Histoire d'amour ? mouais... Bien proprette, alors, hein. (On ira voir la version de Bonello, la "non autorisée", pour se faire une idée...) Une histoire de voix, en ce qui me concerne : d'un côté Pierre Niney, qui est troublant de mimétisme avec la voix affectée qu'il prête à son personnage -je ne sais d'ailleurs pas si j'ai déjà entendu la "vraie" voix d'YSL-, et, en face, Guillaume Gallienne, qui lui, se serait -heureusement- désaffecté de cette agaçante voix dont il usait dans Les garçons et Guillaume, à table!

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3 janvier 2014

tout l'univers

NYMPHOMANIAC VOLUME 1
de Lars Von Trier

Mais qu'est-ce que c'est donc ?
... D'autant plus qu'on n'est pas certain de voir vraiment ce pour quoi on est venu -a priori- au cinéma : le film de Lars Von trier qui porte ce nom, puisqu'un carton vous précise, au début de la séance, qu'il s'agit de la version écourtée et censurée dudit film, pour laquelle le réalisateur a donné son accord mais n'a pas pris une part active (je n'ai plus les mots exacts...).
Disons qu'on voit un film qui a été tourné par Lars Von trier,  puis, éventuellement, charcuté par son (ses) distributeur(s), remonté ?, après tout on ne sait pas trop. Qu'on n'en connaissait que la bande-annonce et les bribes diffusées divulguées sur le ouaibe, que ça avait sacrément donné envie de le voir (mais, attention, tout de suite, dès la première séance du premier jour d'exploitation - puisqu'on l'a en sortie nationale dans le bôô cinéma - pour pouvoir l'aborder avec un esprit vierge (!) et candide) et qu'on s'y est donc rendu (c'est drôle, je crois que c'est la première fois que je vais au cinéma un jour de l'an !). On était six dans la salle (pour cause de gueule de bois généralisée, ou d'indifférence tout aussi généralisée ?) pour la première séance. Ambiance...
Une demoiselle un peu cabossée (Charlotte Gainsbourg) est ramassée dans une ruelle et recueillie par un monsieur (Stellan Skarsgård). Une fois mise au lit, bordée, elle va raconter au monsieur l'histoire de sa vie, non sans qu'il lui ait au préalable servi un thé au lait. Elle va tout raconter, depuis le début, se définissant comme un être mauvais, une nymphomaniac, comme le dit le titre, et tentant d'expliquer pourquoi. A son discours répond à intervalles réguliers celui du Monsieur, qui, en plus de lui chercher toutes les excuses du monde et de lui expliquer pourquoi tout cela est plutôt normal, "humain", en tout cas, va mettre en places plusieurs digressions très intéressantes sur la pêche au lancer, la suite de Fibonacci, la musique de Bach, etc., en contrepoint du récit des ébats successifs de la demoiselle (comme elle raconte d'abord sa jeunesse, le personnage de Joe -Charlotte Gainsbourg- est joué par une autre demoiselle, Stacy Martin, qui a des airs de je ne sais pas exactement qui, mais j'ai le sentiment de connaître son visage...). Le récit est partagé en chapitres, chacun muni d'un titre, plus ou moins énigmatique ou érudit, et on s'y lance au début avec un peu d'appréhension, comme on sauterait dans une piscine qu'on craindrait froide, mais après, bien évidemment, on crie aux autres, restés prudemment sur le bord "Venez, elle est super-bonne!".
Lars von Trier nous refait donc son numéro habituel qui peut laisser perplexe, entre provoc' et baroque, entre grandiose et riquiqui, entre complaisance et radicalisme, entre mesquinerie et générosité, entre humour et dérision... Et j'avoue que ces presque deux heures (1h50) m'ont semblé passer à toute vitesse (et du coup, on a très envie d'être au 29 janvier, pour venir voir NYMPHOMANIAC 2, dont on a, pour nous appâter, tout un tas d'images en apéritif, sur le générique de fin, tout en se disant qu'il faudra encore attendre, plus tard, la version définitive, de plus de 5h, celle souhaitée par LVT, pour se faire une idée définitive sur la chose.).
Et pourquoi ce titre me direz-vous  (ou me diras-tu, ce qui doit être à peu près le nombre de lecteur(s) parvenu(s) jusque là) ? Simplement parce que m'est revenu, pendant la projection, le nom de cette publication hebdomadaire, à vocation encyclopédique, qui, quand j'étais enfant,  abordait - avec des images peintes à la main et en couleurs -il n'y avait encore pas de photographies, ou plutôt ça devait coûter trop cher pour les reproduire - des sujets les plus divers, un par page -simple ou double je ne me souviens plus - que je dévorais (il devait y en avoir à l'école primaire) et qui a sans doute était mon premier canal d'apprentissage, ma première façon, livresque, d'appréhender le monde, l'histoire, la géo, les sciences et techniques, tout, tout, il y avait tout dans Tout l'univers... sauf le sexe, bien évidemment (là, il a fallu que je me débrouille par d'autres moyens, mais c'était 'achement plus difficile!).
le film de Larsounet, c'est un peu ça finalement, puisqu'on a encore plus (d'un côté,-Charlotte- tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans jamais oser le demander, et de l'autre - Stellan-  "Le saviez-vous ?" comme dans je ne sais plus quel journal, chronique de choses belles, curieuses, pas forcément indispensables, mais toujours intéressantes, et utiles pour briller en société..., avec même des chiffres, des lettres et des petits dessins qui viennent s'inscrire sur l'écran, à la Greenaway).
Et le sexe ? Je dois avouer que, en apprenant que la version qui allait nous être présentée n'était interdite "qu'aux moins de 12 ans", je fus d'abord un peu désappointé, mais, finalement, tel que, le film n'est pas complètement décevant, puisqu'il est à QV, et même, furtivement, à QVEM ou (EA). c'est que ça me suffirait presque, finalement... (il y a même des scènes qui m'ont mis mal à l'aise, je dois le reconnaître, au début, avec les fillettes, par exemple). D'autant plus qu'il se chuchote, et ce de plus en plus fort, que, contrairement à ce qu'affirme ou sous-entend le marketing viral sur le ouaibe, les scènes de pénétrations (censurées) si elles ne sont effectivement pas simulées, n'auraient pas été en réalité tournées par les acteurs, mais par des doublures... Finalement, je crois que je préfère voir la vraie zigounette (au repos) de Shia Labeouf qu'une autre, bandée, mais anonyme et qui ne lui appartient pas. non mais.
Je "suis" LVT depuis le début (Element of crime), j'ai presque tout vu, avec des hauts et des bas (d'un film à l'autre, mais aussi parfois, dans le même film, cf Melancholia dont le début et la fin sont sublimes, alors que la partie centrale, tout le mariage, ne m'intéresse quasiment pas et même m'exaspère.) Et si j'ai eu envie de voir ce film, (enfin, celui de Lars Von Trier, qui n'est peut-être pas vraiment celui-là même) c'est peut-être pour des raisons (celles qui font qu'au fond de tout mâle ou presque se terre un porc...) qui n'ont pas tout à voir avec la pure cinématographie. Et j'ai été doublement ravi, puisque, (pour faire court) en plus des organes génitaux mâles que j'espérais, voilà-t-y pas qu'il y en a eu, justement, de la cinématographie! Et pas qu'un peu!
Alors me voilà comblé, en sortant de la salle, les cheveux un peu tout droits sur la tête à cause du violemment hard-rock qui accompagne le générique (qui doit être le même, -le hard-rock-, que celui qui déboule sans crier gare au début du film, enfin, pas tout au début, puisqu'on y entre progressivement (dans le film), par un espèce de sas de décompression (le noir, le silence, le bruit des gouttes...), tandis qu'on en est presque comme expulsé (normal, c'est la fin de la première moitié, et on vous invite à revenir pour la deuxième).
Voilà, peut-être que, le 1 er janvier, les vapeurs d'alccol ou les fins de digestion font qu'on a tendance à être plus indulgent, je ne  sais pas, mais en tout cas, j'attends la suite, le 29 janvier...

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22 décembre 2013

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Les "hasards de la programmation..."

mercredi 18 : Please, continue (Hamlet) à l'Espace Planoise (Besançon), ou le procès de Hamlet, "comme pour de vrai". Sur scène, trois acteurs (Hamlet, Ophélie, Gertrude) et des "vrais" personnages du barreau bisontin (avocats et juge), et aussi des spectateurs (on pouvait s'asseoir sur scène ou dans la salle, on est monté sur scène, au premier rang, on était du coup excellemment placés, juste derrière la table où se tenaient Hamlet et son avocat...) Auditions, questions, plaidoieries, comme dans un vrai procès, à l'issue duquel 8 spectateurs furent tirés au sort pour constituer le jury qui allait juger Hamlet. Trois heures passionnantes. Hamlet a été acquitté.

jeudi 19 : To be or not to be, de Lubitsch, séance-patrimoine dans le bôô cinéma, où l'on retrouve... Hamlet, dans son fameux monologue, et le courroux que provoque chez l'acteur qui le joue un spectateur qui se lève, toujours le même et à ce moment précis (il ne sait pas encore que ledit spectateur est un jeune aviateur fringuant qui profite de ce moment pour aller rendre visite à sa femme (celle de l'acteur), dans sa loge. Un bonheur de mécanisme d'horlogerie et de comique grinçant.

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(Hamlet au théâtre)

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(... et Hamlet au cinéma!)

29 décembre 2013

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Tadam!!! Ze best of :
(tiens, par oldre alphabétique, pour une fois...)

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(Où il serait peut-être question, plus que de qualités intrinsèquement cinématographiques -quoique-, de retentissement, qu'il soit plastique, esthétique, affectif, musical, ou tout ça mêlé, de l'intensité -et de la durabilité- de l'effet produit, bref de la hauteur atteinte -marquée- sur l'échelle jubilatoire de Chorichter. Chacun des titres ci-dessus y est, à sa façon, placé très haut, et qu'ils en soient donc tous - à plus d'un titre, hihihi!- ainsi remerciés.
Oui, oui, il serait question de bonheur, et donc, de gratitude. Merci les films!)

PS : je savais bien que j'avais bien fait de laisser vacante la seizième place de ce top-ciné de l'année, puisque le dernier vu, A TOUCH OF SIN , de Jia Zhang-ke, y fait une entrée fracassante!
PS2 : Oups! Mais j'avais oublié DANS LA BRUME ! c'est donc d'un top17 qu'il s'agit, finalement...

22 décembre 2013

zzzzzzzz

Enfin, les vacances !
Les vacances de Noël (les dernières vacances de Noêl, serais-je tenté d'ajouter). Je n'aime vraiment pas beaucoup cette période de l'année, et me suis déjà dans le passé largement étendu sur le sujet. Famille, cadeaux, gling gling gling, foie gras et paix sur la terre aux gommes de bonne volonté et j'en passe...
Mais celles-là, tout de même, je les apprécie tout particulièrement. Parce qu'il s'agit d'une coupure, d'un arrêt, d'une interruption, d'une suspension, d'une mise en veille, etc. et ça c'est mieux que tout!
Pour fêter l'événement, j'ai dormi cette nuit sept (7!) heures d'affilée, sans, justement, d'interruption, je me suis levé, puis recouché, et j'ai re-dormi illico quatre (oui, 4!) heures supplémenatires, ce qui ne m'était pas arrivé depuis, ouououououh!
Donc on mettre ça sur le planning : se reposer, dormir, faire la sieste, ne rien faire, souffler un peu, etc.

(et faire des choses qui font plaisir : listes diverses rétrospectives de 2013, voeux pour 2014, films en retard au MK2 Beaubourg, Noël à Champlitte à Paris, Gibert, dormir dans le train, etc.)

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23 janvier 2018

autruches

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L'USINE DE RIEN
de Pedro Pinho

Diable, serais-je en train de tourner casaque, de retourner ma veste hispanique ? Après les trois films lusophones dans mon top 19 de l'année dernière, voici un nouveau film plus que séduisant qui nous arrive du même pays (on s'est mis à 5 pour lui souhaiter la bienvenue, dans la salle 3 du bôô cinéma... mais bon tant pis pour les autres on était là pour se faire plaisir, et ça a marché...). Encore un film long, dense, intense, sociétal, pluriel et personnel à la fois...

Comme une feignasse, tiens, je recopie la rubrique synopsis et détails de allocinoche (parce que ahem j'ai un peu somnolé au tout début) : "Une nuit, des travailleurs surprennent la  direction en train de vider leur usine de ses machines. Ils comprennent qu'elle est en cours de démantèlement et qu'ils vont bientôt être licenciés. Pour empêcher la délocalisation de la production, ils décident d'occuper les lieux. À leur grande surprise, la direction se volatilise laissant au collectif toute la place pour imaginer de nouvelles façons de travailler dans un système où la crise est devenue le modèle de gouvernement dominant."
j'ai toujours été un peu circonspect  a priori à l'égard de ces films d'usine, "militants", ouvriers, de ces belles utopies prolétariennes (au départ, en vrac, Camarades de Marin Karmitz -eh oui qui se souvient qu'il a été à ses débuts un cinéaste militant, "engagé", hein ?-, puis le groupe Medvedkine, plus tard sont venus les touchants Les Lip, l'imagination au pouvoir, de Christian Rouaud, Reprise d'Hervé Le Roux, ou plus récemment Comme des lions de Françoise Davisse) où les camarades ouvriers saisissent la main tendue par leurs camarades cinéastes et font une ronde joyeuse dans un monde idéal aussi beau que la poésie Si tous les gars du monde...), car les bons sentiments -légitimes- et les saines révoltes anti-capitalistes  ne font pas forcément les films forts et/ou réussis...

et voilà que j'apprends, encore sur allocinoche, que le film est un "faux documentaire" mais une vrai fiction, puisque 'je recopie encore comme une feignasse) "En fait la fiction à rejoint la réalité ! En cherchant le lieu du tournage, ils ont découvert l'usine OTIS Portugal qui a été en autogestion pendant 40 ans et qui a accepté que soit tourné le film dans leur usine. Une des forces de ce film est d'avoir un seul acteur professionnel José Smith Vargas (qui joue le rôle principal) et un réalisateur qui joue son propre rôle puisqu'il a fait des documentaires (notamment sur une usine en autogestion en Argentine) Danièle Incalcaterra. Il fait un peu le lien dans le film et en fait on a un film dans le film. Tous les autres acteurs ont été recrutés parmi des ouvriers !!!" (extrait d'une critique enthousiaste de spectateur qui donna ****).

Donc je récapitule : des vrais ouvriers jouent le rôle d'ouvriers en auto-gestion dans une usine qui fut une vraie usine où des ouvriers se mirent (passé simple, mais le présent ma fois pourrait convenir) en auto-gestion. Ils sont filmés par un réalisateur de documentaires qui veut faire un film sur eux. Ca a l'air compliqué comme ça, mais pas du tout. Ça se regarde comme une chronique, tranquille, linéaire et sinueuse à la fois, avec toutes les prises de paroles nécessaires dans ce genre de situation, les discussions, les votes à main levée, les engueulades, les révoltes, les réconciliations qu'implique  le Tous ensemble! (j'aime finalement beaucoup cette image d'ouvriers main dans la main...). Toutes les paroles, mais aussi toutes images, toutes les situations, toutes les propositions... (ah la scène de comédie musicale... maintenant dans un film il suffit que ça chante et que ça danse pour que j'aie les larmes aux yeux. Demy avait-il tout compris ?)

Et je suis embêté (un peu) parce que de ce film que j'ai vu somme toute il y a peu de temps (la semaine dernière, au moment où j'écris) ne me reste quasiment plus rien (si, une scène de comédie musicale, de film dans le film) et le sentiment de l'avoir beaucoup beaucoup aimé. A revoir, donc ?

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et j'aime beaucoup l'affiche

ps : en allant au cinéma, j'ai revu la bande-annonce de l'usine de rien, et pas mal de choses me sont revenues -plop!- : le personnage principal (le seul acteur professionnel si j'ai bien compris) a des rouflaquettes, il était important que ce soit dit, et surtout, surtout, est instantanément remonté à la surface l'énorme plaisir que j'ai pris à voir ce film.
Et le dvd, je l'achèterai.

22 janvier 2018

parachute

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BRILLANTISSIME
de Michèle Laroque

Mouais (en marmonnant, comme la marionnette d'Alain de Greef aux Guignols il y a longtemps)... envie de me changer les idées... ticket à 4,90 à utiliser rapidement... avant-première... capital sympathie M. Laroque (quelqu'un qui a le nom de mon village d'enfance ne peut pas être tout à fait mauvais) ... salle bien remplie... gens qui discutent (et continueront pendant le film)... et ça commence... et on sent dès le début que ça chtrochtrogne (comme dirait Muriel Robin)... une femme qui saute en parachute (la réalisatrice joue aussi le rôle principal et c'est elle qui saute) et commente en voix off, et la voix off continue à nous raconter l'histoire... grand flash-back pour expliquer comment elle en est arrivée là (comme le mec mort dans la piscine qui raconte l'histoire dans Sunset Boulevard), comme ça on peut se repérer et on saura, quand on sera revenu à cet scène, que la boucle est bouclée et le film est fini (bingo)!)... oui e ça démarre mou-mou et c'est moyennement drôle (au début, j'ai souri poliment)... une femme à qui tout un tas de tracas arrivent la veille de Noël... sa fille (sa vraie fille dans la vie), son mari (Pascal Elbé), sa meilleure copine (Rossy de Palma, étonnante en blonde), sa mère (Françoise Fabian, qui reprend le rôle de Marthe Villalonga -qu'on aperçoit d'ailleurs aussi dans le film- dans On ira tous au paradis d'Yves Robert) et son psy (Kad Merad, comme il est en haut du générique, avec Mimi, on sait que c'est dans ses bras qu'elle va finir), plus un marchand des quatre saisons (Gérard Darmon, plutôt pas mal)... et voilà ça se déroule... cahin-caha, boulevardi-boulevarda, ramolli-ramolla... (il m'a été rapportait qu'elle adaptait un de ses succès théâtraux, était-ce vraiment une bonne idée ?)... re-mouais... cette dame s'aime, visiblement, elle aime qu'on sache qu'elle s'aime, et qu'elle aime se filmer aussi... j'ai trouvé ça très auto-complaisant... mais bon dans la salle les gens avaient l'air de rire (du coup ça faisait du bien ils s'arrêtaient de discuter en eux)... je mentirais en disant que je ne l'ai pas fait (rire)... il y a quelques gags qui m'ont fait rire (Pierre Palmade dans la barque)... mais sinon que tout ça est convenu et raplapla et tiédasse... pour un moment réussi par ci par là que d'eau tiède et de mélasse (et même de scènes parfois quasiment... embarassantes : aïe le concert avec sa fille... aïe la scène du sex-shop...)... on est content qu'elle saute en parachute...

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17 janvier 2018

"malheureusement..."

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PROBLEMSKI HOTEL
de Manu Riche

Comme on ne pouvait pas organiser de Semaine belge faute d'un nombre suffisant de films, j'avais proposé qu'on en programme au moins un, histoire de ne pas perdre les bonnes habitudes. Celui-là me semblait intéressant (et providentiel). Quand j'ai vu qu'il était adapté d'un bouquin -du même nom- de Dimitri Verhulst (cestuy-là même qui avait écrit La merditude des choses, le livre - je me suis d'abord procuré le bouquin en question, en projetant de l'offrir comme cadeau à Noël, mais j'ai commencé à le lire et ça m'a tellement plu que je n'ai plus voulu le lâcher et que j'ai du coup acheté autre chose mais c'est une autre histoire...-) ça m'a donné encore plus envie, et j'ai insisté, même si je sentais qu'Hervé n'était, allez savoir pourquoi, pas très chaud sur le coup.
J'ai obtenu gain de cause, et le film est donc programmé cette semaine dans le bôô cinéma (pour 6 séances, contre 5 à Seule la terre, allez savoir pourquoi...). J'avoue que j'étais curieux de voir comment le réalisateur allait s'en sortir pour adapter le bouquin, tâche qui me paraissait plutôt ardue, étant donné la forme même du livre (150 pages écrites pas très petit) composé d'une vingtaine de chapitres,  en général assez brefs, où le narrateur, un certain Bipul, retrace son expérience de la vie dans un centre d'accueil pour réfugiés, en Belgique. Qui dit centre d'accueil dit multiplicité des gens, des origines, des langues, des comportements, et simplement ce foisonnement-là me semblait difficile à retranscrire.
Le bouquin n'est pas facile (c'est un euphémisme) mais il est tout à fait conforme à (et respectueux de) la vie des tous ces gens, confinés dans un même espace, dans l'attente d'un hypothétique papier leur permettant de continuer à espérer, alors que la majorité d'entre eux seront finalement raccompagnés à l'aéroport et renvoyés chez eux manu militari (avioni militari, plutôt). Comme dans 12 jours, tout juste vu, on a affaire des gens, de simples gens, confrontés à l'Institution (aux Lois, Règlements, Articles et Alinéas divers), et c'est comme se smiley qui se tape inlassablement la tête contre le mur : c'est sans espoir, et ça fait mal, mais ça ne s'arrête jamais...
C'est peut-être bien d'avoir lu le livre avant de voir le film (je dis peut-être) car cela permet au spectateur d'en savoir un peu plus sur les personnages que ce que le film en dit (Igor, par exemple, le compagnon de chambre de Bipul, au très réussi look de Christ modiglianesque, en devient beaucoup moins inquiétant...). car le film, dans sa structure même reste fidèle à l'esprit du roman (des chroniques) : installant Bipul au centre de la narration, des histoires, en partant et y revenant à chaque fois.
J'avoue que le film m'a bouleversé (et j'ai un peu de mal à comprendre les réticences d'Hervé), avec sa construction dramatique imparable, et cette improbable scène finale qui me semblait paradoxalement faire un clin d'oeil à la chorégraphie dans le désert de En attendant les hirondelles, et c'est comme si la boucle était bouclée...

 

2209628

                                                         

16 janvier 2018

sans nivéa ni vaseline

003
ENQUÊTE AU PARADIS
de Merzak Allouache

D'abord, à nouveau merci au distributeur Zootrope, qui nous a permis de visionner le film avant sa sortie (il sort mercredi 17 janvier). Enquête au paradis , kézako ? "Rendez-vous au paradis, attention c'est un piège..." chantait Alain Chamfort. Ici rien à voir a priori sauf que piège peut-être justement, oui. C'est une journaliste algérienne, Nedjma, qui enquête sur ce fameux paradis, et part dans le pays pour interroger ses compatriotes pour savoir comment ils se le représentent...
Deux heures dix, dans un noir et blanc magnifique (et ce choix n'est certainement pas dû au hasard) pour essayer, en apparence, de répondre à une question, (mais en réalité à beaucoup plus que ça) et, coïncidence, juste après En attendant les hirondelles, à quelques jours d'intervalle, un nouvel état des lieux de l'Algérie contemporaine (et des années qui ont précédé), sous une forme différente mais complémentaire. Et tout aussi captivant.
Le titre du post, je ne l'ai pas inventé, ces mots sont prononcés par un imam (vociférant dans un prêche quasiment haineux) qui décrit, par le détail, les 72 houris (qui attendent les valeureux combattants quand ils arriveront à ce fameux paradis), et combien leurs cheveux sont noirs, leurs yeux bleus, et leur peau si naturellement douce... Notre journaliste va jouer les Candide en promenant son ordinateur sur lequel est enregistrée la fameuse vidéo, et en la présentant aux gens qu'elle rencontre en leur demandant de la commenter, sans oublier de leur demander ensuite la réponse à la fameuse question "Et pour vous c'est quoi le paradis ?" (Tiens tiens... Qui se rappelle que Diane Keaton avait fait la même chose, en 1987, dans un film intitulé, justement, Heaven ?).
Le film est rangé dans la catégorie documentaire, mais on se rend compte progressivement que c'est en réalité "presque" un documentaire, ce que le générique nous confirmera (on apprend que, si les personnages interviewés (en majorité des intellectuel(le)s et des artistes, mais également toute une foule d'anonymes, de gens dans la rue, de vous et de moi) sont "vrais", jouent leur propre rôle, les autres par contre (la journaliste, sa mère, son collègue) sont joués par des acteurs, rajoutant juste à la réalité du documentaire le léger -et quasi imperceptible, on pourrait dire arachnéen- voile de la fiction.)
Le réalisateur a ainsi scénarisé ce qui est "hors documentaire", et  explique, dans une interview, , -je suis allé moi aussi fouiner sur le ouaibe pour en savoir plus- que cela lui permettait de rajouter à l'enquête de Nedjma quelques éléments précis qui lui tenaient à coeur (notamment la scène où sa mère lit un livre qu'on est surpris de trouver là et dont je ne veux même pas mentionner le titre...).
Mère, fille (fictionnées donc) mais aussi adolescentes, grand-mères, amies, passantes, voisines, le film non seulement s'intéresse de près à la condition féminine en Algérie (situation a priori pas très enviable), au statut des femmes et au peu de place que lui laisse le fonctionnement machiste, la religion, les imams, mais bien aussi les maris les pères les frères, à l'invisibilité à laquelle on les condamne, mais il tente de donner aussi la parole à toutes ces femmes (dont beaucoup, d'ailleurs refuseront de s'exprimer, de se donner la permission de répondre à Nedjma)...
Un sacré beau travail (une fois de plus, l'Algérie semble très à l'honneur ces derniers temps) dont la rigueur n'empêche pas un certain humour, bienvenu, notamment dans cette scène finale (genre de mise en abîme, où la journaliste se demande comment elle va bien pourvoir terminer son ouvrage...)
De la belle ouvrage, oui oui...

0201677

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