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lieux communs (et autres fadaises)
25 septembre 2010

tamarin et miel

Uncle_Boonmee

ONCLE BOONMEE
d'Apichatpong Weerasethakul

Je n'ai pas pu m'en empêcher, et je suis retourné le voir, à l'avant-première de mardi soir. Je voulais ne pas en perdre une miette. A la sortie de la projection de presse, j'avais entendu un critique dire "c'est encore mieux la deuxième fois...". Je confirme. De savoir à l'avance là ou Apitchounet va nous entraîner, d'essayer de deviner les "coutures", de savourer l'ambiance sonore amniotiquement apaisante, de tenter de sérier les choses (là c'est en vrai, là c'est un souvenir, là c'est une vie antérieure, là c'est une légende, là c'est je ne sais pas...) pas d'essayer de comprendre à toute force ni d'intellectualiser, non, juste se laisser porter,  prendre place, accepter le jeu...
Dériver
(Il y avait, à côté de moi, une dame, qui, visiblement ne partageait pas mon enthousiasme et dont l'agitation croissante m'a presque un peu gâché mon plaisir (à la fin, elle était occupée à ôter, en les grattouillant, les bouloches de son pull, qu'elle jetait ensuite négligemment devant elle. j'ai failli lui dire "Mais sortez donc!" lorsqu'elle s'est enfin décidée à le faire, cette cruchasse ( juste deux minutes avant la fin du film.)

Je n'en perdais donc, effectivement, néanmoins pas une miette, les conditions de projection étaient top (le Plazza Victor Hugo à Besançon, pour ne pas le nommer) et je savourais les moments successifs (le buffle, les fantômes, les tamariniers, la dialyse, la grotte, le moine, le karaoké), en réalisant que ces personnages de grands singes noirs aux yeux rouges, qui avaient pu, à la première vision, me sembler presque un poil too much, étaient devenus un des éléments les plus importants pour moi dans cette histoire, (et sans doute l'unique "point commun" à plusieurs parties).
C'est vrai que le film est lent, et que certaines séquences, filmées par d'autres, eussent sans doute perdu leur charisme. Justement, on est là, on prend son temps on se laisse aller...

"Paisible" le mot est dit, et fut répété par plusieurs spectateurs et critiques, d'ailleurs.
Je pus donc vérifier que, contrairement à ce que je pensais, je n'avais -pratiquement- rien perdu du tout, (car c'est un film qui porte à la rêverie, et auquel il est quasiment impossible d'être attentif complètement, tout le temps...) et que, contrairement aussi à ce que je croyais, il n'y avait aucune "couture" entre la plupart des scènes qui sont juste, comme on dit (j'espère que je ne me plante pas) "montées cut".
Et que, si l'élément de surprise ne jouait plus (même si j'ai raté l'apparition du fantôme de l'épouse), la fascination , elle, jouait toujours à plein. J'avais le coeur qui battait, j'étais souvent béat, avec un léger sourire un peu bête me retroussant les commissures.J'étais bien. J'aime la jungle chez Apitchounet.
Comme si j'étais, (oui je sais, c'est stupide) amoureux de ce film, en quelque sorte, et sans parvenir du tout à l'expliciter ou le rationaliser. Les raisons de, je veux dire.

J'ai fini par y revenir, une troisième fois (hier), car il était programmé -par nos soins- dans le bôô cinéma. Et, oui, comme un fiancé, j'étais impatient que les lumières s'éteignent, que l'horrible musique de la salle s'arrête, que le buffle fasse son apparition... Et, dès que ça s'est produit, j'étais à nouveau dans le même état : bien. Même si les conditions de projection m'ont semblé, cette fois, être les moins bonnes des trois fois. Pas à la hauteur. Pourtant l'écran est gigantesque, mais, peut-être à cause de, le film m'est apparu, (certaines séquences tout du moins), pas net, voire quasiment flou (les scènes d'intérieur surtout, ce qui est tout de même un peu dommage). Et je pense que la barre noire en dessous de l'écran n'était pas indispensable (d'ailleurs était-il normal que les têtes tout en haut soient plusieurs fois carrément coupées ?), et même la bande-son m'a semblé beaucoup moins enveloppante (j'avais pourtant pris soin de nous installer (j'étais avec Emma) au centre de la salle... Pour profiter au maximum.
Pourtant je ne me suis même pas levé pour aller ronchonner, tant pis me suis-je dit en me faisant une raison (et surtout, je  crois que je n'avais pas envie de me heurter aux sarcasmes du projectionniste, aussi irascible que caractériel, qui m'auraient sans doute gâché mon plaisir doux et sorti manu militari de cet état bienheureux...)
Et bien, figurez-vous que, même à la troisième vison, c'est kif-kif. Autant de plaisir, et même redécouvrir de nouveaux bonheurs supplémentaires (ou qu'on avait oubliés) : L'eau à la fin de la scène de la princesse, les gens sous les moustiquaires, les quelques mots de français sous les tamariniers, la lune dans le feuillage) ajoutés à ceux que je connaissais déjà et que j'attendais donc : la scène d'ouverture, l'arrivée des fantômes (j'ai été très attentif à l'apparition de l'épouse, même si je n'arrive plus à me souvenir exactement quand /comment disparaît le fils.

Et mes copains aux yeux rouges, dont j'apprécie la pose et peut-être, surtout le silence. Singes attentifs, empathiques quasiment.

Oh que tout ça est bienfaisant.

Jusqu'à la scène de l'enterrement (c''est joli toutes ces guirlandes) le film suit une trajectoire plutôt rectiligne, relativement (je devrais mettre des ") facile à suivre (hormis les zigzags narratifs penseront certains du buffle et de la princesse) jusqu'à cette intrigante scène finale (les personnages dans la chambre, regardant la télévision) et son étrange, aussi soudaine qu'inexplicable, duplication. Comme si, semblait nous dire le réalisateur, oui oui on peut tout à fait être ici et là en même temps, ou, mieux encore, en train de faire quelque chose et de se regarder en train de le faire.
Et une chansonnette guillerette  pour terminer (une de celles du dentiste-chanteur de Syndromes and a century, celui justement qui était amoureux du moinillon ?)
Pour arriver tout à la fin du générique et y découvrir, comme a dit Nicolas, "que, même là, il y a des fantômes..."
C'est peut-être ça finalement qui me plait tant dans ce film, cette façon complètement dédramatisée d'évoquer, justement, les fantômes. (comme à la fin de Madame Muir, non ?)
Peace and love, quoi (et éternité, surement aussi...)
Accepter la mort avec sérénité, même si on a des regrets. Et que la vie continue pour les autres...

(et, dans le noir, une créature silencieuse aux yeux rouges qui vous contemple...)

20 septembre 2010

je n'ai d'yeux que pour toi

DES HOMMES ET DES DIEUX
de Xavier Beauvois

Il est vraiment très fort, Xavier Beauvois... J'allais voir son film  dans un état d'esprit un peu méfiant : louages unanimes, bondieuseries, etc. Ma copine Dominique m'avait dit "tu verras, il y a une très belle scène..." Je l'ai donc cherchée. Puis trouvée, assez rapidement. Et c'est alors que, la suivante... "Non, ça doit être celle-là" me suis-je dit... puis la suivante : "non, non, plutôt celle-là..." Et ainsi de suite. Jusqu'au bout.
J'avançais dans le film de Xavier Beauvois  comme dans un escalier du beau, du touchant, ou plutôt comme  on traverserait une suite de pièces (il n'y a pas, de  notion d'augmentation, pas de hiérarchie -un peu comme chez les moines, chacun a une (sa) place à tenir-, on reste ici sur un niveau constant). C'est vraiment très fort. En dépeignant le quotidien de ce groupe d'hommes, entre le mystique et le prosaïque, la foi et le labeur, le religieux et le politique, le dehors et le dedans, Xavier Beauvois met en place une chronique infiniment juste, simple et touchante. Oui, ce ne sont que des hommes, avant tout, avec leurs doutes,  leurs faiblesses. Et c'est bien cette condition humaine qui fait toute la force du film. quand elle est comme prise en étau entre, d'un côté, l'ascèse et la spiritualité, et de l'autre, et les contingences terrestres (la colonisation, la violence, la guerre...).
UN film hybride, entre l'icône et le tract ronéotypé.
Ce monde a priori clos qui s'entr'ouvre sur l'extérieur (les soins médicaux, la participation à la vie du village) va devoir se positionner , prendre parti, face à la politique, l'absurdité des conflits, l'aveuglement des parties en présence. et faire des choix. Partir ou rester. Mais pourquoi (et pour quoi) ?
Des hommes qui chantent, des hommes qui travaillent, des hommes qui écoutent de la musique sur un radio-cassette en buvant du vin rouge, des hommes qui jardinent, des hommes qui regardent passer les hélicoptères, des hommes qui marchent dans la neige...
Des hommes qui parlent aussi. Les scènes de discussions et d'échanges entre les moines, où chacun est amené à exprimer ses opinions, ses choix, sont très fortes, et toutes celles avec ce zigoto sourcilleusement débordant de Michael Lonsdale sont parfaites, qu'il parle d'amour avec une jouvencelle ou qu'il coupe court à une discussion par un "laissez passer l'homme libre..."
Il y a dans chacune des scènes, tour à tour, quelque chose d'émouvant, de poignant, que ce soit dans la douceur (Lambert Wilson s'occupant de Lonsdale endormi avec la sollicitude d'une mère, le plat de frites, le dernier repas), la violence (l'irruption des rebelles le soir de Noël) ou les deux à la fois (les hommes qui chantent et l'hélicoptère).
C'est -paradoxalement ?- encore un film doux (Apitchounet, quand tu nous tiens...), qui parle aussi d'hommes, de foi, de choix et de mort... (même si pas du tout dans le même registre), et incontestablement efficace (il suffisait d'écouter le silence -religieux...- dans la salle, quand les lumières se sont rallumées à la fin du générique) sans effets, sans artifices (le seul petit bémol que j'y mettrais serait peut-être l'interprétation un peu excessivement habitée de Lambert Wilson : bien sûr c'est lui le moine-en-chef, l'intello, celui qui étudie les textes sacrés (qu'ils soient catholiques ou musulmans), mais le personnage frôle souvent la pose messianique, tandis que les autres, justement sont avant tout des hommes...), avec un travail sur la lumière absolument superbe.
Un beau moment de cinéma.
Simplement, justement....

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30 août 2010

twink peas

KABOOM
de Greg Araki

Le lendemain (les projections de presse se suivent et ne se ressemblent pas, hi hi hi) d'Oncle Boonmee... (le jour même, je n'avais rien envie de voir d'autre.)
Radicalement à l'opposé. Araki, c'est du cinéma que j'aime beaucoup aussi, mais, à des kilomètres de, la contemplativité thaÏe: ici, c'est du flashy, du gentiment trash, du un  peu provo', de l'aimablement déjanté, du plus que gay friendly, J'ai vu les précédents, et à part la parenthèse plus sombre de Mysterious skin, son univers bariolé est assez aisément reconnaissable (et, en ce qui me concerne,plus que recommandable.) Smiley face, Doom generation, Nowhere...  Djeunz, fun, sex (et rock'n'roll aussi), avec un chouïa d'extraterrestres, des substances hallucinogènes et (ce qui va de pair) un soupçon de flip et de paranoïa.
Bref, avec, en plus des vagues échos enthousiastes cannois,  la tête mimi et pas rasée de l'acteur principal sur le carton, j'y allais gaiement avec un certain plaisir (pervers) anticipé.

Y a pas à tortiller, le film tient ses promesses.
Comme c'est un film de djeunz, ça se passe sur un campus, ou plutôt une idée, un fantôme de campus, toujours quasiment vide, à part les personnages qui nous intéressent (ceux donc qui gravitent autour de Smith, le narrateur. Sa copine, plutôt gouine (lui-même couchotte à droite à gauche et ne se prononce pas encore sur sa gayitude ou pas (enfin, il couche avec des demoiselles mais fantasme dur dur  sur son voisin de chambre, un archétype de surfer aussi décoloré que bas de plafond (mais bon, bandant).
Il est question de sexualité, (on est bien chez Araki) sous toutes ses formes (mec, mec/mec, nana/nana, mec/nana, mec/nana/mec,et ainsi de suite.), dans une intrigue qui va progressivement se complexifier, sinuer, changer de style, jusqu'à un final jusqu'auboutiste (et joyeusement ultime), tout ça à partir de l'ingestion par notre jeune et mimi héros d'un cake psychotropement fourré, suivi de l'apparition d'une mystérieuse demoiselle rousse, et d'encore plus inquiétants hommes à masques d'animaux. (comme sur la photo, dans l'hôtel, à la fin de Shining...)
Les dialogues sont une merveille de percutance et de tac-au-tac, c'est très drôle et vachard, au fil de l'histoire qui prend des allures à la fois de montagnes russes et de train fantôme, comme si les scénaristes avaient aux aussi succombé aux délices du space-cake de notre héros.
C'est filmé au rasoir (les couleurs on en a déjà parlé, on ne serait  pas si loin d'un Dario Argento époque Inferno (sans les grands méchants couteaux, toutefois, mais le chromatisme y est), Araki a le don pour décaler ses plans (et pas seulemnt en modifiant l'angle de ses prises de vue) : ainsi toute nourriture avalée par nos djeunz (et ils en bouffent!)  est filmée comme pourrait l'être quasiment un brouet extra-terrestre, et le plus innocent des plats de coquillettes devient ainsi une quasi-menace potentielle, on s'attendrait presque à le voir se mettre à se tortiller. Dans le même ordre d'idée, les lieux non plus ne sont jamais innocents, et chaque fois qu'on voit quelqu'un assis dans une pièce, on sait que fatalement va apparaître derrière lui/elle une ombre menaçante, et en général contondante.
Le réalisateur, dans le document de presse, confie l'envie qu'il avait de construire un univers à la David Lynch, et a donc mis le paquet en construisant une histoire où la réalité de l'univers du début, lisse, rassurante, va progressivement se lézarder pour laisser apparaître, à travers les fissures qui s'agrandissent, un univers beaucoup plus sombre, angoissant. Une fille disparaït ? des sorciers ? une société secrète ? une menace planétaire ? Yes, mais toujours avec une  distance ironique, un sourire amusé, un genre de clin d'oeil complice genre je ne suis pas dupe et vous non plus hein ?
Teenage movie baroque, thriller paranoïaque rigolard, chronique existencielle ripolinée, exercice de style clinquant, Kaboom est un peu tout ça...
Et en plus, ce qui ne gâche rien, le film est emballé avec une musique enthousiasmante (j'aimerais bien pouvoir fouiller dans la discothèque du réalisateur, il y en a une sacrée liste qui défile au générique, je n'ai pas eu le temps de noter quoi que ce soit, mais je peux juste dire qu'il y a vraiment plein plein de morceaux qui font whizz et pschitt, un pop/rock entre effervescence et attendrissement, tout à fait à l'image du film...

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28 août 2010

zyeux rouges

ONCLE BOONMEE
CELUI QUI SE SOUVIENT DE SES VIES ANTERIEURES
de Apichatpong Weerasethakul

Vu en proj' de presse (j'me la pète, yes) une semaine avant sa sortie (j'aurais pu beaucoup plus tôt, si je n'avais pas déménagé, si j'avais acheté un billet à la bonne date, etc...)
Alors ?
Alors, j'ai adoré.
(Mais comme dit Hervé, j'étais préparé, je ne suis sans doute pas objectif...)
Encore une fois, la fascination (y aurait-il un mot plus juste ?) face à ce cinéma-là. Encore une fois  ce sentiment d'immersion. Encore une fois me demander pourquoi cette impression d'avoir avec lui une si profonde connivence, une si intime connexion...

Ca commence au petit matin, un buffle en pleine nature, un peu de vapeur, et tout autour, déjà, les bruits de la nature au petit-matin, justement (la bande-son est, comme d'habitude, à la fois extrêmement simple et extrêmement travaillée. Présente, enveloppante.)  C'est le début d'une journée, d'une autre journée pour Oncle Boonmee.
Oncle Boonmee est malade (les gens dans les films d'Apichatpongounet sont souvent malades), il est avec sa deuxième épouse et un jeune homme qui fait office d'aide-soignant. Très vite, lors d'un repas vont apparaître successivement le fantôme de sa première épouse et celui de son fils disparu, (et réincarné sous la forme d'un singe noir aux yeux rouges. ) Rien  d'effrayant ni de dramatique là-dedans.  Comme un fait établi, oui, que les fantômes reviennent, comme ça, de temps, pour dire coucou. Les fantômes ne sont pas attachés aux lieux, mais aux personnes. Oncle Boonmee sent bien que ces visites sont pour lui comme un signal, qu'il va bientôt à son tour quitter cette vie-ci, et qu'il doit s'y préparer...
Des gens, des lieux (la jungle, une cascade, une grotte...), des animaux (buffle, singe aux yeux rouges, poisson), des souvenirs et des histoires, filmés non pas sur le mode narratif mais plutôt pictural, sensoriel, affectif, allusif, émotif...

Le film s'écoule et goutte-à-goutte comme une perfusion bienfaisante. La paix qui envahit, comme une guérison.

Les heureux qui ont pu voir l'installation " Primitive" reconnaîtront sans doute, au détour d'une scène, une série de photos d'adolescents qui leur rappelleront sans doute quelque chose... de même que les attentifs auront le plaisir de voir réapparaître, en quelque sorte, dans la dernière partie du film, le moinillon qui avait mystérieusement disparu (qu'on avait perdu) en plein milieu de Syndromes and a century (de merveilleuse mémoire)
Voilà, je ne voudrais pas trop en dire, mais je n'ai qu'une envie, c'est d'y retourner, et le plus vite possible.
Top 10, sans l'ombre d'une hésitation.

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22 août 2010

balles de golf

WHITE NIGHT WEDDING
de Baltazar Kormakur

Pépin me l'avait recommandé, et je me suis donc dépêché d'y aller : dès la première (et unique) semaine, le film ne passe qu'une fois par jour!
Un film islandais donc, et vraiment  très ... islandais (je ne pourrais pas dire mieux. D'après Tchekhov (ce qui ne peut que donner encore plus envie), une histoire de mariage va-t-il-se-faire-ou-pas, un peu dans la lignée de Mariage à l'islandaise, vu il y a déjà quelques temps. Sauf qu'on est ici sur une petite île coupée du reste (la grande île) et qu'on y a trouvé l'église du premier coup (contrairement à l'autre film) puisque le pasteur même est déjà sur place et y dort (enfin, va essayer d'y dormir!)
Car comme l'indique le titre, il s'agit -en gros- d'une nuit blanche, celle qui précède, justement, le mariage en question. Comme chacun sait -enfin, chaque spectateur des films islandais-, les natifs, comme on dit, ne sucent pas de la  glace, et doublement : en tant qu'insulaires et en tant que nordiques (ça fait deux raisons majeures). On ne faillit donc pas à la tradition et on s'avoine copieusement. Un "enterrement de vie de garçon" qui laissera les protagonistes avec une sévère gueule de bois le matin de la cérémonie.
Bon, autant le dire franchement, j'aurais du mal à être précis dans les détails du début, puisque j'ai -hélas- un peu piqué du nez, mais, précisons-le tout net, ce n'était pas la faute du film . J'étais fatigué, donc, et j'en ai manqué un peu.
Le marié (un joli barbu taciturne) doit épouser une femme plus jeune que lui, fille de commerçants locaux (sa mère est une mégère qui ne cesse de réclamer au futur marié le règlement des dettes qu'il lui doit, son mari est un brave bougre qui ira même jusqu'à proposer au marié de lui donner l'argent nécessaire au règlement de ladite dette envers sa femme...) Mais, surtout, le marié a connu, avant, une autre femme, qui souffrait de certains troubles et s'est suicidée sous ses yeux... Le film procède par flashes-back, et zigzague entre l'avant et le maintenant. Comme je n'arrêtais pas de fermer et de rouvrir les yeux (je luttais, tout de même) il y a des moments où j'étais un peu largué et ne comprenais pas tout...
Je ne comprends pas trop pourquoi la quasi-unanimité des critiques a fait la fine bouche. Kormakur, après101 Reykjavik et Jar City. Le film respecte le cahier des charges du "film islandais" : singularité, vague à l'âme, alcoolémie, humour à froid, personnages un poil décalés, et nous fait passer un moment agréable, style omelette norvégienne froid dehors et chaud dedans.
De toute façon, à quoi ça sert que j'essaie de vous convaincre, puisque le film ne passe plus depuis belle lurette, hein.. (comme dirait Anton T., "au moins, il reste l'espoir...".)

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(tu avais raison, Pépin, l'affiche est immonde...)

13 juin 2010

souriceaux

LES MAINS EN L'AIR
de Romain Goupil

Un joli film.
Romain Goupil, c'est de notoriété publique qu'il n'aime pas notre actuel président. ("C'était en 2009, je ne me souviens plus qui était président de la république...") Rien que pour ça, c'est normal que je l'aime, gros comme ça. Je me souviens d'avoir déjà beaucoup aimé son "Une pure coïncidence", en 2002 (une histoire de potes, me semble-t-il déjà), il était donc normal que je courusse voir celui-là (dont on ne sait pas bien combien de temps il va durer... Par curiosité, je suis allé voir sur allociné point freu les commentaires des spectateurs, et j'ai été -mais je m'y attendais un peu- absolument effaré par le torrent de haine(s) et de bavasseries qui s'y déverse... Comme si l'U*M*P avait ouvert là une tribune libre...)
Il est question de la France d'aujourd'hui (pas la peine de vous faire un dessin) vue par les adultes de demain (qui sont donc-effectivement- les enfants d'aujourd'hui, vous suivez attentivement je vois bien...), enfants dont nous est présentée une petite bande (qui se souvient de ce-joli aussi, me semble-t-il- film de Deville ?) : deux frère et soeur "proprets et blonds" et leurs copains joyeusement bigarrés. La maman des blondinets est -coïncidence ?- interprétée par la belle-soeur en personne de notre actuel président, tandis que le papounet est joué par Romain Goupil lui-même, qui ne s'est pas attribué là le plus joli-joli des rôles...
Il va être question de famille(s) et d'enfants "reconduits à la frontière" manu militari (et encore plus militari que manu, si possible -on sent bien que le réalisateur n'aime pas trop non plus les forces dites "de l'ordre"-...), dans l'école d'abord, où vont tous ces enfants (le film peut ainsi rattacher à son récit des événements survenus réellement), provoquant vives discussions des adultes (tandis que -au début tout du moins- les gamins s'en tapent, et ont bien d'autres choses à penser...
La maman Bruni-Tedeschi va prendre sur elle (et contre l'avis de son Goupil de mari) d'héberger provisoirement chez elle  Mallena, une jeune tchéchène en "situation irrégulière" et dont (mais elle en le sait pas) son fiston est de plus amoureux. Vacances en Bretagne pour tout le monde, bonheur de la fillette, vert paradis des amours enfantines, etc. jusqu'à ce que l'annonce de rafles imminentes conduise quatre des gamins à organiser une disparition / fugue dans une cave d'eux seuls connue, jusqu'à l'inévitable dénouement, "les mains en l'air", justement.
C'est frais, c'est charmant, c'est un poil idéaliste (oui oui, je sais, mais c'est tellement bien parfois, l'idéalisme, face aux chaussures à clous) et des fois un poil longuet mais c'est fichtrement bien fait, d'arriver à ajuster ainsi les histoires de mômes, celles de leurs parents, les saloperies politicardes et les nunucheries prépubères...
Me connaissant, je ne pouvais que défendre ce film, bien évidemment. Et j'ai même réussi à enchaîner coup sur coup un sourire (quand la voix off à la fin annonce que, "suite à cette histoire, elle (le personnage joué par Valéria Bruni-T) s'est brouillée avec toute sa famille...") et une larmichette (de voir à la fin le gamin devenu adulte qui nous dit qu'il ne l'a jamais revu(e)...)

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Et j'aime beaucoup aussi cette réplique de maman Valeria à un(e?) journaliste : "Si vous me posez cette question, c'est que vous ne pouvez pas comprendre la réponse..."

8 juin 2010

le bébé est une marchandise comme les autres

TÉHÉRAN
de Nader T. Homayoun

D'après ce que j'ai cru comprendre, le titre original pourrait quasiment se traduire par "Téhéranchounet", un petit diminutif affectueux pour parler de "sa" ville. et le film nous en donne, effectivement (de la ville) une vision qu'on n'a pas forcément l'habitude d'avoir... Les femmes sont toujours aussi voilées et les hommes aussi délicieusement mal rasés (je rêve d'un film, entre Kiarostami et Warhol, où on les verrait juste en train de dormir,pendant des plombes,oui, ça me ravirait...), mais bon il y a aussi des prostituées, des macs (ici ils s'appellent les "éducateurs"), du trafic d'enfants, des mafieux, la vraie petite routine internationale, quoi...
Madjid (oh qu'il est mimi...) est "monté" à Téhéran pour y faire fortune, et le voilà à faire la manche, après avoir loué un bébé (ça rapporte plus) au salopard de loueur de bébés local. Et voilà qu'on lui vole le bébé. Et voilà qu'il doit rembourser. et que sa femme enceinte débarque lui rendre visite à la capitale, histoire de voir comment il s'en est sorti. alors que justement, il est en plein dedans, les emmerdes, les embrouilles, les magouilles. Heureusement qu'il a ses deux potes et colocataires (le puceau mimi mais inexpérimenté et le moche à lunettes mais tellement attachant...) pour l'aider à sortir de là. Ou tenter de.
L'intérêt supplémentaire du film est que toutes les scènes d'extérieur ont été tournées sous le manteau dans les rues de Téhéran, sans autorisation bien sûr, ce qui donne un petit parfum supplémentaire d'urgence et d'authenticité...
L'accroche de l'affiche parle d'un polar, avec raison pour une fois (oui oui souvent les affiches mentent). Un polar sans flics, sans flingue ou presque, un polar maniant l'ellipse (des scènes importantes sont ainsi escamotées)... Un polar sans doute mais pas que. Le réalisateur utilise ses talents de documentariste pour insérer ses personnages dans une réalité géographique (la ville) et sociale (la multiplicité des trafics et des salopards) et politique bien sûr (l'Iran d'aujourd'hui) et dire ce qu'il a a dire.
On est ici à des années-lumières d'un folklorisme bucolique / angélique, et, comme Ajami avait pu le faire il y a quelques temps, on se prend  dans la figure la violence et l'énergie du constat. Avec, heureusement, en contrepoint de tout ce noir, des scènes attachantes -et bienvenues-, à propos de nos trois Pieds-nickelés iraniens... Jusqu'au superbe plan-séquence final qui remet en quelque sorte les pendules à l'heure. Impressionnant.

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17 mai 2010

efflorescence

NUITS D'IVRESSE PRINTANIERE
de Lou-Ye

Le mari, la femme, l'amant. L'amant du mari. Elle pense que son mari la trompe et charge un jeune homme de le surveiller, et de lui rapporter les preuves. Un triangle affectif, (bientôt suivi d'un second : l'amant, le "détective" et sa copine) qui pourrait être parfaitement banal, ordinaire, excepté que tout ceci se passe en Chine. Où on ne rigole pas avec ces choses-là. Où le réalisateur est proscrit, et donc a du tourner tout ça à la sauvette, en douce. Tous les extérieurs sont donc en "conditions réelles", ce qui donne un aspect quasi-documentaire -réaliste, pour le moins- à ces Nuits d'ivresse...
Comme a dit mon camarade Alain en sortant de la salle "Dès qu'il y a plus d'un acteur, je les confond tous...", ce qui ne facilite pas la compréhension du récit, souvent elliptique, et conduit le spectateur à broder (et se construire) des intrigues parallèles (et personnelles), pour peu qu'il prenne un(e) protagoniste pour un autre, Car le réalisateur n'a justement pas lésiné sur les personnages et intrigues secondaires.
On pourrait peut-être parvenir à les différencier par les sonneries de leurs portables respectifs (très présents dans le film).
Un film plutôt très triste (oscillant plutôt entre la mélancolie, le vague à l'âme, la tristesse et le désespoir), dans une lumière curieusement (furieusement ?) éteinte, des couleurs le plus souvent sans contraste, étouffées (sauf dans quelques scènes urbaines nocturnes et une autre de petit matin). Avec des scènes d'intérieurs granuleuses et charbonneuses comme on aime. Et toute la déstabilisation,  toute l'insécurité qu'apporte la caméra portée.
La confusion des sentiments, les incertitudes du coeur, les vertiges de l'amour,, autant de titres qui pourraient convenir. Qui aime qui, qui attend qui, qui est déçu par qui, qui fait l'amour avec qui...
Avec (oui oui Pépin tu n'avais pas tort) une petite escapade en bagnole à trois, touristiquement tristounette, une bouffée d'air désenchantée où glisserait soudain, à peine colorisée, l'ombre amicale de Stranger than paradise. Une très belle scène de karaoké, à trois toujours. (La partie la plus "posée" du film (peut-être parce que la plus extérieure.)
On sort de là forcément assez mélancolique, mais sans avoir néanmoins le moral dans les chaussettes. Constat  (universel) : qu'on soit homo, hétéro ou bi, on est -de toute façon- toujours dans la même panade affective.
Ok, ok. Bien reçu...

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16 avril 2010

machette

WHITE MATERIAL
de Claire Denis

Y a pas à tortiller, Huppert est (toujours aussi) sublime.
Et Claire Denis réalise toujours des films aussi... personnels. (Me revient en tête le fameux "C'est bien mais c'est spécial...", d'un public perplexe et se grattant la tête, à la sortie de mises en scène où il n'avait pas forcément tout saisi).
Une femme, une plantation de café, l'Afrique, une guérilla, des rebelles, des militaires, des enfants-soldats... On n'en saura guère plus. Un trame temporelle un peu chamboulée (est mort au tout début du film celui qu'on verra agoniser pendant tout le reste, et heureusement Isabelle a mis sa robe rose pour le dernier jour...) pour une mise en scène inspirée (osons le mot, mais c'est comme d'hab' chez Claire D.) L'aventure intérieure d'une femme vue de l'extérieur, l'ultime récolte pour laquelle elle s'obstine, et partout, autour d'elle les manifestations de la violence, sous toutes ses formes. C'est formellement très beau, même si l'amertume gagne tout au long du récit, avec le désespoir et la ruine comme cerise(s) sur le gâteau.
Plus terre-à-terrement,on a en prime une très jolie QV, pas très longtemps mais en gros plan, celle de Nicolas Duvauchelle (qui est donc ici le fils d'Isabelle H. et de Christophe Lambert, qu'on est, somme toute, content de pouvoir revenir voir au cinéma comme qui dirait la tête haute...)

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15 avril 2010

hybride f1

SOLUTIONS LOCALES POUR UN DESORDRE GLOBAL
de Coline Serreau

Ah le documentaire efficace que voilà! Sur les dérives contemporaines de l'agriculture suite aux manipulations (génétiques) des multinationales. C'est... informatif, efficace, avec un discours qui rejoint tout à fait celui du superbe Le temps des grâces ils ont d'ailleurs des intervenants communs), sans en avoir la dimension plastique de ce dernier.
Car Coline Serreau joue certes ici davantage la carte de l'information que de la cinématographie, et ce n'est pas moi qui lui jetterai la pierre. Nous voilà prévenus. L'état des lieux planétaire n'est pas joli joli, on le sait, il est bien pire que ça. Atterrant. Terrifiant.
On nous l'explique depuis la France, depuis l'Inde, depuis le Brésil, et ce n'est jamais fastidieux. On nous parle de ce qui a été, de ce qui est, de ce qui pourrait être (de ce qui, en certains endroits est déjà en train d'être, et suscite l'espoir.)
En tant qu'écologiste et féministe, Coline Serreau apporte doublement de l'eau à son moulin (où l'exploitation de la terre serait en rapport direct avec celle des femmes), et certaines choses dites  ne feront pas plaisir à entendre à la majorité des certains.
En plus, on a droit à une sympathique promenade indienne qui m'a rappelé des choses et du bonheur, et un final, justement, plutôt souriant et joyeux... Que demander de plus, hein ?

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12 avril 2010

application des peines

TÊTE DE TURC
de Pascal Elbé

Vu à une séance de 22h30 (c'est les vacances, soyons fous!).Tout à fait ce à quoi je m'attendais. Un bon film noir, bien filmé, avec des acteurs excellents, mais une fin trop youp la boum hélas pour que -paradoxalement- le bonheur soit parfait. (D'un autre côté si ça avait fini normalement, mal je veux dire, j'aurais encore reniflé dans ma manche et dit que ohlala c'était bien mais c'était trop triste...
Ca se passe dans une téci, y a des djeun pas contents contre les keufs qui caillassent la bagnole d'un toubib, puis carrément la cocktailmolotovent. Pris de remords, l'un deux, Bora, un jeune turc (au poil noir et à l'oeil de gazelle) va le sortir de la bagnole en feu et lui sauver la vie. Héros. Sauf que c'est lui qui a balancé le cocktail en question. Ambiance, d'autant plus que le flic chargé de l'enquête est le frangin du toubib en question et qu'il va s'acharner pour trouver le coupable. Représailles. Balance.Capuches, bizness, cousins.  Feu et sang.
Où il sera beaucoup question de famille (celle du médecin et du flic, celle de Bora, celle d'un veuf qui a perdu sa femme parce que le médecin n'est pas venu, celle qui va se constituer à la fin), de mères, et de frères, aussi. De conscience et de remords.
Pascal Elbé (pour qui, j'ai depuis toujours une grande sympathie  en tant qu'acteur) réalise un film qui lui ressemble : humain, réaliste dans sa plus grande partie et "heureusement" (idéalistement) irréaliste pour le reste. Parce que normalement, le djeun y va en taule et il  y passe des années, la mère reste seule à la maison, le médecin aussi, etc.
C'est bien filmé, rythmé, les cadres sont soignés, la lumière chiadée, bref, la partie thriller fonctionne à plein régime. La partie bisounours, (oui oui, je sais, normalement ça devrait me plaire...) du coup, retombe, et déstabilise (décrédibilise) l'ensemble.
On passe du noir noir au rose tendre et fleuri, quasiment, ça fait hiatus, et on passe donc à côté d'un  beau grand film. Mais bon pour un premier essai, ça a tout de même largement la tête hors de l'eau! Allez, Pascal, on te suit!
Et les films se suivent...Tiens encore un film avec Laure Marsac (avec ses jolis cheveux partout comme j'aime) comme dans La reine des pommes ! Tiens encore un film avec des mal rasés comme dans Ajami! Tiens un film qui finit bien comme le Pascal Thomas!

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(mais où sont-ils allé chercher cette affiche, on dirait un remake du Clan des Siciliens!)

5 avril 2010

cas de conscience

LES INVITES DE MON PERE
de Anne Le Ny

Oh le fort agréable film que voilà! Curieusement en ce dimanche de Pâques ensoleillé, le bôô cinéma était tout plein (mais heureusement Marie avait acheté les billets et je n'ai même pas eu à faire la queue!), et, re-curieusement, il y avait pas mal de monde dans la salle aussi!
Le générique de début est graphiquement au diapason du ton du film : il joue sur le net et le flou : la mise au point, c'est ce que fait exactement l'histoire d'Anne Le Ny (et de Luc Béraud... Vous souvenez-vous de La tortue sur le dos ?). Il s'agit d'une comédie, certes, mais pas une grosse rigolade à se taper sur le cuisses (même si les dialogues sont "au rasoir" et que certains échanges font vraiment mouche), plutôt un truc doux-amer, parfois tendre et parfois vachard.
Une histoire de famille (grosso modo : le frère et la soeur qui soudain se rapprochent alors que leur papa -la quatre-vingtaine bien sonnée- vit une histoire d'amour, peut-être pas si désintéressée,de part et d'autre d'ailleurs, avec une" sans-papiers" Moldave qu'il héberge...) où chacun (Fabrice Lucchini, Karin Viard, Valérie Benguigui -pour les frère, soeur et belle-soeur-, Michel Aumont -en papy reverdi-, et Veronika Novak -la bimbo Moldave-) est confondant de justesse et de naturel, dans le parcours de son personnage, avec ses hésitations, ses inquiétudes et ses atermoiements -ou pas-. Car personne ici n'est tout noir ou tout blanc. Le frère n'est pas si veule, la soeur pas si larguée, le père pas si bonhomme, la demoiselle pas si salope, Juste humain(s).
Le sous-titre du film pourrait d'ailleurs être "En avoir (ou pas)" : des papiers, du fric, de l'amour, de la reconnaissance, des scrupules, une légitimité, une conscience politique, une conscience tout court, puisque chacun cherche (et que quelques, d'ailleurs,  trouvent)
Et qu'il est compliqué de prendre une décision, dégueulasse ou pas, sans pouvoir en maîtriser/mesurer complètement toutes les conséquences. Et d'être ainsi confronté à ses responsabilités.
Et le film, tout du long, réussit à tenir son cap, nous faisant successivement et alternativement, rire, sourire, avoir la larme à l'oeil, sympathique funambule sans lourdeur, vulgarité ou démagogie. Drôlement humain.

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4 mars 2010

cuivre à fourguer

LA DAME DE TREFLE
De Jérôme Bonnel

Celui-là aussi, je l'attendais...
Parce que Jérôme Bonnel (oh que j'avais aimé son J'attends quelqu'un...), parce que Florence Loiret-Caille (que j'aime toujours autant), et parce que Malik Zidi (que j'aime beaucoup aussi...) A l'arrivée, un film qu'on a envie de défendre, même si l'on est bien conscient qu'il n'est pas complètement abouti. Qu'on aurait, plutôt, envie de protéger.
J'aime bien la chronique de la vie un peu cahotante de ce frère et de cette soeur qui habitent encore ensemble (comme dans un conte), ancrée dans une réalité petits boulots / démerde / soirées-picole au bar du coin plutôt ... réaliste, jusqu'à ce que débarque Darroussin, (qui, inhabituellement, joue un méchant) et que le film vire alors polar un peu maladroit. Allez savoir pourquoi, ça ne prend pas vraiment... avec pourtant des scènes comme on aime mais...
Le meurtre, l'assassin, la victime, la culpabilité, les preuves, la peur du gendarme, tout est là pourtant, mais on a comme le sentiment que le réalisateur n'y croit pas tout à fait, et à plus forte raison alors ses interprètes...) On doit à Nathalie Boutefeu (le muse sans doute de notre Jérôme), en "dame au bras cassé" la réussite de quelques autres jolies scènes...
On sort de là comme attendri (les acteurs sont vraiment très bien je le répète encore une fois) en se disant qu'on va attendre tranquillement le prochain film de Jérôme B... 

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1 juin 2024

mai 2024

1er mai

40ème anniversaire du colza

(post suivra)

2 mai

Christine téléphone en fin d'après-midi pour m'annoncer qu’Élisabeth est morte cet après-midi.

Ciao carissima Zabettina !!!

3 mai

(hier) un joli courrier : le coffret quadruple cd de CANTO OSTINATO XXL (4h de musique répétitive au piano) + le Libé de Paul Auster + le livre de poésie commandé, pieusement enveloppé dans un si joli kraft avec une étiquette "fabrication artisanale" qu'on n'ose pas le déchirer + (accessoirement) un courrier de la MAIF m'informant du montant de ma convention obsèques (et donc de la somme qui reviendra à ma sœurette pour s'occuper de moi post mortem)

(hier) une mizenplis plutôt joyeuse, avec des sticks de colle individuels pour les timbres défaillants, où l'on a évoqué notamment la mémoire d'Alain R. et de son rire "remarquable"

(hier) une soirée moy-moy, avec un film moy-moy présenté par un réalisateur moy-moy (heureusement Manue était assise à côté de moi)

(hier) plusieurs messages de V., puis des sms sur mon téléphone, pour me demander si je suis disponible ce soir, mais plus après, car je ne l'étais pas...

(aujourd'hui) :
dormi d'abord moins de deux heures, puis plus de quatre heures (ça fait une moyenne / V. me recontacte et m'invite à passer chez lui ce soir (sa femme n'est pas là), et je dis ok / 14h je suis à la Poste comme annoncé, pour déposer notre envoi de mai, et récupérer une nouvelle caisse orange (pour le prochain envoi) / dans l'après-midi V. me recontacte à propos de ce soir, il a l'air... incandescent / 17h45 : LES CARNETS DE SIEGFRIED (071) de Terence Davies (à mon grand étonnement, bcp de monde dans la petite salle 1) / le morceau sur lequel j'ai craqué n'est pas de LNZNDRF comme je croyais, mais de TRISTESSE CONTEMPORAINE (il s'appelle Rude! ça tombe bien...) / qd je reviens à la maison, V. m'annonce que des potes à lui viennent de se pointer, et que nous devons donc reporter notre soirée... / je trouve ça un peu Rude!, effectivement (mais bon, j'ai l'habitude quand même hein) / je vais avoir le temps de manger, du coup... / et voilà que je me mets à échanger avec A., (avec qui je suis en contact depuis un certain temps) qui devrait venir prendre un café gourmand lundi après-midi...

samedi 4

marché bien sûr, avec un sac plutôt très lourd en revenant... et le mal à la jambe qui va bien avec / A. me laisse des petits sms gentils par ci par là, c'est plaisant / je vais retirer un paquet (les livres-photo sur l'anniversaire du colza, et j'en profite pour acheter l'E.R pour avoir l'avis de décès d'Elisabeth / 18h : TIGER STRIPES (072) (où je retrouve les Bousrez sans avoir rien planifié) / à la sortie nous parlons, bien sûr, d'Elisabeth / je n'arrive pas à m'habituer à l'idée que je ne la verrai plus jamais... / le hasard fait que je conduis deux conversations simultanées sur wh*tsapp, une avec A., et la seconde avec N. réapparu soudainement, ("la gueule enfarinée" comme dirait l'autre) / N. m'envoie des photos, mais je lui réponds que je n'ai pas le cœur à ça et il me dit alors qu'il va essayer de dormir parce qu'il est crevé...

dimanche 5

petit-déj à 8h30, après dernier rendormissement à 6h / on échange avec A. sur wh*tsapp en prévision de sa venue lundi après-midi... / des sms gentils de réconfort de Marie et de Catherine, et d'Isa / à midi, le couscous de mon charcutier, avec 2 merguez supplémentaires grillées au four / un petit verre de limoncello (sorti du congélateur) comme digestif / 13h : arghhh, j'ai crié victoire (silencieusement) trop tôt : je viens d'estourbir ma première mite alimentaire de la saison... / N. m'annonce qu'il espère venir mardi matin, (avec la voiture de son ex...), et nous en discutons pendant un certain temps / je discute aussi avec A. à propos de sa visite de demain... (mener de front deux conversations sur wh*tsapp, j'ai toujours l'appréhension de me tromper de fenêtre -ça s'est déjà vu-)

lundi 6

dormi 8h en quatre fois, fait des rêves plutôt agréables / au petit-déj, un message de A. m'annonçant qu'il ne viendra pas cet aprèm' comme prévu (il n'a pas bien dormi et il n'est "pas top"), nous échangeons un peu (je me dis que ça ressemble un peu à une crise de panique, non ?) / N. est toujours partant pour demain, je lui demande, s'il ne peut pas, de me prévenir simplement... / je passe au funérarium pour voir Zabetta, je suis tout seul, je suis mal à l'aise et je n'y reste pas longtemps / j'ai laissé un message qui détonne un peu mais j'assume / à côté de ma voiture je photographie un pigeon mort (c'est comme un signe) / Malou m'appelle pour m'apprendre la mort de Cali, et ça me fait pleurer / 13h30 : chez les Soria pour le café (j'apporte des livres à Philou et un petit bouquin-photos sur les anniversaires du colza pour tous les deux) / 15h30 JUSQU'AU BOUT DU MONDE (073) de Viggo Mortensen / Eng*e m'envoie un mail déplaisant pour m'informer que ma mensualité va passer de 100€ à 180 (quelle honte...) / un plaisant échange vespéral avant d'aller dormir avec N. (et avec photos) qui est fin prêt pour demain matin...

mardi 7

(quatrième réveil à presque 8h) / sur wh*tsapp je vois que N. est passé à 2h du mat', mais que son téléphone est désormais -c'est ballot mais j'ai l'habitude- coupé. / je lance quand même un café / Emma, fatiguée, m'informe qu'elle ne viendra pas (non plus) aujourd'hui à Vesoul / Je commence à écouter Canto Ostinato XXL / je pense que le terme de déconvenue peut tout à fait s'appliquer (cette fois, j'y croyais presque hihi) / je me prépare un capuccino avec un max de chantilly, et je lui envoie même une photo (à N., pas à Emma) /plus tard, N. m'explique pourquoi il n'est pas venu : à mi-chemin il y avait les flics, il a fait demi-tour et s'est caché dans un bois pendant une heure... / à midi quinze au Globe, avec Catherine (je lui ai demandé une heure plus tôt) / je cuisine un "cheese cake basque" /en fin d'aprèm' sur c*co je tombe sur B. qui m'invite à lui rendre visite, ce que je fais aussitôt / dans sa caravane, une heure que je pourrais qualifier d'"apéritive" / et plus tard je discute sur wh*tsapp avec N. / dodo à minuit presque

mercredi 8

(dans le dernier rêve, je me voyais confier un bébé-loup, potentiellement dangereux, mais adorable d'apparence) / 7h :  j'ai envie de me recoucher mais je ne peux pas parce qu'Anne-Marie va bientôt arriver... / (c'est elle qui a insisté pour travailler un jour férié) / mite alimentaire : fausse alerte je pense (j'ai posé des pièges, et rien), c'était juste une esseulée écervelée (peut-être venue de chez les voisins ?) / je suis sorti pour retirer de l'argent : 8 mai, journée ville morte (seuls le petit C*rrefour et le chocolatier -"Champion du monde"- sont ouverts / du coup j'ai acheté quelques chocolats spiruline & fleur de sel, ainsi que des cerises à l'absinthe, et voilà que la vendeuse m'en remet quasiment autant dans le sac ,"puisque vous aimez ça", et me donne en avant-première des palets chocolat noir/ spiruline ; "Vous me gâtez", lui dis-je / j'ai fait goûter à Anne-Marie, elle a trouvé ça très bon / je décide de tenter une expérience : de 10 à 22h, je me coupe du monde en laissant mon téléphone éteint (on va bien voir) / pour le dessert, fraises +gingembre frais râpé + limoncello / je regarde les deux derniers épisodes de CITOYENS CLANDESTINS de Laetitia Masson / puis je commence à regarder ENTERREMENT DE VIE DE GARCON (deux épisodes)

jeudi 9 mai

(dans l'avant-dernier rêve, j'étais avec Lou Reed dans sa chambre d'hôtel...) /
je traîne sur le ouaibe avec divers correspondants et du coup à 11h je dois me dépêcher "un peu" pour faire tout ce que j'ai à faire / 14h à Gy, pour quelques parties de Okey à 4 (avec Dominique, qui était supposée prendre sa revanche mais ce sera pour une autre fois), préalablement à, à 16h, le goûter avec Thérèse et René (et des gaufres avec tous les assortiments possibles) / 19h je rentre à la maison, en écoutant Jeanne Balibar (ça me calme...) / un message de Pépin pas très compréhensible où je saisis, à la fin qu'on ne se verra que la semaine prochaine pour le scrabble et qu'il s'excuse / le soir je regarde un documentaire sur la rupture d'un barrage, en 1959, qui a submergé une partie de Fréjus / A. passe faire coucou (sur wh*tsapp), et un rdv est pris pour lundi matin...

vendredi 10 mai

(beaucoup de rêves, hélas oubliés) / un appel d'Emma pour dire qu'on se retrouvera au cinéma mais qu'on n'ira pas voir le même film / Je pense à Zabetta, mais je n'irai pas à sa messe d'enterrement (Catherine P. m'en fera un peu plus tard un compte-rendu) / juste avant d'arriver au cinéma, j'aperçois mes premiers coquelicots de l'année / 13h et quelques dans le hall, j'attends Emma, et nous allons boire un café au B*reau / 13h30 : UN HOMME EN FUITE (074) (séance privée) / je retrouve Emma à la même table à 15h45 (je bois une Guinness pression en 25cl, autant dire un dé à coudre) / je pense encore à Zabetta (il sera bientôt l'heure de son incinération, à Besançon) / je décline une invitation, pourtant alléchante de B., par respect pour elle / je prépare un banana bread / je le goûte quasiment à la sortie du four (pas la patience d'attendre qu'il refroidisse) et je trouve ça très bon / avec  Manue on se  donne rdv au Lion à 9h30 demain matin

samedi 11 mai

(assez exceptionnellement mal dormi) / Manue, arrivée bien plus tôt que prévu, m'en informe, je m'habille à toute vitesse, arrive à la boulangerie à 8h40 pour y faire la queue, mais il n'y a qu'un seul client, ça va vite! / Coffee song est fermé, Le Lion est (exceptionnellement) fermé aussi, La Brûlerie n'est pas encore ouverte (il est 8h45), on va donc s'asseoir en terrasse au PMU, au soleil, où le patron nous demande très aimablement si on veut qu'il descende l'auvent (et on dit oui oui) / on est rejoints par Marie-Hélène V. qui s'assoie avec nous pour boire un café (et nous invite fort aimablement à un barbeuk' ce soir chez elle, si on est dispo) / après je fais mon marché "normal" (et en repartant mon sac est (très) lourd et ma jambe me fait (très) mal, comme d'hab') / je finalise (enfin!) mon bouquin-photo 2024.1 et je le commande / la programmation n'est toujours pas arrivée dans la boîte et ça me chiffonne / 19h30 : chez Marie-Hélène où je fais connaissance avec sa fille Violette qui est... rhumatologue à l'hôpital de Vesoul (nous parlons un peu infiltrations) / soirée très plaisante, avec aussi François et Claude (qui "fait sa Claude" lol) (nous sommes en petit comité et c'est très bien)/ je suis surpris parce que Marie-Hélène a reçu la programmation ! / je découvre la glace au beurre de cacahuète (et au chocolat) / et je me perds "un peu" en repartant (si si!), faut le faire!

dimanche 12 mai

je croise N. sur wh*tsapp et je l'aide à se rendormir (pour moi c'est trop tard) / je vais de bonne heure chez Qu*vy pour acheter des gâteaux pour midi / 12h30 je suis à Cuse comme annoncé, et j'attends le retour de balade de Catherine, Dominique et Sylvère ! / Ça fait un certain temps qu'on ne s'est pas retrouvés de la sorte / en apéro, prosecco et beaucoup de machins à grignoter / Dominique a fait de la quiche (avec une recette de pâte express bluffante trouvée sur le net), Catherine deux salades (on n'en mangera qu'une), et pour le dessert des fraises (de Dominique) et mes gâteaux (j'en ai pris cinq pour être sûr de ne pas manquer) / après-midi scrabble : deux parties à l'intérieur (au frais) et une en terrasse (au soleil), mais ça ne change rien, Catherine nous met trois déculottées d'affilée / 19h : je repars avec une part de quiche et un morceau de pain (et un genre de vague à l'âme) bah...  /

lundi 13 mai

(troisième réveil à 4h, je tape le compte-rendu de dimanche, et je vais me recoucher ensuite) / quand je me lève je fais du café (je suis censé avoir la visite de A., mais j'ai comme qui dirait un "mauvais pressentiment", car son téléphone est coupé depuis hier) / et mon café, donc, je le boirai tout seul effectivement (mais du coup ça m'aura donné l'occasion de faire un peu de rangement dans  la cuisine) / la programmation déposée le 3 est (enfin) arrivée ce jour! / 13h40 : DRIVE-AWAY DOLLS (075) / 15h45 : LA VIE DE MA MERE (076) / je rencontre Christine à la Boulangerie St-Martin et nous reparlons  d'Elisabeth... / Tiens! la rue qui part du parking Serpente est -provisoirement- à double sens... (priorité à celui qui arrive) /

mardi 14 mai

9h : je dépose ma voiture au garage comme annoncé pour la vidange sauf que le garagiste est "en courses" et n'arrivera que vers 10h / je m'offre un petit-déj' (succinct) à la Boulangerie du Théâtre en repartant / je m'arrête pour récupérer un bouquin commandé (le Guiraudie), et en remontant la rue St Georges je m'arrête près du Temple où a été installé un échafaudage (j'observe -évidemment- les travailleurs) / tiens! A. a effacé toute trace de présence sur Les p*. / en fin d'après-midi je vais récupérer ma voiture, et la dame m'informe que j'ai deux pneus lisses à l'arrière... On commande ? Oui, oui, on commande... / Je prépare de la pâte à tarte avec la recette de Dominique, (il n'y a qu'à secouer) et, miracle, ça fonctionne! / Je vais en faire, tiens, vu ce que j'ai en stock dans le placard et au frigo, je prépare une tarte aux escargots / je découvre (et j'apprécie fort) le générateur d'exotisme durassien () / je regarde le début de la cérémonie d'ouverture à Cannes, (l'hommage à Meryl Streep  me donne envie de (re)voir tous ses films...) / 20h10 : au cinéma (il pleut) et je retrouve Manue dans le hall / 20h30 : LE DEUXIEME ACTE (077) (en avant-première, et en même temps qu'à Cannes, Isa nous y rejoint) / discussion ensuite dans le hall entre 6 personnes qui viennent de voir 3 films différents... / nous découvrons que nous y avons désormais un tableau d'affichage dans le hall (succinct, mais qui a le mérite d'exister)

mercredi 15

conversation avec D. de bon matin sur c*co qui me demande s'il peut passer cet après-midi / j'ai commencé le bouquin de Guiraudie mais j'ai un peu de mal / pour midi,  j'ai fait recuire la tarte aux champignons à l'envers (pâte au-dessus), c'est mieux mais pas top top quand même / 13h30 D. est là, juste à l'heure, je lui offre un café (je suis content de le voir, mais je suis un peu démotivé pour la suite des événements...) / il repart une heure plus tard  (mieux vaut en rester là, sans doute) / courses au Super U (je trouve -enfin- du Viogner, caché tout au fond du rayon, derrière d'autres bouteilles, et du coup  j'en prends deux !) / 18h : réunion de prog au local (on est 3) / je passerai la soirée à regarder "T*p Chef spécial 15ème anniversaire" (et ce jusqu'au bout!)

jeudi 16

9h15 Dring! Pépin est là comme annoncé pour le café-scrabble : il gagne les deux premières et moi la dernière / j'appelle très tard le Globe pour réserver mais ça va il reste encore des places sous la véranda / 12h au Globe à 4 (à côté de nous déjeunent l'ancienne directrice et le nouveau directeur du ThéV', nous tendons l'oreille pour surprendre des détails sur la future programmation mais hélas rien de probant ne filtre / 13h40 : LES TROIS FANTASTIQUES de Michael Dichter (078) / j'ai reçu un message du cabinet de mon ophtalmo me priant de rappeler en appuyant sur 3, mais quand j'appuie sur 3, dans ma messagerie,  ça efface le message... / je vais donc en voiture  jusqu'au cabinet où la secrétaire me demande si je serais éventuellement disponible le vendredi matin pour me faire opérer puisque le mercredi il y a grève (ils me rappelleront pour confirmer) /16h : LE TABLEAU VOLÉ de Pascal Bonitzer (079) / je rappelle Pépin, il est toujours ok pour venir voir avec moi  le film d'horreur argentin, et passera ce soir à 20h15 pour me conduire au cinéma / 20h30 : WHEN EVIL LURKS (080) avec Pépin (et Hervé)

vendredi 17

(pas très bien dormi, et terminé sur un rêve érotique -plus ou moins agréable-, avec mon demi-frère, pas revu depuis 50 ans, et dont mon cerveau a eu du mal à me fournir de lui une image plausible) / sur c*co j'échange avec M. qui me propose de passer chez lui mais je décline poliment l'invitation (j'ai la flemme) / à midi je vais aux Abattoirs (je trouve que c'est très très bruyant, et le plat du jour n'est pas terrib', mais bon je réserve quand même pour 3 pour mardi midi) / 16h : L'ESPRIT COUBERTIN de Jérémie Sein (081) / (tiens! j'ai vu le petit boulanger d'amour et son épouse dans le hall du cinéma) / je retente à la clinique, pour ces fameuses infiltrations (l'espoir fait vivre) et -joie- je tombe sur une autre secrétaire, qui lit la lettre de mon généraliste et me donne un rdv auprès d'un radiologue le 20 juin, puis pour les infiltrations le 9 juillet (si le radiologue le préconise) / (la précédente secrétaire m'avait donc raconté n'importe quoi...) / j'ai récupéré le livre-photo 2024.1 qui est (déjà!) arrivé, en le feuilletant je me rends compte que j'y ai mis deux fois -consécutivement- la même double page... (c'est la première fois que ça m'arrive, et ce n'est pourtant pas faute de l'avoir vérifié et re-re-vérifié!)  / il n'y a que de la merdouille à la télé, donc je regarde SAMUEL sur arte (je garde les derniers épisodes pour demain!)

samedi 18

Emma m'appelle tôt comme annoncé hier sur wh*tsapp et nous parlons cinéma (entre autres) / à 9h et quelques à la boulangerie je croise François, et nous parlons d'Elisabeth / un petit tour de marché pour acheter les choses habituelles (j'en prends un peu plus vu que lundi est férié...) / j'achète de la rhubarbe (que la vendeuse déteste) et du coup en rentrant je me lance dans la préparation d'une compote d'icelle / du coup, j'enchaîne sur la cuisson d'une galette complète (jambon / fromage / œuf), que je mange illico (et je réalise alors qu'il est à peine 11h!) /sur wh*tsapp N. répond -brièvement- à mes interrogations (il est "occupé" ) / je joue au tarot sur l'ordi (et je ne joue pas très bien, d'ailleurs) / je reprends le Guiraudie qui finalement n'est pas si mal que ça (il suffit de zapper les messes lol) / à 17h pour le goûter : compote rhubarbe maison et chantilly! / sur N*tflix je regarde LE DIABLE S'HABILLE EN PRADA (082)  (pour la scène ou Meryl Streep a les yeux rouges) /

dimanche 19

Les fraises "de provenance locale" que j'ai achetées hier matin au marché étaient déjà pratiquement toutes gâtées ce matin (j'en ai sauvé à peine un demi bol) / je reprends, depuis le début, le premier épisode de la saison 3 de FARGO (que j'avais, la première fois,  trouvé touffu, et par conséquent laissé en plan) / à midi je réchauffe un filet mignon aux morilles de chez mon traiteur /sur wh*tsapp, N. m'explique qu'il ne peut pas m'envoyer de photos parce que sa fille est là... / et je fais, tiens, un petit livre-photo avec, justement, des photos de lui / tout l'après-midi je binge watche FARGO S3 (épisodes 2 à 8), avec une pause grignotage vers 20h /

lundi 20

(rêvé, notamment que je devais chanter Le trou de mon Quai, et que je ne réussissais pas à en googler les paroles) / je regarde les deux derniers épisodes de Fargo / Emma m'appelle pour me dire qu'elle ne passera pas cet après-midi (elle va voir deux films) /l'envie me vient de faire un cake au café (que le site ouaibe qualifie de "au goût subtil") et donc je me lance (c'est assez facile à faire sauf que le mélange beurre + sucre + café confère à la pâte une texture assez particulière / je termine et range dans la catégorie "programmés" plusieurs posts (de cinéma) / c'est un vrai jour férié, à traîner donc en tenue de jour férié (avec les rideaux tirés ça va bien) / à ma demande, Emma et Cathy confirment pour Les Abattoirs demain... / repas léger spécial traiteur chinois /

mardi 21

(sommeil toujours aussi fractionné mais bon je me rendors à chaque fois...) /tiens, N. m'a laissé un mot sur wh*tsapp à 2h, il avait peut-être envie de jouer... / plus de beurre pour le petit-déj, je mange du gâteau d'hier / midi aux Abattoirs avec Cathy et Emma, qui sont arrivées un peu avant moi... elles commandent de la tête de veau et moi de l'onglet (saignant) avec son os à moëlle (gigantesque) / le repas leur a plu, on se retrouvera ici le mois prochain! / 14h15 au cinéma, je retrouve Hervé dans le hall pour la réunion de préparation de la prochaine programmation / je le ramène chez lui et il me paye une bière / 18h au cinéma pour ENYS MEN (083) (que j'ai failli rater, c'était la dernière séance) : on est deux dans la salle, avec un jeune et joli barbu à casquette, que je retrouverai ensuite au McDo) / un message de Pépin au téléphone m'apprend le décès de Pat P. / 20h : MARCELLO MIO (084) , de Christophe Honoré, en avant-première Cannoise (je suis assis entre Isa et Pépin) / à la sortie du cinéma, qui est juste derrière moi ? le joli barbu à casquette de tantôt (mais je ne sais pas quel film il est allé voir... /

mercredi 22

(dormi d'abord 4h -ce qui est phénoménal- puis re-2h) / 8h dring! c'est Anne-marie, mon aime-ménagère qui arrive, avec des pains au chocolat pour accompagner le café / fin de matinée : l'idée me prend soudain de prendre le bus à 11h25 pour aller à Besac (je réserve illico à l'Iguane) / 12h30 à l'Iguane : je suis le seul à avoir choisi de manger en terrasse (pourtant il ne pleut pas) / après avoir réglé mon addition, je me vois offrier un petit verre de limoncello "par le chef" (me précise une jeune serveuse) / 13h50 FOUDRE (085) au Victor Hugo (et comme je suis très en avance, j'ai même le temps de parler cinéma avec Caroline -que je n'ai pas vue depuis un certain temps- ) / juste avant le début du film je suis rejoint dans la salle par Michelle T. (que je n'avais pas vue non plus depuis un certain temps) : elle me dit qu'elle est allée à la crémation d'Elisabeth et qu'elle était toute seule, il n'y avait personne d'autre... / après le film on va boire un coup au café des Beaux-Arts  (la terrasse est comble, et il pleut comme vache qui pisse...) / un petit tour chez "ma" bouquiniste avant de prendre le bus de 17h10 (je n'achète rien) / le chauffeur du bus y fait le ménage avec son balai, et termine, assez méticuleusement, par l'escalier par lequel nous allons monter dans le bus / au dernier arrêt (Temis)  est monté dans le bus (en dernier) le plus joli monsieur du bus (casquette, barbe, pantalon de travailleur, cils de gazelle) qui est venu s'asseoir pile à côté de moi (il ne restait pas beaucoup d'autres places), et, donc, impossible de prendre un souvenir avec mon téléphone... / procrastination maximum : je remplis mon dossier pré-visite anesthésiste (la visite est demain matin à 8h30!)      

jeudi 23

8h : à la clinique pour cette fameuse "consultation pré-anesthésie" (dix minutes et un chèque de 50€ pour la consultation, et deux de 45€ pour les dépassements d'honoraires, un par opération, et hop, circulez) / je m'offre un petit-déjà à la Boulangerie St-Martin / à midi au Globe ("sous la véranda") avec Marie et Isa (j'apprends à Marie la mort de Pat P.) / 13h30 : NOTRE MONDE (086) / N. m'envoie une gentille photo comme je le lui avais demandé... / je passe faire des courses au S*per U (et notamment, tiens, j'achète des gaufrettes, oui j'ai très envie de gaufrettes) / de retour à la maison je commence à cravacher sur la prochaine prog... (beaucoup plus de films c'est bien, mais c'est aussi beaucoup plus de boulot!) /  je me suis vautré devant la télé où j'ai piqué du nez sans rien trouver à quoi m'accrocher (le plaisir d'entrevoir David Morse dans LA LIGNE VERTE ne me donne même pas le courage de prendre des photos)

vendredi 24

10h à la Bibliothèque pour le désherbage rituel (merci à Catherine qui m'avait envoyé la pub) : j'y croise successivement Bruno S., Marie, Mimi J., Nicolas, Pépin, Marie-Hélène V., Nadine (tout le mieux-disant culturel vésulien est là...) et j'en repars avec un sac très lourd, (pour 13,50€) / j'ai beaucoup de mal à marcher en rentrant / je fais du riz jaune au micro-ondes (et du coup je pense à mon papa) / 13h30 : COMME UN LUNDI (087) / je me gare juste devant chez moi ("ma" place) / j'hésite à retourner à la bibliothèque ("eh bien, j'irai demain...") / par contre je me lance dans la fabrication de ma "tarte à la mode des Langhe" (qui, d'une fois à l'autre n'est jamais tout à fait la même) /je commence à écouter 14, de Jean Echenoz, lu par l'auteur, un des achats de ce matin... pendant que le gâteau cuit... / le gâteau (après refroidissement) ne s'avère pas aussi bon qu'espéré (il s'effrite)

samedi 25

(réveillé à 4h pour la troisième ou quatrième fois, j'en profite pour boucler la programmation -pourtant encore putative à ce jour-) / tarot : perdre cinq parties d'affilée (sur cinq) ça vous met tout de suite dans de bonnes dispositions pour la suite de la journée... / j'essaie l'ibuprofène pour voir si ça fait de l'effet pour ma jambe (après j'ai encore la lamaline, le tramadol, et -why not- le xanax hihi) / au marché à 9h on ne fait la queue nulle part! / au rayon des œufs, il y a juste cette horrible mère d'élèves que je ne veux pas saluer, et je réussis à l'extraire de mon champ de vision / le monsieur des œufs nous montre, rangé dans sa petite boîte, un œuf énorme de 412 g (record mondial battu), je m'enquiers de l'orifice de la poule et il m'assure que "c'est passé comme une lettre à la poste" / le joli barbu à queue de cheval du pain bio s'est déjà mis en tenue estivale, mais je n'ai pas pris mon téléphone... / juste avant d'arriver, je croise Mimi J. qui me dit qu'elle revient du crématorium, et me confirme pour samedi prochain 10h... / Je retourne faire un tour au désherbage à la Bibliothèque, je (re) trouve les trois tomes des BRILLANTS, que j'avais bien rangés (ensemble) hier, et, tiens, voilà qu'arrive  Philou... / je mange léger (salade de tomates et rosbif froid) / je me lis que je devrais lire davantage, mais je préfère jouer au tarot (et perdre, d'ailleurs) / 18h45 : me voilà installé sur le canap' devant la cérémonie de clôture de Cannes 2024 (un peu au galop j'ai trouvé mais ça n'est pas plus mal...) /

dimanche 26

(dormi 4h puis 2h, et je pense de +en + que mon repas du soir a une certaine influence sur la qualité de mon sommeil ) / de bonne heure, sur les P. je tombe sur X pas croisé depuis longtemps, il me dit qu'il viendra peut-être demain matin (et, tiens, peut-être ce matin aussi, ben voyons) / je croise aussi M. sur c*co qui me propose de venir chez lui (il est 8h du mat) mais je décline l'invitation (je lui fais remarquer que lui aussi peut se déplacer... ) / je me mets (un peu) en cuisine pour ce midi / je me dis que je n'ai pas si envie que ça de me presser pour être au cinéma pour 13h30 (parce que je n'ai pas si envie que ça, finalement, de voir le film projeté) / (je n'irai pas au cinéma) et je traîne comme un dimanche...

lundi 27

de bonne heure j'ai souhaité par sms un bon anniversaire à Pépin (pour une fois que je m'en souviens au bon moment!) / je tombe sur M. qui m'incite à mots couverts mais non je ne sors pas j'ai la flemme / je traîne sans m'habiller jusqu'en début d'après-midi / une (belle) carte enthousiaste de Dominique, depuis le lac du Salagou / N. m'annonce que sa fille arrive pour une semaine... / la secrétaire de l'ophtalmo m'informe qu'il n'y a plus de grève à la clinique et me confirme que je me fais donc bien opérer le 5 / en sortant pour aller récupérer un bouquin commandé qui vient d'arriver, je tombe sur les Soria en haut de la ru St Georges : Philou amène Fran à son cours de dessin, puis doit passer à la MGEN et venir ensuite chez moi, pour y attendre Françoise / nous partageons une Goudale et nous parlons de tout et de rien (de maladie et de mort aussi) / j'ai commencé à faire un récapitulatif de tous les livres achetés au désherbage de la Bibli / quand Françoise arrive, je propose qu'on aille manger un morceau ensemble : on part donc à pied et on fait le tour du quartier, mais, trois fois hélas, nous sommes lundi, et le lundi soir à Vesoul on ne peut pas manger, parce que tout est fermé, et chacun repart donc chez soi... / comme d'hab' je m'endors sur la canapé

mardi 28

(mon dernier rêve était particulièrement réaliste : j'étais en visite dans une famille japonaise, avec Dominique...) / j'appelle Anne-Marie, elle viendra le mardi 4 au lieu du mercredi 5 /  13h15 : comme annoncé, je récupère Marie au coin de sa rue pour l'emmener au cinéma / 13h30 : LAROY (088) / après plusieurs réajustements, nous convenons avec Pépin d'un café-scrabble vendredi à 9h30 / un passage au S*per U pour se faire plaisir (mais le plaisir coûte de + en + cher...) / sms de mon garagiste qui m'annonce qu'il a reçu les pneus commandés pour moi et m'invite à passer demain, et je confirme, oui, à 9h / je regarde K*h Lanta d'un demi-oeil : mon dieu que c'est con (et pourtant je regarde quasiment jusqu'au bout)

mercredi 29

à 9h comme annoncé je dépose ma 'oiture chez mon garagiste / en repartant je fais une pause au Lion où je m'attable en terrasse devant un grand-crème et un croissant (elle s'est trompée et m'a apporté un pain au chocolat, tant pis), et j'envoie une photo à Manue sur wh*tsapp "Le Lion sans toi, ça n'est pas vraiment le Lion..." / à midi je vais chercher ma voiture (et hop! 199€) et je m'enquiers du kilométrage et du prix de la C3 d'occasion garée devant le garage (130 000km et 8300€, il me reprend ma voiture et je règle la différence... "Je vais réfléchir..." / je vais donc, tiens manger aux abattoirs, où mangent aussi un tas de travailleurs (mais ils sont tous installés dans la première salle, tandis que je suis seul dans la deuxième... / le temps s'y prête (il pleut...), et je décide d'aller voir trois films : 13h30 : COLOCS DE CHOC (089) / 15h45 : ROQYA (090) (Jean-Claude, notre très cher trésorier, est dans la salle, et vient me saluer) / en consultant mes méls, à la sortie, j'en trouve un de Jean-Charles C. qui m'annonce que Anne-Marie, son ex-épouse (dite "Petite Mauve") vient de mourir dans son sommeil / j'appelle les Soria, qui ont reçu le même mél et ont pris le temps d'appeler J-C, et nous discutons un peu de tout ça / Je me paye une pinte de Guinness avant de retourne en salle /18h15 : LES TORTUES (091) / et je rentre à la maison un peu chagrin...)

jeudi 30

(plutôt bien dormi -plus justement, plutôt bien rêvé...) / je petit-déjeune à 9h passées, ce qui très tard pour moi (je ne vais pas avoir faim à midi) / ... à midi au Globe, avec toutes les filles, j'aurai, effectivement du mal à terminer mon plat du jour (fajitas au poulet) / 13h30 : LE DÉSERTEUR (092) (une dizaine de personnes dans la salle, en majorité des femmes d'ailleurs) /15h45 je récidive avec SALEM (093) (je suis tout seul dans la salle) / repassant au S*per U pour acheter du pain, j'ai soudain envie d'armagnac, et je réussis à en dénicher une bouteille, non sans mal... / (j'en boirai une lichette le soir en tant que digestif -tiens, je n'ai pas de verres à armagnac- et ma foi ce sera plutôt bof / Manue m'envoie des jolies photos de la baie des Trépassés et me dit qu'elle pense à moi...

vendredi 31

re-re-re réveillé à 4h, mais je me recouche un peu jusqu'à 7h (rêves agréables mais dissous dès le réveil) / sur le pont tôt : Boulangerie pour acheter des "tradichoc" (2 noirs et un lait) pour accompagner le café chez Pépin, puis l'imprimerie pour la prog n°9 (dont je ne m'occuperai pas, cataracte 1 oblige...), puis Maison des Assoc' pour y déposer une caisse orange / 9h30 café scrabble chez Pépin : (3 parties : il gagne la première et moi les deux suivantes) / je grignote rapidos à la maison, puis 13h10 dans le hall du cinéma, pour boire un café avec Emma avant d'aller tous les deux voir MEMORY (094) dans la riquiqui salle 1 / après on passe un moment au M*cDo (pour elle une glace, pour moi un latte), et on se sépare sur le parking / à la Maison des Assoc', je croise Pépin Philou et Fran qui préparent la "rencontre" de demain matin (pour Pat Parmentier) / je repasse à Repro Système pour faire avec la sécrétaire le bilan annuel de nos photocopies (les 5 cartes de 10000 y sont passées!) / une longue discussion au téléphone avec Catherine P. (qui vient de se faire opérer de la cataracte (premier œil)  et s'avère plutôt rassurante...)

ps : "Les mois de mai sont meurtriers" (pour paraphraser Robin Cook) : Alain R., Zabetta, Cali, Pat P., Môve... n'en jetez plus!

17 juin 2010

brioche vapeur

GOODBYE DRAGON INN
de Tsai Ming Liang

C'est vrai qu'il n'y avait pas assez de cinéma dans ce blog, voici donc une nouvelle sous-catégorie, les "flashbacks". Ou "oui, des films sont sortis avant la naissance de ce blog, il y a des donc des lacunes à combler"... Voici donc le premier de la série (à tout seigneur... ? non, alors, j'aurais dû commencer par Cria Cuervos ou Barocco ou L'ami américain...)
C'est le premier film de Tsai Ming Liang que j'ai vu, un peu par accident je dois avouer... Et ce fut un  sacré choc, (esthétique) pour plusieurs raisons.
D'abord, c'est un film qui appartient à la catégorie, pas si courante, des "films qui se passent dans un cinéma", et déjà, ça j'adore! (Tiens, idée de liste!) Qui plus est dans un vieux cinéma. dont c'est la dernière séance. Où l'on projette le film qui donne son titre au film (un film des années 60 et des brouettes, me semble-t-il.), un genre de nanar chef-d'œuvre du kung-fu. Et, ô coïncidence, les acteurs du film y assistent assis dans la salle, en tant que spectateurs (bien sûr ils sont bieeeen plus vieux!)
Dans ce cinéma travaillent aussi un joli projectionniste en marcel blanc (c'est Lee-Kang Shen, "l'acteur-fétiche" (traduire "son amant" ? non non je ne me permettrais pas mais bon...) et une ouvreuse boiteuse, qui est (peut-être) amoureuse du projectionniste et veut partager avec lui sa (dernière) brioche-vapeur, et va donc le chercher pendant tout le film, mais comme il bouge aussi pas mal et qu'elle est boiteuse, et va donc moins vite, ils vont se courir après pendant tout le film et n'arriveront, me semble-t-il, même pas à se rencontrer.
Ensuite il y a la salle de cinéma elle-même, et ses alentours immédiats, (les couloirs, les escaliers, les toilettes... ceux qui comme moi ont été friands par le passé de cinémas interlopes sauront de quoi je parle) où passent et repassent des ombres fugitives nouant et dénouant mille historiettes plus ou moins silencieuses,  autour de et dans la salle (je me souviens du petit bruit que font les fruits secs que mange une spectatrice...)
Et il y a aussi, last but not least, le travail sur le temps et sa représentation :  le passé / présent avec les film projeté et les spectateurs qui sont aussi les acteurs, ok fastoche, mais également sur la notion de durée : je me souviens d'un plan-séquence jusqu'auboutiste  qui m'avait proprement estomaqué, ou la caméra embrasse la salle  vide, toutes lumières  rallumées. L'ouvreuse arrive (en  claudiquant), en bas à droite, grimpe (lentement) les marches de la travée de droite, arrivée en haut, traverse l'espace qui sépare le "balcon" des "premières", et redescend , toujours en claudiquant, par la travée de gauche, et disparait de l'écran du côté opposé où elle y était entrée. Un plan qui dure exactement "trop longtemps"... immobile et muet, hypnotique, du grand art.Et qui dit temps qui passe dit (au moins en ce qui me concerne) mélancolie, et quand on est à la mélancolie, on n'est jamais très loin de la tristesse, et Goodbye Dragon Inn est comme un genre de merveilleux catalogue de toutes les situations où, justement, le cinéma peut rendre triste, des plus singulières (assister à un vieux film dans lequel on a joué) ,aux plus prosaïques (le temps qui passe, l'heure de la fermeture, la dernière séance, la salle vide,  la pluie incessante, la recherche d'un(e) partenaire, ne pas pouvoir dire au revoir à son collègue, la mort d'un cinéma de quartier, la fin du film...
En plus dans ce cinéma, comme le dit au début un des personnages, il y a peut-être, aussi des fantômes... Et on sort du film, nimbé de cette mélancolie cotonneuse, pendant que le spectateur japonais, rentré là au début du film,a eu le temps de se sécher, on réalise qu'on est toujours un peu humide, du côté du coeur, du côté des yeux,presque  imperceptiblement...
Fascinant, absolument.

Goodbye_Dragon_Inn

29 août 2011

hosto blues

LA GUERRE EST DECLAREE
de Valérie Donzelli

Journée de prévisionnement à Moirans : c'est looooin! (heureusement c'est Hervé qui conduit!) premier film des quatre prévus, début d'après-midi, on s'installe...

Celui-là, ça fait beaucoup de temps que j'en entends parler, en bien, en très bien, en mieux que bien... Je me méfie de l'unanimité (Oui c'est, au choix, mon côté snob ou vieux con) j'étais content donc, de le voir dans ces conditions-là,juste avant la "vrai sortie", pour me rendre compte par moi-même, quoi...
Et bien, décidément, la période est propice aux coups de coeur et autres émotions fortes : en peu de temps, j'aurai ainsi été remué assez fort par, successivement, Melancholia, This must be the place, et, là, aujourd'hui, encore plus fort si c'est possible, par La guerre est déclarée.
Oui, c'est vrai que le cinéma est pour moi surtout affaire de charge émotionnelle, et là, question émotion, comme on dit, "j'ai reçu"... Bon signe, j'ai, heureusement, terminé le film avec les larmes aux yeux, mais pas que. Dans un état de bonheur inexplicable et violent, aussi.
D'une histoire  pas très joyeuse (un couple découvre que son premier enfant souffre d'une tumeur au cerveau), autobiographique qui plus est, Valérie Donzelli a tiré un film extraordinaire. Dans lequel elle joue, son propre personnage, donc, en compagnie de Jérémie Elkaïm qui joue son propre rôle aussi (et avec lequel elle reconstitue donc le couple d'alors, même s'il n'a pas, justement, survécu à cette aventure).
On commence au scanner (ou à l'IRM je n'ai jamais trop su la différence précisément), et on repart ensuite dans un long flash-back où toute l'histoire est racontée de a (la rencontre des deux amoureux) jusqu'à z (la promenade familiale). Et c'est du vrai de vrai cinéma, inventif, aventureux, primesautier, dramatique, rigolard, follement romantique, redoutablement réel, drôlement décalé, décidément cinématographique. Avec trois bouts de ficelle et un appareil-photo numérique (le même que pour Rubber me semble-t-il avoir compris) -et donc une équipe réduite (resserrée, ressoudée), Valérie Donzelli a réalisé un film miraculeux de simplicité, de spontanéité, d'enthousiasme.
On sent qu'elle prend plaisir à se colleter avec la matière même du film, qu'elle n'hésite pas à mettre les mains dans le cambouis des dessous de la narration, bref qu'elle affronte ses éléments divers, elle les organise, elle leur tient tête.
Il y a dans le film plein de moments merveilleux, magiques, où on est pourtant souvent sur le fil, du jeu des comédiens, de l'utilisation de la musique, du rythme des plans. Mais toujours, immanquablement, infailliblement, félinement, le film retombe sur ses petites pattes, fait une cabriole et repart de plus belle en nous faisant signe de le suivre. Il ya du léger et plus lourd, de l"allègre et du répétitif, du souriant et des engueulades aussi, un joli duo en voiture mais pas ensemble, des nuits à l'hôpital, du champagne bu à même la bouteille, des cacahuètes lancées pile-poil, des acteurs que certains trouveront trop ci et d'autres pas assez ça (moi, en toute mauvaise foi et en ce qui me concerne, je dirais que tout était juste comme il faut, que l'ensemble me convient, même s'il y a des scènes ou des bouts de, ici ou là, qui sonneraient peut-être un poil trop mais bon... indulgeons!)
La guerre est déclarée fait partie de ces films, somme toute pas si courants, dignes de respect. Oui, le mot est lâché. Pour la force du sujet, la dignité de l'ensemble, la légèreté et la quasi-inconscience du traitement, et l'optimisme -quasi béat- qui se détache de toutes ces choses pourtant a priori plutôt tristounettes, prises séparément (examens / tumeur / scanner / opération / nuits de veille / chimio / protocole / récidive etc.)
Des gens, vous, moi, la vie, quoi!
(et le plaisir, tiens, de revoir un acteur que j'adore mais qu'on ne voit pas assez : Frédéric Pierrot, qui a d'ailleurs le superbe rôle du super-chirurgien...)

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6 février 2011

noir foncé

MY JOY
de Serguei Loznitsa

Il y a des films qui n'ont pas de bol. My joy en fait indiscutablement partie. Un titre français (!) idiot, une première semaine d'exploitation calamiteuse, nous on le programme dans le bôô cinéma (on a un faible pour les films éclopés), le directeur oublie de téléphoner pour le réserver pour la semaine prévue, et le reprogramme donc la semaine suivante, mais sur une combinaison (gagnante!) de deux (oui, 2!) projections : une le mercredi soir et une le jeudi après-midi, sans qu'on ait le temps de prévenir qui que ce soit ou presque. Résultat des courses, ce soir on était dix. Pourtant le hall était plein à craquer, mais ils allaient tous voir Rien à décl*rer, qui lui, n'a que quarante séances et des poussières sur la semaine... (trêve de gémissements).
On était prévenus, le film est noir. très noir. A ce degré-là, se dit-on en sortant, ce n'est plus du noir, c'est de l'opaque. De la quintessence de noir solidifiée, un mur contre lequel le réalisateur nous tapoterait la tronche (comme dans la bande-annonce de A serious man).
On le sent dès le générique, où un mec se fait jeter dans le béton frais sans autre forme de procès. La scène d'ouverture (un routier prend son camion pour aller livrer on ne sait quoi on ne sait où) est ensuite la seule à être dénuée de toute tension,  on est dans une réalité "normale" mais cela ne dure pas. A partir du moment où il (le routier) est arrêté par deux sales flics (ils sont dès la première image identifiés comme tels) le récit est pris dans un engrenage narratif et structurel où chaque violence en appelle une autre, jusqu'à la scène finale, qui ne fait pas dans la dentelle ni la demi-mesure : à ce degré de nihilisme, il s'agirait peut-être d'humour ? (noir, bien évidemment).
Le réalisateur (ukrainien), venu du documentaire (une scène -la plus belle du film peut-être-, pourrait le confirmer : quand le routier arrête le camion sur la place du village, et que la caméra panote alors sur les visages des gens qui y sont présents...), et qui sait visiblement tenir une caméra (le film est très souvent en caméra portée, et on en aurait presque parfois, un peu mal au cœur) enchaîne donc les scènes suivant un schéma répétitif (une -ou plusieurs- personne(s) en rencontre une ou plusieurs autres, et on sait que ça va fatalement mal se terminer), sans nous laisser le temps de respirer, à chaque fois, on est inquiet, on attend le pire, qui finit par hiver.
La progression du film suit celle des saisons, et finit d'ailleurs -littéralement- dans un noir aussi complet qu'hivernal, mais on se déplace aussi dans le temps et dans l'espace. Il faut être attentif constamment, pour remettre  chaque chose à sa place dans la trame narrative (et c'est grâce à Catherine que la scène du petit gamin en blanc a in extremis trouvé sa justification), puisque le routier qu'on suit au départ va voir son itinéraire zigzaguer et rebondir parfois aléatoirement, en fonction de ses rencontres, de ce qu'on lui raconte, ou de ce qu'on lui fait.
On se dit que c'est une sorte d'état des lieux, pas très ragoûtant mais plutôt réaliste, de ce qu'est la Russie aujourd'hui, et on sort de là, il faut le dire, passablement secoué.
Pas un film de femmelettes. Un peu à l'image de l'alcool frelaté que la plupart des personnages y biberonnent. Comme disait Libé : "du viril"...

 

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11 mai 2010

rossignol tout court

LES MURMURES DU VENT
de Shahram Alidi

Ce n'est pas si souvent qu'on a (que j'ai) l'occasion de chroniquer un film irakien... Le premier c'était il y a juste un peu plus d'un an ("A travers la poussière"), qui avait été visiblement réalisé pour une (toute petite) poignée de (c'est quoi l'unité monétaire en Irak ?) dinars (merci gougueule), tandis que pour celui-ci le réalisateur semble avoir été un petit peu plus à l'aise...
Un film sur le génocide kurde perpétré par Saddam Hussein, qui fait froid dans le dos (ce post a failli s'intituler "enterrés vivants" tellement cette barbarie semble inimaginable aujourd'hui et pourtant -et pourtant...-) mais que le réalisateur a choisi de traiter... obliquement... Evitant le choc frontal du réalisme réaliste, il modifie la forme de son message, un peu à la façon d'une calligraphie que seuls les natifs pourront lire exactement, tandis qu'à nous, spectateurs occidentaux, si l'on en apprécie dès le premier coup d'oeil les indéniables qualités graphiques et plastiques, il sera beaucoup plus difficile d'en comprendre toutes les sinuosités,les trajets, les allers-et-retours, les circonvolutions, bref ce qui est le plus signifiant et ce qui l'est moins.
Formellement, on ne peut pas ne pas penser à Kiarostami (mais un Kiarostami qui aurait un discours disons plus... politique) par moments (une bagnole qui roule dans la caillasse...), mais Shahram Alidi sait s'en démarquer par une identité visuelle (et narrative) forte : s'il centre son discours sur la parole individuelle et sa transmission (orale, l'enregistrement sur cassette, la transmission par radio) mais aussi écrite : une lettre sur le plastique boueux d'un 4x4 déglingué, des poèmes sur le mur d'une maison en ruines, un itinéraire  sur un avant-bras), il le construit et l'élabore en plans lumineux, vibrants, émouvants... Le message est l'épine dorsale de ce récit dont le héros est un ex-facteur qui, ne pouvant plus acheminer de lettres, se sert d'un vieux radio-cassette pour acheminer les correspondances de ses concitoyens.
Avec, last but not least, le méta-message que constitue le film lui-même.C'est vrai que la forme en est belle. Il serait question ici juste de poésie. De pudeur et de distance.  Pas facile de choisir en quels termes parler de ça... Shahram Alidi a choisi l'ellipse et la métaphore, et bien lui en a pris. L'horreur est en creux, l'horreur est derrière, l'horreur est en filigrane, hors-champ,mais toujours présente,  juste à côté.
On passe ainsi de conversations triviales, ordinaires, parfois cocasses, (filmées en plan rapproché) à des compositions d'ensemble à couper le souffle, le plus souvent silencieuses. On passe du réalisme à la stylisation, de la chorégraphie à l'allégorie, de la poussière à la lumière...  Avec des plans lyriques, d'autres contemplatifs, et des sautes de rythme pas toujours bienvenues qui parfois  ralentissent inutilement le récit.Un certain talent d'équilibriste, donc, qui vous fait sortir de là les yeux un peu mouillés, et donne vraiment envie d'en savoir plus sur ce réalisateur.

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10 avril 2010

stupéfiant ?

ENSEMBLE, NOUS ALLONS VIVRE UNE TRES, TRES GRANDE HISTOIRE D'AMOUR
de Pascal Thomas

Celui-là je l’ai vu avant Ajami (je devrais écrire "en attendant Ajami") et je dois dire que j’en suis sorti un peu… perplexe.
C’est comme si le réalisateur avait décidé de faire un film, une comédie, en utilisant tous les clichés, ficelles, stratagèmes des "films d’amour". Sur un canevas de conte (la rencontre / le coup de foudre / la passion / la séparation / les retrouvailles / happy end) il a donc mis en place en quelque sorte un récit, sa parodie et le commentaire de celle-ci.
Et l'exercice est périlleux.
Comme souvent, le film est à l’image de sa première scène, (un festival de danse folklorique où nos deux tourtereaux vont faire connaissance), qui lui sert aussi de générique : un joyeux bordel, un aimable fouillis, une sympathique pagaille… Ca part un peu dans tous les sens, ça flotte un peu, on ne sait pas trop où regarder, ni comment… On se dit où suis-je où cours-je un peu inquiet et on se dit encore attendons voir la suite. On attend en souriant.
Nos deux tourtereaux, au fait, sont joués par Marina Hands (idoinement blonde et écervelée) et Julien Doré (dont c’est le premier rôle au cinéma -mais fallait-il vraiment lui coller cet accent du midi ?-). Ils composent un agréable couple de comédie (elle est plus grande que lui, c’est rigolo), même si, sans trop savoir pourquoi, on n’y croit pas tout à fait… (le fantôme peut-être de Lady Chatterley ?) Dans le dernier tiers du film, le duo se complique, justement, d'un tiers, Guillaume Galienne, en souriant sourd-muet.On sourit aussi.
On est dans une attraction foraine, dans un magasin de farces et attrapes, dans un manuel de décalage cinématographique, dans un catalogue du burlesque et du saugrenu, on ne sait plus trop.
Plus qu’une comédie, je dirais qu’il s’agit d’une fantaisie. On a le sentiment que Thomas s’est vraiment amusé à réaliser ça, les acteurs aussi ont l’air de s’amuser, et le spectateur moins (enfin, pas autant). C’est très sympathique a priori l’option "roman-photo" "folklorique" "distancié" mais hélas on a toujours un peu le sentiment que ça ne tombe pas juste : les scènes sont toujours trop, ou pas assez, je ne sais pas, en tous cas  les gags ne tombent pas pile poil où il faudrait, et du coup on sourit toujours mais bon des fois on est un peu embêté, ou juste un poil à contretemps… Peut-être c'est fait exprès ?
Oui, drôle d’impression.

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23 mars 2010

métropolite

TSAR
de Pavel Lounguine

Comme je l'ai chuchoté à Zabetta pendant le film "Y a pas, ces russes, tout de même, ils savaient s'amuser!". Au vu de cette fresque historique (un bout de l'histoire d'Ivan le Terrible), pleine de bruit et de fureur, (et de fourrures aussi) de soudards, d'exécutions, de supplices divers et variés, de traîtres, de capitaines et de princes, de paysans et de cavaliers, avec les Polonais comme des antéchrists (on les attend autant que Godot) et leur invasion supputée en tant que fin du monde (promise et bien méritée!)
On s'approche successivement de l'inéluctable en quatre cercles concentriques (La prière du tsar / la guerre du tsar / la colère du tsar / le divertissement du tsar) où sont exposées ses relations avec Filipp (oui, comme celui des 2b3 mais celui-là est nettement moins rigolo), un religieux ami qu'il va nommer son nouveau cosmopolite (pour remplacer le précédent qui s'est enfui et réfugié dans un couvent) et dont le film va peindre l'ascension puis la chute et enfin la béatification, car le pauvre (saint) homme a la malchance de ne pas être en odeur de sainteté, justement, chez la garde rapprochée du tsar, une troupe d'excités qui se baptisent eux-mêmes "les chiens du tsar", et qu'on reconnaît au fait qu'ils portent, plutôt qu'une queue de renard ou un protège-volant en fourrure, une tête de chien coupée accrochée à leur selle.
Ambiance.
Ca faisait quelques temps que je n'avais pas vu de film de Lounguine (depuis Taxi blues et La noce...), je gardais le souvenir d'un cinéma très... russe (viril, alcoolisé,teigneux, mal dégrossi,  le genre où les mecs s'embrassent pour se saluer mais n'hésitent pas à se coller des ramponneaux pour un oui pour un non) et ben là c'est la même chose sauf que c'est en costumes, et que c'est encore plus violent, parce que si le pauvre tsar est complètement brindezingue, ses "gardes" sont véritablement fous furieux. Et le pauvre pope a fort à faire pour tenter de se battre (et de faire entendre raison) seul contre tous, avec juste sa petite foi.
Car qui dit "reconstitution historique russe" dit "icône". Et qui dit "icône" dit "religion". Et qui dit "religion" dit "foi". Et c'est peut-être ce qui me gêne ici. l'irruption de la foi comme ultime valeur à laquelle se raccrocher. Le bon dieu sans confession, quoi. La scène des moines dans l'église en flammes est évidemment très forte, mais bon.) Autant ça ne me "dérangerait" pas chez Paradjanov ou Tarkovski (où le mysticisme fait loi), autant ici, oui oui, ça me gêne aux entournures (de la soutane...) Mais bon moi, c'que j'en dis...

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13 avril 2012

catalogue (de la déroute ?)

TWIXT
de Francis Ford Coppola

Etonnant.
Visuellement, une vraie splendeur, un festival, un feu d'artifice(s!). Scénaristiquement, c'est une autre paire (père ?) de manches. Comme une collection de morceaux de films fantastiques, d'horreur, d'épouvante, plus ou moins rapiécés / rafistolés  : beffroi hanté, écrivain en panne d'inspiration, fait-divers sanglant, serial-killer, morgue, pieu dans le coeur, démon, pasteur fou, enfants égorgés, shérif zarbi, vierges diaphanes, culpabilité,  n'en jetez plus !
On a l'impression qu'on voit 50 films pour le prix d'un, et c'est plutôt agréable. A moins que FFC ait roublardement décidé de faire un genre d'état-des-lieux du cinéma "fantastique" en 2012, y convoquant même la littérature du même nom (Stephen King y est oralement évoqué, Edgar Allan Poe himself y a un rôle important! -sans parler de Baudelaire, récité carrément dans le texte)
Et si on est un peu impressionné au début (normal, on joue le jeu!), plus le film progresse et plus tout ça donne plus envie de sourire (il faudrait le revoir pour dresser patiemment le catalogue des citations et des références  qui y foisonnent) ou de savourer que de claquer des dents. On arrive presque à la fin en se disant que ouf quand même on a tout eu ou presque mais on a échappé aux vampires, mais toc! mauvaise pioche... (désolé, mais les vampires me gonflent, et 'ont toujours gonflé!)
Twixt pourrait être au cinéma fantastique ce que Un cabinet d'amateur, de Georges Perec était à la peinture : un catalogue virtuose mais finalement gratuit, parce qu'en trompe-l'oeil, et donc rétrospectivement encore plus jouissif.
Parce que gratuit, justement, pourrait-on dire.
De Coppola, je ne suis pas attiré par les grosses machines rutilantes et chromées (Parrains, Apocalypse, etc.), que je n'ai en général pas vues d'ailleurs, mais j'ai une infinie tendresse pour les films dits "mineurs" (j'ai ainsi une grande tendresse pour Tucker, pour Peggy Sue got married, et, bien sûr, Rusty James, que Pépin nous avait fait découvrir lors d'une de nos fameuses -et à présent préhistoriques- "nuits vidéo")
Il semble bien que Twixt (quelqu'un pourra-t-il m'expliquer le titre, d'ailleurs ?) fasse partie de cette famille-là, et c'est tant mieux. Et Val Kilmer est excellent dans le rôle de l'écrivain miteux alcoolo détective amateur, au centre de cette histoire et de ces multiples strates / couches (pour passer de l'une à l'autre, il suffit de s'endormir ou de s'en prendre un bon coup sur le crâne...) Il y a même des moments drôles (certains volontairement, pour d'autres, je suis moins sûr) donc, on ne peut que, globalement, recommander l'opus en question, en l'assortissant des précautions oratoires d'usage...
Une sacrément magnifique iconographie, pour un (sous-) texte qui ne la méritait,peut-être, pas forcément...

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30 janvier 2011

le berger, le chevreau et le sapin

LE QUATTRO VOLTE
de Michelangelo Frammartino

Et voilà... encore une fois, Hervé avait raison... Comme il insistait fort pour qu'on programme ce film dans le bôô cinéma, j'ai voulu aller me rendre compte par moi-même. Effectivement, encore une fois, il avait raison!
C'est donc un film italien (un deuxième film) réalisé par un monsieur très au fait des problèmes de cadrage, de lumière et de prise de vue. C'est... somptueux. quelque soit le plan, neuf fois sur dix c'est beau (comment le dire autrement ? on le sent dès le générique, le parti-pris du réalisateur : simplicité (police blanche sur fond noir, pas de musique) pas austérité mais presque, pas radicalité mais peut s'en faut. Et le film est à son image : quatre parties (enfin, je dirais trois et demi) :la première centrée sur un vieux berger, la seconde sur un chevreau, la troisième autour d'un sapin... aucun dialogue, ou quasiment (on entend le berger prononcer un grazie, les autres conversations présentes sont sciemment inaudibles.) Avec à chaque fois un noir suffisamment long pour qu'il provoque l'attente, le désir de ce qui va suivre. Simplissime en apparence, mais on a le sentiment que rien, absolument rien, n'a été laissé au hasard. Du grand grand art, donc, qui fait retrouver au cinéma son sens premier, écrire avec  la lumière. un film quasi expérimental, donc, mais d'une beauté constante, profonde, "absolue" pourrait-on dire.
Qui ne fait que retranscrire des actes, des gestes immémoriaux, des survivances, que notre oeil de citadin contemporanéo-blasé pourrait taxer de pittoresques voire même d'inventées (de l'usage de la poussière d'église, des escargots, de la ficelle autour du museau, des casques romains, du mât de cocagne, du charbon de bois...) pour faire jolies, sauf que pas du tout. Villages hors du temps, dirait le poète...la narration est, je le répète, économe (je pensais Straub, Cavalier, le réalisateur évoque Bresson...) austère sans être fastidieuse ou rédhibitoire, d'autant plus que le réalisateur nous gratifie d'un "film dans le film" une perle, une leçon de cinéma (on pourrait alors penser à Tati) avec un camion, une rue en pente, un chien, un troupeau de chèvres, et une procession (et les notions de "champ" et "contrechamp") qui pourrait à lui seul justifier de voir le film.
J'emploie des grand mots, mais il ne faudait, peut-être, justement pas. pas intellectualiser, juste recevoir, s'abreuver des images, se laisser porter... par ce flux infiniment simple et beau, paisible, concrètement abstrait, lyriquement réaliste, parfaitement refermé sur lui-même.
Un coup de maître, donc (j'aimerais bien voir le premier film du réalisateur, datant de 2003 et bénéficiant, dixit la critique, de la même économie de moyens...)

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29 janvier 2011

deux films avec un curé (en soutane)

(Le titre original envisagé aurait été "Deux films plutôt longs, en costumes, avec un curé (en soutane), où j'ai hélas un peu dormi...")

 

Les "hasards de la programmation" ont fait qu'à quelques jours d'intervalle j'ai vu un film de 4h26 (commençant à 20h) et un autre de 3h08 (commençant à 18h45, l'inverse eût été plus intelligent, huhuhu). Le premier où j'ai dormi  plutôt dans la seconde partie (dont je n'ai, je l'avoue, pas vu grand chose, juste des images fugaces entre deux rendormissements) et le second plutôt, soyons symétrique, dans la première... Bref, dans un cas comme dans l'autre, je n'ai pas tout compris. Et dans un cas comme dans l'autre, je ne peux pas, décemment, en faire la critique. ou alors juste une moitié, mais ce serait malhonnête.

MYSTERES DE LISBONNE
de Raul Ruiz

LE GUEPARD
de Luchino Visconti

Je peux juste dire que j'ai envie de revoir le film de Raul Ruiz (qui ô bonheur repassera sur Arte en avril, version 6x1h) alors que celui de Visconti,ma foi, bon ça y est je l'ai vu, une fois suffira.
A l'état normal, dirais-je, je suis plus Ruiz que Visconti, et je suis donc resté fidèle à ma ligne de conduite habituelle.
Je vais peut-être me faire taper (aïe, Hervé, arrête, pas sur la tête!) mais je trouve que ça a un tantinet mal vieilli (la musique est insupportable), et ça fait drôle de parler de "version originale", tout de même, puisque deux des trois interprètes principaux ne la parlent pas, la langue originale en question. Les trois heures étaient-elles véritablement indispensables ? A mon humble avis, la seule scène du bal (qui fait quasiment toute la deuxième partie du film) eut été suffisante... Bon, bien évidemment, il y a là-dedans quelques plans et scènes saisissants et -plus ou moins ?- viscontiens : le travelling sur la famille poussiéreuse assise à l'église, l'apparition de Claudia Cardinale (pfouh! elle a vraiment une taille de guêpe!), la "promenade" marivaudante à travers les mille pièces du palais, et, bien sûr, la scène de bal (sans oublier cette phrase sublime : "le mariage, c'est un an de flammes et trente ans de cendres..." Bravo, Luchino...). Mais aussi beaucoup de scènes bavardes. (à un moment, je me suis tourbé vers ma voisine, Manu, nos regards se sont croisés et j'ai chuchoté "je m'emmerde..." et elle m'a répondu "moi aussi...". Elle a d'ailleurs quitté la salle quand je lui ai annoncé qu'il restait encore une heure et quart...) Les acteurs sont impeccables : Lancaster, Delon, Cardinale, que du  beau linge, la crème de 1960, sans oublier (cocorico ?) le tout jeune alors Pierre Clémenti et l'excellent Serge Reggiani.

En ce qui concerne le Ruiz, je serai beaucoup plus nuancé. d'abord parce qu'il n'a pas du temps subi l'irréparable outrage, et  que, si costumes et bal il y a idem, c'est néanmoins beaucoup moins empesé et amidonné aux entournures. La construction labyrinthique et foisonnante (et complexe) du film (des histoires de familles, de comtesses, de batailles, de  bandits, de vengeances, de duels, de trahisons...) est pour beaucoup dans cet effet de sidération, mais le filmage l'est tout autant. Une trame en apparence un peu feuilletonnesque pour une construction mentale de haut vol (qui, dans mon cas notamment, nécessitera une deuxième vision pour combler les lacunes et remettre en place tout ce qui doit l'être. il y a là-dessous une grande subtilité (un soupçon de perversité, aussi, peut-être ?) et un talent certain pour faire à la fois de la belle image, mais de l'image intelligente, aussi... je ne peux en dire plus (j'ai dormi à la fin, je le répète... mais je me vengerai! suite de cette chronique mi-avril, après la diffusion sur Arte!)

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18 juin 2010

lapin méchant

L'ILLUSIONNISTE
de Sylvain Chomet

J'avoue, j'y suis allé parce qu'il n'y avait rien d'autre à se mettre sous l'oeil (je ne voulais pas aller voir Année bissextile). j'étais donc dans mon cinéma chéri, où évoluent désormais mes barbichus préférés (qui intervertissaient aujourd'hui leurs rôles respectifs de caissier et de projectionniste), et j'ai pris mon billet pour ça.
(J'avoue que je suis passé à côté de l'engouement pour Les triplettes de Belleville, et que ça fait relativement peu de temps que -oh lala  je vais encore m'en prendre une- j'aime les films de Tati). Comme dans le grand bain, j'entrais donc avec circonspection. Le temps de s'habituer au changement de température. Et bien figurez-vous que ce fut très facile. Au début, on fait le malin, on se dit qu'on a tout compris, Monsieur Hulot, la nostalgie, le music-hall, on se dit qu'on va renâcler, que à quoi bon..., et plouf tout à coup on réalise qu'on est bien dedans, en plein dedans, et que ce n'est pas du tout la bluette rigolote qu'on aurait pu penser.
Pas du tout.
Mis à part l'extrémiste Tombeau des lucioles, cet Illusionniste  figurerait sans problème dans le peloton de tête   des films d'animation les plus mélancoliques, poignants, tristes, bouleversants (rayez les mentions inutiles.)qui se puissent voir.
Un magicien itinérant rencontre une nunuchette dans un bar au fin fond de l'Ecosse, ils partent tous les  deux pour aller faire un tour en ville. Et, comme la vie, ce ne sera pas forcément un jardin de roses. Le"magicien" a la tête de monsieur Hulot (ou de Jacques Tati, c'est selon), la demoiselle pourrait être sa fille, et c'est d'ailleurs à elle que le film est dédié...Duo un peu dépareillé, parfois émouvant, parfois drôle, un coup par ci, un coup par là, où la figue et le raisin feraient chambre à part et se promèneraient main dans la main...
Le scénario original de Jacques Tati était tout à la fois très simple et pas très guilleret. Sylvain Chomet se l'est approprié pour nous livrer une œuvre, mélancolique je l'ai déjà dit, mais aussi brillante, virtuose, poétique. Et personnelle. La qualité des graphismes, de l'animation, la virtuosité des plans, des mouvements de caméra, la quasi-absence de dialogues, autant d'éléments qui font qu'on reste là, bouche-bée, tout le long du film...
Un sacré beau boulot.

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16 juin 2010

tomates-cerises

FEMMES DU CAIRE
de Yousry Nasrallah

Le générique est aux petits oignons (aux petites tomates, plutôt, et aussi à la rondelle -de citron-), une suite de (très) gros plans culinaires superbes des légumes susdits, sur fond de musique mélancolique (images dont on se demandera par la suite quel rapport elles peuvent bien avoir avec tout ce qui suit...) Le film, lui, suit les promesses de son titre, et c'est bien de femmes dont il va être question, en plusieurs portraits / histoires / interviews, dans l'émission-télé animée par l'une d'entre elles ( l'héroïne,dont l'histoire constituera le fil blanc du film.)
Comme a dit mon ami Hervé, "C'est un film courageux, pour une sortie en Egypte..." Le réalisateur, venu du documentaire, ne craint pas d'aborder frontalement des problèmes "qui peuvent fâcher" tels que le port du voile, la corruption politique, l'avortement,le divorce, la veulerie des mâles (d'une façon générale), et l'exploitation des femmes (sur tous les plans).
Un film courageux, donc, un film riche (à la fois par son contenu narratif et par les moyens financiers dont visiblement il dispose, un film beau (il y a là-dedans un sens certain de la narration, et incontestablement des vrais moments de cinéma (la scène dans le bus est superbe, et justifierait à elle-seule la vision du film...). Que des qualités, et pourtant.
(Et pourtant... je culpabiliserais presque d'attaquer un film qu'on pourrait juger inattaquable. Sur le fond, c'est certain. Et pourtant. j'aurais davantage de réserves sur la forme. Pour raconter ses trois plus une histoires (le titre original du film évoque Shéhérazade...) le réalisateur (et son scénariste, celui de L'immeuble Yacoubian) ont adopté la forme même (pour mieux la subvertir ? ) du cinéma grand-public égyptien (enfin, ce qu'on en connaît) : le mélo-loukoum (avec bellâtre huileux, beauté voilée -ou pas-,vierge intacte, mère possessive, mari ombrageux,  honneur de la famille, etc.).
J'avoue que j'ai pensé plusieurs fois au dernier film de Chahine que j'ai vu (et dont je me souviens juste que je ne l'avais pas trop aimé... peut-être que le mélo-loukoum, ce n'est pas ma tasse de thé -à la menthe- ?) Oui, j'ai trouvé ça un poil trop long, et un poil indigeste aussi. Pas complètement réussi. Trop de sucreries et de coquetteries stylistiques, peut-être. Avec une vingtaine de minutes en moins, la pâtisserie orientale eut mieux passé je crois. C'est peut-être aussi l'hétérogénéité des éléments qui n'en assure pas au mieux la digestibilité / lisibilité. Il y a des choses extrêmement belles et réussies, je l'ai dit, et il y a aussi d'incroyables (incompréhensibles ?) lourdeurs et/ou maladresses (surtout au niveau de la structure du film, et du jeu des acteurs -qui ne sont pas tous au même niveau, et où, il faut le reconnaître, ce sont les femmes qui tirent haut la main leur épingle du jeu...)
J'étais d'accord avec Dominique, même si on avait du mal à expliquer clairement notre insatisfaction .: "peut-être trop de ceci, ou pas assez de cela... En tout cas y a un truc qui va pas..." Peut-être que si tous mes amie(s) qui l'avaient vu avant moi n'avaient pas claironné combien ils avaient trouvé ça excellent. Peut-être juste la déception ? Moi qui ne lisais déjà plus les critiques, avant, dorénavant je n'écouterai pas les ami(e)s non plus...

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